La fierté d’être cucul-neuneu

Ah, lecteur, si tu me suis depuis longtemps, tu sais comme j’aime être sarcastique. Certains appelleraient ça de l’aigreur mais certains disent beaucoup de conneries. J’aime me moquer, soupirer, me demander si les gens le font exprès d’être aussi débiles et s’ils en retirent de la fierté.


Depuis la nouvelle version de Facebook, les « pages » sont le nouveau must have, encore mieux que les groupes. Alors depuis, ça fleurit. Or avec la nouvelle version de FB, je peux aussi voir les pages auxquelles adhèrent mes « amis ». Entre guillemet car je crois que je vais en éliminer certains tant je suis désespérée. Car force est de constater que certains de mes amis sont fiers d’être cucul-neuneu et adhèrent à toutes les pages qui vont avec.

En tête des groupes ridicules : faire l’amour le matin, le soir, la sieste crapuleuse, les bisous dans le cou… Est-ce une tentative de subversivité ? Non mais qui peut décemment adhérer à ce genre de groupe ? « J’aime faire l’amour le matin ». Ouah, tant de provocation me fait frémir. C’est si follement original ! Et que dire des bisous dans le cou ? Quel besoin de clamer qu’on aime une chose que l’immense majorité des gens aiment ? Oui, moi aussi, j’aime tout ça et tant de choses encore mais je ne ressens pas le besoin de l’afficher sur mon profil Facebook. C’est un peu comme si je devenais fan du groupe « je suis un être humain ». Waouh !

Autres groupes auxquels on m’invite régulièrement : « contre la maltraitance envers les animaux », « non aux enfants battus ». Je suis quelqu’un de bien, j’adhère à de grandes causes et je le fais savoir en invitant mes amis à venir dans ce groupe. Là encore, je pose la question : « ouais et? ». Evidemment que je suis contre ce genre de pratiques, cela va sans dire, mais quelle utilité d’adhérer à un groupe Facebook qui l’affirme haut et fort ? Est-ce que ça va convaincre le vilain monsieur qui tue les chats errants ou la méchante mère qui cogne ses gosses d’arrêter ? Je ne crois pas, non. Mais bon, c’est beau, regardez, j’ai des principes dans la vie, je ne veux pas qu’on batte les enfants. La palme au revient au crétin « un membre de plus dans ce groupe, c’est un raciste de moins dans le monde ». T’as rien compris mon gars. Si je m’inscris dans ce groupe, c’est qu’à priori, je ne suis pas
raciste donc mon inscription ne fera pas qu’il y aura un raciste de moins dans le monde, je n’ai convaincu personne que juger les gens par leur couleur de peau, c’est maaaaaaaaal ! A moins que ce
groupe ait des vertus magiques : si tu y adhères, un vilain raciste perdra soudain ses convictions raciales. Waouh (bis).

Bref, ces groupes fleurant bon le bisounoursisme et son amour du prochain envahissent mon Facebook et me navrent. Ils ne font certes de mal à personne mais la question est « pourquoi clamer ceci ou cela ? ». Aurais-je l’idée de me promener dans la rue avec un panneau : « je ne suis pas raciste », « ne battons pas les enfants » ou « j’aime les câlins et le lever de soleil sur les plages ». Passé un certain âge, ça craint. Parce que bon, ado, je comprends, on découvre que le monde n’est pas aussi joli que dans les dessins animés et ça nous révolte, c’est normal. Mais arrive un âge où crier « non mais la violence, c’est trop moche » est un peu inutile. Evidemment que c’est trop
moche, et ? T’as rien à proposer de mieux que cette triste constatation ?

Bref, autant je peux comprendre les pages « fan de » histoire d’étaler ses goûts musicaux ou cinématographique, pour se tenir au courant de l’actualité d’un blog ou d’un magazine par exemple. Mais franchement, quand on voit que la page « faire l’amour » (en plus « faire l’amour », expression trèèèèèèèèès romantique) réunit quasi 200 000 fans, pourquoi mais pourquoi suivre le troupeau ?

Ou alors, c’est un super plan drague et je suis passée à côté.

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Un bilan meetic-gé

Deux mois que je me suis effacée de meetic, je peux donc en tirer un bilan objectif et je vous en offre la primeur ! Je vous invite à lire l’article que j’avais écrit sur le sujet à l’époque pour voir si mon opinion a évolué ou pas.
Désespérément célibataire 
Soirée déprime fin avril. Je m’emmerde chez mes parents, je trafique sur Internet, ne sachant trop quoi faire. Je réfléchis à ma vie sentimentale et c’est la catastrophe : je viens de débarquer dans une région où je ne connais personne, où suis-je censée trouver une moitié d’une nuit ou pour la vie ? Je connais un site qui pourrait m’aider mais j’hésite car le principe me dérange : un site de rencontre n’est-il pas la version électronique des petites annonces dans le journal ? Pour moi, si. Or, à 18 ans, je me souviens qu’avec une copine de fac, on les lisait en rigolant comme des bossues. Suis-je désespérée au point de tomber si bas ? Après un point sur ma situation, je me rends compte que c’est pas brillant : je viens de débarquer dans une ville inconnue, le seul mec que je connais me fait complètement fantasmer mais il a une greluche et bien qu’on habite à 500 m l’un de l’autre, il ne m’appelle pas. Bon, effectivement, je suis désespérée, allons-y gaiement.
 
Bon, je remplis consciencieusement les dizaines de questions qu’on me pose, je suis limite étonnée qu’on me demande pas la couleur de mon string, mais bon… Je ne mets pas de photos puisque je n’en ai pas sur le pc familial et puis, je me dis que je vais rapidement effacer cette fiche, tout ceci est ridicule. Une fois inscrite, je commence à surfer un peu sur les pages des messieurs qui correspondent à mes critères et là, je vois un gars qui me plaît trop, la trentaine, un visage somptueux. J’hésite encore un peu mais dès que je rentre sur Paris, je mets mes photos en ligne, on verra bien. Je n’attendais rien de ce site dès le départ, je voulais plus me trouver un mec en attendant que l’autre plante sa greluche. J’ai eu beau flasher le beau gosse, je n’ai jamais eu aucun retour de sa part.
Deux mois plus tard… 
Au bout de deux mois, j’ai fini par m’effacer, sur un coup de tête similaire, un ras le bol qui ne voulait pas passer, marre des mecs qui se passent de la politesse élémentaire (avant de me demander si je veux baiser, dis-moi bonjour, déjà). Il faut dire qu’à l’époque, je voulais prouver à Julien que je ne cherchais pas que des histoires de fesses et que, lorsque le courant passait (comme avec lui, je pouvais vouloir plus). Le jour de ma désinscription, alors que je recopiais les mails rigolos que j’avais reçus, un gars m’entreprend en chat et il m’a définitivement prouvé que les hommes n’en voulaient qu’à mon postérieur puisqu’au bout de deux minutes, le monsieur me proposait une sieste crapuleuse… Pfffffff !
 
Presque deux mois après ma désinscription, quel est le bilan ? J’ai reçu 265 flashes, rencontré 6 meeticboys (dont Louis, Benoît, Julien et Christophe), brouetté avec deux. Le score n’est pas terrible, il me semble. Concernant Julien et Christophe, la brouette était prévue mais ça a capoté, comme je l’ai expliqué dans les articles correspondant. Ensuite, il y a eu un gentil garçon que j’ai rencontré en tout bien tout honneur. Extrêmement sympathique avec un très beau sourire, je m’étais dit à l’époque que je le garderais sous le coude, en attendant d’avoir envie d’une relation stable. Résultat : après avoir reçu une carte postale de San Francisco, je n’ai plus eu de nouvelles. Sinon, il y a eu Cédric, le pro de l’annulation  de rendez-vous au dernier moment. Lui, c’est intéressant, j’en fais un paragraphe entier.
 
Premier contact sur le chat, dialogue :
Lui : Je cherche une relation sérieuse
Moi : Pas moi
Lui : Ah…C’est quand qu’on se voit ?
Bon, il s’annonce amusant, ce garçon ! On discute sur MSN, je le trouve très sympathique même s’il est assez empressé, j’apprends qu’il a un fils mais peu importe : je n’ai pas envie de l’épouser, juste de le brouetter. On se fixe donc un rendez-vous. Le jour J, texto : « je suis envoyé à Bordeaux pour le boulot pour la semaine, fais chier », un message dans ce goût-là. Après deux semaines de silence, le voilà qui me relance, on se fixe un nouveau rendez-vous. Le jour J, pressentant le coup foireux, je lui demande par texto de confirmer mais évidemment : « je peux pas, j’ai une réunion ». Evidemment ! Le businessman parvient cependant à débloquer une heure dans sa folle journée pour qu’on puisse boire un verre, une heure de discussion très sympathique, il me file un nouveau rencard pour de folles brouettes. Le jour J : je peux pas, je garde mon fils. On se fixe un nouveau rendez-vous, je l’appelle la veille pour confirmer et, une fois de plus : « non, je peux pas, je garde mon fils ». Cette annulation est plutôt bien tombé, finalement, puisque j’ai passé une folle nuit avec Reno et je n’aurais pas été capable d’enchaîner (enfin, je ne crois pas). On se fixe finalement un rendez-vous la semaine suivante, toute la journée, je guette mes mails, persuadée qu’il va annuler, je vérifie dix fois par heure mon portable (mis sur silencieux) mais aucune annulation. Je finis par quitter mon boulot et, alors que j’attendais le métro, le texto tant attendu arrive : « c’est mort pour ce soir, je vends ma voiture. » Bon, je ne l’ai jamais relancé, j’ai de l’amour propre quand même. Alors, autant pour Christophe, je me dis qu’à 22 ans, on peut ne pas du tout assumer la possibilité de relations sexuelles avec une inconnue, autant à 30, j’ai du mal à comprendre ! Ça m’amuserait qu’il me recontacte, cependant, juste pour le plaisir d’annuler cinq minutes avant.
Aucun regret
Donc, si on résume, meetic m’a rapporté 2 brouettes, sur les 6 comptabilisées sur ce blog, soit un tiers… Aujourd’hui, je me rends compte que je les ai tous perdus de vue, sauf Louis. Pourtant, je ne pensais pas que ce serait avec lui que je continuerais à discuter, nous n’avons pas grand chose en commun mais je suis devenue sa confidente meetic. Les histoires qu’il me narrent m’ont prouvé  que j’avais eu raison de fuir ce site. En effet, en ce moment, il est sur une histoire foireuse avant même d’avoir commencé. Cet été, il « rencontre » sur meetic une jeune fille, l’histoire part bien et voici le moment de passer du virtuel au réel. Le deal est le suivant : elle l’appelle un peu avant le rendez-vous pour qu’ils fixent un endroit pour se retrouver. Une heure après le rendez-vous supposé, n’ayant pas de nouvelles de la demoiselle, Louis lui envoie poliment un texto : « je crois que tu m’as oublié ». Silence radio. Quelques jours plus tard, il reçoit un mail de la demoiselle lui expliquant qu’elle venait de perdre sa tante et que son père était à l’hôpital pour un pontage. Elle n’avait donc pas à la tête à ça. Logique mais ça me paraît un peu gros. Quelques jours plus tard, notre ami Louis découvre que la demoiselle s’est réinscrite sur meetic ! Pour une fille qui n’a pas la tête à ça, c’est étonnant. Elle se connecte et il lui tombe dessus sur le chat, l’autre fait l’étonnée et lui dit de l’appeler demain. Louis me raconte ça sur MSN, dialogue (pour bien comprendre l’ironie de la situation) :
Lui : Elle m’a dit de m’appeler demain à 15 heures, elle sera à l’hosto.
Moi : Elle est infirmière ?
Lui : Non, elle est secrétaire.
Moi : Mais qu’est-ce qu’elle va foutre à l’hosto ?
Lui : Elle va voir son père qui a subi un pontage.
Moi : Putain, arrête, elle se fout de toi. Jamais je ne demanderais à un mec de m’appeler alors que je vais voir mon père malade.
Lui : Je sais. De toute façon, faut éteindre les portables à l’hôpital.
Evidemment, quand il a appelé, il est tombé sur le répondeur. Et surprise : aujourd’hui, elle lui a fixé un rendez-vous pour demain soir, il va y aller pour l’envoyer promener… à condition qu’il ne soit pas annulé, Louis a bien compris la leçon.
 
Aujourd’hui, encore, alors que je débutais la rédaction de cet article, qui vient me parler sur MSN ? Benoît ! Alors, là, je tombe des nues. Il me demande poliment des nouvelles puis veut savoir si j’ai un mec. Comme je lui réponds par l’affirmative, il me dit : « ah, tu n’as plus besoin de moi… Même pas pour une fessée les yeux bandés ? » Non, même pas pour ça (surtout qu’on n’avait jamais fait ça, mais bon…). Si je veux des fessées coquines, j’ai ce qu’il faut à la maison. Du coup, il me demande si j’ai pas des copines qui auraient envie de folles galipettes. Et bien, non, j’ai pas ça sous la main, j’élève pas les copines célibataires, moi, désolée. Il m’informe alors qu’il n’est plus sur meetic car il en avait assez, les filles étaient trop chiante, « pas comme toi », a-t-il précisé.
 
Alors, meetic est-il un ramassis de mythomanes, psychopathes et désespéré(e)s ? Non, je ne crois pas. J’ai pris meetic comme une façon de trouver des camarades de brouette, j’ai eu ce que je voulais. Aurais-je pu trouver l’amour sur meetic ? Je continue à en douter, malgré les témoignages qui prouvent le contraire. Certains me rétorqueront que c’est quand même grâce à meetic que j’ai rencontré Arnaud. Certes, c’est le seul point positif de cette folle aventure !
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