Les sites de rencontre nous pervertissent

Il y a 10 jours, petite pause dans l’hystérie de ma semaine, je jette un œil sur Twitter et voit quelqu’un ricaner sur un article des Inrocks évoquant la culture du plan cul qui prend ses aises en France. Heu… Je voudrais pas vous choquer les gars mais le plan cul, c’est pas nouveau nouveau comme concept. Je pense que dans les années 80, déjà, VSD et autres titres putassiers devaient déjà réaliser des enquêtes sur ce nouveau phénomène qu’est le plan cul. Phénomène qui n’avait lui-même rien de nouveau à l’époque non plus. Pour moi,la réelle évolution n’est pas dans une certaine libération des mœurs mais plus dans la prise de parole autour de ça. C’est mieux assumé, moins amoral même si de grands intellos masculinistes considèrent qu’une femme qui se donne sans Amour et sans espoir d’être fécondée par ledit monsieur sont de grosses putes vérolées. J’y reviendrai tiens.

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Cet article, outre qu’il doit bien avoir 40 ans de retard, se permet en plus de distribuer les responsabilités, nous rappelant insidieusement que baiser sans Amour, c’est mal. Premier coupable de notre récente  (hmmm) perversion : les sites de rencontre ! Mais oui, à peine est on inscrits dessus qu’on se transforme automatiquement en prédateurs sexuels en recherche perpétuelle de chair fraîche. Ouiiiiiiiii ? Alors qu’avant, tu comprends, les gens ne cherchaient que l’amour parce qu’ils n’avaient pas le choix (c’est vrai, le Minitel ou les petites annonces, sans parler des différents bals et orgies n’ont jamais existé, c’est faaaaaaaaux !) mais depuis que l’on a désormais autant de choix, on se sent obligé de tout goûter. Noir ou blanc, petit ou grand, sec ou rond, jeune ou vieux, homme ou femme. Venez tester, venez vous amuser ! Qu’est-ce que ce sera pour vous ce soir, madame ? Ce délicieux monsieur aux couleur caramel ou un petit trio pour entamer la semaine sur une note d’audace ?

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Oui… Mais non. La quête d’un partenaire varie déjà d’une personne à une autre. Quand je me suis inscrite sur un site de rencontre la première fois (et les fois suivantes), c’était avant tout pour tromper mon ennui. Avoir de nombreuses conquêtes m’a permis de prendre confiance en moi, multiplier les expériences, rencontrer des personnes intéressantes (aussi). Certes, le rythme s’intensifiait dans les périodes où je n’allais pas très bien et que j’avais besoin de ne pas penser. Je pense que je n’ai jamais autant baisé que durant mon chômage et quand je bossais chez Pubilon. Ca, c’est mon cas. A côté, j’ai des ami-e-s qui cherchent un partenaire de vie et ce très sérieusement. Après tout, les sites de rencontre comme les bals populaires d’antan sont avant tout un carrefour où se rencontrent les âmes esseulées. Il peut en naître de l’amour, du sexe, de l’amitié… ou éventuellement un moment gênant.

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Et puis, pardon mais ça veut dire quoi cet article ? Savais-tu, cher journaliste réac, qu’on pouvait tout à fait trouver l’amour sur un site de rencontre même si on ne dit pas non à quelques jeux sexuels de temps en temps. Sais-tu qu’on peut aimer le sexe, avoir envie de s’amuser mais, si on rencontre une personne qui nous intéresse, on a aussi la possibilité de cesser tout jeu de séduction avec les premiers venus pour tenter l’aventure avec celui ou celle qui nous fait battre le coeur ? Est-il impossible de trouver l’amour si on le cherche ? Une fois que l’on s’est adonné au plan cul, sommes-nous condamnés à ne plus être “dignes” d’amour ? Non. Peut-on réellement affliger ce type de raisonnement digne d’une adolescente de 15 ans dans un soap en 2015 ? Non mais pitié…

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Les sites de rencontres : beaucoup de lignes pour peu de prises

J’avais dit que cette série était finie mais un article lu au détour d’une conversation au boulot m’a donné une idée d’article car elle souligne précisément ce qui a fini par me blaser sur les sites de rencontre : la prise de contact prometteuse qui moisit avant même la première rencontre.

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Dans cet article, la journaliste écrit “Dans la vraie vie, un échange de numéro se solde généralement de quelques jours d’échanges de textos maladroits avant qu’un vague rencard soit fixé puis annulé par l’une des deux personnes.”. Oh mon Dieu, c’est TELLEMENT ça. Combien de fois il m’est arrivé d’espérer de pas avoir de news de mon rencard du soir pour rentrer chez moi glander à la cool car je n’étais plus motivée ? Même quand les échanges étaient intéressantes mais y a des fois, tu ne t’expliques pas pourquoi, tu le sens juste pas.

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Prenons un exemple : Jérémy. Jérémy me contacte un jour et il a de nombreux points forts : il fait de la photo, il est allé en Islande, il se décrit comme “carpocratien”, philosophie qui me plaît bien (de façon générale, ne bloquez pas sur le notion de libertinage même si, sur un site de rencontre, ça compte). Au bout de quelques échanges de mails, il me fait découvrir Huysmans. Un mec qui me fait découvrir un nouvel auteur à la plume ciselée et aux réflexions qui me font réagir, on a tout bon. On se prévoit un rendez-vous quelques jours plus tard. Comme je le sentais, ça tombe à l’eau. J’envoie un timide “on se voit toujours ce soir ?” “ah non, sorry, trop de taf”, jamais relancé. Quelques mois plus tard, le mec réapparaît sur le site, rebelote pour se rencarder, on fixe une date. Et nous ne sommes plus jamais entrés en contact. J’avais gardé son numéro mais… la flemme.

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Donc Jérémy était un candidat qui aurait pu arriver loin dans mon Bachelorette perso. Bien sûr, je savais dès le départ que ce ne serait pas l’homme de ma vie : 7 ans de différence, lui sortait d’une longue relation et voulait “vivre”. Après, physiquement, il n’était pas tout à fait mon style non plus et il avait l’étrange tendance à changer de prénom (bon, il oscillait toujours entre les 2 mêmes). Alors pourquoi j’ai jamais cherché à le recontacter (outre cette histoire de prénom) ? Et bien par flemme. Oui, je suis sûre qu’on se serait bien entendus mais là, de suite, j’ai pas envie de cul. Ca arrive. C’est un peu comme quand tu es dans une période malbouffe, à un moment, t’as juste envie de rentrer chez toi te faire un petit bouillon de légumes.

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Et c’est souvent comme ça dans les sites de rencontre. Je l’ai déjà dit : faut battre le fer tant qu’il est chaud et pas filer un rencard trop tard sous peine de ne jamais rencontrer la personne. Et le pire ? C’est qu’au fond, on s’en fout. Oui, avec Jérémy, ça aurait pu faire une histoire chouette mais peu importe car j’ai aussi récupéré le numéro de Mattias, Raphaël et Anouar alors si ce n’est Jérémy, ce sera l’un de ceux là. Ou encore un autre ou aucun. On est dans un tel système d’offre (surtout en tant que femme) qu’on peut se permettre de laisser un plan qu’on sent moyen juste par flemme de s’épiler ou regarder le Bachelor à la télé, à la cool, en pyjama. Parce que des fois, on a répondu un peu car les photos étaient jolies mais la conversation tellement ennuyeuse qu’on commençait déjà à se faire chier au bout de 3 mails (à ce moment là, vous vous demandez pourquoi on accepte des rendez-vous avec des hommes qui nous ennuies, la réponse est simple : par gentillesse).

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Parce qu’en fait, les sites de rencontre, ça tue le suspense amoureux. Je vous narre ça la semaine prochaine (oui, je sais, j’avais dit que je faisais juste un article en plus mais j’ai mentiiiiiii)

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T’étais où, on te voit plus sur la blogo

Hello, hello !

Un mois sans le moindre petit article, je crois que j’ai battu mon record. Mais j’avais de bonnes raisons :

  • je suis en crise existentielle suite aux événements de janvier (je me trouve toujours bien inutile à la société, hors paiement de mes impôts, ça m’agace)
  • je suis en mode pitch, pitch, pitch. J’ai plus de boulot que nécessaire mais faut bien le faire alors voilà. Même s’il n’est pas tellement utile à la société, impôts exceptés
  • j’ai une vie privée, aussi. J’aurais un peu de mal à refuser une soirée à mes amis ou à mon cher Victor (oui, on a resigné pour une nouvelle saison) juste pour écrire des articles de blog.

Debordee

Mais me revoici, j’ai quelques trucs à dire et faire encore. Vous ne vous débarrasserez pas de moi comme ça, ahah ! Bon, ok, pour se “débarrasser” de moi, il suffit de cliquer sur la petite croix en haut à droite et ça me ferme direct le clapet mais laissez-moi faire ma revenante deux minutes, merci.

fantome

Donc je profite de ce retour pour annoncer quelques petits changements auxquels je pensais. Ce blog va prendre plusieurs directions.

  • Il restera “Nina”, ces articles où je m’interroge sur tout ou rien, selon mon humeur, selon mes discussions avec des gens, selon ce que je l’ai lu. De l’actu, de la sociologie de comptoir, rien de neuf mais c’est bien ça que j’aime.
  • Le retour d’Audrey. En fait, j’ai envie de donner plus de place à Audrey et ses amies. Oui, elles vont aussi prendre la parole, ai-je décidé. En fait, Audrey se rapproche de ce que je voulais faire du blog au départ, une sorte de “sex and the city” à la française. Bon, évidemment, Sex and the city, c’est devenu old comme référence mais j’aime l’idée de ces destins croisés, de cette bande de copines qui vit chacune ses histoires, comme dans la “vraie vie”. Parce que oui, pour le coup, Audrey ne se sape pas en Zac Posen, Jimmy Choo ou Manolo Blahnik parce qu’Audrey n’est pas si riche et est censée vivre “dans la vraie vie”. Exit aussi l’immense appart à Manhattan et les brunches à toute heure avec les copines car : a/ elles bossent toutes et b/ va faire un brunch en dehors du week-end et c/déjà que les week-ends, tu peux te faire jeter… Hmmm. Donc voilà, j’ai envie de raconter des histoires, Audrey et ses potes vont m’y aider.
  • La fin de ma série sur les sites de rencontre et le début d’une nouvelle série sur les plans cul. Oui, j’aime écrire sur les sites de rencontre quand je n’y suis plus et sur les plans cul quand j’ai viré les miens.
  • Je n’oublie pas ma sociologie de la mise en scène du soi sur les réseaux sociaux.
  • J’ai lu plein de livres, aussi, faut que je vous en parle

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Bref, ça fourmille sous mes doigts, manque que le temps. Mais je vais essayer de m’y remettre, promis.

 

Bisous !

 

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Homme marié cherche maîtresse

L’infidélité, c’est un sujet très à la mode depuis la fameuse fois où l’un d’entre eux a cru avoir “droit de troussage”. Il y a cependant quelque chose que j’ai du mal à saisir dans la quête effrénée de relations extra conjugales. Dis donc, tu serais pas un peu en train de fuir, M. Homme Marié (ou assimilé) ?

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Je ne condamne pas l’infidélité, ça arrive. En fait, c’est surtout que ça ne me regarde pas. Cependant, j’ai toujours envisagé ça sous l’angle d’une pulsion, d’un désir partagé et incontrôlable. Une opportunité en somme. Mais quand l’Homme Marié traque sur les sites de rencontre, là, ça m’interpelle. Évidemment, il y a les couples libres, je ne parle pas d’eux même s’il serait intéressant de se pencher sur ce cas aussi. Couple libre, ça veut dire qu’on ne refuse pas les opportunités qui nous plaisent ou qu’on doit faire du chiffre, si j’ose dire ? Enfin, c’est pas tant le sujet même si attention : certains se disent en couple libre mais quelques indices vous feront comprendre que non (refus de donner le numéro de tel, des indisponibilités le soir, impossibilité de le voir le week-end…).


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Bref, dans nos errances Internet, nous croisons parfois l’Homme Marié. Au début, il veut juste discuter mais très vite, ses intentions deviennent autre. Bon, déjà si tu cherches à juste tirer ton coup sans que Madame soit au courant, tu peux m’oublier : je suis peu disponible surtout de 5 à 7 où je travaille. Et je n’ai pas envie de poser des RTT baise, je
préfère les utiliser pour les vacances. Certains arrivent à se libérer pour une soirée (soirée, pas nuit), profitons-en pour savoir le pourquoi de leur démarche. Réponse globalement universelle : au lit, avec Madame, c’est pas ça. Peut-être aurez-vous droit aux détails, reprenez  un whisky, ça aide à faire passer. Oui, très bien M. Marié mais pourquoi tu me dis ça à moi ? Je ne suis pas ton épouse et tu sais bien que même si ton histoire de misère sexuelle est vraie, je ne suis pas la personne à qui il faut en parler, vois ça avec la principale concernée. Je sais, c’est pas facile. Moi même à la fin de ma relation avec Guillaume 1er, j’envisageais de prendre un amant pour continuer notre relation tout en réglant le problème du sexe. Je n’en ai rien fait et nous nous sommes séparés, ce qui était une bonne décision. Hé oui nos non relations sexuelles n’étaient finalement que l’arbre qui cache la forêt.

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Certains argumentent sur leur appétit sexuel supérieur à celui de leur épouse. Ok donc question : est-ce que ça a toujours été le cas ? Si non, avant de cumuler les maîtresses, parle à ta femme, les baisses de libido ne sont jamais accidentelles. Si oui, tu l’as épousé pour quoi alors ? Si son relatif appétit sexuel a toujours été un problème, t’as été un peu con con de lui passer la bague au doigt. Oui, le sexe est un élément essentiel du couple, jouez pas les vierges effarouchées. 

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En fait, ce que j’ai du mal à comprendre par dessus tout, c’est le besoin de toujours se compliquer la vie. Je veux dire qu’avoir une maîtresse, c’est quand même cacher pas mal de choses, jongler avec son emploi du temps, culpabiliser un peu (beaucoup?), tout ça pour tirer son coup ? Est-ce que ça en vaut vraiment la peine ?  Le plaisir est-il essentiellement dans la peur de se faire prendre ? L’excitation de la nouveauté ? Je suis curieuse, j’ai envie de savoir. Même si ça me paraît souvent d’un égoïsme remarquable : de ta femme ou de ta maîtresse, à qui penses-tu vraiment ? A aucune des deux, seul ton plaisir compte. Tant pis si l’une d’entre elles doit en souffrir.

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Je veux pas grandir !

Dimanche soir, j’erre mollement sur les ondes même plus hertziennes, attendant que le sommeil, qui m’avait déjà cueillie de 16 à 22h, daigne repasser me prendre pour me plaquer, impitoyable, dans mon lit. Mais comme il traînassait dans d’autres draps que les miens, je zappais et tombais sur Ally McBeal. Tiens, ça fait une éternité et demi que j’ai pas vu
cette série et pourtant, faudrait vraiment que je m’y penche dessus. Non mais c’est vrai, ça m’échappe un peu le succès de cette série avec la bande de dépressifs qui la compose, dépressifs qui manquent cruellement de cynisme et de second degré. Mais là n’est pas le sujet, je veux vous parler d’une des névroses d’Ally parce que je me rends compte que grosso modo, j’ai la même : je ne veux pas grandir.

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Aujourd’hui, j’ai 30 ans et une vie relativement adulte, si on considère que je me lève le matin pour aller travailler, gagner des sous et que j’en redonne à l’état. Certains me diront que côté vie privée, j’en suis restée à l’adolescence, pas faux mais n’est-ce pas aussi une preuve de maturité de savoir qu’on n’est pas prête à construire une famille parce qu’on a déjà du mal à se gérer soit alors un être de même pas un mètre pas capable de manger ou de se changer la couche seul, j’imagine même pas. Je suis déjà responsable d’un chat, je trouve ça pas si mal. Mais si sur le papier, j’ai l’air relativement adulte, dans les faits, ce n’est pas si simple. Pourquoi ? Parce qu’être adulte, c’est chiant.


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Il y a peu, j’avais ce qu’on appelle « toute la vie devant moi ». A 30 ans, j’ai encore les 2/3 de ma vie devant moi, c’est certes beaucoup mais le tiers passé, il est passé, justement. A chaque mètre que je fais sur mon chemin de vie, je m’éloigne d’une bifurcation possible. Pour me rapprocher d’une autre, certes. Mais renoncer à un champ des possibles est toujours un acte angoissant. Si je prends ma carrière, par exemple, mon chemin se trace. Community manager, je suis. Est-il possible de tout plaquer un jour et partir vers un ailleurs ? Certains chemins sont à ma portée, tout ce qui est marketing ou l’éditorial, pourquoi pas. Le journalisme ? Mon salaire actuel n’est plus vraiment en adéquation avec celui d’un journaliste. Quelques piges, à la limite. L’écriture ? Il va falloir que je m’y remette, sérieusement. Déjà, j’ai des petites envies, reprendre quelques uns de mes écrits ici, les développer pour les publier en auto-édition (parce que je suis pas sûre que ça vaille la peine de les balancer dans une maison d’édition). Enfin, je dis ça mais je ne prends pas le temps d’écrire. Mais si certains chemins restent à portée, d’autres sont définitivement trop loin. Par exemple, il me paraît aujourd’hui difficile de reprendre des études. Dieu sait que j’en ai envie et que ça me titillera toujours mais la réalité de ma vie me fait comprendre que je n’en aurai pas forcément le temps. Alors même que je fantasme très fort sur l’anthropologie ou la sociologie 2.0 et que j’ai même rencontré une fille qui connaît une nana qui a fait une thèse sur les réseaux sociaux. Je DOIS rencontrer cette fille. Mais le temps, les enfants, le temps me manque.

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C’est ça aussi que je n’aime pas dans le fait de devenir adulte, ce que je déteste par dessus tout même et Ally, elle est comme moi : on devient raisonnable. Mais quel mot épouvantable, terne ! Je ne veux pas être raisonnable. Je veux continuer à imaginer que je peux travailler, suivre des cours de plein de chose, faire du sport, écrire, lire… Mon moi
enfantin y croit à mort, il se dit qu’en s’organisant bien, tout est encore possible. Oui, je peux apprendre le russe, le violoncelle, faire de la plongée et du yoga, tenir mon blog et écrire des romans, lire des fictions et des essais, le tout en étant l’employée de l’année. Mon moi adulte rappelle que tout ceci a un coût et un coût très élevé (non mais on peut pas faire du yoga à moins de 600 € par an sans rire ?) et surtout qu’en terme de temps, je suis bien gentille mais non, je ne l’ai pas. Prenons par exemple la semaine dernière :

lundi : L’Amoureux

mardi : plongée puis l’Amoureux

mercredi : rien

jeudi : réunion plongée

vendredi : anniversaire puis l’Amoureux

samedi : plongée en fosse et AG de la plongée

dimanche : brunch-balade avec une copine

 

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La semaine dernière, j’ai donc eu une soirée de libre, youhou ! Et mes soirées se remplissent vite car j’ai toujours des tas de gens à voir, des gens que j’aime voir, j’entends. Ben oui, ma vie étant folle, je rajoute des niveaux d’amitié : il y a mes anciens collègues (3 anciennes boîtes, ça fait beaucoup d’anciens collègues), les amis des blogs devenus amis tout court, mes copines de la plongée aussi, le fameux club des 5 devenu 7 . Ca en fait du monde. Et encore j’ai arrêté les sites de rencontres, ça fait pas mal de soirées libérées du coup. Donc avec ma vie sociale de folie, en quel temps pourrais-je étudier ? Ben le week-end, les soirées de libre… Y aurait sans doute moyen. Sauf que mon moi adulte décrète que non, que ce n’est pas raisonnable, que je dois enfin prendre conscience de mes limites. Mon corps n’a plus 20 ans, il ne tolère plus la succession des nuits de 5h. Dormir, dormir ! Mon moi enfantin se dit parfois qu’il faudrait tout plaquer pour avoir le temps de se nourrir spirituellement sans attendre une retraite que je n’aurai sans doute pas, découvrir la vie de ma maman ou de ma tante, hyperactives depuis qu’elles ne travaillent plus. Cours de dessin et d’anglais, piscine pour ma maman, rédaction d’un livre sur l’histoire des religieuses de mon ancien bahut pour ma tante. Je les envie. Sauf qu’elles, elles peuvent se le permettre. Elles ont travaillé, cumulé de quoi couler des jours heureux à présent que l’heure de leur retraite a sonné. Moi j’en suis loin, ça ne fait que 3 ans et demi que je bosse à plein temps. Faudrait que je joue au loto plus souvent, des fois que…

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Etre adulte, c’est en fait arrêter de rêver une vie mais de la vivre. Et la vraie vie n’est jamais vraiment idyllique. L’administratif l’empoisonne, la sclérose. On peut rêver à des tas de choses, il faut garder les pieds sur terre car la pelle de courrier quotidien est là pour nous clouer au sol : paye tes factures, arrête de dépenser ton argent, cet appartement n’est pas le tien, paie ton loyer. Travaille pour te donner l’illusion de la liberté, celle où tu peux te payer de l’évasion avec ta CB même pas gold car cet argent, il est à toi, tu l’as gagné à la sueur de ton front. Indépendance illusoire, on quitte un esclavagisme pour un autre, en fin de compte.

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Pourtant, même si mon corps et mon visage m’enlèvent quelques années, je dois m’assumer. Ce serait facile de se retrancher derrière un syndrome de Peter Pan pour ne rien faire de ma vie. J’avance. J’aime avancer même si chaque pas en avant ferme des portes. Il en ouvre d’autres aussi. La seule différence, c’est que je n’évolue plus dans l’univers douillet de l’enfance où Maman viendra faire un bisou sur nos petits bobos pour les guérir. Parce que l’enfance, ce ne sont que des petits drames, on pleure pour notre genou écorché, notre crayon rose perdu (c’est mon voisin de classe qui me l’avait piqué, j’en reste traumatisée), notre mauvaise note en écriture. Adulte, les bobos sont plus graves, plus profonds. C’est la vie.

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Lucas et la Malédiction des Amis en Couple.

Par Lucas

On va l’appeler Alain. Je dirais 65 ans, voire un peu plus. En retraite depuis 6 mois. Un ami de mon père, ils se sont connus au golf. Il a bossé toute sa vie comme attaché commercial dans une ambassade d’un grand pays à Paris. Un soir, il y a 20 ans mes parents l’ont invité à dîner.

Avec deux couples d’amis et…  une nana célibataire.

Juste avant le dîner, il a pris mon père entre 4 z’yeux et il lui a dit « Lionel, arrête de me prendre pour un con. Tu ne me refais plus jamais ça, compris ? »

N’empêche qu’il a 65 ans et qu’il est célibataire.
Voila, voila.
Moi j’dis ça j’dis rien.
Pof,pof.



Je n’ai pas la hantise de finir comme Alain.
Je n’ai pas de craintes.
Pas d’angoisses.
Et je ne dis pas ça pour essayer de me convaincre : j’y crois vraiment.
Mais pourquoi est-ce que vous souriez comme ça ?

Bon, certes, avec mon accident, mes relations sociales sont limitées. Et ya pas de nouvelles têtes dans mon groupe d’amis. Alors pour trouver une femme libérée, tu sais, c’est pas si facile. 
Bon d’accord… Ya bien la demoiselle avec qui je bosse mes problèmes de mémoire. Tout en elle est « aimable ». Mais depuis mon séjour à Garches, j’ai une règle :
on-ne-drague-pas-ses-
thérapeutes. D’un autre coté, je la vois toutes les semaines et vu que je lui apporte des cannelés tous les 15 jours elle doit bien se douter de quelque chose… Bref, je m’écarte du sujet, excusez moi.

Samedi dernier, je suis allé passer une soirée avec des amis. Petit squat de canapés avec quiches, vino rosso et tutti quanti.
8 couples et moi.
Avec les p’tites remarques entre deux zamoureux, voire plus implicite les regards, les sourires entre eux…
Connivence. Complicité. Que l’on capte, involontairement. Impudemment. Notez qu’ils sont tous de vieux vingtenaires, en moyenne 28 ans.
Et là j’avoue, on se sent à l’ouest.
De l’Eden ?
Je vous entends déjà hurler : « Ouhai mais t’as qu’à te bouger les fesses aussi ! »
Bah oui, je ne demande que ça !

Il y a deux ans, j’ai créé mon bachelor, Singulier Pluriel,
10 nanas se sont battues pendant un mois et demi, une épreuve par semaine. Rien de bien concluant… Faut dire qu’à l’époque je tentais de renouer avec mon intellect… Gniiiiiii. Elles étaient méritantes les donzelles ! Quand je vois les progrès que j’ai fait en deux ans… Qu’elles soient ici remerciées…
J’ai essayé PCC et ce n’était pas si mal sauf le coté insidieux derrière les bafouilles de certains. Bilan ; une nana rencontrée 11 mois après l’accident et qui m’a, bien sûr, largué au bout d’une semaine tellement j’étais à des annééééééées lumière de mon état intellectuel normal (salooooooooope). Une autre pas folichone, une dernière insipide. Allez, on arrête les frais.
J’ai essayé AdopteUnMec. Gratuitement. Deux rendez-vous, une aventure, rien de grandiose. Et un p’tit peu ras le bol que le site me prenne pour un con.
J’ai essayé Attractive World en voyant une pub sur Facebook (gratuité jusqu’à la mi-aout)  J’ai réussi à être pris alors que je n’avais même pas tilté qu’il fallait donner une image glamour et qu’on était sélectionné par les nanas en place. Ça m’a fait mourir de rire de voir ça après avoir été choisi ! Style le concept de « rencontres de qualité », genre on  sélectionne nos membres alors que tout le monde se fait adouber pour peu qu’il ait eu l’intelligence de donner une apparence un peu glamour. Autant vous prévenir les mecs :  Aum ou AW les filles sont ternes et insipides. Qui est ce qui a dit « Lucas il fait des généralités parce qu’il est aigriiii« . Oui, c’est vrai : et alors ???
Bon je vous finis mon tour des sites de rencontres. Finalement, je me suis tâté pour Meetic Affinity …
Et là ma fierté a repris le contrôle…
Arf.
Mais pourquoi donc se demande le lecteur curieux ?
Je serai bien tenté de vous mettre un « réponse au prochain épisode » mais là je vais vraiment me faire lapider.

Disons que j’en ai ras le bol des sites. Ras le bol de ce coté pernicieux
Never more.
Du coup, quess qu’il me reste ?
« Bah à sortir dans la Vraie Vie, Lucas ! »
Merci bien, je n’y avais pas pensé du tout !
A ce propos, j’ai l’impression que le site « On Va Sortir » est un p’tit peu une caverne de dragueurs. Quand on voit la défiance des nanas que j’ai pu croiser lors de soirées jazz diverses…
Alors que je n’y allais pas dans une logique de drague bestiale… Sans déconner !

So… what ???

Bah alors je me dis que je pourrais me prendre par la main, aller dans un bar et accoster tout ce qui bouge avec mon label Dragueur de Fonds Désespéré. Ouhai, je pourrais mais c’est con : j’ai encore un peu de vanité. Et puis un bar, c’est pas la panacée pour trouver une nana (parce qu’en plus je suis exigeant). Et puis je pourrais aussi refuser cette pression sociale implicite qui veut qu’on soit en couple et adouber le regard fataliste de certains « l’amour te tombera dessus au moment où tu t’y attendras le moins« . Mouhai. La fatalité a bon dos…
Résultat : je crois que je vais prendre la série de Nina « Ou trouver l’homme » et la transposer en « Où trouver la femme ».  Sauf que là où c’était une fiction avec Nina, moi je vais vous faire du IRL de folaille. Si vous avez des endroits à me conseiller à Paname ou sur la ligne A, je vous pose la question :  Où sont les feaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaammes !!??

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Toi aussi, t’es un no life ?

L’été dernier, j’ai travaillé pour une asso (non, non, toujours pas reçu mes derniers salaires mais ils m’appellent régulièrement pour me filer des rendez-vous qu’ils annulent) qui cherche à promouvoir la place des 18-35 ans dans la société, en gros. Je faisais des revues de presse et au cours de l’une d’entre elles, j’ai lu un article sur la génération Zapping. En gros, les djeuns d’aujourd’hui sont surconnectés. Là, à l’heure où je vous écris, je surfe sur le net et je regarde la télé. J’écoute pas la radio, faut pas déconner non plus.

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Bref, les djeunz d’aujourd’hui dans lesquels je m’englobe sont en permanence connectés à des tas de gens. Mais cette hypersociabilité n’est-elle pas, paradoxalement, une forme d’autisme ? Je m’explique. Vendredi, au taf, en fin de journée, je vais traîner sur youtube et là, je tombe sur Clément le nolife (youtube en fin d’article). En gros un gamin tête à claque qui drague plein de nanas sur Internet mais en fait, on sent surtout le pauvre type qui n’a pas d’amis. Du coup, je regarde ce reportage (et surtout les 150 parodies) et je me pose la
question : moi mieux que lui ?

Bon, Clément, il a 17 ans et il s’invente une vie genre « je suis un métalleux qui drague des filles sur le net et regarde des pornos parce que les meufs s’inspirent de ça ». Moi, je m’invente pas de vie, je suis Nina qui a un style girl next door, qui lit des blogs et chope des mecs, des fois, mais pas forcément exprès (enfin, j’écume pas les sites de rencontre quoi). Evidemment, quand j’étais au chômage, je passais mes journées sur des blogs et MSN, mes amis les plus proches aujourd’hui sortent de blogs ou de forum (mes vingtenaires chéris, Vicky, Lil Virgo), j’ai pas mal de gens sur mon MSN qui sortent de là aussi. Mais pas que. Ma meilleure amie, Anne, je la connais depuis la maternelle, j’ai d’autres amis que j’ai rencontré autrement. Mais c’est vrai que ça aide à rencontrer des gens mais quelle valeur donner à ces relations là ? Je parle à des gens que je n’ai jamais vues, je leur confie des fois des choses très intimes. Mais la plupart, je ne connais même pas leur nom de famille. Quand Lucas a eu son accident, personne ne m’a prévenue… Normal, on se connaît plus virtuellement que réellement, j’ai jamais rencontré ses amis, ses parents…Heureusement, une de ses amies lit le blog et m’a expliqué ce qu’il se passait. Mais il y a des gens qui rentrent virtuellement dans ma vie, on parle de choses parfois très intimes et parfois, ils en sortent sans que je m’en rende compte. Faut dire qu’une soixantaine de contacts MSN, je peux pas parler à tout le monde non plus.

Personnellement, je ne me considère pas comme une no life. Oui, je suis « surconnectée » comme Clément mais l’ordinateur n’est pas mon seul horizon. Je sors, je lis des livres avec de vraies pages, des magazines (en papier), je regarde la télé, écoute la radio, parle à des gens en chair et en os, je vais voir des expos, des films au cinéma… Bref, j’ai aussi une vie loin de mon écran de pc. Faut dire que Clément, c’est un phénomène. Vendredi, j’ai commencé à regarder quelques parodies de Clément le no life, on en a regardé plein d’autres avec ma future coloc vendredi soir et samedi. D’ailleurs, avec mon camescope acheté une bouchée de pain sur ebay, on a décidé de faire notre version de Clément. Reste qu’à trouver une actrice (oui, on fera la version fille) et d’écrire le scénar et on va se lancer. Oui, il est ridicule mais je parle toute la journée avec des ados qui se couchent à 2h du matin après avoir passé la soirée à chatter avec d’autres membres de la plate forme. Ils changent toutes les semaines de best friends, m’expliquent que leur best, c’est truc ou machin qu’ils connaissent pas, ils « sortent » entre eux sans jamais s’être vus… No life.

Ceci étant, Clément, il est devenu une star, une vraie. Ce youtube, on me l’avait filé sur MSN, y a 150 parodies (des très drôles !). Bon, je n’ose imaginer sa vie depuis, tout le monde doit se foutre de sa gueule au lycée mais il est tellement puant qu’à la limite, je le plains même pas. Puis, en fait, on arrive aux limites du système. Clément ne vit que sur le net, il rêvait de devenir célèbre, il l’est devenu grâce au net. Bon, c’était pas la popularité à laquelle il aspirait mais bordel, qu’est-ce qu’on se marre grâce à lui !! Pour ceux qui vont
sur youtube, je vous conseille de mater les parodies genre Luc, Michou, Jean-Yves, Charles-Henri, Mister Gomme. Bon, c’est hyper addictif mais avec Future coloc, on s’est bien marrées !

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