Vaincre sa peur : la chute

J’ai quelques petites phobies dans la vie, comme tout un chacun. Je vous avais parlé de ma peur de l’avion, étrangement envolée. Par exemple, lors de notre départ en Sicile, on a décollé direct dans d’épais nuages, Zenobie me tenait la main de trouille et moi, j’étais à la cool « non mais une fois les nuages passés, ça ira, tu verras. » Mais j’ai d’autres phobies comme une à la con : j’ai peur de la chute.

Quand je dis chute, je ne parle pas de déchéance, je parle bien d’une perte d’équilibre et pouf ! Par terre. Ce qui fait que je crie dès que quelqu’un à l’idée saugrenue de me porter ou de me faire grimper sur un bar. Par contre, j’ai pas eu la bonne idée d’en descendre immédiatement, notez… Je suis la fille qui ne court jamais dans les escaliers, qui aime la rando sur terrain plat sans caillou qui roule sous les pieds. Bref, je suis pas trop une aventurière (et ça me désole car y a quelques randos qui me font méchamment de l’oeil à l’UCPA). Ajoutons à ça un problème de vue qui me fait rapidement perdre la profondeur… Bref, je suis le boulet de toute balade hors macadam ou chemin damé.

Je ne sais pas d’où ça vient. Selon la mère, j’ai du faire une mauvaise chute durant ma prime enfance car j’avais commencé à marcher et du jour au lendemain, pouf, plus rien. Quel boulet…

Mais y a des fois, comme ça, je me dis que ça suffit, les phobies à la con. À la limite, je garde ma peur des serpents, elle m’handicape peu au quotidien… Mais si je veux un jour me payer la rando à Hawaï ou en Islande, celle de la chute est plus dérangeante. Sans parler de quelques métros ratés car je cours pas dans les escaliers. Alors le 17 juin 2012, je l’ai un peu prise entre 4 yeux, cette peur de merde (oui, la peur a deux yeux, voilà) et je lui ai infligé une défaite : j’ai crapahute sur l’Etna.

C’est pas que ce soit difficile en soi, pas besoin d’être alpiniste mais marcher sur de la roche de lave qui roule sous le pied ou les cendres où tu t’enfonces bien, on est loin du bitume auquel je suis habituée (et sur lequel je tombe aussi des fois, d’ailleurs). En fait, faut savoir un truc : l’Etna, tu le montes pas vraiment, tu le descends en fait. Première grosse descente, je me la joue de côté genre je fais du ski. Sauf que mes pieds ne sont pas des skis (révélation) donc je tombe 3 fois. Arrivée en bas de cette première descente, Nino notre guide m’explique que je dois pas me mettre de côté mais face à la pente en plantant les talons. Ok, Nino mais bon, elle est finie la pente hein…

Mais le pire nous attendait car nous avons descendu ça :

On était censés être tous en lignes mais les gens se croisant, j’étais toujours derrière quelqu’un ce qui fait qu’à la fin de la descente, je ressemblais à ça :

Bref à un moment, y en a qui commencent à courir dans la descente, je me dis « mais pourquoi ils font ça ? ». Réponse : parce que c’est rigolo. Et à un moment, je suis prise d’une impulsion subite, je me dis que je dois le faire, je dois me prouver que je suis pas une chochotte. Alors je cours et je crie. Hihi, je vais vite, c’est drôle. Hihi, ça va vraiment très vite. Hi… Heu… Je m’arrête comment ? Je m’arrête pas, je m’arrête pas, aaaah ! Putain je suis vraiment trop conne, pourquoi j’ai couru, je vais me péter la gueule, une dent, un os, meeeerde !

Finalement, le terrain s’est aplani et j’ai réussi à m’arrêter SANS tomber. Non parce que petite, au ski, pour m’arrêter, je tombais exprès (à petite vitesse, dans la neige, du haut de mon mètre et vraiment pas beaucoup plus). Ce qui était peu malin vu que j’arrivais jamais à me relever puis un jour, j’ai maîtrisé la chasse-neige puis le ski parallèle. Bref, mission courir sur l’Etna : remplie.

Double victoire : celle sur moi-même mais aussi celle sur la vie. Car oui, j’ai omis de le signaler : 365 jours plus tôt, le 18 juin 2011, je me pétais le plateau tibial. Quelle meilleure façon de célébrer l’événement que d’aller me promener sur l’Etna ? Moi, je vois pas.

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