L’étrange cas des gilets jaunes

Je n’ai que peu parlé des gilets jaunes alors que le monde bruisse d’un hiver européen qui serait parti de chez nous, cocorico. Alors concrètement, je vais expliquer rapidement pourquoi je me suis pas penchée avant sur le sujet : d’abord parce que y avait des éléments qui ne me plaisaient pas à l’origine (l’essence, j’ai détesté certaines images que j’ai vues lors de la première contestation, notamment les épisodes racistes ou homophobes, ou des gilets jaunes qui imposent à des automobilistes d’arborer leur gilet sinon, pas de passage. J’ai été déconcertée de voir certains gilets s’en prendre à ceux qui ne volent rien à personne, qui rentrent chez eux le pare-brise pulvérisé. J’ai été navrée de lire qu’une personne avait perdu la vie, percutée par une autre personne en panique… J’ai compati avec ma tante, infirmière libérale qui fait sa tournée des petits vieux et était en panique totale car elle ne pouvait pas faire son taf) et le drame qu’est ma vie pro.

La France bouleversée par les gilets jaunes

Cette histoire de gilets jaunes me fascine. Mais vraiment. Pour de multiples raisons, parce que la contestation est en train de naître hors des mouvements politiques qui rament pour récupérer cette contestation absolument protéiforme. Car la principale force (et principale faiblesse) de ce mouvement, c’est vraiment son agrégat de populations diverses aux revendications variées, même si on y trouve globalement une même colère autour du pouvoir d’achat et de l’injustice fiscale. En fait, ce mouvement me plaît de plus en plus… de par sa spontanéité, fondamentalement.

Les gilets jaunes sur les Champs Elysées

Tout ne me met pas à l’aise dans cette histoire et la récupération de certains m’agace profondément, certains discours, aussi. Après, forcément, on ne peut jamais être d’accord sur tout. C’est un peu le souci que j’ai avec l’engagement politique d’ailleurs : y a des moments où, vraiment, je ne peux pas adhérer 100% aux vues d’aucun parti. Et curieusement, ça ne passe pas trop, trop : quand tu t’engages, tu peux vite être mal vu si tu commences à dissoner un peu. Tous unis, pas une tête ne doit dépasser ! Mais pour en revenir aux gilets jaunes, ce que je trouve un peu marrant à observer, ce sont justement les politiques de tout bord qui essaient de récupérer le mouvement. On dirait un peu cette vidéo trop kawaï où un chien en panique essaie de remettre des chatons dans un panier mais ils s’en branlent et repartent. Là, c’est un peu pareil : tous les partis (enfin, sauf les marcheurs, évidemment) essaient de récupérer le truc, réfléchit à comment canaliser le mouvement, comment en prendre la tête et pour le moment, je n’en vois pas un qui réussit.

Les gilets jaunes se réchauffent

Et ça me fait plaisir en un sens. Alors, oui, le fait qu’il n’y ait pas de ligne directrice donne une sensation fouillie qui sert la soupe aux détracteurs du mouvement (“on comprend rien à ce qu’ils veulent”, “leurs revendications, c’est la liste au Père Noël, là”) et je pense même que c’est pour ça qu’on est nombreux à ne pas trop savoir que penser de ce mouvement. Mais dans l’absolu, je trouve rassurant que le peuple agisse et réagisse sans avoir besoin de politiques pour leur tenir la main ou leur expliquer la vie. On peut regretter beaucoup de choses dans ce mouvement, tel n’est pas mon sujet, mais de voir que les citoyens s’agitent encore, ça me rassure profondément. Je ne suis pas tout à fait convaincue que nous sommes à l’aube d’une révolution, il est bien trop tôt pour le dire et je ne suis pas certaine que l’histoire retienne ce mouvement même si ça commence à faire tache d’huile en Europe et ailleurs. Mais cela montre que toute contestation n’est pas morte, que les manifs ne sont pas qu’histoire de syndicats ou de partis politiques et qu’elles peuvent même prendre des formes inédites.

Gilet jaune essuyant la violence policière

Et après ? J’imagine que nos chers gouvernants vont tranquillement attendre que ça passe car Noël n’est plus très loin. Mais la colère se dissout-elle dans les guirlandes de Noël et le papier cadeau ? A suivre.

 

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Comment décrédibiliser un camp : comparatif manifestation Cop21 vs féminisme

Le 29 novembre dernier, peu de temps avant de décoller pour aller voir des amis, Victor et moi traînons un peu sur Twitter, suivant la manifestation écologiste à l’occasion de la Cop21. Il avait prévu d’y aller, me convainquant de ne pas le suivre car ça pouvait être dangereux. Pas à cause d’un éventuel attentat mais bien à cause des lacrymos et autres coup de matraque distribués dans le tas. Oh mais non, tu exagères, petit coeur. Ah mais non… Et sur ma timeline, je vois l’impensable : un silence de la plupart de mes contacts sur la manif jusqu’au moment fatidique où 3 connards ont jeté des bougies du Mémorial. Enfer et damnation, ces écolos sont des connards, ils méritent bien un peu de lacrymo et des coups, ils détruisent nos témoignages de compassion. Mais… Comment vous pouvez tomber dans un piège aussi grossier ? Alors oui, les connards (Black blocs apparemment mais d’après ce que j’ai pu voir/lire, aucun des cagoulés n’a été arrêté… Mais bon, vu que les black blocs ne sont pas une entité fixe mais qu’on peut tous l’être, j’imagine que c’est compliqué de savoir qui est qui), il y en a eu comme il y en a dans chaque manif mais bordel, vous voyez pas qu’ils se servent de ça pour brouiller le message ? Non.

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Ok alors pour vous prouver que si, c’est bien ça l’astuce, je vais prendre un sujet qui fait bien plus réagir ma timeline que l’écologie : le féminisme.

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Les black blocs = les Femen

Classic shit de n’importe lequel des mouvements : les membres dont on se passerait bien parce qu’on va vous les balancer systématiquement à la tronche pour décrédibiliser votre combat. Côté COP21, on l’a bien vu, ce sont les Black Blocs. Côté féministe, on a les Femen et tou-te-s celles et ceux qui ont essayé d’avoir un propos pro féministe vont confirmer : on a toujours droit aux Femen “ah ouais mais t’es féministe et t’es d’accord avec les Femen, alors !”. Non pas forcément parce que tu vois, quelles que soient tes opinions, tu ne trouveras jamais un mouvement où tout le monde est absolument d’accord sur les fins et moyens. Les Femen, je trouvais le discours de base sur la réappropriation du corps intéressante, quelques happenings qui ont du sens, je les ai trouvées couillues d’aller se frotter à Civitas mais… je comprends jamais bien ce qu’elles veulent, en fait. Des opérations coup de poing, on en a eues mais on n’entend jamais bien leurs revendications. Mais quoi qu’on pense des Femen, elles semblent constituer à elles seules un amalgame pénible à porter pour toute féministe alors qu’elles ne représentent qu’un mouvement minoritaire mais visible. Comme les Black Blocs. Et cette assimilation systématique devient un argument en lui-même pour ne pas écouter les féministes ou militants écologistes.

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“Il fallait pas faire comme ça” = le mansplaining

Toute féministe qui débat a un jour entendu un homme lui expliquer que c’est pas comme ça qu’il faut s’y prendre. En légèrement caricatural, ça donne “non mais vous êtes toutes hystériques, comment voulez-vous qu’on adhère à votre combat, aussi ?” et ces gentilles personnes (souvent des hommes) viennent nous expliquer comment qu’on milite pour gagner l’adhésion de la populace tout en nous imposant un calendrier de priorités qu’on doit suivre à la lettre parce que pardon, y a plus important que le combat que vous êtes en train de mener. Vous luttez contre la place des femmes en entreprise ? Idiotes, la priorité, c’est le viol ou la violence conjugale. Apparemment, la légende voulant qu’un homme ne puisse exécuter qu’une seule tâche à la fois semble vraie. car, voyez-vous, on peut mener plusieurs luttes de front, sans hiérarchiser la priorité en délaissant les autres dossiers. Sur la fameuse manif, on retrouve la même rhétorique : fallait pas manifester. Il est vrai que les grands changements dans le monde ont toujours été faits à partir d’un canapé. Rappelons que la chaîne humaine était autorisée et que les choses ont dégénéré lorsque les manifestants ont commencé à être enfermés sur la Place de la République et gazés avant même les premières échauffourées. Ah et pour celles et ceux qui me diraient que, quand même, y a des façons plus douces ou subtiles de lutter, relisez l’histoire du MLF, elles ont pas toujours fait dans la dentelle, loin de là.

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“Fallait pas manifester” = “elle l’a cherché, t’as vu comme elle est habillée ?”

Suite du précédent : ok, ils se sont faits gazer/frapper/interpeller mais on leur avait dit de pas aller manifester alors, hein… On remplace par “oui, elle s’est faite agresser mais t’as vu comme elle était habillée aussi”. Je n’aurai pas l’audace de comparer ça à un viol mais ici, la victime n’est jamais innocente. Non parce que pardon, remettons un peu en contexte : des centaines de personnes ayant participé à une marche autorisée avec leur drapeau peace qui se prennent des coups par des flics alors qu’ils sont assis par terre les mains en l’air, je ne vois pas dans quel univers, c’est chercher la merde… Ah si, dans celui de ceux qui veulent démonter cette manif, bien sûr.

Ces activistes sont tellement dangereux qu'un flic laisse traîner sa matraque au sol et lui tourne le dos... manifestation COP21

Ces activistes sont tellement dangereux qu’un flic laisse traîner sa matraque au sol et lui tourne le dos…

“Ouais mais les flics du Bataclan” = “no all men”

Oui les flics du Bataclan ont des couilles XXL et je n’aurais pas été capable de faire la même chose qu’eux. Mais ça n’empêche pas que les CRS qui ont “encadré” la manifestation se sont adonné à des violences injustifiées et le reconnaître n’enlève pas le mérite de ceux du Bataclan vu que ça n’a strictement rien à voir. Cette volonté de soudain déifier les flics comme l’entité salvatrice, empêchant ainsi toute critique me gêne, c’est un peu “non mais y a des mecs bien aussi”. Je suis la première saoulée par la systématisation du flic= gros con débile mais en l’occurence, sur cette manif, ils ont grave chié et abusé de leurs prérogatives. De la même façon que des mecs courageux vous sauvant d’une agression ne transforment pas tous les mecs en personne bien attentionnées à votre égard.

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Bref, une rhétorique simple qui s’applique à tout ce qu’on veut dénigrer. Toujours pas indignés, toujours indifférents ? Peut-être souffrez-vous de… snobisme géopolitique !

Je vous explique ça demain (enfin, j’essaie, je suis tellement charrette cette semaine… Enfin, ça fait un mois mais là encore plus)(mais c’est pas pour autant que je vais pas m’indigner, ça s’agite violemment en moi tout ça)

 

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On se dit oui où ?

Voilà, suite à une histoire de tube de dentifrice en réserve, Jon et moi avons décidé de faire livret de famille commun. Après avoir dignement partagé cette information avec notre literie, il est temps de causer un peu organisation et en premier lieu : où va-t-on se marier ?


Chez toi en province, chez moi en autre province, chez nous à Paris ? Ou carrément ailleurs histoire de faire chier tout le monde. Parce que moi, j’ai certaines revendications. Par exemple, je tiens pas vraiment à l’église vu que Dieu et moi, on s’est perdus de vue mais je tiens à une cérémonie laïque parce que la mairie tout seul, ça pue, c’est pas très festif et la lecture du code civil me donne envie de te dire non et de quitter la salle comme une princesse. Alors j’ai imaginé des beaux mariages dans la clairière d’une belle forêt moussue, sur une plage du Finistère (je suis tombée amoureuse du coin), sur les côtes d’Armor, sur une lande…


J’imagine un quatuor à cordes (que des violoncelles et alto, je vomis le violon), des percus et même une guitare, quelqu’un qui chante… Bref, de la musique live qui te hérisse le poil.

Les plus attentifs d’entre vous auront noté que je ne parle que de lieux extérieurs… Et plutôt en Bretagne quand même (quoi qu’en cherchant bien, du côté des Pyrénées orientales berceau de mon papa, y a de la falaise et de la forêt…). Donc je prends le risque insensé de subir une averse… Alors ça peut être un style le mariage gadoue-parapluie mais je suis pas sûre que tout le monde en raffole. Même si en l’espèce, le mariage le plus magnifique des séries télé reste celui de Phoebe sous la neige, il me pincouille toujours un peu le coeur celui-ci.


Et je ne parle même pas du fait que marcher jusqu’à la clairière, la plage ou la falaise voire la lande, c’est pas une sinécure pour tout le monde. Non parce que moi, j’ai peut-être plus de grands-parents mais c’est pas forcément le cas de Jon. Et puis on ne sait jamais, la soeur de la mariée pourrait se casser le plateau tibial trois semaines avant le mariage. Par exemple…


En plus, je dis ça mais pour se marier dans un ailleurs, faut quand même que l’un d’entre nous soit domicilié (pour de faux du moins) dans la localité concernée. Imaginons que je décide (bonjour la Bridezilla) de me marier dans un coin où je ne connais personne parce que genre, un jour, on y a passé un week-end et que j’ai trouvé ça trop beau, je fais quoi ? Je prends les pages blanches et j’appelle tous les habitants de la ville « hé salut, je voudrais me marier dans votre  bled, vous pouvez dire que je vis chez vous ? ».


Ou alors on se marie à la mairie chez nous avec le strict minimum (les parents, frères, sœurs et témoins) et on se fait une cérémonie laïque où on veut. Dans mon coin joli, dans mon chez moi d’enfance, dans le sien, les deux… Bah oui, tiens, on a qu’à faire ça, deux mariages laïques plus celui de la mairie comme ça, tout le monde est content. Sauf nos parents, frères et sœurs et nos témoins qui se tapent les 3.


Et la salle des fêtes ? Ah oui, voilà un sujet dont on doit causer. Je sais pas chez Jon (c’est un peu l’ennui avec un fiancé imaginaire, je manque d’infos) mais chez mes parents, y a pas la place de mettre une grosse tente dans le jardin. Puis de toute façon, avec la piscine juste à côté, comme dirait la belle-mère de Lena « ce serait trop dommage que la fête soit gâchée !« . Oui alors on doit donc trouver une salle des fêtes. Ma foi celle de ma sœur était au poil mais :
– elle est ultra prisée (en s’y prenant quasi un an à l’avance, ma sœur aurait pu ne pas l’avoir).
– est-ce que c’est socialement admis de se marier au même endroit que sa sœur sachant que j’aurai la même responsable déco qu’elle (ma tante) ? Quoi que je sais ma tante suffisamment géniale  pour me proposer une déco complètement différente…


Mais bon, on en est donc à devoir trouver deux salles des fêtes avec donc 2 fois le repas, DJ… C’est quoi déjà le pourcentage de chance de gagner au loto ?

De toute façon, je tranche « la tradition veut qu’on le fasse dans la famille de la mariée ». Et vlan !

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Le sexe n’est pas une arme

Fiers d’eux, ils s’affichent dans les médias, inventent des termes pour se singulariser. Eux sont différents et le clament sans honte : ils ont une sexualité hors norme. Vomissant le concept de partenaire unique, ils avancent fleur au fusil pour défendre leur cause. Laquelle ? À part l’énormité de leur ego, nul ne le sait.

Ils revendiquent le droit d’exister. Ok, super, personne ne les en empêche. En France, les lois régissant la sexualité sont plutôt lâches : du moment que tout se passe entre adultes consentants, pénétrez qui vous voulez où vous voulez. Enfin quand je dis où, je parlais d’orifices, vous etes priés de pas baiser dans des lieux où les gens n’ont aucune envie d’assister à vos ébats. Et je vous jure que globalement, vos parties de jambe en l’air n’intéressent que peu de monde…

Pourtant, tous les jours, des inconnus clament avec fierté qu’ils baisent. Des hommes, des femmes, des transsexuels et que s’ils tombaient sur des hermaphrodites, ça les gêneraient pas. Puissante déclaration s’il en est, c’est comme si je disais que si j’avais l’occasion de sauter en parachute, ça ne me dérangerait pas. Alors que rien que de voir la vidéo du saut de mon beau-frère, j’ai crié et me suis cachée dans mon pull. Ok, c’est bien mon petit, tu couches donc avec tout le monde sans t’arrêter au genre de tes conquêtes. Et ? Tu as une revendication ? Ah non, aucune ? Alors pourquoi tu nous racontes ça ?

Passons sur le fait qu’on se demande si la multiplicité des genres des conquêtes n’est pas lié à cette volonté d’être « différent ». Le problème de la prise de parole sur la sexualité, c’est que d’un sujet intéressant à la base, on se vautre rapidement dans le racolage. La sexualité de Jean ou Jeanne n’a en soi aucun intérêt, ce n’est que de l’anecdote graveleuse. Je suis bien placée pour dire ça au vu des origines de ce blog. En relisant mes articles purement cul des premières années, je me suis demandée pourquoi les gens s’intéressaient au récit de ma nuit avec Paul ou Jacques. Réclamer une certaine liberté sexuelle ? Mais personne ne me l’a niée. Prouver qu’on peut aimer le sexe sans être salope. Moui, léger. En fait mon processus était simple : après 4 ans et demi en couple, je me trouvais à nouveau sur les chemins de la conquête et oh wouaaaaah ! Ça marchait pas mal pour moi, dis donc. J’ai vécu ces expériences les yeux grands ouverts, persuadée que je réinventais la poudre. Comme on dit sur l’Internet : lol.

Car le sexe n’est pas une arme. Je peux écarter les cuisses et m’en vanter tant que je veux, le monde sera le même le lendemain, je ne fais avancer aucune cause. Serais-je un exemple pour de jeunes filles timorées qui n’osent céder aux tentations de la chair ? Ahah non. Nombreuses sont les séries qui ont dédramatisé le sexe pour le plaisir, crier que oh oui, on fornique quand on en a envie n’est qu’une goutte dans l’océan.

Il y a pourtant des causes à défendre vis à vis de la sexualité comme tout ce qui touche à la prévention, le droit des femmes à disposer de leur corps et de leur fertilité, le droit de dire non… Et plus loin toute la question du droit des homosexuels en terme de mariage et d’adoption. Des combats, il y en a. Dire qu’on baise hors des conventions petites bourgeoises n’en est pas un, c’est juste une posture. Et si on considère que dans les Mystères de l’amour, y a un club libertin et un couple à 3, c’est limite ringard comme posture.

Je terminerai par cette éternelle phrase tellement originale et inconnue de notre ami Epicure : pour vivre heureux, vivons cachés. Car n’oublions pas une chose : notre vie amoureuse et/ou sexuelle n’a d’intérêt que si on ne la vit que pour nous, pas pour se la raconter dans les médias.

Et je finis par un article hilarant qui m’avait inspiré cet article : L’arène 69, parlons cru puisqu’elle est nue.

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Du droit de s’embrasser dans la rue

Dimanche avait lieu un Kiss in contre l’homophobie, action que je suis de près vu qu’elle est organisée par notre Bobby chéri. Et que je trouve le principe simple
mais génial : pendant 5 mn, des couples homo, bi ou hétéro sont invités à s’embrasser dans un lieu public. Une action consistant à se faire des bisous, chouette !

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Je suis allée à celui de décembre devant Citadium, j’avais pris Vicky avec moi pour participer à l’effort collectif (il va falloir que j’explique à un moment qu’on
n’est pas ensemble quand même, malgré notre fusion, ma maman va encore se poser des questions…). Ambiance festive, les gens sont détendus, des passants prennent des photos. Bref, un bon moment malgré le froid polaire (mais mes orteils ont survécu), c’était bien sympa, on y a croisé Matt et sa dulcinée, aussi.  Quelques temps après, je reçois une invitation pour un kiss in le 14 février devant Notre Dame de Paris. Oh, le jour de la St Valentin, c’est mignon… Je n’avais juste pas envisagé un gros gros problème quant à ce rendez-vous : Notre Dame = église = extrémistes catholiques pas contents que des homos se roulent une pelle devant.

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La semaine précédant le Kiss in, j’ai donc vu Bobby déplacer le lieu de rendez-vous pour calmer les esprits au Boulevard St Michel, faire suivre les liens vers des
groupes extrémistes allant jusqu’à donner des éléments de sa vie pour pouvoir le menacer (notamment lieu de ses études). Bref, du malsain comme on en fait plus. Evidemment, je connais Bobby donc je sais que sa volonté n’était pas de provoquer et que toutes ces réactions vont bien au-delà du principe et des revendications du Kiss in qui ne cherche qu’à faire revendiquer une égalité de fait, pas du tout de provoquer qui que ce soit. Mais voilà, soudain, on constate que s’embrasser en public quand on est gay, ça ne passe pas. A l’arrivée, dimanche, quelques participants du Kiss in se sont également embrassés devant Notre Dame et se sont fait attaquer par des extrémistes.  Ecoeurant.

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Certains y verront de la provocation mais au fond, pourquoi en tant qu’hétéro, j’aurais le droit d’embrasser mon mec devant une église et un couple homo ou lesbien pas ? Pire,  je pourrais tout à fait embrasser un homme qui est soit mon amant ou dont je suis la maîtresse, un homme qui serait marié, par exemple, sans que personne ne réagisse. Mais des homos non.  C’est sale, c’est blasphématoire, c’est maaaaaaaal. Non mais c’est vrai, Dieu a dit aimez-vous les uns les autres mais pas entre hommes ou entre femmes, faut se mélanger (et à une seule personne !). Pfff, ça devient compliqué toute cette lecture entre les lignes.

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Pourtant puisque Dieu n’est qu’amour, pourquoi rejeter ces ouailles-ci ? Il existe des homos chrétiens qui ne se tirent pas une balle dans la tête tiraillés par un tel paradoxe. J’ai toujours trouvé que la religion n’avait d’intérêt que dans l’espoir et la tolérance. Ici, il est manifeste que la tolérance, on se la fout au cul et on fait l’avion
avec, ne reste que l’espoir de voir tous ces cons intolérants réaliser un jour que l’homosexualité, ce n’est pas saaaaaaaaaale, c’est de l’amour, point.

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Mais au-delà de cette violence, on constate bien que la cause gay, lesbienne et trans est très loin d’être gagnée, très très loin même. Quand Bobby a débuté les
Kiss in, j’ai trouvé ça mignon et bien vu : moins tape à l’œil que la gaypride, plus anodin quelque part pour interpeller : ben ouais, un couple homo s’embrasse dans la rue, hors Marais, ça te dérange ?  J’eus cru naïvement que non, ça ne dérangeait pas. Le chemin est encore long avant l’égalité des droits…

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La liste de la fille qui a eu une semaine pépère

Mais qu’est-ce que je vais vous raconter ?

– Je n’ai toujours pas d’adresse mail pro. Apparemment, je paie le fait d’avoir eu un ordi et mon bureau de suite. Mais bon, ça devient quand même super handicapant.

– Les responsables de communautés (ou community manager, comme dit Simon pour qu’on comprenne encore moins notre taf) sont de gros malades. Bon, je peux pas vous expliquer exactement pourquoi parce qu’il y a des choses qui ne s’écrivent pas sur un blog concernant le taf. Mais en très gros, on a pris un sacré délire qui nous a fait marrer tout jeudi après-midi (et un peu vendredi). Mais je pense qu’en fait, nous sommes tous déséquilibrés, ce qui fait de nous de merveilleux community managers

– Vendredi, petit déj au boulot. C’est normal que je ne reconnaisse pas la moitié des gens ? Y en a plein que j’avais jamais vu… On a fait une embauche massive ou quoi ? Mais bon, il paraît qu’on est 150, j’ai jamais vu plus de 30 personnes au bureau… Mais faut dire que cette semaine, j’ai découvert le bureau des développeurs, je savais même pas qu’il y en avait un (de bureau, hein, pas de développeur)

– Y a des moments, je suis désespérée par ma boulettitude étourderie qui fleure la pathologie, là. Par exemple, ça fait deux mois que mon code pour entrer dans mon appart a changé, 2 mois que je persiste à taper l’ancien. A mon nouveau taf, pour aller à l’espace détente, faut descendre au sous-sol, à l’open space graphiste. Pour y aller, il faut passer devant l’accueil, remonter un couloir et au bout aller à gauche. Moi, je persiste à aller à droite, dans le bureau des éditeurs qui me regardent toujours bizarre. Mais euh…

– S’exclamer bruyamment qu’on va créer le syndicat de la boîte sur facebook (mes revendications sont une adresse mail et des tiroirs) alors que le big boss de la boîte entre dans le bureau en même temps, c’est peut-être pas l’idée du siècle (mais ça va, hein, j’ai pas eu de reproches).

– Vendredi, j’ai repris le RER, presque 15 jours que ça m’était pas arrivée, j’étais toute émue. Surtout que je suis arrivée au boulot vachement plus vite !

– J’ai des conversations passionnantes sur MSN, des fois. Best of « les mister freeze bleus étaient la framboise, c’est pas logique, ça doit être pour les différencier de celui à la fraise… Ah non, j’ai cherché sur le net, il est à la passion ! ». « J’aime pas trop Gibbs de NCIS. De toute façon, le mec, ça fait 4 ans qu’il ponce son bateau, c’est louche. Il est accro à la sciure de bois où il ponce juste quand y a une nana parce que la menuiserie, c’est sexy et poncer, ça fait saillir les muscles ! ».

– Lundi matin, me voici dans la station de métro, à attendre la rame (c’est fou, non ?), le walkman sur les oreilles. Sur un banc, une vieille fait la manche et interpelle les gens en criant « s’il vous plaît, s’il vous plaît, S’IL VOUS PLAIT ! ». Je lui fais un signe pour lui indiquer que j’ai rien et là, je commence à me faire engueuler mais d’une force. Comme je supporte pas ça, je commence à crier moi aussi « NON MAIS CA VA PAS ???? ». Là, une dame passe à côté de moi et me dit, gentiment « non mais faut pas s’inquiéter, elle est tout le temps comme ça. » Ok mais curieusement, se faire agresser dès le matin, je suis pas fan. Enfin, deux minutes après, une personne a subi pareil.

– Dans la série, la grève et la contestation m’inspire, après ma grève (fictive) pour avoir mon adresse mail, opération « je proteste contre la nouvelle pub des produits laitiers ». La musique est tout simplement insupportable, sans parler de la gueule de la pub, les petits personnages sont hideux et la pub interminable en plus. Je préférais vraiment la pub avec le lait qui perlait sur le ventre de la fille ou la nana qui s’essuie le lait au coin de la bouche, figurant le sperme donneur de vie (ou pas).

– Alors, cette semaine, je vous laisse choisir entre la Nina garce et la Nina gentille, je vous mets le clip des produits laitiers(la pub ignoble, là) et un clip plus mieux pour me faire pardonner de n’avoir rien vécu d’exaltant cette semaine. Mais c’est la faute à la grève et à l’hiver.

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Trop de grève tue la grève

Aujourd’hui, c’est grève, j’imagine que certains d’entre vous résidant en banlieue lointaine n’iront pas bosser. Moi, comme une fille sérieuse que je suis, je vais me démerder comme je peux, je vais essayer de prendre un métro quelque part. Mais bon, je sens que je vais rire. Pour ceux qui ne vivent pas à Paris, je résume : quasi aucun RER, quasi aucun métro sauf ligne 14 car pas de conducteur (mais je m’en fous, la 14 me sert à rien pour aller bosser), pas de train non plus… Le Velib ? S’il en reste un, j’aurai de la chance. Bref, c’est la
merdasse.
 Je ne souhaite pas débattre des raisons de la grève car chacun va avoir son petit avis selon sa position donc je pressens le truc stérile. Non, moi, je vais parler de grève en tant que telle. Ca faisait longtemps qu’on n’en avait pas eu une, depuis l’hiver dernier, de mémoire. Mais là, elle est gigantesque, celle là. Je sais pas en province mais à Paris, c’est le cataclysme annoncé, plein de gens vont rester bloqués chez eux, tout ça, tout ça. Du coup, quelle que soit la cause défendue, les gens ne sont pas vraiment ravis de la situation. Demain, tendez l’oreille,

je vous parie que plus d’une personne sur deux pestera « font chier à la SNCF, ils en foutent pas une et nous, on a le droit d’aller bosser ». Au milieu, il y aura sans doute une petite brunette également excédée qui va pester en attendant son métro… Parce que moi, je veux bien écouter leur cause mais je veux bien aller bosser puisque les régimes spéciaux, tout ça, ça ne me concerne absolument pas. Ce qui me concerne, moi, c’est mon loyer… Solidarité ? Mais ce n’est pas mon corps de métier. Je veux bien être solidaire mais pas n’importe comment.

Ca me rappelle la fac. J’étais au Mirail, fac rouge cramoisie. J’ai subi deux piquets de grève, un dès la première année, un en 2e année de maîtrise, j’avais plus cours donc c’était moins dramatique. Mais la première, je l’ai mal vécue, je me suis sentie prise en otage. On ne pouvait plus accéder aux salles de cours à cause des piquets, donc, on se faisait traiter de fasciste si on ne partageait pas leurs revendications. Autant vous dire que ce genre de comportement n’aide pas à compatir à la situation, loin de là. Surtout que ça virait au n’importe quoi « on est contre le rapport Attali, le 3-5-8 et puis on veut une maison des étudiants dans tous les quartiers et les transports gratuits ! » Et pourquoi pas une
visite gratuite dans un salon de massage ? Un syndicaliste m’avait expliqué un jour que c’était le principe de demander un bras pour obtenir une main… Mouais. Sauf qu’à l’arrivée, leurs premières victimes furent les étudiants qui, démotivés par 3 semaines de grève dures ont laissé tomber.

Du coup, je me pose la question de l’utilisation de la grève. Bien entendu, remettre en cause le droit de grève serait un grave problème. Surtout quand on a fait histoire. Maintenant, la question est : quand faut-il faire grève et comment ? C’est vrai que quand la SNCF ou la Poste font grève, forcément, ça se voit. Quand il s’agit d’une petite PME, beaucoup moins. Mais il est vrai qu’être victime de ces grèves, ça agace. L’hiver dernier, il n’y avait quasi plus de train pendant 3 semaines par chez moi car ils refusaient les nouvelles horaires… Sauf que ce sont les mêmes qu’avant ! Là, y a sans doute aussi un problème de communication sur les causes de la grève, ça nous paraît ridicule, du coup, infondé et juste agaçant.

Bien sûr, le service minimum est une solution. Ma mère est infirmière, si elle fait grève, elle doit quand même travailler, tout comme les pompiers, par exemple… Bon, ok, entre un train et un hôpital, c’est pas la même utilité mais tout de même. J’avoue que je n’aime pas cette sensation d’être prise en otage, c’est obligée de « compatir » à une cause. A la fac, on était « face en grève » pour une poignée qui empêche les autres de bosser.

Mais surtout, la question essentielle que je me pose est : trop de grève tue-t-il la grève ? On n’écoute plus les revendications, on en a marre. Y a qu’à voir les
commentaires sur mon article sur les problèmes de transport, c’est sorti plusieurs fois. Par ailleurs, je me demande si toutes ces grèves ne risquent pas d’amoindrir les revendications futures ? Il est vrai que des grèves ont permis de mettre fin à certains trucs comme le CPE. Mais je sais pas si se battre contre toutes les évolutions est forcément une bonne chose. Ok, le CPE n’était pas une bonne proposition mais il y a des systèmes qui ne fonctionnent plus… N’est-il pas possible de se concerter avant de protester ? Des fois, j’aimerais que les syndicats soient aussi force de proposition plutôt que de contestation, on avancerait plus. Parce que bon, dire non, c’est bien mais on peut plus rester dans l’état où nous sommes…

Enfin, bref, en attendant, bon courage à ceux qui doivent prendre les transports en commun aujourd’hui, je sens qu’on va pas s’ennuyer…

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Génération loser?

Il y a quelques temps, j’ai été interviewée par une journaliste de Technikart sur la génération vingtenaire. M’étant fendu de longues réponses, je me dis que ça a sa place ici, surtout que mes réponses allaient à l’encontre du ton défaitiste de l’article. Bon, je suis journaliste, je sais carrément comment ça marche donc je ne critique pas du tout la demoiselle. Je vous ai surligné le passage qui a été gardé pour l’interview.

 

Avez-vous le sentiment de faire partie d’une génération à part ?  Différente des trentenaires ?

Je pense que nous sommes effectivement différents des trentenaires mais je ne suis pas sûre que la génération « 20 ans en l’an 2000 » soit particulièrement différente des précédentes. Il faut savoir que la décennie vingtenaire n’intéresse personne en tant que telle : si vous regardez les instituts de sondages, statistiques ou autres, vous n’avez jamais la tranche 20-30. C’est plus 15-25 ou 18-25 puis 25-35… Pourtant, à 25 ans, je ne me sentais plus très proche des gens de 18 ans. Par ailleurs, les vingtenaires ne semblent pas être passionnants
comme thème. Si on regarde les films au cinéma ou les séries télés, on se passionne surtout pour les amours des trentenaires (Sex and the city, Clara Sheller, Ally McBeal, Bridget Jones…) ou alors pour les ados pour des histoires se passant au lycée. Pourtant, il paraît que la vingtaine est la plus belle décennie !

Quand je lis la prose des trentenaires, je suis assez agacée par leurs plaintes incessantes, leur rancœur envers les soixante-huitards, les « c’est votre faute si on en est là ». Je pense qu’être vingtenaire, c’est un mélange de réalisme et d’espoir. Depuis un an, je galère, j’ai eu droit à un CDD de trois semaines et un stage de 5 mois, ce n’est pas très glorifiant. Pourtant, je relativise et j’ai toujours espoir : oui, j’ai choisi une branche difficile, oui, je galère. Je ne reçois qu’une réponse sur 10 envoyées et encore, c’est pour me remercier de l’intérêt que je porte à l’entreprise mais ils n’ont rien pour moi. Pourtant, je ne m’angoisse pas plus que de raison, je sais que je finirai par trouver. J’ai confiance en moi et mes capacités. C’est pareil en amour. Je ne vis pas mal mon célibat, ça viendra quand ça viendra. Mon horloge interne ne panique pas encore… Je me donne jusqu’à trente ans pour trouver une stabilité et si elle survient avant, tant mieux.

Je pense que si les trentenaires passionnent tant les médias, c’est qu’ils ont une grosse pression sociale : à trente ans, on se doit d’avoir un emploi ET une famille (ou du moins, être en couple). Si ce n’est pas le cas, on est dans une anormalité qui crée une angoisse, c’est toute la trame des productions que j’ai citées plus haut. Vingtenaire, je cherche pas forcément le père de mes futurs enfants. Trentenaire, ça risque de me chatouiller un peu plus.

Je pense que les vingtenaires ont encore une fraîcheur et une insouciance appréciable. Ca ne veut pas dire qu’on ne galère pas et qu’on n’a aucune conscience des réalités, c’est juste qu’on a foi en l’avenir. On est sans doute aussi plus exigeants envers les gens qui nous entourent, notamment les politiques. On n’est pas encore dans le reproche mais plus dans l’attente
d’une vraie reconnaissance. Depuis quand être jeune est devenu un défaut ?

Certains nomment votre génération celle des Baby-losers ? Vous vous reconnaissez dans ce terme ?

Je trouve ce terme très négatif et défaitiste. Vingtenaire, on a encore la vie devant nous, comment peut-on se définir déjà ainsi ? Je pense qu’on a clairement pas assez de recul pour juger ainsi notre génération. Bien sûr, les temps ont changé, on n’est plus du tout dans une logique de plein emploi. On galère plus que nos parents, c’est certain. Mais le système a changé aussi : avant, la sélection se faisait au niveau du brevet puis du bac. Maintenant, il faut avoir des bac + pour se démarquer et encore, le taux de chômage des jeunes diplômés est assez effrayant. Quand j’ai commencé mes études, du haut de mes 18 ans, je pensais que le monde m’appartenait, qu’un bon diplôme était la garantie d’un emploi. Aujourd’hui, j’ai 26 ans, un bac+5 en journalisme obtenu dans un IEP et on me propose… des stages. Que j’accepte car faute de grives, on mange des merles. Les employeurs réclament des diplômes ET de l’expérience mais il faut bien qu’on débute, nous aussi. La sélection est drastique, on met des candidats en concurrence pour de simples stages, on nous demande un à deux ans d’expérience sur certains stages, c’est proprement hallucinant. Sans mes parents, je serais rentrée dans ma province depuis longtemps. Ceci étant, tous les vingtenaires ne sont pas au chômage, certains tirent très bien leur
épingle du jeu. Je n’aime pas trop les portraits noirs que l’on fait de ma génération. Nous sommes certes moins expérimentés que les trentenaires mais nous avons pour nous notre volonté, notre motivation et on déborde d’idées. Je crois que les entreprises ont tout à gagner à embaucher des jeunes. De toute façon, les formations diplômantes permettent de faire des stages. J’ai pas besoin de 10 ans d’expérience pour connaître mon métier, il ne faut pas exagérer ! Si on me lâche demain dans une rédaction, je serai à la hauteur de ce qu’on attend de moi.

Ceci étant, je réfute quand même le terme de baby-loser car ça donne l’impression qu’on baisse déjà les bras. Alors, oui, on galère, mais on finira bien par tirer notre épingle du jeu. Moi, en tout cas, je ne renonce pas.

C’est vrai qu’on accole souvent des noms négatifs à notre génération : perdue, sacrifiée, génération SIDA… Rien de très joyeux.

Après, en France, il y a toujours eu une méfiance envers la jeunesse, c’est pas nouveau. Les vingtenaires ont toujours été considérés comme remuant et revendicatifs. Si on relit la presse au moment de 68, on se rend compte que les jeunes de l’époque avaient, eux aussi, des revendications, des désirs, des espoirs. Bref, la situation n’est plus la même mais les difficultés
des jeunes ne sont pas une nouveauté non plus.

Il faudra voir où nous en serons dans 20 ou 30 ans pour vraiment voir si nous sommes une génération « baby loser » ou pas.

 

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Du sexe dans mon blog

En ce moment, je lis beaucoup. Je sais pas pourquoi, l’été, moi, ça m’inspire. Bref, je viens d’entamer (enfin, je l’ai fini, déjà…) « la vie sexuelle des magazines » d’Anne Steiger, un livre hautement passionnant, à mon goût. On y découvre un peu les coulisses des rubriques sexo de pas mal de journaux, les bidonnages et tout ça. De là, j’en viens à étendre la réflexion au blog.

 En-amour-les-femmes-ont-elles-change

Depuis le départ, ce blog parle de sexe et puis aussi d’amour mais bon, faut être honnête : en un an, j’ai eu beaucoup plus de sexe que d’amour. Je ne me plains pas, il y a une époque où je me sentais pas d’humeur amoureuse. A nouveau, je me sens pas prête à parler d’un « nous » hypothétique parce que mon pauvre petit cœur a besoin de se soigner mais là n’est pas le sujet de l’article. Donc on a parlé de pas mal de choses, ici, des préliminaires à la brouette. Ceci étant, suis-je prête à tester des trucs rien que pour remplir mon blog ? Vais-je écumer les annonces pour trouver des partenaires de triolisme ou me rendre dans une boîte échangiste juste pour remplir mon blog ? Niet.

 

Dans le livre, Anne dresse plusieurs portraits des journalistes sexo, certains se contentant d’explorer pour faire un article commandé par le rédac’ chef, d’autres militant
ardemment pour un sexe libéré. Par exemple Agnès, journaliste SM revendicatrice, qui crache au passage sur la gueule des Catherine Millet ou Breillat qui véhiculent une sale image de la femme (suis rassurée de voir que je suis pas la seule à penser ça). Moi, je suis pas payée pour écrire mon blog (hélas) donc je ne vois pas l’intérêt de franchir une quelconque ligne de conduite juste pour attraper des lecteurs de plus. Pour les lecteurs les plus anciens et les plus fidèles, vous aurez constaté que si je parle des hommes que je côtoie, je ne parle que rarement des brouettes en elles-mêmes. Et, d’ailleurs, plus je tiens à un mec, moins j’en dis. Non pas qu’il y ait rien à raconter (hihihi !) mais j’ai pas envie de partager ces moments-là avec une autre personne que le jeune homme en question. Ce n’est pas tant une question de pudeur qu’une question de respect, je crois. Et puis même, je suis pas sûre que les lecteurs soient ravis de savoir qu’on a fait l’amour de 15h17 à 15h49 et qu’après des préliminaires riches en jouissance, on a entamé le coït par un sage amazone avant de se retrouver on ne sait trop comment en levrette… Bon, à part les trois du fond qui se paluchent en fantasmant sur Nina, on s’en fout. Et puis d’abord, on se paluche pas en pensant à moi sans autorisation, non mais !

 

Bref, en lisant ce livre, je me suis demandée où était ma ligne rouge. En tant que personne puis en tant que blogueuse. Vais-je aller dans une boîte à partouze juste pour dire
« ouais, moi, je suis une femme libérée, j’ai couché avec plus de 5 mecs en même temps ! ». Bon, je vois pas ce que ça pourrait m’apporter sur le plan humain. Si un jour, l’envie m’en prend, why not ? Mais bon, pour l’heure, c’est pas à l’ordre du jour. Et faire les choses juste pour me donner une image de nana libérée trashy, bof. Mais vraiment bof, j’en vois pas l’intérêt. Je m’en fiche pas mal de pas faire comme les icônes trashs de la littérature ou autre. L’échangisme est à la mode ? Je l’ai jamais suivie, moi, la mode, je vois pas pourquoi ça changerait aujourd’hui. Je ne fais les choses que parce que j’en ai envie, ça me permet de me regarder dans la glace sans rougir.

 

Voilà pour la personne. Maintenant pour le blog. Bon, ici, on parle clairement de sexe et parfois de façon assez « poussée » mais toujours en respectant une certaine
limite. Y a des fois où je me demande : « mais si tu faisais ça, en parlerais-tu ? ». Je crois que tout dépend du ça et avec qui, si ça a changé quelque chose dans ma vie ou pas. Comme tout le monde, j’ai des fantasmes, j’en parle parfois sur le blog. J’ai parlé par exemple du triolisme, mais c’est aussi parce que c’est un fantasme assez partagé et qu’il est intéressant de voir ce que les gens en pensent et, s’ils l’ont vécu, ce qu’ils en retirent. Ceci étant, si j’avais une telle expérience, est-ce que j’en parlerais ici ? Et pourquoi ? Pour faire ma nana libérée qui va au bout de ses fantasmes ? Tant que ce n’est pas fait (si tant est qu’un jour ça se fasse), je ne sais pas. Je crois que si je le fais avec un mec auquel je tiens beaucoup, j’en parlerai pas. Parce que quand j’aime, je partage pas, surtout pas les souvenirs communs. Et puis même, comment en parler ? Comment ouvrir une porte sur mon intimité sans faire dans le racolage gênant ? Tout dépend la façon dont on en parle, certes. Rien ne m’oblige à faire dans le graveleux, j’aime pas ça, de toute façon. Mais si c’est juste pour la ramener, je trouve ça à la limite du pathétique. Ma vie ne se limite pas à mes expériences sexuelles, j’ai beaucoup d’autres centres d’intérêt, il se passe pas mal de choses dans ma vie, même si je n’en parle pas ici. Par exemple, en ce moment, je m’investis beaucoup dans le boulot mais j’en parle pas tous les jours car c’est un peu monotone mes journées, le « lever-petit déjeuner-boulot-déjeuner-boulot-dîner-boulot (ou pas) », les réunions et tout le tralala. Je pense que ça ne passionnerait personne, c’est le genre de petits trucs dont je parle à mes amis mais de là à faire un article, bof.

 

Des fois, j’ai l’impression qu’on est autant dans la surenchère sur les blogs que dans les médias. Ce sera à celui ou celle qui ira le plus loin, qui sera le plus trash, le plus
subversif… Bof, ça m’intéresse pas. Je vous raconte pas mes séances de masturbation, ce que je peux bien faire d’Ernest le gode dans ses moments-là, si tant est que je l’utilise (ça, vous saurez pas)… Parler de masturbation en général est un sujet intéressant (j’en parlerai un jour). Un article « hier soir, je me suis masturbée comme ça et comme ça », je sais pas trop à quoi ça m’avance. Comme si j’étais la seule à me masturber, tiens ! Après, on peut parler des expériences que l’on fait en toute pudeur comme Emma l’a fait avec les boules de geisha. C’est pas pour flatter ma copine que je dis ça mais son article est un modèle du genre : elle raconte de façon claire sans pour autant tomber dans le vulgaire et bêtement racoleur. Il me semble que de tous les articles que j’ai écrit ici, le plus excitant (enfin, au vu des comms) fut celui sur le baiser. Tout simplement. Un truc que tout le monde partage, les plus prudes comme les plus chauds. Je me refuse à aller très loin dans le sexe juste pour en parler sur mon blog. Il y a même des sujets que je ne peux pas aborder. Par exemple, un jour, je parlais à Gauthier de ma première fois et il m’a dit : « non, ça, tu peux pas en parler sur le blog ». Effectivement, je peux pas sans tomber dans le trash et puis, depuis le temps, c’est digéré, je vois pas ce que ça m’apporterait. Et ce que ça t’apporterait à toi, lecteur.

 

Oui, lecteur, c’est aussi à toi que je pense dans ses moments-là. Un an que j’existe sur la blogosphère et je pense que ce que tu aimes chez Nina, c’est pas son côté aventurière du sexe (pas très présent, surtout en ce moment de non vie sexuelle) mais plus le côté « tentative d’analyse des relations hommes/femmes et de la vie des vingtenaires en général ». Je crois, et tu me dis si je me trompe, que tu t’en fous de savoir que j’ai baisé la nuit dernière et dans quelle position (je précise, j’ai baisé avec personne, cette nuit). Et je m’en fous de te le raconter, ça tombe bien. Ce que tu aimes, ce sont les histoires, les « comment on s’est rencontré », « comment ça s’est terminé » (oui, hélas pour moi, ça se termine, des fois), le « ce que ça m’a apporté et pourquoi c’était bien à ce moment-là ». Je crois, lecteur, que ce que tu aimes, c’est l’histoire de deux personnes qui se rencontrent pas juste un pénis et un vagin qui se mêlent (ou autre configuration selon les personnes impliquées).

 

Donc, lecteur, aujourd’hui, je te le dis. Je n’irai pas dans un club échangiste juste pour te le raconter. Je ne coucherai pas avec une fille juste pour te le raconter. Je baiserai pas avec Sagamore Stévenin juste pour te le raconter. Ceci étant, si ça arrive, je vais pas bouder mon plaisir, hein ! Mais je ne franchirai jamais la ligne rouge juste pour attraper deux lecteurs de plus. Je ne vis pas ma vie en fonction de mon blog et je ne vais pas faire des trucs qui ne m’attirent pas juste parce que j’ai rien trouvé de mieux que le sexe pour me mettre en avant. Au fond, je ne suis qu’une fille comme les autres. Et c’est précisément pour ça que tous les jours, tu viens prendre des nouvelles de Nina, lecteur. Me trompe-je ?

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Pan dans les dents !

Aujourd’hui, je me suis pris une claque. Pas physiquement, personne ne m’a frappée, ce fut une claque symbolique.
 
La vie est parfois étrange. On se lève, le matin, de bonne humeur, le cœur allégé par la brouette de la veille, tout va bien. Je m’habille et je file à un rendez-vous en ville avec Sab et Gauthier. En chemin, la demoiselle m’avertit qu’elle ne pourra pas déjeuner avec nous mais elle nous rejoindra après. Soit. J’arrive au lieu de rendez-vous, je me pose contre la barrière de l’entrée du métro, j’allume négligemment une clope. Il  fait beau, la vie est belle ! Mais le drame est proche…
 
A un moment, un gars s’approche, il parle au mec à côté de moi puis il vient me voir. Polie, je l’écoute qui m’explique qu’il vend des briquets pour le bizutage de son école de commerce. Je lui explique que je connais le principe. « Ah, vous êtes étudiantes ?
– Non, j’ai fini. »
Et, là, c’est le douche : je ne suis plus étudiante. JE NE SUIS PLUS ETUDIANTE ! C’était la première fois que je l’énonçais verbalement et prononcer cette phrase m’a fait étrange. Du coup, je me suis retrouvée en tête à tête avec ma cigarette et j’ai réfléchi à ma nouvelle condition.
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Une fac couleur rouge
Qu’est-ce que c’était, être étudiante ? Heu… Me lever à 7h tous les matins pour aller m’abreuver à la source de la connaissance, je partageais mon temps entre les cours et les séance de révision à la bibliothèque, j’avais toujours trois livres sous le bras, des pages de cours couvertes d’une écriture précise et stylée… Bon, d’accord, j’avoue, je mens. A la fac, j’ai appris à jouer à la belote et au tarot ! J’ai passé un temps pas croyable à la cafétéria (pas du tout aussi belle que dans Hélène et les garçons), les serveuses nous connaissaient, on s’est même fait un bowling avec la plus sympa d’entre elles. Mais surtout, à la fac, y avait des personnages haut en couleur.
 
Il y a avait d’abord les syndicalistes. Je n’ai rien contre les syndicalistes en général, mais à ma fac, il y avait quelques spécimens pas piqués des vers dont le plus célèbre d’entre eux, Jésus, alias je sais plus quoi de son vrai nom. Naturellement, nous l’appelions Jésus en raison de sa longue chevelure et de sa barbe qui lui donnait un vague air de Jésus, donc. Il était petit, vraiment petit, un mètre 60 à tout casser. Sa chevelure était impressionnante, on y aurait perdu un peigne si on avait tenté de discipliner tout ça. Evidemment, il avait le keffieh, comme tous ses camarades. Outre son caractère anarchiste, il était également militant végétarien. Sur les murs de la fac, des petits autocollants ont fleuri : « celui qui se dit pacifiste et qui mange de la viande est un fumiste ». Du coup, des rigolos ont inventé un nouveau syndicat : « carnivore » avec un petit journal racontant l’agonie d’une carotte ébouillantée vivante sans que personne ne lui ai demandé son avis.
 
Sinon les syndicalistes extrémistes de ma fac avaient une particularité. Dès que nous n’étions pas d’accords avec eux, on se faisait traiter de fasciste. On est contre la grève, on est fasciste, on refuse de manifester avec eux, on est fasciste. Une fois, j’ai quitté une AG avant la fin, ça faisait quatre heures que j’y étais et j’en pouvais plus. Une nana m’est tombée dessus et m’a traitée de fasciste car je ne respectais pas la démocratie… Bon, quand j’ai commencé à lui répondre, elle s’est cassée, elle devait penser que j’allais me laisser insulter comme ça… Je sais pas comment c’est dans les autres facs mais dans la nôtre, ils étaient tellement agressifs avec leurs discours pré formatés qu’ils n’étaient franchement pas appréciés. Cependant, j’en côtoyais quelques uns et j’ai eu une conversation un jour avec l’un d’entre eux.
« Mais comment tu veux qu’on vous prenne au sérieux à force de revendiquer tout et n’importe quoi ?
Non, on ne fait pas ça !
Mais si, regarde : en 98, vous avez manifesté contre le projet Attali et, à l’arrivée, dans la liste des revendications, vous avez demandé le SMIC étudiant et le transport gratuit pour les étudiants, c’est ridicule !
Oui mais pour avoir ça (il montre sa main), il faut demander ça (il me montre son bras). »
Bon, sur le principe, ok, mais quand les revendications sont remontées au Ministère de l’Education Nationale, ils ont dû rire : bien sûr, il vont intervenir exprès auprès de la SEMVAT (qui gérait les transports toulousains à l’époque) pour nous assurer des tickets gratuits…
 
Quel bonheur d’être fous
Mais le mieux, à ma fac, c’était les fous. Et y en avait un paquet ! Tous localisés au resto universitaire (RU) et ayant une passion pour notre table. Il y avait d’abord Ginette, la sex symbol de service (humour). Outre le fait qu’elle était fringuée bizarrement avec sa banane et son sac en strass, elle était d’une lourdeur peu commune. La première fois que je l’ai vue, elle s’est installée à notre table, je l’ai prise pour une copine de Guillaume avec qui je sortais depuis quelques jours. J’étais en train de bosser sur je ne sais plus quoi (oui, je bossais au RU, ça va !). Et là, elle commence à me parler, à me raconter des trucs louches, qu’elle lit Raymond Aron pour passer son diplôme (équivalent bac pour intégrer un DEUG, j’ai oublié le nom). Pendant ce temps, Guillaume ne pipe mot, je me demande bien qui est cette fille avec qui j’ai un vrai dialogue de sourds et je finis par être très sèche, j’avais autre chose à faire que d’écouter ses délires. Ginette finit par partir (ouf !) et là Guillaume me révèle : c’est une grosse lourde qui le colle, il ne la supporte pas.
 
Pourtant, cette fille était fascinante : elle trouvait tout beau. Moi, ma trousse, mon livre, mon stylo encre, mon écriture (ahahah !), la carte de la Méditerranée de Gauthier (ahahahahah !), tout quoi. Elle arrivait, elle faisait : « salut les amis ! », personne ne lui répondait. Ou alors, son grand truc, elle nous attrapait quand on passait à côté d’elle et elle nous faisait : « salut-ça-va-et-toi ? ». Sinon, elle s’asseyait parmi nous si nous avions le malheur d’avoir une chaise vide et elle agissait par mimétisme. Du genre, un jour on jouait à la belote (pour changer) avec mes futures ex-amies et une fait : « allez Nina, pose ton valet ! » et l’autre : « allez Nina, pose ton valet ». Un autre tour, je fais un coup magistral (pour une fois que j’ai du jeu) et mes copines applaudissent. Trente secondes plus tard, l’autre nous imite… Avec elle, j’ai appris l’art d’ignorer les gens avec qui je n’ai pas envie de parler, tout un art.
 
Sinon, il y a « la vieille qui pue », qui hante tant la fac de sciences sociales que la fac de sciences humaines. Quand on passe près d’elle, il y a comme un étrange parfum d’égouts… A côté, le métro parisien sent bon le printemps. Bon, ce n’est pas tant ça, le problème. Elle est folle, mais d’une force. Déjà, quand elle marche dans la rue, ça fait : « pied droit-insulte-pied gauche-insulte… ». Donc, quand on la croisait, on avait droit à un charmant : « sale petite pute, pétasse, bande de cons ! ». Fallait pas le prendre pour soi, elle poursuivait cette litanie incessante à longueur de temps, indépendamment des gens qu’elle croisait. Un ami m’a raconté des trucs marrants à son sujet. En fait, cette femme passait sa journée à la bibliothèque, elle prenait les livres un par un et elle en recopiait l’index ou la table des matières, je me souviens pas… Si jamais il manquait un livre (ce qui arrive souvent dans une bibliothèque), elle pestait : « quelle bande de petits bâtards ! ».
 
Cette dame habitait à côté des parents d’un gars et elle était franchement TRES dérangée. Un soir, la voilà qui tape à la porte de ces gens-là.
« Oui ?
– Pourriez vous dire à votre mari d’arrêter de traverser les murs, ça me dérange ! »
 
Mais la plus belle, la plus forte, la plus merveilleuse de tous ces frappadingues, c’était Pascale ! Championne du monde de la folie ! Tout a commencé un jour où on jouait à la belote, il y avait Gauthier, Guillaume mon mien, Guillaume bis (un ami de lycée de Gauthier) et votre dévouée. On joue quand, tout à coup, une femme se penche sur Gauthier et lui dit : « pour la malle de la voiture, c’est d’accord ! ». Elle s’éloigne un peu, se retourne : « c’est d’accord, hein, c’est d’accord ! ». Forcément, on explose de rire, Gauthier ne comprend rien, on n’en peut plus. Arrive notre serveuse préférée qui se penche vers nous et fait : « elle est pas bien, elle, hein ? ». Et là, elle nous parle de Mme Pascale, la fille qui s’amuse à arracher les affiches des syndicalistes à peine il les ont collés… Ce n’est pas un acte politique, c’est juste qu’elle est tarée. Une fois, elle va voir une serveuse du RU et lui fait : « toi, tu t’appelles Djamila !
Non, pas du tout.
Si, si, tu t’appelles Djamila !
Mais non !
SI TU T’APPELLES DJAMILA !!
Oui, oui, ok, je m’appelle Djamila.
Avec un ou deux L ? »
Voilà, c’est Pascale ! Une fois, j’accompagnais un ami à un examen et là voilà qui s’assoit à côté de moi. Alors que je discutais avec mon ami, elle se penche vers moi et me fait : « j’ai pris mon chéquier au cas où ! » Oui, tu m’étonnes ! Je lui adresse un « oui » poli et je reprends ma conversation mais elle poursuit : « on dit fidiciaire ou fiduciaire ? ». Comprenant qu’elle parlai économie, je lui réponds fiduciaire mais le meilleur est à venir. Je reprends ma conversation et là, notre ami fait fort : « vous aussi, vous attendez pour le cours Bi fifty two ? (B52) ». Tout le monde se regarde atterré et là, un mec, trop fort, lui répond : « non, ça, c’est un avion, à la limite un groupe de musique mais pas un cours ! » « ah, d’accord ! ». Mon ami va pour passer son oral, je ne veux surtout pas lui parler donc je plonge le nez dans le seul bouquin que j’ai sous la main, à savoir un plan de Paris. Je l’entends qui parle, qui glousse, puis elle part passer son oral. Je regarde le mec qui était à côté d’elle.
« Tu la connais ? lui demande-je
Non.
Mais vous n’étiez pas en train de parler ?
Non, elle parlait toute seule… »
Seigneur Dieu !
 
Et voilà, je ne suis plus étudiante, je n’aurai plus l’occasion de fréquenter tous ces gens décalés, fous, d’un autre monde… Et je ne pourrai plus jouer à la belote tous les jours entre midi et deux.
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