Le support fait-il l’oeuvre ?

On dirait un sujet de dissertation de philo (celle qu’on fait en devoir surveillé en terminale quand on débute, quoi). L’autre jour, en me baladant sur Instagram, je vois un dessin style BD sur Orgueil et préjugés (de Margaux Motin, je crois) et je me souvins avec un peu de nostalgie de ces petites BD en fin de Je bouquine qui présentaient une oeuvre littéraire majeure. Et y a certains bouquins que j’aurais préféré lire ainsi. Mais ne perd pas t-on un peu (beaucoup) de l’essence d’une oeuvre en la changeant de support ?

(Alors du coup, oui, c’était Margaux Motin mais ce n’était pas Orgueil et Préjugés)

Alors il est vrai que Je bouquine m’a fait acheter Madame Bovary, Les travailleurs de la mer, Eugénie Grandet… des livres entamés alors que j’avais entre 13 et 15 ans et que je n’ai jamais finis (enfin, Eugénie Grandet, je crois que oui mais je n’ai aucun souvenir)… parce que les BD donnaient vraiment envie mais surtout… il ne s’agit pas juste de support, en fait. On n’est pas dans un débat “papier ou liseuse et quid du livre audio ?”, non, je parle d’adaptation, en fait. Pourquoi j’aimais bien ces BD et pas du tout les romans ? Parce que ça m’épargnait les longues parties de description avec lesquelles j’ai encore du mal aujourd’hui… Question de goût. Mais du coup, si on sabre de grandes parties des mots qui ont constitué l’oeuvre, est-ce qu’on peut encore parler d’oeuvre ?

Au bonheur des dames

Ah zt Au bonheur des dames, aussi ! Ca me donne envie de le reprendre (la lecture)

La question se pose aussi sur l’expo Klimt à l’Atelier des Lumières. Alors puisque vous ne me demandez pas mon avis sur cette expo, je vous le donne en 2*2 : j’ai eu un peu de mal à rentrer dedans parce que je me sentais un peu “volée” dans mon expo vu que je ne pouvais choisir combien de temps j’admirais une oeuvre mais finalement, j’ai été attrapée. Donc oui, c’est cool mais pour moi, ce n’est pas une expo mais une performance. Idem pour les interprétations radiophoniques de livres. Je vous conseille l’adaptation de La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker diffusée sur France culture que je trouve magistralement interprété. Mais une fois de plus, on sabre les mots (contrairement à un pur livre audio, par exemple, je suis en train de découvrir). Et évidemment les adaptations cinématographiques qui peuvent parfois franchement prendre quelques libertés avec le matériel de base. Mais du coup, en terme d’oeuvre, est-ce toujours la même ou carrément une nouvelle ?

L'expo Klimt à l'atelier des lumières

Et question corollaire : peut-on se targuer d’une connaissance d’une oeuvre si on l’a découverte par un support plus « abordable » ? Point de snobisme de ma part ici, je suis cette adolescente qui aurait adoré avoir la BD de Mme Bovary en entier car le style de Flaubert la rebutait (il faudra que je retente, j’ai réussi à lire le Rouge et le Noir très facilement une fois adulte et même les deux premiers volumes de A la recherche du temps perdu. J’ai même envie d’écrire un roman autour du personnage d’Odette… enfin, mon interprétation de ce personnage là mais j’ai déjà trop de choses à écrire pour le moment). J’ai vraiment adoré l’adaptation de la vérité sur l’affaire Harry Quebert par France culture et je voudrais récupérer plein de ce type d’adaptation (si vous avez quelque chose à ce sujet là… et je parle d’adaptations, pas de livres audio, j’ai pris un abonnement Audible, déjà). Et du coup, c’est là, la vraie question : qu’est-ce qui fait une oeuvre ? Son fond ou sa forme ? Pour en revenir à Le rouge et le noir que je n’ai lu que récemment (ah, cette volonté de ne pas lire les romans qu’on t’impose au lycée), j’avais vu il y a quelques années l’adaptation de TF1 avec Carole Bouquet et Judith Godrèche et je connaissais donc les grandes lignes mais une connaissance de l’oeuvre… pas vraiment. J’ai pas un grand souvenir de cette adaptation (à part la fin) mais il me semblait que certaines thématiques étaient un peu squizzées…

Le rouge et le noir téléfilm TF1, Carole Bouquet

Mais finalement, est-ce si grave que ça ? Je veux dire certains romans, tableaux, symphonies… ne sont certes pas abordables avant un certain âge ou tout du moins un certain bagage culturel et qu’on peut trouver les thématiques du Rouge et le Noir ou Mme Bovary absolument passionnantes mais être rebuté par le style littéraire de leurs auteurs. Alors oui, toute adaptation fait perdre toute la forme d’une oeuvre originale. Mais quand on raconte une histoire, est-ce que l’on souhaite que nos interrogations, nos récits, nos témoignages soient partagés au plus de personnes possibles ou est-on résolument attaché à ce que les gens découvrent l’histoire à travers nos mots et seulement eux ?

La peinture par numéro

Parfois, j’ai envie de me remettre à la peinture par numéro, à propos de connaissance d’oeuvre…

Et bien… je sais pas, j’avais juste envie de poser la question.

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Le jour où on n’a pas vu le Mont Fuji

Le 04 octobre – Mont Fuji nous voici ! L’excitation est palpable. Je voulais partir à 6h30 de l’appartement pour arriver tôt car mon guide disait qu’il pouvait se couvrir en fin de matinée et nous avions une heure de train pour arriver mais Victor tempère mon ardeur : 7h30, ça suffira amplement. Il faut savoir qu’au Japon, il fait jour dès 6h du matin donc si on veut partir à l’aventure tôt, c’est fort possible. J’enfile mon petit t-shirt, mon petit gilet et c’est parti ! Pour briser immédiatement le suspense : on a bien fait de suivre le plan de Victor plutôt que le mien.

Kasei

Météo qui met de suite dans l’ambiance

Le petit train pour le Mont Fuji

On part donc enthousiastes et on se fait refroidir assez vite par la météo : il fait plus que couvert et, visiblement, il a plu. C’est pas grave me dis-je, ça doit être un peu comme en Irlande pendant mon voyage de classe en 97. C’est le matin, ça va se lever. Notre train monte tranquillement vers sa destination : Kawaguchiko, un lac avec vue imprenable sur le Mont Fuji. Il pleut mais c’est pas grave : c’est le matin et on est encore loin de la destination. Pas de panique…

Lac Kawaguchi près du Mont Fuji, Japon

9h, gare de Kawaguchiko. Il pleut et on a froid, je sors mon Kway de touriste et on se réfugie dans un hôtel/restaurant pour avaler un consistant petit déjeuner et un café. Ca va se lever…

Petit déjeuner au pied du Mont Fuji

10h, ça ne s’est toujours pas levé mais on ne va pas passer la journée là. Victor me propose de faire un tour du lac à pied, 10 km, environ. Bon, on n’a que ça à faire de toute façon, allons-y, ça finira bien par se lever.

Lac Kawaguchi près du Mont Fuji, Japon

 

Le lac, donc. Pas mal de barques en forme de cygne ou avec des têtes de pandas ou de chats. Ambiance Batman Returns de Burton. Plus un point direct. On oublie le téléphérique amenant à un point de vue sur le Fuji vu qu’il fait tout dégueulasse et on commence à marcher paisiblement. Au bord du lac, quelques pêcheurs, on croise de rares promeneurs. On goûte le calme et notre solitude. Malgré la pluie intermittente et un Mont Fuji invisible, c’est une balade hyper agréable, on a droit à quelques jolis coins et on croise même d’adorables chatons. Tout ce qu’on aime.

Lac Kawaguchi, Mont Fuji, Japon, barques cygnes

Lac Kawaguchi, Mont Fuji, Japon

Mais soudain, une musique étrange s’élève, mi fantastique mi flippante… on aperçoit derrière les arbres un étrange château comme un mini Disneyland. Intrigués, on fait le tour et nous découvrons le Music Forest Museum. Résumé de la situation : il pleut, on n’a que ça à faire de la journée de se promener autour du lac… Bah, faisons un tour dans cet étrange musée.

 

Et c’était cool ! Franchement, on n’y serait jamais allés exprès et on aurait manqué un moment sympa. On a droit à deux spectacles : un concert d’automate avec une chanteuse d’opéra et un concert du plus grand orgue automatique du monde. Ouais, rien que ça ! Et c’était assez bluffant genre t’es assis dans une espèce de salle de bal et tu as tous les pantins au-dessus de toi qui battent le rythme. On a aussi droit à un petit spectacle de sand art qui nous raconte la légende la princesse Kaguya. Encore un truc que j’aimerais bien savoir maîtriser. Tout était aux couleurs d’Halloween, fête qui semble très prisée ici. C’est d’ailleurs la musique d’Halloween version orgue qui nous a attirés. On croise des bâtiments étranges, j’ai presque l’impression de me balader dans un univers parallèle

Music Forest Museum à Kawaguchiko, Mont Fuji, Japon Music Forest Museum à Kawaguchiko, Mont Fuji, Japon Music Forest Museum à Kawaguchiko, Mont Fuji, Japon Music Forest Museum à Kawaguchiko, Mont Fuji, Japon Music Forest Museum à Kawaguchiko, Mont Fuji, Japon Music Forest Museum à Kawaguchiko, Mont Fuji, Japon

Music Forest Museum à Kawaguchiko, Mont Fuji, Japon

Quand je parle d’un côté un peu flippant du lieu, je parle de ça, par exemple

Une heure de mignonnerie plus tard, on tombe sur un joli parc chelou, on traverse des champs de fleurs, on aperçoit une école qui ne ferait pas tâche dans un manga sur des fantômes… Toujours pas de Mont Fuji mais il ne pleut plus et les nuages s’effilochent paresseusement sur les reliefs. Oui, c’est beau. Un rayon de soleil vient même parfois nous gratifier d’un timide coucou.

Lac Kawaguchiko, Mont Fuji, Japon Lac Kawaguchiko, Mont Fuji, Japon Lac Kawaguchiko, Mont Fuji, Japon Lac Kawaguchiko, Mont Fuji, Japon Lac Kawaguchiko, Mont Fuji, Japon Lac Kawaguchiko, Mont Fuji, Japon

On marche, le coeur vaillant. On marche. On a quitté le musée vers 13h15, il est 14h. 14h30. On suit les bords du lac mais on n’a pas droit à un lac tout rond, non, on a droit à des détours dans tous les sens et on commence à ne plus trop faire les fiers, tout en se rassurant mutuellement. “Ca va, toi ? Moi, ça va !”. Oh et puis au pire, on finira bien par tomber sur un bus, il doit bien y avoir des trains jusque tard…” Dans ma tête, je suis en panique totale : on n’a rien mangé depuis 10 heures du mat, on n’est pas très chaudement habillés et à chaque virage, on découvre un nouveau méandre du lac. 16h15, on finit par trouver un arrêt de bus avec des horaires, le suivant est annoncé à 16h27. 16h29, le bus d’en face passe, on va vérifier, il était prévu à… 16h29. 16h35, je commence à me demander si ça se pratique l’auto-stop ici. 16h42, la délivrance : le bus nous cueille enfin.

Lac Kawaguchiko, Mont Fuji, Japon Lac Kawaguchiko, Mont Fuji, Japon Lac Kawaguchiko, Mont Fuji, Japon

17h15, nous sommes épuisés mais soulagés et à la gare de Kawaguchiko, on s’enfile un Udon de la victoire, tellement mérité. Nous avons quand même marché de de 10h à 16h15 avec 30 mn de pause pour les spectacles du musée et ce sans se restaurer. Le soir, en rentrant, petite halte au Lawson , une espèce d’épicerie station service où on trouve enfin, après avoir écumé je ne sais combien de Family Mart et Seven Eleven, on trouve enfin des Kit Kat matcha.

Le Udon de la victoire KitKat Matchamnt

Du coup, malgré l’immense fail de la journée, ne pas voir le Mont Fuji alors que la journée lui était dédiée, on a passé d’excellents moments, une si belle journée qu’on a décidé que oui, le Japon, on y reviendrait dans pas si longtemps que ça. Peut-être même en hiver pour y faire du ski. Le comble du snobisme.

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Le snobisme géopolitique

Et je vous préviens : je vais être obligée de plaider coupable car je suis une passionnée de géopolitique.

 

Il y a quelques années, j’ai créé un blog d’actualités qui a vécu environ 5 jours. Le but : écrire quelques courts articles d’actualité factuels traitant de la politique étrangère… et française. Parce qu’on va pas se mentir : la politique française, ça m’ennuie. Parce que c’est de la politique politicienne, des petites phrases, des politiques stériles, des incompétents, toujours les mêmes têtes depuis que je suis née… Je n’y crois plus, je les méprise, je suis lassée. Alors qu’à l’étranger… ben, c’est très certainement pareil sur pas mal de ces points mais comme je le vois pas, ça m’intéresse de suite beaucoup plus. Mais au-delà de ça, s’intéresser à la politique étrangère, ça fait cultivé et intelligent…

Risk : allégorie de la géopolitique

L’intelligence de celui qui sait ce qu’il se passe ailleurs

J’ai toujours eu un réel intérêt pour la géopolitique et l’histoire des nations (au sens large du terme), je fais ma brillante en parlant de la révolution “citron” au Kirghizistan, en écho à la révolution orange de l’Ukraine (mais plus communément appelée révolution des tulipes, finalement), les délires mégalos de feu le dictateur du Turkménistan (il a fait une statue de lui en or qui tourne car il est si fort qu’il peut regarder le soleil direct dans les yeux et a envoyé son livre, le Ruhnama, sorte de Bible, dans l’espace) ou du Canada, ce pays si proche dont personne ne sait jamais rien in fine. Ouais, ça fait intelligent de savoir ce qu’il se passe à l’étranger et tiens, justement, c’est, je crois, le coeur du snobisme géopolitique : être (ou paraître brillant). J’eus un ami dans le temps qui se targuait d’être très intelligent et cultivé mais en fait, il s’arrangeait pour amener la conversation sur son sujet de prédilection pour paraître brillant puisque les personnes en face, moins au fait du sujet, écoutaient sans intervenir. C’est toujours drôle de voir que s’y connaître un peu en actualité des les pays étrangers vous fait de suite atteindre un statut de personne “cultivée” alors que vos commentaires ne volent peut-être pas plus hauts que ceux qu’on pourrait avoir au “café du commerce” rapport à la politique française mais vu qu’on ne maîtrise pas les paramètres, ça passe crème.

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Mais non, j’ai un amour pour un pays étranger, c’est pour ça que je m’y intéresse

Ce que j’appellerais aussi “l’herbe est plus verte ailleurs”. Choisissez quelques uns de vos amis, peu importe lesquels, je vais pas trop me mouiller qu’ils ont tous un pays de prédilection, un pays où ils rêvent d’aller visiter ou vivre parce que c’est mieux qu’en France. Moi, par exemple, je serais pas contre l’idée de partir vivre en Suède, Canada, Grèce ou Espagne pour différentes raisons que j’exposerai pas ici car on s’en fout mais en gros “la France, j’en ai marre, allons voir ailleurs si l’herbe est plus verte”. Parce que nos politique sont tous pourris, qu’il n’y a plus de travail et que les Français sont tous des cons, t’as qu’à voir les dernières élections (j’exagère à dessein). Sauf que… la fuite en avant est rarement une bonne solution. On ne voit les choses que de façon macroscopique, on n’est pas englués dans le quotidien, les petits scandales politiques qui s’égrènent au fil des jours. Je suis de plus en plus amère vis à vis de nos politiques français (c’est le moins que l’on puisse dire) mais je ne suis pas dupe : ce n’est pas forcément mieux ailleurs. Reste l’attirance pour une autre culture que je comprends tout à fait mais si je devais suivre mes élans culturels, j’irais vivre en Italie… le pays où la sphère politique est encore plus moisie que chez nous.

France Italie géopolitique

En France, on est quand même en démocratie, c’est moins grave qu’en… [choisissez votre pays en conflit, la liste est assez longue]

En France, il n ‘y a pas d’urgence, pas de danger, on en reste à la politique politicienne, tout va bien. Alors oui mais non. Si je me réfère à mes communautés, il me semble avoir vu beaucoup d’indignation lorsque les manifestations étudiantes du Québec ont été durement réprimées ou lors de la volonté du gouvernement espagnol d’interdire les manifestations. Alors que quand ça arrive en France, grosse indifférence. J’en ai déjà parlé sur la manifestation lors de la COP21. Déjà, j’ai généré quasi aucun trafic sur cet article par rapport à d’habitude, démontrant une certaine indifférence de mes communautés vis à vis de ce sujet… Alors peut-être est-ce parce que l’écologie ne leur parle pas, peut-être parce qu’ils ont bien assimilé la rhétorique de la terreur (moins de liberté pour plus de sécurité, promis, c’est pour ton bien) alors même que l’on a déjà voté une bonne dizaine de lois liberticides en 5 ans et qu’on n’a jamais eu autant de morts que depuis qu’on est censés être mieux protégés. Peut-être juste parce qu’on est en France et que ce n’est pas une dictature, arrête d’exagérer. C’est vrai, nous avons encore pu exercer nos droits citoyens pas plus tard que le week-end dernier, suite à une campagne lamentable où on nous a encore pris pour des débiles “vote pour nous sinon la bête immonde” (on dirait un chantage affectif de parents sadiques sur leurs gosses “dors sinon le monstre va venir te manger”) mais oui, on a pu voter, avoir un choix entre différents partis… sauf que l’Histoire nous a appris que la privation de droits ne venaient pas toujours par coup d’Etat, c’est souvent du progressif. Croire qu’en France, on risque rien, c’est d’une naïveté… et je me permets de le dire parce que j’ai été tout aussi naïve (je peux plaider coupable sur tous les éléments de l’article, pour rappel), parce que je trouvais le village des Indignés français ri-di-cule à l’époque du Printemps Arabe. Pourtant, il est désormais temps de s’indigner car notre riante démocratie fait la gueule. Je dis pas qu’on sera en dictature demain mais il faut rester vigilant quoi qu’il arrive… même si la pente est douce, elle peut nous amener au fond.

(c) Je ne sais pas mais trouvé sur Associazione culturale Zenit (clic sur l'image)

(c) Je ne sais pas mais trouvé sur Associazione culturale Zenit (clic sur l’image)

Voilà, fin de mes articles politiques, on va passer à Noël maintenant, sauf si une news me met encore la rate au court bouillon. Mais ne vous inquiétez pas : dans mes résolutions 2016, il va y avoir « ouvrir encore plus ma gueule » #spoiler

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Attention à qui tu retweetes

Janvier puis novembre, ce même phénomène : passer mes journées sur Twitter à cliquer sur tous les articles sur les attentats, apprendre, apprendre encore. Essayer de trouver des articles qui vont m’éclairer sur Daesh, sur la situation, m’éclairer du mieux possible même sur ce que je sais ou pensais savoir… F5, F5. A l’abri derrière mon écran, je suis l’horreur en direct en me ramassant des infos dans tous les sens. Et c’est là que le bât blesse : au milieu des infos vérifiées et importantes à diffuser circulent des hoax, rumeurs et grosses merdes qui te feront bien paniquer.

Fausse info Twitter

Soyons plus concret. Vendredi 13 novembre : j’échange des mails Facebook avec mes anciens collègues pour savoir si tout va bien. Alors qu’on se stresse pour celui coincé au Stade de France, une autre nous explique être à Châtelet et c’est un peu la merde. Je passe sur Twitter et je vois un tweet affirmant qu’il y a des fusillades aux Halles. Whaaaaaat ? Panique pour ma pote. En même temps, je reçois des SMS d’Anaïs qui m’explique que tous les bars sont attaqués, de la Bellevilloise au Comptoir Général. Sauf que pour le coup non, non pour ces derniers. Le lendemain, les journalistes spécialisés dans la Désintox refont le point sur ce qu’il s’est passé ou non. Et là, je vois passer certains comptes que je connais trop bien : info140 et lesnews. Vous savez, ces comptes qui démarrent tous leurs tweets par un énorme point rouge avec un “urgent”.

View of an installation of the exhibition "Infinite Obsession" by 84-year-old Japanese female artist Yayoi Kusama at the Banco do Brasil Cultural center (CCBB) in Rio de Janeiro, Brazil, on October 11, 2013. AFP PHOTO / YASUYOSHI CHIBA (Photo credit should read YASUYOSHI CHIBA/AFP/Getty Images)

Je vomis ces comptes. Vous pensez que leur but, c’est de vous informer? Absolument pas. Tous ces comptes comme celui-ci, lesaxviezvous, les Abandonedpics etc., sont ici pour une seule raison : choper du follower en masse pour louer leur compte aux marques. Donc déjà, je suis légèrement agacée quand je vois ces comptes sur ma timeline et j’ai toujours envie de gronder (plus ou moins gentiment selon mon humeur) ceux qui rentrent dans ce jeu, souvent malgré eux. Après tout, n’ai-je pas moi même retweeté des chatons mignons par le passé ? Bon, voilà. Un article qui vous situe un peu le bordel de tous ces mendiants du RT (je dis plus pute à clic, trop sexiste)

chaton-mignon

Là où le bât blesse, c’est sur la diffusion d’information et de fausse information. Depuis pas mal d’années, on s’énerve sur les hoax et autres désinformations, j’étais la Reine du mail lapidaire “c’est une fausse info, merci de vérifier avant d’envoyer ce genre de mails, merci”. Je ne dis pas ça par snobisme (enfin, si, un peu parfois) mais parce qu’on ne sait pas ce qu’il y a derrière. Au mieux, des gens pas très bien intentionnés récolteront gentiment votre adresse mail et vous recevrez des tas de pourriels. Au pire, on vous racontera des histoires qui font peur, distillant quelques grammes de haine ordinaire de l’Autre (souvent arabe et encore plus précisément musulman même si cette nuance est souvent difficile à percevoir pour les émetteurs de ces messages). Aujourd’hui, si le procédé reste plus mercantile, bien que quelques uns ne cherchent que la gloriole parce que j’imagine qu’il y a corrélation entre nombre de RT et taille du pénis (sinon, je vois pas l’intérêt); les fausses informations peuvent potentiellement devenir dangereuses. Dans le cas du 13 novembre, j’ai été quitte pour une frayeur pour ma pote (et elle encore plus, vous imaginez bien) mais la situation aurait pu facilement dégénérer à cause de ces comptes relayant toutes les rumeurs comme s’il s’agissait d’un fait avéré.

foule-panique

Les réseaux sociaux sont un média potentiellement incroyable, qui vous permet de suivre n’importe quel événement, heureux ou malheureux, en direct. Twitter réalise régulièrement des cartes liées au nombre de tweets sur un sujet donné pour montrer l’instantanéité des nouvelles. Ici, par exemple, Charlie Hebdo :

Ca fait toujours son petit effet en présentation même si celle sur un but en foot met l’assistance de meilleure humeur. Une rumeur peut se répandre comme une traînée de poudre grâce à ces comptes merdiques qu’on retweete sans y penser et pour le coup, en devenant relais, on devient responsable. Or, le souci, c’est qu’une rumeur, même avérée fausse, laissera toujours des traces, tout le monde n’a pas le courage/l’envie de vérifier une info et le démenti n’atteindra pas forcément ceux qui ont rediffusé sans penser à mal. N’y voyez aucune condescendance de ma part, je me suis aussi parfois plantée (par contre, si je vois le démenti, je le diffuse en faisant mon mea culpa).

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Mais aujourd’hui, soyons responsables : ne retweetons plus les mendiants du RT, c’est notre petit militantisme pour une info vérifiée et de qualitay sur les réseaux sociaux.

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Paris a le blues

J’ai le blues de Paris

Paris, 7 ans ¾ que j’y vis. Le 28 mars prochain, je soufflerai la 8e bougie de notre vie commune. Et je ne te cache pas que je ressens comme une petite crise existentielle entre nous, je sens que mon amour pour toi s’essouffle un peu. En fait, c’est pas tant toi que la vie parisienne qui commence à me fatiguer.

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Tu es attirante et tu le sais. Quand je suis venue vivre ici, je m’imaginais une folle vie culturelle, le Louvre deviendrait ma 2e maison, je serai de tous les concerts. Une vie aussi hype que dans les magazines féminins. Sauf qu’une fois que tu deviens mon quotidien, je rate toutes les expos, je trace dans tes rues en ignorant des sublimes atours. Tu es ma vie, je ne te vois plus. Le week-end, je suis trop fatiguée pour aller mater quelques tableaux, photos ou oeuvres en tout genre. Je ne profite de ta beauté que lorsque j’accompagne des touristes (mes parents en général) dans tes rues, que je leur fais découvrir certains quartiers. Ces quartiers, justement. Ma vie parisienne se limite à quelques coins où je ne me rends que par intérêt, pour la chorale ou la piscine ou visiter quelques amis. Mon Paris se limite à quelques stations, à quelques lignes. 8 ans de parisianisme plus tard, je lève un sourcil quand je reçois un texto “je suis à Avron, j’arrive”. Je sais pas où c’est, moi, Avron, quelque part entre Jaurès et Nation sur la ligne 2, par là… Il y a ces quartiers que je ne connais pas et ceux que, depuis que je vis en ton sein, j’ai en horreur. Rendez-vous à Châtelet, Opéra ou, le pire du pire, les Champs ? Pitié, au secours ! Oh oui, c’est follement pratique, ces grands carrefours de lignes, y en a toujours une qui arrange les gens. C’est vrai. Mais les bars se suivent et se ressemblent, c’est impersonnel au possible. On fait Starbucks ou Indiana ?

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D’ailleurs, quand on me propose de sortir et qu’on me demande un point de ralliement, je ne sais plus que répondre. Mes cantines ont décliné, certaines ont même disparu. Mes bars de prédilection d’hier, je ne m’y retrouve plus, je ne suis plus chez moi. Etre chez soi à Paris, étrange concept tant on est dilué dans l’anonymat de la foule. Vous n’êtes point un individu mais un client. Et que dire de ces bars à la mode où il faut faire la queue pour entrer ? Une heure pour boire un cocktail, si tant est qu’on vous accorde le droit de rentrer. Ca, je m’y refuse. Je veux boire un verre, pas assister à une soirée privée ! Verre que je paierai un prix démentiel parce que c’est Paris…

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Et que dire de ce snobisme puant de la plupart de tes habitants ? Ceux qui crachent sur la rive droite ou gauche selon où ils vivent ? Qui trouvent hérétiques d’aller dans certains quartiers ou certaines banlieues ? Qui te regardent limite comme une merde faisandée parce que ô mon Dieu, j’habite en banlieue (pourtant dans une ville à fort pourcentage de CSP++… Enfin, je crois). Au départ, ce snobisme sent le jeu, le côté parvenu vu que 90% des Parisiens snobs ne le sont pas, Parisiens, justement. Un jour, ils ont débarqué dans la grand ville, chopé une chambre de bonne de 9m² sous les toits (mais à côté du jardin du Luxembourg) et ils se sont crus les Rois du monde. J’avoue que moi-même, je me suis un peu pris au jeu de la pétasse parisienne fut un temps. Un temps où manger des macarons Ladurée fut un must. Puis je me suis perdue dans la guerre de la hype où manger des macarons est un jour devenu totalement ringard (vu que ma consommation avoisinait les 15 macarons par an, je me suis pas sentie super concernée). C’est ça, Paris, aussi, les trucs incroyablement hype du jour ne le sont plus le lendemain. Avant, on se la racontait en boulottant une salade Cojean. Aujourd’hui, ça fait autant pitié que de grignoter un sandwich Sodebo acheté au Daily Monop (mais ça coûte 10 € de plus).

A Paris, t’es hype ou t’es larguée. Sauf que moi, j’ai jamais été hype, ni avant, ni depuis que je suis ici parce que, pour te dire la vérité, ma douce, je m’en fous. J’ai toujours eu la mode en horreur, je shoppe chez H&M, Promod ou Camaïeu sans complexes. Et même, pour être complètement honnête avec toi, je n’aime pas faire les soldes dans tes magasins surbondés de petites connasses hystériques et méprisantes. Moi, les soldes, je préfère les faire dans mon sud natal, où je fais pas une heure de queue pour essayer une robe. Par exemple. Et je te parle même pas de cette nécessité toute parisienne de porter des fringues de marque. Alors que pardon mais Maje, Zadig et Voltaire, Comptoir des cotonniers, c’est le conformisme à l’état brut. Et ça tient même pas trois lavages alors que t’y auras lâché un demi SMIC. Et je te parle même pas des Isabelle Marant, Vanessa Bruno et consort. Mais je reparlerai mode un autre jour.

paris

Bref, tu m’épuises Paris. Tu manques de simplicité, de véracité, de naturel. La panacée des grandes villes sans nul doute. Mais ici plus qu’ailleurs, j’ai la sensation que si tu rentres pas dans le moule, tu ne seras jamais tout à fait parisien(ne). Si tu ne brunches pas avec ta petite frange, tes bottes fourrées dans lesquelles tu rentres ton slim, ton sac immense posé nonchalamment sur ton avant bras, t’es pas vraiment parisienne. Et je n’évoque même pas avec toi le prix que la vie parisienne coûte même si je crois que c’est la clé de voûte de ma lassitude. J’ai beau gagner un double SMIC par mois, les fantaisies sont limitées. Ca aussi, c’est une histoire de grande ville. Peut-être ne suis-je juste pas faite pour toi…

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Le fanorat est médiocre

En lisant l’autre jour un article sur Lana Del Rey, j’ai découvert une étrange expression “la médiocrité du fanorat”. En gros, les fans ont grosso modo des goûts de merde. La preuve, ils écoutent Justin Bieber en masse et maintenant Lana Del Rey. Et là, j’ai réalisé tout le snobisme du concept, snobisme dans lequel je me suis souvent vautrée.

Je l’avoue sans honte, je suis merdophage. J’écoute de la musique commerciale (Lady Gaga, Britney Spears ancienne époque parce que j’aime pas la nouvelle qui abuse de cette voix électronique qui me pète les oreilles, Rihanna, Katy Perry… Mais pas les Black eyed peas, faut pas déconner), je regarde des séries pourries de type Hélène et les garçons et leurs déclinaisons (du moins quand j’en ai le temps donc en ce moment, non). Par contre, je suis d’un snobisme épouvantable en terme de cinéma (bouh les blockbusters) et surtout de littérature. Souvenons-nous ensemble comme j’ai souffert en lisant du Guillaume Musso. A chaque fois que je passe dans une librairie, je pleure en découvrant en tête de gondole les Musso et Lévy, best sellers absolus ou encore les Dan Brown qui réécrit perpétuellement le même roman en changeant le prénom féminin et la ville où se passe l’action.

Et pourquoi donc ? Qui suis-je pour décréter ce qui est bien ou mal en terme de littérature ? Si on reprend l’univers musical, je sais faire la distinction entre de la musique de haut niveau (si j’ose dire) et une production commerciale calibrée pour cartonner sur les radios et dans les discothèques. Mais j’aime la musique commerciale pour travailler en paix dans l’open space, taper mes content plans sans interventions extérieures. De la même façon, peut-on vraiment condamner des gens qui préfèrent s’avaler un Lévy sur la plage plutôt qu’un Tolstoï ou se vider la tête devant Transformer plutôt que devant un film d’art et essai ousbek ? Et d’abord, qui a décrété ce qui était digne d’intérêt et bon à jeter ?

On en revient au bon vieux Bourdieu et son étude du bon goût. Pour rappel, selon Bourdieu, le bon goût est défini selon les goûts bourgeois. Et oui, on a du mal à imaginer un conducteur de voiture tuné écouter du Mozart sur ses enceintes surround machin tout ça (je suis nulle en enceintes) ou en train de lire La Propédeutique philosophique d’Hegel. Et pourtant, pourquoi pas ? Je veux dire en tant que femme, je me plains parfois d’entendre que le maquillage et la coquetterie semblent être des antonymes de culture et d’intelligence. Mais voilà, souvent culture populaire = culture facile d’accès = de la merde.

Et pourtant, si je retourne le raisonnement, je me dis qu’il y a du génie dans cette sous culture. On peut cracher tant que l’on veut sur les Lady Gaga, Lana del Rey, Marc Lévy et co, ils ont quand même compris ce qui marchait et comment faire du business. Ils ne sont pas si nombreux que ça. On peut se gausser sur la facilité de leur art, pour se permettre de la ramener, faudrait déjà arriver à en faire autant. Oui, je n’aime pas le style d’écriture des Lévy et Musso mais puisque c’est si facile, pourquoi ne pas en faire autant, hein ? Je n’ai pas le goût des bluettes, j’ai essayé d’en écrire sans le moindre succès, ça m’ennuie. Mais si j’y parvenais et que je les envoyais à une maison d’édition, serais-je pour autant publiée ? Connaîtrais-je le succès ? C’est un peu comme la cuisine, c’est pas parce que tu suis la recette que c’est forcément génial à l’arrivée.

Bref, existe-t-il réellement un fanorat médiocre ou des artistes qui donnent ce que l’on souhaite, un art facile à consommer pour les jours où on n’a pas envie de faire des efforts ? Que le gastronome qui n’a jamais croqué un Big mac me jette la première pierre.

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Le prince charmant est un crétin

Cette année, snobisme ou amour des belles choses oblige, Vicky et moi avons fait une première partie de réveillon à l’Opéra Bastille pour assister au ballet Le lac des cygnes, version Noureev (d’ailleurs, faut lire la page wikipedia sur le sujet, c’est très intéressant). C’était magnifique, j’ai eu plein de frissons, j’ai adoré et Vicky aussi. Mais à un moment, malgré notre sérieux et notre grand sens esthète, Vicky s’est penchée vers moi et m’a soufflé : « il est con le prince quand même! ». Et j’avoue qu’elle a mis les mots sur ma pensée.

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Je vous résume rapidement l’histoire pour ceux qui ne connaissent pas. Le prince doit prendre une épouse mais il a pas très envie, il fuit auprès d’un lac pour tuer du cygne et découvre la belle princesse Odette, victime d’une malédiction : cygne le jour, femme la nuit. La seule façon de la sauver est de l’épouser (et tu peux pas tuer le sorcier qui l’a ensorcelée sinon c’est mort). Le prince revient à la cour et le sorcier lui présente Odile, sa propre fille sosie d’Odette et le prince, paf, il tombe dans le panneau, épouse la Odile et là,
soudain, Odette passe au loin, il comprend sa méprise. Du coup, à cause de lui, Odette, elle meurt. Plus inutile comme mec, tu meurs. Surtout que comme disait Vicky « Non mais attends, le mec, il est foutu de retrouver sa princesse dans un troupeau de cygne et là, il en épouse une autre sans s’en rendre compte! ». Ouais, boulet !
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De façon générale, je me dis quand même que les contes de fées qu’on m’a diffusés pendant ma jeunesse m’ont bien appris à ne pas trop compter sur les hommes. Ouais je parle des versions Disney. Par exemple, le prince de Blanche Neige, il se contente de se promener dans la forêt et d’abuser d’une belle endormie. Celui de Cendrillon n’est même pas foutu de reconnaître sa belle sans une chaussure. Moi, j’aurais fait une mauvaise Cendrillon, je fais du 38-39 et toutes les filles tentant de s’acheter des chaussures en soldes savent de quoi je parle : y en a jamais (marche avec le 37). Celui de la Petite Sirène se fie à la voix et manque de se donner à une vilaine sorcière (mais là, c’est Disney donc à la fin, elle ne meurt pas). Y a que celui de la Belle au bois dormant qui tue un peu un dragon quand même, respect. Mais bon, je sais pas, moi, quand je tombe fooooolle amoureuse d’un mec, je suis capable de le reconnaître sans m’aider d’accessoire. Même sans lunettes, je reconnais l’Amoureux dans la rue alors qu’il n’est pas sous mon nez. Ca marche aussi avec Vicky mais c’est à peu près tout.

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La question est : pourquoi ? Oh oui, ok, pour la tension dramatique, c’est pas drôle si le Prince reconnaît de suite sa belle, ça détruirait de suite le machiavélisme des méchants. Mais n’empêche, je résume : on a affaire à des filles débrouillardes qui font tout par amour (aidées de fées parfois) et pas de bol pour elles, elles tombent sur un lourdaud incapable de les reconnaître, tout ça pour, à la fin, se transformer en mère pondeuse. Mais ouah, envoyez nous du rêve ! Y a que la Belle au bois dormant qui est cruche et se contente de se faire piquer par un rouet alors qu’elle n’a rien foutu de toute l’histoire. Mais à l’arrivée, faudrait voir à pas trop s’étonner si on devient des célibattantes plus fan de Samantha de Sex and the city que de Carolyn Ingalls (qui ne sont certes pas des princesses). Parce qu’elle est là, la moralité : ne fais pas confiance à un homme, il sera facilement dupé par un tour de passe-passe.

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Et puis, belle ode à l’infidélité au passage : si je résume, un homme se fait avoir par un peu de fard (à joue ou à paupières) donc si tu te bats pas comme une lionne, ton prince, il part avec une greluche qui a su l’embobiner. Alors question : mais à quoi ça sert un prince charmant ? Normalement, ça devrait nous faire rêver. Si tu crois qu’un mec pas capable de me reconnaître s’il ne glisse pas mon pied dans une chaussure me fait fantasmer, toi. Finalement, le prince charmant, c’est comme le Père Noël : passé l’enfance, faut plus y croire.

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PS : J’avais déjà écrit un article un peu sur le sujet il y a fort longtemps, Un jour mon prince viendra, je te le remets, pour le plaisir.
Et je vous mets aussi le final du Lac des Cygnes, ça me fout des frissons à chaque fois


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Warhol avait presque tort

Depuis maintenant trois ans (Ciel!), je bosse sur les communautés du web. Blogs, forums et même Facebook, Twitter, Youtube… J’ai juste raté le train myspace même si j’ai dû créer un compte pour un client, un jour. Et ce qui est fascinant dans tous ces microcosmes, c’est le sentiment de starification et la vitesse à laquelle on chope le melon. Attention, je suis influente, parle moi correct !


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(c) largentula

Avant même de travailler en lien direct avec les blogueurs, je connaissais le phénomène de blogueur influent et m’en amusais follement. Influent de quoi, de qui ? En tant que lectrice adulte et dotée d’un libre arbitre, je ne vais pas consommer tout ce que me conseille un blogueur surtout quand il est rémunéré pour (oui, je suis en train de lamentablement cracher dans la soupe). Ca peut permettre de découvrir un produit ou un service, bien entendu, mais quand j’entends certains blogueurs influents expliquer qu’ils peuvent faire ou démonter une marque, je me gausse. Par exemple, la blogosphère influente s’est passionnée pour « La personne aux deux personnes », film avec Chabat. Résultat : le film fut un bide. Quelques uns sortent leur épingle du jeu comme Pénélope, Boulet, Margaux Motin pour les dessineux, quelques blogueuses mode ont pu travailler sur une collection de mode comme les chaussures André. C’est bien. Mais cette micro célébrité en rend certains parfaitement imbuvables. Persuadés limite d’avoir le droit de vie ou de mort sur une marque, une agence de comm ou même ta carrière, ils dénigrent en permanence. Comme disait Pink, un champagne tiède servi dans un gobelet en plastique et c’est tout un drame. Dans mon ancien taf, j’avais parfois la sensation qu’on avait créé des monstres. Non mais c’est vrai, concrètement, qui sont les blogueurs ? Des gens qui bossent dans le marketing ou la comm, des
étudiants, des journalistes et des inactifs, pour l’essentiel. Pour les étudiants et les inactifs, cette microcélébrité leur permet soudain d’exister, d’être quelqu’un, les marketeux prennent leur revanche sur des marques trop exigeantes en profitant du système et les journalistes se la jouent vigie moralisatrice parce que eux, c’est leur métier d’écrire et pas les autres. Ok, je caricature mais on n’est pas si loin de la vérité. Ah, j’oubliais les graphistes-illustrateurs mais la blogo-BD est un peu différente dans la mesure où ils ne courent pas après les marques, juste après un contrat d’édition et des piges ce que je trouve bien plus noble, pour ma part.


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C’est bien joli tout ça mais prenons conscience d’un truc : la blogosphère est un microcosme protéiforme où ta célébrité est complètement relative. Je vais prendre mon cas en tant qu’internaute vu que c’est celui que je connais le mieux. Quand j’ai commencé mon blog, en 2005 (ouais, je suis pionnière presque, t’as vu ?), j’en connaissais que très peu et essentiellement dans mon univers, soit les blogs journaux extimes ou « chroniques de vie », comme j’aime dire. Puis alors que je cherchais du travail, ma soeur m’a appris la notion de buzz et je me suis ouverte aux blogs marketing, j’ai commencé à lire des mecs célèbres sur la blogo dont je n’avais jusque là jamais entendu parler et qui n’étaient pour moi que des blogueurs au même niveau que moi. Crime de lèse-majesté s’il en est, je me comparais, moi et mon millier de lecteurs, à des blogs avoisinant les 4000 lecteurs par jour. Vilaine fille, tu seras flagellée en place
publique. Mais calculons un peu : 4000*30 (je suis gentille, je ne tiens pas compte des baisses du week-end), ça nous fait 120 000. Considérant qu’il y a en France (on va dire que les lecteurs sont tous Français même si rien n’est plus faux) environ 65 millions d’habitants, on va dire que la moitié d’entre eux a le web, soit 30 millions en arrondissant vers le bas. Donc 120 000 sur 30
millions, ça nous fait… 0.4%. Paie ton influence. Alors évidemment, on va me dire que ce qui fait le buzz (je refuse d’utiliser le mot ramdam, je trouve ridicule tous les sites qui changent de vocable du jour au lendemain parce que les mots anglais, c’est plus possible. Alors on a pris un mot arabe à la place), c’est la multiplicité des sites qui en parlent. C’est vrai. Et il est vrai aussi que les médias « traditionnels », surtout ceux en mal d’actu, vont se précipiter sur ces buzz pour remplir leurs colonnes. Sauf que ça n’intéresse que nous. Je suis au bord de la jouissance quand je parle à des gens qui ne connaissent pas le blogueur influent dont je leur parle. Et y en a beaucoup. Parce que oui, la blogosphère n’intéresse majoritairement que les blogueurs et les annonceurs évangélisés. Et encore, tout blogueur ne connaît pas la noblesse influente qui se croit au sommet car elle a fait une soirée avec des VIP genre des acteurs qui passent à la télé et tout. Le blogueur est un formidable pique-assiette. Puis il ne faut pas oublier que l’audience de ces blogs vient en immense majorité (jusqu’à 80%) de Google. Je ne sais pas vous mais quand je cherche un truc sur google et que je tombe sur un blog, je n’en retiens pas forcément le nom, je prends l’info et je le quitte. Influent mes fesses, oui.

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Autre phénomène qui me fascine, c’est Twitter. J’adore Twitter, j’adore lire les conversations, observer mes congénères et bitcher ensuite avec Vicky. Parce que, là, pour le coup, c’est comme un immense lycée avec les populaires qui pètent très haut au dessus de leur cul (je suis suivie par 4589 personnes mais moi, j’en suis que 13, des very very VIP) et dont on cherche à attirer l’attention à coup d’insertion de leur pseudo dans nos tweets. Oui, pour ceux qui ne connaissent pas Twitter, quand je veux interpeller une personne, je mets un @ devant son pseudo. Exemple pour me parler, c’est @ninabartoldi. Si la personne me suit, elle verra mon message dans sa timeline mais si tel n’est pas le cas, elle peut cliquer sur le lien « @sonpseudo » de la colonne de droite et voir tous les messages lui étant adressés. Perso, j’ai tendance à ne pas causer à ceux qui ne me suivent pas, je n’ai pas besoin de l’attention de ceux qui ne souhaitent pas me la porter. Ces populaires, stars d’un jour, snobent donc l’ensemble des petits comptes. Beaucoup usent de la technique de l’abonnement massif. Ils vont suivre plusieurs centaines de comptes et quand ils ont leur petit public, ils virent tout le monde pour avoir un ratio d’abonnés largement supérieur à celui de comptes suivis, pseudo gage de qualité. Sauf que perso, comme déjà dit, si la personne se désabonne de mes tweets, je pars du principe que je ne l’intéresse pas donc je ne vois pas l’intérêt de continuer à la suivre puisque tout dialogue l’ennuiera. Puis j’aime pas parler dans le vide. Sans parler du fait que j’ai des amis dans la vraie vie donc je ne
suis pas à un follower près (j’ai tendance à ne pas savoir combien j’en ai, je passe par un client twitter qui ne me l’affiche pas). 

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Autre cas qui me fascine : l’attention whore ou les aspirants populaires. Le but est de faire un max de bruit, de faire parler de soi pour faire péter le nombres d’abonnés. Chez les femmes, ça se manifeste par la nana qui va allumer toute la timeline en ne parlant quasi que de sa vie sexuelle (souvent fantasmée, j’ai du mal à croire que les hyperactives sexuelles passent toutes leurs soirées chez elles à twitter), du fait qu’elle est plus bonne que la plus bonne de tes copines, à sauter sur tout ce qui est sexuellement comestible (hommes comme femmes, la salope est forcément bisexuelle, ça suscite plus) en promettant mille fellations et levrettes… Au point qu’elle en devient sexuellement agressive et pénible. Surtout quand vous avez le malheur de suivre ce compte et celui de sa proie et de suivre une parade pré-coïtale qui n’a quasi aucune chance d’aboutir, l’attention whore étant souvent une simple allumeuse qui ne couche
pas. Si tant est que ce soit bien une femme derrière, j’ai des doutes. Bien entendu, certaines attention whore sont à prendre au 2nd degré et sont de fait très drôles mais souvent, on sent bien qu’elle a beau revendiquer un second degré, le fait est qu’elle cherche le follower et l’attention. Son slogan pourrait être : « Pitié aimez moi! ». 

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La célébrité sur twitter est encore plus éphémère que sur les blogs. On va s’enflammer sur votre cas pendant quelques heures avant qu’un autre prenne la place. Je lisais ce matin un article intéressant sur le sujet, un mec, qui n’a même pas d’avatar, s’est retrouvé star de Twitter car il est le seul compte suivi par Kanye West. Du coup, le gars n’ose plus twitter, scruté par des milliers de gens. Ce que je peux comprendre. Twitter est un formidable outil pour se divertir, s’informer un peu, lire des plumes particulièrement percutantes et acérées (vas-y toi être intéressant en 140 caractères), jouer un rôle. Bien maîtrisé, il est également un bon outil pour les marques qui peuvent discuter avec leurs clients (ce que beaucoup n’ont pas compris, elles se contentent de poster du lien, je ne les suis jamais dans ce cas). Mais la pseudo célébrité sur Twitter, sérieux ? Bon, évidemment, je ne twitte que sous mon nom de blogueuse donc d’un point de vue perso, ça ne m’aidera pas à me faire connaître mon e reputation est ailleurs (cette semaine, un site spécialisé média a annoncé mon arrivée chez mon nouvel employeur, je deviens une community manager célèbre presque… Ca fout la pression !). Pire, je serais emmerdée d’être plus connue sous Nina que sous mon vrai nom… 

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Je suppose que bosser sur le web permet de relativiser cette micro-célébrité. Je vois aussi le phénomène sur les forums où les populaires font la pluie et le beau temps, au point que les nouvelles commencent à être terrorisées à l’idée de poster un message et d’être rembarrées par les stars. Si nos forums explosent littéralement les blogs en terme d’audience, chaque sous section reste finalement une petite place du village. Mais voilà, grâce au web, on a la sensation d’avoir droit à notre quart d’heure de célébrité, voire même plus. Pour ma part, j’ai été citée plusieurs fois dans des journaux et même dans un livre de sociologie (sex@mour de Kauffmann qu’il faudrait quand même que je lise, je ne lis que très peu en ce moment, c’est mal) alors je pourrais un peu me sentir une sorte de « référence ». Une référence de quoi, là est toute la question… (alors que j’ai été publiée sous mon vrai nom dans une revue d’histoire
à l’époque, ça compte bien plus à mes yeux).

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Aux marches du palais.

Par Lucas

Il y a 6 mois je discutais avec la vingtenaire Ella Sykes suite à une de mes bafouilles. Dans les commentaires ou en privé, elle me disait que si je n’avais pas de fric ce n’était même pas la peine d’espérer séduire une nana qui en vaille la peine. Ouep, elle est comme ça Ella Sykes. Tranchante et intransigeante. D’ailleurs, je l’ai saoulé vite fait : on est plus pote sur Facebook. Ce qui doit contribuer à relever le coefficient esthétique de sa gambette. No doubt.

M’enfin je digressionne, encore une fois. Revenons au précepte Sykien : « pas de fric  = pas de super nana qui s’intéresse à toi« . Boum. Vlan.

Bon d’accord, j’avoue. Je n’ai jamais rencontré le grand amour. Pour l’instant je vois plus le couple comme le fait d’être avec une nana parce que c’est la moins pire et non la meilleure à mes yeux. Oui, je suis un poète. Et un mec blasé. Je cherche mais je ne trouve pas celle qui me va, moi qui aurait tant aimééééé… (Axelle, c’est pas le bon article…Retourne sur cette page) Mais je dois reconnaître que je m’étais déjà posé la question en reufleuchissant au personnage de Sally dans « Rien ne Va Plus » (Losing It) de Douglas Kennedy, illustration magnifique de la nana qui veut un homme qui lui permette d’aller plus haut… Toutes les femmes veulent qu’on les sublime, je sais bien, mais là c’est de l’instrumentalisation. Bon et si on allait plus loin,  style je réflexione, dans le silence mes pensées résonnent, dans la quiétude je raisonne…

« Nobody Knows You When You’re Down & Out ».

Vous allez halluciner si je vous dis que les demoiselles qui me font triper ont pour la plupart une culture déconcertante, des intellects qui leur ont permis de faire de belles études, une
prestance travaillée. C’est bizarre, hein ? Je sais : je suis trop un ouf. Tout ça leur est venu  avec le temps, avec l’influence des parents et des copines,  celle des préceptrices au dessus d’elles en entreprise et celle des magazines. Une envie de se porter aux nues avec classe et maestria…
Mais pour moi tout ça est l’accessoire d’une volonté initiale.

OK, certaines d’entre elles ont eu des parents friqués qui leur ont donné un environnement de qualité pendant 25 ans et maintenant qu’elles sont indépendantes, elles aspirent à maintenir un tel
niveau, un tel confort. Mais c’est pareil pour celles qui se sont forgées à la force du poignet et du Waterman (à l’époque où on écrivait encore au stylo plume). Et toutes  d’espérer qu’un mec
pourra aller dans le même sens, les sublimer, les porter aux nues, contribuer à ce que l’environnement dans lequel elles évoluent  (évoluer à tous les sens du mot) soit wealthy.

Ici, quelques lecteurs sporadiques vont me dire que je raconte vraiment n’importe quoi et que c’est pas demain la veille que je serai guéri de mon trauma. Que je tire des conclusions hâtives et des
généralités faciles de mon environnement proche.  Peut-être…

Mais je constate que j’ai tout plein d’exemples qui vont dans mon sens.
Ainsi j’ai un ami dont l’ex est revenue à lui une fois qu’elle a senti que la boite de négoce dudit copain était sur de bonnes voies. Bien sûr, vous allez me raconter l’histoire de cet acteur en devenir qui trime dur pour percer, qui est en couple avec une femme qui gagne très bien sa vie et  d’abord ils sont très heureux ensemble. Mais est-ce un constat de dire ça ou une envie de se rassurer sur les grands principes soi disant intangibles de la vie ? Seront-ils encore ensemble dans 10 ans ?

Du coup je pose la question…
Est-ce donc ou tout blanc ou tout noir,
Est ce que chacun a sa sensibilité et son rapport à l’argent ?
Est ce que j’ai été corrompu par le snobisme de mes parents ?
Est ce que je vis dans un monde où le fric m’a été montré comme un outil indispensable (l’argent fait pas le bonheur mais il y contribue) ? 

Moins que l’argent, c’est plus le fait qu’il y ait un juste équilibre dans le couple entre les efforts de l’un et de l’autre. Je ne serai absolument pas contre le fait d’être homme au foyer si ma compagne et moi on se rend compte que sa carrière a plus de perspectives que la mienne. Toute la question est celle de la confiance et de se dire qu’on sera encore ensemble dans 15 ans. Histoire de ne pas porter le poids d’une faute sur l’autre « j’ai ruiné ma carrière pour m’occuper de tes gosses » (parce que dans ces cas là, c’est bien connu, le fardeau appartient à l’autre).

Disons que je suis dubitatif. L’amour ce n’est pas uniquement trouver en l’autre quelques chose qui apaise, qui rend heureux(se) ou avoir une cohérence dans la vision de la vie.C’est uuuuuune question d’équilibre. Un exemple pour illustrer. La voisine de ma grand-mère vient de voir son fils se faire larguer par sa compagne alors que leur gamin a un an (instance de divorce). Il est à 1,6 K€/mois, dans la restauration. Elle bosse chez AXA à 5 K€ /mois. Cette situation existait déjà pendant les 2 années avant leur mariage il y a 1 an et demi. Y a-t-il eu une volonté chez eux de se voiler la face au départ ? Y ont-ils cru ? La nana est elle une pure cupide ? L’argent n’aurait rien à voir dans cette histoire ?

C’est un p’tit cordonnier qui a eu sa préférence…

Bien sur vous allez me dire que, bien souvent, le niveau de rémunération est fonction de sa capacité à comprendre comment fonctionne le monde. Je suis tout à fait d’accord et c’est pour ça que je
ne juge pas mon acteur de tout à l’heure ; je mets de coté tous les artistes, comédiens, peintres, sculpteurs, etc et leur sensibilité. On peut avoir un talent inné pour interpréter un rôle, pour
sublimer une vision et être incapable de comprendre les mic mac pour se médiatiser. Chez nos parents, nombreuses étaient les mères de famille à s’être arrêtées. Les maris travaillaient pour deux
pendant que Madame élevaient les gosses et tenaient la maison. Certes. Mais pour beaucoup au départ, elles bossaient et j’en vois plein qui ont repris le taf une fois le dernier gamin « casé » en
fac, en IUT ou en école. Sic. Mais ce qu’il faut noter c’est que le niveau d’exigence que demande tel ou tel emploi, et donc sa rémunération, peut-être un bon indice de la cohérence intellectuelle
entre deux personnes. Mais pas tout le temps…

Je vous pose donc la question pour savoir ce que vous en pensez. Pour ma part et quelque part pour répondre à Ella, le problème est différent. Lundi j’ai décidé de reprendre ma vie en mains.
Trouver mon rôle dans cette mascarade existentielle. Essayer de pouvoir être fier de moi. De renouer avec l’intransigeance que mes parents avaient érigée en règle. Ne plus me plaindre de ce qui ne va pas et se dire que les gens sont assez sensibles pour noter, le cas échéant, mes soucis.  Je n’ai pas de sous, je n’ai pas de job, à la rigueur dans 6 mois j’aurais ptete un CDD de 11 mois payé net seulement 1900€ [1] quand mes amis sont tous déjà à 3800, mais je vais me bouger le cul pour y arriver et progresser. Faire foin de cet article du Monde qui évoque le fait qu’un premier job conditionne la réussite d’une carrière. Le mot carrière me fait gerber de toute façon.  Tout ce que je veux pour l’instant, c’est qu’on me fasse confiance pour me donner un boulot. Et être assez persuasif pour faire croire aux nanas qui m’intéressent que je ne suis pas un looser et que dans 3 ans le pactole va arriver.

[1] Oui je sais, dire ça quand le Smic est à 1,3 K€, ca va inciter nombre de lecteurs à dire que je suis un connard. Mais j’ai connu suffisamment les p’tits boulots pour m’autoriser ça. Et si vous
n’êtes pas contents c’est pareil.

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Grazia, je le rachète ou pas ?

J’aime bien assister à la naissance d’un nouveau journal. D’abord parce que ça m’exalte toujours un peu, j’imagine les espoirs de la nouvelle rédaction. Et puis, j’espère toujours un peu qu’un titre deviendra mythique et que je pourrai dire à ma descendance : « tu vois, petit, j’ai acheté le premier numéro de ce titre! ».

Actuellement, lancer un journal est couillu, surtout un féminin au vu des braves soldats tombés récemment au combat : Isa, Jasmin, Bien dans ma vie… Bref, la presse féminine se recentre toujours autour des mêmes titres alors de la nouveauté, ça fait toujours plaisir. Grazia se veut un féminin qui réfléchit, si  j’ose dire. Ca parle mode, mais pour de vrai. Par exemple, moi, j’aime bien la mode mais les articles mode des magazines me font pleurer : des photos de produits avec le prix mais point de mots, d’explications… Ouais, ok, j’ai bien noté qu’à la rentrée, je devais m’acheter une veste army mais je la porte comment, hein ? Surtout que c’est bien joli votre photo mais si j’avais 357€ à mettre dans une veste, ça se saurait. Ca parle mode, culture, société, pas de cul racoleur dans ce premier opus puisque le seul article qu’on pourrait qualifier de sexo est celui sur meetic dont j’ai déjà parlé.




Alors, j’en pense quoi ? Bon, par rapport à mon magazine idéal, je doserais plus d’actu et un peu moins de people. J’ai jamais trop aimé le people dans les magazines féminins car si je veux lire du people, je vais direct chez Voici, Public et compagnie donc le retrouver dans mon mag féminin, bof non. Entendons nous bien, il ne s’agit pas ici de peoplo-trash, on parle des ambitions musicales de Kate Moss, de snobismes de peoples, des ennuis financiers d’Annie Leibovitz : on reste dans le glamour. Mais on n’est pas encore tout à fait dans mon féminin idéal qui mixe société (et plus précisément droit des femmes dans le monde,  success stories des femmes) et beauté/mode mais de façon approfondie ainsi que des idées pour une vie réussie (cours du soir, par exemple). Il manque aussi une rubrique sport, j’aime bien qu’on me présente les nouvelles activités physiques, même si ça me donne toujours envie de tout essayer.

Alors, je le rachète ou pas ? Oui parce que j’ai envie de voir la suite. Même s’il est vrai que j’ai du mal à être fidèle à un hebdo car mes pauses lectures sont plus dédiées aux romans qu’aux magazines donc en une semaine, j’ai rarement le temps de lire tout le magazine, même si Grazia est plus rapide à lire qu’un nouvel obs. Il est difficile de donner un avis ferme et définitif sur un premier numéro mais en tout cas, y a déjà bien plus à lire que d’autres hebdos féminins et je me sens un peu plus en phase avec le lectorat. Et j’ai connaissance de quelques dossiers à venir, j’ai hâte de les lire !      

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