Dark : basons le suspense sur la triche

Ok j’exagère mais voici un axe qui est intéressant à creuser. Après le non suspense de Big little lies, une autre série m’a un peu agacée sur le sujet : Dark de Netfix. Je m’étais jetée avec gourmandise sur cette série qui semblait avoir bouleversé tous ceux qui l’avait regardée. Ma déception fut aussi élevée que mes attentes.

Dark de Netflix

Déjà, une série où je devine les événements et révélations avant qu’ils n’arrivent, ça m’agace parce que je ne cherche pas forcément à dénouer les noeuds du scénario, je ne demande qu’à monter dans la barque et suivre les rails de l’attraction. Alors, déjà, j’ai compris quasi de suite l’histoire de Mikkele, avant même que la série ne torpille le suspense d’elle-même en nous montrant qui est qui en 86 et en 2019 : “HE MAIS REGARDE QUI EST QUI, TU CROIS PAS QUE CA VA AVOIR UNE IMPORTANCE ? *wink wink*”. Mais l’histoire de Mikkele n’est qu’un élément dans un enchevêtrement complexe et pour nous perdre, va y avoir de la triche.

Jurassic Park ride

Deux éléments vont retenir mon attention et pour ceux qui ne veulent pas savoir car ils n’ont pas encore regardé la série mais envisagent de le faire, sautez au paragraphe suivant. Nous nous sommes faits bananer sur deux éléments du récit : l’identité du petit garçon retrouvé mort et l’identité de l’homme barbu… Parce que c’est de la triche. Sur le petit garçon : j’ai naturellement pensé qu’il s’agissait du frère d’Ulrich mais vu que ce dernier ne le reconnaît pas, j’ai pensé à un autre gosse, une histoire encore à découvrir… alors oui, ok, trente trois ans ont passé, le corps est mutilé et ce corps n’est pas censé être dans cette temporalité là mais… Je sais pas, ça reste son frère. Mais la vraie arnaque, c’est l’homme barbu… J’avais envisagé que ce soit Jonas du futur mais ça ne marchait pas par rapport aux années : normalement, les sauts dans temps se font de 33 ans en 33 ans. L’homme barbu ne peut en aucun cas avoir la cinquantaine. Alors peut-être que la règle change après mais on n’est pas au courant de ça : c’est de la triche.

Jonas et Jonas dans Dark sur netflix

Bon rajoutons à ces incohérences et changements de règles des personnages un peu con. Je me doute bien que les personnages sont sidérés de voyager dans le temps mais quand l’un d’entre eux passe son temps à se faire dire qu’il est en 86 mais qu’il continue à chercher ses parents du présent, je suis un peu fatiguée. D’ailleurs, les personnages restent assez placides devant les bizarreries. On a par exemple une femme en cavale avec son fils, un homme qu’elle n’a jamais vu vient l’interpeller au milieu d’une route, l’appelle par son nom ainsi que son enfant mais elle reste de bonne composition “oui, c’est nous”. Vous êtes en cavale, tu devrais flipper qu’un inconnu aux nombreux pansements sur le visage sache qui tu es… C’est des détails mais ça me fait sortir un peu du récit en mode “mais t’es con ou quoi ? Ca t’interpelle pas un peu ce qu’il vient de se passer?”. Non, les gens sont placides, ils acceptent ce qu’il se passe de bizarre dans le plus grand calme. Et je ne vais pas m’attarder sur les pistes oubliées genre le gamin enlevé dans le présent au début de la série qui n’est plus traité, les intrigues amoureuses sans grand intérêt.

Dark, série Netflix

Du coup, est-ce que je conseille la série ? Pas vraiment. C’est pas désagréable à regarder et peut tout à fait vous faire passer un bon dimanche après-midi mais cette saison n’est qu’une préquelle à une suite qui semble un peu plus intéressante. 8 épisodes juste pour lancer des pistes et faire partir l’histoire sur un tout autre délire deux minutes avant la fin, c’est long.

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Tokyo la dystopique

Je suis effroyablement en retard sur mes ambitions de carnets japonais mais ma vie en ce moment… je vous en parle pas pour pas salir cet article qui va me replonger avec délice dans ce voyage qui me paraît déjà si lointain… Quoique… Là, non, parce que je vais vous parler d’un aspect de Tokyo qui peut paraître étrange pour nous, Occidentaux mais Tokyo, c’est trop une ville dystopique.

Je suis une fille à imagination débordante : je lis, j’écris et quand je mets le pied dans une ville, je la scrute parfois comme un décor. Quelle histoire pourrais-je y raconter, quel élément du décor je vais pouvoir récupérer pour l’intégrer à mon récit ? Si New York était tellement Gotham City (mais quelques éléments ont d’ores et déjà pu me servir dans certains écrits, notamment mon histoire d’Ofelia dans son Néo-Rome), Tokyo, c’est… absolument Technopolis quand je vais le réécrire. C’est une ville du Futur… mais une ville du futur telle qu’on les imaginait quand j’étais plus jeune et que j’ai commencé à découvrir la SF et les romans d’anticipation.

#manhattan soleil couchant en direct de l’empire state building #sunset #latergram #Newyork

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Quand j’ai écrit des romans d’anticipation se passant dans des villes futuristes, ce qui est donc le cas de Technopolis et Ofelia, les deux villes concernées avaient exactement la même structure : toutes en verticalité avec des buildings qui vont te gratter le ciel, tellement que le Burj Khalifa, c’est un Playmobil à côté, plus de voitures mais des monorails et des ascenseurs (quoi que dans la version 1 d’Ofelia, alors qu’elle s’appelait Cecilia (hommage discret à Moravia), elle conduisait des voitures arrondies pour apporter un peu de douceur dans une société en crise, blablabla) parce que mes villes du futur, elles sont écolos… en fait, non, elles sont surtout hyper contrôlantes donc évitent que les gens aient les moyens de se déplacer facilement mais dans l’absolu, je suis une militante acharnée des villes sans voitures. Ce qui n’est pas le sujet. Donc des villes en verticalité traversées par des transports en commun avec des écrans animés qui parlent, une sursaturation des sens qui t’empêche de réfléchir… Bordel, c’est Tokyo.

Tokyo la nuit

Je ne saurais trop dire si j’ai aimé ou pas Tokyo… D’abord parce qu’il n’y a pas un Tokyo mais plusieurs endroits très différents les uns les autres, comme dans toute grande ville. A Paris, il y a des quartiers que j’aime et d’autres où je fais la gueule dès que je dois y mettre les pieds. Mais si je devais donner mon avis sur Tokyo, je dirais que je l’aimais… de jour. La nuit, je la trouvais attractive avec ses néons partout, son côté tellement… tu peux pas tout voir tellement ça clignote, ça s’agite, ça impressionne… Ca saoule. Littéralement. De nos soirées tokyoïdes, on a surtout une grande fatigue alors même que le spectacle pouvait être magique comme à Odaïba (le quartier de la baie de Tokyo que j’ai absolument adoré parce qu’architecturalement parlant, c’était littéralement la fête du slip qui te ridiculise Noisy-le-Grand)(même si j’ai super envie d’aller faire des photos à Noisy-le-Grand vu que mes potes en ont fait plein). D’abord parce que ça grouille de monde mais surtout parce que ça te parle. Des écrans géants qui te diffusent des messages de pub en permanence avec cette voix japonaise que j’associe tellement aux grandes catastrophes (parce que j’ai trop regardé Evangelion, certainement). Tu te balades dans les rues multicolores, des voix te disent des choses en boucle sans que tu en sois conscient, on est à la limite du message subliminal, tout est sursaturé… et tu fais quelques mètres en dehors de la grosse zone, t’as plus un bruit.

 

Alors est-ce que Tokyo va m’aider pour mon écriture ? Pas pour le Néo-Rome d’Ofelia mais pour Technopolis reload de quand je l’écrirai… ABSOLUMENT. Parce que oui, pendant quelques secondes, j’ai joué à “je suis dans Technopolis” et je vous garantis que ça marche d’enfer. Limite, je me demande si Oceany ne devrait pas être rebaptisée Mitsuko et tout déplacer au Japon tellement le japonais irait trop bien à cet univers… Mmm…

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