Sea, salt and sun

Des fois, je me défonce tellement violemment sur mes titres, j’aurais dû postuler à Libé. Ou à Voici, je sais pas…

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La semaine dernière, j’ai pris mon petit sac à dos, destination l’Ile de Ré pour une semaine de thalasso en famille. J’étais vierge niveau thalasso, je vous raconterai ça demain (ou un autre jour). Là, je vais faire un petit point vacances. Non parce que si j’étais pas partie entre septembre et mai (mais qu’a-t-il pu arriver en septembre et mai, lalala), je me rattrape depuis ! Égypte, Lyon, Marseille et là, Île de Ré. C’est foufou ! En famille disais-je, nous avons donc papa, maman, Alice ma sœur, Anthony son mari et surtout le plus beau, le plus gniiiiiiiii, mon neveu adoré. Je vous raconte pas le shoot d’ocytocine que je me suis pris cette semaine, cet enfant est tellement adorable et mignon et beau… Je dis ça en toute objectivité bien sûr. Mais je digresse, revenons à l’Ile de Ré.

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La dernière fois que je suis venue, j’avais environ 16 ans, je crois donc mes souvenirs étaient légèrement brumeux et pas super bons vu qu’on avait fait 34 km en vélo donc un petit paquet face au vent et le sport et moi, à l’époque, on se côtoyait pas trop (sport pratiqué par ma personne à ce moment là de l’histoire : tir à l’arc. Ça situe). Là, j’étais sûre qu’on ferait pas de vélo vu qu’on a le pitchou donc j’étais venue confiante. Et j’avoue que j’aime l’océan. Même si je comprends pas bien les marées (enfin, si, je comprends mais je sais jamais dans quel sens elle va, là, de suite) et que des fois, la marée basse, ça pue. On a ainsi fait une virée à St. Martin en Ré en mode « respire par la bouche ». Mais c’est beau, les paysages : la campagne verte, les fleurs sauvages, l’odeur de sel et de mer, la brise, l’iode en permanence. Pour une Méditerranéenne depuis l’enfance, l’océan a le charme de l’inconnu. J’aime les balades en bord de mer avec la brise parfumée qui te fouette, les roses trémières à foison, les coquelicots, les couleurs chatoyantes. Et le gris, le vert, le bleu, le sable. C’est étrange comme la monochromie de la mer et du ciel (merci la météo pas au top) peut contrastée avec les champs envahis de coquelicots, de fleurs mauves et jaunes.

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Niveau météo, ça n’a pas été la fête mais bon, comme disait ma sœur, on a évité la tempête tropicale puis c’était pas si gênant. On ne s’est certes pas baignés (alors que l’an dernier, je m’étais offert un bain à Hendaye à la même époque et en deux pièces s’il vous plaît) mais on a pu se promener. On a fait le classique : Saint Martin en Ré (dont une fois avec une très forte odeur), La flotte (ma préférée), Ars en Ré et le phare de la Baleine. On n’a pas trop fait les marais salants ou les plages mais bon, on était là pur se reposer avant tout. Et manger des fruits de mer. Huîtres, palourdes, crevettes, langoustines, bulots, bigorneaux, crabes… Je suis tellement iodée que je dois briller dans le noir. Mais quel délice ! Un peu de pineau, chardonnay et trousse chemise également, faut bien faire glisser…

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Mais parlons de l’essentiel, le sel de ses vacances : mon neveu. Je vous en parle peu mais je suis tellement tatie Gaga que je suis aussi chiante que si c’était le mien, je montre ses photos à mes copines, j’annule des soirées pour le garder, j’en suis folle. C’est pas ma faute, c’est le plus beau du monde, c’est le petit chouchou de la nounou, il sourit à tout le monde et il est beau, voilà. J’ai appris à m’en occuper et ma mère me trouve incroyablement douée, surtout pour une fille assez indifférente aux enfants. Mais bon, c’est pas un enfant, c’est mon neveu… Grosse semaine pour le pitchou : premier bain en piscine, premier petits pieds dans l’océan, premières grandes vacances. Du coup, cette semaine, il a acquis plein de choses : il marche désormais à 4 pattes, il s’assied tout seul, il maîtrise à la perfection le « prfffff prfffff » (et crache donc sur tout le monde) et les cris suraigus. Ce qui donne quand il rigole « hiiiiiii prfffff prfffff », quand il joue « hiiiiiiii prffffff prfffffff » et quand il pleure « hiiiii prfffff prfffff » (il sait pas pleurer). Bref, grosse semaine pour le bébé le plus merveilleux du monde qui semble souffrir comme sa tante de légers problèmes de sommeil vu qu’il a assez peu dormi pendant ces vacances. L’excitation.

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Bref des vacances parfaites. J’en aurais bien repris une louchette vu que cette semaine, je suis pas en vacances mais en arrêt maladie pour cause de… Opération du genou. Le retour... Mais rassurez-vous : on m’enlève juste les vis. Bon, je serai pas au top de ma séduction avec les points que ça va ma rajouter mais vu que ma jambe gauche est toujours défigurée par la blessure que je me suis faite en janvier dans le métro, je suis plus à ça près. Par contre, j’espère ne pas boiter !

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DESPROGES MON AMOUR

Par DianeFrançaises, français, belges, belges, vingtenaires, vingtenettes,Pierre, pierrot, lecteurs chéris mon amour,

 
Voilà aujourd’hui 20 ans que Pierre Desproges est mort. Oui, je sais, il est mort en avril et on est en janvier, donc techniquement ça fait pas encore 20 ans, mais je vous ferais
remarquer que s’arrêter à de tels détails tatillons et puérils n’est pas franchement intelligent, et puis ne commencez pas à m’interrompre comme ça dès le début ça va m’énerver.
20 ans, disais-je, que ce fabuleux trublion politiquement incorrect a cessé de trublioner et de titiller nos zygomatiques pour aller s’enterrer au père Lachaise, entre Petrucciani
et Chopin.
Une dernière résidence dont l »épitaphe originelle a malheureusement été jugée un peu trop trublionement incorrecte (« Pierre Desproges est mort d’un cancer sans l’assistance du professeur Schwartzenberg») par les biens pensants qu’il assaisonnait copieusement et régulièrement de sa haine ordinaire. 
Mais qu’est ce que tu dirais, Pierrot (tu permets que je t’appelle Pierrot), si tu pouvais voir ce qu’on est devenus, sans toi?
On tient sa langue, on est mous, on lit closer, voici et la biographie de cécilia sarkozy, on a élu un mec gréffé à ses ray-ban et à ses faires valoirs (hommes, femmes enfants,
faux amis et rolex) qui se shoote à l’ego, au pouvoir et aux photos pipole comme représentant de tous les français aux piteux yeux du monde, on dégomme mère Nature, on fait la gueguerre, on piste les délinquants à la maternelle, on écoute nos MP3 à fond dans le métro sans écouteurs, on s’excite plus à la publication de photos de manaudou à poil sur le net qu’à la mort de Nougaro, on veut travailler, travailler, travailler, pour avoir du fric, du fric, du fric, pour pouvoir consommer, consommer, consommer, nous ruer dans les magasins, encore, courir avec une délectation vibrante d’extase consumériste nous coller à d’autres chercheurs d’or suintants d’excitation fébrile et se prendre une ou deux vieilles emperlouzées à chihuahua et vison véritable en pleine face, et leur planter notre talon dans les tibias, parce qu’on l’avait vu en premier, le sac vuitton à -50%, on va pas se laisser marcher dessus par une vieille mamie-la-tremblotte non plus merde!!
Tu avais raison, Pierre, on peut rire, de tout, mais pas avec tout le monde. On peut même pas  s’moquer de Mahomet sans se retrouver avec une bombe sous le paillasson ou se
faire attaquer en justice (heureusement charlie hebdo est revenu…)
 
COUVERTURE MAHOMET 
 
Les aveugles ont bon dos d’être les bénéficiaires d’une puante bienséance qui les fait hypocritement appeler « non voyants » tandis qu’entourés de centaines de
personnes à st lazare le matin ils se prennent les murs avec bienséance, aussi.
 
Mais où est-elle, Pierronounet (tu permets que je t’appelles pierronounet), où est-elle, cette fièvre, cet enthousiasme vibrant, cette passion fébrile, cette intarissable soif de
savoir, de justice et de raison qui embrasait naguère avec ardeur et éloquence nos plus brillants cerveaux d’une inextinguible flamme humaniste? Nous sommes mous, taris, vidés,lympathiques, décérébrés, légumineux, exsangues,atrophiés du bulbe,diminués,hypo-courroucés,neurasthéniques,flegmatiques et gélatineux. Gracq est mort, tout le monde s’en fout. Pour un peu que Mme de Fontenay aille casser sa pipe, on lui ferait des funérailles nationales. 
Mais je m’égare, et pas seulement au gorille.
J’ai peur, Pierrot, l’ombre misanthropique plane sur ma foi en l’humanité. Je lis Axel Kahn, Picouly et Philippe Val, et mon petit coeur se gonfle d’un léger espoir qui croit entrevoir en l’homme l’émergence, ou plutot la survivance d’une foi, d’une croyance, voire d’une certitude qui fait penser à l’homme qu’il peut vivre son éphémère vie en regardant plus loin que le bout de son pouvoir d’achat, qu’il peut être utile, qu’il peut découvrir, apprendre, et vivre sa vie sans corruption, en étant, tout simplement, raisonnable et humain.
Ca me rappelle ce que tu me racontais jadis:
« On a envie d’aimer mais on ne peut pas. Tu es là, homme mon frère, mon semblable, mon presque-moi. Tu es là, près de moi, je te tends les bras, je cherche la chaleur de ton
amitié. Mais au moment même où j’espère que je vais t’aimer, tu me regardes et tu dis :
— Vous avez vu Serge Lama samedi sur la Une, c’était chouette. »
 
Pourtant je persiste. Il y a 20 ans que tu es mort, et je ne m’en fous pas! Je suis triste! J’ai les badigoinces à l’envers et la rate en berne, et ce soir, ma choucroute a un arrière-goût d’atrabile. Je t’ai écouté, j’ai lu Vialatte et Aragon, et délaissé un peu ( un peu) Pif gadget. Aragon justement, rappelle toi:
 
« votre enfer est pourtant le mien
nous vivons sous le même rêgne
et lorsque vous saignez je saigne
et je meurs de vos mêmes liens.
 
Quelle heure est-il, quel temps fait t-il,
j’aurais tant aimé cependant
gagner pour vous pour moi perdant
avoir été peut-être utile.
 
C’est un rêve modeste et fou,
il aurait mieux valu le taire
vous me mettrez avec en terre,
comme une étoile au fond d’un trou. » 
 
Rhhaa je souffre, ver de terre amoureuse d’une étoile; mais du fond de ton trou tu m’éclaires toujours Pierrot, alors vivons heureux en attendant la mort, et d’ici là, n’oublions
pas qu’il faut rire de tout. c’est extrêmement important.C’est la seule humaine façon de friser la lucidité sans tomber dedans.
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