Courrier des cœurs : réponse à Sylvain

Cette semaine, Sylvain nous a posé la question suivante : « Mon ex vient de réapparaître dans ma vie alors que ça faisait 3 ans que nous avions rompu. Depuis, j’ai rencontré une autre fille avec qui je suis. Mais avec mon ex, on a vécu une histoire très forte et quand elle est partie, j’ai mal vécu la rupture. Là, le fait qu’elle revienne, même si elle me demande rien, me fait tout remettre en cause. Je ne sais plus laquelle j’aime. Je suis bien avec ma copine actuelle mais mon ex est tout le temps à ma tête. Que faire?? »


La cellule love and sex des vingtenaires des vingtenaires s’est réunie et voilà ce que nous en avons pensé :

Jane : Dans le mot ex, il y a… ex. Je suis absolument contre la remise de couvert post-rupture, au final, on se rend compte que ce qui nous énervait chez l’autre est toujours là, parce que c’est un peu ce qui fait sa personnalité, et à moins de pouvoir le ou la reformater… Ça ne changera pas! Et là, je m’interroge: elle ne demande rien, elle réapparait, tu es avec quelqu’un avec qui tout se passe bien, et tu ne sais plus qui tu aimes? Ya comme une rupture mal digérée là. Même si l’histoire était forte, à l’époque, il y a eu rupture, tu as refait ta vie, elle aussi… Pourquoi ne pas profiter de la tienne sans ressasser le passé? A moins que tu sois persuadé que tout peut être différent cette fois-ci, que vous avez changé et que ce que tu vis actuellement finalement c’est moins bien. Sans vouloir être pessimiste, c’est généralement se voiler la face ce genre de pensées. Voilà pourquoi les exs devraient avoir interdiction formelle de revenir dans nos vies (et pourquoi si c’est toi qui l’a retrouvé sur Facebook, tu as bien cherché les complications!)

Lucas : Je suis incapable de répondre à ce genre de question. La morale me ferait dire « Non Lucas, tu es avec une nana, tu avais enterré
l’autre, ce qui est fait est fait, point barre ». Mais d’un autre coté le poids de l’emotion peut être très fort… Comme je suis un peu pusillanime, je ne serais pas enclin à tenter le diable.
Casser avec l’actuelle pour repasser 15 jours avec l’ancienne et recasser de nouveau avec l’ancienne pour se retrouver seul, aussi seul, c’est pas top…
C’était Lucas, défonceur de portes ouvertes devant l’éternel.

Enzo : Je te comprend pleinement cher lecteur, m’étant retrouvé plus ou moins dans cette situation, ayant réessayé avec la plupart de mes exs, que ce soit poussé par le manque de confiance en soi, de la culpabilité ou par un sentiment semi-conscient de vengeance !
Au final, je dirais qu’il y a toutes les chances pour cela n’en vaille pas la peine (ne soyons pas dans l’absolu, après tout, tu as dit que c’est elle qui t’avait quitté, peut-être qu’elle a muri entre temps si c’était le problème). Mais d’un autre coté, tu auras toujours ce sentiment de « et si ? » vu que c’est elle qui t’a quitté et que tu n’as pas absorbé totalement la rupture. Il faut aussi ajouter qu’il y a eu un espace de trois ans sans contacts entre les deux, il est donc à parier que tu n’es plus amoureux que de souvenirs qui se sont embellis avec l’age…
Mon conseil serait d’essayer de te refroidir un peu, de prendre du recul.
Tu penses à ton ex qui est réapparu soudainement, avec qui tu as vécu un truc fort. Ca te fait quelque chose, c’est normal, tu es un être humain sensible.
Mais cela ne veut pas dire que tu es amoureux d’elle, qu’il y a encore quelque chose entre vous. Il faut donc juste faire attention à toi, ne surtout pas te précipiter.
Dans le cas infime où vous seriez vraiment des âmes soeurs, multiplie par 10 les délais ! Après tout, ça fait déjà trois ans alors des mois en plus ou en moins, ça ne changera rien si ce n’est te donner du temps pour réfléchir et analyser tes émotions.
(au fait, ça finit comment déjà « Quand Harry rencontre Sally ? »)

Tatiana : Je vais encore chercher the solution comme la dernière fois : et si tu trompais ton actuelle avec ton ex histoire d’être sûre que tu peux quitter ton actuelle pour ton ex ? Par contre fais le discrètement car si ton actuelle s’en rend compte c’est mort. Et pas de crise de culpabilité post aventure non plus, l’honnêteté c’est pas toujours cool.

Summer : Il ne faut pas jouer avec ses jouets cassés on peut se faire mal!

Nina : A ma droite, ta relation amoureuse actuelle. A ma gauche, ta relation amoureuse passée qui n’a pas duré. Et tu veux remettre en question la première à cause de la seconde ? Surtout que tu le dis toi-même, ton ex ne te demande rien donc il n’y a absolument pas de questions à te poser. Une relation qui n’a pas marché la première fois, y a peu de chances que ça fonctionne la deuxième. Là, tu idéalises ce passé mais si ça a cassé, c’est que ce n’était pas si idyllique que ça. Et sans vouloir être méchante, si c’est elle qui est partie et qu’aujourd’hui, elle ne te demande rien, c’est certainement qu’elle ne pense pas à se remettre avec toi. Donc profite de ce que tu as au lieu de pleurer ce que tu n’as plus.

Si toi aussi, t’as une question love and sex à poser, n’hésite plus ! Poste un comm ou envoie un mail (clique sur contact, en bas de la page) ! Promis, on t’aidera… Enfin, on essaiera

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For Wedding ? A funeral…

Par Lucas

Un peu de promotion pour commencer : Singulier Pluriel

Mes gds parents fêtent leurs 60 ans de mariage. 60 ans de mariage heureux. Tout le monde le dit. Parents, proches, amis, connaissances, etc… D’ou ma question : le mariage est il une loterie ?

Je constate aujourd’hui qu’un couple sur 3 divorce dans les 3 ans qui suivent le mariage. Alors est-ce l’institution qu’il faut condamner ?
Ou bien est-ce l’inconstance des « nouveaux » mariés ?
Le fait qu’aujourd’hui on soit plus prompt à se séparer à la moindre anicroche ?
Leur manque de courage face aux aléas de la vie commune ?
Le divorce est-il une fuite ?

Moi, j’aimerais bien avoir une stat : celle des divorcés qui se remettent ensemble apres l’acte de séparation…
Et je pose la question :
La mariage n’est-il pas une sorte de cosmétique ?
Je ne parle pas de la cérémonie mais du lien lui même.

Un couple peut être très très uni sans avoir ce lien moral, ce poids moral du mariage au dessus des épaules. Je serai vachement plus admiratif d’un couple qui passe 50 ans ensemble, sans être marié, plutot qu’un duo qui passe le même temps ensemble, uni par les liens du mariage.

Le mariage impose de se voiler la face, d’accepter une réalité où le bonheur n’est parfois qu’épisodique, épars, en se disant que demain sera un jour meilleur. C’est aussi une bonne raison de chercher des solutions aux problèmes que pose l’autre, de faire des concessions, d’arrondir les angles. Faut-il en déduire alors que les divorces ne viennent que parce que les couples d’aujourd’hui sont plus lâches et moins persévérants que ceux d’hier ?

Perso, de nos jours, je trouve bcp plus intelligent de se marier apres cinq six années de vie commune.

Une fois qu’on a fait le tour de l’autre, qu’on est prêt à s’accomoder de ses pires travers, voire qu’on a suffisamment emmerdé sa compagne pour qu’elle décide tout de même de s’unir, je crois que le mariage est beaucoup plus fort, beaucoup plus intense.

Je ne suis pas croyant mais d’un point de vue religieux ma logique me semble beaucoup plus en phase avec les préceptes de l’Eglise, quelle qu’elle soit. Elle me semble surtout plus en phase avec une honnêteté intellectuelle rigoureuse.

D’un autre coté, j’ai une théorie beaucoup moins séduisante pour les esprits embrigadés par la morale républicaine et/ou religieuse…

Cette théorie ce serait celle d’une vie faite de périodes. Une épouse pour chaque période  Car on change… On change du fait des sollicitations extérieures  du fait de notre évolution personnelle qui n’est pas nécessairement celle du couple. De fait , entre les deux « mariés », il peut se creuser un fossé, il peut arriver une incohérence totale au bout de quelques années, une perte de ces « valeurs communes » qui les ont incité à s’unir. D’où ma théorie  jolie sur le papier du couple épisodique. Un couple pour chaque période.

Je conclus à dessein sur cette note un peu déconcertante, un peu insolite au sens littéral du mot, pour vous inciter à faire des remarques. Mais avant de faire des comm aussi saugrenus et fantasques que mes pensées, refléchissez un peu à ce que je vous raconte, z’allez voir c’est pas si bête que ça.

Et encore un peu de promo pour finir. Oui, Lucas ça rime avec louuuuurd
http://singulierpluriel.over-blog.net/

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Est-il possible de rester ami avec son ex ?

L’autre soir, je regardais Sex and the city, grande soirée culturelle, donc. C’était l’épisode où Carrie était conviée aux fiançailles de Mister Big, son ex, avec une autre et donc tout l’épisode tournait autour de ça. Donc forcément, moi, ça m’inspire. Avant de poursuivre, je précise à mes exs qui lisent ce blog que cet article ne s’adresse pas particulièrement à eux. Cherchez pas de messages cachés, il n’y en a pas !
 
Alors peut-on être ami avec son ex ? Je dirais que ça dépend. C’était l’article de Nina, au revoir. Non, allez, je déconne, je vais expliciter un peu ma pensée. Mon
ex-collègue Flora disait l’autre jour : « Bien sûr qu’on peut rester ami avec son ex, si la rupture s’est bien passée… Et si on en est à l’origine ! ». Bon, je ne serai pas aussi péremptoire, il m’est arrivé de rester amie avec un ex qui avait pris l’initiative de la rupture. Mais sur le papier, c’est un fait : à partir du moment où y a pas eu coup de pute, tentons l’amitié. Non parce qu’un mec qui m’a trompé avec ma sœur, j’aurai pas envie de lui reparler. Je vous rassure, aucun de mes exs n’a couché avec ma sœur, y a pas intérêt d’ailleurs ! Mais l’amitié post amoureuse peut être compliquée. Reprenons le cas de Carrie qui tente une amitié avec Big. Evidemment, c’est illusoire : elle est toujours amoureuse de lui et cherche à le récupérer, ça n’a aucun rapport avec de l’amitié. Elle, au fond, elle ne rêve que de le reconquérir et, forcément, elle fait salement la gueule quand il lui apprend qu’il va se marier. Pour moi, l’amitié entre hommes et femmes ne se conçoit que sans ambiguïté, sinon, ce n’est pas de l’amitié. Un mec qui me plaît, c’est pas un ami, c’est une cible. Un ex avec qui je veux renouer, c’est pas un ami, c’est à nouveau une cible. Mais une cible + + car il a déjà été testé et approuvé.
 
Le problème, c’est quand l’ex ne sait pas que vous avez encore des sentiments pour lui. Parce qu’entre amis, il est normal de parler de sa vie amoureuse (quand on en a une) et donc l’ex n’aura aucun complexe à vous parler de sa petite voisine drôlement mignonne qu’il aimerait inviter à dîner. En face, soit vous suppliciez votre pauvre serviette sous la table alors qu’elle n’est y est pour rien, soit vous le dissuadez de façon à peine suspecte, soit vous lui faites carrément une scène. Alors dans le premier cas, si je ne peux que te féliciter pour ton self control, si tu es une amie de moi et que tu me racontes ça, tu vas te prendre un soufflon. Oui, parce que moi, mes copines masochistes, je leur secoue le prunier. Non mais si tu l’aimes encore, faut pas le fréquenter en tant qu’amie car il est manifeste que les sentiments qu’il a envers toi ne sont pas les mêmes et tu t’illusionnes en pensant qu’il va te revenir. Alors je comprends que tu veuilles rester en contact avec lui mais prend le temps d’oublier ton amour avant de le re-fréquenter. Parce que mine de rien, quand l’homme que vous aimez vous parle de sa cible, ça vous déchire les entrailles en mille morceaux. Si tu optes pour la deuxième solution, tu es vicieuse et hypocrite, tu ne veux en aucun cas le bonheur de ton ex soit-disant devenu ami. C’est mal. Quant à la troisième, pense à la tête de ton pauvre ex qui va pas comprendre pourquoi tu lui exploses à la figure.
 
Parce que je crois que la clé de la réussite d’une amitié post-rupture, c’est justement de ne pas se voiler la face et de prendre son temps. Il est extrêmement rare qu’une rupture ne laisse pas de traces, même si elle se passe le mieux du monde. Exemple : moi (oui, je trouve que je suis souvent un bon exemple). Quand j’ai rompu avec Guillaume 1er, tout s’est bien passé pour une rupture. Bon, on a pleuré tous les deux, ce fut assez difficile, comme une rupture, quoi, mais on ne s’est rien jeté à la figure, ni assiettes, ni insultes. Mais on s’est pas revus de suite, on avait besoin de digérer et c’est, je crois, ce qui nous a permis de rester amis. D’ailleurs, je l’ai vu il y a encore quinze jours et on était content de se voir, on se raconte nos vies, nos amours et tout ça. Bon, je lui raconte pas tout non plus parce que mes coucheries, il a pas besoin d’être au courant mais quand je suis amoureuse, il le sait et il s’en réjouit. Et si un mec me blesse, il veut lui casser la tête.
 
Je crois qu’il faut être honnête avec soi-même et savoir exactement ce que l’on ressent pour ledit ex. Si on l’aime encore, si on ne supporte pas de passer 24 heures sans le voir, l’entendre ou avoir des nouvelles de lui, c’est qu’il y a un souci. Quand on se lève en pensant à lui, qu’on se couche toujours en pensant à lui, là, c’est clair : la page n’est pas tournée, danger, danger ! Parce que si monsieur Ex veut rester ami, aussi, il comprendra tout à fait que vous ayez besoin de temps pour digérer la rupture et qu’une amitié post-rupture n’est pas facile à gérer. Ce n’est pas parce qu’on prend ses distances pendant quelques temps que l’on se perdra définitivement de vue. Quand deux personnes veulent rester en contact, elles le font, pas de panique. Il vaut mieux être sûre de ne plus l’aimer plutôt que de risquer une rechute. Perso, j’ai eu le tort de ne pas cicatriser lors de ma dernière rupture avant de tenter l’amitié et j’ai pleuré beaucoup car, forcément, on n’était pas sur la même longueur d’ondes et du coup, la rupture a été deux fois plus dure à digérer. Mais ça va maintenant. Pareil pour ma sœur lors de sa rupture avec Anthony. Ils n’étaient plus ensemble mais continuaient de se fréquenter (amis communs) et dès qu’elle entendait parler de la sale pouffe moche qui l’a remplacée, elle rechutait de plus belle.
 
Alors, il faut prendre son temps. Et si Ex comprend pas, c’est qu’il ne vaut pas la peine qu’on s’attarde sur lui.
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Cachez ce sang que je ne saurais voir

Actuellement, je suis en vacances chez mes parents et ça fait du bien mais c’est pas le sujet de l’article. Hier ? On regardait le JT de 13h sur France 2, suivi par l’hebdo du médiateur, l’émission où les téléspectateurs râlent. Hier, le thème était : on a vu un reportage sur le Turkménistan dans Envoyé Spécial et ça nous a dérangé car la journaliste a mis sa vie et celle de ses complices sur place en danger. Et alors ?
 
Hier, j’ai pu prendre conscience à quel point la réalité peut déranger à la télé. Surtout à la télé car l’image donne un vernis de vérité au propos. Parce que le même reportage à l’écrit serait passé relativement inaperçu parce qu’on ne voit pas. Lors qu’à la télé, on voit donc c’est vrai. Bon, j’écrirai sans doute un article sur la magie du montage mais c’est pas tant le sujet de l’article du jour. Donc hier, j’ai appris que la télé ne pouvait pas montrer que dans des pays dont on ne parle pas au JT, il y a la guerre. Ben merde alors !
 
La semaine dernière, j’ai lu le nouveau bouquin de David Abiker, Le mur des lamentations. A un moment, il regarde le JT de 20h et explique en gros
qu’il aime ce moment où le présentateur lui donne l’impression qu’il a échappé à tous les malheurs égrenés pendant l’émission. Or, là, sur notre Turkménistan, une dame explique : « moi, j’ai été révoltée par ce reportage parce que quand je suis partie me coucher, je me sentais coupable et que je pouvais pas les aider. ». Oh la vache ! Oui parce que le malheur, on veut bien le regarder si on peut se racheter une conscience après. Le Wolrd trade center ? Une minute de silence, peut-être quelques dons et voilà, notre conscience est apaisée. Le tsunami ? Quelques dons et on oublie. La misère en Afrique ? Quelques sous expédiés, un peu de riz et un cahier et voilà, on dort tranquille. Limite, ça me fait penser aux
indulgences vendues par l’église à la période moderne qui permettaient de racheter ses péchés. C’est pas mieux, franchement !
 
Sauf que le monde n’est pas un épisode des Bisounours où tout est bien qui finit bien. Je ne dis pas que c’est mal de donner de l’argent aux assos, d’apporter sa petite pierre à l’édifice car, effectivement, si personne ne fait rien, ça n’ira pas mieux. Mais est-ce parce qu’on a donné 30 euros qu’on doit se laver les mains du malheur du monde, regarder le JT en toute sérénité parce que les gamins qui crèvent de faim, ça fait mal au cœur mais « nous, on a donné ! ». Ce qu’on veut voir au JT, c’est soit ce qu’on peut arranger (ou du moins croire que…) ou que ce soit des affaires qui ne nous concernent pas. L’Irak, c’est moche mais c’est la faute aux Américains. Nous, on voulait pas y aller, on a bien fait. Le Liban, c’est pas beau mais on fait partie de la force internationale, on s’implique alors ça va, on est rassurés.
 
Mais nous montrer tout ce pan du monde où la France ne cherche absolument pas à intervenir alors qu’il y a à faire, non, non, on ne veut rien voir.
Ni la dictature, ni la barbarie. Pas de cadavres non plus. Comment le sang peut-il couler sans que la France réagisse ? C’est impensable enfin ! Alors cachons ce Turkménistan au nom imprononçable qu’on ne sait même pas placer sur une carte ! Parlons plutôt du Liban et de la misère en Afrique, ça nous rassure, on a déjà donné donc on peut regarder en tout sérénité.
 
En tant que journaliste, je me pose des questions quand j’entends ça et je suis franchement écoeurée. Il est évident qu’on ne peut pas parler de tout, surtout à la télé. En 30 mn, faut caser le national, l’international, le sport, l’insécurité, le sabotier de Charentes et l’interview de la starlette à la mode. Dans la presse écrite, on peut proposer des reportages sur le Turkménistan, le Kirghizstan ou l’Ingouchie mais à la télé, non. Le pire, c’est quand on ose montrer un cadavre avec du vrai sang qui coule. Non mais vous imaginez ! On est en train de manger notre entrecôte purée maison et on nous montre un mort. Un mort pour lequel la France n’a rien fait et pour lequel on n’a pas envoyé d’argent ; Bouh, non alors, c’est pas possible ! Comment ose-t-on nous étaler ça sous le nez ? Le monde est moche, on le sait, pas la peine de nous le rappeler tous les midis et tous les soirs. Et si, en plus, pendant les émissions d’information, on nous rallonge la liste des pays où ça va mal plutôt que de nous montrer la jet set en vacances, c’est plus possible !
 
Mais croyez-vous vraiment que c’est parce qu’on ferme les yeux que les problèmes n’existent plus ? Faisons l’autruche et vivons heureux dans un
monde rose bonbon au parfum de guimauve. Evidemment qu’on ne peut pas régler tous les problèmes. Evidemment qu’il ne suffit pas d’un claquement de doigts pour régler la misère dans le monde et installer des régimes non répressifs partout dans le monde. Evidemment qu’il ne suffit pas de regarder pour que les guerres cessent. Mais cessons de nous voiler la face : à quoi ça sert de gueuler parce que des journalistes parlent d’un pays dictatorial où les journalistes locaux meurent en prison suite à des coups et blessures ? Pour une fois qu’une émission de télévision nous propose un reportage qui sort un peu des sentiers battus et arrête de brosser le spectateur dans le sens du poil, on devrait plutôt applaudir !

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Le soir où j’ai compris

Par Gauthier

Je viens de balancer mon téléphone à travers la pièce. J’ai avalé une barrette de lexo. J’ai allumé une clope. J’ai changé mon pseudo msn. J’ai raconté ma soirée à Nina. Et j’ouvre une page word (tout en allumant une deuxième cigarette) pour vous parler…

 

Ça fait trois mois que je me voile la face. J’attends que connard d’ex me donne de ses nouvelles, qu’il me dise qu’il m’aime, qu’il veut revenir pour de bon avec moi, qu’il a repéré un super petit T3 rive gauche et qu’il m’attend pour signer les papiers… Mais j’ai beau insulter mon téléphone dans toutes les langues pour qu’il affiche « Connard d’ex appelle », rien ne vient…

 

Alors ce soir je décide de prendre ce maudit moyen de communication entre mes frêles mains, et j’appelle. Répondeur ! Ben voyons… Il filtre forcément, je l’insulte 30 sec, et je raccroche. Il rappelle dans la minute. Là c’est clair ce bâtard filtre ! Merde j’ai promis de pas appeler pendant 2 mois, je tiens 3 mois, et encore il trouve le moyen de pas prendre mon coup de fil…

 

Je lui demande de me dire ce qu’il doit me dire parce que j’estime que je mérite de l’entendre, je mérite qu’il prenne 2 min de sa vie pour me dire qu’il ne m’aime pas et qu’il ne veut pas se remettre avec moi. Comme c’est un garçon poli il le fait, dans des termes d’une froideur et d’un détachement que je ne pensais pas possible chez l’homme que j’aime.

 

Tout s’effondre. Absolument tout. On parle une heure. Je pleure à moitié, je ris un peu, comme d’hab on parle de tout mais surtout pas de ce qui fâche. Je finis par lui demander de ne pas me rappeler avant le nouvel an. Que j’ai besoin de plus entendre parler de lui. Lui, le seul homme qui m’a brisé le cœur trois fois.

 

Je m’en veux pour ma naïveté, je lui en veux pour sa façon de me traiter, je nous en veux de n’être capable que de nous faire du mal, alors qu’on ne veut que le bonheur de l’autre.

 

Il ne changera jamais, je ne changerai plus, je l’ai suffisamment fait. Je vais pas me faire greffer un vagin pour qu’il puisse me présenter à sa mère. Il ne va pas devenir gentil pour me faire plaisir…

 

L’amour et la haine se mélangent, et il en ressort un sentiment étrange, un sentiment que je n’avais pas éprouvé depuis très longtemps, un sentiment que je déteste par-dessus tout : l’envie d’en finir.

 

Je me suis juré de ne jamais mettre fin à mes jours, pourtant si je pouvais mourir ce soir j’en serais heureux. Dieu si tu m’entends, la rupture d’anévrisme c’est quand tu veux…

 

Alors voilà, c’est fini, 5 ans de ma vie qui prennent fin en un coup de fil de 52 min, sans larmes réelles, sans cris, sans joie, sans rien d’autre que d’avoir l’impression que le monde est trop difficile à supporter, que plus rien n’est beau ici bas, que la nuit est partout ou je regarde, que mon regard n’accroche que du vide, que je ne suis que du vide, que je ne suis rien. Je ne suis rien à tes yeux, je ne suis rien aux yeux du monde, je dois faire correspondre cet état de fait avec la réalité.

 

Je vais plonger dans la nuit, me perdre en elle, et ne plus jamais accrocher la lumière qui m’est, dorénavant, insupportable.

 

La fin est là, je la touche, je la frôle, je la sens, elle m’appelle, je vais lui répondre. Les sentiments humains ne sont rien quand ils sont happés par un trou noir, tout est mâché, aspiré, détruit, et tout devient vide. Je suis vide. Sans mon amour pour toi je suis vide.

 

Sors de ma vie, sors de ma tête, sors de mon cœur, va-t-en et ne reviens jamais. Laisse-moi ici, vide, déjà mort, laisse-moi crever dans ton souvenir, me vautrer dedans jusqu’à ce que l’écoeurement de mon insignifiance me permette de me libérer.

 

Oh non bien sûr tu n’as rien à te reprocher, je n’ai malheureusement rien à ne me reprocher non plus. Et le vide prend toute sa place.

 

Plus rien n’est beau, plus rien n’a de goût, plus rien ne me donne envie d’ouvrir les yeux, je vais donc les laisser fermer.

Je vais vider mon corps de tout ce qui l’attache sous la lumière pour laisser la nuit entrer dans mon vide.

 
C’est la fin.
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