Manifester, c’est anti démocratique

Aaaaaaaaah, je suis bien en ce moment, je suis bien… bien remontée. Ah, faut dire que les gens, ils me cherchent aussi genre à nous expliquer que descendre dans la rue parce que Macron fait de la merde, ce serait nul parce que Macron, c’est le choix des Français. Alors d’abord, vous allez me regarder cette vidéo de Data gueule et ensuite, revenez m’expliquer pourquoi manifester, c’est anti démocratique.

Manifester

Sur ces simples élections, nous avons un Macron passé au second tour grâce à ces 24% de votes au premier tour. Est-ce que ça veut dire que 24% des citoyens au vote exprimé sont pour ce fantastique détricotage de notre modèle social ? Non, 41% de cet électorat là l’a fait par défaut et non par conviction (et on remercie les sondages qui ont bien fait peur avec Marine, Fillon et tout ça histoire que les gens votent utile pour le moins dangereux… sur le papier). Donc 59% de 24%, ça nous fait 14% des votes exprimés. Soit en reconvertissant en terme de voix 5 millions de Français convaincus par un projet… soit environ 5 millions sur 47 millions d’électeurs ou 52 millions de Français de plus de 18 ans (ouais, j’ai enlevé les mineurs, je trouvais pas leur présence très pertinente dans mon analyse). Et comme depuis Chirac, celui qui remporte les élections présidentielles a un fauteuil pour les législatives, Macron obtient une confortable majorité… bien que plus de la moitié des citoyens n’aient pas fait le déplacement mais apparemment, ça marche quand même. Je remets le lien vers Data Gueule, des fois que…

Sondage présidentielle janvier 2017

Mais admettons. Voyez, moi, en 2012, j’ai voté Hollande parce que j’ai été tellement la reine des connes, bordel. Je ne croyais pas qu’il allait faire des miracles (ma propre connerie a des limites), je souhaitais juste de l’apaisement après Sarko. Et bah j’ai pas été déçue du voyage, la vache ! Et c’est précisément là où je veux en venir. Pour qui vote-t-on ou pour quoi vote-t-on ? Je suppose que c’est personnel et que ça dépend de son degré d’intérêt pour la politique, je vote personnellement pour une vision d’avenir. Parce que 5 ans, c’est court et long à la fois. Je vote pour un projet (projeeeeeet)… des promesses car je n’ai que ça. “Han mais genre, les politiciens, ils tiennent leurs promesses, LOL”. C’est bien tout le problème, Bobby, c’est bien tout le problème. Quand je mets un bulletin dans ma petite enveloppe, je n’ai pour faire mon choix que deux outils : mon adhésion à un projet et ma confiance en la personne ou le parti. Il y a une part de naïveté dans le vote, une part de résignation aussi. Je vais prendre lui ou elle parce que je pense qu’il me ment pas, parce que je veux croire qu’il me ment pas… ou au pire, ce sera lui ou elle le/la moins catastrophique. Je suppose que certains se demanderont alors pourquoi je continue de voter, je leur répondrai que… je sais pas vraiment, un peu par réflexe, un peu par espoir, quand même.

voter aux élections françaises

Cependant si les promesses ne sont pas tenues (et Dieu sait qu’elles ne le sont jamais), on fait quoi ? Voter n’est pas remettre un chèque en blanc à une personne ou un parti pendant 5 ans. On a signé un deal, monsieur madame, si vous ne le respectez pas, je pense avoir légèrement le droit d’ouvrir ma gueule. Et même si je n’ai pas voté pour le vainqueur, je dois laisser détricoter nos acquis sociaux parce que j’ai pas mis le bon bulletin dans l’urne ? Sérieusement ?

Manifestation anti loi Baillon en Espagne

Je sais que les manifestations ont mauvaise presse, je fus de celles qui soupiraient à l’époque en mode “mais ils ont rien d’autres à faire ?”. Aujourd’hui, j’ai complètement fait évoluer mon discours parce que j’ai compris qu’il fallait parfois entrer dans le rapport de force pour arracher quelque chose. Non parce que la prise de la Bastille, que nous célébrons à grand coup de feux d’artifice chaque année, vous croyez que ça s’est passé avec des bisous et de la barbe à papa ? Honnêtement, je suis toujours un peu saoulée de voir des abribus et vitrines pétées parce que je sais que les médias ne relaieront que ça (et je ne suis jamais déçue) mais je le suis encore plus quand je vois les gens chialer plus pour ces bouts de verre que sur les manifestants blessés… Et me racontez pas qu’ils l’ont cherché ou que c’était accidentel, on a eu lors de la manif du 1er mai à Paris pas moins de 11 blessures au crâne par matraque au bouclier dont 7 plaies ouvertes . Vous allez me faire croire qu’il n’y avait aucune volonté de faire mal. Mais non, les vitrines valent plus que l’intégrité physique de ceux qui exercent leur droit de manifester. Intéressant.

Manifestant blessé, violences policières

Mais le pire, c’est qu’on entre dans une ère où on est contraints de manifester non pas pour acquérir de nouveaux droits mais pour protéger nos acquis salement menacés… Vu qu’on se ramasse dans les dents en 3 mois de Macronie, je n’ose imaginer l’état de nos droits en 5 ans. Et j’en connais qui seront bien contents que certains soient aller manifester pour eux tout en s’indignant sur les abribus cassés. Le sens des priorités. Donc désolée mais peu importe le résultat d’une élection, manifester est un droit…et si ça continue, ça va limite devenir un devoir (en attendant de terminer en garde à vue parce qu’on n’a pas réussi à quitter la nasse à temps).

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Le syndrome Prom Queen

Les réseaux sociaux ont ce pouvoir merveilleux de conférer aux gens un sentiment d’importance. Chaque contenu posté déclenche l’attente frénétique du moindre like, commentaire ou retweet, selon où vous vous exprimez. Le but est de devenir le ou la plus populaire de votre petite bande virtuelle, celui ou celle qui décrète et les autres suivent. Ce fameux influenceur qui fait bander les marketeux. Je reviendrai sur la notion d’influenceurs plus tard, ça mérite un bon paquet d’articles je pense.

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Première étape : construire sa communauté, donc, se créer des liens, étendre ses tentacules toujours plus loin, se construire une audience de plus en plus importante pour l’inonder de vos pensées, jugements, derniers achats, photos de vacances… Et une très bonne façon de se faire des copains, c’est l’ennemi commun. L’ennemie commune en l’occurence pour cet article : la fille trop jolie avec un mec canon qui s’en sort bien dans la vie et qui évolue à des dizaines de miles au dessus de vous. Au début, personne n’ose la critiquer tellement la moindre pique envers elle semble puer l’aigreur. Mais à 10, le rapport de force est inverse et là, tout est permis.

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C’est ce que j’appelle le syndrome Prom Queen. Prenez n’importe quel teen movie (ou série) américain, ce phénomène est pregnant : c’est la reine de la fête, la plus jolie, la plus populaire, celle que l’on adore donc détester car elle est trop tout. Les anti Prom Queen se rejoignent peu à peu, galvanisés par leur haine commune de cette pauvre fille qui a surtout le tort de ne pas être comme eux. Oh oui, certaines sont de vraies connasses, je dis pas. Mais de toute façon, sympa ou connasse, la règle reste la même : on déteste la Prom Queen.

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Alors dès qu’elle ouvre la bouche, poste une photo ou respire un peu bruyamment, le torrent de haine démarre. Il débute par une petite remarque, grossie par les commentaires, retweets et autres LOL. On se sent cool de démolir la jolie fille de service qui n’est même pas si jolie que ça, tavu ? Elle doit bien se photoshopper la garce parce qu’en vrai, elle n’a pas la peau aussi lisse ou les cuisses aussi fines. Oui, le syndrome Prom Queen transforme ses victimes en hyènes, ces féministes qui hurlent dès qu’on tacle une femme sur son physique mais n’hésitent pas à se moquer du bourrelet (légèrement imaginaire) de la Prom Queen ou du creux entre ses seins et supplient qu’on lui file un hamburger tellement elle est maigre. Dans cette petite réunion haineuse, les principes sautent.

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Alors, pour conserver sa petite communauté rigolarde, on guette. Tout ce que dit ou fait la Prom Queen sera analysé, critiqué, jeté en patûre à sa petite bande excitée à la vue du sang. Non mais tu as vu son pull ? Non mais elle a fait une faute, ahah ! Ohlala, elle a lu tel livre qui est trop nul, quelle idiote ! Effet pervers : la Prom Queen honnie devient finalement le ciment de la petite bande. Et si demain celle-ci disparaissait ? Ca peut arriver, rappelons que nous parlons de vie virtuelle, de blogueuses, de twitteuses, de forumeuses, de nanas qui ont une vie en dehors de la bulle virtuelle et peuvent en disparaître sur un coup de tête, de ras le bol. La petite bande d’excitée va-t-elle disparaître ? Non, bien sûr : une Prom Queen meurt, vive la Prom Queen. Car peu importe la victime, du moment que l’on peut la descendre pour se sentir mieux qu’elle. Et si un jour vous renoncez à cette mesquinerie, rassurez-vous : vous serez rejeté par la communauté. Vous n’avez plus vos places parmi les rageuses.

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Typiquement féminin ? Rassurez-vous, les hommes ont aussi leur petites guéguerres. Eux, ils sont plus sur la taille de leur bite communauté par contre… On en reparle une prochaine fois.

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Entre les murs, de Laurent Cantet

Par Bobby

L’autre jour, de passage dans ma province natale, j’ai décidé d’aller voir Entre les murs, alors que, n’étant pas à Paris où je peux faire usage de ma précieuse carte UGC illimité, je devais payer 5 euro 50 pour une mauvaise salle toute pourrie, mais bon, c’est notre cinéma d’art et d’essai, on le soutient envers et contre tout.


A première vue, je dirais que ce qui m’a le plus interrogé en regardant le film, c’est une question de forme : comment arrive-t-on à mettre en scène un univers aussi réaliste (et proche en cela des films de Abdellatif Kechiche –L’esquive, La graine et le mulet…-), comme si la caméra s’était rendue invisible et observait des scènes de la vie courante, alors que l’intrigue est assez tendue pour que l’on sente que l’on est bel et bien dans la fiction ? Cantet lui-même semble regretter que la critique ne soulève que les aspects polémiques et sociétaux de son film, et n’explore pas assez la question du « drama » qui, pourtant, fait tenir Entre les murs et l’a placé en si haute estime dans le regard du jury de Cannes. J’en ai eu la preuve quelques instants après avoir visionné le film, quand un mec me dit « ouais mais bon, donner la palme d’or à un film aussi politique c’est pas top, un film comme ça c’est pas vraiment du cinéma ». Bon, déjà,
j’ai envie de répondre « va le voir avant de parler pov’ quiche ». Et alors là, je suis sidéré. Depuis quand le cinéma politique, en plus, c’est pas du cinéma ?

Et puis, ici, en l’occurence, c’est pas « politique », c’est davantage sociétal, voire même philosophique. La question de l’éducation, ses impasses, ses
beautés, ses souffrances, je pense pas que ça date d’hier. Ce film nous immerge dans une classe de 4e du collège Françoise Dolto (20e arrondissement de Paris), et l’on y suit le quotidien sur une année d’un professeur de français, François Marin (incarné par François Bégaudeau, ancien prof, et écrivain du roman Entre les murs dont a été tiré le film), et d’une bande d’élèves assez diversifiée, en plein dans l’âge du dindon (comme disent les espagnols), avec ses rapports de force permanents, ses cris, ses insultes, sa violence, mais aussi, parfois, ses moments d’écoute, des moments au cours desquels la bande de petits sauvages est happée et apprend des choses. C’est un film qui nous montre les erreurs du système scolaire, les failles humaines, à la fois des élèves, des profs,
des parents. Personne n’est parfait, en somme, mais exige que les autres le soient. La lourde question des sanctions et de la valorisation fait également rage. Comment tirer le meilleur de TOUS les élèves, même quand ceux-ci vous insultent, vous frappent, étalent leur bêtise, leur violence. Personnellement, ce qui m’a marqué, c’est la solitude des professeurs. On les jette en pâture dans l’arène, où leur moindre geste est analysé et moqué, ou leur savoir est souvent méprisé. Je pense qu’on manque cruellement de profs, et qu’en supprimer ne résoudra en rien le problème de l’éducation, le conflit entre les jeunes et les adultes, mais va, au contraire, l’agraver considérablement. Il faut des équipes pédagogiques plus conséquentes pour  inspirer plus de respect
aux élèves, parce que 4 guguss face à des hordes de gosses, ça le fait pas. D’un autre côté, le film ne prêche pas en faveur des Saints Profs. Il montre aussi leurs moments de mépris pour les élèves, leurs colères, leurs peurs. Je trouve que c’est les respecter davantage que de les montrer sous un aspect aussi humain. Car c’est de ça qu’ils manquent le plus, nos profs, de respect, avant tout. Avoir la volonté de transmettre le savoir, au lieu de le garder pour soi, c’est quand même le plus beau métier du monde.

N’ayez donc pas peur de vous confronter à un soi-disant « film politique ». Entre les murs invite à la réflexion, mais n’oblige personne à réflechir pendant le film (je dis ça pour les plus retors de la pensée !). Il vous fera rire, et peut-être même pleurer. Il saura vous maintenir en haleine
devant une simple salle de cours de français, et ça, franchement, c’est très fort.

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La politique française m’ennuie

Ca faisait un moment que je n’avais plus parlé de politique française et pour cause : qu’est-ce que ça m’emmerde. Aujourd’hui, ce n’est plus que du pro sarkozysme contre de l’anti sarkozysme, les deux aussi primaires l’un que l’autre et on oublie de parler de l’essentiel. Sans parler de l’incontournable Carla Bruni-Sarkozy qui émerveille ou agace selon le camp où l’on se trouve. Parce qu’aujourd’hui, la politique française me paraît tellement manichéenne que je ne vois même plus l’intérêt de débattre, ça restera stérile quoi qu’il en soit.


A ma droite, Sarko et sa clique. Je pense sincèrement que Sarkozy n’est pas un homme très intelligent. J’ai lu pendant mes vacances un dossier sur sa personne dans Le Point qui publiait pas mal de petites phrases off et il m’a fait l’effet d’un petit notable de province qui commente la vie au café du commerce le dimanche. On le sait que c’est pas un technocrate, ce fut même un de ses arguments vente mais y a des fois, je me demande s’il est pas sous substances pour dire des conneries pareilles. Mais surtout, Sarko, ce qui me frappe chez lui, c’est le manque total de subtilité. Prenons le cas de la nomination du président de France Television par ces soins qui émeut tout le monde et surtout ses détracteurs. Bon, atterrissez un peu : jusqu’à présent, le président de France Télévision a toujours été nommé par le Président du CSA nommé par… Ah bin par le Président de la République. Y a qu’à voir la valse traditionnelle des
présentateurs de JT du service public après chaque élection pour comprendre que la présidence de la République a toujours traîné par là. De même pour la nomination ou révocation de certains journalistes. Le jovial Chirac a toujours été un killer et beaucoup ont vu leur carrière salement menacée par ses interventions et pas que dans le journalisme d’ailleurs. En somme, la seule nouveauté, c’est que c’est fait de façon ostensible et sans la moindre nuance. Sarko veut montrer toute l’étendue de son pouvoir, là où ses prédécesseurs agissaient dans le secret de leur bureau. Je suis même sûre que les pro sarkozystes trouvent ça très bien cette façon de jouer franc jeu en permanence. Moi, je trouve que c’est rajouter inutilement de l’huile sur le feu. La méthode Sarko, quoi.

Au delà de ça, je crois qu’on s’emballe franchement trop sur le cas Sarko qui n’a même pas forcément l’ambition de faire un deuxième mandat. Il veut rester dans l’histoire comme celui qui aura fait le plus de réformes mais après, il se rêve une retraite à la Clinton « il se prend 15 000 euros par conférence, je vais m’en mettre plein les poches », aurait-il dit, toujours selon le Point. Je crois que se cantonner à un anti sarkozysme primaire en guise d’opposition est une connnerie monumentale. Et notre amie Ségolène, à peu
près aussi fine, intelligente et incontrôlable que le père Sarko dès qu’elle sort de ses fiches, s’y vautre avec délectation. A l’heure actuelle, mon pire cauchemar serait un second tour Ségo-Sarko en 2012. Je voterai blanc tellement ça me paraît la peste et le choléra. L’opposition a 5 ans pour mettre sur place un projet, une alternative à la société que la droite construit aujourd’hui et leur figure de proue (mais qu’on la dégage, pitiéééééééé) mord tel un roquet le mollet du président, faisant fi du gouvernement qui va avec. Elle va jusqu’à faire des allégations très graves quant à son cambriolage. Y a des fois, j’ai l’impression qu’on est en plein X-files avec la théorie du complot, Sarko en homme à cigare qui tire les ficelles et Ségo dans le rôle de Mulder.  A mon sens, tout ça n’est qu’une surestimation de leur intelligence mutuelle, ils me paraissent franchement aussi pitoyables l’un que l’autre.

Il m’arrive souvent de lire les commentaires sur les articles des journaux en ligne et j’ai l’impression qu’aujourd’hui, on ne peut être que dans le radicalisme. Tous les arguments ne sont que clichés et contre clichés, chacun s’accusant mutuellement de pro ou d’anti sarkozysme primaire et c’est pas faux. Nous sommes incapables de voir plus loin que ça, d’avoir de vraies perspectives d’avenir, de réfléchir à des alternatives. Dès qu’on essaie de faire preuve de nuance, on se fait renvoyer dans nos 22 en se faisant taxer de naïveté voire de stupidité. Ben ouais, c’est tellement plus intelligent et enrichissant de rester dans un bête rapport de force qui ne fait avancer personne et, in fine, nuit globalement à tout le monde.

Alors oui, la politique française m’ennuie profondément et j’ai de plus en plus envie de ne plus lire les articles qui s’y rapportent. Mais pourtant, je me force : quel que soient mes opinions et ma lassitude, je préfère rester vigilante, histoire de savoir à quel sauce je vais être mangée.

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Courrier des cœurs : réponse à Pink Lady

PinkLady nous a soumis la question suivante : je suis à un dîner avec un mec qui me
plaît trop, dois-je me montrer vraiment entreprenante ou les femmes entreprenantes (mais vraiment) effraient-elles les hommes?

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La cellule love and sex des vingtenaires s’est réunie et voici les réponses :

 

Jane : Ici, tout est question du sens d’entreprenante. Entreprenante dans le style « je fais comprendre habilement que tu me plais » ou dans le style « Au restau
j’escalade la table en te disant que je te veux »?
Mettons nous dans la position inverse. Etre draguée par un homme entreprenant. Préfères-tu quelqu’un qui te charmera subtilement en te faisant comprendre que tu lui plais, ou un bourrin qui arrive avec ses gros sabots?
Et bien un homme, c’est tout pareil. Une amazone de l’extrême qui lui saute dessus, ça peut l’effrayer. Voui voui. Et le faire fuir, loin, très loin, à une époque où les femmes étaient de petites choses délicates qu’il fallait doucement séduire sans trop effaroucher (et là, des années de féminisme s’écroulent) Ou la séduction n’était pas de l’attaque.
Alors que diable, un peu de finesse et de subtilité! Inutile d’être trop directe et agressive, laissons agir le légendaire charme féminin et aux hommes des cavernes la drague 38 tonnes!

Marine : Bon, là en gros, tu demandes comment être une équilibriste et les principes de la communication non-verbale. L’idée est la suivante, je pense : si tu fais rien de rien, tu n’envoies aucun signal, donc gênant, c’est certain.
En revanche, il y a signaux et signaux. Sur ce point, je pense qu’il faut en donner un minimum. Etre habillée sexy (mais pas vulgaire), être souriante, rire à ses blagues et s’intéresser à sa vie, et évoquer au passage que tu n’as personne pour l’instant dans ta vie, c’est à mon avis suffisant. Si tu vas plus loin dans le langage des signes, ce sera trop gagné pour lui, et du coup, moins d’enjeu, moins de séduction possible. Il est possible que vous passiez la nuit ensemble, mais tu seras cantonnée au rôle de la fille facile, ou même de « la nana folle de lui », celle qui lui flatte l’ego mais dont finalement il n’a trop rien à foutre. L’idée n’est pas de le faire languir bêtement ou de faire la pouffe qui se fait désirer, mais de maintenir un rapport de force équilibré, pour ne pas court-circuiter le jeu de la séduction.
 

Nina : Je vais dire que, globalement, ça dépend. Je pense que ce n’est pas mal qu’une femme montre son attirance à un homme, qu’elle ne lui laisse pas faire tout le travail. Mais tout est question de limite et de ce que tu veux avec le monsieur. Si tu te vautres sur ses genoux, il va penser que tu n’en veux qu’à son corps, tirer son coup et ciao. En plus, les mecs, comme les filles, ne sont pas toujours ravis de se faire sauter dessus, même si tu leur sautes pas physiquement dessus. La subtilité est notre amie en toute circonstance. La classe aussi. Suggère discrètement, tu verras s’il saisit la perche ou pas. S’il ne comprend pas, c’est qu’il ne veut pas ou est limité de la tête. Ou handicapé affectif. Dans tous les cas, laisse tomber.

Summer : Bien sur tu as appris depuis ta plus tendre enfance que l’homme propose, la femme dispose. Sauf que comme tu as sans doute pu le remarquer, les hommes qui proposent en général 1) ne te plaisent pas 2) sont des bourreaux des coeurs avérés ou 3) sont des mecs qui te croisent dans la rue et qui te sifflent, façon à eux bien particulière de dire que tu es jolie! ( non je ne dirais pas bonne!)
Alors sur ce constat, il faut agir, et pour répondre à ta question je dis oui action! Mais attention, entre être entreprenante et vraiment entreprenante, y’a des subtilités. Je sais qu’il arrive bien souvent que les subtilités soient incomprises par l’autre sexe faute de parler le même langage et que tu n’as qu’une envie lui sauter dessus, mais si tu le fais, tu regretteras au choix d’avoir filer tes bas pour lui mettre le grappin dessus ou de ne pas être seule avec lui à ce stupide diner parce que ce que tu as en tête se passe de toute évidence de spectateurs.  Donc entreprenante, ok, mais point trop n’en faut comme tu l’auras compris. Alors que faire, et là tout se joue dans la stratégie. Le plan: toujours garder un oeil sur lui, histoire d’être en pôle position pour être à coté de lui au moment de passer à table, je dis bien à coté et pas en face parce que les effleurements sont quand même beaucoup plus faciles, garder un oeil sur les alentours afin d’évincer toutes concurrentes éventuelles et pour cela il te faut les repérer au préalable et enfin faire en sorte de retenir son attention: regard, robe ultra sexy, discussions enflammées etc…
Et puis s’il n’a toujours pas compris, lui glisser à la fin du repas que tu serais ravie de continuer cette si passionnante discussion en prenant un verre avec lui, seuls. Si là, il ne comprend pas alors laisse tomber il est soit idiot soit maqué.

Tatiana : Réponse brève claire et précise : avec les hommes pas besoin d’être très entreprenante pour qu’ils comprennent le message. Quelques signaux bien
placés (petits rires, je me caresse les cheveux, regards…). S’il capte pas 2 solutions : c’est un handicapé de l’amour ou il fait genre il voit rien car il ne veut rien avec toi.

Bastien : Faut il se montrer entreprenante ? Tout d’abord précisons une chose, je ne pourrais couvrir qu’une partie de la réponse. Pour ce qui est de ce faire du mâle un joujou de pieu je suis dans la capacité de répondre mais pour ce qui est de s’en faire un joujou de salon genre pied sous la table et matage des experts les bras l’un dans l’autre la je passe mon tour, c’est pas mon rayon.
Quels sont les raisons qui pourraient pousser un monsieur a rentrer dans sa coquille suite a des avances quelques peu marquées ? Un micropénis ? Une envie que la relation ne soit pas que sexuelle ? Une croyance religieuse ? Une connerie naturelle ? Dans tous les cas si vous perdez le type vous ne perdez pas grand chose mesdames. Mais par contre si vous gagnez, oulah si vous gagnez, laissez moi vous dire que vous aller vous retrouver entourée de saint Pierre & confrères du 7e divin étage plus vite qu’il ne faut pour dire « baise moi ». C’est avec les miss entreprenantes que les mecs se lâchent réellement sexuellement. Jamais vous ne titillerez l’anus d’un type a qui vous avez commencé par parler voyage en Italie. Ne tentez pas le sexe en public avec un mister qui vous offre des fleurs oblitérées « plaisir d’offrir ». Ne comptez pas sur une révision du kama sutra avec un monsieur qui vous raconte que belle maman n’a pas sorti le chien aujourd’hui. Pour l’éclate totale n’hésitez pas a balancer le grand jeu, le cheminement intellectuel masculin est on ne peut plus simple, « elle tente ça, elle peut tout tenter, si je couche avec elle il faut s’attendre a tout » (c’est comme ça que je me suis retrouver avec des bouts de peau en moins sur le cou par exemple)
Autrement dit tout dépend de ce que vous recherchez, si vous êtes vous même plutôt casanière dans la manipulation du tintoin impérial alors rien ne sert de se mettre a lécher langoureusement votre fourchette à chaque bouchées. Par contre si vous avec vos menottes dans votre sac, entre le lubri et les capotes, la allez y de l’oeillade chaude comme une baraque a frite.

Bobby : Aucune idée, je suis gay. Si tu veux que je te conseille, il existe des endroits sympas et pas trop chers où tu peux te faire amputer les seins, déclitoriser, et greffer un pénis (masculin, féminin, ça tient finalement à peu de choses : quelques coups de ciseaux, des hormones et hop, le tour est oué).
Après quoi je serai ravi de t’expliquer pourquoi les hommes entreprenants sont effrayants pour les autres hommes…

 

Enzo : Chère demoiselle,
En lisant ta question, je ne sais si je dois crier au scandale ou simplement te donner une fessée ! Alors que la journée de la femme a eu lieu il y a une semaine à peine en plus !
Mais peut-être que ma réaction épidermique est dû à un malentendu. Je me demande ce que tu appelles « vraiment entreprenantes ». Parce que je pense qu’un homme « vraiment entreprenant » effrait également les femmes (sauf celles qui sont convaincues d’avance).
Car en tant qu’humain, quelles questions se pose t’on en face d’un autre être humain vraiment entreprenant ?
– pour être aussi motivé(e), il/elle est peut-être simplement terriblement en manque
– pour être aussi motivé(e), il/elle n’aime peut-être qu’une image fantasmée de soi
– pour être aussi motivé(e), il/elle ne semble pas faire attention à ce que l’on veut soi-même
Bref, les raisons s’orientent vers la perception que l’on a de soi et la psychologie complexe. Pour revenir au schéma de ta question, peut-être qu’être trop entreprenante aura un effet
contre-productif, sauf si l’homme en question est mégalomaniaque (« je suis si irrésistible ») ou en manque. S’il est sensible (comme la plupart des hommes), il se demandera « est-ce qu’elle m’aime vraiment ou est-ce qu’elle réagit simplement à ses instincts et ne pense qu’à son bon-plaisir, tout en reniant ma qualité d’individu pensant ? ». Mais il y a une autre question : pourquoi souhaite tu être « vraiment entreprenante » ? Par envie ou parce que tu penses que cela peut faire pencher son avis en ta faveur ?
Mon conseil est d’être toi-même et de respecter cet homme comme tu souhaiterais qu’on te respecte.
Et n’oublie pas de t’abonner encore à Jeune&Jo… euh aux Vingtenaires pour plein de bons conseils chaque samedi !
Amicalement,
Dr Enzo, féministe masculiniste.

Lucas : Une femme entreprenante c’est souvent une nana qui cherche mais ne trouve pas celui qui lui va. Cela ne va pas m’effrayer mais déclencher un sourire roublard.
La tradition implicite veut que ce soit les hommes qui lancent l’action et que les femmes soient passives. Les hommes semblent avoir plus d’appétit sexuel que les femmes ou tout du moins ils le déguisent rarement. Pour autant, si une nana veut « se faire » un mec je ne vois pas où est le problème ! Même en observateur, cela me ferait sourire benoîtement de contempler la tactique d’approche et la perplexité du mec en face ! Cela me fera énormément plaisir aussi car je trouve qu’il y a une grande absente dans la drague. Cette grande absente c’est tout bêtement… la sensualité !
Car il faut l’avouer,
Si on est la target d’une femme entreprenante, le jeu est vraiment des plus mystérieux. On a constamment le cul entre deux chaises à se demander
« Est-ce qu’elle me chauffe à mort seulement pour jouer avec moi et faire sa chaudasse ? Vais-je me faire envoyer chier si je me montre calin ».
voire au contraire,
« Est-ce qu’elle est vraiment sous mon charme et elle prend les choses en main vu ma passivité initiale ? »
Et là, même le mec le plus sensible aura du mal à trancher !
Pour autant, souvent, la nana entreprenante est une chanteuse d’Axelle Red qui s’ignore
J’aime j’aime tes yeux j’aime
Ton odeur
Tous tes gestes
En douceur,
Lentement dirigés,
Sensualité…

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