Tokyo la dystopique

Je suis effroyablement en retard sur mes ambitions de carnets japonais mais ma vie en ce moment… je vous en parle pas pour pas salir cet article qui va me replonger avec délice dans ce voyage qui me paraît déjà si lointain… Quoique… Là, non, parce que je vais vous parler d’un aspect de Tokyo qui peut paraître étrange pour nous, Occidentaux mais Tokyo, c’est trop une ville dystopique.

Je suis une fille à imagination débordante : je lis, j’écris et quand je mets le pied dans une ville, je la scrute parfois comme un décor. Quelle histoire pourrais-je y raconter, quel élément du décor je vais pouvoir récupérer pour l’intégrer à mon récit ? Si New York était tellement Gotham City (mais quelques éléments ont d’ores et déjà pu me servir dans certains écrits, notamment mon histoire d’Ofelia dans son Néo-Rome), Tokyo, c’est… absolument Technopolis quand je vais le réécrire. C’est une ville du Futur… mais une ville du futur telle qu’on les imaginait quand j’étais plus jeune et que j’ai commencé à découvrir la SF et les romans d’anticipation.

#manhattan soleil couchant en direct de l’empire state building #sunset #latergram #Newyork

A post shared by Nina Bartoldi (@ninabartoldi) on


Quand j’ai écrit des romans d’anticipation se passant dans des villes futuristes, ce qui est donc le cas de Technopolis et Ofelia, les deux villes concernées avaient exactement la même structure : toutes en verticalité avec des buildings qui vont te gratter le ciel, tellement que le Burj Khalifa, c’est un Playmobil à côté, plus de voitures mais des monorails et des ascenseurs (quoi que dans la version 1 d’Ofelia, alors qu’elle s’appelait Cecilia (hommage discret à Moravia), elle conduisait des voitures arrondies pour apporter un peu de douceur dans une société en crise, blablabla) parce que mes villes du futur, elles sont écolos… en fait, non, elles sont surtout hyper contrôlantes donc évitent que les gens aient les moyens de se déplacer facilement mais dans l’absolu, je suis une militante acharnée des villes sans voitures. Ce qui n’est pas le sujet. Donc des villes en verticalité traversées par des transports en commun avec des écrans animés qui parlent, une sursaturation des sens qui t’empêche de réfléchir… Bordel, c’est Tokyo.

Tokyo la nuit

Je ne saurais trop dire si j’ai aimé ou pas Tokyo… D’abord parce qu’il n’y a pas un Tokyo mais plusieurs endroits très différents les uns les autres, comme dans toute grande ville. A Paris, il y a des quartiers que j’aime et d’autres où je fais la gueule dès que je dois y mettre les pieds. Mais si je devais donner mon avis sur Tokyo, je dirais que je l’aimais… de jour. La nuit, je la trouvais attractive avec ses néons partout, son côté tellement… tu peux pas tout voir tellement ça clignote, ça s’agite, ça impressionne… Ca saoule. Littéralement. De nos soirées tokyoïdes, on a surtout une grande fatigue alors même que le spectacle pouvait être magique comme à Odaïba (le quartier de la baie de Tokyo que j’ai absolument adoré parce qu’architecturalement parlant, c’était littéralement la fête du slip qui te ridiculise Noisy-le-Grand)(même si j’ai super envie d’aller faire des photos à Noisy-le-Grand vu que mes potes en ont fait plein). D’abord parce que ça grouille de monde mais surtout parce que ça te parle. Des écrans géants qui te diffusent des messages de pub en permanence avec cette voix japonaise que j’associe tellement aux grandes catastrophes (parce que j’ai trop regardé Evangelion, certainement). Tu te balades dans les rues multicolores, des voix te disent des choses en boucle sans que tu en sois conscient, on est à la limite du message subliminal, tout est sursaturé… et tu fais quelques mètres en dehors de la grosse zone, t’as plus un bruit.

 

Alors est-ce que Tokyo va m’aider pour mon écriture ? Pas pour le Néo-Rome d’Ofelia mais pour Technopolis reload de quand je l’écrirai… ABSOLUMENT. Parce que oui, pendant quelques secondes, j’ai joué à “je suis dans Technopolis” et je vous garantis que ça marche d’enfer. Limite, je me demande si Oceany ne devrait pas être rebaptisée Mitsuko et tout déplacer au Japon tellement le japonais irait trop bien à cet univers… Mmm…

Rendez-vous sur Hellocoton !

Ma nouvelle ambition : le diorama

Article qui aurait eu plus sa place sur le blog Nina feels good mais je l’ai toujours pas lancé (en fait, je l’ai même pas créé) donc voilà. Ladies et gentlemen, voici un énième article sur ce qui me plairait de faire de mes dix doigts. Et je vous parle de diorama maintenant parce que jeudi, je suis allée à l’expo Dioramas du Palais de Tokyo qui se termine le jour de la publication l’écriture de cet article. Je vous conseillerais donc d’y aller mais il est certainement déjà trop tard.

Diorama à l'Exposition Dioramas au Palais de Tokyo

Alors commençons par le commencement, c’est quoi donc un diorama ? Ou plutôt qu’est-ce que je pensais que c’était. Pour moi, c’était une vitrine dans laquelle on composait une scène, soit avec du papier découpé, soit en mettant en place des miniatures. Le sujet m’intéressait tant que j’avais acheté des livres et tout. Mais comme d’hab, entre ce que je rêve de faire et ce que je fais réellement, il y a juste un fossé énorme genre faille de San Andrea. Donc quand je vois que le Palais de Tokyo réalise une expo sur le sujet, je prends mon Victor, qui a fait de la maquette plus jeune, sous le bras et on y va.

Diorama à l'Exposition Dioramas au Palais de Tokyo

Et je découvre un univers insoupçonné. Oui, il y a de la vitrine comme je disais dans le paragraphe précédent mais tellement plus que ça, en réalité. Les dioramas, on en a tous vus. Si, si. Dans les musées d’histoire naturelle où des taxidermies sont mises en scène dans des décors peints pour mettre en scène ces animaux dans leur habitat naturel. Vous voyez ? Ca, c’est un diorama, une représentation figée d’une réalité. Mais ce n’est pas que ça. A l’origine, ce sont des jeux de lumière qui vont permettre de faire apparaître ou disparaître des éléments d’un décor, faire revivre un événement juste en jouant sur la lumière sur une toile peinte. C’est fascinant.

Diorama à l'Exposition Dioramas au Palais de Tokyo

Le diorama, c’est politique, aussi. C’est une vision figée de quelque chose. Par exemple, au temps des colonies, beaucoup de vitrines représentaient la vie des bons sauvages, à peine civilisés, des femmes noire peu vêtues avec un ou deux bambins accrochées à leur jupe allant vendre des fruits au marché… C’était aussi une façon de montrer tous les produits disponibles dans les colonies et qui allaient profiter au plus grand nombre. Le diorama, télé d’hier pour présenter une certaine vision du monde ? Oui, on peut dire ça. Aujourd’hui, encore, pas mal d’artistes reprennent le diorama comme format pour dénoncer ou exacerber certains traits de notre société, je pense notamment à Paris Streetscape de Mark Dion qui met en scène des animaux dans les rues de Paris en train de piller nos poubelles ou les dioramas que j’ai bien aimés de Tatiana Trouvé avec un empilement qui perturbe dans un premier temps car on ne comprend pas l’enchevêtrement ou la scène apparemment bucolique de Fiona Tan où l’on peine à voir le train accidenté, par exemple. Des oeuvres qu’on doit prendre du temps pour comprendre, noter les détails, refaire l’histoire…Une oeuvre d’art qui en cache une autre.

Diorama à l'Exposition Dioramas au Palais de Tokyo

Du coup, en sortant de là, j’étais forcément résolue à me mettre à ce projet là sauf que je comprends mieux l’histoire, les enjeux, presque, du diorama. En assemblant des pièces, on ne fait pas juste quelque chose de joli, on raconte une histoire, on expose une vision du monde. On rappelle la brutalité de la nature, la douceur de la vie d’antan, on apaise ou on angoisse, on glisse des détails qui éclairent l’histoire tout à fait différemment. Excitant…

Rendez-vous sur Hellocoton !

Comment je réécris souvent Starmania

Et ce malgré moi. Je vous parlais dimanche [dernier mais semaine de merde, pas eu le temps de le publier avant] de Starmania et vous avais promis de vous expliquer un peu plus l’empreinte que ça a laissé dans mon imaginaire de scribouilleuse. Donc pour la petite histoire, j’ai découvert Starmania à 13 ou 14 ans suite à un séjour au ski où les animateurs chantaient Starmania (et j’en ai raté les ¾ car je regardais Mystères dans la chambre). Ma mère avait acheté le CD (la version 94 qui venait de sortir), j’écoutais ça sans connaître l’histoire, vraiment… Puis je suis allée voir la représentation au Palais des Sports de Toulouse… et depuis, je réécris souvent Starmania.

Starmania, l'opéra rock

Vous ai-je parlé d’Ofelia ? De ci de là mais sans rentrer dans les détails. Mon histoire d’Ofelia, qui vit dans une sorte de néo Rome, c’est peu ou prou celle de Cristal et Johnny. J’avais d’ailleurs commencé ce roman (de 8,5 pages, j’ai connu des notes d’intentions plus étoffées) en l’imaginant très clairement comme une légère réinterprétation de Starmania. Et du coup, d’avoir relancé ma playlist Starmania vendredi dernier, j’ai une furieuse envie de le reprendre (mais je dois d’abord finir le roman de Maja). Sauf que quand j’ai commencé à écrire Ofelia, ça m’a donné la sensation de réécrire un truc que j’avais déjà pondu… ah oui, c’est ça Technopolis.

New York, la mégapole vue de Central Park

Pour les plus vieux lecteurs de ce blog, vous en avez lu quelques pages mais voici l’histoire pour les autres : une ville futuriste, une jeune fille riche qui se rebelle contre le système… à la nuance près qu’ici, ce n’est pas Cristal (ou Ofelia) qui est kidnappée et qui épouse la cause de ses ravisseurs mais Ethan… C’est marrant, à 20 ans, j’étais un peu dans une déconstruction féministe finalement… bien malgré moi, cependant. Mais toujours cette idée de gigantesque, de maître de la ville, de tour immense avec sommet qui tourne (de mémoire)… Mmmm. Ah et pour ceux qui suivent bien, j’avais dit que j’allais balancer Technopolis en auto-édition mais je me rends compte que je dois le re réécrire. Oui, je l’avais fait y a 10 ans (vertige) mais j’ai maturé plein de trucs donc je dois re recommencer. Puis peut-être changer deux ou trois trucs vu que j’avais envisagé ça comme une quadralogie dans ma prime jeunesse et j’en resterai là, finalement. Oui, laissez-moi imaginer que vous attendez tous ça avec impatience, ne tuez pas mes rêves.

jeune femme rêveuse et fleurs dans les cheveux

Alors pourquoi j’en reviens toujours là, même pas forcément consciemment. Question tout aussi d’actualité sur le roman de Maja, d’ailleurs. Ce qui m’interroge dans ces histoires, c’est la rébellion, la révolte ou, dans une moindre mesure, la désobéissance civile. Comment tu sors de la troupe des “moutons” pour te dire que y a quand même quelque chose qui ne tourne pas rond, quand est-ce que tu ouvres les yeux ? Et surtout quand est-ce que tu décides d’agir ? Des choses qui rentrent légèrement en écho avec certaines de mes interrogations, parfois. Non que je vise une quelconque illégalité (on va pas se mentir, je suis quand même une flipette, mon fait de “gloire” doit être d’avoir planqué un peu d’herbe dans un sachet de serviette hygiénique) mais ça reste à m’interroger : comment est-on à un moment poussé à agir pour tenter de changer le monde… ou du moins la société où l’on vit.

Fillette super héroïne

Mais surtout, la vraie question c’est : jusqu’où va-t-on ? Quelle est la limite ? Violence ou non-violence ? Dégradation de biens, vols, kidnappings ? Je suis toujours interrogative face au glissement vers la violence : à quel moment tu bascules. A quel moment tu considères que ta cause vaut la casse. D’ailleurs, j’avais envisagé de faire mon mémoire de maîtrise sur le FLQ (mais j’ai lâché pour cause de sources compliquées à récupérer). Le plus dur est finalement de rester sur le fil : ne pas juger, juste raconter une histoire. Parce que oui, le terrorisme, c’est mal mais quand il gagne, on appelle ça… la résistance.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Commencer un roman

Il y a quelques temps, je vous avais parlé du fait de finir un livre… niveau lecture et un twittos m’avait dit, un peu taquin “je croyais que tu parlais de finir d’écrire un livre”. Et non parce que j’ai du mal pour cause de “la vie professionnelle, ça fatigue une Nina”. Par contre, il y a quelque chose que je fais super bien : commencer un roman … à écrire. Et c’est une sensation merveilleuse.

commencer un roman

Petit tour sur mon Drive : j’ai 25 ébauches de roman. Je n’avais pas fait l’effort de compter avant de débuter cet article et je suis sidérée. 25 embryons d’histoires… Bon ok, sur les 25, y en a 2 paires, c’est le même sauf que j’ai choisi de refaire l’histoire et certains ne comptent même pas une page mais quand même. Certains ne verront jamais le jour : je me suis lancée la fleur au fusil de la motivation mais j’ai très vite laissé tomber. Je ne finirai donc jamais l’histoire de Jérôme et Valentine, ni celle d’Audrey, en plein marasme dans sa vie (c’était une relative autobiographie de mon début d’année 2011, c’est certainement pour ça que je m’en suis arrêtée là mais j’ai récupéré le prénom d’Audrey parce que je l’aime vraiment bien), ni d’autres que je regarde, circonspecte : c’est moi qui ai commencé à écrire ce truc là ?

tampon "mauvais manuscrit" humour

Parce que dans la vie, j’ai un don et presque une malédiction : une imagination de malade. L’inspiration me bombarde en permanence. Lire un magazine et y trouver un fait divers qui serait une super histoire, naviguer nonchalamment de reportages en reportages sur Youtube et trouver un récit incroyable, surprendre une conversation entre deux personnes, m’interroger sur une chose incongrue vue ou aperçue. Parfois, j’essaie de construire un roman sur une personnalité particulière, un trait de caractère qui me fascine (pas forcément dans le bon sens du terme genre “je suis fascinée par Poutine parce qu’il ferait un personnage de roman incroyable”). Et n’oublions la source principale de mon imagination : mes rêves.

un femme dort sur un nuage et rêve

Genre ça se passe à la montagne, “je” suis l’héroïne de l’histoire. C’est confus, c’est la nuit et j’ai fait du ski (passionnant), il y a l’Hiver (allegro non molto) de Vivaldi et deux mecs qui m’ennuient, ça vire à l’agression mais l’Homme arrive. Je sais que je l’ai repoussé tantôt, un quinqua puissant et marié et qui porte un grand manteau mais là, il vient de me sauver alors je cède, reconnaissante et ivre de lui, sur cette même musique de Vivaldi. Le lendemain, j’arrive au boulot, exaltée, je commence à réfléchir à quoi faire de cette histoire. Après avoir imaginé une histoire proche de Black Swan, je suis retournée à ma data chérie et j’ai laissé tomber. Par contre, si j’écris une sitcom (voire une télénovela parce que y a souvent une histoire de meuf jeune, pauvre mais belle et du riche plus âgé qui craque sur elle au delà des barrières sociales), je m’en resservirai.

teresa et mariano, couple phare de la telenovela Teresa

Il y a cette histoire dans un chalet perdu au milieu de nulle part, il y a un scientifique, de jeunes gens dont “moi”, il y a de la neige (je rêve souvent de neige, tiens), des séances d’hypnose et au fur et à mesure de l’histoire, on découvre que le scientifique nous fait régresser par l’hypnose dans nos vies antérieures car nous avions tous été dans ce chalet dans notre ancienne vie et il y a eu un meurtre, le scientifique cherchait donc le pouvoir alors que le passé et le présent se mélangeait pour nos jeunes. A la fin du rêve, je me retrouvais soudain devant la télé et cette histoire était un film que je regardais et, tandis que j’arrangeais un bouquet de fleurs, je me désolais de ne pas avoir eu l’idée de cette histoire en premier. Evidemment, en me réveillant, j’étais exaltée car si, c’était mon idée à moi. Arrivée à la fac, je commençais à vite prendre des notes pour ne pas oublier… Pour finalement me rendre compte que c’était plutôt une idée de merde en fait.

Une femme assise sur un nuage avec une tablette lit

Mais j’aime commencer un nouveau roman. Poser le personnage principal, qu’il s’agisse de Guillaume, Maja,  Daniela, Ezialis, Audrey (3 fois), Allegra, Annabel (oui, j’écris plus facilement à travers une héroïne). Ils vivent à Paris, Rome, Stockholm, New York ou dans un royaume qui n’existe pas en vrai. Ils débutent leur histoire sans savoir ce qui va leur arriver, inconscients qu’ils commencent ici l’aventure de leur vie, heureuse ou malheureuse. Il n’y a que moi qui sais, moi qui tisse leur destin, qui pense à un aléa à ajouter au récit alors que je me douche ou même que je suis aux toilettes. Ecrire à un aspect grisant, on a droit de vie ou de mort sur des personnages, on place sur leur chemin dès micro événements qui feront toutes la différence. On voit naître sur l’écran cette histoire qu’on a en tête, se matérialiser cette histoire qu’on avait envie de raconter depuis des lustres.

une maman lit un livre à sa petite fille avant de dormir

Et puis… À suivre.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Les mondes parallèles

Le week-end dernier, j’ai visionné environ les 2/3 d’Inception, film dont il faudra que je mate la fin même si j’avoue ne pas avoir accroché plus que ça. C’est souvent le problème avec ce genre de films oignons où il faut perturber le spectateur afin qu’il ne sache plus où il est : je suis généralement déçue.

Pourtant les niveaux de conscience, ça m’excite l’imagination et pas qu’un peu ! Peut-on être sûr de la réalité de ce que l’on voit, ce que l’on sent, ce que l’on vit ? Sommes-nous pleinement éveillés ? Ou endormis, prisonniers d’une machine ou d’un univers virtuel ? Les héros de ces fictions naviguent en général entre 2 niveaux, conscients de leur inconscience jusqu’à un certain point.

Dans cette catégorie, j’ai vu 4 films : eXisTenZ (Cronenberg, pas excellent mais le personnage féminin (ou était-ce son interprète) m’a gonflée), Matrix (le 1er m’a saoulée avec la scène hystérique et sans intérêt où ils débarquent dans l’immeuble du méchant et canardent tout le monde, peinards. Sacré bon plan !), Dark city (celui-là, je l’ai aimé) et Inception (pas fini de le voir). En série, on a Lost en un sens si on lit la scène finale comme une révélation

Spoiler
, tout de déroule dans l’imagination de l’agonisant Jack. On a un épisode de Lois et Clark comme ça aussi où ils sont prisonniers d’un univers virtuel (référence !) et dans Stargate SG1 il me semble. Chacun me donne des palpitations à l’idée de les découvrir, mon imagination fait des bulles et… Plof.

Oui, plof. Parce que j’ai souvent la sensation d’une facilité scénaristique. On voyage entre les différents niveaux de conscience et à la fin, twist final « votre conscience était en fait un premier niveau d’inconscience, huhuhu ! » Oh ouah, on a tellement jamais vu ça « mais tout ceci n’était qu’un rêve M.heros du film ». Quoi qu’encore, je pensais qu’il y avait un autre niveau de conscience dans Matrix quand Neo tombe dans le coma mais non. Quel film pourri. Bref t’en vois un, tu te plaques les mains sur les joues, bouche bée et tu t’extasie sur cet incroyable ressort scénaristique. Au bout du 3ème, tu soupires : oh ouah, je m’y attendais tellement pas… Je vais aller faire pipi. Et encore, c’est une non cinéphile qui vous parle, je n’ose imaginer les dizaines de film de ce type que j’ai manqué.

Pourtant, quand mes doigts fourmillent, c’est notamment pour raconter une histoire de ce type. Alors forcément, je suis très exigeante quant à ces films. Un peu comme les films imaginant une société du futur… Ce que je fais moi-même dans la plupart de mes embryons de romans. Du coup, j’attends d’être éblouie, malmenée par le scénario, perdue dans les différentes strates. Et m’épargner le « mais tout ceci n’est qu’un rêve M. Machin ».

Mes lecteurs chéris, si vous avez des conseils cinématographiques (ou littéraires) à ce sujet, partagez les !

Rendez-vous sur Hellocoton !

Pourquoi j’’aime pas les enfants (babysitting stories)

(Suite à mon premier article sur le sujet, j’en écris un second, en attendant d’écrire celui sur Arnaud.) Pourquoi je n’aime pas les enfants ? La question se pose. Je pense que je n’ai pas à me justifier car, après tout, j’ai le droit de ne pas aimer les enfants comme je n’aime pas les petits chiens. Après tout, pourquoi c’est si scandaleux qu’une femme n’aime pas les mioches ?
 
Jeune, je les adorais (très jeune, je précise). A 16 ans, je rêvais souvent que je m’occupais d’une petite sœur que je n’ai jamais eue… Oui, j’ai une sœur, Alice, mais celle-ci était bébé alors que j’étais adolescente. Alice n’a que 2 ans et demi de moins que moi, je m’en suis occupée dignement quand elle était bébé, je lui ai même sauvé la vie, figurez-vous. Quand Alice est arrivée dans notre petite famille, j’étais folle de joie, apparemment (je ne m’en souviens pas vraiment), je voulais toujours la prendre sur mes genoux et j’assistais avec attention à son bain. Or, un jour, ma mère la met dans son bain, téléphone, elle part répondre. Cinq minutes plus tard, j’arrive dans la chambre et je fais : « Maman, y a Alice qui fait la grenouille ! ». Et voilà comment j’ai sauvé ma sœur d’un drame domestique.
 
Donc, voilà, jeune, j’adorais les gosses. Premier accroc dans ma love story avec ces petits bouts : été 1996. J’avais fait un stage au journal de ma ville natale et la secrétaire m’avait proposé de partir 15 jours avec son mari, un couple d’amis et elle à St Jean de Luz pour garder les petits. Je résume : 15 jours au bord de la mer, nourrie, logée, payée… Bon, il faut garder les enfants mais tout va bien… Bien sûr que j’accepte ! Je ne savais pas dans quelle galère je m’étais fourrée. Le jour J, j’arrive chez la secrétaire, je n’avais pas encore vu les enfants. Je rencontre donc sa fille, 4 ans, assez sage, elle regarde la télé et m’explique un peu le dessin animé, elle me pose quelques questions. Bon, elle, ça va, me suis-je dit.
 
Arrive la femme de l’autre couple. Oui, ces familles sont amusantes : les épouses partent en vacances, les maris viennent de temps en temps faire un coucou (véridique). Me voici en présence de deux petits garçons, un de 5, l’autre de deux ans. Le grand part avec la petite fille dans l’autre voiture, je monte dans celle où il reste le plus petit et le voilà parti en pleine crise d’hystérie. Que se passe-t-il donc ? Sa mère arrive et le petit se calme : « il ne supporte pas d’être seul avec quelqu’un qu’il ne connaît pas. » Super, ça commence bien !
 
Le trajet se passe sans encombre, je joue avec le petit pour qu’il s’habitue à moi. On arrive sur place et, là, le cauchemar commence : les deux aînés font les cons, ils décapitent les fleurs, ils hurlent. Je prends cinq minutes pour appeler mes parents, le petit en profite pour se faire la malle mais on le retrouve vite. Bon, j’ai compris : j’ai pas intérêt à le lâcher car sa mère n’a pas l’air super attentive. Je joue un peu avec les aînés. Mon défi, si je l’accepte : les empêcher de jouer avec des bâtons, youpi ! J’avoue que j’ai eu de bons résultats à ce niveau. J’y reviendrai.
 
Premier soir (un samedi), les mères se cassent au casino, me laissant leur marmaille pour une des soirées les pires de ma vie. Le petit hurle à la mort quand sa mère s’en va, il est inconsolable, il pleure tellement qu’il me vomit sur la moquette (oui, sur le carrelage, ça n’aurait pas été drôle). Pendant que je m’occupe de lui, les deux autres se battent comme des chiffonniers, me voici donc avec trois gamins qui chialent, au secours ! Agacée, je fous tout le monde au lit (à 21h, c’est tard pour les enfants, de toute façon), je parviens à calmer le petit, les deux garçons vont se coucher sans trop de problème. Mais j’ai fort à faire avec la petite fille, une épreuve atroce m’attend. La pauvre gamine souffre de mycose mais celles-ci ne sont pas aux pieds, nan, nan. Avant de partir, ma mère m’explique que je dois lui glisser un truc dans le vagin pour la soigner. Je vous jure qu’à 16 ans, c’est assez dur à vivre surtout que ça lui fait mal à la petite et elle pleure, elle ne veut pas. J’ai développé des trésors de diplomatie pour y arriver mais j’ai trouvé ça atroce, la pauvre… A 4 ans, devoir se faire soigner son intimité par une inconnue, y a vraiment pas plus glauque. Je lui raconte une histoire et elle s’endort. Mais ce n’est pas fini : je dois nettoyer le vomi sur la moquette… Sauf que je ne sais pas où sont les produits de nettoyage, je fais ça avec du papier toilette et de l’eau, je manque à plusieurs reprises de rajouter mes propres miasmes au pâté du petit…
 
Les autres soirées ont été plus calmes mais ces gamins étaient des monstres pourris gâtés. Les parent sortaient tout le temps et achetait l’affection de leurs gamins à coup de cadeau. Le couple avec les deux garçons ne s’entendait pas, ils s’engueulaient tout le temps et le père finissait toujours ses phrases : « j’ai pas raison, Nina ? » Je suis obligée de prendre parti ? Je me souviens notamment de ce drame : les enfants ont attrapé des poux pendant les vacances. Dialogue.
Femme : Elle est dégueulasse, la plage de St-Jean-de-Luz, y a des serviettes hygiéniques qui traînent !
Mari : T’es conne ou quoi ? Les poux, ça s’attrape pas par les serviettes hygiéniques (certes, mais c’était un exemple de saleté).
Dès qu’on rentre, on désinfecte tout, on amène tous les draps à la laverie.
Non, mais ça va, ils ont trois poux, un shampoing et c’est bon ! Hein, Nina?
Nina : Euh…
Voilà, on s’éclate ! Côté conneries, les gamins étaient infernaux. Leur grand jeu, à la plage, c’est de courir dans tous les sens et de jeter du sable sur les gens. Le problème, c’est qu’ils étaient deux et j’étais seule, donc ils ne partaient jamais dans le même sens, je ne pouvais en courser qu’un à la fois. Le pire, ce fut le jour où j’ai grondé le grand garçon je ne sais plus pourquoi. « Puisque c’est ça, je te fais pipi dessus ! » Et là, il me sort son tuyau et met sa menace à exécution ! J’évite le jet mais, furieuse, je lui en colle une. Or le papa n’était pas loin. Il faut savoir qu’une des premières choses que ce monsieur m’a dit fut : « t’hésite pas à leur en coller une s’ils déconnent ». Sauf que moi, la violence, je supporte pas, c’est plus fort que moi. Là, il me voit faire et comprend que son gosse a dépassé les bornes, il me demande ce qu’il vient de se passer et met une trempe pas possible au gamin. Moi, du coup, je plaignais un peu le gosse, j’ai indiqué qu’il en avait déjà pris une et ce n’était pas la peine d’en rajouter. Maintenant, lecteur, je me demande si je dois compter cet incident comme une « golden shower », ce qui ferait augmenter mon score (pas franchement glorieux) au test de pureté… Hum ! Sinon, chaque matin, même rituel : les mères me jettent leurs gamins à huit heures et demi pour que je m’en occupe pendant qu’elles terminent leur nuit, je dois les tenir jusqu’à midi dans le salon sans qu’ils hurlent, sachant qu’il a plu à peu près tout le temps… Ô joie ! Franchement, Tom Cruise, il me fait marrer dans Mission Impossible, c’était rien, à côté, surtout qu’il y en avait toujours un qui tentait de m’échapper pour aller voir papa et maman…
 
Le soir, ils ne faisaient pas trop d’histoire pour aller au lit, sauf le petit qui passait son temps à me demander : « où il est papa ? Où elle est maman ? » parce que je lui répondais et il savait que je m’occupais de lui. Un soir, il commence enfin à s’endormir et son frère, qui dormait au dessus (lits superposés) me fait : « dis, je peux te chanter une chanson ? » Je l’y autorise, trouvant ça mignon, et le voilà qui se met à hurler : « C’EST L’HISTOIRE DE LA VIE !!! » (version très personnelle, je précise). Du coup, l’autre : « et il est où, papa ? » Et merde !
 
Bon après, il y a eu quelques bons moments. La première fois que je vois le papa des petits garçons, je bave comme une folle (qu’il était beau, Seigneur !), il arrive dans le salon où j’étais avec le petit et il me dit : « Alors, c’est toi, Alexandra ? » « Non, pas du tout, je suis Nina. » Quelques jours après, j’ai compris d’où venait la méprise. Le petit garçon arrive et me fait : « tu connais Sandra ? C’est la fille qui a les mêmes yeux que toi ! ». Là, j’avoue que j’ai trouvé ça trop mignon. Sinon, j’ai appris à la petite fille à faire des bracelets brésiliens mais bon, ce n’est pas très facile pour son âge donc je lui en fais un qu’elle donne à sa maman en disant que c’est elle qui l’a fait, elle était super fière. Mais mon préféré restait le petit qui a fini par s’habituer à moi. Il y avait une pente juste derrière l’immeuble en herbe, il la dévalait en courant et je devais le rattraper, c’était marrant.
 
Quelque part, je plains ses gosses qui ne savent pas ce qu’était l’autorité parentale. En quelques jours, j’avais plus d’autorité sur eux que leurs propres parents. Un jour, on regardait la télé dans le salon, les deux grands jouaient dehors et le garçon arrive en courant dans le salon avec un bâton dans la main et, là, il me voit et lâche de suite son jouet, sachant très bien qu’avec moi, ça ne passait pas… Alors que ses parents, il s’en foutait. Pour la petite histoire, l’année suivante, ils ont pris une autre baby sitter (curieusement, ils en changeaient chaque année) et ce fut proprement catastrophique : la mère des garçons s’était trouvé un amant au casino donc elles sortaient encore plus. Au dernières nouvelles, l’aîné est très perturbé et a eu du mal à apprendre à lire. Tu m’étonnes !
 
Dieu merci, je ne suis pas restée sur cette expérience. Quelques temps plus tard, j’ai gardé un bébé de trois mois trop mignon, il s’est endormi dans mes bras. Ses frères et sœurs avaient le droit de regarder le premier reportage de Thalassa et après, dodo ! Je les laisse regarder la télé me disant : « tu regarderas la télé à telle heure pour vérifier qu’ils ne grugent pas ». Pas la peine, ils sont allés au lit d’eux-mêmes ! Une autre fois, j’ai gardé des petits franco-américains tout aussi adorables. A 21h30, je fais : au lit ! Et bien, ils ont obéi sans discuter !
 
Dernier baby-sitting en date, il y a deux ans, les enfants de l’associé de mon père. Je les déteste, ceux-là, de vrais petits monstres. Normalement, c’est Alice qui les gardait mais ce soir-là, elle ne pouvait pas. Elle m’avait prévenu mais je ne m’attendais pas à ça. On ne peut pas dire que ces enfants sont mal élevés, ils ne sont pas élevés du tout mais il ne faut pas les contredire, les petits chéris ! Ma sœur n’a pas été rappelée après avoir donné une fessée bien méritée.
 
A 20 ans, je rêvais d’avoir un enfant, sentir cette vie grandir en moi. Aujourd’hui, plus du tout. Bien sûr, les enfants dans la rue me gonflent mais je crois que ce dégoût vient plus de mon entourage. En effet, je connais des filles qui se sont retrouvées mères alors qu’elles n’avaient pas la maturité pour et je crois que je crains tellement pour l’avenir des enfants que ça m’a dégoûtée d’en avoir. Je ne parle pas d’Océane, je parle plus précisément de ma cousine (trois enfants en deux ans, aucun jumeaux) ou une copine de lycée qui a appelé sa fille Samantha en hommage à Madame est servie (ça vous situe le niveau). A 20 ans, j’étais choquée quand l’une de mes amies, très grande et très costaud, se sentaient mal dès qu’elle était en présence d’enfants. Au début, je ne comprenais pas mais maintenant, je sais : un enfant, c’est cruel, ça peut dire du mal et être méchant. Personnellement, je n’ai pas de soucis à ce niveau-là, les enfants m’aiment bien. Le neveu d’Anne est fou de moi, un autre m’a consciencieusement draguée dans le train l’autre jour à coup de sourires enjôleurs (avant de se tourner vers la Black en face de moi, salaud, va !). A 19 ans, je me suis crue enceinte, je pensais à ce petit être qui existait peut-être en moi et j’étais terrassée à l’idée d’avorter. Dieu Merci, ce ne fut qu’une fausse alerte.
 
Mais je n’aime pas les enfants et ça m’énerve qu’on veuille m’imposer ce sentiment d’amour que je suis censée avoir pour ces êtres, comme si mes ovaires prenaient la place de mon cerveau dès qu’un bébé entre dans la pièce. Ça m’énerve que ma cousine me colle ses bébés dans les bras en rigolant alors que je ne sais pas quoi en faire (il dort, le bébé, ou il végète, super intéressant), qu’elle me demande de lui donner le biberon alors que je m’en fiche, moi, de le nourrir. Pourtant, j’adore son fils aîné, j’ai des dizaines et des dizaines de photos de lui, je le trouve très beau et très éveillé, même si je pressens le futur gamin insupportable. En effet, sa mère lui a inventé une mystérieuse maladie, elle n’en a que pour lui, tant pis pour son frère et sa sœur. Pareil pour mon cousin, que j’adore aujourd’hui : j’ai commencé à l’adorer le jour où il a eu 16 ans, qu’on a échangé nos adresses MSN et qu’on a longuement parlé de son homosexualité. Il faut dire que mon cousin était particulièrement insupportable, petit : ma tante ne parvenait pas à l’engueuler, fils unique. De plus, il est arrivé dans la famille juste après le décès d’un de mes oncles dont tout le monde s’est un peu consolé en reportant son affection sur lui. Ce fut pareil pour le fils de ma cousine : on a appris que ma cousine était enceinte le jour du décès de sa mère.
 
Aujourd’hui, je pense que la seule chose qui peut me faire à nouveau aimer les enfants sont mes futurs neveux et nièces. Eux, je serai ravie qu’on me les colle dans les bras.
Rendez-vous sur Hellocoton !