La chasse est une longue traque

J’ai une stratégie de séduction : la chasse subtile. C’est à dire que , bien qu’on m’ait traitée de femme castratrice (pas-du-tout), je ne me jette pas au cou des hommes dont j’ai très envie de tester la couette, non, non, non. J’agis en douce, je me rapproche lentement de ma proie… Tellement lentement que parfois, elle s’envole avant que j’ai eu le temps de la croquer.


Je me définis souvent comme une personne féline. Non tant par rapport à ma souplesse, due en réalité à mon hyperlaxie mais je ne l’ai découvert que le mois dernier, non, je parle de mon comportement. Comme un chat, je dors souvent, je m’étire en permanence, je baille à m’en décrocher la mâchoire, je suis collante quand j’ai envie d’un câlin mais fuyante quand j’ai envie d’avoir la paix. La seule différence, c’est que, moi, j’ai pas peur de l’aspirateur, je me cache pas sous le lit à la moindre occasion (essentiellement parce que je ne passe pas dessous) et je ne vomis pas mes poils. Donc pour la drague, j’agis de même, je me rapproche lentement, sans bruit, de ma proie, je la guette, je l’étudie. Est-elle venue seule ou accompagnée ? Non parce que si ma proie est venue avec sa moitié (ou équivalent), ne provoquons pas de drame. Puis un verre de vin en pleine face, ça tâche et ça laisse une odeur persistante peu séduisante. La cible est manifestement seule et ne semble pas s’intéresser à une autre donzelle (sans quoi on passerait pour le boulet 3 tonnes de service) ? Go !


La technique est simple, elle joue sur la mobilité. Le but est de provoquer une discussion avec la personne “par hasard”. En se déplaçant régulièrement, on noue un nombre croissant d’interactions sociales et les chances de se retrouver dans le même groupe de discussion que la proie va croissant. Une fois l’interaction sociale créée, le but est d’arriver à lancer une conversation suffisamment intéressante pour que votre proie ne navigue pas vers d’autres cieux et de créer une sorte d’intimité pour que le groupe de discussion se réduise à deux personnes : lui et vous. Après, il sera plus simple de battre des cils, de le gratifier de quelques rires de gorge et de lui toucher le bras sans pour autant baisser l’intérêt de la conversation, attention. En soirée, on est tous régulièrement interpellés par les uns ou les autres, il faut lui donner envie de rester. Et une dinde qui cligne des yeux en rigolant et en tripotant le biceps, ça ne donne pas très envie de rester avec.



Mais ma technique a quand même quelques gros défauts. Le premier, le majeur, c’est si la victime est hyper mobile. Du coup, on se croise sans se parler et voilà que le soleil se lève, il est temps de partir et il ne connaît même pas mon prénom. Même pas sûre qu’il ait eu conscience de ma présence. A l’inverse, une proie trop immobile peut être difficile à atteindre : elle parle souvent avec le même groupe de personnes, un groupe hermétique et si tu tentes l’incruste, tu vas sentir un gros silence gêné t’accueillir genre “bon, t’es mignonne mais on parlait, là…”. Oui bon ben je vais aller me resservir un verre, hein, histoire de repartir en toute dignité… Car c’est en fait tout l’intérêt de cette technique, jamais tu ne perds la face. Mais de fait, j’ai pas de super stats de réussite. Parce que le moment où ma cible et moi on arrive enfin à se parler peut ne jamais arriver parce que j’ai mal géré…



Bon, à la prochaine soirée, je tente une nouvelle approche… Mais je sais pas laquelle en fait.

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