Où je ne suis plus dupe – manipulation médiatique

(Cet article ne devrait pas parler des élections régionales, j’ai rien de plus à en dire…je crois. Quoi que j’ai un peu envie de vous faire un plaidoyer sur le vote à la proportionnelle)

L’autre jour, je vous parlais de ma consommation de magazines et de mon arrêt total de la presse féminine parce que “je les vois, vos grosses ficelles, j’aime pas trop trop être prise pour un lapereau”. Même si c’est mignon dans l’absolu, un lapereau.

C'est tellement adorable hiiiiii

C’est tellement adorable hiiiiii

Curieusement, ma conscience féministe accrue ces dernières années m’a permis de détecter toutes les injonctions de la presse féminine (maltraite ton corps, refuse ton âge, mincis, tu ne vaux rien sans homme, achète, achète, achète)  et montrer les dents dès que j’en repère une. Par exemple, je dois l’avouer, je lis Voici quand je redescends chez mes parents. C’est curieux car je ne supporte plus ce magazine de par ses remarques grossophobes et viellophobes systématiques mais je sais pas, j’ai envie de me confronter à ça. Si Closer est un peu plus soft sur la grossophobie (un peu, ils se font plaisir sur Mariah Carey, toujours elle), eux, ils sont plus dans la glorification du couple (et de l’hétérosexualité). Du coup, je m’énerve, j’ai envie d’insulter tout ce petit monde sur Twitter. Oui, devenir féministe m’a rendu la lecture des féminins impossible, à moins de vouloir dénoncer (je veux bien mais je manque de temps pour faire un vrai travail de fond, hélas).

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Sauf que ce petit “talent” à détecter les injonctions s’étend à l’actualité en général et je vois les grossières petites manipulations médiatiques et je deviens folle furieuse lorsque je vois l’ensemble de mes communautés plonger dedans tête la première. En ce moment, forcément, c’est festival : entre les attentats, la COP21 et les régionales, on parle à votre coeur en oubliant volontairement votre tête et toute cette manipulation me donne la nausée.

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Je passerai sur les régionales, je pense que pour le coup, la mascarade est assez mal passée et le vote “barrage” a été mal digéré par pas mal d’entre nous. Mais quand même, je ne peux m’empêcher de faire claquer ma langue d’agacement quand je lis qu’on est en pleine crise politique, que le FN va passer, qu’on va tous mourir… Alors que ce discours est tenu depuis au moins 2002 et que déjà, en 98, le FN avait foutu le bordel dans les élections régionales mais à chaque fois, c’est la même histoire : on crie, on s’inquiète, on supplie… En fait, l’entre deux tours devient de plus en plus l’équivalent des 7 étapes du deuil : le choc “oh mon Dieu, on vit dans un pays de fachos”, le déni “non mais en fait, on croit juste ça parce que les gens se sont abstenus mais ils n’ont pas eu tant de voix que ça”, la colère et le marchandage : “Non mais tout ça, c’est la faute de ces connards d’abstentionnistes ! Bon allez, entre le FN et l’UMPS, le choix est facile, quand même, non ?”, la tristesse “j’ai mal à ma France”, la résignation “je vais devoir voter Wauquiez/Estrosi mais c’est pour la bonne cause”, l’acceptation “ok, on a un conseil régional pas ouf mais le FN a perdu alors c’est pas si mal” puis la reconstruction “allez, on va se battre pour pas que ça se reproduise en 2017!”. Oui alors là dessus, sans vouloir spoiler, je suis à peu près persuadée qu’on aura le même cirque dans 1 an et demi. Bref, en 17 ans, rien de neuf mais on a toujours droit à la même rhétorique : tu votes anti FN ou tu es un mauvais citoyen, comment a-t-on pu en arriver là et tutti quanti. On distribue les responsabilités en faisant bien attention à ne pas prendre sa part. Et c’est ainsi qu’on a facilement accusé les abstentionnistes, oubliant qu’en 2010 (la vague rose), le FN n’a pas tant fait chier alors que l’abstention était supérieure à celle de cette année (53.64% vs 50.09% au 1er tour). Surtout qu’au 2e tour cette année, le FN a fait plus de voix au 2nd tour qu’au premier alors qu’il y avait moins d’abstention. Du coup, ça veut dire qu’il y a des abstentionnistes frontistes, en fait ? Et sinon, taper sur les médias ou les politiques eux-mêmes ? Naaaaaaan, pensez donc.

Par contre, je trouve que Marine Le Pen peut avoir son utilité dans la lutte anti tabac...

Par contre, je trouve que Marine Le Pen peut avoir son utilité dans la lutte anti tabac…

Mais surtout, il y a eu la COP21 et la fameuse manifestation du dimanche 29 novembre, celle où j’ai eu envie de distribuer pas mal de claques. Reprenons : une manifestation interdite suite à l’état d’Urgence (je vais même pas commenter ce point, je deviendrais vraiment très vulgaire) même si la chaîne humaine avait bien été autorisée finalement. Pour être bien claire : je ne suis pas allée à cette manif car Victor ne voulait pas que je me mette en danger (il m’a amenée à une manif antifa juste pour vous situer que c’est pas un trouillard non plus) et que nous avions un rendez-vous en fin d’après-midi. On suit donc un peu les événements sur Twitter, on voit que ça commence à dégénérer dans la plus grande indifférence de ma timeline, à 3 ou 4 exceptions près. On annonce que ça commence à gazer, que des gens essaient de fuir la place mais se retrouvent bloqués par les CRS. Toujours grande indifférence de ma timeline, ça doit pas trop les déranger qu’on bouscule des hippies qui auraient dû rentrer chez eux, je suppose. Sauf qu’à un moment, l’info fuse : des manifestants auraient pris des bougies du Mémorial pour les jeter sur les CRS. Et là, ma timeline bien passive se met à s’énerver, à traiter les manifestants de tous les noms. Mon Dieu, vous êtes vraiment tous en train de tomber dans ce grossier piège ? Les ficelles sont aussi grosses qu’un tronc de séquoia !

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Alors pour être tout à fait honnête, ce Mémorial ne m’évoque pas grand chose. Je suis pas quelqu’un attachée à ce genre de symboles : je comprends que certains le soient mais de là à cracher à la gueule de toute une foule qui se retrouvait prisonnière de la place à ce moment là, faudrait voir à réfléchir avant de condamner comme de dociles moutons. Ok, s’attaquer au Mémorial était une bien mauvaise idée mais je vous ai pas entendus gueuler quand des gens ont piétiné ledit Mémorial dès le dimanche après les attentats quand ils ont cru être attaqués ou quand les flics l’ont ruiné alors qu’ils étaient en train de “maîtriser” des manifestants. Juste pour info : sur les 317 gardes à vues suite à cette manif, seules 2 ont abouti sur une mise en examen… sans rapport aucun avec le Mémorial ou les Blacks Blocs. Mais vous avez marché dans l’histoire parce qu’elle repose sur les mêmes mécanismes que les fables qu’on nous sort depuis janvier : l’émotion. Je suis choquée de voir que vous êtes plus préoccupés par les atteinte à un symbole qu’à celles à la démocratie. Oui parce que gazer et retenir des manifestants pacifistes (les black blocs n’ont pas agi avant les premiers gazages), j’appelle pas ça de la démocratie, perso… 

Photo d'Irina Kalashnikova pour Sputnik que j'aime vraiment beaucoup (la photo, pas Sputnik)

Photo d’Irina Kalashnikova pour Sputnik que j’aime vraiment beaucoup (la photo, pas Sputnik)

Vous me croyez pas ? Alors demain (si j’ai le temps, pas garanti), je vous expliquerai que le dénigrement des manifestants de la COP21 est identique au dénigrement des féministes.

 

Et pour se cultiver un peu plus sur le sujet, une vidéo au poil d’Osons Causer (une chaîne à regarder de près)

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Faut pas que tu couches le premier soir si tu veux garder un mec

Je suis lassée par la presse féminine, mais lasséeeeeee. Des fois, je me dis que je devrais la relire pour dénoncer mais les ¾ du temps, je frémis devant tant de clichés. Devant tant d’injonctions. Sois mince ! Porte du vert ou du rouge, balance tes fringues de l’an dernier, elles sont tellement old school que si tu les remets, on te brûlera en place publique. Tartine toi la gueule de telle crème ou celle-ci… Bref, chaque mois, on nous sort le manuel de la parfaite fille… Qui vient plus ou moins en contradiction avec ce qu’on t’a préconisé le mois dernier mais c’est pas grave. T’avais qu’à avoir une personnalité, aussi… Mais ce qui me fait violemment soupirer, ce sont les explications sur ton couple : si tu veux garder un mec, surtout, n’écarte pas les cuisses trop vite !

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J’ai déjà parlé je ne sais combien de fois de cette grande question de la première nuit. Coucher ou ne pas coucher ? Pour moi, la réponse est claire : tu fais ce que tu veux ! Si je me réfère à mon expérience personnelles, mes deux plus longues histoires officielles ont toutes les deux débutées par une nuit endiablée (enfin, non, y en avait une, c’était une fin d’après-midi mais à la fin, il faisait nuit, ça compte presque pareil). D’autres histoires où il ne s’est rien passé le premier soir ont rapidement terminé dans le mur. Il y a aussi ce plan cul fil rouge que je fréquente depuis 6 ans et demi, nous n’avons rien consommé le premier soir. Et celui de quasi 7 ans où nous avions rapidement finis tous nus dès la première rencontre. Comme quoi, y a pas de règles. Mais les magazines féminins insistent : tu comprends, si tu cèdes trop vite, il va se lasser de toi et te largueras pour de nouvelles cuisses closes, plus mystérieuses.

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Ah… Alors, ainsi, dois-je en conclure que :

Mon seul intérêt se limite à mon vagin et la possibilité d’y pénétrer. L’homme ne cherche bien que ça. Peu importe que je sois potentiellement intéressante, que j’ai de la conversation, de la culture ou de l’intelligence. Peu importe que j’ai d’autres compétences comme celle de bien danser, d’être très drôle ou même, quitte à être dans le cliché, de bien faire la cuisine (mon tiramisu est très bon, d’abord !). Que je chante pas mal ou que je sache jouer de la guitare. Le mec, je pourrai jongler avec 5 balles et cracher du feu, il regarderait ça d’un oeil torve parce que lui, il veut juste me pénétrer, donc. Le reste, c’est que du superflu, de l’habillage. Le papier cadeau qu’on va se dépêcher de déchirer sans penser à la brave personne qui s’est emmerdée à tout bien empaqueter. Y en a des comme ça, je dis pas… Généralement, on les appelle des connards. Tout simplement.

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– L’homme est un animal à bite et c’est tout. Lui, il veut juste la planter sur votre mont. Selon la durée de l’escalade, il décidera plus ou moins de faire de vous sa propriété ou d’aller à l’assaut d’autres hauteurs parce que vous étiez vraiment trop facile à monter.

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– dans un couple, la réussite ne peut venir que de la femme car c’est à elle de se contrôler, toujours. Une femme qui s’offre le premier soir est une traînée ou une fille trop facile pour intéresser les hommes. Même si elle crache du feu. Une femme qui se fait désirer remportera forcément la partie. Peu importent ses désirs à elle, finalement. Peu importe qu’elle mouille tellement sa culotte de désir le premier soir, elle passera son dessous à la machine et on n’en parlera plus. Et peu importe si le mec, lui, trempe son biscuit le premier soir : il sera forcément toujours plus désiré car c’est bien connu qu’une femme ne cherche pas le sexe ou le frisson, elle cherche l’Amour. Même avec un abruti incapable de réaliser qu’avoir une copine qui couche le premier soir, ça n’a aucune importance car elle est autre chose qu’un vagin sur pattes avec une paire de seins et une bouche goulue. Nooooon. Quant à imaginer qu’une fille puisse également penser du mal d’un mec qui cède le premier soir (après tout, pourquoi pas), vous n’y pensez même pas… Puisqu’ils sont tous pareils à toujours vouloir nous la coller dans le plus d’orifices possibles. On leur en veut pas, c’est leur nature, ces pauvres amours…

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Et je colle Henry Cavill en chute d’article, baaaam

 

Question : est-ce que se cacher derrière une rose, ça rend mystérieuse ou ridicule ? Non mais je demande, hein…

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La norme Fotolia

Les grands connectés que nous sommes guettons avec une pointe d’angoisse les énormes consortiums qui tentent de nous imposer des normes, de nous emprisonner dans leur petit monde. Apple, Facebook, Google… On hurle à l’imposition d’une norme, aux ponts fermés entre ces univers. Sur mon iPhone, j’ai d’office safari et non google chrome, j’ai hérité du magnifique Apple Plans au lieu de l’efficace Google Map. D’ailleurs, si vous vous ennuyez, découvrez le tumblr des ratés d’Apple Map. Je trouve qu’il y a de la poésie là dedans…

Mais il y en a un dont on ne parle jamais alors qu’il dessine insidieusement notre monde digital. Parfois, dans un élan de procrastination, je m’en vais lire un article de presse en ligne et notamment des articles de presse féminine qui ont pour avantage de bien me détendre entre deux powerpoints. Or que constaté-je en « feuilletant » ces sites : ils sont envahis de photos Fotolia.

Je parle de la presse féminine mais c’est la même pour la presse économique et entrepreneuriale, vous savez, ces photos avec des mecs aux dents blanches et costard cravate qui sourient en levant le poing tel des winners du business, le tout se passant dans des bureaux immenses, blancs, aseptisés.

Et c’est là précisément que je veux en venir. Les photos Fotolia se passent dans un univers plus blanc que blanc, tout est calculé, propre, pas un cheveu qui dépasse. Comme dans tout l’univers de la pub et des médias me direz vous, oui, mais si tous les webzines commencent à se nourrir à la même source, ne risque-t-on pas d’avaler la norme Fotolia sans nous en rendre compte ?

Moi, je dis non ! Et même que je vais relancer mon tumblr des photos tartes pour dénoncer. Même s’il devrait durer 15 jours, comme la plupart des sites périphériques que je lance. D’ailleurs, il serait temps que je reprenne Week end sac à dos, il a été victime de la mort subite du nourrisson… Sans parler des dizaines d’url que j’ai achetées pour en faire des blogs (bon, non, pas dizaine). Moi et ma capacité à vouloir faire plein de trucs sans prendre le temps de les faire. Digression, mon amour.

Bref pour en revenir à Fotolia, je dis non ou alors, détournons les, ridiculisons-les ! Disons non à cette norme insidieuse ! Retrouvons le plaisir des gens aux peaux et silhouettes imparfaites, aux décors colorés, au bordel, à la vie quoi… Que les rédactions arrêtent de s’abonner à ce site (et à ses avatars) pour refaire leurs propres photos. L’illustration fait partie de l’article, autant maîtriser aussi ce contenu là, non ?

PS : Je suis pas un journal, moi, je suis pauvre mais dès que je peux, je mets mes propres photos.

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La coquette et l’intello

Depuis quelques temps, je le confesse, je délaisse toute presse féminine. Lassitude, impression d’avoir déjà tout lu, j’en parlerai une autre fois. Or un petit nouveau qui se positionne différent apparaît dans nos magasins. Vais-je craquer ? Non car en lisant ceci et ceci, j’ai compris que ce nouveau venu, Causette de son nom, n’arrivait toujours pas à dépasser le sempiternel clivage de
la presse féminine. Soit t’es coquette et conne, soit t’es intello et négligée. Raaaaah !

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Petit point de sémantique avant de poursuivre : je parlerai ici de femmes intellectuelles et non pas intelligentes. Parce qu’on peut très bien être cultivée et avoir le QI d’une huitre (ce qui n’empêche pas une bonne mémoire) et avoir une culture proche du néant et être néanmoins intelligente. Maintenant que ce point est posé, poursuivons. Donc la femme, cet être à part, est souvent présentée comme polyvalente, capable de parler au téléphone tout en gribouillant la liste des courses et surveillant la cuisson du poulet. Par exemple. Ce qui n’est pas mon cas vu que je ne fais jamais de liste de courses ni ne cuis de poulet. Par contre, j’ai toujours un franc succès quand je sors ma botte secrète : être capable de taper sur mon clavier une phrase cohérente tout en discutant avec la personne à côté donc en ne regardant ni clavier ni écran. J’ai fait ça l’autre jour à ma stagiaire qui était persuadée que je tapais n’importe quoi. Même pas, et toc. Par contre, je le fais de façon totalement inconsciente. Mais je m’égare ! Donc la femme a beau être polyvalente, il semble qu’on ne soit capable que de ne s’adresser qu’à une partie de son cerveau : soit la partie coquette, soit la partie intellectuelle. Les deux ? Et bah non !

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Vous allez me dire (à juste titre) que j’exagère, qu’il y a aussi des reportages sérieux dans Elle et Biba, par exemple. Si, c’est vrai. Des reportages souvent consacrés aux conditions de vie des femmes dans des pays où ce n’est pas la joie, j’ai même lu un article sur l’excision dans Biba et ça ne te met pas super en joie. Mais bon, il est vrai que ce genre d’articles est un peu noyé dans la masse des mascaras, rouges à lèvres, it bag et photo de mannequins à l’IMC relativement préoccupant. Et encore, les mannequins des photos sont bien plus épaisses que les mannequins des défilés. A ce sujet, je me demande bien pourquoi les créateurs ne font pas défiler directement leurs tenues sur des cintres… Passons. De l’autre côté, on nous propose donc un magazine sans mode et beauté parce que les filles en talon sont des pétasses. Ouiiiiiiiii…

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Alors il est vrai qu’en général, quand je lis un Cosmo ou assimilé, c’est pas forcément pour me cultiver mais plutôt pour me détendre et avaler plus facilement les 5 ou 6h de train qui me séparent de chez mes parents. J’ai bien tenté les mots croisés mais dans un élan de modestie, j’avais acheté un jeu niveau 1 ou 2 avec comme réponse à la définition « pour jouer », il fallait inscrire le mot « jouet ». Ceci étant, j’ai cherché quelques minutes, tellement je pensais pas que ça pouvait être aussi simpliste. Ah ben si… Au secours. Si je veux me cultiver, j’irai plus prendre un Nouvel Obs, un Courrier International ou que sais-je encore. Choisis ton camp camarade. Mais ce qui m’énerve, c’est cette perpétuelle dichotomie. Doit-on, pour être intellectuelle, se foutre de la mode, avoir du poil aux pattes et une sacrée gaine de capitons autour des cuisses ? Franchement, que cette dichotomie vienne de la part de femmes, ça me rend dingue. Parce que pardon mais quand on dit que pour avoir un esprit sain, faut un corps sain, je trouve ça on ne peut plus vrai. Et puis tiens, tirons un peu la démonstration. La mode, le maquillage, ce n’est ni plus ni moins que de la science. Pardon ? Mais oui, nous avons un corps et sur ce corps, il faut placer des oripeaux qui correspondent au mieux à sa géométrie. Par exemple sur une fille petite comme moi, faut pas trop abuser des tailles basses qui peut donner une sensation de « « petites pattes » . De la même
façon, la coiffure ou le maquillage doit épouser la forme de notre visage et respecter ses couleurs. Du fait de mes yeux bleus et de ma peau claire, je dois plutôt jouer sur les couleurs froides.
Mets-moi du rouge à lèvres rouge et tu verras à quel point ça ne me va pas du tout. Et, oui, j’aime avoir la peau douce et sentir bon, reconnaître les effluves qui me parlent et se marient bien à
la chimie de ma peau, trouver des produits qui la rendent soyeuse parce qu’une peau bien hydratée ne tire pas. Quant au régime alimentaire et au sport, là, encore, c’est une question de physique.
Si je mange mal, je digère mal et je ne suis pas bien. En tant qu’adepte de la chrononutrition (enfin, je dis ça mais je petit déjeune pas, c’est mal), je sais que le midi, j’ai intérêt à privilégier les sucres lents sinon à 17h, fringale et perte d’énergie. Or ma journée de travail dure jusqu’à 19h, je peux pas perdre 2h à ne rien foutre.  2h sur une journée qui en dure 8, c’est énorme. Et je ne te parle même pas des régimes équilibrés à base de calcul de calories… Quant au sport, il permet de se vider la tête des conneries, se purger pour booster sa créativité. Sans parler de la magie des endorphines qui me donne de l’énergie à revendre. Etant d’un naturel stressé, je peux vous garantir qu’on n’a rien trouvé de mieux que le sport pour se détendre. J’ai même une théorie qui dit que tout problème est dissolvable dans l’eau chlorée. Testé et approuvé par moi.

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Bref, je suis navrée de constater qu’en 2010, il faille encore choisir son camp. Non mais quelqu’un peut-il m’expliquer depuis quand mettre des talons empêche de se cultiver. Oui, ok, c’est moins pratique pour marcher dans les musées, par exemple, mais n’importe quelle femme habituée à ses talons de 12 pourra vous faire toute une expo sans penser à ses pieds, concentrée sur les œuvres qui sont étalées sous son nez. Et quand on fait un régime, ce n’est pas les neurones que l’on perd, ce sont les capitons. Alors amies, unissons nos forces et crions ce slogan : « Moi, je suis intello même avec mes stilettos ». Non mais…

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Faudra que je pense à acheter des stilettos pour le coup.

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Les magazines lavent plus blanc que blanc

Dans le cadre de mon nouvel emploi, j’ai l’occasion de rencontrer des usagers de notre site pour connaitre leurs envies et revendications sur l’évolution du site. Ouais, on est comme ça nous, à l’écoute.  Hier, nous avons rencontré une sympathique demoiselle, très friande de girlitude et d’infos féminine. Oui mais voilà, Geneviève, appelons la ainsi, est Noire.

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On reproche souvent aux magazines de renvoyer une image erronée de la femme. Avis que je partage totalement. J’en parlais récemment à un pote en lui expliquant que les mags étaient toujours dans le too much. Là par exemple, c’est la grande mode du « ronde mais fashion » donc le magazine me propose, au choix, des mannequins taille 32 ou des taille 52. Deux modèles malsains d’un point de vue médical car même si on veut débattre de la fiabilité de l’IMC, on est dans le trop maigre ou trop gros. Et que dans mon paysage féminin composé d’une écrasante majorité de 36-42, ces modèles ne parlent pas. Voilà donc la fille des magazines, elle est jeune, quand même bien maigre, grande… et blanche. En soi, ce n’est pas une découverte. Je me souviens d’avoir vu un reportage y a une éternité, à l’époque où Naomi Campbell était super model et que j’étais mineure (bon, c’était finalement pas y a si longtemps que ça) où une nana de la presse féminine qui travaillait chez Elle, je crois, expliquait que les Noires en couverture, c’était statistiquement moins vendeur. Bon, ok, soit, on pourrait débattre du sujet mais là, c’est pas là où je veux en venir. Concernant les magazines féminins, Geneviève nous a dit : « je les lis pas car ils ne me concernent pas, il n’y a pas une seule femme Noire dedans, même dans les articles plus généraux ». Et c’est vrai.

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Alors tout ça, c’est la faute aux Américains. Si, si, pour de vrai. En fait la plupart des photos de nos magazines, sauf séries mode (où là, si les jouvencelles sont plutôt blanches, c’est notre entière faute), sont achetées à des banques d’image américaines genre getty ou
fotosearch, de vraies cavernes d’Ali Baba de la photo kitschouilles, celles que j’aime d’amour que même parfois, j’aimerais avoir des mannequins sous la main pour leur faire faire plein de photos du genre.  Non parce que quand j’écris un article, j’ai plein de supers idées de photos nases qui illustreraient trop bien l’article et parfois, force est de constater que ces photos ne doivent pas –encore- exister. Et sur ces banques d’images, on ne peut pas dire que la mixité soit réellement au rendez-vous. J’ai testé en tapant « femme » sur le moteur de recherche, j’ai vu une femme noire en première page sur 60 images. Mais attention, soyons honnêtes, je peux affiner la recherche en précisant l’ethnicité de ce que je cherche.  Et bien…

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Donc Geneviève ne se reconnaît pas trop, à tel point qu’elle note quand un couple mixte est mis en scène dans un magazine. Mais si on peut se dire que sur les photos, c’est à cause de nos amis Ricains, pour le contenu, par contre, faut s’en prendre à qui ? Parce que Geneviève nous explique que les peaux ethniques, ça n’intéresse pas trop la presse généraliste. J’ouvre une parenthèse sur cette histoire de peau ethnique, expression que je trouve assez mal trouvée. Donc dans le vocabulaire journalistique féminin, une peau ethnique est une peau mate à noire. Donc moi, avec ma peau de porcelaine, je n’ai pas d’ethnie ? Sans parler des Asiatiques, Hindous (hors Aishwarya Rai), les Arabes au teint clair… Alors oui, ok, je veux bien admettre qu’on ne peut pas parler de tout le monde mais l’existence de magazines consacrées aux femmes Noires (je ne sais pas s’il y en a pour d’autres ethnies, je ne suis pas très au fait,
j’avoue) prouve bien qu’il y a un besoin. De toute façon, soyons honnêtes, nous ne sommes pas concernés par tous les articles de magazine. S’il y a un dossier spécial cheveux fins, ça ne va pas me parler. S’il y a un article « comment grossir » non plus. Ah oui, non pardon, ça, y a pas, nous voulons toujours être plus mince, suis-je bête. Donc si je vois un article consacré aux peaux noires, je me contenterai de passer à l’article suivant. Quoi qu’encore pas si sûr car les peaux noires peuvent avoir les mêmes soucis que moi genre la peau sèche. Depuis que j’utilise le Mixa spécial peaux mates, j’ai la peau incroyablement douce et soyeuse. Donc y a du truc à choper. Bon alors disons que s’il y a un dossier sur les cheveux crépus, par exemple (oui, je sais, toutes les Noires n’ont pas forcément les cheveux crépus, c’est un exemple), je passe à l’article suivant, fin. Je lis pas non plus les dossiers spécial vernis (je hais le vernis à ongles), je n’en continue pas moins d’acheter des magazines.

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Parfois, je me demande si on vit sur la même planète que les magazines. Tiens, je développerai dans un autre article. En attendant, on retient donc que la fille des magazines  est encore, au XXIe siècle, grande, maigre, blanche, jeune et hétéro. Groumpf.

Article non sponsorisé par Getty images mais je me suis fait plaisir pour les illus là

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La minceur des people, tout est relatif

Régulièrement, je lis la presse féminine et depuis quelques temps, je constate un truc étrange… Les commentaires sur la sveltesse (ou non) des célébrités féminines. Bon, masculines aussi mais moins puisque qui dit magazine féminin dit lectRICE dit on se compare aux stars. Enfin, normalement.

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Or, la majorité des stars sont belles et athlétiques. Forcément, moi, j’aurais 3h de sport par jour, je serais ultra goalée aussi. Mais voilà, ma profession ne m’impose pas d’être d’une sveltesse exemplaire et si je veux faire du sport, je suis priée de le faire hors heures de bureau. Je peux même pas négocier, je ne rencontre quasi jamais de clients et
mon poids de base ne menace pas les chaises du bureau. Alors du coup, dès qu’une star a un gramme de cellulite et je dis bien un gramme, on la montre du doigt en ricanant. Des fois même quand on suppose que la star a pris 3.5 g pendant le réveillon (cf cet article hallucinant). Haaaaaaaaaaan Britney, elle est grasse et Demi Moore aussi (enfin, plus maintenant) et Rihanna, et Lady Gaga et je ne sais plus qui…

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Vous allez me dire, quand son corps est un outil de travail (enfin, façon de parler), c’est légitime qu’on se permette de critiquer, même si ce n’est pas très fin. Surtout quand la différence entre la version naturelle et la version photoshopée s’élève à 10 kg à minima. Ok, admettons. C’est vrai qu’on pourrait y voir une volonté de montrer la réalité, que les chanteuses n’ont pas 3 mètres de jambes, blablabla. Mouais mais je suis pas sûre de saisir l’intérêt de fustiger le moindre gramme de graisse quand même, ce n’est pas un bon exemple pour la jeunesse.

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Ah mais si, justement, je suis mauvaise langue ! Les magazines ont décidé d’aller dans la décomplexion et de nous mettre des femmes avec des formes. Ouiiiiiiii ? Là, je pouffe un peu. Dans le même numéro, on nous colle une nana taille 42 nous expliquant qu’elle est mannequin grande taille mais trop belle, elle s’assume, yahoo ! Mais à côté, on a droit à tout un tas de mannequins tellement photoshopées qu’on se demande encore comment leurs immenses jambes si fines peuvent tenir leur cage thoracique. Mais surtout, j’ai l’impression qu’on applaudit toutes les excentricités des + de 36 (la taille, pas l’âge) car elles s’assument.

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Cas concret : Beth Dilo des Gossip. Alors là, tout le monde crie au génie, à la meuf trop cool parce qu’elle est obèse (oui, je suis désolée mais là, oui)mais se fringue hypra moulant, elle s’assume. Non mais pardon mais c’est atroce, c’est vulgaire, c’est moche, rien de ce qu’elle porte (fringue ou maquillage)ne la met en valeur. Prenez Marianne James, par exemple, elle, elle sait se mettre en valeur. Je l’ai croisée une fois dans la rue, elle est juste sculpturale, il n’y a pas d’autres mots. Beth, on dirait un rôti. Mais le pire dans l’histoire, c’est que quand Britney Spears porte une tenue similaire, ça rit grassement sur sa cellulite. Politiquement correct, vous avez dit ?

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Parce que oui, j’ai la sensation que derrière tout ça se cache une immense hypocrisie qui finir par me crisper légèrement. Se moquer des filles sveltes, c’est trop cool, allons y gaiement. Mais les autres, oh bah non, alors, louons leur féminité, leurs rondeurs en des termes tellement édulcorés et métaphoriques qu’on sent que le sujet met vaguement mal à
l’aise…


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J’ai lu quelque part que le magazine idéal serait celui où toutes les femmes seraient traitées de la même façon (et avec la même visiblité). C’est pas gagné. En attendant, j’ai pas compris si je devais être très mince ou très grosse…

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Les femmes d’aujourd’hui en veulent !

Hier, c’était la journée de la femme, événement passé globalement inaperçu parce que tu comprends, en France, les femmes ne sont pas malheureuses, y a pas de raison, à quand une journée de l’homme, blablabla.  Comme la St Valentin est le jour où l’on se moque des amoureux, la journée de la femme est celle où tous les machos trouvent très drôles de nous rabaisser. Ahahah… Ahem.

Pour l’occasion, Accenture s’est un peu penché sur la place des femmes en entreprise, en voilà une bonne idée. Je vous livre les chiffres en vrac :

– Une femme cadre sur deux (46%) trouve que son responsable ne lui donne pas assez de responsabilités en rapport à ses compétences et qualités professionnelles. Je confirme, c’est même pour ça que j’ai démissionné (entre autres).

– Les femmes sont particulièrement volontaristes : si 59% d’entre elles estiment avoir très bien réussi leur vie et parmi elles, plus de 80% prennent des initiatives, réclament des tâches plus complexes et n’hésitent pas à sortir de leur « zone de confort » pour progresser dans leur carrière.

– Quelques chiffres encore :  78% acquièrent de nouvelles compétences pour passer à l’échelon supérieur, 76% aspirent à de nouvelles fonctions, 68% sont prêtes à voyager pour leurs projets professionnels et 65% réclament régulièrement de nouvelles missions.

L’étude montre en outre que les femmes privilégient la quête de nouvelles responsabilités alors que les hommes quémandent plus volontiers des augmentations. Donc si on en croit cette étude, les femmes ne rechignent pas à la tâche, du moment que l’échelon suivant est en vue. Je sais pas pour vous mais pour moi, c’est TOTALEMENT mon cas. Je suis une carriériste pur jus même si ce mot a une dimension péjorative qui ne me correspond pas. Je n’ai pas les dents qui rayent le parquet, je ne marche pas sur les cadavres de mes collaborateurs, je me contente d’avancer en cherchant des jobs où je m’éclate. Il est vrai qu’à choisir, je préfère un salaire moindre avec le peps dès le réveil (ou à peu près, je ne suis pas du matin) qu’un métier super bien payé qui m’amène tout droit à la dépression.


Ceci étant dit, on a beau être plus motivées, prêtes à se bouger le popotin pour être performantes, aller au-delà de nos simples attributions, que voit-on au dessus de notre échelle sociale ? Le plafond de verre, le fameux ! Ce qui fait qu’en 2008, les femmes gagnaient encore 20% de moins que les hommes. Alors évidemment, on va dire qu’après tout, c’est notre faute, on préfère travailler plus que gagner plus, on se démerde mal aussi. Le peu de femmes chefs d’entreprise ? Ohlala, ça ne veut rien dire, arrêtons de tout stigmatiser, c’est parce que vous ne savez pas vous imposer, blablabla. Tu parles ! Plutôt que de me lancer dans une bataille de chiffres à qui on fait dire ce que l’on veut, je me contente des faits. Chez TGGP, les responsables féminines sont dans les secteurs RH, presse féminine (et bah tiens), communication. Mais dans l’organigramme général, dans les hautes sphères, ça pue la testostérone.

Dans ma première boîte, le chef était effectivement une femme mais si j’ai bien compris, la boîte était un cadeau de papa.  Non qu’elle ne soit pas compétente mais du coup, je me pose la question : aurait-elle pu arriver à un poste dirigeant sans papa ? Hein ?


Alors quelle suite ? On démontre par A+B que les femmes sont globalement plus efficaces et volontaires que les hommes au travail, est-ce qu’on va enfin atomiser ce vilain plafond de verre ?


En attendant, le 08 mars fera la joie de tous les anti féministes qui n’ont pas compris encore qu’en France, même si on n’est pas à plaindre, c’est pas pour autant qu’il faut se la fermer et laisser les choses en l’état. De toute façon, je vomirai ad eternam la politique du « ta gueule, y a pire ailleurs ».

 

Merci à Amélie et Burson-Marsteller pour ces infos !


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La St Valentin, ça pue des pieds d’abord !

Cher lecteur, au cas où tu ne travaillerais pas dans le milieu de la presse féminine comme moi, je vais peut-être t’apprendre un truc. Samedi, on sera le 14 février, c’est ce qu’on appelle communément la St Valentin. Alors choisis : tu es soit un célibataire déprimé d’être seul à cette occasion et qui cherche avec angoisse et frénésie une moitié de façon frénétique, soit un mec maqué qui doit à tout prix faire plaisir à ta chérie, soit une chérie qui angoisse à l’idée que son mec se plante ou oublie cette date. Ou alors tu t’en fous.




Donc voilà, les vitrines dégueulent de coeurs rouges et de roses de la même couleur et en réaction, l’anti St Valentinisme se radicalise. C’est quoi ? C’est cette attitude étrange qui pousse des gens à se réunir en groupe pour aller se moquer des amoureux ce soir là en allant dans les mêmes restos qu’eux. Pour ma part, des gens qui se forcent à sortir ce soir là et payer un repas une trentaine d’euros juste pour se moquer, je trouve que ça frôle le masochisme. Si je peux rester peinarde chez moi un 14 février, j’en suis plus que ravie.

Aujourd’hui, la St Valentin n’a plus aucune valeur pour moi et je ne suis même pas sûre que je réaliserais si je ne bossais pas dans la presse féminine où il faut parler d’amuuuuuuur à nos lectrices. Ado, c’était un jour plein d’un fol espoir d’une déclaration soudaine et inattendue de la part d’un jeune homme qui profiterait de cette fête de l’amour pour se déclarer. Evidemment, quand le soir venait, je déprimais sévère. A l’heure du coucher, je me sentais la fille la plus moche du lycée. 15 ans plus tard, je me fais rire toute seule avec mon romantisme adolescent exacerbé.


En grandissant, j’ai oublié la valeur de la St Valentin, ça n’avait plus d’intérêt. Pendant les 5 St Valentin que j’ai passé avec Guillaume 1er, on ne l’a jamais fêté et quand au matin, il me faisait un câlinou pour me souhaiter une bonne saint valentin, je répondais : « pffff, c’est débile ce truc ». Mais je ne le repoussais pas parce que j’aime trop les câlins. L’avantage de ne pas fêter la St Valentin en couple, c’est que si on se retrouve célibataire, on peut dire qu’on s’en fiche sans passer pour l’aigrie et frustrée de service.

Pourtant, je peux aussi comprendre que des couples aient envie de la fêter. Après tout, c’est toujours l’occasion de passer une soirée en amoureux et au vu de nos vies trépidantes, si on ne nous les impose pas, on ne prend plus le temps d’être juste à deux, sans télé, enfants, portables, boulot, choisis ton camp. Mon côté cynique et agoraphobe option misanthrope me conseille de ne surtout pas sortir ce soir là et de ne pas suivre la tendance mais pourquoi ceux qui ne font pas comme moi sont à clouer au pilori ? Ils ne sont pas hors la loi et on ne leur sert pas des nourrissons farcis au chaton, que je sache.


De plus, cette attitude anti St Valentin me paraît envoyer le message contraire. C’est la seule fête qui déclenche de telles réactions, il me semble. Si on prend Noël, il y a toujours des cyniques pour souligner que le Père Noël est une invention de Coca Cola (ce qui est faux, c’est une adaptation de Santa Klaus), que c’est trop commercial. Mais que je sache, personne ne va dans les grands magasins ce jour là pour se moquer des acheteurs et aucun ne va crier sur les enfants : « Mais le Père Noël n’existe pas, du con! ». Moi, je ne
l’ai jamais dit à personne et j’espère ne jamais le faire parce que je refuse d’être la femme qui brise la magie de Noël.

Alors pourquoi tant de violence et de haine contre la St Valentin ? Ces anti qui se moquent ne souffrent-ils pas justement de l’amertume de leur solitude, du fait qu’une fois par an, on leur colle une fête dont ils sont exclus en temps que célibataire ? Pour ma part, je suis célibataire et qu’est-ce que je m’en fiche de l’être ce soir là comme les autres. J’aimerais à la limite qu’on fasse comme aux States avec des cartes à tous les gens qu’on aime. Bon ok, ça revient super cher mais des cartes, j’en donnerais et recevrais plein. J’ai pas de mec
officiel certes mais je ne suis pas en déficit d’amour pour autant donc peu importe.


De toute façon, moi, cette année, le 14 février, je serai en week-end avec mon épouse facebookienne alors vous pensez bien que l’anti St Valentinisme, j’aurais pas pu de toute façon.

NB : C’est fou, en écrivant cet article, je me suis dit que ce doit être super marrant de se poser dans un grand magasin juste avant Noël et d’observer. Je suis légèrement psychopathe, des fois.

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A quoi servent les critiques ?

La semaine dernière, je suis contrainte de regarder on n’est pas couchés de Ruquier, vu que je suis pas chez moi et que je gère pas la zappette (parce que sinon…). D’ailleurs, y a plus Polac, c’est un autre mec qui le remplace, Eric Naulleau. En invité, on a du lourd : Azouz Begag et Cali. Je précise que je n’ai jamais vraiment apprécié ni l’un ni l’autre. Et là, les deux se drapent dans une agressivité assez hallucinante, Cali a un comportement vraiment honteux. Pour ceux qui n’ont pas vu et ne veulent pas voir, dès que Zemmour a commencé à critiquer l’album (en ayant quand même commencé par « j’ai beaucoup aimé telle et telle chanson mais celle où vous parlez de politique… »), Cali est devenu furieux, a fait son cinéma, faisant de même avec Naulleau qui lui a posé la question suivante : « mais franchement, vous préférez aller dans des émissions où les gens ne diront que du bien de votre album qu’ils n’ont même pas écouté ? ».
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Et c’est là que je veux en venir. A quoi servent aujourd’hui les critiques, qu’ils soient littéraires, ciné… Déjà, à la télé, les critiques sont très, mais alors très rares, la plupart des émissions faisant l’éloge des artistes invités. Finalement, la seule émission où on ose dire que leur album est pas top, c’est chez Ruquier car chez Fogiel, c’est la personne qu’on attaque, pas son travail. Dans les magazines, tout est relatif. Déjà, dans la presse féminine, on ne critique rien, mais alors rien : tout est bien. Ca tombe bien, c’est ce que dit le dossier de presse alors… Faut dire que c’est un milieu très susceptible : ose dire du mal de la marque A, tu perds tous leurs budgets pub. Quant aux pages cultures, je crois n’avoir lu qu’une poignée de critiques légèrement négatives. Moi, j’aimerais vivre dans un monde où toutes les œuvres sont bien mais faut pas rêver. Bien sûr, d’autres revues sont plus cassantes mais voilà, dès qu’on dit du mal, c’est parti pour un « la critique est facile, l’art est difficile. » ou encore « les critiques sont des artistes ratés ». Peut-être mais faut se rendre compte que c’est un vrai métier, pas l’expression d’une frustration. Par exemple, moi, je ne serais pas vraiment capable d’être critique, je me sais trop subjective. J’ai des goûts pas mal arrêtés en matière de musique, littérature, cinéma… Par exemple, Amy Winehouse, perso, je supporte mal. Ca croasse, elle chante mollement, j’aime pas. Mais si je devais rédiger une chronique
musique, je ne pourrais pas juste dire « moi, j’aime pas ». Il faudrait que je parle de l’instrumentation, du travail de production, des influences… Bref, être critique, c’est pas un
truc qu’on fait sans une solide culture générale de l’art en question. Quand je vais voir un film, j’aime ou pas, selon si je suis prise par l’histoire ou pas. Le reste ne m’intéresse pas forcément, je peux voir les belles images, les effets de mise en scène, oui, mais je ne suis pas tout à fait au point.

 

Bien sûr, l’objectivité n’existe pas et je ne prétends même pas le contraire. Mais si je regarde ma culture cinématographique (ouais,ok, c’est un peu mon complexe) et qu’on me met devant un chef d’œuvre du 7e art, je fais quoi ? Je le compare aux daubes que j’ai pu voir ? Parce que non seulement je ne vois pas beaucoup de films mais en plus, j’ai un talent certain pour choisir les mauvais. En gros donnez moi à manger du caviar, je vais comparer ça à des œufs de lump. Mais pour en revenir au point de départ de cet article, je me pose quand même de sacrées questions. N’est-il plus aujourd’hui permis de dire d’une œuvre qu’on la trouve médiocre sans se retrouver victime de l’artiste en question ? Ne peut-on pas dire que tout son album n’est pas un bijou (ce qui est le cas de tous les albums, il n’y en a pas un où j’aime tous les titres sans exception et je dirais que c’est normal) ? Les artistes doivent-ils être des individus totalement épargnés par la critique alors que n’importe quel travailleur doit en essuyer ? Et au nom de quoi, je vous prie ? Très honnêtement, quand j’aime un artiste, je vais acheter son œuvre, même si j’en entends de mauvaises critiques. Les mauvaises critiques, ça me sert surtout à décliner l’invite pour aller voir un film qui me tentait pas au départ « nan mais dans Voici, ils ont dit que c’était nul alors hein… ». Alors bien sûr, il y a le problème du « détesté par la critique, applaudi par le public ». Mais
ça, j’en parlerai une prochaine fois.

PS : Je sors d’un repas de famille : 2 coupes de champagne + 1 verre de rouge + 1 verre de blanc, je vais faire la sieste.

La vidéo Cali vs Zemmour et Nalleau, au passage :

 

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La plus belle du quartier

Par Marine

En ce moment, nous autres vingtenaires, nous sommes pas mal confrontés à l’adversité. Ruptures sanglantes (ou pas), recherche anxiogène de boulot, ennuis de santé en tous genre, directeur dramatiquement silencieux… Pas marrant, quoi. Et comme si ça n’allait pas déjà assez mal, faut-il encore se faire beau/belle pour les beaux jours? La vie est mal foutue.

Heureusement que je suis là, telle l’hirondelle qui accompagne le printemps (et mon ego se porte bien, merci pour lui). Car oui, le printemps est souvent montré comme un renouveau, le retour de la joie de vivre dans les chaumières, apportant enfants rieurs, hommes hableurs, joueurs et dragueurs, et femmes toujours pas à l’heure. Et certes, le retour des beaux jours implique des atours plus légers, qui mettent en valeur les formes onctueuses de la personne, son sourire jovial et sa bonne mine naturelle.
Mais a-t-on signalé sur ce blog qu’au sortir de l’hiver, il y a un sacré boulot à abattre? Teint blafard, musculature approximative, mollesse généralisée de la physionomie. Alors on nous assomme à coups de régime dans toute la presse féminine. Seulement voilà : c’est nul, un régime. Je ne suis pas d’accord. Mieux vaut continuer à manger de bonnes choses, ne pas se priver sans faire d’excès, tout en retrouvant une tonicité incroyable.

La tonicité, justement.
Premier élément : se faire un fessier d’exception pour l’été.
Il faut que je vous parle de Juliette. Juliette, j’étais étudiante avec elle. Bretonne d’origine, bonne vivante, hyperactive. Le genre de personne à aller de République à la place de l’Etoile en roller parce que le métro va pas assez vite (en roller, elle boucle ça en 20 minutes, forcément sans les correspondances, elle triche). Le genre à vous faire un tour de rein en voulant danser avec vous en soirée. Le genre à démonter un punching-ball en voulant se défouler après une journée de cours stressante. Juliette, c’est quelqu’un qui venait mettre des morceaux de la tarte aux fraises/ brioche à la praline dans mon frigo quand j’étais pas là (elle rentrait par effraction, oui oui, elle mettait sa part de gâteau dans le frigo, et elle repartait aussitôt). Surtout, surtout, Juliette est une des personnes au plus beau cul que j’ai jamais vu. Car Jane faisait remarquer à juste titre qu’on mate les garçons nous aussi (sans tomber dans le cliché meeticien), il faut également rappeler que personne ne mate plus une fille qu’une autre fille (même, surtout hétéro). Juliette, elle avait un cul, je me serais damnée pour avoir le même. Un truc d’une fermeté, j’ai jamais vu ça chez une fille (mmmmm non parce que sinon, Tristan c’était…. mmmmm…. je m’égare).
Un jour, Juliette m’a expliqué son secret. Comme ça n’a pas de prix, c’est un peu comme la recette originale de Coca Cola, je vais pas tout vous dire dans le détail. Mais pourtant c’est assez désarmant de simplicité, puisqu’il faut… marcher avec vigueur. A chaque mouvement de jambe, en profiter pour contracter la fesse adéquate. Inconvénient : ça fait énormément rouler du cul. A ne pratiquer que si on sort avec son trench favori. Et contre toute attente, on n’a pas l’air coincé. Au contraire, ça donne fière allure (ceci dit, c’est assez crevant, on le fait rarement plus de 20 minutes par jour… et encore, 20 minutes, c’est pour celles qui en veulent vraiment).
Ca aura en plus le bonheur de muscler les cuisses par la même occasion.

Deuxième élément: le mollet. C’est ingrat un mollet, il n’y a presque aucun moyen de le muscler (sans faire de sport j’entends). Et pourtant, si. Vous travaillez au 5e étage d’une boîte de comm’? Vous suivez vos cours au 4e étage? Vous habitez Montmartre/Belleville? Cessez de prendre ascenseurs et autres escalators (si en plus vous habitez au 6e sans ascenseur, considérez pour une fois que c’est une véritable chance). Munissez-vous de vos jolis talons, bottes ou, c’est le printemps après tout, stilettos pimpantes. Montez les escaliers, et là, je vous garantis qu’en 2-3 semaines de montée d’escaliers avec talons tous les jours, vos mollets se gorgeront de bonheur (sans pour autant devenir amélimauresmesques). Et ça c’est bien. J’y tenais, on parle beaucoup trop peu de l’effet des talons sur escaliers dans l’harmonisation d’une silhouette en ce bas-monde et c’est bien dommage.
Voilà. La prochaine fois, je vous expliquerai comment sortir pas maquillée pas coiffée et avoir l’air sexy quand-même.

N.B. : Le summum du summum, c’est de faire jouer la contracture des fesses en montant lesdits escaliers. Bien entendu, vous aurez compris que l’efficacité de la méthode reste modeste (mais non négligeable) et que ça joue surtout sur le psychologique. Ce genre de tonicité, ça donne envie d’attaquer la journée en conquérant. Et rien ne donne plus l’allure altière et plus onctueuse que la confiance, c’est bien connu.

Je sais de quoi je parle. Hier, aux Galeries, un vigile m’a interpellée quand je sortais pour savoir quel sport je faisais. Etonné devant la réponse que je lui ai faite (« Ah? Euh… benn…. aucun, en fait… j’ai honte, hein…. vachement, même… »), il m’a dit qu’il pensait que j’étais une danseuse ou une nageuse. Outre que le fait que j’en ris encore, hier, Boulevard Haussmann, j’étais la plus belle du quartier.

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