A la découverte de la Havane

Le 15 mars. Départ pour la Havane. J’appréhende un peu, j’ai une image très étouffante de la capitale cubaine. Deux fois 2h de toute avec une pause sur une aire d’autoroute avec un décor tout en fer à cheval. Littéralement. lls réutilisent des fers à cheval pour pouvoir faire des lustres ou de fausses fleurs. C’est original. J’ai une sensation un peu bizarre pendant le dej, j’ai l’impression que la fille qu’on avait laissé avec le danseur la veille ne m’aime pas… Peut-être le fruit de mon imagination.

Sur la route de la Havane

Arrivés à la Havane, on fait un premier tour rapide en bus. D’abord la Place de la Révolution qui est super vilaine. Etant partie à l’arrache, je n’avais absolument rien préparé et donc rien regardé et j’avais une image un peu romantique de cette place… Pas cette dalle d’asphalte entourée d’immeubles quelconques avec la face du Che et de Khomeini… Ah non, pardon, Camilo Cienfuegos. Oui, sur le coup, j’ai vraiment cru que c’était Khomeini et je comprenais pas du tout… Bon par contre, j’aime bien le monument de révolution, bien massif comme j’aime avec des bonnets phrygiens sur les poteaux pour rappeler la révolution française.

Place de la Révolution à la Havane, Cuba. Che Guevara Place de la Révolution à la Havane, Cuba. Monument de la révolution Place de la Révolution à la Havane, Cuba. Place de la Révolution à la Havane, Cuba. Monument de la révolution Place de la Révolution à la Havane, Cuba. Camillo Cienfuegos Une usine en arrivant à la Havane, Cuba

On remonte dans le bus et on s’arrête au Capitole, construit par les Américains durant la recolonisation, une réplique de celui de Washington. De là, on trace à travers la Havane pour s’arrêter sur quatre places : celle de la Cathédrale, celle de François d’Assise, celle avec les lattes en bois et celle avec la statue au milieu. La Havane est une ville vraiment agréable dans son ensemble. L’Atlantique apporte une double brise, les rues sont plutôt larges, les couleurs vives et même les immeubles en ruine apportent un certain cachet. Mais ça pue. Le pétrole. Au départ, je pensais qu’il s’agissait de vieilles Américaines (les voitures, hein…) mais il y a une énorme raffinerie avec cette flamme perpétuelle qui va me fasciner pendant deux jours.

Dans les rues de la Havane, Cuba Dans les rues de la Havane, Cuba Dans les rues de la Havane, Cuba Dans les rues de la Havane, Cuba Dans les rues de la Havane, Cuba Dans les rues de la Havane, Cuba La cathédrale de Cuba Le capitole de Cuba Le théâtre national de la Havane, Cuba Dans les rues de la Havane, Cuba Dans les rues de la Havane, Cuba La voyance dans la rue à la Havane Dans les rues de la Havane, Cuba

 

Après ce très rapide tour, on va se poser dans un bar en terrasse au sommet d’un hôtel qui hurle le nom d’Hemingway… non mais littéralement. Il y a des photos de lui partout, une vieille machine à écrire… Cet hôtel est élégant, j’aime particulièrement l’ascenseur avec groom. Le cocktail est moyen et plus cher que n’importe où ailleurs (3 CUC absolument partout où nous nous sommes rendus et là, c’était 4,40. Prix à la con, on a très peu ramassé de petites pièces, en plus). En repartant, je demande au directeur du centre UCPA si c’était vraiment l’hôtel d’Hemingway, ce qu’il me confirme. Ok, il me vient comme une envie d’y retourner le lendemain pour me faire un trip “écrire dans l’hôtel d’Hemingway”. C’est hyper prétentieux comme démarche, je sais, mais quand même…

La Havane - Hôtel Hemingway, Cuba La Havane - Hôtel Hemingway, Cuba, rooftop La Havane - Hôtel Hemingway, Cuba, rooftop La Havane - Hôtel Hemingway, Cuba, rooftop La Havane - Hôtel Hemingway, Cuba La Havane - Hôtel Hemingway, Cuba

Retour à l’hôtel et, après tractations et micmacs sans intérêt pour la composition des chambres, on récupère enfin la nôtre avec ma coloc habituelle et une autre fille un peu en marge du groupe mais assez cool. Enfin, on récupère les affaires de la fille en question car elle est encore en vadrouille à la Havane. Arrivée dans la chambre, je me précipite aux fenêtres : à ma gauche, la piscine de l’hôtel avec la Havane en fond et la flamme de la raffinerie. A ma droite, le front de mer avec, en fond, un hôtel présent sur toutes les cartes postales, sans que je sache trop pourquoi. Une petite douche glacée car il n’y avait pas d’eau chaude puis go au resto. Le plan de la soirée est le suivant : on peut aller au restaurant puis au dancing en reprenant le bus ou direct hôtel ou se balader dans la Havane. Je choisis cette dernière option car il faudrait revenir du dancing en taxi et grosse galère, pas envie.

La Havane, raffinerie Cuba Dans les rues de la Havane à Cuba

Raffinerie de la Havane au couchant Front de mer de la Havane au couchant Piscine de la Havane au couchant

Le dîner est sympa et à la sortie du resto, le directeur du centre UCPA nous propose de le suivre dans un endroit sympa mais y aura pas de la place pour tout le monde… On finit par se débarrasser des grumeaux et nous voici dans un très bel hôtel, l’Ingleterra, avec un rooftop offrant une belle vue sur la Havane. On constate d’ailleurs que la terrasse sur le toit semble être un grand classique. L’ambiance est sympa, le daïquiri décevant. Avec une de mes camarades, on observe un quatuor pour essayer de deviner comment va se terminer la soirée. Nos paris : la Blonde est ultra chaude pour serrer le Cubain qui la fait valser, sa copine, non. C’est amusant à observer, j’ai repéré quelques petites passes de flirt que je replacerai peut-être dans une histoire. On observe aussi deux femmes qui dansent ensemble en se filmant… puis prennent leur caméra pour aller filmer le groupe… en leur collant leur appareil littéralement sous le nez. Gênant.La Havane - Hotel Ingleterra La Havane - Hotel Ingleterra

On rentre à l’hôtel à pied, c’est agréable. Je sombre rapidement malgré la mollesse du lit. Je me réveille au coeur de la nuit, l’odeur de pétrole est partout alors que les fenêtres sont fermées.

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Les Québécois, les gens les plus merveilleux du monde

Tant que je suis dans mon bain d’amour pour l’humanité suite à ma retraite yoga, je dois vous parler des Québécois, terminant ainsi mes articles sur mon voyage au Canada. Comme vous avez pu le ressentir à travers mes articles, j’ai beaucoup aimé mon bref passage au pays des Caribous et je me dis que j’y vivrais bien, tiens. Parce que oui, les hivers sont peut-être rigoureux mais les Canadiens sont les gens les plus adorables et polis de la terre.

Man stretching jacket to reveal shirt with Canada flag

Arrivée à Montréal, je me frotte direct aux transports en commun pour rejoindre l’appart de Joy et Isa. Mes écouteurs vissés dans les oreilles pour ma musique de voyage, je me tiens droite sur le quai du métro, guettant l’air de rien par dessus mon épaule celui ou celle qui va me faire le plan classique de venir se poser juste à côté de moi pour rentrer en premier dans la rame. Ah non, personne ne fait ça… Je rentre dans la rame, m’assois. Dès qu’une personne âgée arrive, quelqu’un lui cède la place… Oh mon Dieu, quel est donc ce pays merveilleux ?

pays-magique

Un exemple m’a particulièrement frappée : à un moment, on doit prendre le bus, je vois des gens en rang d’oignon sur le trottoir. Intriguée, je demande  mes copines ce qu’ils font “Ben, ils attendent le bus”. Oh mais tu veux dire que le premier arrivé sera le premier entré dans le bus ? Non mais laissez moi vous raconter comment ça se passe à Paris pour que vous compreniez mon choc (pour ceux qui ne connaîtraient pas les us et coutumes de notre capitale) : les gens se posent de façon anarchique à l’arrêt de bus et dès que le véhicule arrive, ça se bouscule sur le trottoir. Et en général, vous avez toujours un connard ou une connasse qui arrive en même temps que le bus mais se place sans trembler devant tout le monde.

bus-ratp

Tout est à l’avenant ! Les serveurs et serveuses vous parlent, font des blagues, vous demandent si ça va bien et avec le sourire en plus. Une anecdote : lors du dernier jour, nous sommes allées à Juliette et Chocolat, un salon de thé dédié au chocolat (comme on s’en doutait pas). Avis lus sur Internet : “service prétentieux avec que des serveurs français”. Et oui, ça m’a fait rire.

juliette-chocolat salon de thé Québécois

Alors forcément, au bout de 4 jours, j’ai envie de vivre là-bas : la rue n’est plus une épreuve, les gens sont gentils, polis, les mecs ne vous ennuient pas, tout ça, c’est le bonheur, j’avais envie de faire des bisous à tout le monde. Mais vous savez le pire ? C’est que je sais que si, demain, je partais vivre au Québec, il me faudrait quelques jours pour abandonner mes réflexes de parisienne connasse parce que… ben 11 ans dans la ville de la petite incivilité, du “je rentrerai avant toi dans le métro pour choper la place assise et tant pis pour les vieux, invalides ou femmes enceintes, je poserai mon cul ! Et j’utiliserai le strapontin même si y a du monde parce que mon confort passe avant le vôtre, bande de boloss !”, ben, je suis toujours sur mes gardes, prête à faire chier les connards qui voudraient me passer devant, la langue qui claque au premier “lent en plein milieu” qui se dresse su mon chemin (j’ai développé une vraie aversion pour les gens lents qui errent dans les couloirs du métro. Je veux bien être tolérante envers les personnes âgées mais les gens qui marchent de travers en plein milieu aux heures de pointe dans les couloirs parce qu’ils lisent leur smartphone, j’ai envie de les encastrer dans le mur… Voyez ce que je veux dire sur le “abandonner mes réflexes de connasse parisienne » ?)… Ca, au Québec, ça va pas être possible…

Station Cité, la station où les gens t'énervent pas car y  a jamais personne

Station Cité, la station où les gens t’énervent pas car y a jamais personne

Et ça m’interroge. Je veux dire : pourquoi on se fait subir cette agressivité en permanence ? Si les Canadiens peuvent se mettre en rang sur le trottoir pour rentrer dans le bus dans l’ordre d’arrivée, sans bousculade, si les Canadiens peuvent saluer le chauffeur de bus, les serveurs, si les Canadiens peuvent avoir des rapports cordiaux entre eux… Pourquoi nous, on n’y arrive pas ? Anaïs a avancé une théorie : ils sont moins nombreux. L’incivilité est-elle une conséquence de la densité de population ? Ce n’est pas si délirant : on se bouscule souvent dans le métro pour pouvoir se faire une petite place et parvenir au travail à l’heure. Je veux bien y croire mais quand même… imaginez la vie si nous étions tous plus respectueux les uns des autres, si nous arrêtions de nous chamailler et nous agresser pour des broutilles, qu’on intégrait la civilité et la politesse à notre quotidien… mais comme on serait de suite beaucoup plus heureux. Non mais c’est vrai, regardez combien de fois vous êtes arrivés énervé au boulot à cause de quelqu’un dans le train, bus,métro ou sur la route ?

enervee

Les Québécois ont tout compris… Et encore, il paraît que ce sont les Canadiens les moins disciplinés…

Je vais demander ma mutation.

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On va fluncher ?

Sur les sites de rencontre, les rencontres, justement, sont finalement rares pour peu qu’on soit un peu sélectifs (aka « non, j’ai pas envie de tirer un coup vite fait avec une personne pensant que 3 mots souvent mal orthographiés suffisent pour me choper, excuse my sapiosexualité). Mais parfois, au hasard d’échanges de messages, la magie se crée et l’autre accepte la rencontre. Super… Mais on fait quoi du coup ?
Elegant couple traveling a limousine at night
Je me suis déjà posé la question du premier rendez-vous, elle se pose avec d’autant plus d’acuité sur les sites de rencontre qu’il est rare que les inscrits aient un-e seul-e prétendant-e sur le feu. C’est le Bachelor ou la Bachelorette mais sans prod qui vous balance à Venise ou Prague pour roucouler dans des restos réservés rien que pour vous. Non, faut se démerder tout seul et avoir la bonne idée. Donc dans ce cas, j’ai envie d’exclure direct le ciné ou un concert, à moins d’être sûr du film ou du concert. Si le spectacle n’est pas à la hauteur, ça peut nuire à ton image mais surtout c’est difficile de se parler et donc de démontrer avec subtilité que ça peut accrocher (ou pas d’ailleurs). Une expo peut être une bonne idée mais attention : on vérifie l’expo avant (cf remarque sur le film ou le ciné potentiellement moyen) et si on veut étaler sa science, on ne le fait pas avec lourdeur et prétention. Une personne cultivée, c’est bien, une personne qui se la pète, ça craint.
Of course I talk to myself
Le mieux reste de trouver un terrain neutre, idéalement pas trop loin de vos domiciles respectifs (pas toujours évident en grande ville,je sais) histoire de trouver rapidement un échappatoire si la soirée n’est pas à la hauteur de vos espérances. On ne traverse pas Paris pour aller à côté de chez elle ou lui, on ne lui fait pas faire le grand tour non plus, à moins d’avoir le meilleur resto ou bar du monde au bas de son immeuble mais faut être sûr de son coup. Le mi chemin permet d’envisager l’option « retour chez soi », seul ou accompagné, tôt… ou plus tard. Evidemment, le choix du quartier reste prépondérant et là, y a pas de règles. Je suis sûre que si on cherche bien, y a bien des gens qui aiment sortir à Châtelet ou sur les Champs donc bon…Après, n’oublions pas que c’est sujet à discussion, la proposition n’est pas imposition. Si la personne refuse de vous rencontrer parce que vous avez proposé le mauvais quartier (bon, les Champs, si la personne vit sur Paris depuis plus de 3 mois, c’est un peu chercher la merde quand même), vous aurez sans doute gagné du temps en passant direct à la suivante.
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Bon, le rendez-vous est pris ? Ok, va falloir rencontrer la personne IRL… On s’accroche à nos culottes, strings ou boxers (pas slips, non) et c’est parti ! 

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Bienvenue chez Pubilon

Depuis que j’ai fini mon journal d’une démissionnaire, j’ai oublié de vous raconter mon arrivée chez Pubilon. Déjà trois mois, j’ai fini ma période d’essai, d’ailleurs. Le décalage entre ma vie et mes écrits me déprime, parfois.

Donc petit rappel : j’avais passé deux entretiens dans un café n’ayant pas vu les bureaux sauf l’entrée. Certains s’étaient demandé pourquoi, j’ai eu la réponse dès que j’ai découvert mon bureau : les murs sont totalement moisis. Le sol n’est pas droit et à ce moment là, je n’avais pas découvert les toilettes où il devait faire 10° les jours de beau temps. Ah ouais, c’était donc ça. Quand j’arrive, il n’y a que Rémi le chef puis arrive un gars, Pascal, que je connaissais pour sa réputation de blogueur : « Ouah, je suis crevé, je rentre de New York là… ». Ok, je sens le gros prétentieux, là…



On descend fumer avec Rémi pour discuter un peu, Anthony, l’Asiatique qui n’a pas un nom d’Asiatique (en fait, si, il en a un, mais il n’est pas usuel. Et pour la demoiselle qui trouve raciste que je puisse blaguer sur le fait qu’un Asiat ait un nom qui ne sonne pas de là bas, petit cours de rattrapage. Des fois, j’ai envie de jouer un requiem à l’humour). Retour dans mon bureau, j’allume mon ordi. Ah, l’écran n’est pas branché, expédition sous le bureau pour régler ça. Manifestement, si quelqu’un est payé pour faire le ménage, il est vraiment payé à rien faire, c’est dégueulasse. Retour en haut. Ah, l’écran n’est pas connecté à l’ordi, retour sous la table. Bon, maintenant, je suis pas connectée au net. Je repars sous la table, cherche un câble éthernet, quelque chose mais rien. Bon, au bout d’un quart d’heure de tripotage, je me décide à aller voir Rémi qui me dit d’attendre Fabien qui va me régler tout ça.


Je retourne à mon bureau et m’occupe comme je peux, un premier gars arrive (le bureau était divisé en deux) : Guillaume. Ouais encore un et c’est pas fini. Vers 10h30, Fabien arrive et m’installe tout. Alors dans mon bureau, je suis donc seule avec les deux gus et ce qui est très amusant, c’est qu’ils ont tous les deux démissionné et quittent le bureau le mois suivant. C’est amusant comme ambiance.


L’ambiance, parlons en, la première semaine fut assez curieuse, en fait. J’étais donc dans le bureau des démissionnaires qui continuaient à faire leur taf plus sérieusement que je ne l’ai fait à TGGP mais qui en avaient un peu gros sur la patate rapport à certains trucs et j’étais donc au courant de tout. Enthousiasme de la nouvelle arrivante vs lassitude des partants, je me sens un peu le cul entre deux chaises et j’ai légèrement peur. Dès le premier soir, je discute un peu avec Anthony, Fabien et Guillaume qui commencent à se moquer de Pascal : « t’attaches pas à lui, il va dégager ! ». Heu ? Le mercredi, deux jours après mon arrivée, Rémi m’invite à déjeuner pour parler un peu. Je suppose qu’il craint que ma localisation dans le bureau me démotive un peu, que je sois effrayée par les dires des partants. Et il me parle de Pascal : « Je ne sais pas si on va le garder, tu sais, il ne fait pas son travail, je ne suis pas très content ». Donc en gros, j’arrive dans une boîte et déjà on veut licencier un mec qui est arrivé 15 jours avant moi. Ca gèèèère.



Effectivement, le lundi suivant, débandade : alors qu’un nouveau, Martin,  vient d’arriver (il va y avoir plein d’arrivées durant les mois de mars avril, on est aujourd’hui 9, je suis la 3e par ordre d’ancienneté), une crise éclate rapport à un brief ultra urgent demandé par une agence. Guillaume pète un plomb, commence à crier, remettant notamment en cause un document que nous a rendu Pascal, Rémi lui répond « viens, on va parler en bas ». Pendant leur absence, Pascal s’interroge : « mais comment ça se fait que je suis pas au courant de ce brief ? ». Anthony, qui est en face, bafouille un : « je sais pas… ». Rémi et Guillaume remontent et attention, ça va aller
très vite :

« Pascal, je peux te voir s’il te plaît.

– Oui pourquoi ? Ca va être long ?

– Heu… écoute, ramasse toutes tes affaires ».


Fin du contrat de Pascal. Alors forcément, quand on arrive dans une boîte où une partie des employés se barre et qu’un autre est viré au bout de même pas un mois de travail (mais il avait pris deux jours de congé maladie la semaine d’avant pour cause de sinusite), j’étais pas super détendue du string. Heureusement, je me suis fait ma petite place. Faudra que je vous raconte.

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Combien je vaux ?

Lors d’entretiens d’embauche, on arrive toujours à la délicate question du salaire. Deux scénarii possibles : soit le recruteur a déjà un salaire alloué au poste soit il vous demande de but en blanc combien vous demandez. Et là, panique à bord : je demande combien ?


En France, on aime être pudique sur l’argent, tous ces euros, c’est indécent. Même si, quand on postule pour un premier emploi, on ne va pas réclamer 300 000 euros de prime annuelle, heiiiiiiin. Le problème est donc de connaître l’état du marché, le salaire moyen de l’emploi auquel vous postulez en le pondérant selon vos diplômes et votre expérience professionnelle. Plus compliqué qu’une grille de sudoku. La première fois qu’on m’a posé la question, je suis restée coite, habituée à ce qu’on me donne une idée de salaire. Heu ?
Timidement, j’ai demandé 1500 brut. Le recruteur a souri : « Non, mademoiselle, avec votre profil, faudrait plutôt taper à 1800 brut ». Heu bé d’accord alors…


Il est délicat de réclamer un salaire. Toutes les entreprises n’ont pas les mêmes moyens pour commencer. En général, on prend le principe des revendications syndicales, à savoir demander le bras pour obtenir la main. Cependant, demander le bras de Hulk quand on a le CV aussi fin que la silhouette de Kate Moss, est-ce bien raisonnable ? Je sais, ma phrase précédente est capillotractée mais vous avez compris (j’espère). Parce que faudrait voir à rester crédible face au recruteur. Si le salaire moyen de l’emploi auquel vous postulez est de 24 k€, n’en demandez pas 30 non plus. Un peu de réalisme ne tue pas.


Par contre, il ne faut pas tomber dans le travers inverse. On aurait tendance à penser qui si on demande un salaire moindre, on aura plus facilement le poste qu’un candidat qui demande plus. Faux, on ne vous embauche pas pour un salaire mais pour des compétences ! Par aillers, demander un salaire trop bas peut donner une mauvaise image de vous. Demander trop peut paraître prétentieux, demander trop peu peut souligner un manque de confiance, un « je ne mérite pas plus ». De plus, si votre demande de salaire trop bas est acceptée, difficile de demander plus après. Quoi qu’il en soit, le salaire sera objet de négociation donc demandez toujours un peu plus que ce que vous souhaitez obtenir, dans la mesure du raisonnable.


Oui, ok, mais comment savoir combien demander quand on est à la recherche de son premier emploi, comme ce fut mon cas lors de l’entretien où j’avais demandé trop peu ? Là, j’ai pêché par manque de renseignements sur la question et j’ai eu tort. Sur nombre d’annonces, il y a une échelle de salaire, ça permet déjà de se faire une première idée. N’hésitez pas à demander aussi sur des forums professionnels (ou fouiller dessus car la question a sans doute déjà été posée). La question n’est pas stupide, il y a des choses qui ne se
devinent pas d’autant que, si on sort d’une école, on a un peu le melon gonflé à bloc par les profs qui nous serinent qu’on est les plus beaux, les meilleurs… Mais à 30 par promo multiplié par le nombre d’écoles et universités qui proposent une formation similaire, non, vous n’êtes pas unique et désiré donc on reste raisonnable.



Mais alors, si on me  propose un poste en deça de mon salaire de base, je refuse ? Nous verrons ça la semaine prochaine. Hé oui.

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Où trouver l’homme ? Episode 16 : à la bibliothèque

(Je rappelle aux gens que cette histoire n’est que pure fiction donc on le prend comme tel, merci)


A la recherche du prince charmant
Suite à mon échec avec un intellectuel dandy morvophobique, je ne renonce pas à ma quête d’un homme qui en a dans le ciboulot. Mais plutôt que de fouiller dans les musées, je vais plutôt partir en bibliothèque. Après tout, un mec qui passe ses journées dans un musée, c’est pas un peu un branleur ? Alors que là, s’il est à la bibliothèque, c’est qu’il est là pour travailler. Genre un jeune prof ou un thésard…

Première épreuve : trouver une bibliothèque qui veut bien de moi, qui ne suis plus étudiante. Paris fourmille de bibliothèques mais les trois quarts sont estampillées « réservées aux étudiants ». Et alors, on n’a plus le droit de se nourrir de savoir une fois les études terminées ? Alors me reste Ste Geneviève, Beaubourg et la BNF. Après avoir éliminé Ste Geneviève pour un problème de place et Beaubourg pour un problème d’âge et de queue, me reste la BNF. En plus, c’est top, je connais. J’y étais venue en 2002 pour ma
maîtrise sur le Québec et j’avais déjeuné à la cantine qui coûte cher cher avec un jeune inconnu qui m’avait fait la conversation. Je ne sais pas si c’était de la drague vu qu’à l’époque, j’étais en couple donc j’avais pas fait attention. Mais ça veut dire qu’il y a des possibilités.

Arrivée de bonne heure, j’ouvre mon ordinateur portable sur le bureau et réunis autour de moi quelques livres, histoire de faire croire que je travaille vraiment. Je jette des regards à la ronde, pas mal de mâles mais je n’identifie pas clairement de cibles. En attendant, j’entortille mes cheveux en chignon retenu par un crayon, laissant une mèche pendre négligemment le long de mon visage. Je prends un ai concentré mais sans pour autant plisser le front, histoire de ne pas rider mon visage. En plus, j’ai découvert une ridule sur le front, justement, faudrait voir à pas la creuser [ceci n’est pas du tout fictionnel et c’est bien dommage !]. Bref en deux mots, je pose.

Pause déjeuner, je vais me rendre à la cantine qui coûte un bras pour des sandwichs qu’on achète trois fois moins cher en supérette. Y a un peuple pas possible, je vais rigoler pour me trouver une place. Surtout que je dois idéalement me placer à côté d’un homme mignon. Le problème étant que vu le monde, j’arrive plus à distinguer les visages. Bon, allez, je m’assois, moi, warrior, moi pas peur. Mon voisin est une voisine, raté. Bon, elle a presque fini. Ah, elle s’en va et ô victoire, vient s’installer un jeune homme à sa place et même pas trop mal en plus. Non, là, il va y avoir arnaque, c’est trop beau pour être vrai. La dernière fois, au musée, ça a été pareil, je trouvais le seul Français sexy de la place et c’était un prétentieux morvophobe. Forcément, une allergique chronique ne peut aller avec ce genre d’individus. Là, je sens qu’il va avoir une tare celui là aussi, le hasard fait rarement bien les choses, surtout plusieurs fois d’affilée.

Bon, je vais voir. Bon… Hum… Il me regarde pas. Ah ben il serait gay alors, comme d’habitude. Enfin, non, pas comme d’habitude mais ça m’est déjà arrivé une fois alors bon… Ou alors je suis pas du tout son style, ça peut aussi arriver. Ou alors il m’a même pas calculé parce qu’il est dans sa bulle. Je fais quoi ? Il serait de bon ton de lui adresser la parole mais pour dire quoi ? Bon, je peux toujours lui demander ce qu’il fait là, ça ne mange pas de pain.

« Bonjour, heu… Vous venez pour étudier ?

– Dans une bibliothèque, y a des chances ».

Bim, me voilà renvoyée dans mes 22. La raison voudrait que je n’insiste pas, le monsieur n’a pas l’air trop d’humeur. Mais allez, on va pas se laisser impressionner…

J’ouvre donc la bouche pour lui demander ce qu’il étudie exactement mais j’ai pas le temps de prononcer ma première syllabe qu’il a déjà déplié un journal et s’est plongé dans la lecture. Ou comment dire subtilement à sa voisine de table que non, on n’a pas envie de parler donc chut.

Je viens de me prendre un vent.

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Petits conseils pour mâles en chasse sur meetic (et autres)

Messieurs, des fois, je vous maltraite, je vous taquine et je m’en excuse. Alors pour me faire pardonner (parce que je vous aime bien), je vous donne quelques tuyaux pour vous faire remarquer dans la jungle meeticienne (ou tout autre site du style). Parce que voilà, quand on est une fille sur ce genre de site, on est hyper sollicitées donc, forcément, on se montre sélectives.

Toi, homme, tu as décidé de prendre ta vie amoureuse en main et de te trouver une moitié sur le net. Déjà étape 1 : le pseudo. Alors si tu veux faire de l’humour, assure-toi que ce soit vraiment drôle sinon, ça va faire fuir. Lucie me fait la liste détaillée des pseudos qu’elle trouve ridicule et figure-toi que je partage son avis. Tu évites les trucs du genre « tuningforever », « Zidaneestleroi » ou je sais pas quoi d’autres… Déjà, tu as une rubrique exprès pour étaler tes passions, ne le fais pas en pseudo non plus. Ah et tant qu’à faire, évite les « trobogoss » « jesuisuperbeau » et compagnie. Déjà, j’aime pas les prétentieux et tu me permettras d’en juger par moi-même. Surtout qu’en général, je

veux pas dire mais ceux qui s’appellent comme ça ont vraiment des tronches de cake. Enfin, j’aurais tendance à te dire d’éviter les Pierre238, Luc3527 ou Petitcoeur56. Comment tu veux sortir du lot si tu affiches dès le départ que des tas de gens ont le même pseudo que toi ?

 

Ensuite, tu remplis ton profil. Alors, j’aurais tendance à te conseiller de dire la vérité. Bon, tu peux te rajouter un centimètre ou deux, prendre ou perdre un kilo ou deux mais pas trop quand même. Parce que je vais te dire, si tu rencontres une nana, que tu lui as dit que tu avais 27 ans, aux cheveux longs et que tu faisais 1m85 et que la nana se retrouve face à un quinqua à moitié chauve d’1m65, elle va se casser. Faudrait voir à pas trop nous prendre pour des connes. Pareil pour tes loisirs, dis pas que tu es un fana de littérature si tu crois que Proust est un pilote de Formule 1 au nom mal orthographié. Parce que moi, personnellement, si je vois qu’un mec partage le même loisir que moi, forcément, je vais lui en parler…  

 

Puis arrive la question de l’annonce. Que mettre, que mettre ? Alors bannis de suite les « je cherche la femme de ma vie, j’espère que c’est toi » parce que ça fait un peu 150 fois qu’on voit ça. Evitez aussi de citer des paroles de chansons parce que moi, une annonce de type : « Je ne dirai qu’une chose : je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai (Cabrel) ». Parce que même si vous avez l’honnêteté de citer votre source, moi, le mec qui ne met que ça en annonce, ça pue le type qui n’a aucune personnalité et n’est même pas foutu de définir ce qu’il veut ou non. Bon, ok, l’exercice de l’annonce est difficile et peu de nanas la lisent mais quand même, un peu d’efforts, merde. Il faut privilégier l’humour. N’hésite pas à te montrer exigeant dès le départ : si tu cherches un type particulier de fille, fais le savoir, ça fera gagner du temps à tout le monde. Et évite les fautes d’orthographe ou, pire, le SMS. C’est une langue que tout le monde ne parle pas…

 

Bon, après, le choix de la photo. Alors tu étais peut-être très beau cet été sur la plage, torse poil et bronzage impecc mais peu de filles cherchent un Aldo Maccione. Ça marchera si tu veux juste baiser mais si tu cherches la femme de ta vie, mets des photos qui ressemblent plus à ton toi de tous les jours. Oui, DES photos, j’insiste sur le pluriel parce qu’une photo où le mec est super beau, me demande si y a pas un peu tromperie sur la marchandise, tu vois ? Genre « c’est la seule photo où je suis potable, depuis, j’ai pris 10 ans et 30 kg ». Evite les photos de type identité, aussi, les femmes recherchent rarement des employés sur meetic. De la même façon, tu trouves peut-être que tu étais sublime, déguisé en John Travolta dans la fièvre du samedi soir à l’anniversaire de ta cousine mais en fait, non. Sois toi, bordel, montre toi tel que tu es tous les jours !

 

Bon, voilà, ton profil est tout beau, maintenant, à la chasse. Alors, tu as à ta dispo un outil génial : le mail. Mais alors ça aussi, ça se maîtrise. Le copier/coller, j’aime
pas. Bon, on va me dire : « ouais mais pour 50 mails envoyés, y a une réponse alors à la guerre comme à la guerre ». Sauf que ça sert à quoi que je me fasse chier à faire une annonce pour sortir du lot si le mec envoie tellement de mails que je suis même pas sûre qu’il ait lu mon profil ? J’en ai reçu un, comme ça, une fois, le mec disait clairement « oui, je fais du copier /coller mais après, si tu me réponds, je ferai l’effort de ne parler qu’à toi », un truc du genre. Bon point. Sauf que quand je vais sur son profil, je vois qu’il a reçu 250 visites en 24h donc l’envoi est tellement massif que j’ai pas envie de lui répondre. Après, il faut comprendre qu’un mail, c’est pas un chat. Sur le site de l’Obs, y en a un qui m’a envoyé en tout une demi-douzaine de mails qui disaient « bsr » ou « bjr ». Non mais il pense sérieusement que je vais répondre ? Alors à force de recevoir des trucs comme ça ou des « coucou, ça va ? », j’ai mis comme annonce : « moi, ce que j’aime dans la vie, c’est recevoir des mails de plus de trois mots ». Joueuse, je suis. Donc pas la peine d’en faire des caisses mais montre que c’est la fille qui t’intéresse, pas n’importe laquelle dans le lot.

 

Ensuite, le chat. Pareil, soigne ton approche. Une fille sur meetic peut avoir une dizaine de chats simultanés donc si tu attaques par un banal « bonsoir », t’as intérêt à être le sosie de Brad Pitt pour qu’elle réponde. Une petite blagounette, un petit « j’ai vu sur ton profil que… », un truc pour montrer qu’elle t’intéresse et que tu as envie de la découvrir. Et surtout, évite les « je cherche une fille à qui faire l’amour, intéressée ». Moi, j’aime bien que les gens se présentent avant de m’annoncer qu’ils veulent me brouetter. La politesse n’a jamais tué personne !

 

Enfin, voilà, je crois qu’en tant que fille, ce qui me plaît chez un meetic boy, c’est la personnalité. En gros, je veux pas d’un mec qui n’a rien à dire d’original parce qu’au fond, il veut juste tirer son coup, peu importe la nana derrière.

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Je baise donc je suis… ?

Dans notre entourage, nous avons tous la personne qui ne se lasse de nous raconter ses exploits sexuels, en long, en large et en travers, nous énumérant avec plaisir les détails scabreux. Au mieux, c’est gênant, au pire, c’est franchement insupportable…


 Souvenez-vous, la nympho ex-copine d’Anne dont je vous avais parlé, celle qui arrive et qui lance : « ouah, j’ai testé la sodomie, c’est trop génial ! ». Mais qu’est-ce qui peut pousser une personne à annoncer un truc pareil à une tablée dont elle ne connaît qu’une personne ? De la même façon, Guillaume mon ex m’avait parlé une fois d’une fille qu’il connaissait à la fac (avant que je n’arrive, ouf !) qui racontait tous les détails de sa folle vie sexuelle avec son copain, genre « ohlala, on l’a fait dix fois ce week-end dont une fois sur la table basse, une autre dans la salle de bain… ». Il m’a expliqué qu’il a rompu les liens avec cette demoiselle le jour où elle a raconté que pendant que son copain baisait une nana dans la chambre, elle s’était faite attraper par le chien. Là, j’avoue que je n’étais pas là quand cette fille a raconté ça mais j’ai parfaitement compris pourquoi il l’avait viré de son entourage…

Pourquoi les gens se mettent à raconter en détail leur vie sexuelle ? Honnêtement, parler sexe, c’est plaisant, j’aime bien, mais je parle de sexualité, pas de ma sexualité… Je me vois mal expliquer le plus naturellement du monde que mon brouetteur m’a fait ci et ça puis ça et là, j’ai joui comme une folle. Déjà, je trouve ça très prétentieux de penser que les détails de ma vie sexuelle puisse intéresser les gens. Parler de sexe en général, oui, parler de sexe pour révéler toute une intimité, non. On s’en fout de savoir que Paul et Stéphanie pratiquent régulièrement la position dite du ciseau maltèque sur la table du salon… D’ailleurs, après, on sera bien dégoûté à chaque fois qu’on mangera sur cette fameuse table. De plus, raconter les détails croustillants de mes ébats, c’est, quelque part, trahir la confiance de mon partenaire. Il y a quelques années, ma sœur fréquentait une pintade finie et une autre nana. Bon, il y eut un gros clash entre elles trois, ma sœur d’un côté, les deux autres de l’autre. Ma sœur fut victime de quolibet, elles la surnommèrent « PQ », sans que
personne ne comprenne pourquoi et leur classe (école de commerce, quand même, on n’était plus au collège) était divisée en deux. Bref, pendant cette gue-guerre ridicule, les deux étaient très complices au point qu’elles se racontaient tout. La fille plutôt sympa mais naïve et influençable calquait sa vie sexuelle sur celle de l’autre pintade au point qu’un soir, elle voulut mesurer le sexe de son petit ami pour comparer avec celui du copain de ladite pintade… Alice nous racontait donc ça lors d’un repas dominical où Guillaume était présent, moi, je m’esclaffais : « Mais qu’elle est conne ! ». Après le repas, Guillaume me dit : « tu sais, j’espère que tu parles pas comme ça à tes copines de ce qu’on fait tous les deux, ça me gênerait… ». Honnêtement, je n’ai jamais su combien mesurait le sexe de Guillaume ni d’aucun de mes amants vu que je me suis jamais amusée à mesurer mais je vois pas ce que ça pourrait amener au débat de déclarer : « mon mec a un pénis de 20 centimètres ! ». Au mieux, j’ennuie les gens en ma présence, au pire, ils me prennent pour une mytho (mais ça existe un pénis de 20 cm et même plus !).

Evidemment, je raconte parfois des anecdotes amusantes comme la fois où Guillaume et moi étions en pleine action dans ma chambre chez mes parents, nous étions seuls dans la maison… Tout à coup, la porte s’ouvre et grince, raaaaaaaaaah ! On stoppe tout, on se bloque et… ben, c’était juste un courant d’air mais ça nous a beaucoup fait rire ! Bon, voilà, ça, c’est amusant et ça ne dérange personne. J’en ai plein mes tiroirs des anecdotes comme ça mais là n’est pas le sujet de l’article.

Alors pourquoi des gens se sentent obligés de tout nous raconter, ne nous épargnant pas le moindre détail sordide ? Est-ce par obsession du sexe ? Non, je ne crois pas : je connais des gens qui ont une sexualité riche mais qui racontent succintement. Prenez Gauthier, par exemple : si vous relisez ses articles sexuels, vous remarquerez qu’il ne s’étend pas sur les détails et nous lui en sommes tous reconnaissants ! Donc ce n’est pas ça… Alors quoi ? Est-ce un relent de l’adolescence ? Vous savez, à l’adolescence, il y a une espèce de phase où pour être « in », faut parler cul, tout le temps, sinon on est relégués dans la case « coincée du cul ». A l’adolescence, où l’on cherche désespérément à informer la terre entière que « on l’a fait ». Je me souviens d’une fille que je n’aimais pas du tout en terminale qui était avec moi en cours d’italien. C’était de la pintade pur jus, celle-là, une vraie de vraie, genre la fille qui est au bord de la crise de nerf parce qu’elle a perdu son miroir de poche et qui se repeigne en examen (véridique pour les deux). Donc un jour, nous attendions la prof d’italien qui ne venait pas, pour changer, quand pintade première se mit à hurler : « Oui, moi, ma pilule, je la mets sur ma table de nuit pour pas oublier ! ». Avec Cécile, on se regarde et on se met à hurler : « Et tes capotes, tu les achètes où, toi ? ». Foutage de gueule ? Oui, complètement, surtout que j’ai appris plus tard que la pintade était, à ce moment-là, vierge…

Ainsi donc, parler de sa sexualité serait une façon de montrer que nous sommes libérés, loin des tabous de certaines franges de la société ? Peut-être mais je ne suis pas sûre… Il y a, certes, une certaine volonté d’appartenance : je vais parler cul à des gens qui m’ont l’air branchés sur le sujet pour intégrer leur bande. Ceci étant, parler sexe, c’est bien mais on aime bien changer de sujet, de temps en temps. Avec Gauthier, on parle politique internationale, avec Anne, boulot, avec Lucie, de nos perspectives d’avenir… Bref, une personne qui ne me parlera que du cul risque de m’ennuyer très vite. De la même façon, les personnes qui font en sorte qu’on ait l’impression que leur vie ne tourne qu’autour
du sexe, qui passent leur vie à traîner dans les sex shops, de regarder des films X… et qui nous le racontent au cas où on n’aurait pas compris, ces personnes qui devraient se balader avec un T-shirt : « j’aime le sexe » pour qu’on comprenne bien l’idée, ces gens-là me fatiguent vite. Oui, le sexe, c’est agréable, c’est super… Mais y a pas que ça non plus donc change de disque… Et arrête de nous faire croire que tu adores ça, on va finir par trouver ça suspect…

Mais je crois que l’explication ne réside pas là. Souvent, les gens qui ont une vie sexuelle débridée et qui en parlent à longueur de temps sont des gens peu sûrs d’eux… C’est du moins l’impression que j’en ai. Et si ce n’était pas « je baise donc je suis » mais « je baise donc je plais » qu’il faut dire ? Là, je crois qu’on touche un point essentiel. En parlant à tout le monde de sa sexualité, la personne prouve qu’elle plaît à qui en douterait : « ouais, ok, je louche peut-être et j’ai les
pieds palmés mais je me suis tapée trois mecs en une semaine, tu peux en dire autant ? » Heu… non mais en même temps, je trouve ça pitoyable de le clamer à qui veut l’entendre ! De plus, je ne crois pas qu’avoir une sexualité débridée avec un tas de mecs différents soit une garantie de notre beauté ou de notre sex appeal… Beaucoup de filles ont une réputation de
« chaudasse », entretenue par leurs discours sur le sexe, d’ailleurs. « Moi, je baise tout ce qui a un pénis ! ». Et bien le jeune homme qui entend ça et qui n’a pas vu une femme à poil depuis quelques temps va lui sauter dessus sans se poser de question ! Est-ce qu’elle lui plaît ? Peu importe, une fille comme ça veut juste se faire tirer : une fois utilisée, on la jette, on s’en fout. Personnellement, c’est pas quand je passe la nuit avec un type qui cherchais avant tout un coup à tirer que je me sens la plus belle. C’est plutôt quand mon partenaire attend de moi un peu plus qu’une simple brouette, que ses sentiments pour moi sont sincères. Là, oui, je me sens belle.

Quoi qu’il en soit, si vous êtes du genre à raconter votre vie sexuelle dans les moindres détails, sachez que c’est plutôt gonflant…

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Le démon tentateur

Lors de mon article sur la fidélité, j’ai parlé de Fabien, le gars qui m’a rendue folle de désir pendant une bonne année. Trois ans après, j’avoue que s’il apparaissait sur le pas de ma porte, je lui sauterais dessus sans attendre. J’ai hésité à écrire cet article car peu de mes amis sont au courant de cette histoire, j’en ai parlé à personne pendant longtemps.

Tout a commencé mi-octobre 2001. Je rappelle au non-Toulousains que quelques jours plus tôt, l’usine AZF avait explosé, rasant au passage la fac du Mirail. Du coup, mon directeur de maîtrise organise une réunion avec ses étudiants à l’IEP, dans une salle minuscule mais là n’est pas l’important. Je monte les escaliers et je vois une petite rousse me regarder et faire : « ah, en voilà une de plus ! ». Bien, je suppose que cette fille est en maîtrise avec moi, je ne vois pas du tout qui c’est. Bon, on discute de nos sujets, je reconnais quelques élèves qui étaient en cours avec moi en licence. A la fin, mon prof, M. Gris, nous parle du bulletin d’information du groupe de recherche, demandant s’il y a des élèves qui veulent y participer. C’est une première expérience de journalisme intéressante. Je m’empresse de me proposer, persuadée que ça allait être la cohue mais seule la rouquine et moi postulons. Un grand gaillard à la voix grave magnifique en profite pour prendre la parole et parler d’une émission de radio parrainée par le groupe de recherche, s’il y a des volontaires… Je le connais, ce gars : il était en cours de contemporaine avec moi l’année précédente et c’est l’une des personnes les plus cultivées qu’il m’ait été donné de rencontrer. Il me semble un peu prétentieux mais il va participer au journal aussi donc je garde mes préjugés pour moi. Il présente son voisin, Rachid, que je savais intéressée par le journalisme car on en avait parlé l’année précédente. Nous voici quatre sur le journal : Elodie la rouquine, Julien à la voix suave, Rachid et moi. Il y a un cinquième dans le coup, un thésard. Soit.

 
Premier contact

Et là, le thésard rentre et…rien. Il se la pète un peu et il m’énerve. M. Gris le prend en exemple : « demandez à M. Colbert, demandez à M. Colbert » et l’autre, il a l’air d’exulter. Mais bon, il veut travailler sur le journal aussi donc pareil que pour Julien, j’attends avant de le condamner. On part tous les cinq discuter dans une salle voisine et je constate que le thésard a des auréoles sous les bras, il est en T-shirt, je suis en pull et je pars sur des considérations débiles sur le fait que j’ai froid et que lui, il a chaud. Oui, je sais, des fois, je pense vraiment n’importe quoi. On parle d’abord du journal et une fois les sujets arrêtés, le thésard, qui s’appelle Fabien, se tourne vers Elodie et moi, le regard brillant : « Bon, les filles, ça vous tente, la radio ? ». Oh oui, je suis tentée mais réfléchissons : j’ai une maîtrise à faire, je bosse de temps à temps à la Poste, me voilà engagée dans un journal, puis-je assumer une émission de radio hebdomadaire ? « Ok ! ». Après tout, mon idéal professionnel, c’est le journalisme, pas prof ou guichetière à la Poste.

Enthousiasmée, je repars avec Elodie qui vit près de chez moi, on discute, on est très motivées, malgré le temps que ça nous prendra. Semaine suivante, rendez-vous à la radio, installée dans un ancien magasin de lingerie… En fait, au départ, rien n’était aménagé : les vitres décanillées par AZF, un lourd rideau de fer qui clôt la vitrine, une salle d’enregistrement en sous-sol avec la peinture qui s’écaille, on se croirait à Radio résistance. Bon, ok, ça ne paie pas de mine mais on s’en fiche, l’important, c’est d’avoir le matériel pour travailler correctement. Tous les cinq, on s’installe dans la salle principale, vide, on discute des sujets qu’on veut traiter. Mon regard croise régulièrement celui de Fabien et… mince, je suis troublée. Brun, des yeux magnifiques (noisettes avec des éclats dorés) qui pétillent, un beau sourire… Mais je suis une patate mariée, calme-toi, ma fille. A un moment, on parle de nos provenances géographiques et là, il me révèle qu’il est de Perpignan. Là, je me prends une vague de nostalgie de plein fouet : Perpignan, la ville où vivaient mes grands-parents quand mon grand-père que j’adorais était en vie. On descend au studio d’enregistrement et je m’arrange pour me retrouver toujours à côté de Fabien. La semaine suivante, rendez-vous chez moi, j’espère qu’il arrivera le premier. Raté, il arrive en dernier, il avait oublié la réunion . Zut.

Première prise

Première émission, on invite M. Gris comme intervenant. On lui pose nos questions, on est tout crispés, une horreur. A un moment, déclic ! Une contradiction dans ses propos et je le lui fais remarquer. Il rie et me répond avant de conclure : « maintenant, je serais vous, je m’inquiéterais pour votre maîtrise ! ». On finit l’enregistrement, M. Gris s’en va et on écoute quelques sons de l’enregistrement, Fabien me complimente sur ma voix et sur ma super question piège. Je fonds ! A partir de là, j’omets de plus en plus de parler de Guillaume, étrange… Chaque fois qu’il me frôle, j’ai des frissons. Je rêve de lui à chaque fois qu’on se voit, mes rêves se font de plus en plus torrides : d’abord de simples bises appuyées à des baisers passionnés avant d’arriver aux brouettes intensives. Je me souviens d’une nuit où j’ai rêvé qu’on faisait l’amour la nuit sur la terre, je crois que c’était la guerre mais je ne suis plus très sûre. Le matin, je me réveille, excitée par mon rêve de la nuit et me voilà à côté de Guillaume. Dieu merci, je ne parle pas en dormant. Autre rêve hautement révélateur : on sort ensemble clandestinement. A un moment, on se retrouve sur un matelas posé sur un vieux sommier à ressorts sous une fenêtre dans une pièce style chambre de bonne, on commence à s’exciter et il me dit : « non, ce n’est pas bien, on peut pas faire ça ! ». J’acquiesce, on sort de la pièce, il y a une histoire de vidéoclub mais on ne peut pas s’empêcher de s’embrasser. Merveilleuse métaphore de mes sentiments : non, je ne dois pas craquer sur Fabien, ce n’est pas bien. Mais je ne peux m’en empêcher.

L’avantage, c’est que les occasions de se voir sont nombreuses : préparation des émissions, réunions pour le journal, enregistrement des micro-trottoirs… On se voit à peu près toutes les semaines, parfois plusieurs fois. Un soir, la réunion a lieu chez lui. Je récupère Elodie et on se rend chez lui, on le retrouve sur une place en compagnie de Julien. On discute en attendant Rachid mais après une demi-heure d’attente dans le froid, on renonce : il nous appellera. Il nous guide jusqu’à son appart, on rentre et là, c’est l’explosion : à l’intérieur, une splendide brune aux yeux bleus, Sandra. Mince, il avait une copine ! Bon, je me fais une raison : c’est mieux ainsi. Pourtant, Fabien est bizarre avec elle : pas la moindre attention. A un moment, je reçois un coup de fil de Lucie qui m’annonce que Gauthier veut abandonner ses études. On s’énerve joyeusement toutes les deux et quand je rejoins l’équipe, je fais une gueule pas possible, Fabien me lance un regard de connivence. Il me veut quoi, lui ? Sa copine est tellement plus belle que moi…

La rivale

On dîne, ça se passe bien, Sandra est plutôt sympa et je suis fière de moi : finalement, j’ai tiré un trait toute seule comme une grande, c’est bien ! Par contre, je trouve Fabien pas du tout affectueux avec elle, ça me déçoit un peu : il n’a rien du petit ami idéal. A la fin de la soirée, on se fait la bise, il pose sa main sur mon épaule, comme d’ordinaire et là, encore ce foutu frisson. C’est pas vrai ! Je me couche, un peu triste. Mais c’est mieux comme ça. C’est mieux comme ça. Ouais, l’autopersuasion, ce n’est pas terrible. Le lendemain, je rejoins Elodie à la cafétéria pour bosser sur une émission de Noël. Guillaume est là, je lui fais un bisou et rejoint ma nouvelle grande amie. On discute, on travaille puis, à un moment, on revient sur la soirée précédente. A un moment, je parle de Sandra, disant quelque chose comme : « elle est sympa la copine de Fabien. » « Mais c’est pas sa copine ! » Mon cœur explose de joie : c’est vrai ? Elle n’a pas de preuve mais elle trouve qu’ils n’avaient rien d’un couple, ce que j’avais remarqué aussi. Mais qui est-elle donc ? Peu importe, peu à peu, je l’efface de l’équation.

Peu de temps après, un nouvel arrivant rejoint l’équipe. En fait, Rachid n’est pas venu le soir où on l’a attendu. En fait, il avait abandonné sa maîtrise pour faire une maîtrise science politique et il n’avait plus le temps. Bon, honnêtement, j’ai fait la même maîtrise l’année suivante, c’est surtout qu’il n’avait plus la motivation. Lors de la seconde émission, il avait refait l’introduction 10 fois car il n’y arrivait pas… En cours de M. Gris, on doit faire un exposé sur une maîtrise déjà réalisée (histoire qu’on lise AU MOINS un mémoire avant de rédiger le nôtre). Tout le monde se disputant pour l’analyse de presse, je me rabats sur l’étude multidimensionnelle d’un événement : la mort de Lady Di (véridique). A la fin du cours, un jeune homme blond aux yeux verts vient me voir et me dit qu’il a pris l’exposé avec moi. Ah, ok. Quelques jours plus tard, on enregistre une émission à la con pour Noël, un quizz débile concocté par Elodie et votre dévouée. Julien ramène deux potes à lui dont mon collègue d’exposé, Maxime, de son prénom.

Lors de cette soirée, mon auréole se cabosse un peu. A un moment, le deuxième pote de Julien râle car il a eu une grosse boule comme cadeau de Noël. Un peu saoule, je lui fais : « vaut mieux une grosse que deux petites ! » (du grand n’importe quoi, en somme). A partir de là, je suis la cochonne de service et j’en joue, je me fais chatte, surtout quand je parle avec Fabien qui me le rend bien. Mais rien, il ne se passe rien que ce jeu gentil de flirt, peut-être l’ai-je même imaginé, je ne sais pas. Ma relation avec Guillaume s’en ressent un peu : un matin, je l’appelle en larmes car « je me pose des questions sur notre couple ». Je dors beaucoup : dans mes rêves, je retrouve Fabien. Pourtant, je sais qu’on ne s’entendrait pas en tant que couple, il est trop lunatique, un peu colérique : on s’engueulerait au bout de deux jours. Mais j’ai envie de lui comme une folle. De plus, au même moment, Elodie qui était avec son mec depuis 4 ou 5 ans se sépare de lui pour sortir avec un… Fabien ! Quel modèle troublant…

 
Désir brûlant

Le temps passe, je supporte pas de pas le voir. Quand il part quinze jours en Egypte, ça me paraît une éternité. Un jour, le « drame » arrive : Guillaume et Fabien se rencontrent sans que j’y sois préparée. En fait, Fabien ne venait jamais à la fac mais ce jour-là, je le vois devant l’UFR d’histoire en grande conversation avec mes collègues de radio et M. Gris. Guillaume à ma gauche, Fabien devant, je manque d’air. N’ayons l’air de rien, je rejoins mes amis alors que Guillaume reste en arrière. Fabien me demande discrètement si ça va. Enlève les étoiles que tu as dans les yeux, me dis-je. Mais Guillaume ne voit rien. Il ne voit tellement rien qu’une fois, on parlait de Fabien, je lui disais que je ne savais pas s’il avait une copine ou non et il me fait : « Non, ce mec a une allure de célibataire ». Précisément ce qu’il ne fallait pas dire !

Il ne se passe toujours rien, on plaisante, il me cherche un peu. Mais Julien aussi (alors que lui est fiancé, il s’est marié depuis d’ailleurs), il me gratifie une fois d’un joyeux : « t’es bonne ! ». Merci chéri, j’adore ! Et Fabien acquiesce. Non, pourquoi tu me tortures comme ça ? Dis-moi que je suis moche, ne me regarde plus avec ce petit sourire. Arrête de planter tes yeux dans les miens, révèle-moi l’existence d’une petite amie dont tu es fou amoureux… Arrête de poser ta main sur moi quand tu me fais la bise ou sur ma taille, un soir de beuverie. Arrête, arrête… Non, n’arrête pas… Bon, voilà, je suis toute perdue.

L’année avance. Un jour, Julien m’appelle, on discute et il me dit : « je vais aller à un cours de M. Gris pour trouver nos successeurs ». Quelle douche froide ! Mon cœur se déchire : non, ça ne peut pas se finir maintenant. Alors, ce sera l’été et on ne se verra plus ? Ce n’est pas possible, je vais en mourir. La structure de l’équipe a un peu changé, Elodie a pris des distances pour terminer sa maîtrise (ce sera la seule à l’avoir, cette année-là : j’ai pris une année de plus, Julien et Maxime ont abandonné mais ça n’a aucun rapport avec notre activité radiophonique). Je me retrouve la seule fille au milieu de trois mâles et Maxime semble très intéressé par ma personne. En fait, j’ai de très bonnes relations avec Maxime : on a travaillé souvent seuls pour notre exposé, il a vécu un an au Canada, mon pays préféré, celui sur lequel je fais ma maîtrise… Forcément, ça rapproche. Un jour, on se met à la technique, tous les deux (en gros, il faisait tout, j’ai appuyé sur deux boutons). Je glisse un CD dans le lecteur, il envoie la musique et là, il me regarde bizarrement et me sort un langoureux : « Merci ! », des étoiles plein les yeux. Je rougis et je bégaie un : « mais de quoi ? ». « D’avoir mis le CD… ». Seigneur, il me fait quoi, lui ? L’été suivant, on se verra plusieurs fois seuls pour boire un verre, il est dégoûté d’avoir été pris à l’école de journalisme et pas moi (« je ne connais pas de personne plus motivée que toi pour faire ce métier, c’est dégueulasse ! »). Il me parle d’une fille avec qui il était sorti en fin d’année scolaire et me fait : « je ne ressentais pas la même chose pour elle que pour toi… ». J’ai jamais trop su ce qu’il avait ressenti pour moi mais j’étais un peu gênée. Que tout ceci est compliqué !

A suivre…

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Christophe

Mes amis qui ne sont pas inscrits sur meetic me demandent souvent : « mais que ferais-tu si tu tombais sur un gars qui ne te plaît pas ? ». C’est en effet une très bonne question à laquelle je n’avais pas de réponse tant j’étais toujours tombée sur de charmants jeunes hommes. Jusqu’à hier soir. Je pense que toutes les personnes inscrites sur ce site ont au moins une fois un rendez-vous calamiteux. Le mien a donc eu lieu hier, une scène particulièrement ridicule que je m’empresse de vous raconter avec délectation tant la situation prête à sourire.

Depuis une semaine et demie, je me pose des questions sur meetic et ce genre de rencontres, suite à ma soirée avec Julien. Pour être honnête, ce jeune homme a fait volé en éclat toutes mes défenses. J’allais précisément sur meetic pour ne pas tomber amoureuse mais si les choses continuent à suivre leur chemin, je vais échouer. Mais je parlerai de Julien dans un autre article qui lui sera consacré.

Décidée à ne pas tomber amoureuse, je prends donc rendez-vous avec un jeune homme, Christophe, mais j’avoue que je n’étais pas confiante du tout. Je l’avais trouvé mignon en photo mais avait tiqué sur son âge (22 ans). Autant certains de mes amis aiment la chair fraîche, autant je me sens toujours plus à l’aise avec des hommes plus âgés. Mais c’est le charme de meetic : pour une nuit, on peut tenter l’expérience. Il commence à me harceler sur MSN pour qu’on prenne rendez-vous, je finis par accepter mais avec réticence. Déjà, bien que nous soyons sur MSN, il ne m’a strictement rien dit, si ce n’est une promesse de folles brouettes. Je restais méfiante, il me paraissait bien prétentieux, ce jeune homme. En une semaine d’inscription sur meetic, il a rencontré plusieurs jeunes filles mais n’est « jamais allé jusqu’au bout »… Celui-là, il sentait l’arnaque à plein nez.

Je finis par accepter un rendez-vous mercredi mais notre manque flagrant de communication m’a poussé à le reporter au lendemain : je n’avais aucune envie de l’appeler pour qu’on s’organise notre soirée (cela montre bien ma motivation…) donc je lui envoie un texto pour annuler, lui parlant de mon allergie au pollen. Soyons honnête : cette allergie m’a vraiment épuisée, mercredi, mais ça ne m’a pas empêché d’aller manger en ville avec une copine. Je rentre chez moi le soir et je le trouve sur le net donc on s’organise, j’ai droit à des réponses monosyllabiques. C’est le genre de comportement qui m’insupporte. Chez une femme, la séduction passe aussi par la communication, j’ai toujours préféré les hommes qui avaient des choses à dire plutôt que des types qui se contentent de me répondre : « oui », « non », « lol ». Par ailleurs, le jeune homme maîtrise parfaitement le langage SMS, je doute de sa maîtrise de la langue française. Quand on me répond : « on fé ce que tu ve », ça me fait un peu grincer les dents.

Joueuse, je lui donne rendez-vous devant l’église de ma ville qui a l’avantage d’être visible de loin et, surtout, de ne pas être située dans le quartier où vit Julien, ça éviterait toute rencontre malheureuse. A l’heure dite, je me motive pour y aller. Je me pose devant l’église et le jeune homme m’appelle pour me demander son chemin : il ne sait pas du tout à qui il a à faire, celui-là ! Pour ceux qui ne me connaissent pas, j’ai un sens de l’orientation pour le moins sous-développé : si je vous dis de prendre à gauche, allez à droite. Bref, assise devant mon église, je contemplais avec distraction les volutes de fumée que j’exhalais grâce à ma cigarette, pratiquant activement l’autosuggestion : « tu ne dois rien à Julien, éclate-toi ma fille, tu es jeune, faut en profiter… »

Et, là, je vois Christophe qui passe devant moi en voiture et s’engouffre dans le parking. Trente secondes après, il m’appelle : « Ouah, t’es où ? ». Devant ton nez, andouille ! Donc je monte dans la voiture et là, je me suis soudain sentie très seule : outre le fait qu’il paraissait très jeune, il avait la panoplie complète de la racaille des clips de rap : une énorme bague, les chaînes, les bracelets… Evidemment, la radio vomissait du rap, qui est loin d’être ma musique préférée. Bon, on commence à tourner dans le quartier pour trouver une place et là, j’avoue que mon pouvoir d’autosuggestion marchait à plein régime : « Bon, ce type ne te plaît pas mais il est pas vilain. Arrête de cracher dans la soupe, tu ne le reverras pas, de toute façon ! ». Bon, évidemment, ma conversation ne fut pas des plus passionnantes. « Et alors, toi, tu habites par là ? me demanda-t-il.

– Ouais, un peu plus loin. »

Bon, il tourne un peu puis, au bout de cinq minutes, retourne sur le parking devant l’église et me sort : « Ouah, ça me gave ! On se remet ça à une autre fois ? » Donc, là, je le regarde, un peu édifiée, je lui signale qu’il y a certainement des places ailleurs mais, non, il ne veut pas en chercher. Donc je lui fais comprendre qu’il n’y aura sans doute pas de prochaine fois et je sors de la voiture en claquant la porte.

J’avoue que sur le chemin du retour, j’étais limite hilare. C’est certainement le plus beau vent que j’ai pris de ma vie mais je trouve la situation tellement ridicule que je ne peux qu’en rire. Quelque part, c’est ça la magie de meetic : deux personnes qui n’ont strictement rien à voir l’une avec l’autre et qui ne s’attirent pas se retrouvent durant cinq minutes dans le même véhicule…

Honnêtement, je ne pensais pas qu’une telle goujaterie existait. J’ai failli lui écrire un mail pour lui expliquer la base des bonnes manières. En effet, j’avoue que ça m’a plutôt arrangée de ne pas avoir à passer la soirée avec lui mais s’il fait le coup à une jeune fille peu sûre d’elle, ça risque de la blesser… Mais je n’en ai rien fait. Je me suis contentée de l’effacer de mes contacts MSN sans pour autant le bloquer puisque, de toute façon, j’imagine qu’il en a fait autant de son côté.

Honnêtement, s’il revenait vers moi pour me proposer un rendez-vous, je serais sidérée… Mais il ne lui manquerait rien !

Voici donc le récit du rendez-vous le plus foireux de ma vie, si on peut même appeler ça un rendez-vous. Mais j’avoue que mon auto-dérision m’a permis de voir tout le comique de la situation et il était hors de question de vous en priver.

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