Le sexe après lui

Rupture. L’un s’en va, l’autre reste. Fini la vie à deux, les habitudes, les « mon chéri, ma puce », les réveils câlins, les petits bisous et les petits mots doux. La rupture, quoi. Elle survient rapidement ou non, au bout de 10 jours ou au bout de 10 ans. Mais curieusement, il y a un sujet donc personne ne parle lors de ruptures : le sexe. Par décence ou par tabou ?

Un couple, c’est beaucoup de choses, un mélange bien compliqué d’un tas d’ingrédients. Il n’y a même pas de recette type, c’est chaque couple qui doit faire ses propres dosages. A l’arrivée, soit un superbe gâteau (à voir ensuite s’il est comestible ou non) ou un immonde tas de pâte. Non, jamais je ne renoncerai à mes métaphores foireuses, faut te faire une raison, lecteur. Parmi ces ingrédients, il y en a un qui reste quand même essentiel quoi qu’on en dise : le sexe. C’est triste à dire mais je me vois mal faire ma vie avec un mec qui ne me permet pas de m’épanouir sexuellement. Ce n’est pas le seul critère de choix mais ça en est un, soyons honnête. Bon, je ne fous pas le mec dehors si la première tentative a été foireuse, rassure-toi, mais si au bout d’un moment, ça ne passe toujours pas, ça va commencer à me travailler et pas qu’un peu. D’ailleurs, quand ça commence à sentir le roussi dans un couple, c’est l’activité sexuelle qui en pâtit la première. Avec Guillaume 1er, sur la fin, on dormait chastement l’un à côté de l’autre, on avait des gestes de tendresse mais plus de sexe. Pendant six mois, nous avons cohabité sans nous toucher. Ce n’est pas que nous étions du genre à le faire cinq fois par jour mais on le faisait quand même beaucoup plus régulièrement qu’une fois tous les six mois… Mine de rien, c’est dur à vivre, cette perte de désir. Si même l’homme qui m’aime ne me désire plus, qui peut encore avoir envie de moi ?

Après Guillaume, j’ai eu peur d’un retour à la sexualité. Pourquoi ? Parce que ça faisait quatre ans et demi que je ne faisais l’amour qu’à un seul homme. Oh, d’un point de vue statistique, j’ai de l’expérience, j’ai dû faire l’amour bien plus souvent en quatre ans que pas mal de gens de mon âge.  Mais pendant 4 ans, je n’ai fait l’amour qu’avec un seul homme, que je connaissais et qui me connaissait. Qu’allait-il se passer ?  Surtout que, suite à la rupture, j’ai eu une sacrée période d’abstinence. 4 ans de sexe avec un seul homme puis quasiment un an d’abstinence, allais-je retrouver mes marques ? Et des questions cons qui m’assaillent : est-il de bon ton de pratiquer la fellation lors de la première brouette ou faut-il attendre ?  Vais-je savoir stimuler un corps que je ne connais pas ? Mais aussi : va-t-il savoir me stimuler ? Finalement, je finis par me jeter dans le bain avec Louis, que je n’aimais pas et avec qui il n’y aurait aucune relation suivie. Comme ça, si je suis pas à la hauteur, ça sera sans conséquence. A l’arrivée, j’ai vite retrouvé mes habitudes. Le sexe, c’est comme le vélo, on n’oublie jamais.

Autre question que je me pose : est-ce que le prochain fera aussi bien que le précédent ? Voilà, imaginons. Avec Brad, c’était un feu d’artifice permanent, un aller direct et garanti pour le pays de l’orgasme, des parties de jambe en l’air anthologique qui me retournaient la tête. Rien que d’y repenser, j’ai chaud dans le ventre. Mais Brad et moi, ça n’a pas duré.  Ça arrive. Arrive Sagamore dans ma vie. Beau, intelligent, drôle, raffiné et compagnie… Oui, je sors pas avec n’importe qui, moi. La stimulation intellectuelle est là, la tendresse aussi (oui, on va pas parler d’amour de suite, faut pas déconner non plus). Il semble évident qu’entre lui et moi, il va se passer quelque chose. Et là, je me pose la question : est-ce que ça sera aussi bien d’un point de vue sexuel qu’avec Brad ?

Plusieurs fois, dans ma vie, après une rupture, dans mes moments de cafard, je repensais à ma relation passée et quand je pensais au sexe, je me disais : « je ne retrouverai jamais aussi bien. » Dieu merci, jusqu’à présent, la vie m’a donné tort. Car chaque homme est différent, aucun ne fait l’amour de la même façon (Dieu merci) donc je ne retrouve pas « aussi bien », je trouve autre chose de tout aussi jouissif. Mais cette crainte persiste. C’est sans doute lié à la nostalgie de ce couple passé puisque je n’ai jamais ressenti ça pour un simple plan brouette. Heureusement, je connais mon corps, je sais ce qui me plaît ou non et j’ai passé l’âge de la fausse pudeur. Ce qui me plaît, je le dis, ce dont j’ai envie, aussi. Je n’impose pas à un homme de me faire des choses, je lui indique juste que ça, ça me plaît beaucoup. Mais bon, c’est pas toujours évident de tout balancer de but en blanc, comme ça…

A l’inverse, comment assurer avec un mec qu’on ne connaît pas ? Après une relation suivie, on découvre vite ce qui plaît au monsieur et ce qui ne lui plaît pas. Mais bon, quand on se retrouve pour la première fois dans un lit avec un monsieur, c’est pas évident de trouver les clés de son plaisir. Bon, il y a de grands classiques mais figure-toi, lecteur, qu’il y a des mecs qui n’aiment pas qu’on leur mordille l’oreille. Si ! Alors que moi, j’adore ça et j’attaque toujours rapidement l’appendice auriculaire d’un homme… C’est super doux, j’adore ! Oui, je suis une fétichiste de l’oreille, j’adore. Enfin, l’avantage de passer plusieurs nuits avec mon mec attitré, c’est que je peux titiller tout son corps et voir ce qui lui plaît ou non. Or son plaisir participant au mien, c’est quand même mieux de taper juste.

Bref, à chaque rupture, j’ai cette angoisse, peur que mon dernier mec reste le meilleur amant que j’aurai dans toute ma vie et ne jamais plus atteindre le 7e ciel de façon aussi systématique. Heureusement, à chaque fois, je me suis rendue compte que c’était faux. Non pas que mes mecs successifs soient meilleurs que le précédent, juste parce que quand on s’entend bien, la jouissance est au rendez-vous.

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Le célibat n’’est pas une plaie

L’autre jour, je vais déjeuner avec notre Gauthier national entre midi et deux (oui, maintenant, je suis rôdée, je finis mon boulot en temps et en heure et, en plus, grande
nouvelle, la revue de presse ne sera plus quotidienne donc j’aurai plus de facilités pour déjeuner hors de chez moi). Comme d’habitude, on parle de tout et de rien, de l’actu du jour, du boulot, des débiles de sa promo, des potins et de nos amis. Là, il en vient à parler de Mister Big qui a réussi à effacer toute la prose de l’ordi de son ex pour le lui rendre. Là, je m’extasie : il a réussi à rester cinq mois avec un type sans intérêt et Gauthier me répond : « Mais tu sais, Mister Big, il a besoin d’être en couple. Je lui donne pas un mois pour se refoutre avec un autre mec. »
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Du coup, je réfléchis à ma propre situation. J’avoue que c’est très agréable d’avoir une tendre moitié, de s’endormir dans des bras virils, de se réveiller aux côtés d’un homme charmant qui s’empresse de nous faire un câlin passionné… Ca, je ne peux le nier. Ceci étant, ce n’est pas pour ça que je vais me mettre en couple avec le premier venu. Etre en couple est plus pour moi une envie qu’un besoin. En effet, un couple, c’est quand même un minimum d’engagement et pour le moment, c’est niet, surtout que je fourmille de projets professionnels et que si je me démerde bien, je vais tout déchirer. Tout mener de front n’est pas impossible mais me trouver un compagnon, ce n’est pas précisément en haut de ma liste de priorités.

 

Pas mal de filles angoissent quand elles sont célibataires, genre : « bouh, personne il m’aime, je suis trop moche ! ». Elles en viennent à regarder tous les couples d’un mauvais œil en maugréant : « mais elle est moche, pourquoi elle est avec quelqu’un et pas moi ? Chuis quand même mieux. ». Bon, déjà, dédramatisons de suite : je connais des femmes très belles qui n’ont pas de moitié. Ce n’est pas une question de beauté, c’est une question soit d’opportunité, soit de choix. Pour ma part, je travaille chez moi et je sors surtout dans le milieu gay donc si je suis célibataire, je le cherche un peu aussi. D’un autre côté, j’aime pas la drague en boîte ou dans la rue. J’en parlais l’autre jour avec Tatiana, d’ailleurs. Elle me demandait s’il était nécessaire d’avoir un décolleté pour obtenir un rencard. Je lui réponds que oui, ça peut aider mais si le mec s’arrête à mon décolleté, ça va
m’agacer (même remarque pour les fesses). Parce qu’au fond, ce qui nous énerve, ce sont les mecs qui s’arrêtent à la plastique et vont pas au-delà. Même pour un plan cul, le sexe n’empêche pas la discussion. Enfin, je te rassure lecteur, je parle pas pendant le sexe (ce qui serait drôle, remarque : « aaaaaah… Dis, tu as vu les dernières déclarations de Ségolène Royal ? Ben pourquoi t’arrêtes ? »). Mais avant et après, j’ai une langue et je m’en sers (merci de ne pas relever de double sens dans cette phrase). Un mec, il doit me plaire mais aussi me stimuler intellectuellement.

 

Il y a aussi le célibat de choix. J’ai observé une période d’abstinence en début d’année et je n’en suis pas morte du tout, j’avoue que je les ai pas vu passé, ces quelques mois,
finalement. Pourquoi aujourd’hui, pour exister, il faudrait être deux ? C’est quand même curieux ! Alors je ne suis pas entière tant que je n’ai pas trouvé ma moitié ? C’est un peu le mythe de l’androgyne de Platon : nous avons été séparés et je dois trouver l’autre moitié de moi pour former une personne entière. C’est une belle image, c’est rassurant de savoir que chaque pot à son couvercle mais cela veut-il dire que tant que je n’ai pas trouvé cette personne, je ne suis pas accomplie ? Donc peu importe que je réussisse ma carrière, peu importe que j’ai une vie sociale, tant que je n’ai pas d’amoureux, je n’existe pas ? Et bien, faux, faux et archi faux. Si on cumule mes histoires, je n’ai passé que 5 ans en couple sur 26 et ça me fait mal de penser qu’il faudrait que je jette les 21 qui restent.

 

Pourtant, quand je lis certains romans, quand je regarde certains films, quand j’écoute certaines chansons, on a l’impression que sans amour, nous ne sommes rien. Au hasard, le
film Allumeuses, passé lundi sur M6. Ce film, je l’ai regardé à cause de Gauthier qui m’avait montré les meilleures (ou les pires) scènes du film tantôt et j’ai voulu voir de quoi il retournait exactement. C’est l’histoire de trois nanas…Enfin, surtout une, Christina alias Cameron Diaz, que je trouve moins jolie que Christina Applegate mais elle est plus vendeuse… Donc notre amie Christina est une femme indépendante des années 2000 qui drague mais s’en fout des hommes. Or, patatras, elle tombe amoureuse d’un mec croisé en boîte et là, elle se rend compte qu’elle a gâché sa vie en ne cherchant pas l’amour, blablabla. Idem dans Sex and the City, qui repasse sur M6. Premier épisode : Carry décide de baiser sans sentiments, d’arrêter de se prendre la tête sur les hommes. A peine a-t-elle décidé ça qu’elle croise Mister Big et patatras aussi. Et les revoilà parties dans les méandres de l’amour, les « ça marche pas, je suis malheureuse, je ne peux pas vivre sans lui ! ». Même ma nouvelle meilleure amie Elsa Linux se laisse gentiment partouzer en espérant que ça donnera à son amant l’envie de l’épouser (toujours aussi édifiant ce bouquin, j’en suis pas à la moitié, encore, on sent qu’il me passionne). Les filles d’aujourd’hui soupirent après l’amour, elles ne pensent qu’à ça, elles pleurent devant les magasins de robes de mariée et gâtouillent devant les bébés en espérant qu’un jour, elles en auront un. Perso, j’avoue que je peux regarder les robes de mariées car certaines sont splendides mais je suis pas branchée mariage du tout. Au pire, si un jour, je suis célèbre, j’en prendrai une pour un gala ou chais pas quoi, comme ça, je serai en photo dans tous les magazines. Pour les bébés, je sais jamais quoi en faire donc en général, je m’arrête pas devant. En fait, le seul truc que je fais quand je vois un gamin, je mets mon chat entre lui et moi, ça me rend de suite très sympathique. Et puis ça l’occupe, le petit.

 

Pourquoi ne pourrions-nous pas être heureux en étant seuls ? Evidemment, moi aussi, j’aimerais trouver un mec avec qui ça dure et tout le tralala mais je peux très bien vivre
seule aussi et faire plein de choses. Actuellement, je suis plus dans le boulot qu’autre chose, j’avoue que de ne pas être aux portes du mariage ou du PACS ne me traumatise pas. Si je suis actuellement célibataire, c’est par manque d’occasion et pas parce que je suis un vilain boudin dont personne ne veut. Je n’ai que 26 ans, j’ai le temps de réussir ma vie amoureuse, c’est le professionnel qui presse. Certes, il y a des jours où être seule, c’est un peu ennuyeux. Ah, que j’aimerais faire des virées à deux, me promener au lever du soleil main dans la main dans les rues de Paris et ce genre de choses. Mais d’un autre côté, ce n’est pas pour autant que je ne suis pas un individu à part entière. Puis au moins, quand on est célibataire, on sort quand et où on veut sans rendre de compte à personne. On peut se lever le matin avec l’espoir d’une rencontre, si on veut. Pour moi, je me dis que ça me paraît de travailler correctement et vu les mois qui s’annoncent, ce n’est pas forcément plus mal. Les pauses crapuleuses, ce n’est pas bon pour mon rendement.

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