Quand une bimbo défend les animaux, c’est la foire de la vanne

Ce qui est formidable avec nos hommes politiques, c’est qu’ils ne nous déçoivent jamais, surtout quand on attend le pire d’eux. Mardi, lorsque Pamela Anderson est venue défendre la cause animale, on a donc plus eu droit aux commentaires grivois sur la plastique de la star que sur ses propos. Plus t’es siliconée, moins t’es considérée ? Pour nos mâles dirigeants, manifestement, oui.

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Il est vrai que la carrière de Pamela Anderson ne la fait pas figurer parmi les actrices les plus intellectuelles : on la connaît surtout pour Alerte à Malibu ou Barb Wire, des rôles adaptés à sa plastique affriolante. Une fille idiote, peu sérieuse, donc. J’ai certainement raté le théorème qui dit que le QI est inversement proportionnel à la taille du bonnet mais passons. Les députés mâles débarquent, grivois, écouter la jolie poupée en espérant pouvoir placer quelques bons mots démontrant leur finesse d’esprit… ou leur machisme, j’ai un peu de mal à faire la différence, là, de suite.

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En plus, Pam’ vient défendre une cause dont on aime se moquer : la cause animale. Non mais passez une journée sur Twitter et observez : dès qu’on parle cause animale, ça ricane sec. Les végétariens sont les cibles favorites des “anti hipsters”, on se moque, on vous envoie des photos de steacks saignants et co… En fait, c’est pas compliqué : sur Twitter, il vaut mieux ne pas être roux, végétarien, hipster ou habillé en Desigual sinon vous allez vous prendre quelques stormshits gratuits. De façon générale, j’ai l’impression qu’il est socialement plus admis de consommer de la drogue que de ne pas manger de viande ou de poisson. Sous prétexte de s’inquiéter de votre santé (mais les carences, t’y penses aux carences?), on vous fait comprendre que votre choix de vie est malsain. Alors j’ai envie de dire : qu’est-ce que ça peut vous faire ? Une de mes meilleures amies est végétarienne, je fais attention à choisir des restaurants où il y aura des plats végétariens quand on sort, je prévois du grignotage sans viande ou poisson si on se fait un apéro dînatoire et ça ne me pose pas le moindre problème. Je ne sers pas de porc à mes amis juifs ou musulmans, je ne sers pas de viande ou de poisson à mes amis végétariens et je le vis très bien. Mieux, la cuisine végétarienne vous permet de découvrir des saveurs intéressantes et vous apprend pas mal de choses sur la nutrition.

Steack végétarien aux lentilles corail par Liv and cook, j'ai très envie d'essayer (clic sur l'image pour la découvrir)

Steack végétarien aux lentilles corail par Liv and cook, j’ai très envie d’essayer (clic sur l’image pour la découvrir)

Mais voilà, Pamela, elle cumule : gros sein et cause animale, ça va juste faire rigoler dans l’Assemblée. Et là, j’ose poser la question: pourquoi ? Des actrices qui défendent des causes, on en a des pelletées. Angelina Jolie, Emma Watson, Salma Hayek… Elles s’en sortent mieux car elles portent soit un sujet dont il est difficile de se gausser, soit elles ne sont pas vulgaires. Enfin, tout est relatif : Angelina Jolie, elle a quand même joué dans Lara Croft et était ultra vulgos dans 60 secondes chrono. Mais ça va, elle est devenue glamour depuis. Quant à Pamela… Et bien, si on veut critiquer ses choix de rôle et son image, faisons le, pourquoi pas, mais pourquoi corréler ça à son discours contre le gavage des oies ? L’actrice est engagée depuis longtemps sur le sujet, c’est une égérie régulière de la PETA et son métier n’en fait pas moins une interlocutrice valable. Parce qu’elle a joué les sauveteuses de choc, elle est forcément conne comme une planche de surf ? A ce niveau là, si notre métier nous définit totalement, je dois être une capitaliste ultra libérale et manipulatrice, hein… Si le même discours avait été tenu par… mettons Jim Carrey, aurait-on eu droit à des commentaires aussi violents ? Parce qu’ici, ne nous mentons pas, le problème n’est pas le discours qui met en cause notre tradition du foie gras mais bien le porte parole : une femme qui a capitalisé sa carrière sur son physique… Un peu comme toutes les actrices, en fait.

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Hier, j’ai eu une nouvelle fois honte de mon pays, honte de ces sexa mâles incapables de se tenir un minimum correctement et qui ont multiplié les piques sexistes et mal placées. J’en viens presque à me réjouir que le mec pour qui j’ai voté aux législatives n’ait pas été élu, histoire d’être un peu moins associée à cette mascarade… Car le problème dans cette histoire, ce n’est pas d’être ou non favorable à la tradition du foie gras (dit la fille du sud ouest) mais bien qu’en 2016, nos chers députés n’ont toujours pas intégré que les femmes méritaient un minimum de respect, quelles que soient leurs causes, leur physique, leur carrière.

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2016, l’année où le machisme n’est toujours pas mort… pas même un peu faiblard.

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Courrier des cœurs : réponse à Vanina

Cette semaine, Vanina nous a soumis la question suivante : « Bonjour,

Depuis quelques temps, l’ex d’une de mes amies me tourne autour et je le trouve plutôt attirant aussi. Mais j’hésite à sortir avec lui à cause de mon amie, même si elle a un nouveau copain depuis. Qu’en pensez-vous?  »



La cellule love and sex des vingtenaires a donc planché sur la question et voici nos réponses

Diane : Si j’en crois ma vieille expérience, j’aurais tendance à te dire: les ex, c’est un beau paquet d’emmerdes en perspective. Que ce soit les tiens, celles de ton mec, voire même ceux/celles de tes potes, j’ai l’impression que le principe même de l’ex n’existe sur terre que pour faire chier les gens. Si on prend ton cas particulier, cela dépend et de ta copine, et de la relation qu’elle a eu avec le jeune homme en question. Si ce fut un amour torride et passionnel, en général, ces choses là se réveillent à la simple vue de l’autre. Sors avec lui, organise une ptite soirée dvd à trois avec ta copine et va pisser pendant les pubs (les laissant ainsi seuls 5 minutes), pouf les souvenirs passionnels+ le fantastique côté double interdit (ils sont ex + il est avec toi, amie d’elle) vont rameuter la volée de phéromones en moins de deux. Bon, dans les textes, elle est plus avec lui, elle en a un autre, il est libre, tu fais ce que tu veux. Et s’il se trouve que vous (toi et lui) vous découvrez âmes soeurs big lôeuuuuuuuveeeuu roméo et juliette /bouvard et pécuchet /sony et cher, alors ça peut valoir le coup.

MAIS ça va inévitablement (ou alors ta copine est bouddhiste pratiquante) créer des tensions, et pervertir un peu la relation d’avec ta copine. (sauf si elle est resté avec le gars en question 1 semaine, hein) 

Jane : Pour les hommes, rien de plus normal. Pour les femmes, pas touche. Les points de vue divergent… Alors, dans le désordre: Si c’était le big love entre ton amie et son ex (et même si c’était uniquement le big love de son côté à elle), ça peut se tenter, après tout, une amie, c’est pas grand chose à côté d’un mec hein (il y a de l’ironie dans cette phrase, sauras-tu la dénicher?) En clair, si elle avait des petits cœurs roses autour de la tête en sa compagnie et que 6 mois après elle pleure encore à la seule évocation de son prénom si charmant, entreprendre le jeune homme revient à euthanasier votre amitié. Par contre, si c’était une histoire « on se croise 3 fois en 2 mois et on décide que nos emplois du temps ne sont définitivement pas compatibles… » why not après avoir pris la température auprès de la copine, au cas où…

Marine : Je te suggère de télécharger the Hills, la série de MTV, de te visualiser en Heidi Montag, la conservatrice siliconée. Elle s’est
fendue d’une romance avec Spencer Pratt, l’ex de Lauren Conrad, alors sa meilleure amie et colocataire. Depuis, elles ne se parlent plus. Ceci dit, elle sort toujours avec, elle est heureuse et Lauren ne lui a toujours pas explosé ses implants mammaires. Finalement, sa vraie tare est plus de soutenir John McCain (sans avoir de carte d’électeur) que d’avoir une romance avec Spencer.
Bref, tout ça pour dire que c’est une affaire de choix (je sais qu’on n’est pas tous d’accord dans la cellule L&S). Si tu penses que le mec en vaut la peine, prend le risque. Si elle est vraiment ton amie, vous pourrez en parler, et elle ne t’en voudra pas. Ou alors, elle t’en voudra, mais c’est un processus normal, et vous finirez par vous réconcilier, surtout si c’est une vraie histoire, et qu’elle comprend que le but n’était pas de te blesser. Du reste, si elle t’en veut, c’est qu’elle n’a pas totalement tourné la page, et c’est plus problématique pour elle.
En fait, le seul dilemme que j’aurais, de mon côté, c’est qu’en passant derrière une copine, j’ai toujours peur d’être comparée à celle-ci. Bleh, ça me fait flipper!

Nina : La question est : tu vis dans un village où y a juste un mec de votre âge? J’ai tendance à penser que la vie est déjà suffisamment
compliquée pour pas s’en rajouter. Disons que là, faut voir l’histoire : si c’est un ex genre ils se sont roulés une pelle en boîte, là, ok. Mais si y a eu sentiments, ça va forcément mal se finir. Et puis ça pose des tas de questions : as-tu été attirée dès le départ par M. l’ex, ce qui fait que tes copines vont bien se garder de te présenter leurs mecs. M. Ex était-il attiré par toi dès le départ? Ce qui fait de lui un mec pas super net. Déjà que les relations amoureuses sont naturellement compliquées, là, ça fait un début de relation un peu trop bancal pour être honnête. Y a bien que dans Hélène et les garçons qu’ils sortent tous entre eux sans que ça pose le moindre souci. Sauf le moment où Thomas Fava a le sida et comme il a couché avec Nathalie qui a couché avec Nicolas qui a couché avec Hélène qui a couché avec Thomas Fava, ben, ils ont failli tous être contaminés.

Summer : Ca dépend quand même pas mal de la relation que ta copine a eue avec lui et de la relation que tu as avec ta copine aussi.
Si c’est ta meilleure amie et qu’elle a pleuré toutes les larmes de son corps à leur rupture c’est peut être pas la meilleure idée. En revanche, si ce n’est pas le cas, et que c’est vraiment une bonne copine, parle en avec elle je crois que c’est ce que tu as de mieux à faire.

Bastien : [MODE Don Quichotte -ON-]

Pourquoi donc s’acharner sur une question de fidélité ?

[MODE Don Quichotte -OFF-]

La question en gros est « Vais-je me brouiller avec ma copine si je me tape son ex ? ». Je serais tenter dans un premier temps par la réponse simpliste consistant en un « mais pourquoi donc vu qu’elle n’est plus avec ? ». Ce serait oublier l’essentiel du problème ! En partant du principe que tes pensées soient rationnelles j’en conclus donc que ta copine aurait une réelle raison de t’en vouloir. N’étant pas là pour juger en quelque façon vos comportements sociaux et sexuelles je m’en vais de ce pas émettre quelque ‘hypothèses sur la question.
     -Son ex est en réalité son frère, voire son père. Auquel cas ce serait une sorte de cas de machisme protecteur inversé, fort intéressant pour la chienne de garde que je suis !
     -Elle couche toujours avec son ex et a peur d’avoir moins de temps de coït s’il en venait a t’ajouter sur sa liste. Fonce, après tout chacun pour sa gueule.
     -Ta copine n’ose pas se l’avouer mais au fond d’elle c’est toi qu’elle aime, sa jalousie serait terrible si tu venais a te mettre au lit avec quelqu’un.
     -Une connerie congénitale.

Dans tous ces cas je n’aurais qu’une parole; n’hésite pas, ne te retourne pas, fonce, traverse dans l’adversité et la bravoure, au loin se trouve le graal.


Bobby : Chère demoiselle -ou jeune homme, sait-on jamais- quelle s***** de compétition vous faites là ! Je vous suggère donc, histoire de ne pas faire les choses à moitié, de coucher avec le copain actuel de votre amie, et non pas d’aller récupérer un vieux truc périmé (un peu de bon sens, si elle n’est plus avec, c’est qu’il n’a plus de goût, c’est comme les chewing-gum…). Bon courage !

Lucas : C’est une question débile. Si l’histoire est finie entre lui et ton amie, je ne vois pas où est le problème. Si en plus elle a trouvé
un autre mec c’est que l’ancien est mort et enterré en terme sentimental. Si le rodeur te plait, autant te lancer. Pause poncif : ce qui est fini est terminé. Pourquoi ta copine jugerait ton choix ? T’as peur qu’elle croit que l’autre l’a largué pour toi ? Allons bon. On a plus 15 ans…

Le sujet a inspiré, donc. Si toi aussi, tu as une question love and sex, n’hésite pas à nous la poser, nous serons ton phare dans la nuit et tu seras attiré vers nos lueurs tel un papillon de lumière, sous les projecteurs (tous les lecteurs qui vont avoir la chanson dans la tête toute la journée ont le droit de m’engueuler)

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Tous parfaits ?

Je me regarde dans la glace et je fais la moue : quel est donc ce vilain ventre qui n’est pas plat ? Et mes cuisses qui osent se toucher ? Bon, mes fesses, je vais pas les regarder, hein ! Et mon nez ? Et mes yeux ? Et ma bouche ? Ahlala, y a tout à refaire. Bon, je fais comme le Château de Versailles, je me mets en chantier. Direction la première clinique de chirurgie esthétique que je corrige tout ça.
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Je te rassure, lecteur, ce petit chapeau ne retranscrit pas la réalité. Je ne me trouve pas parfaite, loin de là, mais ce n’est pas pour autant que je vais passer par la case « bistouri magique ». Pourtant, la société nous pousse à ne plus accepter la moindre imperfection : retirez le gras d’un côté, injectez de la silicone de l’autre ! Vous voulez ressembler à Claudia Schiffer ? On va vous aider. Et bien, moi, je dis stop.

Je suis née il y a de cela 27 ans du mélange magique des gênes de mon papa et de ma maman. En très gros, j’ai tout hérité de mon papa sauf les yeux et les seins (et mon sexe, évidemment !). Ah ça, je peux pas être la fille du facteur, moi. J’ai des atouts mais aussi des trucs que je n’aime pas chez moi comme mes pieds qui ne ressemblent à rien, mes doigts boudinés et tordus mais, globalement, je n’ai pas hérité de tares visibles, pas de panique. Alors pourquoi j’irais massacrer ce que m’ont donné mes parents pour obéir à un diktat que m’imposent les magazines ? Oui mes lèvres sont minces et on voit pas mes abdos (sans doute parce que ça fait à peu près 27 ans que j’omets d’en faire), la peau au coin de mes yeux est un peu abîmée à cause de la suractivité de mes glandes lacrymales. Oui, tous les soirs, quand je lis, mes yeux pleurent : c’est pas que je sois triste, c’est comme ça, je ne sais pas trop pourquoi, ils doivent fatiguer. Oui, mes épaules sont larges et je suis petite. Mais ce n’est pas pour autant que je suis le clone de Quasimodo.

L’autre soir, avant le début d’une émission, il y avait une pub pour l’émission de télé réalité « relooking extrême », un truc américain qui passe sur le câble. Distraite, je jette un œil et je me demande pourquoi tous ces gens ont des pansements sur la tronche. Et soudain, je percute : le relooking ne touche pas que les tenues vestimentaires et la coiffure. Hé oui, maintenant, la télé nous refait la gueule, non mais quelle horreur ! Ne croyez pas que je sois une farouche adversaire de la chirurgie esthétique, il y a de nombreux cas où elle est salvatrice mais quand elle est pour gommer un défaut minime, là, je hurle. Nonobstant les tarifs prohibitifs de ce genre d’opération, comment les gens arrivent à se haïr à ce point pour arriver à se charcuter et essayer de ressembler à tous ces stéréotypes dont on nous gave à longueur de journée. J’ai des kilos en trop ? Ben, j’ai qu’à faire un régime. Mes seins trop petits ? Mais il y a des
hommes qui adorent ça. De toute façon, si un mec ne s’intéresse pas à une nana parce qu’elle ne remplit pas un bonnet C, il peut être zappé directement, à mon avis.

Plutôt que d’aller chez le chirurgien esthétique, ces gens ne devraient-ils pas d’abord consulter un psy ? Parce que ce petit défaut qui leur empoisonne la vie, n’est-ce pas d’abord et surtout un truc psychologique ? Par exemple, moi, je ne suis pas fan de mon nez. C’est pas pour autant que je vais en changer, j’ai appris à vivre avec et, à la longue, il ne me paraît pas si déplaisant que ça. Par ailleurs, la chirurgie esthétique a souvent un effet de dépendance qu’on ne soupçonne pas. Un coup de bistouri magique et nous voilà plus belles. Et nous voilà à nous refaire le corps à coup de liposuccion et de collagène. Ben, je suis désolée mais petit à petit, on se transforme en monstre.

Quand je feuillette des magazines où les nanas ont toutes la même gueule, je ne peux que m’interroger : le XXI siècle sera-t-il celui où on devra tous se ressembler ? Devra-t-on avoir le nez fin, les pommettes rebondis, les yeux étirés et cet espèce de visage figé qui ne nous fait plus ressembler à rien ? N’aurons-nous plus le droit d’être enrobés, vieux, avec des valises sous les yeux et des petits seins ? N’y a-t-il que moi qui trouve ces poupées plastifiées ridicules ? Non parce que franchement, certaines, elles se sont fait greffer des ballons de rugby à la place des seins et c’est tout simplement immonde. Je me souviens d’une émission sur le sujet (oui, c’est un sujet très porteur), une nana toute fière qui montrait ses nouveaux nibards à tout le monde. Mais comment on peut être fier d’un tel truc ? Ca me dépasse complètement.

La chirurgie esthétique est très répandue chez les stars, elles sont font toutes greffer un canard WC ou se retendre la tronche au point qu’elles ne ressemblent plus à rien. Prenons, au hasard, Catherine Deneuve, femme très belle dans sa prime jeunesse. Ben quand je la vois maintenant, j’ai toujours un doute : c’est elle ou sa marionnette des Guignols ? Cette femme est devenue la caricature d’elle-même, la demi-sœur d’Armande Altaï et de Cher. Dans les journaux, on aime exalter la différence, le multiculturalisme (supposé) de la France mais finalement, on tend tous plus en plus à avoir la même gueule. Est-ce vraiment ce que le progrès est censé nous apporter.

Je réfléchis : évidemment, à 27 ans, je n’ai pas vraiment de problèmes de rides, j’ai un visage très peu marqué, ce qui fait qu’on me rajeunit toujours un peu. Je me tartine tous les soirs joyeusement, je dépense pas mal d’argent en crèmes de toute sortes. Mais bon, dans ma famille, on n’est pas très ridés donc je suis plutôt confiante pour la suite des événements. Si je peux avoir les mêmes rides que mon papa ou ma maman à 50 ans, ça ne me gênera pas. Ceci étant, puis-je affirmer aujourd’hui alors que je n’ai même pas trente ans et que j’ai pas eu d’enfants que je ne ferai jamais de chirurgie esthétique ? Même pas sûr. Préfèrerai-je ressembler à Catherine Deneuve ou à Brigitte Bardot dans mes vieux jours ? Je n’en sais rien.

Toujours est-il qu’à 27 ans, je refuse qu’on touche à mon corps, qu’on le remodèle pour que je ressemble à ces filles dans les magazines. Je ne suis pas parfaite et je n’ai jamais prétendu le devenir un jour mais au fond, en suis-je malheureuse ? Non. Ca me fait frémir ces gamines de 16 ans qui veulent à tout prix se faire siliconer la poitrine alors qu’elles n’ont même pas fini leur croissance. Vivement que le naturel revienne à la mode…

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Un jour, mon prince viendra

(nouveau sketch de mon one woman show, merci d’être indulgents sur la version audio, j’ai pas répété)

Un jour, mon prince viendra, un jour, il m’aimera nananananananananaaaaaaaaaaaaaaa ! Un jour mon prince viendra… un jour, il m’aimera…

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Tu parles ! Dès le départ, ça puait l’arnaque ces contes de fées. Non mais regardons : Cendrillon, elle passe sa journée à faire le ménage, aidée par des souris. Blanche Neige,
encore mieux. Elle manque de se faire tuer, elle court dans la forêt et quand elle trouve enfin une petite maison pour s’abriter, qu’est-ce qu’elle fait ? Le ménage ! J’imagine tout à fait le truc : « Oh mon Dieu, on cherche à me tuer, au secours, aidez-moi… Oh, tiens un balai, si je m’en servais ? ». Et cette couillasse de Belle au bois dormant ? La nana, elle voit un rouet, faut à tout prix qu’elle s’en serve ! Moi, je vois un rouet, je sais même pas comment ça marche alors je vais le laisser où il est. Donc voilà, dès le départ, les princesses font le ménage et aiment ça.

Face à elles, le prince charmant, celui sur qui on doit fantasmer. Alors excusez-moi mais dans le genre « je me foule pas », on fait fort. Genre le mec de Blanche Neige. Elle, elle
échappe à la mort, aux dangers de la forêt, elle se tape le ménage de non pas un mais sept nains, elle affronte une sorcière. Et là, le Prince, il arrive, il lui roule une pelle et c’est un héros ? Merde, je savais pas qu’il y avait un nid de princes charmants dans toutes les boîtes de France. Et celui de Cendrillon ? Elle, elle est limite esclave, l’autre, il essaie des chaussures aux filles et ça nous fait un héros, ça ? Ah ben bravo ! Au lieu de chercher le prince charmant partout, je vais aller chez Bata !

Je me moque mais tous ces dessins animés qu’on nous a fait avaler, petites, c’est un vrai drame pour la femme indépendante des années 2000. Si, si. Petites, on nous a appris que
pour une femme soit accomplie, elle doit trouver son prince charmant. Donc nous, qu’est-ce qu’on fait ? On le cherche, évidemment. Et là, c’est le début des emmerdes. Non parce que les garçons, ils ont appris qu’une chaussure, un baiser et hop, on est emballées alors voilà, c’est à nous de tout faire. Non parce qu’on ne dira jamais à un mec « 30 ans et toujours célibataire ? C’est quand que tu nous ramènes une femme ? ». Et puis, eux, ils s’en foutent des princesses et tout ça alors que nous, c’est tellement ancré en nous qu’à 30 ans, si on n’a pas un mec qui veut nous faire des bébés, on est périmées. Pé-ri-mées, oui ! Déjà qu’on vous dit l’air de rien : « et après 25 ans, les ovules se dégradent ». Hé, c’est pas la faute si la nature m’a fait féconde dès 13 ans ! Si elle avait attendu que je sois prête, mes ovules seraient en parfait état quand je déciderais de faire un bébé.

Ah oui parce que le conte de fée, il se termine toujours par « et ils se marièrent, ils furent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Alors moi, je veux bien mais j’aimerais bien
voir la gueule de Blanche Neige après ses « beaucoup d’enfants ! ». Alors moi, je suis une femme indépendante des années 2000 et je n’ai pas envie que mon utérus serve de refuge à une colonie scout ! Déjà un gosse, je saurais pas quoi en faire entre mon boulot, mes cours de yoga, de stretching, mon coiffeur, mon esthéticienne, mon chirurgien esthétique… Non parce que les Blanche Neige, Cendrillon et tout ça, elles pouvaient en faire 50 de gosses, le prince allait pas les larguer à 50 ans pour se taper une bimbo blondasse siliconée. Nan, elles, elles vivaient dans leur château avec leur prince charmant et ils furent très heureux. Bon, on se doute qu’il tripotait une ou deux servantes par ci par là mais il restait. Alors que nous, femmes indépendantes des années 2000 que nous sommes, on ne doit jamais baisser la garde. A 30 ans, faut avoir l’air d’avoir 20 ans, à 40, toujours 20, à 50, faudrait tenter un petit 18 ans…

Alors moi, je dis non. Non aux contes pour enfants où la princesse se tape toutes les horreurs en attendant qu’un pauvre type à cheval vienne lui rouler une pelle pour l’embarquer et lui faire 36 moutards. Le prince charmant, ça n’existe pas. Ils épousent Blanche Neige mais à la crise de la quarantaine, ils se cassent avec Barbie.

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Virée au sex shop

Cela fait maintenant une semaine que Gauthier vit sur Paris et, franchement, ça me rend heureuse. Il y aura vraiment une vie parisienne avant et une vie parisienne après son arrivée. Il faut avouer qu’il est arrivé pile au bon moment, pour me remonter le moral après une rupture. Du coup, tous les jours, mon téléphone sonne : « Dis, je sors de cours, je suis en ville dans une heure, tu me rejoins ? ».
 
Gauthier, je l’adore mais il me coûte cher car resto ou verre tous les jours, les sous partent vite… Hier, on se retrouve à notre traditionnel lieu de rendez-vous (hé oui, déjà), on s’installe à la terrasse pour boire un verre, on en profite pour papoter au téléphone avec Lucie. Après un petit tour à la FNAC, nous voilà posés au Bistro Romain en s’explosant le bide à coup de carpaccio. Après le vide intersidéral de notre week-end, nous avons fait fort, nous voilà partis à parler politique internationale, mondialisation… On confronte nos idées sur le Japon, la Chine, les Etats-Unis, l’Europe, l’ONU etc. C’est bon de se sentir intelligent, parfois ! Pendant que je mange mon carpaccio, il me lit un article du Monde, quelle classe.
 
Et si on allait au sex shop ?
Cependant, le naturel revenant au galop, on finit par reparler galipettes, je ne sais même plus comment. Il me dit qu’il aimerait bien aller dans un sex shop à Paris. Oh, ça tombe bien, notre restaurant est situé rue Saint Denis ! Donc après le dîner, virée coquine ! En attendant, il me raconte la fois où Anne et lui sont allés m’acheter Ernest, mon petit gode. A Toulouse, récemment ils ont ouvert un sexy center dans la banlieue industrielle. Les voilà partis en voiture, ils trouvent de suite et ils entrent. Un peu intimidés, ils se dérident au fur et à mesure des gadgets les plus hallucinants et à la fin, ils se promènent sans gêne dans les rayons, mon Ernest à la main. A un moment, la caissière s’avance vers eux et leur donne un sachet noir, opaque : « ce sera plus discret ». Et les deux autres rigolent comme des bossus.
 
Bref, c’est parti pour l’assaut de la Rue Saint-Denis ! Premier sex shop, il est écrit en gros : « grand choix de K7 vidéos ! Palm- Secam- NTSC »… Bon, on a préféré ne pas choisir celui-là, les godes devaient être recouverts de poussière, depuis le temps ! On continue. Le suivant, les annonces nous font rire : « Massage « body to body », jusqu’au plaisir »… Tous les massages sont assurés « jusqu’au plaisir ». Mais le mieux : « tarif préférentiel pour les militaires » ! Bon, on se demande où s’arrête le massage et où commence la prostitution. Déjà, quand Gauthier était venu sur Paris le mois dernier, il s’était cherché un salon de massage pour ses lombaires… Et bien, ce n’est pas du tout ce qu’il a trouvé ! C’est fou tout ces massages « jusqu’au plaisir » disponibles sur Paris !
 
Bon, on continue, on ne croise que des DVD shop puis on tombe devant une petite vitrine pleine d’accessoires, le magasin a l’air particulièrement clean, on voit l’intérieur quand des gens entrent. On se croirait presque au rayon DVD de la FNAC ! Gauthier hésite un peu, je lui dis que je veux y aller et c’est parti !
 
Dans un magasin aux vitres teintées…
C’est un très grand sex shop, il y a un nombre incroyable de DVD, la plupart sont en anglais. Je me demande s’ils sont sous-titrés, ce qui fait rire Gauthier. « Qu’est-ce que tu veux qu’il sous-titrent ? Ah oui, ah oui, ah oui ? » Non mais des fois, y a des dialogues dans les pornos. Bon, à l’étage, il y a un théâtre érotique avec « des couples hétéros et lesbiens en représentation », une pauvre fille qui a l’air de s’ennuyer interpelle les hommes pour leur proposer de faire un tour à ce théâtre. Nous, personne ne nous demande rien, on doit nous prendre pour un couple ou des touristes ou les deux. Bref, il y a aussi des salons vidéos et des salons de massage.
 
On trouve le coin des accessoires et là, forcément, on rigole. Déjà, on arrive, Gauthier fait : « on devrait en acheter un pour Lucie » et là, tous les deux on repère un gode énorme, une statue en fait, hyper réaliste, il y en a un rose et un noir. On se marre mais on se dit qu’on peut pas lui offrir ça.
 
On regarde, on s’extasie, il y a le frère d’Ernest, des godes énormes, des tout petits, des bizarres (y en a un qui ressemble au micro de mon PC). On en trouve un particulièrement joli : « oh, il est beau celui-là ! », il est en silicone avec des fils de couleur dedans. Il y en a un double, c’est pas très joli, un pénis devant se ranger dans le sexe, l’autre exciter le clito j’imagine car vu la configuration, je ne pense pas que ce soit pour une double pénétration. Enfin, il y en a de toutes les tailles, toutes les couleurs et toutes les formes pour votre plus grand plaisir. Certains sont trop sophistiqués, je trouve, ça fait plus Game Boy que gode. Sinon, il y a des trucs amusants comme des vagins où ce qui nous a le plus amusé, une sorte de bouche en matière gélatineuse. Il y avait un endroit où on pouvait toucher donc, forcément, avec Gauthier, on se lance… Beurk, c’était dégoûtant comme contact !
 
Par contre, j’ai été déçue : pas de menotte, pas de boule de geisha et pas de canard en plastique (je voulais en prendre un pour Lucie). Du coup, on va pour partir mais Gauthier s’arrête juste avant la sortie pour voir les tarifs massage. Moi, je me plante en plein milieu de la sortie et, là, je me prends les portes automatiques dans la figure : les gens ne sont pas censés rester en plein milieu, ils se dépêchent de rentrer ou sortir.
 
Bon, on finit par sortir, je reste un peu sur ma faim, tout de même. Je pensais trouver plus d’accessoires funs mais comme m’a fait remarquer mon compagnon d’aventure, c’était plus une DVDthèque qu’un véritable sex shop. En tout cas, une fois, il faudra que je me fasse le théâtre érotique !
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