Faut-il trop planifier ses voyages ?

Dans mes rêves les plus fous, je suis une sorte de Bree Van de Kamp de l’organisation. Quand je dis “fou”, c’est pas pour “incroyable” mais pour “totalement irréaliste, tu es tellement loin d’être ce que tu veux être…”. Du coup, quand je planifie un voyage non organisé, j’achète les billets (ou carrément tout le voyage) et je commence à crier “ouais, je vais bien étudier la destination” parce que je veux vraiment tout planifier mais… je pars toujours à l’arrache.

Le château Himeji au Japon

Je vous spoile un peu mes vacances à Fuerteventura que je partagerai ici d’ici deux ans, au vu de mon rythme de publication mais j’ai découvert après l’atterrissage que l’île n’avait rien à voir avec Madère (ce que je croyais) mais beaucoup plus avec le désert… Moi qui voulais fuir la chaleur. Bon, après, j’avais un peu bûché le sujet… sur Instagram et je n’ai jamais su où était ces putains de bassins naturels que je voyais sur toutes les photos mais au fond, on s’en fout. Bref. Je ne prépare pas beaucoup. Pour le Japon, j’avais le cadre, je savais quel temps on passait dans chaque ville mais après…

Fuerteventura - Los Lobos

Ah bah c’est sur Los Lobos apparemment, on n’avait pas eu le temps d’y aller

Et je crois que s’assurer une certaine souplesse n’est pas si mal. Lors de ce fameux voyage, notre “pire” erreur fut vraiment de ne prévoir qu’une journée au Mont Fuji et ne s’être accordé aucune souplesse sur le sujet.  Parce que le lendemain par exemple, il faisait vraiment très beau. D’où mon “j’aurais su, je fonctionne par base et on sillonne”.

Lac Kawaguchi

Mais c’est surtout qu’à un moment, à trop tout prévoir se passent trois phénomènes :

La fatigue

A force de trop prévoir un programme au cordeau, on oublie juste un élément essentiel : la fatigue et, accessoirement, le droit à la paresse. Prenons un exemple très concret : je regardais dans le train entre chaque destination ce que nous pourrions faire. Premier soir à Osaka, Victor me fait part de son envie de paresser au lit le lendemain, je commence à souffler mais… il n’a pas tort. On marche des kilomètres toute la journée, on ne prend pas tellement le temps de se poser… Du coup, à l’arrivée, je n’ai pas fait le Umeda sky building mais qui branchait moyen Victor de toute façon (une histoire d’escalator transparent et de vertige). Au pire, je ne le ferai jamais, au mieux, je reviendrai. Pas si grave, je ne savais même pas que ce building existait avant de lire son nom dans un guide.

Umeda Sky building Osaka

Photo pas du tout de moi car j’y suis pas du tout allée, même pas au pied

L’impossible improvisation

Une des choses les plus précieuses pour moi en voyage, c’est la perte de timing. Quand on part avec Victor, on peut se faire un petit déj de roi et ne pas manger le midi ou un truc sur le pouce ou au contraire, petit café rapide puis bon déj. Donc on s’arrête quand on a faim. Ou envie de se poser aussi, on a furieusement fréquenté les cafés Tully’s pour déguster lui un café, moi un matcha latte. Bref, un programme trop chargé et trop précis empêche toute improvisation… pour les pauses mais aussi pour le “oh, regarde, par là, ça a l’air joli.” On aime bien se perdre parfois dans les rues, marchant un peu au hasard tout en refaisant le monde, quitte à se retrouver parfois dans un quartier sans le moindre intérêt sous une pluie diluvienne.

Takayama sous la pluie

La déception

Et là, je vais en revenir un peu à Instagram. Je suis abonnée à pas mal de comptes voyage qui me donnent envie d’aller un peu partout dans le monde tant tout à l’air beau, chatoyant, les eaux pures et cristallines et… attention, va y avoir arnaque genre :

Planifier son voyage sur Instagram : risque de déconvenue

Et c’est là que je me dis “ok tu arrêtes de consulter Instagram pour voir ce qu’il y a à voir”. Il faut savoir qu’en tant que jeune femme dotée d’une très solide imagination teintée d’une étrange fascination pour le gigantesque et le futurisme (je ne sais pas trop comment le définir autrement), j’ai souvent des images très ancrées dans mon imagination et… ça ne colle pas toujours avec la réalité. Un exemple : Venise. Avant d’aller dans cette ville, j’en rêvais souvent, une version monumentale avec des bâtiments immenses… idem pour New York et Montréal, d’ailleurs (avec, à l’époque où j’avais peur de l’avion, un “mais comment je suis arrivée ici, j’ai pu faire un vol transatlantique, moi ?”). Pour vous situer, New York, la Statue de la Liberté, d’un vert profond, avait une tête aussi imposante qu’un building. Bon ben en vrai, pas tellement… et je vous parle pas de ce pont gigantesque que l’on prenait qui nous amenait… jamais trop su, je devais me réveiller avant. Finalement, aujourd’hui, je crois qu’il ne me reste que les pyramides dont je rêve, le reste, c’est vu et ça a quitté mes obsessions oniriques. Je digresse, je digresse mais j’ai cet espèce d’envie de gigantesque et je peux potentiellement être déçue entre mes attentes et la réalité. Or en ne me renseignant pas de trop, ça évite que mon imagination débordante tisse un tableau bien trop beau…

Tokyo de nuit

Alors évidemment, ne pas planifier trop tôt nous fait parfois passer à côté de certains monuments ou musées très prisés (le musée Ghibli à Tokyo par exemple… mais après, j’ai pas une adoration sans borne pour le studio, Victor en avait fait son deuil dès le départ, se disant, à raison, qu’on n’aurait jamais de places). Je suppose que le secret des vacances réussies est quelque part entre les deux… Va falloir que je prépare soigneusement mes vacances de folie de l’an prochain en sélectionnant deux ou trois immanquables… et laisser le reste dans un joyeux bordel.

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Le délice d’un bon narrateur rigolo

C’est dimanche et vous savez ce que j’aime faire le dimanche : écrire en mettant en fond des séries un peu légères, idéalement drôles même si je suis un peu chiante en matière d’humour. Du coup, je me dis “tiens, si je vous gratifiais d’un article léger sur un truc que j’aime bien : le narrateur rigolo”.

Le narrateur rigolo

Je vais parler ici de deux séries, n’hésitez pas à m’en balancer d’autres dans le genre si vous en avez : Arrested Development et Jane the Virgin. Alors certains ne verront pas le rapport à priori, rapides présentations : à ma gauche, Arrested Development, l’histoire d’une famille riche complètement dysfonctionnelle qui se retrouve sans le sous du jour au lendemain. On a donc une galerie de freaks assez drôles et attachants et si vous ne connaissez pas cette série, vous en connaissez néanmoins quelques gifs :

Gif arrested development Gif arrested development Gif arrested development

A ma droite, Jane the virgin, série que j’aime d’amour et dont je reparlerai une autre fois, je sais pas trop quand. Jane est, comme son nom l’indique, une vierge mais elle se retrouve inséminée accidentellement avec le sperme du beau Rafael. En gros : on a le pitch classique de la telenovela avec un triangle amoureux, une pauvresse qui flirte avec un homme très riche car l’amour transcende les classes sociales… et, ce qui est merveilleux, c’est qu’ils ont rajouté en guise de paillettes au chocolat sur le tout une sorte de parodie de télénovela. Donc j’adore.

Le triangle amoureux de Jane the virgin

Le point commun entre les deux : le narrateur qui sort un peu de son rôle de narrateur, justement. Et c’est précisément ce qui rend ces séries délicieuses. On pourrait avoir affaire d’un côté à une série familiale à sketches, pas loin d’un Fête à la maison ou Notre belle famille mais en plus féroce, de l’autre une série romantique. Je pense qu’on doit pas être loin d’Ugly Betty mais je dois avouer que je n’ai vu qu’un épisode donc je vais avoir du mal à poursuivre le parallèle. Il n’y a pas une écriture identique, Arrested Development ressemble plus à une sorte de documentaire, le narrateur décrit la situation… de façon assez sarcastique. Alors que dans Jane, il brise les règles du jeu en s’adressant aux personnages (“non, ne fais pas ça”) ou démolit le quatrième mur en s’adressant à nous, je me souviens, à propos d’un plot twist “oh wouah… je ne sais pas quoi dire, je suis aussi surpris que vous” voir nous spoile un petit peu du genre “à propos de pétrin, voici Petra” (ok, j’adore la sonorité de cette phrase) ou le sublime « regardez comme ils sont mignons mais comme nous sommes dans une telenovela, je suis inquiet, ça va pas durer ». D’ailleurs juste après, vient le rebondissement.

Jane the virgin : Xiomara et Rogelio

Et en fait, ça change tout. Et je me demande comment adapter ça dans mon écriture. Sur les quatre romans que j’ai actuellement en chantier (enfin, on pourrait presque dire cinq, je reprends en sous-marin mon projet d’Audrey, là, mais je veux écrire une vingtaine d’articles avant de lancer quoi que ce soit surtout que j’aimerais trouver un style d’illustration un peu sympa), j’en ai un (en fait deux du coup) écrit sous forme de journal à la première personne et ces personnes n’ont pas forcément un sens de la dérision ultime, vu qu’elles sont impliquées. Mais je trouve qu’il y a quelque chose d’intéressant ici, un sens du détail qui fait basculer une histoire banale à un bon moment de rire et je veux capturer ça… Peut-être que je devrais envisager un Audrey bis raconté par une autre personne, ça pourrait être amusant…

Jane et Rafael - Jane the virgin

En fait, il n’est pas toujours facile d’écrire un personnage dont on peut se moquer sans déraper. C’est tout le problème que j’ai avec certains personnages, surtout féminins, loseuses éternelles à la Bridget Jones, du genre à ne pas pouvoir descendre un escalier sans chuter si l’objet de leur attention est dans la pièce, qui envoie des SMS par erreur, qui transpire le “hihi, je suis maladroite, je suis une fille comme les autres” (non). Parce que vous savez qui est quand même assez maladroite ? Jane. Et vous savez qui n’est pas agaçante ? Jane.

Jane et Mateo - Jane the virgin

Va vraiment falloir qu’on reparle d’elle.  

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Snowpiercer, la dystopie ferroviaire

Week-end de pentecôte, Victor et moi faisons un petit tour du côté de ma région natale et pour le retour, nous avons téléchargé un film qui me faisait de l’oeil depuis quelques temps : Snowpiercer. Parce qu’une dystopie qui se passe dans mon moyen de transport préféré et qui réalise mon rêve (le tour du monde en train), je ne peux que dire oui.

Snowpiercer le film : affiche

Alors par contre, on va s’entendre de suite : c’est une dystopie donc le côté “rêve”, il est juste sur le principe, hein… Bien, à présent, voici l’histoire : afin de mettre fin au réchauffement climatique, l’humanité décide de pulvériser dans les airs une molécule chimique pour le juguler. Et évidemment, c’est une catastrophe qui déclenche une violente ère glaciaire entraînant l’extinction de toute vie… à l’exception des passagers du Snowpiercer, un train blindé qui tournera éternellement sur ses rails autour du monde. Le train est donc hiérarchisé : les wagons de tête représentent les privilégiés, l’aristocratie et les wagons de queue (habités par les passagers clandestins) le prolétariat. Alors que la colère gronde chez les passagers de la queue, deux de leurs enfants sont embarqués par des membres de la queue de tête. C’est le début de la révolte.

Snowpiercer wagon de queue

Durant le film, Curtis mène la révolte, il remonte le train petit à petit avec ses acolytes, Edgard, Tanya et Andrew, les parents des enfants enlevés, ainsi que Minsu, ingénieur responsable de la sécurité des wagons et sa fille Yona, ces deux derniers étant accros à une substance chimique qui sert de monnaie pour les embringuer dans l’histoire. Au fur et à mesure de leur remontée, on va donc découvrir petit à petit un univers très hiérarchisé avec son roman national pour décourager toute révolte. Quelques wagons sont assez ahurissants, notamment celui de la classe qui m’a laissé bouche bée tout du long.

Snowpiercer : la révolte de Curtis

Je m’arrête là pour l’histoire parce qu’il est hors de question que je vous spoile. Parce que j’ai vraiment bien aimé ce film qui ressemble à plein d’autres tout en étant assez unique. En le matant, j’avais en tête tous ces films à l’esthétique étrange genre Dark City, La cité des enfants perdus, Bunker Palace Hotel aussi. Et dans une moindre mesure Dernier train pour Busan. Car particularité de ce film : malgré la présence à l’affiche de stars hollywoodiennes genre Chris Evans, Ed Harris, John Hurt, Tilda Swinton… , ce film est sud-coréen. On retrouve d’ailleurs dans les rôles de Minsu et Yona, Song Kang-Ho et Ko Ah-sung… que perso, je ne connaissais pas, ma culture du cinéma sud-coréenne étant plus que limitée (en gros Dernier train pour Busan, Old boy et l’actrice Bae Doona grâce à Cloud Atlas et Sense8)(ah et Daniel Dae Kim et Yunjin Kim de Lost). Et je ne sais pas si c’est ce mix culturel (réalisateur sud coréen qui adapte une BD française avec un casting américain et qui semble s’inspirer de tout un univers cinéma un peu surréaliste) ou “juste” le talent Bong Joon-Ho mais j’ai vraiment été prise dans l’ambiance. Quand je vois la liste des derniers films vus et le peu de ceux que j’ai vraiment appréciés, ça fait du bien.

Snowpiercer

Alors oui, on est dans une dystopie en milieu clos, c’est un peu le même concept que Silo ou Metro 2033 avec cette idée de société où chacun est reclus dans son coin selon la classe ou groupe auquel il appartient. On est complètement dans ces univers “les humains se sont réfugiés dans un espace safe suite à un cataclysme quelconque et se sont organisés en société”. Rousseau aime ça. Alors tout n’est pas parfait ici, on a un méchant un peu increvable à la Avatar, un peu de manichéisme mais une esthétique incroyable, un univers cohérent… et la scène de l’école, vraiment…

Snowpiercer : scène de l'école

Oui, il s’agit toujours du même film…

Bref, allez voir ce film. Et pour “l’anecdote”, sachez qu’une des options envisagées pour réduire le réchauffement climatique est de pulvériser du soufre dans la stratosphère. Ca fait réfléchir, non ?

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Les polars suédois : découvrons Asa Larsson

Pendant mes vacances de Noël, je suis allée fureter dans la bibliothèque maternelle pour me faire un petit plein. Hop, un Frank Thilliez (Angor dont j’ai parlé la semaine dernière), le “Je suis Pilgrim” que je n’ai pas commencé et donc Tant que dure ta colère d’ Asa Larsson. Que j’ai pris par accident car on était pressés et j’ai cru que c’était un  auteur islandais. Du coup, j’ai cru que j’allais lire une histoire islandaise, j’étais de retour en Suède. A Kiruna, précisément.

Tant que dure ta colère d'Asa Larsson

Kiruna, je connaissais. Pas personnellement mais c’est aussi là que se déroulait la série “Jour polaire” dont je vous parlerai peut-être un jour, tiens. Je suis toujours un peu circonspecte par rapport aux polars suédois : j’ai adoré Millenium, j’avais aimé le premier opus des Camilla Läckberg, j’étais moyen convaincue par Viveca Sten. En cause dans mes légers agacements : ce que j’appelle le “syndrome Julie Lescaut” genre dès qu’il se passe un truc dans le bled, il y a forcément un lien avec l’héroïne de l’histoire. Genre Ericka sympathise avec une voisine qui vient de débarquer ? Celle-ci sera forcément liée au prochain meurtre. Et pompon sur la Garonne côté Läckberg (je n’ai lu qu’un Sten, j’avoue), Ericka se met systématiquement en danger comme une idiote. Le pire, c’est que pendant tout le roman, son mec, policier de son état, n’arrête pas de dire (ou penser) “non mais tu restes à la maison, tu vas pas renifler la merde, hein ?” “Non,non…”. Et bien dans le dernier quart du roman, de façon systématique, notre amie Ericka se retrouve menacée de mort par un meurtrier ou un membre de la famille de ce dernier qui veut “enterrer” le secret. Ca, c’est plus le syndrome “Charlotte Valandrey dans Cordier juge et flic” (aucun souvenir du prénom du personnage mais j’ai l’impression qu’elle passait son temps à se faire kidnapper/menacer de mort) Si ce n’est elle, c’est donc sa soeur. Donc du coup, je ne vais pas si facilement vers les polars suédois.

Kiruna, Suède

C’est un peu joli Kiruna 😉

Et donc ici ? La petite histoire : Wilma et Simon décident de plonger sur l’épave d’un avion oubliée mais sont assassinés. On va donc suivre l’enquête menée par Rebecka, la procureure, Anna-Maria, la policière… et Wilma. Son fantôme. Puis tous les impliqués. Ce qui fait qu’on en sait long dès la moitié du roman et le reste du temps va consister à exposer les raisons des incriminés et surtout la fin de l’enquête avec Wilma qui guette. Et point positif, gros point positif : les morts ne sont pas liés à Rebecka, encore moins à Anna-Maria donc on sort du syndrome Julie Lescaut. Alleluïa ! Finalement, la proximité des morts, de leur famille et des criminels liés à leur décès… ben ce sont les morts eux-même, Wilma en l’occurence.

Lac à proximité de Kiruna en Suède

Alors, ce roman est bon. Oui. Mais juste bon, en fait. Pas plus. Un délicieux polar avec une ambiance glaciale comme on aime, moi tout du moins, mais… en fait, on s’en fout un peu des morts et des criminels. Il est possible que je n’ai pas commencé par le meilleur, j’ai bien compris par quelques périphrases que ces personnages s’étaient déjà croisés auparavant, on fait référence à des éléments du passé des policiers et de la procureure sans entrer plus dans les détails mais il manque quelques notes de bas de page pour savoir quels sont les romans que j’ai ratés. En fait, à l’arrivée,

Spoiler
on ne comprend pas bien les causes du meurtre. On s’attend à des révélations de dingue, le roman nous pousse en ce sens mais… c’est un pet de mouche pas vraiment sensé. Du coup, c’est sûr que c’était pas la peine de nous faire languir pour savoir qui était le tueur ou la tueuse vu que le pourquoi est totalement abusé. J’insiste : si la motivation des personnages n’est pas solide, le roman retombe comme un soufflé

Paris sous la neige

Ca en vrai, c’est une photo que j’ai prise cette semaine ici même mais laissez-moi croire que je suis partie

Donc ce roman : c’est oui, il se lit vite, parfait pour les vacances… mais un peu tendre, encore. Je ne me précipiterai pas sur le prochain opus.

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Franck Thilliez : un polar à la française

Aujourd’hui, je vais m’arrêter quelques instants sur un auteur de polar assez en vogue, il me semble, Franck Thilliez. On reconnaît ses polars assez facilement : le titre contient un mot. Je n’ai pas lu toute la prose du monsieur, je dois malheureusement aller travailler au lieu de rester tranquillement à lire, je vous parlerai donc de deux romans : Rêver et Angor.

Franck Thilliez

En fait, je ne vais pas tellement vous parler de ces romans mais plus d’un truc qui m’interpelle mais que je voulais pas mettre dans le 1er paragraphe car des fois, il peut remonter sur des réseaux ou moteurs de recherche et je voulais pas spoiler gratos. Donc si vous n’avez pas lu au moins ces deux romans là mais que ça vous fait envie, quittez cet article à la fin de ce paragraphe. Je vous donne juste mon avis avant : ça fait bien le job, je conseillerai un peu plus Rêver quand même. Oui, lisez Rêver, il est vraiment pas mal.

Franck Thilliez - Rêver

Donc ici, je vais parler un peu plus d’Angor que j’ai lu en second car le vrai sujet est : les feuilles de route de l’écrivain et leur duplication. En gros, quand j’ai lu Rêver, j’étais en découverte de l’auteur. J’avais deviné pas mal d’éléments de résolution de l’enquête (ça commence à me saouler, je lis trop, je pense) mais voilà, je me prends une sorte de happy end dans la face sans surprise mais ça passe. Du coup, en lisant Angor, je reconnais quelques moments clés et c’est mort : je sais que ça finira bien. Et pas qu’un peu. C’est un peu comme dans New York unité spéciale et tous ses avatars, dans chaque épisode, tu as une arrestation musclée à base de suspect qui se barre en courant. Et bien je vous l’annonce : ce n’est pas lui le coupable. A chaque épisode t’as ce mec qui se barre mais en vrai, c’est pas un meurtrier, c’est en général un petit dealer moisi, un truc du genre.

New York police unité spéciale

Du coup, ça te nuit pas mal au plaisir de la lecture. Pour Thilliez, j’aurais pu me planter, je n’en avais lu qu’un avant mais j’étais persuadée que ça finirait en feu d’artifice… Et du coup, ça me motive moyen d’en lire un 3e (même si c’est vraiment parfait pour de prochaines vacances mais j’ai déjà une PAL* bien grasse). Un peu comme Victoria Hislop dont j’avais déjà parlé… Mais faudra que je vous cause de la reine du copier/coller, tiens, ça aussi, c’est un bon sujet.  

 

*Pile à lire

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Leçon d’écriture 1 : ne pas s’auto-spoiler

Je vous l’avais promis [il y a un mois], nous allons aujourd’hui parler d’un des pires romans qu’il m’ait été donné de lire. Ou plutôt de ce que j’estime des défauts rhédibitoires parce que bon, le roman en lui-même, je vais vous le résumer en deux lignes : un parti genre FN gagne les élections de mai dernier, l’héroïne Michelangela dite Mickey (déjà, rien que ça) est déportée en tant qu’opposante politique sauf qu’en fait non, elle a juste autopublié un roman pourri sur sa liaison avec Emerald, petit fils de la famille Labenne (Labenne, La benne, Le Pen… vous suivez ?) mais en vrai, c’est pas un vrai camp de concentration, c’est un plan tordu de Emerald. Et je vous spoile rien, l’autrice vous raconte ça elle-même. Oui, je n’avais jamais vu ça mais l’autrice torpille son suspense en s’auto-spoilant toutes les 10 pages.

Spoiler alert - s’auto-spoiler

Un exercice particulièrement compliqué dans l’écriture, c’est de ménager son suspense. On doit amener son lecteur là où on veut qu’il aille tout en lui plaçant subtilement des oeillères pour qu’il ne devine pas où on veut l’amener avant la fin. C’est le cas des polars et autres thrillers mais pas que : dans un roman, si je sais comment ça se finit, mon enthousiasme sera somme toute relatif. Sauf quand c’est bien écrit, ce qui n’est absolument pas le cas dans le roman qui nous occupe aujourd’hui. On y reviendra. Donc ici, on suit le périple de Mickey dans un camp de concentration, elle suit une sorte de cours de propagande quand une élève se rebelle et est tuée. Là, c’est la tension, tu te dis “ah Merde, ça rigole pas… tu peux flinguer l’héroïne du coup ? Elle est vraiment trop stupide”. Sauf que juste après, l’autrice t’explique sans trembler qu’en fait, elle apprendrait que tout ça, c’était du chiqué et que personne n’est mort, que le camp est un coup monté et que la fille n’est pas morte. Pardon ? Alors certes, on me dira que c’est juste déplacer le suspense de “Mickey va-t-elle survivre au camp” à “mais pourquoi il a fait ça Emerald”… sauf que l’enjeu n’est pas tout à fait le même (spoiler : la raison est absolument merdique en plus).

Papy fait de la résistance

Oui, j’allais pas mettre une photo de camp de concentration en illu, j’ai préféré Papy fait de la résistance

Autre point : les fusils de Tchekhov. Pour ceux qui ne regardaient pas Karim Debbache que je cite très souvent (allez regarder !), petite explication : Tchekhov expliquait que si l’on évoquait dans l’acte 1 la présence d’un fusil, il doit servir dans l’acte 2 ou 3 sinon, il est inutile de le mentionner. Ici, l’autrice nous en saupoudre à droite, à gauche… Mais à l’arrivée, le fusil est enrayé. Exemple : elle évoque un garde qui a une sorte de grain de beauté au coin de la bouche. Quelques pages plus loin, elle se retrouve en réception chez la nouvelle présidente de la république et repère un mec qui a un bout de peau près de la bouche et elle est là, “mmm, il me dit quelque chose ce garçon”. Comme on n’est pas trop cons, on percute de suite qu’il s’agit du gardien… Tu le sais d’autant plus que tu sais déjà que toute cette histoire de camp n’était qu’une mise en scène avant même que l’héroïne ne le sache. Mais le pire, c’est qu’après avoir insisté sur cet homme et son bouton à la bouche, elle n’en fait rien. Du coup, pourquoi ? Je veux dire, elle fait l’effort de changer de vocabulaire pour parler de ce grain de beauté, volonté de nous perdre ou de nous faire comprendre que l’héroïne ne percute pas ? Etions-nous censés faire le lien ou non ? Je suis perplexe… On répète : si tu mets un fusil en évidence dans l’acte 1, il doit servir dans l’acte 2 ou 3 sinon, jette. Bon, personnellement, j’ai un peu envie de nuancer ça… Ah ben tiens, je vais écrire un article dessus un de ses 4. Mais si je ne suis pas 100ù d’accord avec Tchekhov sur ce point, là, pour le coup, je comprends qu’un fusil de Tchekhov mal géré, ça crée plus de confusion que nécessaire dans l’esprit du lecteur.

Enfant confuse

Du coup, on se retrouve avec un roman qui te présente une histoire avec un gros enjeu (l’arrivée d’une potentielle dictature en France) mais qui se désamorce lui-même toutes les 10 pages. Ah et il faudra que je vous parle du ton, aussi. A suivre !

 

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Sharp objects de Gillian Flynn ou comment je lis en anglais

J’ai lu ce polar il y a quelques temps et ne trouvais pas forcément qu’il y avait matière à en dire beaucoup mais son contexte de lecture, lui, est plus intéressant. Donc aujourd’hui, en plus de vous parler de Sharp objects de Gillian Flynn(“Sur ma peau” en français), je vais vous reparler un peu de Grèce et du fait que je lis en anglais.

sharp objects de Gillian Flynn, je lis en anglais

Tout commence sur un énorme paquebot quelque part dans les Cyclades, Victor et moi nous posons sur deux transats sur le pont supérieur battu par le vent, luttant pour lire nos livres. Alors qu’au loin se dessine la sublime île de Santorin et son village perché telle une délicate neige sur les hauteurs, nous décidons de retourner à l’intérieur pour attendre notre chaloupe. En quittant nos places, Victor avise un livre sous mon siège ne m’appartenant pas : “Sharp Objects” de Gillian Flynn. Aimant les hasards de la vie, ce sera donc mon prochain roman.

Sharp objects avec Amy Adams

Ah bah tiens, ils vont en faire un film (ah non, une série télé, en fait)

Deux ans plus tard. Oui, je l’avais un peu relégué au fond de ma bibliothèque mais je l’ai enfin lu. Alors avant toute chose un petit mot sur Gillian Flynn qui est l’autrice de Gone girl que je n’ai pas lu mais vu au cinéma (la voix de Rosamund Pike, mmm) donc ça vous situe un petit peu le niveau “thriller avec des gens qui ne sont pas les plus stables et équilibrés sur le plan psychologique”. Et dans Sharp objects, c’est direct qu’on nous annonce la couleur, on suit la journaliste Camille Preak en route vers la petite ville de Wind Gap pour couvrir la disparition d’une petite fille… Or il s’agit pile de sa ville natale donc Camille se retrouve à vivre chez sa mère avec son beau-père et sa demi-soeur, qu’elle ne connaît pour ainsi dire pas, Alma. Cette enquête va réveiller de vieux fantômes : le souvenir de sa soeur, Marianne, morte, les cicatrices que Camille a sur la peau. Car oui, depuis la mort de sa soeur, Camille s’est scarifié des mots sur la peau, chaque centimètres carrés en dehors de son visage…

Sharp Objects, série HBO avec Amy Adams

Donc voilà, dès le départ, on sent des gens heureux de vivre. La progression de l’enquête de Camille est intéressante, j’aime bien le rapport qu’elle a à son corps : elle ressent les mots écrits, certains mots la grattent parfois, je trouve ça à la fois poétique… et assez morbide. La partie thriller est vraiment pas mal mais après… Faut être prêt à affronter toute la laideur de la société américaine avec des ados de 13 ans déjà un peu trop sexualisés et camés, pas mal de personnages sont franchement antipathiques, tout suinte l’angoisse sourde là-dedans. Donc un thriller à lire, oui, mais si on aime le genre très noir.

Amy Adams

Et la lecture en anglais alors… Ce n’était pas ma première expérience, j’avais lu un livre rigolo avant “Unfriending my ex (and other stuffs I’ll never do)” de Kim Stolz qui parlait notamment de l’addiction aux réseaux sociaux, une sorte de Facebook m’a tuer en beaucoup plus drôle et percutant que je devrais relire pour vous en faire une petite review, tiens (oui parce que je l’ai lu y a trois ans au moins et j’ai pas tout retenu). Là, je parle d’un vrai roman avec plein de mots et la peur de ne pas comprendre le dénouement final (spoiler : si, j’y suis arrivée). Alors mon principal problème dans ma lecture de Sharp object fut anatomique : Camille parle de mots situés à des endroits précis de son corps et force est de constater que dès qu’on quitte le général pour le détail (genre cou ou épaules, je maîtrise, clavicule ou omoplate, déjà moins… “collarbone” et “scapula” pour ceux que ça intéresse), je comprends pas trop où elle a écrit le mot dont on parle. Mais ce n’est pas gênant en soit pour la compréhension… Mais le plus dur, c’est d’arriver à déconnecter de la traduction automatique. Au départ, mon cerveau prenait chaque phrase pour la traduire, ce qui me gênait parfois car je ne connaissais pas le sens d’un mot et que je buggais sur la phrase entière alors qu’en lisant normalement (sans traduire, donc), miracle, l’histoire émergeait, cet agglomérat de mots faisait sens, en dépit de celui-ci ou celui-là que je ne connaissais pas…

Unfriending my ex on Facebook de Kim Stolz

Alors je me dis que, oui, va falloir que je me mette à lire plus souvent en anglais, un roman par mois peut-être, histoire de maîtriser au mieux. Car oui, mon but dans la vie, c’est d’être fluent in english. Ca servira toujours.

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Les pots de départ ou soirées corporate quand t’es en couple

Premier épisode de ma série sur les “quand t’es en couple” et je pars direct sur la question qui m’a inspiré le sujet. Ces derniers temps, j’ai eu droit à des pots de départ et à une soirée corporate en moins de 15 jours (je crois) et force est de constater que depuis que je suis en couple, ça m’émoustille carrément moins. Pourquoi ? Parce que je sais déjà comment ça va finir : dans les bras de mon mec.

Pots de départ

J’ai toujours apprécié d’avoir un petit crush de bureau, histoire de passer la journée en matant discrètement pour trouver toute la motivation pour animer mes communautés au mieux. Dans une boîte de plusieurs centaines de personne, il y a toujours une personne qui vous séduira, croyez-moi. Cependant, depuis que je suis en couple, je sais que même si j’ai le collègue le plus miaou du monde, il n’y a aucune chance que je conclus à un pot de départ ou une soirée corporate parce que Victor et moi avons choisi le concept de monogamie sans accroc. Et du coup, ces soirées n’ont guère plus d’intérêt.

Deux collègues flirtent au travail

Qu’est-ce qu’on aime dans les soirées ? Papoter, boire de l’alcool (moi, en tout cas), éventuellement choper le beau gosse sur lequel on bave depuis des mois (ou un qu’on n’avait pas repéré mais qui n’est pas si mal). Avec ce petit frisson de rester discret pour ne pas être le sujet de conversation de vos camarades à la cantine dans le cas des soirées pros. Je vous jure, c’est très excitant de tenter de se dissimuler au regard des autres, mener une conversation en apparence anodine tout en balançant son regard “toi, je te veux” à l’autre pendant qu’on discute… Vous allez me dire, pour papoter et boire de l’alcool, pas besoin de crush. C’est vrai. Sauf que mes collègues, je les vois toute la journée déjà et de quoi va-t-on parler ? De notre quasi seul point commun : le taf. Ou de vieilles histoires de cul gênantes selon votre degré d’alcoolémie.

L'alcool au travail

Du coup, à l’heure où ça s’excite un peu sur les soirées pros, je suis devant mon ordinateur en mode “meeeeeeh”. J’ai déjà prévenu Victor dès le matin que je ne rentrerai sans doute pas tard, “je passe faire un bisou et je rentre”, ce qui n’arrive jamais parce que je me laisse toujours entraîner dans des conversations. Genre ma soirée corpo de la semaine dernière, j’étais limite à dire à Victor le matin “non mais je prends un verre et je te rejoins à la manif”, j’ai hyperventilé quand un collègue a annoncé qu’il était 23h58. Parce que des fois, tu montes dans le train de la soirée sans y faire attention, parce que tu as un peu abusé du rosé servi en trop grande quantité et que l’addition sera salée le lendemain matin. Le train de la soirée ? Oui, c’est ce phénomène qui fait qu’à un moment de la soirée, soit tu suis l’ambiance, tu es dans le train, soit tu l’as loupé et tu es assailli par l’ennui, trop sobre alors que tes camarades commencent déjà à oublier leur prénom et à tenter de serrer Machin ou Machine dans un coin sombre.

S'ennuyer en soirée

Mais voilà, les soirées corpos ou les pots de départ sont désormais sans enjeu. Si le partant ou la partante est quelqu’un que tu appréciais de tout ton corps, restera le plaisir de passer du temps avec lui ou elle avec, déjà, un brin de nostalgie, cette sensation diffuse que ce ne sera plus jamais pareil. Alors que spoiler : si, le monde du travail t’offre un pouvoir de résilience sans limites. Mais du coup, neuf fois sur dix, ces soirées ne me donnent pas envie, j’y vais par politesse, parce qu’on ne sait jamais avec qui on va parler, qui a les clés de mon avenir (j’aimerais bien qu’on me le dise, d’ailleurs, je mise systématiquement sur le mauvais cheval, ça me fatigue un peu, parfois). Alors qu’en vrai, moi, je voudrais juste rentrer chez moi me caler contre Victor, boire un verre tous les deux en parlant de tout, de rien, en matant une série et en s’endormant dans les bras l’un de l’autre avec la garantie de se réveiller fraîche et reposée, sans gueule de bois.

Soirée couple sur canapé

Dormir à deux… Tiens, ce sera mon prochain article.

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Metro 2033 : une dystopie russe

Oui, je suis dans ma période dystopie, cherchez pas. Me promenant dans les allées d’une librairie, je vois apparaître devant moi une couverture noire et rouge et je m’en saisis, curieuse. Metro 2033, une dystopie écrite par un auteur Russe, Dmitry Gluckhovski. Comme j’ai souvent la gagne avec les auteurs slaves contemporains type Zygmunt Miloszewski ou Andreï Kourkov. Et petit spoiler : j’ai été bien inspirée.

Metro 2033 de Dmitry Glukhovsky

L’histoire : après une guerre qui a rendu la surface inhabitable, les Moscovites vivent terrés dans le réseau de leur ancien métros, organisés en micro états dans chaque station. Artyom, un jeune orphelin, vit dans une des dernières stations habitées, VDNKh, qui est de plus en plus victime des assauts des “Noirs”, des êtres mutants entièrement noirs et qui rendent fous les hommes. Un homme va demander à Artyom de se rendre dans la station Polis afin de prévenir un ami de ce qu’il se passe à VDNKh. Courageux, Artyom va donc traverser le métro et ses stations pour mener à bien sa mission.

La Station Vdnkh à Moscou

La Station Vdnkh, il a de la gueule le métro russe

Et c’est absolument prenant. D’abord, le fait que ça se passe dans le métro moscovite, ça m’excite l’imagination. Notez que j’ai jamais mis les pieds là-bas mais j’ai vu pas mal de photos qui avaient déjà titillé ma curiosité. Je trouve cette idée d’une société souterraine organisée en micro Etat plus que brillante. On découvre en même temps qu’Artyom les différentes stations, on évolue avec lui… et surtout on stresse avec lui.

Prospect Mira, station de métro à Moscou

Et la station Prospect Mira

Pourtant, ce roman peut paraître légèrement bordélique et un peu difficile à identifier. On a donc l’aspect dystopique d’une société redéployée avec organisations politiques et commerciales mais on a aussi un gros aspect science fiction avec des créatures nées des radiations, un peu de fantastique avec la sensation qu’il se passe des choses étranges dans les tunnels, on a des religions et croyances liées à chaque station,des légendes urbaines, des néo-nazis, des communistes, une organisation militaire, des monstres dans tous les sens, des protagonistes qui vont et viennent… Tout ça en à peine 800 pages au format poche donc y aurait vite moyen d’être saoulé.e, perdu.e ou les deux. Mais en fait non parce qu’on suit Artyom de A à Z, on découvre les choses avec lui, on ressent les événements et je vous jure que quand il se déplace dans un souterrain sombre et qu’il se passe un truc, vous n’êtes pas à l’aise…

Le métro moscovite

En fait, j’ai découvert que Metro 2033 était un phénomène en Russie, ils ont sorti un jeu vidéo et vu que sur mon exemplaire, y avait mention de la chaîne Sci Fi, m’étonnerait pas qu’on ait bientôt une série… et je serais très excitée de la voir. Parce que oui, j’ai tellement aimé ce roman que j’ai acheté la suite (Metro 2034, pas trop dur à suivre là, et Metro 2035 que j’achèterai quand il sera en poche) et un autre roman de Gluckhowski, Futu.re.

Dmitry Glukhovsky

Dmitry Glukhovsky prend le métro

En résumé : si vous cherchez de la bonne came pour lire cet été, je vous conseille Metro 2033, j’ai particulièrement aimé la fin que je ne vous raconterai pas, évidemment. Il faut légèrement s’accrocher sur le premier chapitre où les personnages discutent entre eux pour planter le décor qui est un peu confus pour nous qui ne connaissons pas le métro moscovite (et j’avoue que pour pas mal de stations se terminant en -skaya, j’ai un peu pédalé par moment) mais après, ça se dévore tout seul. Je vous dirai ce que j’ai pensé de Métro 2034.

Metro 2033 le jeu

Heureusement que je suis plus trop Metro 2033 depuis Duke Nukem sinon j’aurais pu dire adieu à ma productivité

PS : j’ai regardé du coup s’il y avait une série en préparation, j’ai vu qu’il s’agirait plutôt d’un film… Je suis pas convaincue par le choix du format.

PS bis : Oui évidemment, j’ai envie d’aller à Moscou pour visiter plein de stations, maintenant.

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Sense8 : ôde funéraire

J’avais prévu de vous parler de cette série aujourd’hui depuis quelques semaines, après avoir fini la saison 2, en fait, mais du coup, c’est d’autant plus d’actualité que Netflix a décidé d’annuler la série, ce qui fait que je vais résilier mon abonnement. Parce que j’aimais Sense8 et que j’ai envie de vous dire pourquoi. Pas pour vous convaincre (j’hésite à vous encourager à regarder du coup), juste pour le plaisir.

Sense8

De quoi ça parle pour ceux qui n’auraient pas vu : huit personnes dans le monde se retrouvent reliées entre elles à la mort d’une neuvième et vont apprendre à dompter leur “”sensibilité” pour s’aider les uns les autres à surmonter les différentes épreuves de la vie. Parce qu’outre leur vie compliquée (on a dans le lot un gangster à la petite semaine et une prisonnière coréenne), ils doivent faire face à une organisation secrète qui veut leur peau. Alors je sais : pouvoirs spécifiques, organisation secrète, ça fait carrément John Doe (qui était cool aussi comme série et pas juste parce qu’on voyait le cul de Dominic Purcell au générique), Le Caméléon, un peu Heroes, je crois, un peu les X-Men aussi, non ? Bref, on pète pas plus l’originalité que ça sur ce point.

Sense8 l'anniversaire

Alors pourquoi c’est cool ? Pour plusieurs raisons.

L’interaction entre les personnages

Alors qu’au début, les huit se croisent sans trop comprendre ce qu’il se passe, ils développent peu à peu leur pouvoir et se substituent les uns aux autres pour s’apporter leurs compétences et s’aider. Will, Wolfgang et Sun interviennent quand y a de la bagarre, Lito quand il s’agit de jouer la comédie, Capheus de conduire, Kala pour la chimie et la médecine, Nomi pour tout ce qui est piratage informatique et Riley… bon, elle, ok, j’avoue qu’elle m’intéresse moyen, elle est avant tout le love interest de Will et les scènes où elle mixe (elle est DJ) sont les pires moments de musique de la série. Particulièrement le remix pourri de What’s up des 4 non Blondes qui m’a fait saigner des oreilles. Alors que j’ai quand même du Riri sur ma playlist Spotify donc ça vous situe mon niveau. Bref, plus on avance dans la série, plus les interactions sont fluides et naturelles.

Sense8, le cluster derrière Wolfgang

La photographie

Beaucoup reprochent son rythme à la série et je comprends, on a pas mal de passages contemplatifs qui ne font pas avancer la série… mais bordel, c’est beau. La photographie est hyper travaillée, il y a vraiment des plans inspirés et magnifiques, des plans de pure poésie. Mes moments préférés : la scène où ils nagent tous avec Kala en Méditerranée et la scène de baise dans la piscine, entre bleu et rouge (je dirai pas qui est impliqué pour pas spoiler).

Sense8, le cluster autour de Sun

Les scènes de sexe

Alors les scènes de sexe dans les séries, ça peut vite me gonfler, surtout si je sens le côté hyper gratuit du truc, coucou HBO pour pas mal de tes oeuvres ou encore le navrant Spartacus où il devait y avoir plus de scènes de cul que de scènes de combat. C’est toujours super touchy le cul dans les fictions parce que mal dosé, mal écrit ou réalisé, trop gratuit, ça agace direct le récepteur de ton oeuvre. Ici, du fait de la connexion entre les personnages, une gentille partie de jambe en l’air se transforme rapidement en orgie… mais je les trouve assez belles, en fait. Surtout la scène de sexe citée dans le paragraphe ci-dessus. Dans l’épisode de Noël, l’ultime orgie est assez bien faite… et en totale mixité. Finalement, la seule scène de sexe qui m’a un peu saoulée, c’est la toute première entre Nomi et Aminata que je trouvais un peu gratuite, un peu “hé, on vous met direct deux meufs qui baisent à grand coup de gode ceinture, ahah” mais tu comprends vite que ce n’est pas si gratuit que ça.

Sense 8, orgie de Noël

Les couples gays et lesbiens

Parmi nos huit, nous avons un gay et une trans, tous les deux en couple. On a, de mon point de vue hétéro, toujours un léger souci de représentation des couples gays dans les séries qui sont un peu trop traités comme tel. Dans Six feet under, par exemple, le couple Keith et David est intéressant mais tout tourne autour du fait qu’ils sont gays. Alors oui, avec la problématique de l’adoption par exemple, ou des relations libres (bah oui, les gays, ils forniquent tout le temps avec n’importe qui, tu sais bien… Et pus HBO, faut du cul, du cul, du cul), je veux bien admettre sans soucis que ça touche certains couples homos, pas de soucis. Mais leur relation ne peut pas tourner qu’autour de ça. Dans Sense 8, l’homosexualité de Lito et la transexualité de Nomi (jouée par une actrice trans) sont des ressorts importants de l’histoire mais leurs personnages n’ont pas que ça comme histoire, on a aussi des scènes où ils sont avec leur partenaire et ils se comportent comme n’importe quel couple, avec tendresse et amour sans que leur identité sexuelle n’arrive sur le tapis. Et ça, rien que ça, ça mériterait qu’on jette un oeil à la série.

Sense8 Nomi et Amanita

En fait, j’ai la sensation que les Wachowski réussissaient avec Sense8 ce qu’ils ont échoué avec Cloud Atlas : raconter une histoire par delà l’espace (dans Cloud Atlas le temps) avec des liens particuliers entre les gens. Et je suis dévastée qu’il n’y ait pas de saison 3… Pas tellement pour l’histoire contre l’organisation secrète parce que ça, en fait, je m’en fous, mais plus pour leurs histoires individuelles, les voir grandir avec leur pouvoir, les voir s’épanouir avec ça. Mais je ne désespère pas, ils trouveront bien un moyen de nous faire une fin.

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