Sale temps pour le pays de Michaël Mention

 

Je ne vais pas parler de ce livre. Enfin, si, un tout petit peu mais je veux surtout vous parler du rôle qu’il a occupé dans ma vie et comment ceci est un moteur. Parce que sur mon exemplaire de Sale temps pour le pays, y a une dédicace. Parce que oui, Michaël Mention, je l’eus connu, à une époque où il était pion pour gagner un peu d’argent le temps que sa carrière décolle. Depuis, il a publié 7 autres romans, gagné 4 prix et a sa propre page Wikipedia. Ouais, rien que ça.

Sale le temps pour le pays de Michael Mention

Pour en revenir au roman, “sale temps pour le pays”, je vous le conseille, c’est un très bon polar basé sur des faits réels et très prenant. Ce bouquin a une résonance particulière pour moi. Pas juste parce que j’ai fréquenté le même club de plongée que le gars qui l’a écrit mais parce que je l’ai lu à un moment où j’avais perdu le goût de la lecture. Oui, à un moment dans ma vie, genre ça devait être en 2011-2012, cette histoire, à cause de ces smartphones de merde, je passais ma dernière heure de la journée à consulter mes réseaux sociaux plutôt qu’à lire. C’était précisément pour ça que je ne voulais pas de smartphone, parce que je savais ce qui allait se passer et j’avais raison. Donc suite à une séance de dédicace où Anaïs m’a récupéré mon exemplaire car j’étais en vacances. Je ne suis pas toujours très fana des policiers parce que j’ai toujours peur de trouver le tueur avant la fin alors que je le cherche même pas forcément. Mais je me laisse prendre et grâce à ce livre, je reprends mes habitudes de lecture. Rien que pour ça, ce livre a son importance.

Lire au lit

Mais surtout, l’exemple de Michaël me motive. Je veux dire, le mec a réussi son rêve, je dois essayer d’en faire autant. Alors, attendez, lisez les choses comme je souhaite les exprimer :

– Je ne me considère pas meilleure, je ne veux pas dire “bah si lui l’a fait, moi aussi, je peux le faire”. Non, je dis que je dois vraiment me bouger pour essayer.

– Je ne suis pas non plus dans la jalousie ou la compétition.

Esprit de compétition

Mais ça me fait réagir. D’abord il y a une différence entre Michaël et moi : lui a toujours considéré qu’écrire était son métier et il s’est organisé en fonction avec un job alimentaire alors que moi, de mon côté, j’ai toujours considéré ça comme une sorte de bonus, je n’ai jamais capitalisé dessus. Etait-ce une erreur de ma part ? Là de suite, je dirais que non vu que mon métier m’a quand même apporté des choses dans la vie, des connaissances… Pas forcément utiles pour mon écriture mais apprendre est toujours une chose bénéfique. Bref, l’idée n’est pas de remettre en question ce que j’ai bâti ces dix dernières années mais de me dire que jusqu’à présent, j’ai pas cherché non plus à créer l’occasion. Mais ma volonté de ne pas mettre tous mes oeufs dans le même panier, est-ce que ça ne démontre pas, in fine, un manque total de confiance en moi ? Est-ce qu’en sous-texte, il n’y a pas un “bon, c’est joli écrire mais c’est pas sûr comme voie, je vais plutôt chercher un CDI, on verra plus tard”. Peut-être. Mais en même temps, je préfère pour le moment continuer sur cette lancée car faire de sa passion, son travail, ça me convainc toujours pas (même si l’idée d’aller écrire all over the world me plaît bien).

Le plus beau bureau du monde

La semaine dernière, j’ai donc reçu la newsletter des Editions 10/18 consacrées à Michaël et son nouveau roman. Décision 1 : l’acheter. Décision 2 : voir dans ce petit clin d’oeil de la vie… un immense coup de pied au cul. C’est bien joli de se la jouer écrivaine de métro et tout mais faudrait voir à concrétiser un peu tout ça quand même.

Ceci étant, j’atteins la page 70 en retapé et j’ai entamé la partie 2 sur mon cahier… On dirait que pour une fois, ça roule. Grâce à mon idée d’écrire dans le métro. Un peu mais je crois avoir trouvé une autre raison… Je vous dis ça semaine prochaine.

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C’est triste, les gens ne se parlent plus

Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. En ce temps là, dans les rues de Paris, tous se saluaient à coup de bonjour, bonjour, bonjour, le boulanger porte son plateau bien garni du bon vieux pain de son fournil, bonjour, bonjour, salue ta famille ! . Mais hélas, avec le temps va, tout s’en va et aujourd’hui, les gens ne se parlent plus.

La Belle et la bête de Disney, Belle traverse le village en lisant

“Dans le métro, les gens sont tous sur leurs smartphones et ne se parlent plus”, “Pokemon Go, c’est nul, les gens sont scotchés à leur jeu et ne se parlent plus”, “on peut plus draguer les meufs dans la rue, dès que tu leur adresses la parole, elles fuient. Comment tu veux que les gens se parlent, après.” Alors pour le dernier (vrai argument déjà entendu, je.vous.jure), j’ai envie de lui dire que “draguer” n’est pas synonyme de “parler”, je réponds très gentiment aux gens qui me demandent leur route, j’ignore les “hé mademoiselle”, par contre. Mais pourtant, ça pleure, ça chouine parce que plus personne ne se parle. Très bien. Mais c’était quand que les gens se parlaient spontanément comme ça ?

Une foule dans la rue, les gens ne se parlent plus

N’ayant vécu qu’une trentaine d’années et uniquement en France, mon expérience est certes limitée mais déjà enfant, je n’ai pas de souvenirs de gens commençant à deviser spontanément dans la rue, comme ça, pour le plaisir… Je me souviens même qu’à une époque, j’avais décidé, je ne sais plus pourquoi, de dire bonjour à ABSOLUMENT tout le monde dans la rue. Je vous parle de quelque chose qui a dû se dérouler en 85, max 86, donc bien avant les smartphones, Tinder et Pokemon Go, on avait déjà à peine des téléphones sans fil (je suis quasi sûre que j’avais encore un téléphone à écran, peut-être à touche à ce moment là, avec le gros fil qui s’emmêle) et déjà, quand je faisais ça, je sentais souvent de l’indifférence, parfois de la gêne… En fait, le seul endroit où je vois des inconnus se saluer spontanément, c’est dans les salles d’attente et sur les sentiers de promenade… Même dans mes cours de yoga où on est censés être tous zen et bienveillants, beaucoup entrent et sortent sans dire bonjour ou au revoir.

cours de yoga, position du chien tête en haut

L’ignorance de l’autre, un mal typique de la fin du XXe- début XXIe ? Et bien… non pas du tout. Je n’ai pas lu tous les romans qui existent mais il me semble que les gens inconnus qui viennent vous parler comme ça, dans la rue, ça n’a jamais été très bien tolérés, c’est plus vu comme un signe de folie que de politesse… ou alors, c’est quelqu’un qui veut vous vendre ou réclamer quelque chose. Bref, pas la grande conversation chaleureuse ou enthousiaste.

Un duo de jeunes mormons abordent une femme dans la rue pour lui parler

Bonjour, avez-vous rencontré Dieu ?

Alors je sens déjà qu’on va me rétorquer “mais attends trop pas, dans tel roman, à un moment, y a un personnage qui est seul et on vient lui parler”. Sans doute mais ça, ça arrive dans la vraie vie. Je veux dire, soyons honnêtes trente secondes. Non, je ne parle pas aux gens spontanément dans la rue ou dans le métro parce que j’ai le nez sur ma liseuse ou que je suis en train d’écrire mais il arrive parfois quelque chose, un détail insignifiant qui va engager une conversation. Encore l’autre soir, je terminais une conversation téléphonique dans le bus (et je mérite le bûcher pour ça, je déteste entendre les discussions des autres) avec ma maman, je claque donc le traditionnel “bisous, mamoune!” puis raccroche. Là, une femme est venue vers moi “oh ben ma fille aussi, elle m’appelle Mamoune, je croyais que c’était la seule !” Hé non, Sud ouest power, qu’est-ce que tu crois ! Rien, juste ce petit rien, la dame est descendue après en me disant bonne soirée. C’était à la fois mignon et un peu flippant et j’ai compris pourquoi Victor me dit que je parle trop fort au téléphone.

Femme en petite tenue téléphone

Alors on va arrêter un peu avec ce “c’était mieux avant, les gens se parlaient” parce que désolée mais non. Pas plus que maintenant, en tout cas. Et ce n’est pas une histoire de smartphone, de malséance ou je ne sais pas quoi, juste que… pourquoi on irait parler spontanément à des gens à qui on n’a rien dire. C’est des fois galère de soutenir une conversation avec des connaissance, pourquoi tenter avec des gens qui ne nous demandent rien et ont peut-être juste envie de calme et de rester dans leurs pensées. Oui parce qu’on n’a pas attendu les smartphones pour ne pas avoir envie de causer tout le temps, partout, voyez… Des fois, on a juste besoin de… enjoy the silence

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Pourquoi Pokemon Go, c’est bien

 

Retour de vacances, la tête dans le cul, tu reprends un peu ta petite routine. Lever, douche, café, métro, boulot, métro, dîner, dodo. Des bisous et des câlins pour faire passer la pilule. Un nez sur les réseaux sociaux, je commence à voir passer des conversations sur Pokemon go, je ne réagis pas. Puis mon intérêt est titillé : faudrait marcher pour jouer… Marcher, c’est mon truc.

Pokemon go

Je n’ai jamais joué aux Pokemon de ma vie, j’étais presque majeure quand le jeu est sorti, j’ai vaguement regardé quelques épisodes du dessin animé, passant du “oh, c’est trop mignon, Pikachu” à “mais il va fermer sa gueule, le Pika pika, là ??”. Je vois passer quelques vidéos sur Youtube sur le sujet mais vu que je n’y connais rien, je ne m’y arrête pas. Donc forcément, sur le coup, je n’y ai prêté aucune attention jusqu’à ce que je découvre un détail : le jeu marche sur la géolocalisation et la réalité augmentée : plus tu marches, plus ça marche. Marcher ? Ma passion !

pokemon go réalité augmentée chasser dans la rue

Couplé à mon bracelet traqueur d’activité, là, mes 10 000 pas, j’allais les faire, easy ! Et là, je découvre la cerise sur le gâteau : les pokestops. Pour ceux qui n’ont pas joué, j’explique : vous avez régulièrement des Pokestops qui vous permettent de vous ravitailler (notamment en pokeball pour attraper les Pokemons, donc). Or les Pokestops sont placés sur des bâtiments remarquables, des tags… Et c’est ainsi que je redécouvre mon environnement, à coup de petite statue ou curiosité cachée. Alors parfois, il arrive que le tag ou l’hôtel à insecte ait disparu (oui, un nid d’insecte), il peut arriver qu’un Pokestop soit posé sur le logo d’un resto japonais indiqué comme “fresque murale” alors que tu as une énorme oeuvre d’art juste en face mais globalement, j’ai réellement découvert de petites curiosités dans mes quartiers.

Street art Gregos Paris

Alors pour le coup, pas celui là, je l’avais pris en photo il y a longtemps

“Ouais mais ça rend les gens autistes, tout le monde regarde son téléphone et ne regarde plus autour de lui”. Alors déjà, j’aimerais savoir d’où vient toujours ce fantasme d’une société où on se parlerait tous spontanément, entre inconnus, pour le plaisir. Ca n’existe pas. Déjà, je vois pas en quoi Pokemon nous rendrait plus fermé à notre entourage que le simple smartphone. Au contraire, même ! Allez jouer à Pokemon dans le métro, vous… Avec la géoloc, ça ne marche pas, vous allez trop vite pour déclencher quoi que ce soit (sans parler de la légendaire 4G dans le métro). Et pour le coup, moi, j’ai vu l’inverse. Dimanche, on va se balader dans le parc voisin avec Victor : officiellement pour prendre l’air, officiellement aussi pour attraper des Pokemons (mais ma batterie est morte hyper vite donc j’ai pas fait grand chose). Déjà, je suis contente : on sort de l’appart pour se dégourdir les pattes, what a good idea ! Et puis sur le chemin,on croise pas mal de petits groupes en train de jouer, soit assis sur la pelouse, soit en courant partout dans le parc en criant “y a un Bulbizarre, y a un Bulbizarre” (ok, si t’es pas au courant du jeu, tu te demandes ce que font ces gens) et je souris : tous ces gens réunis autour d’un jeu, c’est cool…

jouer pokemon go

Alors pourquoi tant d’indignation ? Facile : parce que c’est nouveau, parce que c’est tendance et écrire/parler dessus, ça fait le buzz. En gros. Dimanche, au parc, j’ai vu des gens passer du temps ensemble : certains jouaient au Pokemons, d’autres aux cartes, d’autres encore au foot, certains font de la capoeira.  Tout le monde passe un bon moment en commentant ce qu’il fait, c’est mal ? “Ah mais les gens ne parlent que de ça, c’est chiant”. Moi, je trouve chiant que les gens parlent d’émissions de merde qu’ils regardent en mode hate watching mais qu’est-ce que j’en ai faire de votre amour de la bêtise humaine (non mais allo quoi !) ? Alors oui, un abruti va aller provoquer un accident de voiture (alors qu’avec les téléphones portables, on n’avait jamais eu ce souci), d’autres vont chasser au Memorial de la Shoah (n’a-t-on jamais eu là-bas des gamins mal élevés qui plantent leurs écouteurs dans les oreilles en attendant que la visite passent ?). Ce n’est pas Pokemon Go qui rend les gens cons, imprudents ou irrespectueux : ceux là l’étaient déjà avant ! “Ouais mais le jeu, il pique les données Google !” Ah tiens, ça vous préoccupe maintenant les connexions entre vos comptes sociaux et une appli quelconque ?

Pokemon dans la réalité

Bref, pour le coup, j’avoue avoir été attrapée par le jeu et je sais que dans un mois max, je serai passée à autre chose. En attendant, je marche, je vais me balader avec mon mec et je croise plein de gens avec qui nous partageons un regard de connivence… Et puis, au vu de l’actualité, parler de Pikachu, ça nous fait respirer 5 mn pendant que le monde s’écroule. Est-ce si criminel que ça ?

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Naïve, moi ? Oui parce que c’est tout ce qu’il me reste.

84. A l’heure où j’écris, encore 84 vie arrachées pour rien. Vous me direz qu’on a rarement eu des morts utiles dans l’Histoire (non, celles de soldats sur un champ de bataille ne sont pas utiles vu qu’elles sont souvent dues aux visées expansionnistes ou à la barbarie de l’un, voire des deux, camps. En schématisant à mort) mais là, le compteur s’affole, les morts civils tués dans des attentats ou dans des guerres s’entassent, toujours plus, jusqu’à la gerbe. Alors face à ça, que faire ? Décréter que l’être humain est de toute façon infect et attendre la mort ou s’accrocher au faible espoir qu’on puisse changer la donne. Traitez moi de naïve mais je vais prendre la deuxième option.

femme naïve

Jeudi, j’ai passé une bonne soirée : chez ma soeur avec mes parents, ma soeur et son mari, Victor et surtout Saturnin et Pivoine. J’ai joué avec eux, je leur ai fait des bisous, j’ai fait plein de photos parce que ça faisait longtemps et que des enfants aussi beaux et photogéniques, ce serait un crime de ne pas les photographier. Ce ne sont pas mes enfants, je suis parfaitement objective. J’ai ri avec mes parents, j’ai regardé amoureusement mon Victor prendre Pivoine dans ses bras puis aider Saturnin à monter un Lego, j’ai bu du champagne dans lequel j’avais mis une savoureuse framboise, j’ai vu pour la première fois en onze ans le feu d’artifice parisien du 14 juillet et tenté de prendre des photos (mais sans zoom, ce fut compliqué). En un mot, j’étais heureuse.

pivoine-saturnin

feu-d-artifice-paris-2016

Puis en rentrant, Victor jette un oeil sur son smartphone et la bascule “y a ma cousine de Nice qui vient d’activer un safety check sur Facebook…” On se connecte sur Twitter et on découvre. Fin de la belle soirée, on passe direct à la gueule de bois. Vendredi, jour béni de RTT imposé, je me fais un petit planning “courses” et je me prends une avalanche de sourires et de gens aimables quasi partout où je passe. Peut-être était-ce un hasard, peut-être était-ce moi qui, inconsciemment, essayait d’être la plus aimable possible, peut-être était-ce nous qui avions besoin d’un peu d’humanité. J’en sais rien mais je suis rentrée chez moi avec un petit surplus de foi en l’humanité alors que mes réserves étaient quasi vides. Je me suis rappelée de mon vœu pieu en rentrant du Canada, d’essayer d’être aussi aimable qu’une Québécoise et j’ai compris pourquoi : parce qu’on a besoin d’y croire encore. Juste un petit peu.

choisir son chemin

Parce que tous ces sourires m’ont donné envie d’y croire. De me dire qu’on va enfin comprendre les mécanismes qui poussent toutes ces personnes à aller se flinguer en emportant un max de gens avec eux et qu’à partir de là, on pourra prévenir. Qu’aucun enfant ne mourra d’être allé voir un feu d’artifice avec ses parents, aucun fana de musique d’être allé à un concert, qu’on va pouvoir reprendre nos vies en arrêtant de guetter les comportements suspects, à se demander si on ne devrait pas quitter cette rame de métro car le gars, là, il est un peu chelou, non ? Retrouver l’insouciance même si à regarder l’Histoire voire l’histoire, l’insouciance et la naïveté sont limite un acte politique : ignorer le monde dans lequel on vit pour ne pas en voir l’horreur. Jamais on n’a connu la paix totale et sans doute ne la connaîtrons nous jamais, qu’il s’agisse de guerres civiles ou internationales, de guérillas, d’attentats… Mais donc, à partir de là, on baisse les bras ? Non parce que le fatalisme n’a jamais rien fait avancer et que si, nous, de notre vivant, nous ne connaîtrons qu’une paix relative vu qu’on ne vit pas sous les bombardiers (même si Cazeneuve commence à me faire très peur), peut-être qu’on va finir par enrayer tout ça.

mains formant le signe peace

Oui bah quitte à écrire un article neuneu, je mets de l’illustration à la hauteur

Et puis même si on n’y arrive pas, ça fait du mal à qui d’y croire, d’essayer d’éduquer mieux nos enfants, réduire les fractures sociales qui met trop d’enfants sur le bord de la route, vulnérables aux discours les plus extrémistes, les méthodes les plus radicales pour rééquiliber la balance…

pot-casse

Qu’est-ce qu’on perd à se dire que ça ira mieux demain ? Qu’on ne naît pas fondamentalement mauvais mais que quelque chose nous le fait devenir ? Qu’en étant juste un peu plus aimable et serviable au quotidien, ça n’empêchera pas les guerres évidemment mais ça rendra tout ça un peu plus supportable, ça nous redonnera foi en l’humanité. Et vu que c’est tout ce qu’il nous reste, allons y gaiement.

fille et marguerites

Bisounours, moi ? Oui, totalement assumée.

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Je suis en couple, j’ai le droit de me foutre de la Saint Valentin

Pour les plus étourdis d’entre vous (ou ceux qui ne bossent pas dans les médias, les boutiques ou sur les réseaux sociaux), dimanche, c’est la Saint Valentin, la sacro sainte fête des amoureux et la date supplice pour les célibataires. Supplice, vraiment ? Apparemment oui, pas le choix : si tu es célibataire et que tu dis que tu t’en fous de la Saint Valentin, on te soupçonne de mentir. Woah.

Saint Valentin, l'horreur pour les célibataires

Le calendrier est rythmé par de nombreuses fêtes et certaines d’entre elles ne me concernent absolument pas : fêtes religieuses (sauf Noël même si je vais pas à la Messe), fête des mères… Et personne ne me demande mon avis sur la question. Parce que oui, on ne va pas se mentir, la fête des mères, je m’en fous pas mal même si je fais toujours un petit cadeau à ma maman et ma soeur, plus pour faire plaisir qu’autre chose. Pourtant moi, je ne recevrai rien ce jour là puisque… puisque je ne suis pas maman. Et personne ne vient me soupçonner d’aigreur si je ne suis pas concernée par la fête des mères. Pourtant, c’est aussi une fête commerciale qui fait la joie des fleuristes et parfumeurs et on pourrait même ajouter un background politique pas jojo… Pareil pour les anniversaires : il arrive souvent que des gens fêtent leur anniversaire et reçoivent amour et présents le jour où moi, je n’ai droit à rien. Je vais pas monter une contre soirée juste pour protester, il me semble.

bouquet

Mais non, on te saoule juste pour la saint Valentin. Fait être pour ou contre, se payer un resto à 50 boules le repas pas top et se noyer dans le rose ou faire des contre soirées de l’aigreur. Se foutre de la Saint Valentin ? Impensable !

coeur-rose

Alors oui, c’est une fête atrocement commerciale et je n’ai aucune envie de dépenser mes sous ce jour là… Même si les offres massage en duo m’arrangent bien pour le cadeau d’anniversaire d’Anais comme ça, je nous prends un truc bien sympa mais très clairement, je prévois de ne rien faire de particulier avec Victor dimanche… A part un gâteau magique mais ça fait longtemps que j’ai envie d’essayer. Mais ce n’est pas pour autant que j’ai envie de jeter des cailloux à ceux qui la fêtent. Je suis bien plus saoulée par ceux qui font un crédit conso pour se payer le dernier iPhone qui coûte plus d’un loyer pour se la péter auprès des copains. Je trouve déjà violent de payer un smartphone plus de 300 boules alors bon…

Pile of smart phones

Parce que quitte à être victime du marketing, si c’est pour passer une douce soirée avec sa moitié, au fond, pourquoi pas ? C’est toujours ça de pris pour certains qui sont tellement pris par le quotidien que se retrouver peinards à 2 devient rare et précieux. Laissez les se bécoter et s’envoyer des cœurs, ça n’a jamais fait de mal à personne.

amour-coeur

Et si vous n’avez pas envie de la fêter, y a the Walking Dead qui revient dimanche… Une autre idée du romantisme !

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Ode à ma liseuse

Article non sponsorisé

Chaque année*, ma boîte nous offre une petite prime de Noël sous forme de chèque cadeau, un petit pécule à dépenser sans des boutiques partenaires dont la FNAC. Janvier (ou février) 2015, me voici bien embêtée : je dois finir la 5e intégrale de Game of Thrones avant sa diffusion télé mais le truc est énorme et ne rentre pas dans mon sac. J’avais donc mon tote bag exprès pour mon roman, youpi. Un jour, une collègue me dit “si tu veux, je l’ai en version numérique et en français** en plus !” Une version, numérique… Mmmm… Et c’est ainsi que j’ai acquis une sublime liseuse (marque Kobo, rétroéclairée si vous voulez tout savoir, j’ai choisi ça parce que ça lit tous les formats contrairement à la Kindle et le rétroéclairage me sert dans le bus quand je rentre de chez Victor et qu’il fait déjà nuit)(j’ai pas d’action chez Kobo, achetez la liseuse que vous voulez).

Liseuse Cybook Odyssey, livre electronique developpe par Virgin en partenariat avec la societe francaise Booken

Et bon sang, ça a changé ma vie ! Vous n’imaginez pas le bonheur que c’est d’avoir une cinquantaine de livres sur soi pour un truc qui pèse rien et se glisse tranquille dans votre sac. Fini l’angoisse de finir un livre avant la fin de votre trajet***, fini la moue quand un livre que tu as très envie de lire est un gros pavé de 700 pages jamais édité en poche qui t’oblige à prendre un sac supplémentaire, fini la honte parce que tu lis un livre pourri (quoi que j’assume tellement pas de lire After (en papier) que même en format numérique, j’aurais peur qu’un oeil indiscret par dessus mon épaule crame que je suis en train de lire ce parfait étron). Alors pour vous chanter mon amour de ce format, je vais développer mon avis en quelques points

liseuse numérique

“Oui mais moi, j’aime le papier”

Mais moi aussi et en fait, depuis que j’ai ma tablette, je lis deux livres en même temps : un bouquin sur la tablette dans les transports, un en papier dans mon lit. Pourquoi ? D’abord parce que j’ai pas fini de lire tous les livres papiers achetés au cours de ma vie ni ceux de ma maman et ensuite, même si je sais que la liseuse ne sollicite pas les yeux comme un ordinateur car il n’y a pas de lumière bleue et que ça ne va pas nuire à mon sommeil, j’aime quand même l’idée de couper tous les écrans quelques temps avant d’éteindre la lumière. Puis y a les magazines que je n’aime pas lire en format numérique.

lire dans la pelouse en été

Compliqué de lire deux livres en même temps ? Non, au contraire, je trouve que ça me pousse à tout finir. Par exemple, quand je me forçais à lire After parce que c’est un cadeau, je lisais d’autres bouquins sur ma liseuse et ça ne me “gâchait” qu’un moment lecture au lieu de tout me pourrir. Après, certains comme Amy lisent le même livre en papier et sur tablette. Bon évidemment, y a que moi pour réussir à lire deux livres très différents dont 2 des personnages principaux ont le même nom (Fitz dans La saga L’assassin royal de Robin Hobb et La chute des géants de Ken Follett) et à me faire spoiler par le livre papier (After) le bouquin numérique que je suis en train de lire (Orgueil et Préjugés). Et à ce propos…

Keira Knightley et Rosamund Pike dans Orgueil et Préjugés

A la découverte des grands classiques

Quand vous achetez une tablette, vous avez accès à tout un tas de livres gratuits. Alors attention, beaucoup ne sont que des extraits donc peu intéressants et les livres très contemporains que j’ai téléchargés ne m’ont pas intéressée du tout. Par contre, sur les classiques, j’ai pu enfin combler quelques lacunes, mais il en reste. Donc je sais désormais que je préfère Tolstoï (Anna Karénine, j’avais déjà lu Guerre et Paix) à Dostoïevski (Crime et Châtiment), que quelque soit sa nationalité, la noblesse a des journées très chargées en mondanités mais basta et que si certaines ne savent résister à un homme (toujours Anna Karénine, Lydia dans Orgueil et Préjugés), d’autres préfèrent fuir pour ne pas céder à la tentation (la Princesse de Clèves). On rajoute à ca du Gogol et du Kafka, j’ai encore du Proust et du Stendhal en attente, quelques autres Dostoïevski, aussi, je crois) mais aussi du Philip K. Dick, Stephen King etc. et me voici ultra cultivée. Et avec 1h30 de transports par jour à partir du moment où je serai installée chez Victor, des livres, je vais en avaler un bon paquet.

La bibliothèque idéale de Bernard Pivot

Oui mais ça coûte aussi cher qu’un livre papier

Oui alors là, c’est le gros côté négatif, je trouve, et je me dois de l’aborder parce que ça me rend pas de bonne humeur. Le livre électronique est, selon moi, un format pratique qui permet d’accéder gratuitement aux monuments de la littérature et de lire partout et facilement (il est beaucoup plus facile de lire sur sa tablette dans un métro bondé qu’un livre). Bon par contre, je pensais que c’était plus écologique mais pas vraiment, le plus écologique étant le livre recyclé (mais je ne le vois pas beaucoup vendu) . Mais ça me gonfle qu’on soit obligés de payer le prix fort pour un support dématérialisé (idem pour les films ou musiques achetés sur Apple Store et co). Du coup, je l’avoue, on se fait du troc entre potes de livre numériques… Bah comme les vrais livres en fait.

Petits livres qui tiennent dans la main

Mais surtout, surtout… Ben je sais plus où ranger mes livres et mon prochain emménagement dans notre cocon d’amour ne va pas aider… Du coup, je me bride plus en terme de livres à lire mais j’ai plus aucun problème de stockage… Et ça, c’est, je crois, le meilleur argument en faveur de la tablette.

Comment-ranger-ses-livres-Quelques-idees-avec-la-bibliotheque-animee

Voilà, nous sommes le 22 décembre et si vous n’avez pas d’idées de cadeau pour un grand lecteur et envie de dépenser de l’argent parce que ça coûte un peu, ça peut être une bonne idée. Moi, j’avoue que je pourrais plus me passer de la mienne.

Ma jolie liseuse

* Dit la fille embauchée depuis septembre 2014.

** Oui parce que l’intégrale 5 n’était dispo qu’en anglais à ce moment là de l’histoire, je sais pas où on en est. Mais le style anglais est limite bien plus abordable que le style français, très ampoulo-médiéval, si vous voyez ce que je veux dire (si je mettais “arrêter d’inventer des mots” en résolution 2016 ?)

*** Depuis l’arrivée de la 4G, je sais pas vous mais moi, je peux plus utiliser mon smartphone dans le métro, il mouline mais m’affiche rien. Puis faut savoir déconnecter parfois, zut !

 

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La rue ne t’appartient pas [connard]

Jeudi matin, je quitte mon appart, à peu près fraîche et prête à affronter la journée. Alors que je chemine, un peu perdue dans mes pensées, un mec m’interpelle “bonjour… Bonjour… Oh bonjour ! Oh ! Tu pourrais répondre, déjà que t’es pas belle !”. Alors évidemment, je lui ai un peu pourri la gueule. Parce que j’en ai marre de me prendre des giclées de domination masculine dès que je fous un pied dehors.

aborder-une-fille-dans-la-rue

Le problème n’est pas tant ici l’agression verbale. Ce monsieur a le droit de ne pas me trouver à son goût (mais dans ce cas, il aurait été tellement plus plaisant qu’il ne m’adresse pas la parole, n’est-ce pas) même si je m’interroge quant au besoin de verbaliser ça. Je ne sais pas, je ne me sens pas obligée d’indiquer aux hommes qui ne me plaisent pas et que je croise dans la rue que je les trouve laids. Le problème ici c’est qu’une fois de plus, mon tort a juste été de pénétrer dans l’espace public. Je portais certes un short très court mais a) en été, je n’aime pas porter ma combinaison de ski, b) si j’achète des jolies fringues, c’est pour les porter, c) il m’arrive assez régulièrement d’avoir envie d’être jolie et surtout d) je fais ce que je veux, connard. Mon short bien court n’est une invitation à rien surtout si je ne réponds pas à ton premier bonjour. Je t’ai vexé en ne te répondant pas ? Je ne t’ai pourtant pas insulté… enfin, avant que tu fasses ton macho de base en me traitant de “pas belle”,là, j’avoue, ton “connard”, tu l’avais bien mérité.

incivilites

Le problème de cette insignifiante anecdote, c’est que ça nous rappelle une nouvelle fois que nous, les femmes, ne sommes pas les bienvenues dans la rue. Féminines, nous sommes priées de nous plier aux envies de ces messieurs qui se considèrent sur leur territoire alors que nous ne faisons que de le traverser. Je dois répondre à un monsieur qui me parle sous peine de me prendre une agression verbale alors que je ne demandais qu’à me rendre au travail tranquillement, sans rien demander à personne. On ne se rend pas compte à quel point la place de la femme dans la rue est une bataille constante. Un exemple ? Cet excellent épisode du Meufisme :

Parce que si on traîne tard dans la rue, les mecs peuvent s’amuser à nous coller ou à nous demander nos tarifs, histoire de souligner, rigolards, que notre place n’est certainement pas ici.Une femme seule dans la rue est une incongruité, une anomalie qui semble autoriser le mâle plafonné à venir la mettre mal à l’aise avec des remarques déplacées ou une tentative de drague qui n’a souvent pas pour but de draguer mais bien de continuer à asseoir la domination masculine : tu es sur notre territoire, nous pouvons donc faire de toi ce que nous voulons.

« Ah oui mais avec des conneries comme ça, on peut plus vous draguer, aussi ! ». Ca tombe bien : on n’en a pas envie. Surtout si je tombe sur du lourdaud premier choix qui mesure ma beauté à ma capacité à me soumettre à sa volonté de mâle alpha. Je réponds : belle, je réponds pas : pas belle. Gnééééé ! « Oui mais y a cette fille, elle est belle et je suis pas un dragueur de rue, moi ». Alors observe la. Marche-t-elle d’un pas pressé ? Te rend-elle tes regards insistants ? Pianote-t-elle son smartphone avec ardeur alors que tu tentes un eye contact ? A priori, tu sauras dès le départ si elle est prête à te laisser ta chance ou si ça va la déranger que tu l’abordes. Oui parce que pardon mais la rue n’est pas un  site de rencontre, j’y suis en général pour des raisons beaucoup moins romantiques (aller au travail, au hasard) et je n’éprouve jamais de plaisir à coller un râteau à quelqu’un. Donc oui, me faire draguer me dérange (non, je n’ai pas besoin de me rassurer sur mon pouvoir de séduction et non, tes compliments ne me font pas plaisir vu qu’ils sont intéressés et qu’une fois sur deux, tu les retireras en les remplaçant par une insulte) surtout quand le mec insiste louuuuuurdement. Mais oui, je les ai bien entendus tes 5 bonsoirs mademoiselle, j’essayais juste de nous éviter un moment gênant et pénible à tous les deux.

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La rue m’appartient autant qu’à toi connard et je vais pas remiser mon joli short au placard juste parce que je te dérange. Et la prochaine fois, viens me dire en face que je suis pas belle plutôt que de le marmonner dans mon dos, petite merde sans courage.

Pour ceux qui ont encore du mal à comprendre pourquoi la drague de rue, c’est ultra chiant, un peu de lecture avec le Projet Crocodiles qui t’explique quand la drague est subie et pas appréciée (des fois que)

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Faire la queue ou le début de la fin de la civilisation

Ah ben oui, j’y vais cash. De retour de vacances, je suis au sommet de ma forme ! Et pour mon retour, je vais vous narrer une anecdote car ça, j’aime bien.

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Tout se déroule vendredi fin d’après-midi. Après être partie en courant du boulot pour attraper le train de 18h23, j’arrive dans une gare Montparnasse bondée. Oui bah un vendredi soir de juillet, ça ne m’étonne pas plus que ça. Je file acheter mon sandwich et je répère une dame qui tourne autour des queues, vraisemblablement pour gruger. Et ça n’a pas manqué. Je commence à m’agacer : putain mais pourquoi les gens essaient toujours de faire ça ? Et quand je dis dame, elle avait le look de la dame du catéchisme prête à se lancer sur les chemins de St Jacques de Compostelle, la gruge de queue semble une maladie universelle. Mais j’en étais qu’à l’échauffement…

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Car mon train n’est jamais parti. Et ce n’était pas le seul à ne pas partir. Donc dans ce hall surchauffé et survolté, j’appelle mes parents pour avoir leur avis : le train de 16h40 et celui de 17h48 n’étant pas partis, est-il utile d’attendre celui de 18h23 alors que d’après les infos que j’ai, un incendie fait rage sur les voies puis y a eu un accident en plus ?

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Ah oui, petit apparté. Soyons clair, je ne reproche pas à la SNCF ce navrant enchaînement des faits mais par contre, il faut vraiment apprendre à communiquer. Je suis arrivée à la gare vers 17h45, je suis donc allée m’acheter à manger. J’avais bien vu qu’il y avait des retards et des trains annulés mais je n’ai pas fait particulièrement attention. Une fois mon sandwich acheté, je commence à remarquer qu’il y a quand même vraiment beaucoup de monde, pas mal d’agents SNCF sécurité et de gens énervés. Et pas parce qu’ils se sont faits dépasser par la dame du catéchisme dans la queue de la boulangerie. Donc 20 mn après mon arrivée à la gare, je finis par choper mon smartphone et je découvre la vérité : ça chie grave. A ce moment là, le train de 17h48 est annoncé avec juste 10 mn de retard et le mien à l’heure… Aucun des deux n’est parti. Alors je veux bien que ce soit le bordel mais informez putain !

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Bref, comprenant que je ne partirai pas, je commence à me rendre aux guichets pour me faire rembourser et là, on arrive au summum de la gruge et je peux vous garantir que les grugeurs sont de tout âge, c’est universel, je vous dis ! Technique favorite du grugeur : jouer le paumé. Ainsi, quand j’atteins enfin le point ticket après 15 mn de queue (donc juste pour retirer un ticket), un mec arrive de nulle part et interpelle l’employé SNCF pour lui poser des questions et lui tend son billet en mode “je veux être remboursé”. Oui pardon, monsieur, ça te gêne pas que je sois déjà là, sans parler de la vingtaine de personnes qui font la queue derrière moi ? Ca déborde dans tous les sens, les gens ignorent les queues déjà formées, le nez levé, utilisant leur air perdu comme un coupe-file.

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Et ça me rend folle. J’avais déjà parlé de l’incivisme ordinaire dans le métro mais là, ça frôle le débordement de vase ! Surtout que je suis la meuf prête à laisser passer des gens si besoin est comme cette femme enceinte qui cherchait un guichet rapide pour juste avoir un mot pour dire que le train n’est pas parti. Mais là, ça vire au n’importe quoi. Mais quel est l’intérêt, pourquoi faire ça ? Pourquoi cracher systématiquement à la gueule des autres juste pour gagner 5 minutes ? Pourquoi prendre le risque de se faire prendre à parti et donc de s’engueuler, mettant tout le monde de mauvaise humeur ? Qu’est-ce qui vous pousse à systématiquement faire un gros doigt aux règles et à la bienséance quand lesdites règles ne sont qu’une question de mieux vivre ensemble ? Toi qui a grugé, es-tu rentré chez toi satisfait de toi-même, te disant que tu étais plus fort et plus malin que tous ces abrutis qui font docilement la queue ? Mais imagine 30 secondes si tout le monde faisait comme toi, tout le temps… Déjà qu’on fait la gueule dès qu’on doit se rendre dans le métro, par exemple, tout ça à cause de petites incivilités de merde, si tout le monde commence à ne plus compter que sur son intérêt personnel et essaie de dépasser tout le monde dans la queue, ça finira en guerre civile cette connerie ! Le premier au guichet, ce sera celui qui aura pris les cours de krav maga !

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J’aurai mon ticket avant toi d’abord !

J’exagère, certes, mais je me demande à un moment où ça a chié dans la colle. Je ne suis pas une acharnée des règles à la base, je peux même concevoir que certaines sont discutables. Mais parfois, respecter les règles ne nuit à personne, bien au contraire. Je vous renvoie, par exemple, à cet épisode de Minute Papillon avec sa sublime conclusion sur les limitations de vitesse. Après tout, c’est qui le con ? Celui qui ne respecte pas les règles en espérant ne pas être chopé et qui hurle au scandale dès qu’il se fait flasher ou l’Etat qui sait très bien qu’il y aura toujours des cons pour se croire plus forts que les autres, ne respecteront pas les règles et rempliront tranquillement la caisse avec l’argent de leurs amendes ? On pourrait voir ici un paradoxe : en disant merde à la société et ses règles, vous l’engraissez, intéressant. Non parce que pareil, qu’est-ce qui vous paraît si compliqué dans le respect de la limitation de vitesse, surtout aujourd’hui avec des voitures où tout est parfaitement sous contrôle ? On vous a déjà expliqué que rouler plus vite ne vous faisait gagner que quelques minutes au mieux (et en plus, ça consomme plus d’essence donc ça coûte plus cher). Et si vous avez envie de vous la jouer Fangio, inscrivez-vous au club de kart voisin.

Bref, non, vous n’êtes pas plus malins que les autres, vous êtes juste la lie de la société, vous comptez sur la passivité des gens qui n’osent pas l’ouvrir parce qu’on n’a pas été élevés comme ça mais putain vous gonflez tout le monde et ça finira mal. Si vous avez des accès de rébellion, je sais pas, engagez-vous dans une association qui se bat pour changer les règles pour dessiner un monde qui vous convient… Ah mais oui, suis-je sotte, vous n’avez pas envie de dessiner un autre monde puisque la seule chose qui vous enchante, c’est votre propre confort. Emmerder les autres pour gagner 2 minutes que vous reperdrez très rapidement (genre en attendant le métro ou le train qui n’arrivera jamais), ouah, super, quel gain incroyable !

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Pour achever cet article sans queue ni tête (mais j’aime bien ces articles à la limite de l’écriture automatique), revenons à la SNCF qui a versé la dernière goutte de cette journée de merde (oui, de merde car l’écran de mon iPhone pro, déjà abîmé, est définitivement mort quand mon chat l’a fait tomber de mon lit. Oui de mon lit, vive la solidité de l’iPhone 5c, hein ! Or mon smartphone ne serait pas mort si j’étais partie puisque, partant sans mon chat, elle ne l’aurait jamais fait tomber de mon lit). 0h, je reçois un mail “ouais, super, vous avez effectué 5 trajets en IDTGVmax, vous avez gagné une étoile”. Super, à quoi sert cette étoile ? A rien ! Si on considère en plus que je suis abonnée à ce service depuis février, 5 trajets c’est pas grand chose… Surtout si on considère que le 5e, c’était celui de vendredi soir, celui que je n’ai pas pu faire donc… Alors la SNCF, vos employés au guichet ont été super et, de façon générale, j’ai été surprise par le calme des gens face à cette situation. Mais revoyez votre communication, pitié…

Le chat casseur d'iPhone

Le chat casseur d’iPhone

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Allo le bisounours !

Il me semble que l’expression “allo” est interdite depuis 2012 ou 2013 mais je m’en fous, je suis une rebelle. Dernièrement, j’ai été prise à partie pour une bande de personnes peu sympathiques sur Twitter confondant provoc et ignominie (“moi les migrants, si je les croise, je leur pisse dessus”, au hasard). Alors que je m’évertuais à défendre un certain humanisme et en appeler à une empathie de base, je finis par recevoir l’insulte ultime “ahah, bonjour le bisounours”.

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Mais dans quel monde on vit ? Si je devais me choisir un terme pour qualifier ma vision de la politique, je me dirais humaniste. La droite ou la gauche sont des concepts somme toute assez abstraits surtout quand tu vois la gueule de la politique de notre gouvernement de “gauche”. Je trouve ça assez fascinant d’ailleurs : ils ont une politique dans la droite ligne de ce que nous a infligé Sarko pendant 5 ans (les mêmes putains de polémiques stériles, les mêmes “sujets de société” qu’on nous jette à la gueule comme de la poudre de perlimpimpin pour qu’on oublie un peu les chiffres désastreux du chômage et les lois qui ne cessent de nous élargir l’anus), ils franchissent même certaines limites que Sarko et co n’avaient osé dépasser et les gens de droite les détestent quand même… A un moment, je comprends pas comment on peut mener une politique qui va à l’encontre de votre ADN, qui ne satisfera pas ceux de votre camp tout ça pour gratter des voix que vous n’aurez de toute façon jamais. Ca me fascine, je vous dis ! Mais je digresse.

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Donc humaniste dans le sens où ce qui me paraît primer avant tout, c’est le respect de l’Humain, qui qu’il soit. Je rêve d’une société un peu plus équilibrée et solidaire où chaque individu naît égal et peut prétendre avoir la même chose. Non parce que faut arrêter avec l’égalité des chances et l’ascenseur social, ça fait des années qu’il ne fonctionne plus. Si tu nais du mauvais côté de la barrière, tu iras dans une mauvaise école, personne ne t’encouragera à bosser puisque de toute façon, tu ne pourras pas faire d’études supérieures. Au mieux, tu iras à la fac et on sait tous la valeur de ces diplômes par rapport à ceux d’écoles privées payantes. Perso, je suis un peu fatiguée de vivre dans un monde où le savoir devient de plus en plus une denrée alors que l’éducation me paraît tellement la solution à ce mal vivre ensemble. Tout fonctionnerait mieux si on arrivait à respecter autrui et à se respecter soi même. Pour commencer.

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Bisounours, moi ? Il me semble pourtant qu’il suffirait de renverser quelques éléments pour que tout devienne tout de suite plus facile. Asseyez vous quelques instants sur le quai d’un métro et observez, c’est hyper parlant de la société actuelle : tout le monde essaie de se baiser la gueule pour son propre intérêt. Vous avez ceux qui essaient à tout prix de monter dans la rame pour avoir une place, quitte à ne laisser personne descendre, bousculer ceux qui ne vont pas assez vite. Il y a ensuite le grand jeu des places assises : malgré l’ordre de priorité, personne, ou presque, n’acceptera de laisser sa place, plongeant le nez dans son livre ou smartphone en mode “je t’ai pas vu, lalala”. D’autres s’installeront sur les strapontins malgré la foule et auront toujours une très bonne excuse à sortir à ceux qui auraient l’audace de se plaindre de leur attitude. Bref, dans le métro, on est dans la lutte permanente pour avoir la meilleure place, on agit dans son seul intérêt sans faire l’effort de penser à son voisin. Céder sa place ? Mais on ne voudrait surtout pas se faire avoir.

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Résultat : tout cet égoïsme et cette préservation de son intérêt propre rend la vie en société de plus en plus pénible. Je sais pas vous mais perso, prendre le métro me rend très facilement de mauvaise humeur. Et ça me rend conne aussi, je rentre très vite (trop vite) dans le mood “mon intérêt d’abord!” même si j’essaie de céder ma place aux personnes âgées et femmes enceintes si je les repère. Mais on vit dans une société où on nous invite à être “le plus malin”, où on valorise les arnaqueurs et on dénigre les “bons élèves”, ceux qui jouent le jeu de la société sans chercher à en tirer un bénéfice particulier. Comment tu veux qu’on arrive à vivre ensemble quand on t’explique qu’il faut baiser son voisin dès que possible.

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Moi, j’ai envie de croire que la donne peut changer, il faudrait qu’on s’y mette tous, qu’on comprenne qu’un gain immédiat a finalement moins de valeur qu’un effort de cohabitation permanent. Ca ne tient tellement à rien quand on y pense. Quelques décibels en moins lors de votre soirée dans votre studio, céder sa place, tenir une porte, laisser passer ceux qui n’ont qu’un article à la caisse quand vous avez un panier plein… Chercher à s’entraider et à s’être agréable plutôt que de tenter de s’arnaquer les uns les autres.

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Bisounours ? Je sais pas, à un moment, tu peux arrêter d’être un gros connard cynique qui préfère baiser le système plutôt que de participer à sa bonne marche ? Est-ce si bisounours de croire que l’être humain n’est pas une raclure de bidet en soi et qu’il suffirait de lui enseigner les bienfaits d’une vie collective en toute harmonie plutôt que de glorifier les escrocs du quotidien ?

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Pourtant, malgré mon côté Bisounours, y a des fois où je me fais bien baiser la gueule à être trop gentille… Céder à la mesquinerie ou poursuivre sur la voie de la bienveillance ? Nous en parlerons demain.

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L’ennui et le smartphone

On a tous connus ces moments pénibles en société où les secondes s’écoulent au ralenti, où l’on cherche désespérément à tromper cet ennui qui nous empoisonne. Notre génération dispose cependant d’une nouvelle arme redoutable, le sabre laser qui décapitera en un coup toutes ces minutes mortelles : le smartphone.

Métro. J’ai 15 stations entre mon point de départ et mon point d’arrivée, je dégaine donc mon petit iPhone. Lecture d’articles, de ma timeline Twitter (quand je capte), de mes mails, de mon newsfeed Facebook, rédaction de mails, d’articles (là par exemple, je vous écris en direct de la ligne 9, incredible !). Idem en soirées où je m’emmeeeerde, arrive un moment où je vais checker mon téléphone… Ne serait-ce que pour me donner une contenance.

Le problème, c’est que y a des moments où la sortie d’un smartphone devient assez gênante… Pour la personne en face. Typiquement, un truc qui me rend dingue : le smartphone lors des réunions au boulot. Déjà, j’aime pas beaucoup les réunions qui me paraissent être dans 80% des cas une vaste perte de temps. Oui faut bien se réunir pour faire le point sur un projet, avancer… Mais si on atteint 50% de temps utile sur toute la réunion, c’est bien le bout du monde ! Bon, bref, tel n’est pas le sujet. Donc en réunion, tout le monde ramène son smartphone. Les collaborateurs qui le tripotent dès que ce n’est pas à eux de parler, les managers qui reçoivent des alertes vibrantes au moindre mail reçu et jettent un œil à la moindre alerte alors que je suis en train de faire un point sur un projet et à qui j’ai toujours envie de dire « mais moi aussi, ça m’emmerde les réunions alors si c’est pour pas m’écouter, autant pas en faire ! » (ce que je n’ai jamais fait, je suis pas sûre que ce soit une bonne idée de rabrouer son manager). Parce que, moi, comme une fille bien élevée, je ne viens pas aux réunions avec mon smartphone, j’essaie d’être un minimum intéressée par ce qu’il se passe dans mon équipe. De toute façon, je recevrais un coup de fil à ce moment là, je ne répondrais pas donc bon…

De l’ennui naît l’impolitesse ? Le smartphone nous rend-il asocial ? J’ai la vague sensation que oui. En tout cas, un smartphone qui fleurit sous mon nez lors d’une réunion, d’un repas me donne toujours la joyeuse envie de le saisir et de la bazarder très loin…

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