Je suis pas féministe mais…

“Moi, je suis pas féministes mais…” donc si, tu l’es. Je sais pas si vous avez remarqué le nombre de phrases commençant par “je suis pas [insérez truc plutôt honteux] mais…” et le reste de la phrase vient précisément démentir cette affirmation. Mais… attendez, en général, on dit ça de quelque chose d’assez honteux genre “je suis pas homophobe” ou “je suis pas raciste” mais alors pourquoi on dit ça du féminisme ? Facile ! Parce que les medias (et les gros machos de merde et leur humour oppressif) nous en donnent une image déplorable.

Ah oui, les Femen, l'exemple adoré de tous ceux qui vomissent les féministes et qui jouent l'amalgame à fond

Ah oui, les Femen, l’exemple adoré de tous ceux qui vomissent les féministes et qui jouent l’amalgame à fond

Alors souvent, ce “rejet” du féminisme n’est pas tant une dépréciation de ce combat mais la volonté de finalement donner plus de poids à son propos. Un peu un “moi, je suis citoyenne neutre et je trouve que ça, ça pose problème”. Je peux comprendre cette posture parce que si tu arrives en tant que féministe sur un débat, le contradicteur va te disqualifier de suite parce que “t’es pas objective” (alors que lui, oui, forcément). Le fait que mon féminisme ait pu m’apporter la réflexion,le recul, les références sur certains sujets (non, je n’entre pas dans une discussion comme un chien dans un jeu de quilles juste pour dire “hé non, je suis pas d’accord parce que je suis féministe, d’abord!”), apparemment, ça ne compte pas parce que je ne suis pas objective. Pourtant, y a-t-il besoin d’être objective pour noter que la situation de la femme en France s’aggrave de jour en jour ? Qu’on peut difficilement sortir dans la rue sans se ramasser le relou dragueur de service et qu’en plus, si on ose s’en plaindre, on est des connasses et on doit essuyer des litres de male tears sur le fait qu’on n’est pas gentilles parce que tu comprends, la drague dans la rue, c’est pas facile (sans doute parce que 9 fois 10, ça nous saoule, on ne vous a rien demandé, foutez-nous la paix). Est-ce mon féminisme qui tue dans une relative indifférence une femme tous les trois jours sous les coups de son compagnon. Est-ce mon féminisme qui me fait lire ou entendre que les journalistes, dégoulinants de paternalisme, se réfèrent aux femmes par leur prénom, couleur de cheveux voire carrément compagnon… ?  Mais non, je suis pas objective, merci de sortir du ring.

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Mais il reste cette douloureuse impression que le terme “féministe” est mal perçu. Alors regardons un peu mon parcours féministe. Plus jeune, jusqu’à mes débuts par ici, d’ailleurs, je me définissais comme préoccupée par l’égalité homme-femme mais “surtout pas féministe, hein, je suis pas Isabelle Alonso !”. Alors pour les plus jeunes d’entre nous, Isabelle Alonso passait pas mal de temps à l’époque à squatter le plateau de Ruquier, certainement pour l’émission “On a tout essayé” mais j’ai un doute vu que j’ai jamais pu supporter Ruquier (je déteste les gens qui rient de leurs propres blagues et qui débordent de fierté et de suffisance. Même si à ce niveau là, reconnaissons que notre ami Laurent n’arrivera jamais aux chevilles des égotiques suprêmes Ardisson ou Hanouna, dans des styles très différents pour le coup). Et donc je détestais cette brave Isabelle parce que… et bien dix ans plus tard, je suis plus bien sûre. Je me souviens d’une chronique de Guy Carlier qui se moquait de ce féminisme de salon qui se bat pour des clopinettes car les vrais combats sont ailleurs. Oui, je n’avais pas bien notion du mansplaining à l’époque. Et puis y avait ce combat contre une pub Fleurette “oh ça va, c’est bon, c’est de l’humour”, haussais-je les épaules, ignorant le concept même d’humour oppressif. Bref, j’étais au degré zéro du recul et de la réflexion. Les medias me disaient que les féministes étaient des hystériques s’agitant sur des combats “moins importants que le viol ou la violence conjugale”, je les croyais. Féministe, moi ? Ah non, pas du tout !

Déclaration de la demoiselle “Féminisme. Je déteste ce mot parce que ça ne devrait même plus exister. Nous sommes tous égaux, alors pourquoi est qu’il y a un débat sur le sujet ?”  Je me frappe le front...

Déclaration de la demoiselle “Féminisme. Je déteste ce mot parce que ça ne devrait même plus exister. Nous sommes tous égaux, alors pourquoi est qu’il y a un débat sur le sujet ?” Je me frappe le front…

Puis j’ai eu ma période “égalitariste”. Je n’étais pas féministe mais égalitariste parce que je voulais l’égalité entre humains quelque soit leur sexe ou couleur ou origine sociale. Je le suis toujours, hein, sauf que j’ai compris un élément essentiel : pour arriver à une égalité entre les sexes, le rattrapage ne peut se faire que du côté des femmes vu que les hommes sont dominants et que l’égalité ne peut se faire en renonçant à certaines choses mais bien en donnant à tout le monde la même chose. Donc féminisme (pardon pour cette explication horriblement bâclée). Et lutter pour le droit des femmes, c’est aussi bénéfique pour les hommes en les débarrassant du poids du patriarcat qui rend par exemple difficilement envisageable en 2016 qu’un homme puisse prendre un congé parental pour élever son petit. Bref, petit à petit, en lisant la prose de féministes, en comprenant qu’il ne s’agissait pas d’un bloc parlant d’une même voix et que j’avais tout à fait le droit de me dire féministe et de ne pas cautionner tout ce qui sort de la bouche d’une féministe. Alors, oui, ok, je suis féministe. Malgré mon fard sur les yeux, le noir sous mes yeux, ma traque (ok très relative) du poil et ma liste un peu longue de personnes ayant mélangé leur corps nu au mien.

Original Film Title: ANATOMIE DE L'ENFER. English Title: ANATOMY OF HELL. Film Director: CATHERINE BREILLAT. Year: 2004. Stars: AMIRA CASAR; ROCCO SIFFREDI.

Sans doute qu’on ne naît pas féministe mais qu’on le devient (une référence subtile vient de se glisser ici), c’est une démarche, une réflexion. Et le premier pas, c’est de détricoter l’image négative de celles qui lèvent le poing encore aujourd’hui pour défendre le droit des femmes. Parce qu’en 2016, ça va vraiment pas mieux. Allez ma soeur, n’aies plus peur et ouvre les yeux. Ah, par contre, je te préviens, une fois que tu découvres les mécanismes parfaitement huilés du patriarcat, le monde devient un endroit bien laid. Mais à nous de relever le gant pour en faire quelque chose de mieux. 

 

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Où trouver l’homme ? Episode 27 : à dîner chez moi

A la recherche du prince charmant

(O toi, derrière ton écran, je te rappelle que tout ceci n’est qu’une fiction sortie de mon imagination fertile ou débile, à toi de voir. En vrai, là, je vis au milieu des cartons alors les dîners romantiques, ça attendra.)

On dit que la patience est mère de toutes les vertus. Ca tombe bien, j’ai toujours pensé qu’un peu de vice ne faisait de mal à personne. Fabien je désirais, Fabien j’aurais. Pour se faire, j’avais prévu de l’inviter à dîner à la maison histoire d’être sur un terrain favorable : le mien.


Une fois passée faire le plein chez Picard, je rentre vite chez moi me pomponner, m’épiler et faire brûler une bougie qui sent bon. Bon, c’est l’heure, je vais trafiquer un peu sur l’ordi en attendant qu’il arrive. C’est l’heure et un peu plus. C’est l’heure et un peu plus d’un peu plus. C’est l’heure et franchement plus. Au bout de vingt minutes de retard, j’enclenche la bobine du film catastrophe : depuis le début, il se fout de ma gueule ce connard, il n’en a jamais rien eu à faire. Oui mais pourquoi les baisers, les soirées qui n’en finissent pas, la nuit blanche et pourquoi avoir dit oui à mon invitation s’il ne comptait pas venir. Il doit y avoir une explication logique mais je ne remets pas les pièces du puzzle dans le bon sens, je ne comprends pas.

Ding dong ! Ah, ciel, on sonne, ce doit être lui. Bingo. Il me tombe dans les bras, la mine piteuse : « J’ai oublié mon portable et je n’arrivais pas à trouver, je suis désolé

– Ahahah, c’est pas grave, ahah! »

Oui bon, il a une bonne excuse, je vais pas lui faire une scène par principe quand même. On s’installe autour d’un verre, on mange le bon steack et la bonne purée aux truffes cuisinés avec amour car un estomac d’homme se doit d’être toujours satisfait. Je sens que mes lectrices féministes viennent de grincer des dents mais je ne parle pas en général, je parle du cas particulier où je veux faire l’amour avec cet homme toute la nuit et même le matin, faut bien lui donner des forces.

Entre deux phrases, les blancs s’insinuent peu à peu. Non que nous n’ayons plus rien à nous dire mais la tension érotique monte et à chaque blanc, nous établissons le contact visuel : je te veux, tu me veux. Il n’empêche que c’est bien joli tout ça mais j’ai des projets très précis pour la soirée et on n’avance pas alors je me lance. Je m’approche de lui et lui donne un baiser plutôt sage pour commencer. Il me le rend bien, chouette. Ca s’emballe un peu, de la position assise, on se retrouve allongés sur le canapé, un pull s’en va, rapidement suivi de son petit frère, les fringues volent. Une fois tous nus, vous imaginez bien ce qu’il se passe, je vous épargne la description et vous laisse jouer dans votre tête la partie sexuelle de cette histoire. Sachant tout de même que je suis résolument opposée au léchage de pieds et suçotages d’orteils, ça, s’il vous plaît, épargnez le moi.


Le lendemain matin, lorsque le réveil sonne, il est remercié par une lourde main qui lui éclate la figure mais pour une fois, je lui épargne le traditionnel « ta gueule » enroué. Fabien vient se coller contre moi et me prend dans ses bras pour un doux câlin matinal. Tout serait parfait si la mairie de Plumes sur Berges n’avait pas décidé que c’était le jour idéal pour refaire le trottoir juste devant chez moi. Je vous jure que l’odeur de goudron chaud et le bruit du rouleau compresseur, il y a vraiment plus romantique dans la
vie. Alors que je commence à chouiner parce que je n’ai pas envie de me lever, Fabien me propose un baiser pour m’aider à me lever. Evidemment, il eut l’effet contraire.

Une douche, un café et un pain au lait plus tard, nous voici dans la rue et à la bourre pour aller travailler. Pendant qu’on s’embrasse pour se dire au revoir, je lui demande quand on se revoit : « t’as qu’à venir ce soir à la maison ». Et c’est ainsi que je partis toute guillerette au boulot, pressée de raconter cette nuit à mes copines.

NB : Oui bon, ok, cette partie de l’histoire m’est vraiment arrivée. Rien que de repenser à l’odeur du goudron, j’ai mal à la tête.

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Fallin’ in love again

Un an. J’ai beau compter et recompter dans tous les sens, ça fait bien un an. Un an que quoi ? Un an que je n’ai pas aimé, ma bonne dame (ou mon bon monsieur). Vraiment, je veux dire, j’ai eu des petites histoires depuis, des très courtes, des un peu moins courtes mais bon faut dire ce qui est, si je regarde ma dernière année amoureuse, ça manque de passion.
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L’autre jour, je fais la remarque à future coloc et elle me répond : »arrête de te brider, fais le battre ce petit coeur » (ou à peu près). Mais je bride rien, moi. Mais résumons vite fait ma vie « amoureuse » de cette dernière année. Alors deux configurations :

– je sors avec un mec, il me lourde avant que j’ai le temps de tomber amoureuse. Parce que je tombe pas amoureuse en 2mn28, je le fais pas exprès. C’est juste que je suis normalement constituée, je suppose.

– je craque sur un mec genre « miam, il est trop beau, je le veux », je nous imagine déjà en train de s’entraîner à se reproduire (oui, moi, y a que la phase entraînement qui m’intéresse, pas envie de jouer le match). Donc je souris, je papillonne et là : « ouais et alors ma copine… ». Connaaaaaaaaaaaaaaaaaard! Non mais c’est vrai quoi, il aurait pas pu m’attendre, sans déconner ? Quoi, je suis totalement égocentrique ? Heu… Ouais ok.

Bon, là, je grossis le trait, je n’en veux pas vraiment aux mecs qui m’ont pas attendue pour se foutre à la colle avec leur grognasse qu’est moins bien que moi (mais allez, je décooooooooooonne!). Juste qu’à force de vivre toujours la même chose, je commence à être un peu lassée. Et non, je le fais pas exprès puisque je l’apprends APRES que je me sois dit « tiens, si je lui proposais de tester la capote Durex? ». Non parce que ce serait le plan « en fait, avant que je sache que t’avais une copine, je te trouvais moche mais maintenant, je te veuuuuuuuuuuuuuux! ». Non, non, je n’aime pas la complexité.

Alors attention, il ne faut pas prendre cet article pour que ce qu’il n’est pas. Je ne me plains pas, je ne fais que constater. Je ne suis pas du tout en pleine angoisse existentielle genre « haaaaaaan, je vais finir seule avec mon chat », non, non, non. Quand je dis : « j’ai 27 ans, je vis seule avec mon chat et ma mère me prend pour une lesbienne », c’est pour de rire, hein. En plus,dans un fol élan d’optimisme forcené, j’ai tendance à croire que je finirai par le trouver et le garder mon prince charmant. J’en suis même intimement persuadée. Après tout, j’ai déjà vécu 4 ans et demi avec un mec, je vois pas pourquoi ça ne se reproduirait pas. Parce que bon, objectivement, y a aucune raison que ça n’arrive pas (si ce n’est ma propension à tomber sur des enfoirés).
Alors pourquoi cet article constat si au fond, tout va bien. Ben, en fait, c’est que je m’ennuie. Moi, je passe la journée avec les ados qui me parlent de leurs amours, si intenses, absolues… et éphémères. Moi, je m’amuse à parler d’un mec qui me plaît mais bof, je suis pas amoureuse et vu que j’apprends vite que monsieur a une madame, je laisse tomber. Mais mon jouet, il est tout cassé ! En fait, on en parlait l’autre jour avec Tatiana, quand on a une cible, on se pomponne, on se fait belle, c’est agréable. Même s’il ne doit rien se passer, la perspective de suffit. Mais à quoi bon se faire jolie pour un gars qui a une copine donc, à priori, ne me regardera pas ? Ou quasi pas ? Alors oui, on peut se faire belle pour soi aussi, tout à fait mais ça va un temps ça. Nous, les filles, on a besoin d’une carotte et non, ce n’est pas un jeu de mot foireux. Moi, quand je nage, j’aime imaginer qu’un mec qui me fait super craquer va s’extasier devant mon corps (presque) musclé et orangé doré par mon auto bronzant. Non parce que Ducrette, elle se décarcasse à perdre des kilos mais y a qu’elle qui le voit. Ducrette, elle s’épile mais ça sert juste pour la piscine. Scrugnugnu quoi.

Et puis en plus, j’ai envie d’être transportée, de parler de cet amour naissant, de saouler tout le monde avec, de me prendre des « putain mais t’es chiante avec ton mec, on le sait qu’il est parfait!! ». J’ai envie d’arriver épuisée au boulot après une nuit de sexe intensive et pas parce que j’ai lu le Nouvel Obs jusqu’à pas d’heure. Je veux dire je t’aime et pas juste à mes amis (parce que je les aime fort mes amis mais chastement, c’est pas le même amour, quoi) ou à ma famille. Non, je veux le dire à un homme et je veux le dire sincèrement. Non parce que je peux le dire. Je pourrais balancer ça à mon semi Russe mais je suis pas sûre que ça la rassurerait le monsieur. Je pense même que ça le ferait fuir ! Puis de toute façon, je vois pas l’intérêt de le dire si je le pense pas.

Bref, j’aimerais être in love pour de vrai et très fort. Penser à lui toute la journée, compter les heures qui nous séparent, avoir une banane de 150 km de long dès que je pense à lui, dès que je reçois un texto de lui, avoir ma voix super neuneu quand je décroche au téléphone « ça va chériiiiiiiiiiii ? ». Oui, l’amour rend con, je l’ai déjà dit. Mais moi aussi je veux être con, bordel !

Ca va être mon nouveau défi, ça, tomber amoureuse. Bon, pour le moment, j’ai mon semi Russe mais c’est beaucoup trop tôt pour être in love. Ne précipitons pas les sentiments, que diable !

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Génération Tanguy

Mardi 20h50, j’abandonne tout et pose mes fesses devant la télé. Au menu, « Tanguy », du génial Etienne Chatilliez. Faut avouer que j’adore ce réalisateur, il est superbement cynique (sauf que lui, on ne le traite jamais d’aigri, alors que moi…). Pour ceux qui n’ont pas vu le film, très rapide résumé : Tanguy, 28 ans, vit toujours chez ses parents et ceux-ci essaient de s’en débarrasser. Forcément, avec Gauthier, ça nous inspire. Moi, je me pose une question : sommes-nous la génération Tanguy?
 
17 ans, un matin d’hiver, mon cul est lourdement posé sur ma chaise, mon corps avachi sur mon bureau, je griffonne sur la table parce qu’il n’y a
plus de place dans la marge (c’est très mal de dégrader le matériel que m’a prêté l’école, ne fais pas comme moi, lecteur), je soupire : j’ai pas envie d’avoir mon bac. Parce qu’avoir mon bac, c’est partir de chez moi, c’est vivre SEULE, c’est devenir un peu responsable. Non, moi, je veux rester chez papa-maman, avec quelqu’un qui me conduit en voiture quand j’en ai besoin, qui me
lave mon linge, me fait la bouffe (mais me range plus la chambre, faut pas déconner). Je commence à évoquer prudemment la question avec mes parents : je peux très bien faire l’aller-retour entre la fac et leur maison, ça leur fera des économies : « Non, après, tu seras fatiguée, le soir, et tu seras chiante ! ». Moi aussi, je vous aime.
 
18 ans, un soir d’automne, je passe la première soirée dans mon appart, seule… Je mange je sais plus quoi devant la télé, je passe la soirée à m’épiler devant Urgences. Je déteste vivre seule, surtout que j’ai pas de téléphone (ni fixe, ni portable, à l’époque), pas d’Internet, je suis coupée du monde, de ma maman…L’indépendance, y a pas à dire, ça pue. Puis j’ai découvert que vivre seule, c’est manger ce que je veux (ça, c’est pas forcément le bon point, d’un autre côté), c’est sortir si on veut, c’est passer la nuit au tel avec mon mec parisien à discuter et même plus (et sécher le cours le lendemain matin parce que je pouvais pas être à la fac à 8h30 après une folle nuit d’amour téléphonique), c’est écouter ma musique et chanter à tue-tête, c’est avoir un chat, c’est dormir avec son mec et faire plein de cochonneries dans toutes les pièces de mon appart (ok, dans un studio, c’est vite vu, mais bon…). Bref, vivre sans papa-maman, on apprend mais c’est quand même pas mal aussi.
 
Avec Gauthier, après le film, on s’est imaginés repartir vivre chez nos parents DEFINITIVEMENT. Lecteur, je pense que tu t’es rendu compte que j’aimais beaucoup mes parents, que j’aime rentrer et les voir, me faire dorloter par maman, écouter les jeux de mots de mon papa (récemment, il a appris le mot sudoku, ça l’amuse énormément genre : « tête au nord, sudoku », « aux toilettes, c’est normal que tu joues au sudoku »…), j’aime quand on se retrouve tous à table : papa, maman, Alice, Johann, Anthony, parfois la copine de Yohann (mais il en change souvent), moi, on s’échange nos vieux souvenirs, on rit, c’est merveilleux. Mais vivre chez eux, non. L’été 2004, j’ai vécu chez eux pendant trois mois, je travaillais dans ma ville natale. Un peu avant la fin des vacances, mes parents m’ont abandonnée une semaine et je revivais : enfin la solitude, enfin le calme, enfin pas de débats politiques à table, ouf ! Car mes parents, je les aime mais je peux plus vivre avec eux.
 
Mais si je ne vis plus chez eux, je dépends toujours d’eux et quelque part, ça me rend malade. J’ai 25 ans, presque 26, comment se fait-ce que je sois pas encore indépendante ? Mes parents ont les moyens de m’entretenir, encore, mais ça me gêne. Le mois dernier, en pleine crise, j’ai dit à Gauthier : « j’en ai marre de
coûter du fric à mes parents, je rentre à la maison !
– Mais Nina, t’es conne ou quoi ? Tu as la chance d’avoir tes parents qui peuvent t’aider, ne fous pas tout en l’air. S’il ne peuvent plus t’assumer, ils te le diront. »
Certes mais moi, j’ai envie que les sous que je dépense soient les miens. Cette année, déjà, j’ai eu 25 ans, je vis à Paris et je découvre les joies de l’administration : assedic, ANPE, mon père m’a annoncé que je n’étais plus sur sa mutuelle (merci de me le dire, heureusement que je vais jamais chez le docteur). Maintenant, mes parents sont loin et je dois gérer tout un tas de trucs et franchement, ça ne me plaît pas du tout. Plus jeune, je pensais à la vie « adulte » et je me demandais comment on pouvait gérer. Bon, pour l’argent, maintenant, je sais (enfin, euh…), j’ai appris, mais comment on fait sa déclaration d’impôts ? A qui on s’adresse ? On l’envoie où ? Je prends quoi comme mutuelle ? Je m’assure où et pour quoi ? Mais Seigneur, que c’est chiant ! Heureusement, mes parents peuvent m’aider parce qu’à l’école, on n’apprend pas ce genre de choses.
 
Sommes-nous la génération Tanguy ? Techniquement, on fait des études plus longues que nos parents. A 21 ans, ma mère avait une profession et un
salaire, elle était infirmière… Maintenant, combien de jeunes filles ont ce métier à cet âge-là ? Honnêtement, je n’en sais rien mais pas tant que ça, le temps qu’elle fasse leur prépa, qu’elles passent (et aient) leur concours puis l’école infirmière… Bon voilà. Si j’avais suivi le chemin que je m’étais fixée, j’aurais été diplômée à 23 ans, avec ou sans emploi à la clé. Bien sûr, dès le départ, j’ai choisi des études littéraires donc longues mais j’ai pu aller jusqu’au bout de mes rêves, grâce à mes parents. J’en connais qui m’auraient prié de faire un BTS compta et de pas faire chier mon monde avec mes bac+4 et bac+5 qui ne servent à rien. Mais aujourd’hui, la plupart des métiers réclament des études longues : si on peut quitter le nid assez tôt, on a du mal à se défaire de la dépendance financière.
 
Parce qu’au fond, être dépendant de ses parents, c’est quand même confortable. Dans Tanguy, certes très caricatural, mais quand même, le jeune homme
a un peu la vie dont on rêverait tous : on fait ce qu’on veut sans être responsable de rien. Je n’ai pas d’horaires, je ramène mes conquêtes at home, mais ce n’est pas moi qui gère la bouffe, qui fait la lessive ou le ménage etc. J’avoue que le week-end dernier, j’ai apprécié de ne pas avoir à me soucier du repas, de pouvoir dormir le matin parce que mon père a donné à manger
à Kenya en se levant, j’ai même pas à changer la caisse vu qu’elle fait ses besoins dehors. Bon, évidemment, je peux pas dormir jusqu’à 14h du matin, je dois respecter certaines horaires, mettre un peu la main à la pâte car mon père rentre du boulot et qu’il doit manger vite avant de repartir mais ce sont quand même les vacances.
 
Vraiment, quand je compare ma vie avec celles de mes parents, j’ai parfois la sensation que notre génération s’est infantilisée. Dans mon entourage,
Anne et Lucie sont entrées l’an dernier dans la vie active à presque 24 ans et c’étaient les premières du groupe. Guillaume 1er est toujours dépendant de ses parents à près de 30 ans… Dans ma promo, ils ont tous repris leurs études. On ne s’en sort pas ! Bien sûr, les études, c’est génial, c’est facile : partiels à telle date, on passe au niveau supérieur ou on redouble, on lit (ou pas) les livres de la bibliographie… Tout est pré mâché, même si on découvre les joies de l’administration. Par exemple, en licence, le mec qui m’a fait mon emploi du temps a fait n’importe quoi et je me suis retrouvé avec 3 cours en même temps ! Pas deux, trois ! Ben j’ai eu mon année du premier coup, na ! Mais globalement, les soucis de fac ne sont que des piqûres de moustique comparé à la « vraie vie », si j’ose dire. Arrive à un moment où il faut sauter le pas. Je l’ai fait et franchement, j’aimerais parfois retourner en arrière retrouver ma gentille vie d’étudiante. Mais j’avance, je ne retournerai pas à la fac (ou plus tard, quand mes parents ne seront plus contraints à me donner de l’argent).
 
Est-ce le mal de notre génération de quitter aussi tard le nid familial ? Je ne sais pas mais si la logique de l’enfant roi très en vogue actuellement se poursuit, je pense que mes gosses ne quitteront pas mon giron avant leur trente ans…
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Septembre : ramonez la cheminée !

Par Anne
Un de mes ex, Karl, vit en France depuis 3 ans, on s’est rencontrés un mois avant que je parte en Angleterre et à mon retour six mois après, il m’a quittée, je n’avais rien contre je l’avoue… c’est pourquoi on est restés proches et depuis on se voit de temps en temps chez l’un ou chez l’autre, au ciné, dans un pub ou en boite, en tout bien tout honneur. A semaine dernière il m’annonce qu’à la fin du mois il repart définitivement dans son pays, et qu’il faisait une soirée de départ bientôt. Depuis on s’est écrit des mails presque tous les jours (pendant le boulot) et sans raison particulière, alors que ma vie sentimentale était depuis 3 longs mois plus pathétique que la vie sentimentale d’une table,voilà que nos conversations partent complètement en live.
 
On s’est dragouillés pendant une bonne semaine virtuellement pour se mettre en appétit, avant de passer aux travaux pratiques, morceaux choisis: (traduits de l’allemand en français pour plus de compréhension, et en gardant les maladresses des mails écrits en français pour plus de charme, lol).
Karl: -« je me souviens d’un fois où tu avais mis tes bas, tu as toujours »?
Anne: -« Oui, pourquoi? »
Karl: -« Tu pourras les mettre encore? »
Anne: -« il fait trop chaud pour les mettre en été »
Karl: »je vais m’occuper du temps » « j’adore ton bas, c’est très sexy, surtout les noirs à trous » (en parlant de mes bas résilles)
Karl : Dis moi à ton tour quels vêtements tu veux que je porte
Anne : peu importe, tu ne les gardera pas longtemps.
[…]
Karl:- « Dis-moi un de tes souhaits »
Anne, 16h:-« Hum… une glace » (pas sexy du tout comme réponse)
Karl:- » Rien d’autre? je porterai un glace la semaine prochaine, tu en auras besoin pour te refroidir. »
Anne:-« Tu veux donc dire que je vais avoir chaud? »
Karl: -« Si tu me ouvres la porte de ta appartement, alors oui » (très poétique ces allemands, y a de la recherche métaphorique)
Anne: – » Alright, be ready, boy »
Karl: -« Oh I will, babe, I will. Tu es pour moi une « femme fatal »
[…]
On parle de ce qu’on aime, ce qu’on aime pas, etc.
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Le mot d’ordre : organisation. 
 
2- La veille du jour J, procédez par étape, l’action pouvant se dérouler dans toutes les pièces, vérifier l’état de celles-ci avant utilisation. Avantage du T1 bis : la surface est vite inspectée.
Chambre : ranger les culottes qui traînent ça et là.
Salon : décrocher le calendrier des dieux du stade offert par Gauthier pour mon précédent anniversaire.
Autres vérifications : les bas résilles (éviter d’avoir l’air bête le jour J avec les bas troués comme du gruyère.)
le stock de bougies et le stock de capotes.
 
3- Le jour J : en rentrant du boulot : becter un morceau, faire la vaisselle, remplacer les draps en flanelle, passer sous la douche et se soumettre au détecteur de poils : checking de la tête aux pieds, effectuer les corrections qui s’imposent.
 
Léger contretemps : Lucie m’appelle 2h avant l’heure H, son chauffe eau vient de décéder, elle demande si elle peut venir prendre une douche chez moi, je lui dit qu’elle peut venir mais c’est maintenant ou pas du tout.
Elle arrive, je lui explique le pourquoi du comment, la séance « brouettage » / ramonage prévue à 20h (film réservé aux plus de 18ans). On s’assoie 5 mn, en mangeant un morceau de gâteau au chocolat, elle me dit qu’elle déteste tous ceux qui ont une vie sexuelle…je lui dis qu’en trois mois d’abstinence j’avais l’impression d’être redevenue vierge et que j’espérais ne pas avoir mal, eh oui, pas très glamour comme discussion, mais c’est bien la réalité. Ça ne vous ai jamais arrivé mesdemoiselles ?
 
A l’heure H (+ 18 mn) : Il sonne à la porte, il me fait un bisous, on papote 5mn sur mon canapé, on boit un verre, on met de la musique, « Leonard Cohen », il commence par me masser les pieds (si certaines comme Nina n’aiment pas ça, moi j’adore), puis les mollets, puis il glisse sa main sous ma nuisette, doucement, il caresse mon ventre, un peu plus haut, un peu plus bas, je lui enlève sa chemise, j’effleure son dos avec mes ongles, il frissonne (c’est trop marrant) il m’embrasse dans le cou (je fonds littéralement), il me croque l’oreille, il passe sa main dans mes cheveux, je galère un peu pour lui enlever son jean mais j’y parviens quand même !! Il m’enlève ma nuisette (déjà à moitié enlevée), on reprends les préliminaires, j’adore ces moments, et là une nouveauté, il se met à souffler légèrement sur mon ventre en remontant sur les seins, je peux vous dire que ça m’a fait un drôle d’effet !!! La suite est censurée, c’est pas un site porno ici, et le mot est mal choisi car cette nuit n’avait rien de « porno », je trouve que ce mot a une connotation trash, que j’associe à « transformation de la femme en pute ». Cette nuit était passionnée, tendre et ludique, à l’écoute de l’autre, rien à voir avec de la « baise »  pure et dure.
 
Le secret pour passer une nuit de rêve avec son amant :
Soyez une princesse : se faire faire tous les massages et tout ce que vous voulez avant de rendre la pareille ! (warning : le ramoneur est tellement excité qu’en ce qui concerne la gâterie, en deux minutes, montre en bouche, le travail est achevé !) C’est ce qui s’appelle finir sur une note de poésie.
 
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