Une question de posture

Je l’avais promis, voici un petit article sur la posture, mon ennemie jurée (entre autres choses avec l’incapacité à avoir un minimum de savoir-vivre, les complots et le gens qui te marchent dessus pour réussir alors que tu n’avais pas prévu de faire trébucher la personne sur les sentiers de la gloire)(toute ressemblance avec des personnes existantes pia pia pia…). Quand tu commences à un peu discuter de certains sujets engagés, tu vas vite découvrir quelques profils : les militants, les sympathisants, les opposants… et ceux qui se drapent dans leur posture. En gros : rien à foutre de la cause tant que ça leur donne une bonne image.

Posture du militant utilisant une bonne cause pour se donner une bonne image

Alors évidemment, on pense direct à Macron qui nous raconte de belles histoires sur l’accueil digne des migrants ou le fait que la cause féminine est une de ses priorités alors que dans les faitsabsolument pas. Je suppose que si on se penche sur les stars qui se lancent dans le caritatif, on trouvera toujours de jolies paroles mais par derrière, ça ne suit pas toujours (j’ai pas d’exemples précis, c’est pas du sous-texte passif-agressif). Je pense que dans votre entourage, vous avez une personne qui va clamer haut et fort qu’iel est antiraciste, féministe, pro LGBT, prêt à s’investir pour aider les pauvres, les migrants… Mais dès que tu commences à gratter le vernis, tu te rends compte que derrière les beaux discours, ça ne suit pas. Alors attention, ne me ressortez pas les vieux discours moisis des fachos en mode “ben si tu les aimes tant que ça les migrants, t’as qu’à les prendre chez toi” parce que s’engager dans une cause ne signifie pas se substituer aux manquements de l’Etat. S’engager, c’est certes aider à son niveau mais c’est aussi écouter les concerné.e.s et surtout les laisser parler. Et là se révèle cellui qui est en pleine posture : il refuse de donner un peu de lumière à ceux qui sont réellement concernés…

Un participant à un TED

Je vais vous donner un exemple qui m’avait un peu choquée en mars de cette année. Oui, en mars comme le 08 mars, journée des droits des femmes. Quelques jours avant, de nombreuses féministes demandent aux hommes de se taire ce jour-là pour nous laisser la parole POUR UNE FOIS. Et bien j’ai eu droit à la morale d’un mec prétendu féministe qui a commencé à m’expliquer que je n’avais pas à lui dicter sa conduite et finir en “larmes” en mode “vous m’oppressez”. Ok résumons : d’un côté un homme blanc cis hétéro, de l’autre une femme (blanche cis hétéro) mais c’est lui qui est oppressé. Ok, poubelle et on est là dans ce que je dénonce : tu es tellement préoccupé à jouer ton rôle de défenseur/défenseuse des opprimés que tu oublies tout simplement que tu es précisément en train de les écraser. Défendre une cause, c’est bien, dans l’absolu (beaucoup de nuances à apporter à ça mais pas le temps) MAIS le faire juste pour attirer la lumière à soi et s’acheter une bonne conscience, c’est non, ça n’aide personne. Surtout quand, crasse ultime, tu te sers du combat pour nettoyer un peu ton image ou propager ton discours de merde. Genre prétexter du féminisme pour te vautrer dans l’islamophobie primaire (ça marche avec la cause LGBT, tiens, aussi. Par contre, la cause des plus précaires semble pour certains peu compatibles avec le féminisme parce que faut prioriser, tu comprends…)(alors que les femmes sont bien plus souvent précaires donc c’est pas antinomique, hein…).

Femme précaire

Bref, quand vous décidez de vous lancer dans une cause quelle qu’elle soit, commencez à réfléchir au pourquoi : si vous le faites pour les opprimé.e.s (dont vous pouvez faire partie, évidemment)… ou pour vous la raconter un peu. Si tel est le cas… par pitié, lancez-vous dans la chanson ou le théâtre mais dégagez de nos luttes, vous nous nuirez forcément.

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Respire de Mélanie Laurent

Il était une fois une actrice que les taquins du web adoraient détester, à égalité avec les hipsters, les blogueuses mode et les roux. Cette jeune demoiselle, c’est Mélanie Laurent qui semble surtout avoir le tort d’être une belle femme qui réussit. J’en reparlerai à l’occase. Comme je n’avais pas fait attention au fait qu’elle était la réalisatrice (merci les mini écrans des avions Air France), j’ai pu donc visionner ce film en toute neutralité. Et j’ai particulièrement apprécié.

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L’histoire : Charlie, une jeune ado de 17 ans, vit sa vie de lycéenne entre délires entre copains et crise conjugale entre ses parents, sa mère étant la victime consentante d’un mari abusif. Un jour, Sarah arrive dans la classe de Charlie et les deux vont nouer des liens très forts, développant une relation fusionnelle qui devient pesante pour Charlie.

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Commençons par les acteurs. Déjà, un film avec Isabelle Carré, ça m’attire, j’adore cette actrice (je suis encore hantée par le film Anna M.), ça part bien. Etant une grande cinéphile (…), je découvre la sérieuse Joséphine Japy et la solaire Louise de Lâage. Cette fille est juste sublime, elle dégage un truc de fou. Les deux jeunes filles fonctionnent très bien ensemble et nous embarquent sans accroc dans l’intrigue.

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Venant en à la réalisation, deuxième film donc de Mélanie Laurent. Et bien, c’est du très bon boulot. Beaucoup de plans sont intéressants, bien travaillés sans être pompeux, la sensation d’asphyxie grandissante est bien amenée par quelques relais qui pourraient paraître grossiers (l’asthme de Charlie dont on apprend soudain l’existence) mais suffisamment bien insérés dans un tout qui ne fait que faire grandir la tension entre les deux jeunes filles. Quand Charlie devient agaçante par son manque de réaction face à des choses qui nous paraissent tout simplement intolérables (Sansa Stark style), ses camarades ne se privent pas pour essayer également de la secouer. Ce film nous embarque on ne sait où, nous bouscule mais nous laisse quand même pris dans le film, on ne peut s’empêcher de se demander comment ça va finir. L’intrigue est parfaitement construite en jouant sur le parallèle entre la relation de la mère de Charlie et son père abusif et celle de Charlie ou Sarah où les mêmes mécanismes se mettent en place. Seul bémol : le jeu sur une éventuelle ambiguïté dans la relation entre les deux jeunes filles alors que pas du tout, sur certaines scènes, ça m’a un peu perdue, je ne voyais pas bien le propos surtout que les 2 demoiselles sont clairement hétéros. Alors pourquoi taquiner cette corde là alors qu’elle ne sert à rien dans l’histoire ?

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Bref, un bon film avec un casting juste parfait, une deuxième oeuvre dont il faut saluer le sérieux et le respect du téléspectateur : Mélanie Laurent n’a pas cherché un film pour se la raconter mais pour nous raconter une histoire d’amitié abusive. Et quasi un mois après avoir vu ce film, je l’ai encore bien en tête.

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Donc si on pouvait arrêter de vomir gratos sur Mélanie Laurent et se concentrer un peu sur son travail, ça serait mieux pour tout le monde. Surtout que lors de l’avant-première, un ami blogueur de la Critiquerie m’a expliqué avoir été marqué par sa gentillesse et sa disponibilité, elle répondait plus que volontiers aux questions de la salle et ne s’est pas contenté des 20 minutes syndicales.

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Les réseaux sociaux ou le triomphe modeste

Récemment, une étude s’est penché sur le narcissisme des utilisateurs des réseaux sociaux. Notre petit écran devient la scène de nos ego trips les plus frénétiques. Regarde-moi, j’existe ! Et la magie des réseaux sociaux, c’est que votre audience va rapidement croissant, nourrissant ce sentiment d’importance. Même si vous vous contentez finalement de récupérer le boulot des autres.

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J’aime Pinterest. Très fort. Dès que j’ai le malheur d’y mettre les pieds, je suis aspirée par toutes ces images, j’épingle, encore et toujours. Parfois, j’épingle mes propres photos, celles diffusées sur le blog, mais ça doit représenter 1% de mes épingles. Et mon nombre de followers ne cesse d’augmenter. Sauf que bon… J’ai pas bien de quoi me vanter. Y a des gens qui trouvent que les photos que j’épingle sont jolies, youhou ! Mais quelle influenceuse je suis dis donc. C’est vrai qu’elles sont tellement originales, les photos que je pine, personne ne les a jamais vues. Y a qu’à aller dans la section « popular », j’en retrouve un bon paquet. Mais ça n’empêche pas certains de se vanter régulièrement de leur nombre d’abonnés.

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Autre réseau social dont les messages de fierté me font toujours lever les yeux au ciel : Tumblr. J’en avais créé un y a 3 ans que j’ai jamais vraiment animé mais je reste à suivre ceux des autres. Je souris souvent grâce à des gifs animés mis en contexte par une petite phrase du type « quand il me dit que finalement, il est pas dispo ce soir » (gif de nana qui lève les yeux au ciel, l’air blasé ou gif de meuf qui pleure en mangeant de la glace), « quand, le vendredi soir à 18h, on te fait une demande urgente » (gif de mec pétant son ordinateur ou gif de mec hurlant)… Bref, c’est mignon, c’est frais, ça détend 5 minutes. Bon, ça me fait détester certaines séries sans même les avoir vues (faudra quand même un jour m’expliquer pourquoi les Internet vénèrent à ce point Zoey Deschanel, je l’ai jamais vue ailleurs que dans H2D2 et le combo grosse frange dans les yeux et lunettes de geek ne me donne surtout pas envie de mater the new girl). Mais là, ça se la pète grave au pays du tumblr : il faut publier un gif joyeux dès qu’on dépasse un nombre significatif d’abonnés, publier quelques messages élogieux de gens expliquant qu’ils adoooooooooorent le blog, c’est trop cool. Bon déjà, quand je vois la gueule des articles de blogs « historiques » et le fait de publier un gif avec une malheureuse phrase, je soupire un peu fort… Mais bon, pourquoi pas, après tout. Mais le mieux, c’est quand, la main sur la coeur, ils s’indignent qu’on leur pique leur gif sans les citer. Leur gif ? Ah, c’est toi qui fait tous les gifs de The new girl(justement), The big bang theory, Friends, Dr Who, les téléréalités américaines à base de meufs tellement refaites qu’on a l’impression de mater X files ? Non ? Ben alors pourquoi tu pisses soudain sur un gif surexploité pour marquer ta propriété, je situe pas bien… Bref, l’univers du tumblr est un vrai panier de crabes où y a des règles à respecter dans la multiple utilisation d’un gif et que c’est normal que tu aies des tas de gens qui te suivent parce que tu fais pareil que tout le monde mais de façon plus géniale. Rendons cependant hommage à un compte qui crée vraiment ses gifs : réalité à la française(oui, concept pompé de la version américaine mais au moins, c’est pas juste de la réutilisation de gifs en se croyant follement original).

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Se la raconter facile, c’est l’apanage des nouveaux réseaux sociaux ? Mais trop pas ! Sur Twitter aussi, ça plagie et pas qu’un peu. Les mêmes blagues tournent à l’envi, sans qu’il s’agisse du retweet de l’original, chacun s’approprie la vanne de l’autre en mode « je suis tellement drôle ». Par exemple, j’ai vu une demi douzaine de personnes revendiquer la paternité d’une photo relative à l’appel de don de l’UMP : une carte postale du rainbow flag sur lequel était écrit « Fuck you » en mode « MA réponse à l’UMP ». Oui, MA, parce que je suis vraiment trop drôle quoi. J’ai aussi vu passer plusieurs fois la photo de Copé dans la piscine avec écrit dessus « travailler plus pour gagner plus » avec toujours cette même volonté de faire croire qu’on en est l’auteur. J’ai même vu ça sur Facebook ! Lors de la mort de Bernadette Lafont, Ladislife que je suis s’est amusé à retwitter toutes les vannes sur « Bernadette Lafont, la forme », mon fil d’actu a été envahi… Il est vrai que Twitter pousse à être drôle et percutant, des milliers de titres dignes de Libé qui défilent en permanence. Mais de là à revendiquer la paternité d’une vanne qui n’est pas de nous, là, ça me dépasse. Et encore, je parle de vanne mais l’accident de Brétigny a aussi été fascinant en la matière, des twittos postant des photos de l’accident sans y être. Je vous invite à lire l’article très intéressant de Deldebbio qui a démontré que les photos reprises par les médias n’avaient pas été prises par les twittos les diffusant. D’ailleurs, faudra que je vous parler du twitt-journalisme, ça commence à salement me gonfler, ça aussi.

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Bref, je suis fascinée. Je me sens parfois différente : je ne connais pas bien mon nombre de followers sur Twitter, Pinterest, Instagram ou Tumblr (il faut que je le reprenne, ce putain de Tumblr, je m’y amusais bien), amis sur Facebook, lecteurs de mon blog (je me suis rendue compte récemment que j’avais perdu mon google analytics en changeant de thème… 6 mois plus tôt). Mon klout n’est qu’une vague donnée, je m’en fous. Peut-être parce que je sais que cette gloire est futile et ne m’ouvrira pas de portes. Après tout, j’ai jamais eu autant de lecteurs que quand j’étais au chômage. J’en ai perdu plein mais dans ma vraie vie, je trouve que je réussis pas mal. Et c’est ça qui est le plus important. Surtout que j’ai pas de pub sur mon blog donc pas besoin de milliards de lecteurs !

PS: Par contre, j’essaie de devenir ninja en SEO

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Dis moi ce que tu twittes, je te dirai qui tu es

Depuis 2 ans et demi, je fréquente twitter de façon plus ou moins assidue. En fait, pas tant que ça, je n’ai qu’un petit compte, je poste 4 ou 5 messages par jour. Et pourtant le média est fascinant d’un point de vue sociologique et sans doute psychologique.

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Pour les non pratiquants, j’explique : Twitter est un système de micro blogging en 140 caractères. Juste 140 caractères, un sms en fait 160 pour comparer. C’est court, bref, percutant, un véritable exercice de style. Et c’est là que c’est fascinant : voir quelle image les gens donnent d’eux. Veulent-ils passer pour des cultivés ? Ils donneront brièvement leur avis sur un livre, un film, un disque du genre « le livre de Mona Ozouf est époustouflant, je vous le conseille à tous ! » ou un « Avatar, techniquement réussi mais scénaristiquement raté ». De la même façon, on peut mettre en avant des choses plus prosaïques : sa vie sexuelle (« J’ai baisé toute la nuit, j’ai la
chatte en feu »), son côté allumeuse-ingénue (« Oups, je suis en jupe et j’ai oublié ma culotte ! »), sa vie de teufeur (« en direct du Showcase, je suis bourré ! ») ou sa vie absolument passionnante (« je mange des sushis krokro bons »). Bref, dis moi ce que tu twittes, je te dirai qui tu veux être (car ça peut grave se la raconter, comme partout).

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J’exagère ? Voyons voir : 140 caractères, faut faire bref, percutant, concis, légèrement provocateur en espérant générer du RT ou retweet (une reprise de votre message par des membres de vos réseaux pour une diffusion plus étendue). Ca ne vous rappelle rien ? Moi, je suis obligée de voir une analogie avec un slogan publicitaire. Et que vend un slogan ? Un produit. Sur twitter, nous sommes des produits marketings définis par une série de slogan mettant en avant une ou plusieurs de nos qualités.

 
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Petite analyse des tweets des copines :

Badhairdays (Vicky) : Look « premier rencard/je descends les poubelles » selon Grazia, 3364,50€ http://bit.ly/6YEwPA. Sous entendu, je ne suis pas une fashion victim, j’ai un regard critique et moquons nous ensemble de ce look. Elle a raison, au passage, ce look est atroce, on dirait que la fille a un vieux sac sur la tête. Mais quelque part, je suis rassurée : en ce moment, je me fringue totalement n’importe comment et finalement, je suis pile à la mode.

So Long : oh no ! ma petite sieste d’une heure a finalement duré 3h…. suis à la bourre dans mon boulot maintenant #fail . Sous entendu
je suis épuisée par mes révisions, mes études, c’est pas aussi facile qu’on ne le croit mais malgré tout, je reste studieuse puisque malgré mon retard, je ne baisse pas les bras.

Shesapinklady (Pink Lady) : Bon, je pourrais lever mes fesses et faire quelques courses quand même… Sous entendu je suis une fille comme les autres, quand il pleut, je n’ai pas envie de sortir. Peut aussi s’interpréter par je n’ai rien à dire mais comme je m’ennuie, je traîne quand même ici.

Miss Blabla ( Tatiana) : va acheter ses billets pour le bresil #selapetegrave . Sous entendu, je suis tellement contente de partir au Brésil que j’en parle et je fais passer ça sur le compte de la prétention alors que j’en peux juste plus d’attendre le départ.

Virgo blog ( Lil Virgo) : L’avantage du China bus: quand on le rate on peut se faire manucurer pour patienter… Sous entendu en attendant mon bus et pendant que je me fais manucurer, je vous fais partager ma vie américaine parce que je sais que vous aimez ça.

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Bon, comme j’analyse celui de mes copines, forcément, ils sont gentils et mes commentaires aussi mais certains sont gratinés. Mes préférés ? Les faux subversifs, ceux qui diffusent du contenu hautement discutable juste pour faire office de poil à gratter. C’est au début rigolo, à la fin assez navrant. A une époque, il y avait une fille qui tweetait dès qu’elle se faisait draguer (pas toutes les 2 mn non plus), on finissait par se dire : si elle se sent obligée de signaler à tout le monde que oui, elle se fait draguer, c’est qu’elle doit n’avoir aucune confiance en elle sur le plan de la séduction.


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Hé oui, à force de trop insister sur un point, ça finit par faire douter. Si une lessive avait comme slogan « la lessive la plus meilleure du monde et de l’univers, élue 4 fois meilleur produit de l’année dans 15 pays et qui  la ve plus blanc que blanc, plus noir que noir et que ton linge sent encore meilleur que l’air pur des Alpes », on va dire que c’est lourd, très lourd. Et que tant de qualités dans une même lessive, ça finit par être suspect.

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Du coup, Twitter nous aide à mettre le doigt direct sur certaines névroses. Pratique, non ?

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Il est dur d’être midinette à 29 ans

De temps en temps, j’aime faire des confessions un peu honteuses sur ce blog, histoire de casser un peu cette image de fille parfaite, à la fois femme active, fille sociale… Mais toute cette perfection a des failles. Bon ok, je me la raconte un peu énormément mais ça ne fait pas de mal de temps en temps.

Mais voilà, ces derniers temps, j’ai un truc qui me chafouine. Voilà, je ne vais pas tourner autour du pot, je me lance : je trouve Robert Pattinson attirant. Voilà. J’ai  honte. J’ai presque 30 ans et comme toutes les minettes de la planète qui rêvent de se faire mordre la nuit par Edward Cullen (mordre et juste mordre, Twilight, c’est mormon, faut pas les pervertir ces petites fleurs pures), je trouve ce mec über sex. Mais ATTENTION, il est important de préciser un truc : je ne l’aime pas dans Twilight, le côté blanc cadavérique imberbe avec du rouge à lèvres, non. Par contre quand il a sa petite barbe de trois jours, sa chemise un peu froissée et son regard à faire fondre la banquise. OH MON DIEU JE FONDS ! J’ai tendance ces derniers temps à aimer le faux négligé, faut pas faire attention.


Cette attirance pour ce jeune homme, somme toute relative car je ne vais pas non plus courir les dédicaces pour le rencontrer ou autre, j’ai presque 30 ans, m’interpelle un peu. Mes goûts seraient-ils en train de changer ? Serait-je en pleine crise adolescente ? Après tout, quand toutes mes copines étaient amoureuses de nos amis des boys bands, pour ma part, je préférais d’autres hommes moins bodybuildés et moins exposés comme étant les mouilleurs officiels des strings juste pubères. Comment se fait-il que moi aussi, j’ai été pour la première fois atteinte par un charme du genre minot alors même que je n’ai pas vu Twilight ni même lu ? Bon, il est vrai que j’avais vu le Harry Potter où il avait joué et j’avais trouvé ce jeune homme bien mignonnet mais avant de le lire quelque part, j’avais même pas fait le lien. Je suis une vilaine midinette, je ne tiens pas bien mes fiches à jour. Déjà que je n’arrive absolument pas à comprendre s’il est ou a été en couple avec sa partenaire à l’écran, Kirsten Stewart… D’ailleurs, on notera à quel point je suis une mauvaise midinette : je ne la déteste pas du tout contrairement à la moitié des ados féminines (et sans doute un peu masculins) de la planète. Parce que mon cousin gay, par exemple, il adore Robert lui aussi mais il n’a que 21 ans.

Bref, vous allez me dire que j’ai le droit de trouver un acteur choupinou sans vous en pondre un article entier, c’est vrai. Mais moi, ça me perturbe parce que bon, je ne suis même pas tout à fait sûre qu’il ait un réel charisme (je me souviens à peine du Harry Potter où il a joué) ou un réel talent d’acteur ; Et ça m’énerve le pataquès qu’on fait autour de lui, que quelqu’un ait l’idée géniale de dire qu’on va le prendre pour jouer James Dean…

Mais voilà, une photo de lui version mal rasé, regard torride et tout et j’ai une folle envie d’aller lui apprendre un peu la vie. A presque 30 ans. Alors soit je déprime en me disant que je vire vieille midinette, soit je me réjouis de l’âme adolescente et cette éternelle jeunesse qui vit toujours en moi. Ah ouais, je vais choisir cette solution là, en fait, je la trouve carrément joyeuse.

Par contre, je vais pas trop entretenir cette jeunesse là, non, je n’irai pas voir Twilight au cinéma. Surtout que j’aime pas des masses celui qui joue le loup-garou, je trouve qu’il a de trop grosses narines et on sent le mec qui finira sous stéroïdes (s’il n’y est pas déjà).

 

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A fleur de peau

Par Lucas

Je sais bien : avec cet article je m’écarte encore une fois de la ligne éditoriale des Vingtenaires comme je l’avais fait une fois avec la Fondation Maeght ou plus récemment avec le rôle psychologique du coiffeur


Mais bon, d’un autre coté si  je la respectais à 100% cette ligne éditoriale, ça fait longtemps que j’aurais partagé avec vous mes errances amoureuses, mes séductions éparses et mes regrets eternels éphémères. Je préfère donc me la raconter graaaaave et ouvrir les yeux des lectrices et lecteurs sur un truc plaisant. Passons donc sur la licence que je m’octroie encore une fois et parlons d’un sujet merveilleux que je vais seulement survoler de trop haut : el Tango…

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  Le Tango est une danse (sans blague).

Une danse qui se fait à deux (on aurait tendance à l’oublier avec la house, le hip-hop et la tektonik ta mère).
Une danse, disais-je.  Magnifique,  élégante et sensuelle, empreinte d’une atmosphère surannée conférée par le son du bandonéon. Tous ces petits pas faits de retenue et de souplesse, cette proximité des deux esthètes, des deux complices…
Ca y est je suis ému.

Complice. Je trouve que c’est ce qui manque en boite. Comment voulez-vous réussir à développer une complicité, quand on ne touche pas l’autre ? Les plus prudes ou les plus intelligentes des lectrices me diront que, justement, c’est là toute la subtilité : réussir à créer, au travers d’une sensualité dans le regard, la gestuelle et le facies, une connivence. Réussir à se faire comprendre d’une simple œillade ou d’un simple pas. Bon. D’accord. Certainement. Peut-être. Pourquoi pas. Mais justement : devinez quelle est la danse où la règle veut que les yeux ne se croisent
jamais ?? Bingo : c’est le Tango.

Avec le Tango, les pas ne sont pas effrénés, ils ne sont pas tenus à un rythme oppressant qui tue toute créativité. Prenons un rock’n’roll, un truc basique à 4 temps  (différent du rock acrobatique à 6 temps). J’en ai fait un trimestre entier au collège en 3ème car sur les 3 heures hebdomadaires, mon prof d’EPS prenait la dernière heure  de la semaine pour nous faire danser (c’était graaaaave bien). Bref, un rock’n’roll,  c’est avant tout l’enchainement de passes, plus ou moins aériennes, sans même chercher à mettre en accord les variations de la musique avec
les pas choisis… Mais surtout,  sans créer de réelle complicité entre les deux acolytes : la femme n’est qu’un objet entre les mains du meneur.

Vous me direz certainement qu’il est des pas de rock (à 6 temps) ou même d’autres danses qui sont réalisés… de concert et que c’est là le propre de la danse : cette connivence, cette recherche du geste gracile commun,  effectué à deux. Certes…  Mais là on rentre dans la danse de salon à 6 temps et non le rock’n’roll pur et simple. En rock’n’roll, la jeune femme se laisse aller entre les bras du prince en adoptant un pas rythmé : elle est le plus souvent suiveuse et objet. Véritable instrument, elle se laisse mener sans mots dire.Or, dans le tango, il y a une complicité
dans chaque pas, souhaitée et recherchée. Le Tango est une philosophie (ça par contre, ça vous épate, hein ?)

Ce qui caractérise cette danse c’est l’abrazzo ou l’étreinte. Une fois qu’il est accompli, les deux complices vont lancer leur propre langage, leur propre univers et se livrer l’un à
l’autre… Tout en retenue.
La demoiselle est enlacée mais pas trop, on est à la limite mais on ne va pas plus loin. Regardez un couple danser, il y a un partage de sensations et de sentiments épars, sans que les yeux ne se rencontrent. Subtilité : tout n’est que suggestion qui semble émaner des deux corps enlacés.

La musique assure un lien entre les deux partenaires voire même plus : une connivence.
Dans un tango, on ne se parle pas et on ne se regarde pas dans les yeux : on se cherche mutuellement  dans les pas de l’autre. Le toucher, la proximité des corps, l’unité recherchée permettent une complicité des plus intenses qui va au-delà des mots.  Comme dans la vraie vie, l’exigence qu’on a envers l’autre est une forme de respect. Cela est associé au port de tête altier et la prestance générale. Le Tango c’est un peu un langage silencieux où la gestuelle est un dialogue fait de questions et de réponses… Tout ça avec le métronome, implacable : la musique qui impose de faire des choix et de prendre des initiatives. Tantôt l’un des deux fuit l’autre,  tantôt les deux corps ne font qu’un : on passe, de manière impromptue, d’une pudeur indicible  à une pose sensuelle, d’une retenue distante à un pas incandescent. Tout n’est que caresses : dans le pas des jambes sur le sol ou le toucher feutré entre les deux complices…

Etonnant cette dichotomie entre la sensualité indéniable et la distance de façade maintenue entre les deux. Les poses les plus « chaudes » sont tout de même matinées d’un je ne sais quoi, une
retenue, un souffle, une prestance…

Mais la danse est déjà terminée. La fin de la chanson, c’est la fin d’une histoire, d’un univers à part, la fin d’une pause chaleureuse et le retour à un monde froid et hostile : il y a comme un flottement comme si les deux complices hésitaient à revenir dans la vraie vie.

Il y a indéniablement une philosophie du tango… Et je dirais même plus. Relisez donc cet article en remplaçant le mot tango par « vie en couple »…

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