Sois morpho-logique

Par Pink Lady

Les magazines féminins aiment jouer sur nos complexes, c’est là leur principal moteur. Sois belle et bonne, tel est leur credo. Du coup, dans la longue liste des conseils à suivre si tu veux pas passer pour une dinde ou ressembler à un boudin peu appétissant, nous avons les conseils morpho. Dis moi à quoi tu ressembles, je te dirai quoi porter.

La femme se regroupe en 4 groupes types :
– la femme grande et mince
– la femme grande et ronde
– la femme petite et mince
– la femme petite et ronde
Alors nous avons certes un gros problème de définition puisque tu peux te demander à partir de quelle taille on passe de petite à grande, la femme “moyenne” n’existant pas, idem pour la minceur ou la rondeur. Non parce que par exemple, sur cette photo, Britney est définie comme, je cite : “rondelette”.*


Donc voilà, tu dois porter si et éviter ça et puis c’est tout. Bon alors moi, en tant que femme mamellement bien équipée, je dois mettre des décolletés à mort et vu que je suis ronde comme une Britney, je dois pas trop mouler mon corps, quoi. Donc je n’ai qu’un salut : la robe taille empire décolleté. Eté comme hiver, je dois braver la vie poitrine au vent, tant pis pour les pneumonies et autres bronchites ! Et je suis mignonne, j’oublie le short boule exclusivement réservé aux jambes plus menues que mon bras.


Ouais ok sauf que moi j’aime les short boules et je t’emmerde, petite rédactrice mode. Le prends pas perso hein mais tes conseils vus et revus, je les mets aux toilettes et je tire la chasse. Parce que je ne laisserai personne me dicter ma façon de m’habiller. Je vais en boutique, j’essaie et je vois toute seule si ça me plaît ou pas. Oui parce que dans toutes vos conneries de relooking, à aucun moment vous ne parlez du fait que porter des fringues que l’on aime, c’est mieux. Et moi, j’aime les shorts boules, pas les shorts qui arrive aux genoux et larges que je portais pour aller au catéchèse durant mon enfance, tu vois. Et de la même façon, si le col roulé est proscrit pour les filles comme moi qui n’ont pas hérité du long cou des danseuses**, pardon mais en hiver, j’ai froid et ma petite gorge vicieuse est bien trop avide de tous les virus qui traînent pour que je me permette de me balader sans col roulé et en décolleté.

Les articles relookings envoient finalement toujours le même message : “tu pensais avoir trouvé ton style ? Huhuhu, pauvre de toi, tu n’as aucun goût, tu ressembles à un sac à patates ambulant. Viens, moi qui sais, je vais te rhabiller”. Bon, ok, dans les émissions genre “belle toute nue” ou “relooking pour une nouvelle vie”, ils prennent des filles en jogging, t-shirt crade genre ils sont allés les chercher chez elle un dimanche matin. Mais bordeyl, ça suffit cette prime du bon goût distribuée uniquement aux “professionnels” de la mode. Non parce que les relookeurs, c’est un peu comme les coachs de vie, c’est un peu de l’autoproclamation. Quoi que ça me paraît pas mal coach de vie, genre je serais un peu l’éminence grise de mes clients, je les manipulerais discret pour qu’ils vivent la vie que j’ai décidé pour eux. Ah ouais ! Pardon, je m’emballe un peu. Perso, quand je vois la mode des magazines, je sais pas pourquoi, j’ai pas forcément envie d’écouter les conseils de ceux qui savent.

De toute façon, si je les écoute, je suis difforme, j’ai le cheveux épouvantable, la peau ravagée, des goûts musicaux incertains, une sexualité en dessous de tout. Alors bon, ils peuvent aussi me dire que je n’ai aucun sens du style et de l’esthétique, je suis plus à ça près. Parce que c’est la magie des magazines : en un, on te crée des complexes, en deux on te dit que c’est pas grave, nul n’est parfaite mais on te file des astuces pour faire semblant de l’être. La lectrice de magazines féminins est donc masochiste.

En attendant, je vais mettre mon short boule.

* Oui, je sais, j’aimerais bien voir la gueule des journalistes qui ont pondu ça, elles ne jurent que par le slim taille 32 ?
** Bouhouhou, j’aurais tant aimé



	
	
	
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J’’aime pas le dimanche

Au septième jour, comme il s’était bien décarcassé, Dieu décida d’arrêter là sa création et décida d’aller se reposer. Bon ok, créer le monde en 6 jours, c’est balèze, il avait bien le droit à une petite sieste. Mais voilà, le dimanche, du coup, c’est le jour du rien, le non-jour de la semaine. Et je l’aime pas.

Petite, les heures du dimanches qui s’égrenaient à une vitesse folle me faisaient penser à un ultimatum : bientôt la fin du week-end ! Il est 16h, tu dînes à 20, il te reste 4 heures pour faire tes devoirs… Bon, d’abord, je goûte. Puis après cette sacro-sainte pause (comme si j’avais interrompu mes devoirs pour ça, tiens, je les avais même pas commencés !) à base de
chocapic tout en feuilletant un magazine, je retourne dans ma chambre où je fais semblant de bosser, sauf quand j’ai un devoir à rendre. Dimanche 20 heures, devoirs rarement faits mais c’est pas grave. Moi, j’étais la rebelle du primaire, du collège et du lycée : jamais je ne faisais mes devoirs mais j’avais toujours de bonnes notes. Dégueulasse hein ? Reste que le dimanche, je n’aime pas ça, devoirs ou pas devoirs. Et encore, les devoirs, ça occupe…
Oui car que faire un dimanche ? Du shopping ? Ben non, les magasins sont fermés. Aller chez le coiffeur, l’esthéticienne, le docteur, l’agence immobilière, la banque ou je sais pas quoi ? Non, ils sont tous fermés. Oui, ils travaillent en même temps que nous, logique, me direz-vous. Tout ça, faut le faire le samedi. Bon, s’il fait beau et que nous sommes à une période de l’année où il fait bon, on peut aller se promener, prendre la voiture pour partir au fin fond du département ou chausser les baskets pour déambuler dans la forêt voisine. Mais, curieusement, le dimanche, il pleut souvent. Alors on glande, on ne regarde pas la télé car il n’y a rien. Vidéo-Gag, ça fait 15 ans que ça passe et se farcir les présentateurs entre les gags, c’est d’un pénible… D’ailleurs, ils ont bien fait de remplacer Bernard Montiel par M. Météo, j’ai pas vu la différence, ils récitent tous les deux de façon pénible et ennuyeuse leur texte. Là, y a une blonde en plus qui doit feindre l’enthousiasme mais c’est pas trop ça. Le public, maintenant, ce sont des enfants mais je me demande s’ils ont pas recyclé les images du public du Club Dorothée. Sinon, y a le maillon faible, rapidement lourd, 7 à 8, émission ni racoleuse, ni voyeuriste, Drucker qui roupille sur un canapé tandis que ses chroniqueurs font de l’auto-promo à fond. Par exemple, Philippe Geluck, personne qui m’énerve, il faut l’avouer : « oui alors M. l’invité, je vous ai fait un dessin du chat, vous savez, ma BD dont le volume 8 vient de sortir ! ». Bon, Geluck sort sa blague, souvent nulle et Drucker, à la fin, il fait le récapitulatif : « notre invité, Bidule, qui sort un film au cinéma le 7 janvier, Philippe Geluck dont le volume 8 du chat vient de sortir, vous pouvez retrouver Anne Roumanoff tous les soirs à une salle de spectacle et Jean-Pierre Coffe dans sa cuisine. » Soyons franc, cette émission résume parfaitement les ambiances de dimanche : c’est mou, c’est chiant, c’est morose. Et en plus, j’ai l’impression que le montage accentue encore cette impression.
Le dimanche, c’est se coller le nez à la fenêtre et regarder la pluie qui tombe. C’est soupirer quand on allume la lampe à 18 h car la nuit tombe : week-end déjà fini, on repart sur une nouvelle semaine. Ce n’est pas tant la perspective de cette nouvelle semaine qui commence qui me mine que celle de la semaine qui se termine. Cette semaine, j’aurais voulu finir mon roman, raté. Cette semaine, j’aurais voulu finir mes devoirs, raté. Cette semaine, j’aurais voulu appeler la mairie pour savoir comment je peux avoir le RMI, raté. Cette semaine, j’aurais voulu qu’il m’appelle pour me dire de le rejoindre chez lui, raté. Bref, les dimanches, c’est l’heure du mini bilan de la semaine : tout ce qui devait être fait et ne l’a pas été, ça fout la trouille. Et puis, y a le terrible constat : que s’est-il passé cette semaine ? Rien. Pas d’appel pour du boulot, pas de charmant jeune homme pour me consoler, Brad et Angelina sont toujours ensemble et Kenya ne sait toujours pas faire la vaisselle (ça m’arrangerait).Des fois, le dimanche soir, à l’heure du bilan, j’ai comme une boule à la gorge… Et à la télé, y a que des trucs pour me démoraliser encore plus, des émissions sur des meurtres, des crashs d’avions, des scandales, des ci, des là… Tous pas beaux, tous malhonnête, l’homme est un fruit pourri. Si, des fois, y a
Urgences. Cette série est un peu particulière pour moi puisque quand j’étais au lycée, on la regardait tous à la maison, papa, maman, Alice et moi. Plus tard s’est agrégé Guillaume 1er qui adorait. Je l’ai ensuite regardée avec Arnaud et Guillaume II. Et seule. Je me souviens de mon premier urgence seule, j’étais triste : le lendemain, je commençais la fac et je pensais au reste de ma famille qui regardait ça collégialement. Et moi, toute seule dans mon coin. En plus, Urgences, maintenant, c’est chiant. J’ai même plus le beau George Clooney pour faire passer mon cafard, j’ai plus qu’à aller me coucher.
Des fois, le dimanche, c’est repas de famille : ça égaie, mais c’est pire au niveau « sentiment qu’on n’a pas vu passer le week-end ». On apérote (hop, une coupette de champagne), on déjeune mais pas qu’un peu : entrée, deuxième entrée, des fois, plat, fromage, dessert, re-champagne, café. Comme aujourd’hui, un peu. Ma mamie et ma tatie sont venues, nous avons mangé joyeusement et pendant le café, alors que ma sœur et mon père avaient fui, ma grand-mère, pompette, raconte à quel point ma mère était une vilaine peste petite et ses sœurs, guère mieux. Moi, je
suis pleine à craquer et le champagne fait des bulles dans mes yeux. Ca pique, la meilleure façon de les soulager, c’est de les fermer. Oui, d’ordinaire, moi, le dimanche, à midi, je dors, je ne mange pas. Donc le repas s’éternise, ma tête s’appesantit et le temps qu’on finisse, qu’on débarrasse et tout ça, c’est 17 heures. Qu’as-tu fait de ton dimanche ? Bah, j’ai mangé.
J’aime pas le dimanche. En plus, dans ma famille, ils décèdent toujours un dimanche. Mon grand-père (je n’étais pas née), mon autre grand-père, mon oncle, ma tante… Ils ont tous trépassé un dimanche, c’est comme ça. Quand le téléphone sonne un dimanche et que mon père n’est pas de garde (ce qui arrive relativement rarement, il faut l’avouer), ma mère a un peu peur. Je me souviens la dernière fois que quelqu’un est mort dans ma famille : un dimanche ensoleillé, tout va bien, on déjeune tranquillement à trois (ma sœur étant à Londres) quand le coup de fil retentit. On abandonne tout sur place et, depuis, on n’a jamais plus mangé de poisson aux petits légumes.
Le dimanche, c’est aussi le jour où je me sens sale. Comme je sors pas, je fais le minimum d’effort : en jogging, un coup de brosse histoire d’éviter les nœuds et pas de maquillage (pourquoi faire ? Séduire George Clooney à travers la télé ?). Je traîne, je glande et le soir, je me sens cra-cra. Alors que je n’ai rien fait de physique ou salissant (parce que quand je le
fais, je me lave, du coup). C’est juste parce que je suis en négligée et que je ne suis pas si habituée que ça à ne pas être parée. Et qu’en plus, j’aime même pas ça, être en jogging parce que ça fait sac à patates et je me sens moche.
Un nouveau dimanche se termine. Cette semaine, j’ai eu une hypothétique proposition de stage (à suivre), j’ai appelé un beau garçon et papoté une heure avec lui, j’ai eu une idée fantastique, j’ai eu des cadeaux d’anniversaire tout plein. Mais les gens m’ont pris une taille (voire deux pour certains vêtements) en trop sur les fringues (pas vexant du tout), j’ai bouffé comme dix en culpabilisant parce que si on me prend des tailles en trop sur les fringues, c’est que je dois ressembler à une baleine. Brad est toujours avec Angelina (oui, ma mère lit Voici donc j’ai pu le
constater), Kenya roupille au lieu de faire la vaisselle et j’ai fait un rêve cette nuit qui m’a rendue tristoune et perplexe pour la journée.
Foutu dimanche !
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