Une journée à Universal studio Japan !

Le 07 octobre – J’ai découvert l’existence du parc Universal Studio absolument par hasard dans mon guide dans le Shinkansen entre Tokyo et Osaka. J’en parle un peu comme ça à Victor et je remporte un franc succès : il veut y aller, moi ça me rend curieuse donc… En plus, il pleut donc autant nous trouver une activité en intérieur. Let’s go !

Universal studio Japan

Par sécurité, je check les avis sur Trip Advisor, consultant d’abord les mauvais avis (c’est ma technique pour m’attendre au pire et avoir de bonnes surprises). Les plus râleurs s’indignent des queues, 1h30 à 2h par attraction. Il existe des pass express mais qui coûtent environ le prix de l’entrée, déjà assez élevé (55 € environ soit entrée + Pass, 100 € la journée, sans compter la bouffe). Ca me stresse un peu cette histoire de queue mais bon, ce n’est pas difficile d’accès, allons y faire un tour.

Universal studio Japan

Première queue : celle pour entrer dans le parc. 10 minutes. Ok, elle est passée où l’heure de queue alors qu’on est un samedi (oui, on cherche parfois un peu la merde) ? On ne sait pas du tout en quoi consistent les attractions donc on y va au hasard. Tiens, Amazing Spiderman, 15 mn de queue annoncée… alors que j’avais lu que c’était l’une des attractions les plus prisées, allons y vite ! En vrai, on approchait de la demi-heure de queue mais c’est assez bien foutu : on serpente dans l’attraction, on a des écrans qui racontent une histoire, quelques mises en situation genre on se balade dans la rédaction du Daily Buggle. On stagne assez peu, ce qui permet de ne pas voir le temps passer. On nous tend des lunettes… ah non, des lunettes 3D! J’aime pas trop ça. Bon, arrivons à l’attraction : on monte dans une sorte de nacelle qui représente la voiture blindée du Daily Buggle et le gros méchants ont volé la statue de la liberté (on le sait car c’était l’histoire racontée pendant la queue) et… c’est dément. Avec les lunettes 3D,on est aspirés dans l’histoire, on est éclaboussés quand un monstre aquatique essaie de nous attaquer, on a un souffle chaud quand un méchant essaie de nous cramer, une petite explosion, on monte, on descend, on est secoués et j’ai bien flippé quand notre véhicule est censé faire une chute de plusieurs étages. Normalement, j’aime pas la 3D mais là…

Universal Studio Amazing spiderman Universal Studio Amazing spiderman

Tout excités, on file à l’attraction suivante : Terminator 2. Oui, ce film (enfin la saga de Cameron) a marqué mon enfance, j’adore Terminator et ça me crispe quand je vois les suites et reboots foireux dont on nous gratifie régulièrement… Déjà, Jay Kourtney en Kyle Reese, c’est un grand non… et Emilia Clarke dans le rôle de Sarah Connor, ça m’a pas fait triper non plus). Ici, la queue est bien moins gérée : le show est long,on arrive à 10h28 pour un prochain spectacle à 10h30 et le temps de remonter le serpentin de queue, on rate et pendant 30 mn, on attend sans bouger. Mouvement tout à coup, on entre enfin dans une pièce, une actrice arrive pour jouer une employée de Cyberdine, elle présente la société et fait des blagues mais panique car son message de promotion diffusé sur écran est piraté par Sarah Connor et John… joués par Linda Hamilton et Edward Furlong eux-mêmes, s’il vous plaît. En gros, ils se sont infiltrés quelque part dans le building de Cyberdine et l’employée fait genre que tout va bien. Sur le coup, je ne comprends pas trop ce qu’il se passe (et pourquoi on nous a encore refilé des lunettes 3D vu que c’est une vraie personne qui assure le spectacle) car, petit point : tout est en japonais et il n’y a aucun sous-titres nulle part donc autant vous dire que les blagues de l’actrice me passaient des milliers au-dessus de la tête mais ça avait l’air très drôle… Heureusement, on nous fait enfin entrer dans une sorte de salle de cinéma et on a droit à un mix entre acteurs live interprétant John, Sarah et le Terminator ainsi que des séquences en 3D dans le futur apocalyptique. Malgré une attraction vieillie par rapport à Spiderman, c’était cool et j’aurais adoré un film Terminator qui se passerait dans ce futur là (sauce Cameron, j’entends, j’ai pas vu le 04 et je n’ai pas envie de le faire).

Terminator 2 attraction à Studio Universal Japon  Universal Studio Japon

Petit passage par l’attraction Backdraft transformée en Zombie Forest pour Halloween, des acteurs grimés en zombie font mine de nous vouloir du mal. J’ai toujours un peu de mal à rentrer dans ce genre de trucs. Les maquillages sont au top, l’acting aussi, c’est juste que j’ai du mal à oublier que c’est pour de faux et je suis trop occupée à admirer les décors et le maquillage pour m’enfuir en criant.

Des visiteurs du Universal Studio Japon déguisés en zombie

Là, ce sont des visiteurs qui sont déguisés

Prochain arrêt : celui qu’on visait depuis le départ : Jurassic Park. Alors ici, nous avons deux attractions phare : un roller coaster “Flying Dinosaure” et un ride. Avec Victor, on se la raconte warrior du manège mais en se rapprochant, on se dit que, quand même, ils ont les jambes dans le vide, ça n’a pas l’air très confortable, on vient juste de manger… Oh et puis y a 4 heures de queue (littéralement), on va pas y aller… à la place, faisons le ride. Une petite heure de queue pour une petite balade sur un bateau. Ah tiens, il faut mettre les kways, ça arrose un peu… mmmm… Quarante minutes de queue plus tard (on a généralement moins attendu qu’annoncé), on monte dans le petit bateau, il faut bien s’accrocher, hein… Ok, on a déconné. Le début est en effet très calme, on se promène au milieu de dinosaures animés, certains assez réussis, d’autres totalement ratés, mais c’est rigolo. Mais attention ! On entre en zone panique ! Les raptors se sont échappés ! Notre bateau accroche un rail et on monte. On monte haut, là, non ? Raptors, lumières qui clignotent, musique angoissante et… oh mon Dieu, le T-rex qui surgit droit devant nous ! On fonce droit sur lui et… aaaaaaaah ! La chute. 25 mètres. Avec à l’arrivée un superbe geyser d’eau que j’ai réussi à esquiver en me plaquant la capuche sur la tête. “Ah cette chute… Tu sais, je suis pas sûr qu’on fasse le roller coaster à Tokyo, en rentrant…” Moi même, j’ai le coeur dans la gorge.


Universal Studio Japan, jurassic park Universal Studio Japan, jurassic park Universal Studio Japan, jurassic park

Petite promenade et milk shake Minion. Ah oui, je ne sais pas pourquoi mais au Japon, ils ont une hystérie autour des Minions, on a croisé je ne sais combien de gens déguisés en Minion dans le parc. On a aussi croisé je ne sais combien de gens déguisés tout court, d’ailleurs. Je trouve ça vraiment très sympa, beaucoup de gens viennent en groupe déguisés dans le même thème, c’est vraiment la fête. Et pratique car pour me répérer dans les serpentins de queue, j’avais identifié quelques personnes qui me servaient de point de repère pour mesurer l’avancée de la foule et les costumes me facilitaient bien la vie. Pas ceux des Minions, cependant, trop nombreux.

Passion Minion à Universal studio Japon Passion Minion à Universal studio Japon Passion Minion à Universal studio Japon Passion Minion à Universal studio Japon

Mais… Mais… on chemine dans un petit coin boisé et cette petite musique m’est familière… Mais… oui, nous sommes en zone Harry Potter ! Pour info, c’est la dernière partie construite dans le parc et c’est vraiment, vraiment, bien fait. On a droit à une reconstitution des villages du Pré au lard avec neige sur le toit et, au loin, Poudlard. Ces vacances sont vraiment très surprenantes… Victor aperçoit une attraction avec juste 20 mn de queue donc on saute dessus sans savoir de quoi il s’agit. C’était en fait un petit tour dans la boutique des baguettes avec un petit sketch. Sympa. Les baguettes m’ont parues un peu moins chère qu’à l’exposition Harry Potter à la cité du cinéma mais j’ai un doute. Je remarque les capes de sorcier que je trouve jolies mais là, je tousse : plus de 100 € et ça filoche déjà. Bon, quand je saurai coudre, je me ferai ma propre cape.

Universal Studio Japon - Pré au Lard Universal Studio Japon - Pré au Lard Universal Studio Japon - Pré au Lard Universal Studio Japon - Pré au Lard

On se rapproche du Château et on aperçoit l’attraction “le vol du gryffon”, où il n’y a que 70 mn de queue. C’est une petite montagne russe, l’équivalent de la coccinelle à Walibi Agen. Comme on a eu le palpitant un agité par le ride Jurassic Park et qu’on a envisagé un temps de faire un roller Coaster à Tokyo, donc, essayons ce mini-format pour voir si on survit. 50 mn plus tard, nous voici à bord et tout devant s’il vous plaît. Bon, ça va, on survit. Bien. Allons voir le château de Poudlard à présent. Temps estimé pour le ride Harry Potter : 160 mn. Temps pour la visite du château : 30 mn. Oui, on va faire ça, plutôt. Sauf qu’à un croisement, on n’a pas trop compris ce que nous voulait une employée est on est partis vers le ride. Avons-nous fait 160 mn de queue ? Non, “juste” 120… Le truc que j’aurais jamais fait à Disneyland Paris par exemple. Dans la queue, on fait bonne figure (il faut dire que faire la queue au Japon n’a rien de désagréable vu que personne n’essaie de gruger), on se dit “non mais il a l’air cool le ride de toute façon… mais il a intérêt à être au moins aussi bien que celui de Spiderman.

Poudlard, universal studio Japon

Poudlard, universal studio Japon

Poudlard, universal studio Japon

Poudlard, universal studio Japon

Poudlard, universal studio Japon

Et bien, c’était encore mieux ! On est assis sur des sièges côte à côte, bien sanglés, lunettes 3D sur le nez et on nous donne la sensation de voler sur un balai ! Les piqués sont époustouflants, on crie, c’est bluffant. On a un mélange de projections 3D et de décors réels comme sur Spiderman. Une fois de plus, même si j’aime pas la 3D en temps normal, là, c’est un grand oui.

Universal studio japon - Poudlard Universal studio japon Universal studio japon Universal studio japon Universal studio japon

On ressort et la nuit est tombée sur Poudlard… et sur le Japon. Un peu fatigués, on se décide à rentrer mais le chemin vers la sortie ne va pas être de tout repos car c’est l’heure de l’attaque zombie. Halloween approchant, le parc a organisé une Zombie walk dans la plupart des zones du parc donc on croise régulièrement des morts-vivants, musique flippante, cris… et même explosions. Ca, ils sont toujours à fond. Point rigolo : certains visiteurs étaient eux-même déguisés en zombie, on ne sait plus bien qui est qui… La foule est dense, les queues toujours plus longues… Je crois que ce soir (samedi), c’est nocturne. Si on ajoute à ça la pluie, je crois comprendre pourquoi le parc était relativement vide au petit matin. Moralité : j’ai bien fait de ne pas renoncer au parc à cause de ce que j’avais lu sur les queues et la foule. Je fais très peu de parcs d’attractions (la dernière fois que je suis allée à Disneyland Paris, c’était au siècle dernier) et franchement, on a passé un pure journée. Même si nos pieds ne s’en remettront peut-être jamais.

Poudlard de nuit, Universal studio Japon Poudlard de nuit, Universal studio Japon

Pour finir la soirée en beauté, un petit tour à la laverie. Encore une activité qu’on n’avait jamais fait ensemble, Victor et moi. Curieusement, ça manquait pas trop…

Laverie au Japon

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Choisir un prénom pour ses héros

En tant que nullipare, je n’ai jamais eu à choisir un prénom pour un autre être humain. J’en ai trouvé un pour mon chat, grosse responsabilité, déjà, et il m’arrive d’en donner de façon autoritaire aux gens dans ma tête du type « lui, il a une tête à s’appeler Guillaume, elle Tamara… ». Ce qui est un peu lourd car parfois, je suis amenée à travailler avec ces gens et je n’arrive plus à savoir s’ils s’appellent vraiment Guillaume ou Tamara ou si c’est moi qui ai décrété ça. Gênant.

Badge prénom

Alors que bon,on aurait des badges prénoms, ce serait plus simple… (lien de la boutique en cliquant sur l’image)

J’ai donc décidé d’écrire une fiction basée sur les fantasmes autour de Melania Trump mais pour commencer, je dois lui trouver un nouveau nom. A Donald aussi accessoirement (Mickey, ça passe ou j’abuse ? Quoi que non, ça va trop me rappeler le roman horribilus…). Pour choisir un prénom de héros ou héroïne, nous avons plusieurs façon de procéder. Je pourrais par exemple regarder what milliards de photos de Melania et faire ma bonne vieille technique du « elle a une tête de Veronica ». Par exemple. Je pourrais également prendre un dictionnaire des prénoms et faire défiler les pages. Flora ? Non, pas assez First Lady (même si j’aime bien). Svetlana ? Non, ça fait trop prénom typique des meufs de l’est, on n’est pas dans Premiers baisers non plus…

Svetlana Premiers Baisers

Je pourrais également donner du sens à ce prénom. Pour Ofelia, c’était clairement le côté dramatique du prénom qui m’avait séduite. Et j’aime bien la sonorité. Pour Oceany… J’aimais juste bien la sonorité de ce mot et la sensation d’évasion qui en émane (et ça fait plus prénom que Polynésie, par exemple). Et il semble que j’ai une petite passion pour les prénoms en O. Par exemple, dans la liste des prénoms de notre future progéniture qui ne verra sans doute jamais le jour, y a un petit paquet de prénoms en O… bref, je pourrais ouvrir le Grand livre d’histoire des femmes de pouvoir (qui n’existe pas à ma connaissance mais il faudrait y songer…)(tiens, une nouvelle idée projet) et l’appeler Victoria, Catherine (Katy ou Cathie), Alienor, Cleo ou Olympe (encore un prénom en O)… Ou encore me la jouer pas super subtile et prendre un prénom proche genre Martina. Ou Mélanie, la first lady pourrait être française après tout. Mais les Mélanie que je connais sont toutes si douces, ça colle pas.

Mélanie Laurent

Quoi que, quoi que… Elle serait pas mal en ma Melania, elle

Ici, je n’ai pas trop le souci de trouver un prénom « local » : ma Melania, je peux la faire venir d’où je veux. Ce n’était pas le cas dans le roman de Maja que je situais en Suède ou Ofelia en Italie. Encore, l’Italie, ça va, j’en connais quelques un des Italiens mais la Suède… non parce que dans un souci de réalisme, je voulais éviter de prendre des prénoms désuets. Non parce qu’imaginez un roman se passant en France écrit par un auteur étranger qui nous narre les aventures de Eudes et Cunegonde… Comment dire… du coup, j’ai ma technique ! Au début, je cherchais les participants de The Voice ou Big brother mais je galérais à trouver le nom des participants et surtout, c’est pas tellement une garantie de tomber sur des prénoms typiques de la jeunesse, quand je vois les prénoms de nos candidats français. Alors je puise dans le cinéma. Je consulte les synopsis et les fiches casting et quand je croise plusieurs fois le même prénom, je prends. Et les noms de famille ? Je prends celui d’un ministre ou d’un journaliste dans le canard local.

Shanelle

Genre avec ma technique de candidats de téléréalité, j’aurais pu appeler un personnage Shanelle (alors qu’elle s’appelle Julie)

Mais souvent, le choix est au coup de cœur, un prénom qui me plaît bien vu que je vais l’écrire des centaines de fois. Je dois en aimer la sonorité, avoir comme un sentiment positif en entendant ce prénom.

Choisir un prénom

Du coup, pour Melania, j’hésite : Martina, Cleo, Cathy (ou Katy ?), Olympe ou Victoria. Si vous avez un avis…

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1984 : Big Brother is watching you

Quand j’ai décidé de parler de dystopie sur ces modestes pages, je me suis posé une question cruciale : était-il nécessaire de parler de classiques que tout le monde a déjà lus ? Il est probable que vous ayez lu 1984 au collège. Ce n’était pour ma part pas mon cas vu que j’avais le choix entre quatre dystopies (Ravage, Fahrenheit 451, le Meilleur des mondes et donc 1984) et j’avais choisi Bradbury parce que… j’en sais rien du tout. Je n’ai donc lu les trois autres qu’une fois adulte. Mais ne pas en parler dans une rubrique dystopie, ce serait un peu comme parler de space operas en ignorant Star Wars. Donc go.

Big Brother is watching you - 1984

L’histoire de 1984, vous la connaissez sans doute : en 1984 (soit 45 ans après la date de publication du roman), le monde est divisé en trois blocs (Oceania, Eurasia et Estasia), nés d’une guerre nucléaire datant des années 50. Ces trois blocs totalitaires se font perpétuellement la guerre, chacun suivant une idéologie somme toute similaire et se battent pour obtenir la domination de l’Antarctique. Dans ce chaos permanent, nous suivons le quotidien de Winston, employé au Ministère de la vérité à Londres où gère les archives et doit effacer de l’Histoire toute trace d’alliance avec l’Estasia. En le suivant, nous découvrons donc les mécanismes de cette société et notamment la surveillance de la population via les télécrans placés au centre du foyer qui servent à la fois de caméra de surveillance et de canal de diffusion de la propagande. Le hic, c’est que Winston n’est pas victime de l’amnésie générale vis à vis du passé et décide donc d’écrire ses souvenirs pour garder une trace de l’Histoire “non officielle”. Par peur d’être démasqué par la police de la pensée qui traquent tous les contestataires, il cache ses pensées à son entourage et se réfugie dans un recoin de son appartement qui n’est pas soumis au regard du télécran. L’Etat paternaliste est incarné par un visage d’homme d’âge moyen et moustachu “Big Brother” qui scrute les citoyens à travers les télécrans. A l’inverse, l’ennemi de l’Angsoc, l’idéologie dominante, est également incarné par un homme, Emmanuel Goldstein dont le visage est projeté quotidiennement pendant les “Deux Minutes de la haine”.

Les deux minutes de la haine - 1984

La surveillance n’est pas que politique puisque les moeurs sont également soumises à des règles strictes, la sensualité et l’amour étant vus d’un très mauvais oeil, il existe d’ailleurs une ligue anti-sexe à laquelle fait partie Julia, que Winston croise et qu’il déteste de prime abord car il la pense espionne de la pensée. Mais non, c’est une réfractaire comme lui et les deux vont se lancer dans une relation amoureuse clandestine. Leur amour les conduira à entrer en contact avec la résistance… qui n’est en fait qu’une émanation de l’Etat. Arrêtés, Winston et Julia se renieront l’un l’autre et Winston finira par épouser inconditionnellement l’idéologie Angsoc.

1984, le film

Déjà, rien que de résumer le livre est ardu et je ne vous ai pas encore parlé de la novlangue, ce dialecte épuré où le vocabulaire est réduit chaque jour un peu plus. Pourquoi ? En gros pour rendre les mots les plus courts possibles pour éviter qu’ils soient pensés avant d’être dit et d’éliminer tout les outils linguistiques permettant de dénoncer la politique du parti. Par ailleurs, la novlangue s’accompagne de quelques sentences paradoxales de type “la guerre, c’est la paix”, martelées à longueur de journée.

1984, pièce de théâtre

Bref la société de 1984 est l’annihilation de l’individu en tant qu’être penseur et sentimental. Le roman se lit hyper facilement et touche pas mal de thèmes qui font écho en moi, notamment la question de la “résistance” à une idéologie, un système politique, mais aussi le déclencheur, qu’est-ce qui te fait basculer dans la réelle résistance. Ici par exemple, si Winston est déjà sur le chemin de la réfraction de par son incapacité à assimiler l’amnésie collective, sa relation avec Julia sera l’accélérateur, ce qui le poussera de l’autre côté.

1984, Julia et Winston

Alors 1984, on en entend parler très régulièrement, je vous parlais d’ailleurs du slogan “Rappel : 1984 n’est pas censé être un manuel d’utilisation” (je vais m’en faire une pancarte, on a quelques petits rendez-vous en septembre) parce que… 68 ans après, on a la sensation de s’en rapprocher chaque jour un peu plus. Tellement que je ne sais même pas par quel bout prendre le truc. Commençons donc par le prisme de l’abrutissement des masses puisque c’était le thème annoncé sur cette série d’articles la semaine dernière. Ici, on n’est pas dans une idée aussi simpliste que dans Albator “les gens y font rien, ils regardent la télé, ils sont devenus cons”, c’est tout un système élaboré mis en place par l’Etat pour déposséder petit à petit les citoyens de tout outil de réflexion, leurs serinant à longueur de journée un discours prémâché. Et c’est là tout le terrifiant : on a d’un côté la bonne idéologie, la version officielle de l’Histoire, mais Big Brother cultive également son côté noir en mettant en scène un ennemi de la Nation et et animant de faux groupes de résistance pour cueillir les réfractaires qui souhaiteraient les rejoindre. Je pourrais écrire des dizaines de romans rien que sur cette idée. Et force est de constater que l’Ennemi est un ressort classique de nos politiques : on a eu les communistes, le FN, les terroristes (aujourd’hui islamistes, hier d’extrême-gauche, demain… je pense qu’on va pas tarder à revenir sur l’extrême-gauche), les dirigeants des pays X ou Y, la finance… ah non, ça, c’était juste un argument électoraliste. On a besoin de l’Ennemi pour fédérer.

Affiche anti communiste

Et alors qu’on nous fait peur aujourd’hui (j’écris cet article vendredi, Dieu seul sait ce qu’il se sera passé quand vous le lirez) sur une grande guerre qui s’annonce à l’Est entre la Corée du Nord et les Etats-Unis, ce bouquin est terrifiant de réalisme. Surtout sur le point réécriture de l’histoire avec la grande tendance des faits alternatifs chers à l’Homme censé le plus puissant du monde mais aussi la surveillance de masse qui ne semble pas déranger plus que ça car c’est fait au nom de notre sécurité (“la liberté, c’est l’esclavage”) et même la novlangue, surtout en tant que start up nation où on frenglishe à mort sans que ça ait particulièrement du sens. Je sais de quoi je parle, je bosse dans le marketing, je jargonne tous les jours pour impressionner mon auditoire (et, tristement, ça marche). Par contre, sur la novlangue, je vous renvoie à un thread super intéressant croisé sur Twitter pour pas utiliser ce terme à tort et à travers.

jargon

Il manque ASAP

Jargon

1984 n’est pas un manuel d’instruction. Mais je crois qu’il est temps plus que jamais de le (re)lire, ça glace le sang. Moi, je vais essayer de me mater le film, tiens…

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Une bonne gauche est-elle une gauche d’opposition ?

Hier, des gens dont je ne fais finalement pas partie ont désigné le candidat PS aux élections présidentielles. Comme j’écris cet article le samedi, je n’ai aucune idée de l’heureux élu, Hamon était certes en tête au dernier virage mais on n’est jamais à l’abri de magouilles tricheries mauvaises surprises quoi… Oui, je déteste Valls du plus profond de mon âme et je pense qu’il faut manquer particulièrement de jugeotte pour élire comme champion le mec à la tête du gouvernement le plus impopulaire de la Ve République, qui s’est bien torché le cul avec la notion de démocratie grâce au 49-3… mais bon, quand j’entends que des gens veulent voter Macron, j’ai quand même l’impression que le peuple souffre d’un syndrome de Stockholm très poussé (ou de masochisme, je sais pas… mais si vous pouviez le garder dans le secret de votre intimité, ça nous arrangerait). Bref, je digresse mais voilà la question clé : une bonne gauche peut-elle gouverner ou est-elle condamnée à l’opposition ?

Assemblée Nationale France - Qu'est-ce que la bonne gauche ?

Ma réflexion va partir de là :

Alors je vais pas disséquer très longtemps cette pensée parce que “OUI”. je dirais presque “oui, putain, oui”, d’ailleurs mais je trouve que je suis trop vulgaire parfois. Ce qui m’intéresse dans ce laïus, c’est le paragraphe “si le PS avait été dans l’opposition…” parce que, très clairement, c’est le malaise que j’ai depuis 5 ans. Je n’attendais pas de Hollande une révolution, entendons-nous bien. Le mariage pour tous, la belle arnaque narrative du quinquennat, ok, c’est bien mais après ? Comment se fait-ce qu’un homme qui s’opposait à un autre sur les plateaux télé y a 5 ans poursuive une politique identique en allant même plus loin ? Parce qu’une loi travail proposée par un parti de droite, le pays aurait été (encore plus) à feu et à sang. Quand la droite a voulu instaurer plus de précarité (coucou le CPE), elle a dû reculer face à l’ire populaire. Et là ? Des yeux crevés par ci, un coma par là, une violence policière qui atteint des niveaux plus que préoccupants mais le storytelling médiatique fait passer ça crème. J’en pouvais plus de l’intolérance et du racisme d’Etat de droite, on a eu encore pire avec la gauche… Recul des droits les plus fondamentaux, précarité accrue, citoyens dévalorisés, accusés, acculés. C’est ça ma gauche ?

Manuel Valls et Emmanuel Macron

Alors ok, vous allez me dire que le PS, c’est pas la gauche, je vais avoir du mal à vous contredire. Mais si on peut légitimement se demander pourquoi cette politique des 5 dernières années à été appelée de “gauche” (Hell, no !), revenons sur la posture du parti. Quand celui-ci est dans l’opposition, il se targue de défendre les plus démunis, les minorités… et c’est toujours ça de pris. Vous me voyez donc venir : je vote quoi en mai ? Alors il existe des alternatives à gauche de type Mélenchon ou Jadot ou même l’extrême gauche. Mais imaginons que Mélenchon ou Jadot soient élus, est-ce qu’ils pourraient réellement faire une politique de gauche ? Est-ce qu’il n’y a pas un peu une fatalité du pouvoir ? Pour quelques concessions à la marge (ex le mariage pour tous), est-ce qu’on ne se retrouve pas condamnés à revivre sempiternellement la même histoire avec juste un casting différent. Si je regarde Tsipras, si je regarde Podemos, j’ai l’impression que les espoirs ont été sacrifiés sur l’autel d’un certain réalisme (discutable néanmoins), que finalement, après l’envie de changement, on repart au classique. Un peu comme un retour à la routine grise après des vacances magnifiques. Du coup, pour limiter les dégâts, ne vaut-il mieux pas laisser la gauche dans l’opposition ?

La gauche en Europe : Alexis Tsipras et Pablo Iglesias

Du coup, on fait quoi ? Pour moi, 2017 se résume à un vote Jadot au 1er tour et très certainement blanc au second (même si y a la mère Le Pen dans le lot, oui). Mais du coup, si je suis la logique de mon paragraphe précédent, je devrais m’assurer que la gauche se retrouvera dans l’opposition… et donc voter à droite ? Et c’est là qu’on touche (enfin) du doigt là où je voulais en venir : voter, c’est quoi au fond ? En presque 19 ans de citoyenneté (argh), j’ai eu différents types de votes : le vote utile, le vote de peur (2002), le vote de contestation, le vote du moins pire (ou le fameux vote “contre” que je finis par ne plus voir en peinture tellement ma citoyenneté me semble réduite à tenter de mettre des gens dehors) jusqu’au vote d’abandon, le vote blanc. Au fond, ça sert à quoi de voter ? A éviter le pire ou envoyer un message ? Finalement, est-ce que je n’ai pas été un peu trop victime des discours alarmistes pendant des années en votant systématiquement pour un candidat donné juste pour éliminer “la menace” ? Ai-je été trop naïve (oui) ? Du coup, ne dois-je pas redonner à mon vote sa réelle valeur, à savoir une occasion de dire ce que je veux, le modèle de société auquel j’aspire, même s’il n’a aucune chance de gagner, même si un modèle de société que j’exècre risque de repasser ? Je ne crois pas en une victoire du FN, très sincèrement, et finalement, quand les Républicains sont au pouvoir, malgré leur conservatisme dégueulasse sur pas mal de sujets, c’est finalement pas pire que le PS. En gros, je pense que quel que soit le gagnant des prochaines élections présidentielles ET législatives, ça ne changera rien. Alors aujourd’hui, je voterai en quoi je crois… quitte à voter blanc si rien ne me convient. Même si c’est un message que peu écoutent, au moins, je l’aurai envoyé… car aujourd’hui, je pense sincèrement que ce n’est plus en votant qu’on changera les choses. 

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Deny everything

L’autre jour, je matais Malcolm, série que j’apprécie et que je n’avais pas maté depuis une éternité. Dans cet épisode, la famille de Malcolm essaie de vendre des sapins de Noël pour gagner de l’argent, il ne leur en manque plus qu’un pour rentrer dans leurs fonds mais la police intervient et les force à plier boutique car ils n’ont pas l’autorisation de vendre ces sapins sur leur trottoir. Le père reste optimiste en expliquant qu’ils vont quand même réussir à vendre leur sapin, contredit par Malcolm qui fait preuve de réalisme. Et là, le père sort un truc fantastique : “Fils, la seule chose qui m’empêche de me flinguer, c’est le déni”. Un truc du genre.

Et là, je me suis dit qu’on frôlait le génie. Et si finalement, il avait raison. Le moral fluctue selon notre interprétation des faits qui dépend elle-même de notre humeur générale. En gros, un incident, si on est dans une période heureuse, ça ne sera qu’un détail, une péripétie sans la moindre importance alors que le même événement dans une période un peu plus compliquée deviendra un drame sans aucune mesure. Donc pour prendre les choses avec plus de légèreté, usons de ce merveilleux mécanisme mental, le déni.

Alors évidemment, c’est à utiliser avec précaution. Pour les choses graves, c’est à éviter absolument, je parle des petits drames, les petits pépins qui vous pourrissent bien la vie. C’est un peu l’idée que demain, ça ira mieux et qu’il va arriver quelque chose qui va nous sortir de là. L’idée qu’on va enfin recevoir un appel après nos envois de CV massifs qui va nous fixer l’entretien qui nous permettra de sortir enfin du chômage, l’idée qu’on va croiser celui ou celle qui fera battre notre coeur, la bonne nouvelle qui va vous redonner du baume au coeur. Bref, plus que du déni, c’est d’espoir dont il s’agit. Peu importe l’orage, demain, ça ira mieux. Voyez, ça a été mon mantra en 2011. La vie a pourtant été taquine puisqu’à chaque fois que je pensais que c’était enfin fini, je m’en reprenais une dans la tronche. Mais hop, je passe en mode déni et je me dis que forcément, demain, ça ira mieux, la vie ne peut pas être que vacharde, forcément la roue tourne… Bon, y a des jours où on doute forcément un peu de cette belle maxime (pas forcément par rapport à ma propre vie) mais faut s’accrocher à ça comme un naufragé à un tronc d’arbre : CA IRA MIEUX DEMAIN !

Par contre, si je trouve que le déni adoucit un peu la vie en nous faisant tenir en attendant des jours meilleurs, relisez bien mon paragraphe précédent et notez un truc essentiel : les bonnes choses n’arrivent pas toutes seules non plus, faut quand même un peu pousser les choses. Je veux dire si tu veux trouver du boulot, ben faut quand même en chercher. Si la recherche d’emploi intègre une part de chance, c’est pas en attendant que ça tombe que ça va arriver. Idem pour l’amour, si tu veux le trouver, sors un peu, le prince charmant ne se cache pas sous ton lit. Et les histoires à base de “j’ai rencontré mon mec sur le pas de ma porte, c’est mon voisin”, ça marche surtout dans les magazines en fait. Et puis si vous ne sortez que pour aller sortir votre poubelle, je doute que votre sexyness soit à son optimum quoi qu’il arrive. Bref, l’idée n’est pas de se la couler douce en attendant que les choses arrivent sinon le déni ne sert strictement à rien. L’idée est plus de faire du mieux que l’on peut en toute situation en espérant un petit coup de pouce du destin ou de qui vous voulez qui va nous faire avancer encore plus vite. Le déni, en gros, c’est le vent dans le dos quand tu fais du vélo.

Moi, je l’applique à mort. Parce que sinon, je pèterais les plombs. Un peu mystique, un peu inconsciente… Et les jours se suivent et chaque jour, j’espère un petit coup de pouce. Et s’il ne vient pas ? C’est pas grave, ça ira mieux après-demain.

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Ch…ch…ch…ch…Changes !

Par Keira

 Tout d’abord : Bonne année !

Voilà, ça c’est fait.

Ensuite. Je disais hier à Nina que j’allais faire un petit article mignon en partie sur le réveillon et la famille mais comme tout le monde le fait… bah non.

Donc pour changer un peu j’ai décidé de revenir à ce que je faisais avant. Une critique ciné.

Bon, là j’ai été inspirée par Nina et sa critique d’Indiana Jones. Mon cerveau étant au point mort jusqu’à demain (la rentrée des classes, youpi !) je m’autorise une critique pas très constructive visant seulement à avoir des réponses de gens intelligents. Oui, je suppose que mes lecteurs sont intelligents.

Vous me l’avez prouvé un certain nombre de fois, donc je veux en avoir la certitude absolue.

Je vais vous parler du film… *roulements de tambours*… Avatar !

Et tout ça avec trois semaines de retard sur tout le monde.

Parce que j’aime ça.

J’aime bien James Cameron, autant vous le dire tout de suite. Pas toujours pour les raisons que tout le monde penserait évidentes. Je ne suis par exemple, pas une fan de ses personnages qui sont toujours très… stéréotypés. Ni de ses dialogues. Qui sont souvent assez creux. Je ne suis pas non plus une fan de ses élans sentimentaux. En fait ce que j’aime profondément chez Cameron c’est sa capacité à titiller mon imaginaire. A me faire rêver.

Il avait réussi à me faire rêver avec Abyss et Titanic (ouais, quand même, une croisière comme ça… c’est pas mal, non?) et là il vient de m’achever avec Avatar.

Le pitch pour ceux qui ne l’ont pas vu c’est un mix entre Pocahontas et un film bourrin à la Schwarzy avec un méchant ayant le niveau intellectuel d’une huître et des grosses cicatrices. MAIS ! On s’en fout.

Pourquoi ? Parce que bordel… c’est d’une beauté ! Et en plus le monsieur Cameron, il ne fait pas que s’amuser avec un univers dingue, il le sublime avec la 3D.

Je ne sais pas si comme moi, vous en aviez marre de cet abus des effets 3D dans les animations qui finissaient par vous coller une migraine atroce… si c’est le cas, Avatar va vour réconcilier avec la 3D.

Parce que même si elle est très souvent présente, contrairement à d’habitude, ce n’est pas pour qu’on ait l’impression de se faire bouffer par tout ce qui bouge, mais simplement là pour apporter une profondeur de champs hyper réaliste, créer une ambiance avec des insectes qui volent autour de nous. Nous plonger finalement, dans cet univers magnifique de la planète Pandora.

L’autre bonus du film en plus de cet univers dingue c’est le soin apporté à la création d’une mythologie, d’une culture complète de ce peuple Naavis (vous savez, les schtroumpfs-félins). Mister Cameron a prit le soin de demander à un super prof d’université de créer tout un langage et tout le tralala pour que ce peuple soit crédible. De même, on sent l’intervention d’ethnologues dans le soin apporté aux rituels montrés, que ce soit les rites chamaniques, la communion avec la nature, le respect de la nature. Tout ceci n’est pas sans rappeler certaines des tribus qu’on peut croiser dans nos documentaires.

Donc voilà, même si le scenario n’est pas vraiment à la hauteur, on s’en prend plein la figure visuellement. Surtout en 3D d’ailleurs.

C’est un film qui nous dit clairement « Il y aura un avant et un après Avatar », un peu à la façon de Tron à son époque. C’est aussi un film qui nous emmène dans un autre univers cool, qui nous rappelle que nous aussi, à une époque éloignée, nous étions un peu ces Naavis. C’est un film écolo à fond. Un film humaniste à fond.

Bref, c’est plein de bonne intentions et alors que ça dure près de 3h, on ne s’ennuie pas une seule seconde.

Comme quoi. James Cameron. Est. Super. Fort.

Ouais !

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Où trouver l’homme ? Episode spécial : mais où se cache Nina ?

A la recherche du prince charmant
Recommandé par des Influenceurs

La semaine dernière, j’ai reçu un mail d’un fidèle lecteur sur Facebook qui me demandait quelle était la part de fiction et de réalité dans Où trouver l’homme, notamment sur le fait que dans ces articles, je ne faisais jamais le premier pas. Amusant, avant qu’on me le dise, je n’avais jamais remarqué.


Quand Nina drague dans où trouver l’homme, c’est souvent : « je me redresse, seins en avant, cheveux au vent, sourire ultrabright et j’attends qu’il me remarque ». Pas du tout femme indépendante des années 2000, tout ça. Au départ de la série, j’envisageais plus de décortiquer les lieux de drague sans qu’il ne se passe rien puis à force, je me suis dit qu’il serait sympa d’égayer un peu l’histoire en y intégrant des personnages comme Fabien, Tatiana… Histoire de rendre le tout plus réaliste, que ça fasse vraie histoire de la nana qui cherche l’Homme.  Tout en étant globalement une belle loseuse.

Mais pourquoi est-elle aussi passive ? Parce que dans ma vraie vie, je ne drague pas, en fait. Non, je séduis comme on dit et ça prend un peu plus que trois longueurs de piscine, une descente au ski ou un cycle de machine à laver. Oui, je mets plein de liens pour que les
nouveaux arrivants lisent les anciens épisodes, je suis diabolique, hin hin hin ! Ce n’est pas par timidité, je l’ai perdue en même temps que mes dents de sagesse, à peu près. En fait, c’est un faisceau de plusieurs choses.


En premier lieu, quand je suis à l’extérieur, peu importe où, je ne suis pas très attentive aux individus. D’abord par myopie, ensuite pas distraction et rêverie. Quand je prends le métro, je suis soit en train de lire, soit perdue dans mes pensées. Quand je fais des longueurs de piscine, je suis en train de réfléchir à plein de trucs…et à mater les mecs, ok, mais je n’ai aucune chance au vu de ma propre tenue et il est hors de question que je m’arrête pour draguer, je dois nager tant et si je m’arrête, je perds le rythme. Parfois, il m’arrive de repérer un beau garçon mais c’est une considération esthétique plus qu’un désir qui naît. Il est séduisant, j’enregistre mentalement son visage et ça en reste là. Mais pourquoi ? Parce que je suis une jouisseuse cérébrale.

C’est un fait, un mec qui ne me fait pas rêver sur le plan intellectuel (au sens très large du terme) ne m’intéresse pas. J’y peux rien mais j’ai besoin de sentir que le mec qui me parle est brillant, intelligent et cultivé pour avoir envie de le mettre dans mon lit et que nous ayons certaines connexions intellectuelles. Il m’est déjà arrivé de coucher,avec des mecs avec qui j’avais très peu échangés, ça a toujours été un fiasco sexuel. En général, une fois partis, j’avais plus du tout envie de les revoir. Des fois, ça le fait même avant le
premier baiser, j’ai envie de disparaître tellement je ne me sens pas à l’aise avec le monsieur. Alors avoir envie de me mettre toute nue devant lui pour qu’il remplisse mon vase de son tuyau,,non, non, sans façon.



Donc le bel inconnu ne me séduit pas par son simple physique, j’ai besoin de plus. Or que sais-je du bel inconnu en dehors de son esthétisme qui me plaît. Est-il disponible pour commencer ? Est-il même Français ? Ce n’est pas que je ne veuille pas coucher avec des étrangers mais là, mon personnage cherche une relation durable et si Bel Inconnu n’est là qu’en touriste, ça va être compromis. Même pas dit qu’on trouve une langue pour communiquer. Ce qui peut être excitant pour le coup. Oui, l’exotisme, ça agite ma jouissance intellectuelle.



Au delà de sa disponibilité et du pays dans lequel se trouve sa résidence principale, reste donc l’énorme problème de la compatibilité de personnalité. Avons-nous quelques points communs ? Des centres d’intérêt à partager ? Tout simplement quelque chose à se dire ? Parce qu’en toute honnêteté, je peux trouver un beau mec tout à coup plus du tout attirant juste parce que je n’aime pas sa personnalité. Et l’inverse est vrai, parfois. Il faut un équilibre entre les deux. Oui, je vais pas mentir en disant que le physique ne compte pas mais il n’est pas essentiel.

Alors forcément, comme je ne drague pas et que je vois rarement un mec qui me plaît de prime abord car je suis difficile (en plus) et craque souvent sur un physique particulier où on retrouve un visage mal rasé, un profil magnifique et un regard intense, il est vrai que j’en rajoute un peu. Je pars de situation que j’ai vécues, en général, comme la laverie ou le cybercafé récemment mais dans ces deux lieues, je n’ai vu personne qui me plaisait. Je dirais même : je n’ai réellement vu personne car je n’ai pas vraiment fait attention.

Maintenant, il arrive que j’utilise des éléments réels de ma vie pour les mettre dans ces histoires. L’histoire Fabien est un mix entre une histoire arrivée à une amie et une des miennes. J’ai fait un article sur la laverie car j’ai eu l’occasion d’y aller tout comme au cybercafé aux petites heures de la journée (et ce fut dur). Mais globalement, mon seul but est de raconter la quête effrénée de l’Homme par une nana qui n’a pas de chance et s’y prend de plus comme un manche en utilisant des lieux que nous connaissons tous.

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Combien je vaux ?

Lors d’entretiens d’embauche, on arrive toujours à la délicate question du salaire. Deux scénarii possibles : soit le recruteur a déjà un salaire alloué au poste soit il vous demande de but en blanc combien vous demandez. Et là, panique à bord : je demande combien ?


En France, on aime être pudique sur l’argent, tous ces euros, c’est indécent. Même si, quand on postule pour un premier emploi, on ne va pas réclamer 300 000 euros de prime annuelle, heiiiiiiin. Le problème est donc de connaître l’état du marché, le salaire moyen de l’emploi auquel vous postulez en le pondérant selon vos diplômes et votre expérience professionnelle. Plus compliqué qu’une grille de sudoku. La première fois qu’on m’a posé la question, je suis restée coite, habituée à ce qu’on me donne une idée de salaire. Heu ?
Timidement, j’ai demandé 1500 brut. Le recruteur a souri : « Non, mademoiselle, avec votre profil, faudrait plutôt taper à 1800 brut ». Heu bé d’accord alors…


Il est délicat de réclamer un salaire. Toutes les entreprises n’ont pas les mêmes moyens pour commencer. En général, on prend le principe des revendications syndicales, à savoir demander le bras pour obtenir la main. Cependant, demander le bras de Hulk quand on a le CV aussi fin que la silhouette de Kate Moss, est-ce bien raisonnable ? Je sais, ma phrase précédente est capillotractée mais vous avez compris (j’espère). Parce que faudrait voir à rester crédible face au recruteur. Si le salaire moyen de l’emploi auquel vous postulez est de 24 k€, n’en demandez pas 30 non plus. Un peu de réalisme ne tue pas.


Par contre, il ne faut pas tomber dans le travers inverse. On aurait tendance à penser qui si on demande un salaire moindre, on aura plus facilement le poste qu’un candidat qui demande plus. Faux, on ne vous embauche pas pour un salaire mais pour des compétences ! Par aillers, demander un salaire trop bas peut donner une mauvaise image de vous. Demander trop peut paraître prétentieux, demander trop peu peut souligner un manque de confiance, un « je ne mérite pas plus ». De plus, si votre demande de salaire trop bas est acceptée, difficile de demander plus après. Quoi qu’il en soit, le salaire sera objet de négociation donc demandez toujours un peu plus que ce que vous souhaitez obtenir, dans la mesure du raisonnable.


Oui, ok, mais comment savoir combien demander quand on est à la recherche de son premier emploi, comme ce fut mon cas lors de l’entretien où j’avais demandé trop peu ? Là, j’ai pêché par manque de renseignements sur la question et j’ai eu tort. Sur nombre d’annonces, il y a une échelle de salaire, ça permet déjà de se faire une première idée. N’hésitez pas à demander aussi sur des forums professionnels (ou fouiller dessus car la question a sans doute déjà été posée). La question n’est pas stupide, il y a des choses qui ne se
devinent pas d’autant que, si on sort d’une école, on a un peu le melon gonflé à bloc par les profs qui nous serinent qu’on est les plus beaux, les meilleurs… Mais à 30 par promo multiplié par le nombre d’écoles et universités qui proposent une formation similaire, non, vous n’êtes pas unique et désiré donc on reste raisonnable.



Mais alors, si on me  propose un poste en deça de mon salaire de base, je refuse ? Nous verrons ça la semaine prochaine. Hé oui.

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Ode à la naïveté

Récemment, j’ai eu une révélation : être réaliste, mature, adulte, c’est chiant. Je ne sais plus bien pourquoi j’ai pensé ça tout à coup mais ça m’a paru évident. Du coup, je me demande s’il est possible de revenir à l’état de naïveté ou s’il est déjà trop tard.

Force est de constater qu’en ce moment, ça ne tourne pas très rond le monde. On peut parler de politique mais pas que, c’est général : entre la pollution, la misère d’un côté et les richesses extrêmes de l’autre, l’impression qu’on ne pourra jamais s’en sortir… Bref, tout ça, c’est moche, bouh. Si on se recentre sur nos cas personnels, on a tous des sujets d’inquiétude : trouver du boulot, trouver une moitié pour construire une vie matrimoniale, améliorer ses conditions de vie… Ou prendre soin de sa santé aussi. Bref, on a de quoi se
ronger les sangs. Y a des jours, je soupire : « c’était mieux quand j’étais petite ». C’est vrai, mes problèmes d’enfant, même s’ils me paraissaient dramatique sur le coup (mon voisin de classe m’avait piqué mon crayon rose et je savais pas comment le lui reprendre), on se dit que l’insouciance, c’est beau.

Evidemment, une fois adulte, on ne peut pas trop perdre le sens des réalités. Faut bien payer les factures. J’avoue que cette année, ça m’a déprimé de payer les impôts. Pas tellement pour la somme, c’est light cette année, mais parce que je me rappelle quand j’étais en terminale et que tout ce côté administratif me faisait flipper. Y a 10 ans, j’en avais peur, aujourd’hui, c’est ma réalité. Je suis une adulte à part entière, je ne suis plus la petite fille qui grandit dans le jupon de papa maman. Je dois être responsable, gérer mon budget. Et
dans quelques années, ce sera à mon tour de gérer un petit être qui sera la chair de ma chair, le sang de mon sang. Faudra être responsable pour deux. Déprimant, dit comme ça, même si je suis persuadée que la maternité est source de joies que je ne peux pas imaginer à l’heure actuelle.

Mais je crois que ce qui me déprime le plus, c’est qu’on n’a plus le droit d’être optimiste de nos jours. De façon générale, je suis du genre à voir la vie en rose, le verre plus plein que vide même si des fois, j’ai des coups de blues. Mais une fois passé, je relativise. J’ai perdu ma carte bleue ? Ben, du coup, je fais des économies, je ne vais pas dépenser mon argent n’importe comment. J’ai fait un scandale à free pour qu’ils m’envoient un technicien qui n’a fait que changer ma prise électrique (la 4e en 2 ans et demi). Bon, au moins, j’aurai pas à attendre 3 semaines qu’ils se décident de me l’envoyer. Mes amies vont mal ? J’essaie de les rassurer, de leur expliquer que, peut-être, dans trois mois, elles se rendront compte que leur malheur du moment était finalement un mal pour un bien. Prenons un exemple personnel : il y a deux ans, j’avais passé un entretien pour un poste qui me plaisait vraiment et qui m’avait échappé d’un rien. Sur le coup, je l’ai super mal vécu, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. C’est bien de pleurer, des fois, ça soulage. Un an et demi plus tard, je me rends compte que j’aurais eu ce poste là, je ne serais pas où j’en suis aujourd’hui, j’aurais un salaire inférieur à celui que j’ai actuellement et en plus, je pense que les perspectives d’évolution seraient moins intéressantes. Là, je suis dans un groupe de presse tentaculaire et les possibilités de promotions internes sont nombreuses. Dans ce job là, je n’aurais pas pu avoir mieux, une fois embauchée.

Pourtant, dès que vous faites preuve d’optimisme, on vous tape sur les doigts, on vous traite de naïve, comme si c’était une insulte. Oui, il faut toujours envisager le pire pour ne pas être déçu, ne jamais trop se réjouir, toujours trouver le gris dans le rose. Et ça me saoule, à force. La vie est une chienne, ok, il n’y a aucune règle ni justice mais après tout, si j’ai envie de croire aux lendemains qui chantent, si j’ai envie de croire que le mec que je viens de rencontrer est fait pour moi ? Si j’ai envie de croire qu’en me bougeant comme il faut, je vais avoir une promotion ? Franchement qui ça dérange ? Je ne dis pas qu’il faut vivre en dehors des réalité, dépenser le double de son salaire parce que la vie est belle, ce n’est PAS une bonne idée. Je dis juste qu’il faut arrêter de bouder son plaisir. J’ai rencontré un mec qui me donne des papillons au ventre ? Je savoure au lieu de me dire que je ne dois pas m’emballer, que ça peut foirer, blablabla. Si ça ne dure pas, je vais regretter de ne pas avoir profité à fond, en plus. J’ai envie de voir les choses en grand, d’être optimiste, limite naïve, et alors ? Si je tombe et que je me fais mal, c’est la vie. Je peux me faire mal aussi sans rien faire et me trouver nulle de végéter. Puis toujours envisager le pire, ça aigrit. Je préfère croire qu’il y a une espèce de justice en ce bas monde et que si je fais les choses biens, ça se paiera forcément un jour ou l’autre. Et si ce n’est pas le cas ? Peu importe, ce qui compte, c’est l’enthousiasme qui est le mien quand je fais la chose. Arrêtons de bouder notre plaisir. Sinon, à ce tarif là, on ne fera plus rien au prétexte que la vie est une chienne.

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Gomorra, de Matteo Garrone

Par Bobby

Gomorra, c’est un film italien comme on aimerait en voir plus souvent. A travers six personnages, six destins, on entre dans les réseaux de l’enfer de la Camorra, la mafia qui sévit à Naples et s’étend dans toute l’Italie du Sud. Une mafia toute puissante, sur laquelle l’Etat n’a pas d’emprise. C’est elle qui dirige et tire les ficelles : trafic de drogue, textile, recyclage des déchets, banques, guerilla… Tout y passe.

Le film traite ce sujet avec un réalisme choc. Les personnages sont empêtrés dans un système inextricable, où le danger menace à chaque instant, où la mort s’abat sans prévenir sur les individus, où le sang coule parfois à flot sous les yeux des voisins ou des proches.

Un jeune garçon rejoint les rangs d’une armée souterraine, manipulé par tous, deux adolescents font bande à part, armés jusqu’aux dents et immatures à souhait, un jeune homme découvre l’horreur du recyclage et les ravages sur l’envirronement, un homme cherche à s’en sortir dans l’industrie textile en venant en aide à des chinois en secret, et un vieil homme distribue de l’argent aux membres d’une des deux « tribus » adverses, risquant sa peau un peu plus chaque jour.

Je ne vous le cacherai pas, ça finit mal pour chacun d’eux, à des degrés très différents. Chacun se retrouve face à un dilemme impossible à surmonter, que seule la violence peut résoudre, brutale et tragique.

J’ai trouvé, personnellement, qu’un film de ce genre, qui reste une fiction même s’il a une portée quasi documentaire, a bien plus d’impact que les fades docu-fictions dont on nous bassine à la télé. Ce sont tous des personnages, certes, mais des personnages vivants, palpables. Ils nous immergent dans un monde sous tension, et dénoncent une horreur de notre monde, terriblement meurtrière au quotidien, et pas si loin de chez nous.

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