L’étrange cas des gilets jaunes

Je n’ai que peu parlé des gilets jaunes alors que le monde bruisse d’un hiver européen qui serait parti de chez nous, cocorico. Alors concrètement, je vais expliquer rapidement pourquoi je me suis pas penchée avant sur le sujet : d’abord parce que y avait des éléments qui ne me plaisaient pas à l’origine (l’essence, j’ai détesté certaines images que j’ai vues lors de la première contestation, notamment les épisodes racistes ou homophobes, ou des gilets jaunes qui imposent à des automobilistes d’arborer leur gilet sinon, pas de passage. J’ai été déconcertée de voir certains gilets s’en prendre à ceux qui ne volent rien à personne, qui rentrent chez eux le pare-brise pulvérisé. J’ai été navrée de lire qu’une personne avait perdu la vie, percutée par une autre personne en panique… J’ai compati avec ma tante, infirmière libérale qui fait sa tournée des petits vieux et était en panique totale car elle ne pouvait pas faire son taf) et le drame qu’est ma vie pro.

La France bouleversée par les gilets jaunes

Cette histoire de gilets jaunes me fascine. Mais vraiment. Pour de multiples raisons, parce que la contestation est en train de naître hors des mouvements politiques qui rament pour récupérer cette contestation absolument protéiforme. Car la principale force (et principale faiblesse) de ce mouvement, c’est vraiment son agrégat de populations diverses aux revendications variées, même si on y trouve globalement une même colère autour du pouvoir d’achat et de l’injustice fiscale. En fait, ce mouvement me plaît de plus en plus… de par sa spontanéité, fondamentalement.

Les gilets jaunes sur les Champs Elysées

Tout ne me met pas à l’aise dans cette histoire et la récupération de certains m’agace profondément, certains discours, aussi. Après, forcément, on ne peut jamais être d’accord sur tout. C’est un peu le souci que j’ai avec l’engagement politique d’ailleurs : y a des moments où, vraiment, je ne peux pas adhérer 100% aux vues d’aucun parti. Et curieusement, ça ne passe pas trop, trop : quand tu t’engages, tu peux vite être mal vu si tu commences à dissoner un peu. Tous unis, pas une tête ne doit dépasser ! Mais pour en revenir aux gilets jaunes, ce que je trouve un peu marrant à observer, ce sont justement les politiques de tout bord qui essaient de récupérer le mouvement. On dirait un peu cette vidéo trop kawaï où un chien en panique essaie de remettre des chatons dans un panier mais ils s’en branlent et repartent. Là, c’est un peu pareil : tous les partis (enfin, sauf les marcheurs, évidemment) essaient de récupérer le truc, réfléchit à comment canaliser le mouvement, comment en prendre la tête et pour le moment, je n’en vois pas un qui réussit.

Les gilets jaunes se réchauffent

Et ça me fait plaisir en un sens. Alors, oui, le fait qu’il n’y ait pas de ligne directrice donne une sensation fouillie qui sert la soupe aux détracteurs du mouvement (“on comprend rien à ce qu’ils veulent”, “leurs revendications, c’est la liste au Père Noël, là”) et je pense même que c’est pour ça qu’on est nombreux à ne pas trop savoir que penser de ce mouvement. Mais dans l’absolu, je trouve rassurant que le peuple agisse et réagisse sans avoir besoin de politiques pour leur tenir la main ou leur expliquer la vie. On peut regretter beaucoup de choses dans ce mouvement, tel n’est pas mon sujet, mais de voir que les citoyens s’agitent encore, ça me rassure profondément. Je ne suis pas tout à fait convaincue que nous sommes à l’aube d’une révolution, il est bien trop tôt pour le dire et je ne suis pas certaine que l’histoire retienne ce mouvement même si ça commence à faire tache d’huile en Europe et ailleurs. Mais cela montre que toute contestation n’est pas morte, que les manifs ne sont pas qu’histoire de syndicats ou de partis politiques et qu’elles peuvent même prendre des formes inédites.

Gilet jaune essuyant la violence policière

Et après ? J’imagine que nos chers gouvernants vont tranquillement attendre que ça passe car Noël n’est plus très loin. Mais la colère se dissout-elle dans les guirlandes de Noël et le papier cadeau ? A suivre.

 

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Culpabilisons, pauvre de nous

Mercredi midi, je déjeune chez mes parents devant le JT de 13h de France 2. J’avoue que je ne regarde plus du tout les infos télé depuis pas mal de temps et je ne
m’en porte pas plus mal, finalement. Donc, là, reportage écolo « youpi, sauvons la planète en faisant des économies, remplaçons l’eau potable des WC, de la douche et de la machine à laver par de l’eau de pluie ! ». Ouais, génial, moi, je suis pour. Et là, reportage chez un mec de Toulouse qui a une baraque comme je n’en aurai jamais qui a installé un système hyper onéreux pour pouvoir récupérer l’eau de pluie. Alors les économies, je pense qu’il en verra la couleur dans 10 ans mais surtout, je pense pas que la mairie de Plumes soit très contente si j’installe ça sur le trottoir…

Autres choses vues à la télé : les Enfoirés et le sidaction. Le principe : des artistes généralement en pleine promo viennent chanter leur chanson en groupe en répétant à longueur d’émission qu’on doit acheter le CD et même faire des dons. « On compte sur vous ! ».

Alors, là, je commence à saturer de cette espèce de culpabilisation systématique. L’écologie, ça m’intéresse, je fais des efforts mais arrive un moment où une
célibataire locataire ne peut pas faire plus. Acheter des produits au format familial ? Super, je finirai par en jeter la moitié ! Installer des panneaux solaires pour avoir de
l’énergie ? Bah tiens, ça va me coûter l’équivalent d’un loyer annuel pour un studio où je ne compte pas passer ma vie. Acheter bio ? Tu veux que je te parle de mon pouvoird’achat ? Donc, tu l’as compris, pour être écolo, faut être riche car sinon, c’est plus compliqué. Alors évidemment, je prends jamais l’avion ni la voiture, on dira que ça compense.

Et comme si on me faisait pas assez culpabiliser avec tous mes déchets et le fait que j’ai pas le solaire chez moi, on vient encore me demander d’acheter des CD ou
de faire des dons parce que moi, j’ai la chance d’avoir un toit au dessus de ma tête et de la bouffe au frais et que je suis séronégative. Je comprends bien que la recherche a besoin de fonds et que les restos du cœur ne peuvent pas tourner sans rien, c’est pas le problème. Mais là, je regarde les 4400 et je vois l’énorme « appelez le 110 », impératif. Et j’avoue que quelque part, cette volonté de demander aux petites gens, dans le sens financier du terme, ça m’énerve. Prenons les Enfoirés : une quarantaine d’artistes globalement tous en promo (tiens, Céline Dion sort un nouvel album et revient après 14 ans d’absence, par exemple) chantent globalement faux pendant deux heures en répétant à l’envi qu’acheter leur CD, ça équivaut à 5 repas. Alors,
perso, le CD, faudrait plutôt me payer pour que je l’écoute. L’autre matin, je descends de ma chambre et rejoins ma mère dans la cuisine, elle écoute un truc atroce, chanté faux, une reprise de je ne sais plus quel tube « ah non, c’est nul ! C’est quoi que tu écoutes ? ». Ben, c’étaient les Enfoirés alors perso, je préfère donner direct les 20 euros aux Restos qu’acheter un CD inaudible où les artistes chantent leur propre chanson et ne donnent que 2h de leur temps et leurs droits d’auteur. Mais ont-ils déjà donné de l’argent ? Ont-ils déjà distribué des repas direct sur place ? Les Enfoirés, en plus, c’est pas n’importe qui qui y chante ! Parce que figurez-vous que pour y entrer, il faut y être invité. En gros, si tu es un artiste pas très connu mais que t’as envie de participer, ben non, tant pis pour toi. Pour le sidaction, on prend globalement les mêmes et on recommence.

Alors évidemment, on me dira que tout ça, c’est comme le téléthon, ça permet de parler de la cause, tout ça, tout ça. Ouais ok, je le concède, il ne faut pas
oublier la recherche, les gens qui n’ont pas de quoi vivre… Sauf que la dernière fois que j’ai fait un don pour Aides suite à un démarchage dans la rue, je me suis retrouvé avec un don de 40 euros mensuel alors que je pensais que c’était juste pour une fois. Et la seule façon que j’ai eu de l’arrêter fut de demander à ma conseillère financière de bloquer le prélèvement vu que sur mon espace Internet, il n’y avait rien pour le stopper.

Alors oui, je veux bien donner pour le sidaction, le téléthon, les Enfoirés, les mecs dans le métro… Mais faudrait-il encore que j’en ai les moyens. Quand je vois
que ma grand-mère qui reçoit 400 euros de retraite par mois donne 15 euros chaque année au Téléthon, je trouve qu’il y a une certaine indécence à voir des mecs gagner des millions d’euros par an nous supplier de donner.

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Bonne année !!

Aujourd’hui, c’est le premier jour de l’année, un jour où généralement,on ne fait rien. Un jour qui compte pour du beurre. La veille, on s’est autorisé tous les excès : c’est pas tous les jours qu’on change d’année… Que l’on soit seul, en famille ou entre amis, on n’a pas hésité à reprendre un bout de gâteau, un petite coupe de champagne, une gorgée de bière… Enfin, chacun son péché mignon.
 
Le lendemain, quoi qu’il arrive, on se lève tard, on traîne au lit pour récupérer de cette folle nuit. Peut-être certains d’entre vous auront trouvé une charmante moitié et commenceront l’année à deux. Il faut dire qu’il n’y a pas plus douce façon de bien démarrer 2006 qu’en se réveillant auprès d’une personne qui nous séduit, de s’embrasser et de brouetter, si le cœur nous en dit. Pour ma part, j’ai dormi chez Anne donc pas de brouette !
 
Tous ces excès nous rendent indolent : le jour de l’an, on ne fait rien ! On se lève souvent tard (très tard), aux petites heures de l’après-midi. Forcément, ce rythme inhabituel ne nous réussit pas plus que ça… On traîne en pyjama ce qu’il reste de journée. Et si on prenait un bain, histoire de se délasser et effacer les
traces de la nuit. C’est ce que je préfère, le jour de l’an, le bain post fiesta…
 
Ensuite, on prend son téléphone et on appelle ceux à qui on a envie de souhaiter la bonne année… La nuit tombe déjà sur cette journée qui n’a servi à rien, la première de l’année.
 
Certains ont peut-être un repas de famille. Petite, j’allais faire la tournée des tantes avec ma grand-mère, des tantes et mes cousins. Il y avait la
cousine de ma grand-mère puis la sœur de mon grand-père, elles nous donnaient des gâteaux, des biscuits, des bonbons, on se gavait à tel point qu’on ne mangeait rien le soir. Les deux sont mortes depuis, hélas. Je regrette un peu de ne pas avoir connu la seconde actuellement car c’était une sacrée pro de la brouette, paraît-il… Elle était mariée à un homme qui s’appelait Fiacre et elle
aimait répéter : « Moi, je n’ai eu qu’un seul fiacre dans ma vie et j’en ai jamais changé ! », « mais qu’est-ce qu’elle a eu comme roue de secours ! » ajoutait
ma mère quand elle me racontait ça. Elle était chouette ma tante, elle adorait les rugbymen… Il est clair que le même sang coule dans nos veines !
 
Bref, on commence l’année sur un vide, sur une journée creuse… D’ailleurs, vous noterez que nos bonnes résolutions ont cours à partir du 2 janvier…
 
D’ailleurs, moi, j’ai trop travaillé pour aujourd’hui, je m’arrête donc là, on reparlera des résolutions demain… Maintenant, je vais prendre un
bain ! Mais avant, je te donne les deux phrases qui ont marqué le réveillon.
 
Mister Big : « 2006 sera dans ton cul ou ne sera pas. »
 
Gauthier par SMS : « on a survécut ! Bonne année… Plein de sexe surtout. » Je tiens à préciser que j’ai respecté l’orthographe dudit texto… Parce que Gauthier, quand son portable lui dit que survécu ne prend pas de « t », il râle et décide de l’ajouter au dictionnaire…
 
Sur ce, bonne année lecteur !
 
 (à venir, la photo du réveillon des vingtenaires, quand je les aurai reçues et retravaillées ! ;))
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