La liste de la fille qu’a pas fini ses anecdotes

Au départ, je croyais que j’avais rien à raconter… Mais si, ça continue !

– Discussion politique à l’heure de l’apéro. Ma soeur soupire devant Hollande qu’elle n’aime pas mais se demande si Sarkozy va repasser. Et là, mon père nous assène une sentence définitive : “je sais pas. Tu sais, les gens sont tellement cons qu’ils vont voter Hollande, tu vas voir !”. Heu… On va dire que je vais pas le prendre pour moi.

– Mon voyage à Venise a réveillé ma passion de la photo, je photographie tout, tout comme une folle. Déjà, à Noël, j’ai eu un nouvel appareil photo. Basique car sa principale caractéristique est d’avoir un boîtier qui lui permet d’aller profond sous l’eau, ça me servira pour la Thaïlande (j’ai tellement hâte). Du coup, quand on est allées voir bébé Emma avec ma mère et ma soeur, je l’ai mitraillée en règle avec mon petit appareil puis avec le canon 600D de ma soeur (il me faut impérativement un freelance pour me l’offrir). Depuis, je veux tout prendre en photo. Sur ma liste : le Trocadéro, la Défense, les quais de Seine… et les cimetières. Oui, ça peut paraître bizarre mais les cimetières et surtout les tombes me fascinent, elle sont très parlantes de ce qu’étaient les gens avant leur mort.

– Lors de l’enterrement de ma grand-mère, nous avons retrouvé les cousins Bartoldi. Pour vous raconter brièvement l’histoire de ma grand-mère, elle a grandi en Dordogne et est partie faire ses études à Toulouse, où elle a rencontré mon catalan de grand père. Ils sont partis s’installer à Perpignan, à côté de la famille Bartoldi donc. Dans un village avoisinant, y a même une rue et une salle polyvalente qui porte le nom de mon arrière grand-père ! La concession familiale est au cimetière de Perpignan donc après la cérémonie religieuse à Toulouse, nous voilà partis là-bas où nous retrouvons donc quelques cousins Bartoldi. Dont Louis. Il me plaît Louis car il est physiquement très Bartoldi, il ressemble à mon papy. D’ailleurs, on pourrait croire que je suis sa fille car je suis encore plus Bartoldi que mon père. Tout le monde discute un peu et là, j’ai eu une révélation : je sais ce qu’on va faire faire à mon papa quand il sera à la retraite (dans 3 ans, j’angoisse d’avance) : des maquettes et même précisément des maquettes de train. Louis en fait beaucoup, il fait même des expos et tout et mon père a toujours été frustré de ne pas avoir de garçon pour jouer avec lui aux trains (moi, je jouais aux petites voitures quand même). Surtout que mon père, quand il veut, il fait des choses très bien, il a fait des crèches magnifiques et un berceau pour ma cousine. Je suis sûre que j’ai trouvé la solution ! Non parce que mon père, le week-end, faut le voir traîner la tête entre les épaules, alternant les mots croisés, le matage de l’équipe TV ou d’une compétition sportive et quelques roupillons…

– Je suis la voisine de train rêvée. Retour de mon sud chéri, donc. J’avais eu une illumination à l’aller : si Kenya est insupportable en transport, c’est peut-être parce qu’elle est malade, tout simplement, elle vomit toujours à un moment précis du trajet, à 1h de Paris, à cause d’un tunnel. Donc au retour, je lui fais avaler un anti vomitif. Déjà, ça commence bien, elle se met à baver une sorte de mousse… Commentaire de mon père : “c’est marrant, on dirait qu’elle fait une crise d’épilepsie!”. On se marre chez les Bartoldi. Résultat : au lieu de vomir à un endroit précis du trajet, elle a pleuré et vomi plusieurs fois. Pendant ce temps, je me suis offert une sublime hémorragie nasale. Je sens que les passagers du train m’ont a-do-rée.

– Je suis un putain de génie, y a pas à dire. Dernier exemple en date : mes verrines du réveillon. Oui, j’étais invitée chez Amy qu habite un peu loin de chez moi. Je cuisine donc avec soin. Au menu : une verrine poivron crème de fromage, une verrine crème de crevette et une verrine tiramisu aux framboises (une par personne, j’entends). Donc 7×3 -1 = 20 verrines à emporter. Oui Amy est végétarienne donc je lui ai pas préparé de verrine à la crème de crevette. Et là, c’est le drame : va trimballer 20 verrines à travers tout Paris, toi… Bon, in fine, elles ont toutes survécu malgré quelques petits accidents. Par contre, le carton dans lequel elles étaient rangées a trépassé.

– Samedi 31 décembre, 19h, c’est la panique. Mon programme était d’arriver chez Amy, poser mes verrines, filer au Monoprix voisin prendre mes boissons pour la soirée, aller chercher Anaïs au métro(ma copine de plongée que j’intègre dans mon groupe d’amis “historiques”) et la ramener chez nos hôtes. Sauf que 1) y a pas trop de train car ils font des travaux et de 2) le monoprix ferme plus tôt. 19h45, je jette mes verrines chez Amy (au point où elles en étaient…), 19h50, je pénètre dans le Monoprix, le vigile m’informe qu’il est fermé. Tête de calimero croisé du chat potté “mais je voudrais juste acheter une bouteille, promis !”.Là, arrive une dame “oui, vous vendez de la pizza ?” “mais nous sommes fermés, madame” “mais vous avez pas de pizza?”. Je crois que ça l’a déstabilisé, il nous a autorisé à passer. 20h, j’ai ramené mes verrines, j’ai mes boissons, je pars récupérer Anaïs. Mission accomplie, ouf !

– J’ai une théorie qui dit en somme : “le réveillon donne le ton”. Donc 2012 s’annonce gourmand, joyeux et tranquille avec une pointe de languedeputage. Ouais, je signe.

– Cette année, j’ai tenté un truc fou : faire quelque chose de mon 1er janvier. En l’occurence la fête foraine au Grand Palais avec la Reine Zenobie. J’ai fait une bonne centaine de photos, de la montagne russe, de la grande roue et même marché sous la pluie. Oh oui, l’année commence bien. Je vais donc décréter que désormais, le 1er janvier sera un jour où je fais quelque chose.

– 30 décembre, retour au boulot pour faire une permanence. On est 5 dans l’open space, les perceuses assurent l’ambiance musicale. Et là, tout à coup, je me dis que la dépression a soudain un visage : celui d’un 30 décembre dans une agence fermée et en travaux.

Voilà, fin de l’ego trip. Après, je te parlerai cinéma et chorale (dans des articles différents).

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Politique

Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui, je vais parler politique mais rassurez-vous, je vais pas vous faire un petit exposé sur mes idées politiques ni rien. Non, nous sommes dimanche, c’est l’article léger, c’est pour rigoler ! Je ne parlerai pas non plus du livre ayant le même titre, y a bien que Beigbeder pour s’extasier dessus mais forcément, y a des scènes
de sodomie et de fist fucking. Comme quoi, le sexe ne fait pas nécessairement un bon livre. Donc voici le récit de mon incursion au sein d’un parti politique.

Depuis que je vis sur Paris, j’aime faire de nouvelles expériences. Lundi soir, je me rends chez Gauthier pour une soirée télé-DVD. On discute et il m’explique qu’il s’est inscrit au PS par Internet et qu’il y a une conférence mercredi. « Super, je peux venir avec toi ?
– Heu…oui, ça tombe bien, je voulais pas y aller tout seul ! »
Youpi ! Oui, moi, je suis une fille qui aime aller dans des trucs de ce genre, histoire de voir comment ça se passe. Que les choses soient claires : je ne pense pas devenir militante. D’une part, je n’ai pas toujours voté PS aux élections et je veux pouvoir voter ce que je veux sans avoir l’impression que je trahis l’intérêt du parti. Il est vrai que c’est le parti dont je me
rapproche le plus au niveau des idées mais des fois… D’un autre côté, je ne pense pas que militer au sein d’un parti, même non extrémiste, soit une bonne idée pour ma carrière. Bien évidemment, je ne le mentionnerai pas sur mon CV mais on ne sait jamais…

Une assistante bigarrée
Donc, mercredi, je rejoins Gauthier et nous voilà partis à la recherche du lieu de réunion. On arrive et on voit une église genre « secte » appelée l’église du bonheur ou je sais plus quoi, ça commence bien. Dehors, des militants fument, certains portent l’écharpe rouge, la même que Mitterrand. On s’en crame une aussi puis on rentre dans le bâtiment, on trouve enfin la salle (après avoir demandé, quand même).

Dedans, on s’assoit dans un coin et je commence à détailler les gens en notant les personnages typiques. Il faut savoir que j’ai été élevée dans un milieu de droite donc des clichés sur les socialistes, j’en ai à la pelle et pas que l’écharpe rouge. Nous avons, par exemple, le cliché de « l’instituteur socialiste » comme dit mon père, un monsieur avec une barbe en collier (celui-là, en plus, il a des sourcils impressionnants). Enfin, j’ai aussi des clichés sur les militants de droite, j’en ai subi un en 1ère année de fac et j’en avais interviewé un autre lors de mon stage dans une radio nationale. Le gars, militant jeune de l’UMP, il arrive… et là, on se dit qu’il aurait tatoué « jeunesse UMP » sur la tronche que ce serait pareil : petits
mocassins, pantalon à pince, pull col en v d’où sort une chemise à carreau. Et que dire de l’énorme montre à son poignet ? Bref. La foule est assez disparate : des jeunes, des moins jeunes, des plus jeunes du tout, des hommes, des femmes… Des écharpes rouges un peu partout. Evidemment, la réunion commence en retard mais en même temps, les gens tardent à arriver. Sur l’estrade, le chef de section et les intervenants discutent en regardant les gens arriver, la salle se remplit peu à peu. Y a du monde quand même.

Alors qu’on discute de tout et de rien avec Gauthier, un homme en noir s’approche et nous serre la main, nous expliquant qu’il est responsable du recrutement et il nous demande notre nom. Gauthier répond, je lui explique pour ma part que je suis là en touriste (de toute façon, si je devais adhérer, je dépendrais pas de cette section). On récupère des documents et c’est parti pour la réunion. Bon, ici, on se tutoie et on s’appelle camarade, ce qui nous étonne un peu : on croyait que c’était typiquement communiste mais apparemment, nous avons tort. Maintenant, je me demande s’ils utilisent « camarades » à l’UMP, aussi. Le chef de section remercie les militants de l’avoir reconduit à ce poste puis il demande aux nouveaux adhérents de se présenter, Gauthier ouvre le bal. A chaque fin de présentation, on applaudit. Comme il me dit ensuite : « on se croirait aux alcooliques anonymes ». Donc plein de gens se présentent, des
étudiants dont un Italien, des gens qui ont déménagé et qui rejoignent la section, des sympathisants qui franchissent le pas du militantisme « en ces heures sombres », une dame blonde tout de rose vêtue qui pourrait être la mère de Barbie. Et on applaudit Paul, on applaudit Janine, on applaudit Paolo, on applaudit Vincent… Le chef de section est ravi de toutes ces nouvelles têtes et nous explique que les inscriptions ont dû être bloquées juste avant le congrès, « c’est pour ça qu’il y a tant de nouveaux aujourd’hui ». Aurais-je senti une pointe d’amertume ?
Suite à ces émouvantes présentations dont je me suis dispensée (oui, je ne suis pas de cette section, moi !). A ce moment-là, je remarque une femme au gilet couleur framboise écrasée (j’adore cette dénomination de couleur) qui erre dans la salle, se pose à côté de quelqu’un en discutant d’un air revêche puis elle vient par s’installer pas loin de nous. Une dame vient sur l’estrade nous parler d’un problème de quartier dont Gauthier et moi ne connaissons ni les tenants ni les aboutissants, la dame fustige « les communistes et le verts ». Je me retourne vers Gauthier et lui glisse un : « c’est quoi déjà la gauche plurielle ? ». La dame n’est pas contente, certains la fustigent un peu, notamment un mec à costard et la femme avec son gilet framboise qui soupire bruyamment en faisant la gueule. Ils sont agités, quand même, les gens. Après, ils nous expliquent qu’ils ont sorti un livre d’images sur l’histoire du PS pour le centenaire du parti et il est question d’un DVD, je crois (on sent la fille attentive). Quoi qu’il en soit, les militants sont invités à participer en prêtant les photos de leur engagement.

Conférence… sans doute passionnante
Arrive le moment de la conférence en elle-même (soit une heure après le début de la réunion), deux personnes de haut rang viennent parler de ce que l’on doit faire pour lutter contre la politique sécuritaire de la droite. Je vous avoue que je ne sais absolument pas ce que les gens ont proposé puisque j’ai passé l’heure suivante à lutter contre le sommeil. Assise sur ma chaise, ma tête ne cessait de tomber vers l’avant, me vrillant les cervicales à chaque fois. Changement d’intervenant, j’applaudis le monsieur moustachu que je n’ai pas écouté et une jeune demoiselle prend la parole à son tour, je recommence à me rendormir et à lutter en faisant attention à ne pas martyriser mes cervicales. Les militants sont assez dissipés, ça papote, ça rigole, ça va aux toilettes… A un moment, la dame au gilet framboise décide qu’elle en a marre et le signifie ostensiblement en soupirant bruyamment puis en adressant un geste « temps mort » au chef de section pour dire que la demoiselle qui parle est trop longue. La pauvre fille doit s’en rendre compte, elle conclut un peu abruptement. Le chef de section la remercie et demande si quelqu’un veut dire quelque chose. Là, une forêt de bras se lève, notre dame au gilet framboise est assises sur un quart de tiers de fesses, le corps tendu en avant, prête à bondir sur l’estrade mais le chef de section donne la parole au monsieur en costard de tout à l’heure. Et tandis que le mec s’avance, personne ne baisse les bras ! Et pendant que le gars commence son intervention, ils sont tous le bras levés, lançant des regards complices au chef de section pour le prier de leur donner la parole de suite après, la dame au gilet framboise est particulièrement motivée, apparemment. Là, le gars se met à parler et dit : « Moi, quand j’étais à Toulouse… ». Vu son accent, c’était pas la peine de préciser, je savais qu’il était de chez nous ! Mais bon, Gauthier et moi avons faim, nous quittons la salle. En partant, je vois sur un siège au fond, à droite, un mec affalé sur sa chaise, la tête en arrière, la bouche grande ouverte, se payant un merveilleux roupillon. Bien, ça me rassure, j’ai trouvé pire que moi.

Etre militante ?
En cheminant loin de ce lieu, Gauthier me fait part de sa déception, « je n’imaginais pas ça comme ça ». Moi non plus… mais à quoi m’attendais-je ? Je me dis que, quelque part, les militants ont un rôle à jouer dans la politique française, on ne les voit pas, on ne les entend que peu mais ils sont là, ils décident de ce qui est le mieux pour leur parti, ils s’investissent… et ce sont de véritables gamins. Mais ce n’est pas lié au PS, je suppose que c’est dans tous les partis pareil. Mais ai-je l’âme militante ? Je ne sais pas, je ne crois pas. Surtout qu’il y a très vite des rivalités, des velléités de pouvoir, des clans… Et ça, je n’en ai pas envie. Je me souviens, en 1ère année de fac, je « subissais » la présence d’un gars, membre
hyperactif du RPR jeune (hé oui, ça remonte). En 1998, les piquets de grèves sont dressés à la fac et notre ami y voit un merveilleux moyen de plaider sa cause : devenir le chef du RPR jeune de notre département. Donc le voilà qui m’explique qu’il va monter un contre-mouvement pour riposter aux grévistes… le tout chapeauté par le RPR jeune de Toulouse. D’ailleurs, je me souviens, un jour, pendant une AG, il me parle d’un étudiant qui se prononce contre la grève : « ce serait bien qu’il fasse partie de mon groupe, même s’il est de gauche. » Bon, finalement, la grève se termine et le voilà qui râle car il n’a pas eu le temps de mettre son plan à exécution. Je suis édifiée par ce que j’entends : quel est le plus important ? Défendre ses idées ou bien se faire voir ? Il voulait que la grève se termine, c’est arrivé, que demander de plus ? Si les ambitions doivent passer avant les idées, je crois que la politique ne sera jamais pour moi.

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