Tous victimes !

La semaine dernière, je lisais Le mur des lamentations d’Abiker qui caricature le besoin que l’on a de se faire plaindre. Bon, je vous raconte pas le livre, lis-le, lecteur. Oui, il faut lire, ça détend, ça fait du bien et ça occupe dans le métro. Et dans le train, aussi. Et dans l’avion mais moi, je le prends pas, j’ai trop peur. Mais c’est pas du tout de ça dont je voulais parler ! Mais qu’est-ce que j’adore les digressions, quasiment autant que les métaphores pourries !

Donc je voulais vous parler de cette manie complètement humaine qu’on a de se plaindre. C’est totalement universel. Par exemple, je prends ma famille : mes grands-mères râlent, mes parents râlent, ma sœur râle et moi aussi. Et ce n’est pas spécifique à ma famille. Va dans la rue et tend l’oreille, lecteur, tu n’entendras que des doléances, encore et toujours. « Je paie trop d’impôts pour financer ces feignasses de chômeurs », « y a plus de saisons ma pauv’ dame ! », « dans la rue, y a plus que des voyous », « j’ai un cancer », « je viens de redoubler mon année », « mon prof m’a saqué », « tous des connards »… Bon, vous voyez le topo. Selon les âges et les personnes, les plaintes ne sont pas les mêmes. Par exemple, moi, je peux me plaindre de pas avoir été payée pour mon stage ou que le journalisme est un boulot galère mal considéré, mal payé mais je peux pas me plaindre de me lever trop tôt le matin (pour le moment, je bosse de chez moi donc bon), de perdre une heure dans les transports (pour la même raison) et je peux même pas sortir « tous des connards » puisqu’aucun mec ne me fait chier en ce moment. Et je ne m’en plains pas, c’est reposant de sortir de la guerre des sexes et de regarder ça d’un œil neutre. Surtout que, du coup, je finis par croire que je pourrai me trouver une moitié qui ne m’énervera même pas. Même s’il paraît que les Français sont particulièrement râleurs, c’est une manie mondiale ! Tout le monde a un truc qui cloche toujours, c’est comme ça.

Pourquoi on se plaint ? Pour se faire plaindre, ça paraît logique, mais pas que. Il est vrai qu’il y a des moments où on tombe tous dans le syndrome de la « victime égocentrique » à base de « mon problème est super grave et tu dois compatir ! ». Bon, ça ne me gêne pas de compatir, surtout quand moi, ça va. Alors, j’écoute, je compatis, j’hoche la tête, j’essaie de distraire mais la distraction est à manier avec précaution. Si vous sortez une blagounette pendant que Charlotte se plaint que son Etienne l’a quitté pour Jennifer qui a un prénom de pouffe et des cuisses tellement
énormes que l’une d’entre elles suffirait à éradiquer la famine en Afrique, ça peut vous retomber dessus. Oui, on peut être particulièrement garce avec la rivale, la sale biiiiiiiiiiiip qui a osé nous piquer notre mec. Donc imaginons, Charlotte se plaint qu’Etienne est parti avec cette pétasse et vous, inspirée, vous sortez : « avec de la chance, il se retrouvera étouffé entre ses deux grosses cuisses, ça lui servira de leçon, mouahahahah ! ». Oui, des fois, j’ai un humour vraiment pourri. Mais bon, voilà, j’ai commis l’impair : au lieu de pleurer avec Charlotte, j’ai OSE essayer de dédramatiser la situation, de nier la gravité de la situation ! Parce qu’à force de comprendre la victime et lui prêter une oreille attentive, c’est nous qui devenons sa victime. Charlotte vient de se faire plaquer, elle m’appelle, logique. « Bouhouhou, je suis malheureuse ! ». Ok, j’arrive. Bon, évidemment, en deux heures, c’est pas réglé, il faut le temps. Seulement au bout d’un moment, c’est un peu fatigant de repasser en boucle le CD « Etienne est un gros con » sans avoir le droit d’aborder un nouveau sujet. Mais au bout d’un moment, on en a un peu fait le tour (même en abordant « Jennifer est une pouffe obèse même pas belle ») et ça sert plus à rien de ruminer. Donc on essaie de changer de sujet mais ça passe pas. On passe pour une traître, une indifférente. Mais non,
justement, j’essaie de te faire comprendre que c’est pas en ressassant toujours la même chose que l’on s’en sort ! Je me souviens d’une époque où la pauvre Anne s’était retrouvée à consoler une nana qui avait littéralement pété un plomb après que son mec ait rompu, allant jusqu’à téléphoner à la mère du jeune homme… Après 6 mois de relation ! « Je l’aime, je le déteste, je l’aime, je le déteste… ». Au bout d’un moment, la pauvre Anne n’en pouvait plus. Un soir, on se fait une soirée sex and the city à trois… Bon, ben la fille a comparé tous les personnages masculins à son ex, c’était assez lourd. Et puis, surtout, n’osez pas vous plaindre sinon s’engage une compétition débile.

« Etienne est un enfoiré, il m’a plaqué pour Jennifer !

– Oui bah tu sais, il m’est arrivé la même chose mais moi, ça faisait deux ans que j’étais avec lui…

– Oui mais moi, il m’a piqué des CD !

– Moi, j’ai dû partir de notre appart commun et dormir pendant deux mois chez une copine.

– Oui… Ben, moi, il a violé mon chat !
– … »
Autre cas courant : celui qui se plaint pour quémander des compliments. Quand j’étais au collège, une fille m’avait dit une fois : « Non mais tu vois, Anaïs, elle se plaint pour qu’on lui fasse des compliments. Elle dit qu’elle est grosse pour qu’on lui dise qu’elle est mince et tout ça. ». En observant les faits, j’ai constaté que c’était vrai. Mais c’est risqué parce que si elle continue, elle va finir par se prendre un : « ouais, c’est vrai, t’es grosse, tu fais au moins du 48, non ? ». De façon toute personnelle, quand je me plains, c’est avant tout pour vider mon sac. Et là, quand ça explose, c’est parti : « Putain, fais chier, j’en ai marre ! Je trouve pas de boulot, j’ai plus de tunes, j’ai des factures qui pleuvent, cette putain de CAF qui me verse plus rien alors qu’ils doivent me donner plein de sous, mon asso qui a oublié de me payer, j’ai pas de mecs, mon chat n’arrête pas de vomir sur la moquette, ma mère a un lupus, ma sœur est dépressive, j’ai même
pas demandé à naître ! ». Enfin, voilà, je dis tout en même temps, ce qui me vaut en général la réponse : « heu… Je sais pas quoi te dire ! ». Ben, y a rien à répondre, juste que ça me fait du bien de balancer tout ça, ça soulage, c’est un peu comme mettre la poubelle au vide ordures. Mais bon, en général, quand j’ai des petits soucis, rien ne vaut l’autodérision. Oui, j’ai la lose, alors rions-en ! Faisons des BD mal dessinées sur ma machine à laver qui déconne et mon chat qui vomit (je crois qu’elle me fait de la boulimie, en fait). Au lieu de passer pour la chieuse jamais
contente de service, je passe pour la rigolote ! Parce que se plaindre sans saouler son auditoire, c’est tout un art. Si on tombe dans le larmoyant et le pathétique, les gens vont vite se lasser. Parce que quelqu’un qui ne va que mal, à la fin, on lui demande même plus si ça va car on sait que l’on va lancer la valse des litanies.
Alors faisons comme David : plaignons-nous mais avec panache et humour !

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Il n’’y a pas tromperie sur la marchandise

Qui suis-je ? Il y a pas mal de temps, j’avais écrit un article sur les blogs où je posais l’hypothèse suivante : qui te prouve que je suis bien une jeune femme de 25 ans ? Les lecteurs ont répondu qu’ils avaient peu de doutes sur la question. Pour autant, Nina est-elle moi ou un personnage qui ne me ressemble pas ? Nina, c’est moi, ou plutôt une partie de moi puisque je parle peu ici de mes orientations professionnelles, de mes études, de nombre de mes passions… Ici apparaît surtout ma vie amoureuse, comme pour la plupart des vingtenaires.
 
La semaine dernière, j’expliquais en réponse à un commentaire que j’avais attribué le prix du « plus connard » à Raphaël car je ne comprenais pas son soudain silence radio et pourquoi il avait décidé de m’ignorer. Si j’étais allée lire son blog, j’aurais eu une explication… Et quelle explication ! Au départ, j’ai cru que son soudain silence était dû à une fille, une de ses lectrices (ou plutôt adoratrice) à qui il fallait cacher qu’on avait couché ensemble car elle était très jalouse de moi et pensait (à juste titre) que si Raphaël et moi nous nous rencontrions, il y aurait brouette. La demoiselle a lu l’article que j’ai écrit sur lui, elle l’a reconnu mais il a réussi à l’embobiner, je me demande bien comment. Mais là, j’aurais compris : je trouvais ça con de me reprocher d’avoir couché avec lui (d’autant que c’est lui qui est venu vers moi) mais bon, si c’est pour une fille, ça se comprend.
 
Et bien non, ça n’a rien à voir : le monsieur se plaint, il y a eu tromperie sur la marchandise : je ne suis pas la bimbo blonde que je prétends être (et je suis une gamine, aussi, super). Déjà, me reprocher ma « non-blondeur » indique un haut niveau de maturité. De plus, je n’ai jamais prétendu être une bimbo, bien au contraire ! Je déteste ce mot et ce qu’il représente. Mais ce cher Raphaël s’est arrêté à ce qui l’arrangeait : j’ai expliqué plusieurs fois que j’étais en réalité châtain clair et pas blonde. Cet adjectif, « blonde », est plus une private joke avec Gauthier qu’autre chose, ça fait 7 ans qu’il me répète que : « si, tu es blonde ! ». Par ailleurs, si j’ai un côté amazone, j’ai dévoilé ma fragilité à plusieurs reprise dans ce blog, et ceci dès le départ. S’il avait lu « la femme conquérante des années 2000 », un de mes tous premiers articles, il aurait vu que je n’étais pas une bimbo, loin de là. Je peux paraître dure et sans cœur mais les lecteurs assidus de mon blog et, surtout, mes amis, savent bien que ma carapace cache un cœur énorme. A peine ce blog entamé, je tombais sur le charme du fragile Julien et aujourd’hui, je ne parle que d’Arnaud. Ce n’est pas parce que je suis en couple et monogame que ma vie sexuelle est moins passionnante, loin de là. La différence, c’est qu’au lieu de réaliser des fantasmes avec des inconnus ou peu connus, je le fais avec Arnaud. Le sexe en couple ne se résume pas à un simple missionnaire le jeudi soir à 22h38…
 
Très classe, il n’a pas précisé qui j’étais… C’est sûr, une « blonde » qui tient un blog dont il a enlevé le lien et qui ne vient plus poster sur son blog, personne n’a compris qu’il s’agissait de moi, il a su dissimuler mon identité avec élégance…
 
Je pense surtout qu’il n’a pas apprécié de voir que je ne l’adulais pas puisqu’il a commencé à me critiquer le jour où je lui ai dit : « gare à tes fesses, mon blog va dépasser le tien ! ». Il a l’humour sélectif : il a le droit de casser les autres mais nous, nous devons le vénérer et fermer notre gueule.
 
Car Raphaël est fort : en trois rencontres (dont la dernière qui était une pure brouette), il a réussi là où mes amis ont échoués : lui a compris que je n’étais pas celle que je prétends être. Tous les jours, Gauthier ou Anne (qui me connaît depuis toujours) lisent ce blog et jamais ils ne m’ont dit : il y a trop d’écarts entre celle que tu es et celle que tu prétends être. Les articles que j’écris ici, c’est souvent le condensé de mes conversations avec mes amis. J’aime le sexe, ce n’est pas pour autant que j’ai couché avec la terre entière. Je n’ai pas eu beaucoup d’amants dans ma vie, j’ai quand même passé plus de quatre ans avec la même personne donc forcément… Depuis que je suis à Paris, je n’ai eu que 6 amants sur bientôt 6 mois, c’est franchement pas exceptionnel. Ceci étant, le nombre d’amants ne permet pas d’évaluer la qualité « sexuelle » d’une personne, si j’ose dire : mon premier amant m’a initié à énormément de choses, par exemple. Parallèlement, on peut avoir couché avec 50 mecs et être « nulle » au lit. Je ne suis pas une tombeuse (je ne l’ai jamais prétendu), je suis une charmeuse. J’aime plaire même si ça ne va pas au-delà du simple jeu. Parfois, je me retrouve prise à mon propre piège et je me retrouve face à des hommes qui attendent plus de moi qu’une simple soirée à discuter. Instant délicat à négocier : dire au revoir de façon ferme et définitive en évitant toute tentative de baiser de la part du jeune homme.
 
 
Mes amis mâles sont pour la plupart homosexuels et nous jouons à un vrai jeu de séduction ensemble, nous nous faisons souvent des « mmmmmm, toi ! », on parle de sexe crûment et sans détour, on se touche, on s’embrasse. J’agis de la même façon avec mes camarades hétérosexuels et même avec les filles, quand ce sont de bonnes amies. J’ai récemment joué ce jeu avec Banana (« viens, on va se prendre en photo nues ! »)  et je pense qu’elle a compris qu’il s’agissait d’un jeu. Je joue le même jeu avec nombre de lecteurs du blog de Nicolin comme Archi, Cédric, Nono ou Loui, parfois Zak, mais je sais bien qu’ils ne prennent pas mes propos au premier degré, c’est plus une marque d’affection envers des garçons que je trouve sympathique qu’autre chose. De la même façon, j’ai vanté la beauté de Sab ou de Ush en faisant mon « dragueur relou » sans qu’elles le prennent de travers. Quelque part, c’est sincère : elles sont belles, je vais pas le nier par jalousie ou par hétérosexualisme (« non, non, je suis pas lesbienne, je ne trouve aucune femme belle ! »).
 
J’ai d’ailleurs rencontré de nombreux lecteurs de ce blog : Sab, Agnès, Papaiya, Laxigue, Tink, Ush, Aurélie, Reno et Nicolin himself, j’ai des contacts privilégiés avec Nico et je dois rencontrer Ced bientôt. Personne ne m’a dit que j’étais « décevante » ou « surprenante » par rapport à l’image que je renvoie de moi sur le net, beaucoup ont réussi à me cerner sans difficulté, notamment Agnès et Sab ou plus hallucinant encore, Banana (on ne s’est encore jamais vues). Oui, j’aime jouer et j’aime le sexe : quand je suis célibataire, je pars en chasse, et si il y a alchimie avec un gars, je fonce. De l’autre côté, je ne suis pas non plus un « trou », je ne couche pas avec tous les mecs qui se présentent : je n’y peux rien si je n’ai pas envie de tout le monde. En juin, je suis allée au restaurant avec Aurélien, un jeune copain de Louis et Arnaud (que je ne connaissais pas à l’époque). On a beaucoup parlé sur le net et je l’ai trouvé charmant mais pas attirant : il me faisait beaucoup penser à mon jeune cousin avec qui je parlais beaucoup sur MSN il y a quelques temps. La rencontre a eu lieu, nous avons passé une très bonne soirée au restaurant mais il ne s’est absolument rien passé. Un mois plus tard, je rencontrais Arnaud et là, je me suis dit que j’avais vraiment bien fait.
 
C’est facile de retenir d’une personne que ce qui nous arrange et de les façonner à leur image. Croire que j’ai effacé son lien de mon blog juste par « vengeance », c’est plus aisé, ça évite de se remettre en question. Ce ne fut pas par vengeance mais sa soudaine façon de m’ignorer sans explication m’a déplu, je me suis dit que ce garçon n’en valait pas la peine, je l’ai remplacé par un blog qui paraît plus intéressant et fait par un garçon bien moins égocentrique. D’ailleurs, s’il était moins nombriliste, il aurait remarqué que je ne commentais plus d’autres blogs où j’allais très régulièrement autrefois. Je suis Nina mais pas que ça, effectivement, ma vie ne se limite pas à mes histoires de cœur.  Je suis peste, impatiente, parfois orgueilleuse, têtue, rigolote et rigoleuse, passionnée, curieuse, gaffeuse, enflammée, étourdie, tendre, parfois naïve, joueuse, aventurière « du bout du monde », fidèle (autant en amour qu’en amitié), loyale, exigeante, exaspérante…
 
Mais ça me paraissait clair, non ?
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