Haute toxicité

Parfois, je me demande ce qui transparaît à travers mes non dits sur ce blog. Peut-être que les plus attentifs d’entre vous auront saisi qu’en ce moment, j’avais comme un caillou dans ma chaussure. En fait, en guise de caillou, c’est carrément du poison à haute toxicité qui pourrit ma vie actuellement. Et pour la première fois de ma vie ou à peu près, j’ai décidé d’arrêter de subir. Et pour ceux qui ne comprendraient pas de quoi je parle, parlons travail.

Burnout

Aloooooors. Je vais vous la faire courte cette fois-ci mais je pense vraiment faire une série d’articles façon journal d’une démissionnaire mais en axant ça autour de la toxicité professionnelle justement. Fin 2017, en rentrant du Japon, je décide de changer d’emploi car je récupère une nouvelle N+1, ex meuf de mon équipe avec qui nous avions d’excellents rapports et qui va peu à peu me la jouer à l’envers, masquant son incompétence par une répression délirante… J’ai eu droit à une convocation chez la RH pour une histoire de mail où je n’ai pas répondu à temps… pour un client annoncé perdu quand j’ai commencé à taffer dessus et qui a finalement resigné. Voilà, voilà. Et encore, j’étais pas celle qui prenait le plus cher, ma collègue chouchoute a été arrêtée quasi trois mois, rongée par son burnout… Donc il était temps que je mette les voiles. Avril 2018, je signe un nouveau contrat et j’arrive à arracher 1 semaine d’intercontrat car ma grosse connasse de N+1 a tout fait pour que mon départ se passe mal (elle a “omis” de prévenir les RH que je partais plus tôt que la fin de mon préavis et donc, je suis partie sans mes papiers, reçus quelques jours plus tard. Elle s’en est excusée cependant… auprès de ma collègue burnoutée qui a démissionné juste après moi. Sinon, elle avait également refusé de s’occuper de la cagnotte pour mon pot de départ et a carrément oublié ledit pot de départ. Une personne charmante, donc).

Gérer un manager toxique

Je quitte donc un environnement toxique, soulagée, libérée, délivrée… et pas de bol, j’ai trouvé pire. Pire mais différent puisque d’une N+1 perfide, je suis tombé sur un N+1… fou, je crois. Je refais courte mais j’ai été embauchée pour être consultante social media (mon taf de base), on m’a annoncé à mon arrivée que je serai désormais consultante webmarketing (en gros, traffic manager avec une appétence pour les stratégies d’acquisition et faudrait que je devienne une experte du marketing automation). Quand on m’a annoncé ça, j’étais… ivre de joie. Pour de vrai. Je voulais changer de branche, voici l’occasion qui me tombe du ciel, c’est tellement incroyable ! Sauf que mon boss est un tyran qui me parle très mal, m’engueule au bout de 15 jours car ma recommandation d’accompagnement paid est mal branlée (oui, bonjour, j’ai pas fait de paid depuis 4 ans, une éternité sur les réseaux sociaux). Ca fait 4 mois que je m’en prends plein la gueule car il refuse de comprendre qu’on ne devient pas expert en deux jours, que je n’ai pas le temps de me former correctement vu que j’ai des tâches à réaliser (et que s’il veut que je prenne le temps de me former, autant m’en payer une de formation… J’ai accepté de changer de métier, un petit coup de pouce ne serait pas de refus). Jusqu’à ce jeudi il y a quinze jours et son “mais c’est complètement débile ce que tu as fait” et qu’il insiste jusqu’à ce que je craque “bah oui, c’est débile, qu’est-ce que tu veux que je te dise ?”. Et la prise de conscience : ce mec ne sera jamais satisfait de mon travail. Je prépare un excel pour des reportings hebdos ? “Un torchon”. Ah ben oui, j’ai pas mis le logo de la boîte et j’ai laissé le quadrillage (je déteste les excels sans quadrillage, j’avoue). Tout ce que je fais est mauvais, “débile”, “pas pro”, “comment je peux avoir confiance en toi alors que t’as pas testé la campagne sur mobile” (oui, ça buggait, j’ai dépensé 40 euros pour rien, veuillez me punir), “tous tes chiffres sont faux (non, juste 3 dans un excel d’une dizaine d’onglets), “tu es experte des réseaux sociaux et tu ne proposes même pas de campagnes en retargeting, je suis déçu” (je suis spécialiste des réseaux sociaux sur la partie éditoriale, pas paid, une nouvelle fois). Tout n’est que citation, hein. Quand il m’appelle (il n’est présent que 2 jours par semaine, il est dans d’autres bureaux le reste du temps), j’ai de l’acide dans le bide, on se gueule dessus une semaine sur deux.

Environnement de travail à haute toxicité

J’ai essayé. Vraiment. Parce que je voulais prendre ce virage qui s’offrait à moi. Mais le mec m’a garni la route de minuscules cailloux, le dérapage était inévitable. En me vendant à tous, y compris en interne, comme une experte d’un métier que je ne connaissais que vaguement (j’ai une relativement bonne culture digitale mais de là à exécuter avec brio, hein…), parce qu’il refuse de relire mon CV et voir que je n’ai pas les compétences qu’il est persuadé que j’ai, parce qu’il me rabaisse en permanence en m’expliquant que tout le monde me trouve nulle et d’ailleurs, c’est bien vrai que je le suis, la preuve, liste de tous mes manquements depuis que je suis là (une liste à 4 ou 5 points dont certains sont là parce qu’il lit pas ses mails et croira toujours une personne qui me crachera à la gueule que moi alors qu’il est en copie du mail qui démontrait que j’avais bien fait mon taf), parce que la fille que j’ai remplacée n’a pas tenu plus de 6 mois. Et que je ne battrai pas son record.

Démissionner pour échapper à un environnement à haute toxicité

Je me suis trompée en prenant ce poste. Le mec avait été brieffé par la RH pour arrêter d’engueuler les candidats en entretien, il fut charmant avec moi. Je vous jure, j’attendais ce taf en expliquant à mes futurs ex collègues “ohlala, ils ont l’air tellement bienveillants”. Quelle arnaque, bordel. Ils ont prolongé ma période d’essai, j’en suis ravie… parce que ça me laisse trois mois pour partir de là sans trop de perte… par contre, pour le fracas, je ne vais vraiment pas garantir car je crois que je vais pas trop me priver.

Démissionner pour échapper à un environnement à haute toxicité

Bref, CV mis à jour, on candidate, on est partis !

PS : Article écrit y a 15 jours, je crois, il s’en est passé de choses depuis. Mon livre noir du travail s’annonce velu.

 

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C’est juste une question de tempo

Si je devais résumer ma vie, j’y verrais une sorte de fuite en avant couplée à une foi en l’avenir sans failles. En résumé « d’abord je règle ça, après ça ira mieux ». Toujours ce côté « il suffit de changer un ou deux paramètres et hop ! ». Sauf que manifestement, je ne trouve pas le bon tempo et ma vie rêvée reste hors de portée.

Le temps qui s'envole
Quelque part cet hiver, Anaïs me parle de son nouveau copain et m’explique « il veut finir de gros travaux avant de chercher un nouveau taf mais s’il le faut dans ce sens, il ne fera jamais rien. » Je hoche la tête avec grande conviction et un peu d’angoisse : je sais qu’elle a raison car je me mets régulièrement dans la même panade que ce jeune homme. Vous savez quelle est la petite ritournelle que j’ai souvent en tête ? « Pour moi la vie va recommencer ». Parce que chaque surplus est vécu ainsi « allez courage, accroche-toi, tu fais ça et après, tu vas pouvoir te la couler douce. ». Quand j’étais étudiante, quand je passais mes soirées à retaper mes notes ou rédiger un mémoire, je me disais « ohlala, ce sera tellement bien la vie active : rien à faire le soir, j’aurai plein de temps pour écrire ! ». L.O.L . Idem quand j’étais au chômage, ma vie était suspendue à l’obtention d’un taf. Et aujourd’hui, je n’attends plus que de changer de taf pour pouvoir vivre à nouveau tellement celui-ci me bouffe.

Métronome qui donne le tempo
Sauf que… est-ce que la nouvelle situation répond à mes attentes ? Je n’écris pas beaucoup le soir car je n’ai plus trop d’énergie. Ouais à 20 ans, on est frais, on peut enchaîner journée de cours, séance bibliothèque et retape des notes pour en faire quelque chose de lisible 3 mois plus tard sans trop trembler. A 38 ans, c’est un peu difficile de pondre de la reco, des plannings éditos, des audits, du reporting… sans avoir le cerveau qui te coule un peu par les oreilles à un moment. Et le travail, est-ce qu’il m’a apporté une certaine félicité comme je l’esperais quand j’étais au chômage ? Il m’a apporté la tune pour me payer des vacances pour me requinquer de l’exploitation et culpabilisation quotidienne. Tant de souffrance pour juste un peu de plaisir… le monde du travail, c’est trop 50 shades of grey…

La souffrance au travail
Du coup, est-ce que je calcule mal ma feuille de route ? Non parce que le pire dans mon histoire, ce sont les regrets. « Ah, si j’avais su que l’on chômage serait si long, j’aurais voyagé, pris des cours… » « Pourquoi je me suis barrée de telle boite ? C’était si peinard, j’aurais pu écrire tout le temps entre 2 tâches, ca aurait été canon ». Bon, ok, j’étais bored out, comme on dit. Après, c’est facile de réécrire l’histoire, d’autant que je suis la reine pour mettre une très jolie patine dorée sur mon passé. Aujourd’hui, mes années chômage ne me paraissent pas si dramatiques alors qu’à un moment, je me couchais à 6h du mat en ayant un peu bu pour être sûre de m’endormir sans ressasser d’idées noires… Je regrette un peu de ne pas avoir profité de cette période pour voyager, m’améliorer en langues, prendre des cours… avec quel argent ? Chut, laissez moi réécrire l’histoire en y ajoutant une bonne couche de déni.

Femme nostalgique
Bref, le temps de faire les choses me parait toujours dans le passé ou le futur, jamais le présent… et il est évident que c’est un tort.

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Connasse de marketeuse

Y a des moments dans la vie où la vérité me tombe dessus telle une averse glacée, me frappe au visage tel le blizzard canadien, me met à genou tel un coup de poing dans le ventre… Bon, bref, des fois, j’ai des révélations et certaines me glacent comme celle-ci : je suis une connasse de marketeuse.

Pendant longtemps, le marketing fut pour moi une lointaine nébuleuse dont je n’identifiais qu’un élément : ma soeur. Mais de là à comprendre ce qu’elle faisait précisément, il y avait un fossé. Et puis j’ai été attrapée par l’attraction de cette nébuleuse (je suis pas convaincue de la valeur scientifique de ma métaphore mais j’aime la notion d’attraction de la nébuleuse) et petit à petit, j’ai intégré le système. Pire, je suis devenue le système. En clair, ça donne quoi ? Ce genre de discours « blablabla prés’ blablabla slides blablabla reportings blablabla bench’ blablabla trends blabla metrics blabla ROI KPI CPC CPA CTR lalalilalilala » (j’ai récemment redécouvert François Pérusse, mon écriture s’en ressent légèrement). Bref, je jargonne sans même m’en rendre compte, rendant mon discours particulièrement opaque pour les non initiés.

Mariage de Lena, je discute autour du feu avec Suzie qui connaît bien notre univers magique. « Non mais tu vois, le CM BtoC [prononcez BitouCi] et le CM BtoB [BitouBi] blablablabla ». Elle me fait « oui, oui. Tu sais que je suis à peu près la seule à comprendre ce que tu dis, là ? ». « Oh tu crois ? Attends… Hé Fabien [aka le prof de physique devant qui j’ai critiqué les cours de physique avant de faire une blague involontaire sur les ohms], si je te parle BtoB, ça te dit quelque chose ? » « … ». Ok, faudra un jour que j’étudie les mécaniques de communication entre un prof de physique et une marketeuse, ça n’a pas l’air simple…

Bref, quand je suis rentrée dans le marketing, je me moquais de tous ces gens parlant un espèce de gloubi-boulga franglais pour faire initié, alors même que mon ex stagiaire américaine m’expliquait qu’on utilisait la plupart des mots à tort et à travers (genre un benchmark, en anglais, c’est pas cette observation du marché tel qu’on l’entend). On forwarde, on suit les process, on se call back à propos de long tail, updates, on dit « c’est Nina du social (sochieul) », je dis « je suis chef de projet social media, je bosse dans le marketing digital, quoi… » et j’observe les gens qui ne sont pas du milieu ne rien capter à ce que je leur raconte et je ne leur en veux pas car je ne suis même pas sûre de comprendre moi même. Verbiage, acronymes et anglicismes, petite smoothie d’un wording qui ne sert qu’à faire croire qu’on maîtrise parfaitement les paramètres.

Et ça contamine. Je ne mets plus aux couleurs de, je brande, je fais même du brand content, du content plan, je me prétends crânement « SMO » (social media organizer). C’est pareil que chef de projet SM mais c’est plus international, voyez. On sort un peu des slots. On se moque de ce langage mais on l’adopte malgré ça. Je raconte ma journée à mes copines qui ne baignent pas dans le digital, elles me laissent parler poliment avant de me dire « Oui, heu…j’ai rien compris à ce que tu racontes ». Et à chaque fois, je rougis, je me dis que la contagion ne cesse de s’étendre et que bientôt, je serai condamnée à ne fréquenter que des marketeux car seuls eux me comprennent. Alors même que je prends un pied monumental quand je parle à des gens qui n’ont pas de blog, de Facebook ou de Twitter, qui ne connaissent pas les blogueurs ou twitterers influents et qu’en plus, ils s’en foutent. Et pourtant, je reprends mon discours à base « d’affect/affinitaire », « inspirationnel » et j’utilise des mots comme hipster, swag en pensant que tout le monde me comprend.

Et à l’inverse, je peux me montrer complètement pédante en pensant parler à des non-initiés, à leur expliquer le B-A-BA du web qu’ils connaissent déjà ou carrément balayer d’un geste de la main « non mais c’est trop compliqué à expliquer quand t’es pas du milieu ».

Bref, je suis une connasse de marketeuse (oui parce que j’alterne les 2 minutes du peuple avec Bref. Je pense devenir la fille la plus relou du monde dans deux semaines max)

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Powerpoint – CV : même combat

Dans le monde merveilleux de la comm/marketing, nous avons un outil que nous affectionnons par dessus tout : le powerpoint. Le powerpoint, il nous sert à tout : répondre à un appel d’offre, animer une réunion, présenter nos services, faire une recommandation, faire un reporting… Bref, quoi qu’on ait à dire, on le dit en diapo. Oui mais voilà, au pays des slides, une guerre fait rage : doit-on faire une présentation épurée ou trop waouh ?

Pour ma part, j’ai toujours été méfiante du “waouh la forme !” en matière de présentation. De 1, ça prend du temps de trouver l’image trop canon pour donner un effet boeuf (j’ai jamais compris cette expression au passage). Mais surtout, de 2, ça peut perturber les gens à qui tu fais ta présentation. Il faut savoir qu’une présentation se déroule en général comme suit : une ou deux personnes qui déroulent le powerpoint en commentant les slides et le reste qui écoute. Or en général, les présentations se font dans des bureaux aux murs de verre ou dans un recoin d’un espace dédié aux rendez-vous avec du passage, donc. Et là, c’est un peu l’effet chaton qui fixe son attention sur tout ce qui bouge ou ce qui brille. Comme par exemple la super image que vous avez choisi pour illustrer votre propos. Le client retiendra-t-il l’image ou le discours qui y est associé ? Le suspense est à son comble !

Ca me rappelle l’éternel débat sur les CV. Lors de ma première recherche d’emploi, alors que j’étais jeune et persuadée que mon diplôme était un sublime passe partout pour ouvrir toutes les portes, je changeais mon CV tous les trois jours selon les préconisations des uns et des autres.
– Ton CV, il doit tenir en une page et c’est tout.
– Non mais fais le en deux pages parce que là, la police sera trop petite et ce sera pas lisible
– Mets pas de photo, on pourrait croire que tu penses que ça va jouer en ta faveur.
– Mets ta photo, on va croire que tu caches quelque chose sinon…

J’en passe.

Pour le powerpoint, c’est pareil : un coup on te dit qu’il faut être factuel : de la donnée sans fioritures, des termes simples et efficaces. C’est pas de la photo que tu vends, c’est un concept. Oui, ok. Et à l’inverse, faut rendre le truc sexy avec des animations de dingue pour montrer qu’on est des gens funkys, inspirés et que ces modestes diapositives sont à notre image : inspirées, créatives. Alors, tu signes, oui ?

Perso, je suis de l’école de l’efficacité. Un chat étant un chat, je le dis, je balance chiffres et mots clés parce que les photos créas arty mes fesses, c’est même pas moi qui les ai prises. En guise d’illustration, je trouve nos réalisations que la photo trop waouh trouvée sur flickr ou sur Fubiz. Et puis, les powerpoints trop esthétiques, ça me paraît toujours un peu cache-misère. Que caches-tu derrière ces belles images ? Mais tel un CV, la vraie question est : la forme peut-elle réellement être discriminante ? Est-ce qu’un CV d’1 ou 2 pages sera retoqué parce que le format ne plaît pas au recruteur. La photo ou l’absence de est-il forcément éliminatoire ? Des diapos épurées seront-elles plus ou moins convaincantes que des diapos waouh ? Est-ce que tout ça n’est pas des querelles sans intérêt. Je veux dire tant qu’on n’arrive pas à ça :

Le seul avantage d’utiliser des images arty dans ses powerpoints, c’est que ça donne enfin une utilité au pinage de pinterest

PS : Est-ce que je vous parle la prochaine fois d’infographie ou tout ceux qui ne bossent pas dans la comm/marketing ne ressentent pas la moindre once d’intérêt pour les powerpoints et co ?

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Le stress pré vacances

Juste avant de vous parler de mes vacances en Thaïlande, parlons de ce que je déteste par dessus tout : le stress pré vacances. Vacances J-2, 3 ou 4. Alors que dans votre tête, vous commencez à exécuter la danse de la victoire, votre corps, lui, est lancé dans un terrible sprint final, une course de longue haleine nécessitant de mêler endurance et vitesse que nous appellerons « la course de la to do list ». En gros, le lundi, tu arrives en te disant « hiiiiii, dernière semaine avant vacances » puis tu regardes ton cahier to do list (oui, j’ai un cahier dédié à ma liste de tâches) et là, ça te prend à la gorge, la terrible angoisse. TOUT CA ?? BOn, respire ma fille, tu peux le faire, tu sais le faire. Un petit reporting, ça va vite. Un planning édito ? Les doigts dans le nez. Hop, hop, travaillons pour obtenir ce plaisir subtil et éphémère de cocher la case pour dire que c’est fait. Sauf que tes clients, ils s’en foutent un peu de ta belle to do list rédigée avec soin le lundi matin. Eux, leurs demandes, c’est tous les jours de la semaine, c’est normal. Arrive mon fameux phénomène d’asthme mental. Ou plutôt de noyade mentale : tu es enfermé dans une boîte et le niveau de l’eau ne cesse de monter, tu essaies d’écoper avec une mini éponge mais tu ne peux endiguer le flux. Et ton taux de stress est proportionnel au niveau de l’eau, tu commences à flirter avec la panique, voire l’hystérie : au secours ! Alors à un moment, tu tries. Tout est urgent, rien ne l’est, donc. Tu priorises du mieux que tu peux, tu essaies de réduire au maximum les délais d’exécution. Tu pleures dès que ton téléphone sonne et que tu sais qu’au bout du fil, la personne a une demande « urgente » et qu’elle aimerait même que ce soit fait pour hier. Il y a des jours où je me dis que je devrais rapidement inventer une machine à voyager dans le temps, ça devient urgent là. Donc tu dis oui, tu dis non, tu pars deux minutes de ci de là à accéder aux petites requêtes doivent être exécutées maintenant parce que « mais ça prend juste deux minutes ». Oui mais les minutes, une fois dépensées, tu les récupères pas. Et au lieu de mettre 3 minutes à faire une slide, t’en mets 15 et tu restes bloquée sur cette phrase entamée coupée en plein milieu car quelqu’un est venu te demander un truc. Mais qu’est-ce que je voulais dire déjà ? Comment terminer cet embryon de phrase qui danse sur ta slide blanche, comme s’il se moquait de toi. Les embryons de phrases sont mesquins. C’est la veille du départ et cette pute de to do list ricane en te montrant du doigt, en te faisant bien sentir que tu n’y arriveras pas. Tu fais de ton mieux, tu mobilises ton énergie en te répétant mentalement ton nouveau mantra : “efficacité”.Je peux le faire, je peux le faire. Ah ta gueule le téléphone ! Je sais qu’au bout du fil, mon interlocuteur veut que je fasse quelque chose en urgence, quelque chose qui n’est pas dans ma to do list. Maaaaaaaais, personne n’a entendu quand j’ai dit que j’étais en vacances le soir même ce qui signifie clairement “je dois finir à tout prix mes tâches ce soir alors tais-toi, laisse moi tranquille”. Mais non, tu n’avances pas, tu sens la pression monter, encore, encore, encore. 20h, tu n’en peux plus. Tu dois encore rentrer chez toi terminer ton sac et repartir chez Anaïs. Tic tac tic tac… Tu renonces, tu sais que tu ne peux plus, il te reste à minima une demi-journée de travail sur ta to do list. Alors tu ouvres un mail intitulé à peu de choses près : ce qu’il reste à faire. Puis tu ranges ton bureau, tu éteins ton ordinateur, tu dis au revoir aux deux qui restent puis tu prends l’ascenseur. Une fois les portes refermées, tu souris : tu es en vacances !

Pour fêter ça, je ramène une petite bouteille de champagne. Demain, nous serons dans l’avion destination la Thaïlande.

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L’objet de ma rêvasserie

Je vais débuter par une confession : j’adore rêvasser. Le matin, quand je m’éveille tirée de mon sommeil par mon réveil et que je ne me lève pas car je suis infoutue de tenir ma résolution de stopper le snoozing, j’aime me prélasser sur mon matelas et rêvasser. Objet de ma rêvasserie préférée : les hommes. Sauf qu’en ce moment, je suis un peu à sec niveau objet de fantasme.

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Quand j’étais ado, il fallait toujours que je sois amoureuse. Parce que les cours, c’était long et pouvoir s’évader quelques instants pour s’imaginer dans les bras de X ou Y, c’était très sympa. Je suppose que cette propension à la rêverie m’encourageait à tomber amoureuse du “beau mec là-bas” avec qui je n’avais pas la moindre interaction. Parce que comme ça, je ne risquais pas de me prendre un râteau et, donc, de casser ma rêverie. Alors j’imaginais qu’ils venaient me parler et me déclarer leur flamme. J’ai pu éventuellement imaginer que j’allais moi-même leur parler mais à cette époque, j’étais bien trop godiche pour faire le premier pas. Parce que d’abord, paraît que c’est au garçon de le faire et puis surtout, j’étais aussi bien dans ma peau que dans une paire d’escarpins deux pointures trop petite. 

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Evidemment, en tant qu’adulte, la donne est légèrement différente. J’ai parfois eu des crushes de boulot qui me servaient uniquement à fantasmer mais là, je sais pas, malgré les quelques mecs comestibles de l’open space, bof, la machine à rêvasser ne suit pas. Oh, j’ai une explication très simple : le crush, ça doit se produire dans les premiers jours, après, c’est mort. Or les premiers jours, j’étais encore dans mon drama amoureux dans pas vraiment disponible pour activer la machine à fantasme. Puis je sais pas, dans l’univers du boulot, je bloque pas mal. Je veux dire peut-on réellement fantasmer dans un endroit où on passe nos journées à faire des excels, powerpoints et gérer des projets où l’on parle de k-euros, reportings, stratégies, conf call avec des clients… Même en rendez-vous clients, je suis là pour défendre une stratégie, coller des mots marketing sur une mécanique que l’on souhaite vendre cher. Il semblerait que mon neurone sexuel ne soit pas excité par l’argent. 

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Alors où trouver un objet de rêvasserie ? La question est la même que celle d’où trouver l’homme même si l’univers des possibles est plus vaste. Je veux dire on peut fantasmer tant qu’on veut sur tous les hommes, y compris sur ceux qui ne sont pas disponibles du tout. Ce que peut me faire un mec en couple dans mon imagination ne fait de mal à personne, sa femme n’est pas cocue dans les faits et lui n’est même pas au courant, pratique. Sauf que bon, en ce moment, niveau rencontre masculine à haut potentiel fantasmatoire, c’est un peu sec. Je mise pas mal sur l’anniversaire de Jade samedi prochain qui a des mecs célibataires à nous présenter et qui a des goûts très sûrs. Enfin, en matière de célébrités masculines, on a les mêmes goûts. Et elle a même un frère, certes quadra et en couple mais si la beauté sensuelle est de famille, ça va me donner matière à fantasme pendant quelques temps. Enfin, je dis ça, à J-6, j’ai pas de news de ladite soirée donc c’est pas dit que j’y trouve matière à fantasme si elle ne se tient pas.

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Piocher dans les souvenirs alors ? En cuisine, les plats réchauffés sont toujours moins bons que les plats tout juste sortis du four. En fantasme, c’est pareil. Le réchauffé n’est guère utile surtout que si l’objet des fantasmes a bien été usé, on a un peu fait le tour de la question. Et certains doivent être interdits de manipulation sous peine de raviver certaines petites blessures qui ne demandent qu’à cicatriser. Me reste alors les people mais en ce moment, y en a pas un qui m’excite particulièrement, je crois que je suis dans la zone des célébrités fantasmatoires trop âgées (Clooney, Brad Pitt, trop vus et revus) ou trop jeunes (Zac Efron, même s’il a des poils maintenant, Pattinson et je ne parlerai même pas du mineur Justin Bieber). C’est quoi la came des trentenaires ? Sur qui peut-on fantasmer, dépenser des sous pour le voir dans un film/en concert ? C’est quoi ce trou générationnel ?

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Ou alors la vie cherche à m’encourager à respecter ma résolution du snoozing… Pffff…

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