Le recrutement, ça te fait tourner en rond

Fin d’année oblige, les cabinets de recrutement s’agitent dans ma boîte mail “Hé salut, j’ai un poste de social media manager à te proposer, rappelle-moi !”. Je décline poliment par mail (quand j’ai moyen de le faire parce que la meuf que j’ai essayé d’appeler 10 fois et qui est jamais dispo, j’ai laissé tomber). Pourquoi je voudrais un poste de social media manager alors que je le suis déjà ?

canard en plastique pêche

Bon, depuis un mois, j’ai changé d’intitulé vu que justement, je ne suis plus social media manager mais j’ai omis de remettre à jour tous mes CV éparpillés sur la toile (surtout quand tu reçois un mail t’informant que ton CV a été supprimé et qu’un recruteur t’appelle deux mois plus tard car il a vu ton CV sur ledit site… Noeud de cerveau). Donc pour beaucoup de CV sur la toile, je reste social media manager… et donc, on cherche à me débaucher pour me faire faire la même chose ailleurs. Gniiii ?

citation d'albert einstein "la folie, c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à un résultat différent"

En 2014, je suis en recherche très très active : j’ai bien compris que mon horizon était bouché dans ma boîte et le couperet des licenciements économiques se rapprochait. Et puis, je m’ennuyais, surtout : c’est bon, le community management, je maîtrise vraiment trop, le paid, c’est acquis, la stratégie… J’aime ça, peut-on me consacrer à ça ? Non. Ok, bah je me casse. C’est pile à ce moment là que je suis contacté par Oliver, directeur social media d’une big agency qui veut me rencontrer pour me proposer un poste de social media manager, il a eu mon nom par Isadora, mon ex collègue de chez Pubilon (ah que le monde est petit !). Je décline. Non merci, Monsieur, mais ce que tu me proposes, c’est ce que je fais déjà donc bof, quoi. Mais il insiste et ma soeur, qui a bossé dans ladite big agency (ah que le monde est petit !) me pousse à aller passer l’entretien. Entretien top, je passe un 2e entretien avec le directeur de l’entité dont dépend le social et il me dit que je suis trop chère, dommage. Je fais donc une croix sur ce poste et vais de l’avant. 15 jours plus tard, coup de fil d’Oliver qui m’annonce mon embauche. 3 mois plus tard, je débarque là-bas et 2 ans et 2 mois plus tard (record), j’y suis encore et j’ai même pas démissionné. Pourtant, les premiers mois furent ceux de l’ennui, au point que j’ai hésité à faire prolonger ma période d’essai mais grâce au plan d’Oliver, j’ai glissé petit à petit vers le social data et les études, me révélant ainsi à moi-même (et regrettant désormais de ne pas avoir fait des études de maths et surtout stats après le bac). Mais sur le coup, je me suis dit “ouais ok, je suis mieux payée et je fais un peu plus de stratégie mais à ce rythme là, j’avancerai jamais”.

homme de dos écrit sur le mur une stratégie marketing - recrutement réussi

Tiens, c’est « drôle », j’ai pas trouvé de photos similaires avec une femme

Et c’est là que je m’interroge. J’attends d’un poste qu’il me fasse progresser, que j’apprenne, que je sois motivée. A quel moment me proposer de faire ce que je fais déjà, pour un salaire pas forcément beaucoup plus élevé, est censé me donner envie de postuler ? On touche ici au coeur du problème selon moi :

  • le recruteur veut quelqu’un d’immédiatement opérationnel (même pour les stages et alternances, parfois), il ne va pas me recruter sur ce que je pourrais être mais bien sur ce que je suis déjà car un recrutement raté, ça coûte cher.
  • Mais quel candidat quittera son poste actuel pour faire la même chose ailleurs avec à peine 2 ou 3k de plus sur le contrat (je suis experte, les experts, ils gagnent pas des millions non plus) ? Bon, évidemment, il y a les cas où tu en crèves de ta boite actuelle et tu es ravi d’aller voir ailleurs (je l’ai fait, de partir d’une boîte avec quasi le même salaire dans la nouvelle tellement j’en pétais) ou le cas éventuel d’être débauché par une boîte qui nous fait briller les yeux, mais sinon…

dessin manga jeune fille cheveux roses et étoiles dans les yeux

Du coup, quand j’ai reçu une énième proposition pour un poste de social media manager, j’ai hésité à répondre un peu sèchement “c’est déjà ce que je fais, laissez-moi tranquille, je veux évoluer” mais j’ai remis un peu tout ça en perspective. Le recruteur, son métier, c’est pas de prendre des risques. Eventuellement, j’ai déjà été la candidate surprise de certains cabinets, la meuf au parcours un peu différent de ce que peut attendre le client et j’ai bien performé en entretien mais, curieusement, à l’arrivée, entre ma candidature où il manque une ou deux compétences et une autre qui a tous les éléments requis, je n’étais jamais la personne retenue. Parce que pas le temps de niaiser, faut quelqu’un d’opérationnel tout de suite.

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Mais du coup, comment on progresse ? Evidemment, évoluer en interne est la voie royale : on te connaît, on sait ce que tu vaux. Sauf qu’à un moment, ça bouchonne un peu : si les gens au-dessus de toi ne partent pas, tu vas pas aller t’asseoir sur leurs genoux non plus. Et dans mon cas très spécifique de réorientation professionnelle, c’est encore pire : d’un côté, les recruteurs ne me veulent que pour mes compétences passées (laissez moi, je ne veux pluuuuuuuuus), de l’autre, la marche cassée devant moi dans ma boîte : j’ai tout appris par moi-même sur le social data et les études et personne ne peut me faire progresser là où je suis vu que je suis la seule à maîtriser.

artisanat

Alors entre de potentiels recruteurs qui ne veulent pas de moi car je ne suis pas assez et ma boîte actuelle où je suis déjà trop par rapport à mon poste… L’impasse. Et je parle ici de mon cas mais je pense que nous sommes nombreux à soupirer quand on voit arriver une proposition de poste pour un job identique au nôtre mais juste dans d’autres locaux. Ah oui, bien sûr, on nous promet toujours de belles perspectives d’évolution dans cet ailleurs mais dans les faits…

Tiens, toujours pas de femmes sur ce genre de photos... N'aurions-nous donc aucune ambition ?

Tiens, toujours pas de femmes sur ce genre de photos… N’aurions-nous donc aucune ambition ?

Finalement, c’est peut-être moi qui lis mal les trucs. Peut-être que je suis enfermée dans une voie, comme tant d’autres, et que l’évolution ne se fera que sur un coup de chance, le coup d’être au bon moment au bon endroit. Ce qui vient déjà de m’arriver, in fine. Au fond, le recruteur, il fait juste que son travail : trouver le candidat qui remplit les critères. A moi de lui prouver que je suis celle qui lui faut.

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Citizenfour de Laura Poitras

 

Je ne vais pas au cinéma que pour voir des blockbusters, j’y vais parfois aussi pour réfléchir. Comme lors de cette soirée spéciale organisée par rue89 avec la projection de Citizenfour de Laura Poitras suivi d’un débat sur la loi renseignements. Je ne parlerai pas trop du débat puisque nous avons dû partir avant la fin avec Victor vu qu’on dormait à l’autre bout de Paris, j’y reviendrai peut-être un autre jour.

citizenfour

Citizenfour, donc. Ca commence un peu comme un film d’espionnage un peu étrange : l’écran se couvre de textes, de messages mail cryptés échangés à propos d’un secret qu’il faudra révéler, du fait que ceux qui veulent parler sont certainement déjà surveillés… Paranoïa de 2 accros à la théorie du complot ? On sait que la femme, c’est Laura Poitras, la réalisatrice mais qui s’adresse à elle en l’informant qu’elle est surveillée ? Un journaliste entre en scène, contacté par Laura car le mystérieux homme n’arrive pas à le joindre de façon sûre. Cet homme a une révélation à faire sur des écoutes à l’échelle internationale. Le journaliste, Glenn Greenwald, décide de s’intéresser à l’affaire, il prend donc rendez-vous avec l’Homme mystérieux. Dans un hôtel à Hong Kong, Greenwald suit un long couloir, avançant à la rencontre de ce lanceur d’alertes, il ouvre une porte, on découvre enfin le visage de cet Homme qui sait tant… Edward Snowden. Léger hoquet dans la salle, même si on le savait, ce passage est très bien amené.

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Ce film est en fait l’histoire des révélations de Snowden au sujet des écoutes de la NSA (pour ceux qui ne sauraient pas de quoi je parle, petit article récapitulatif) . Une bonne partie du film traite du travail de journaliste de Greenwald et Snowden, une ambiance un peu électrique, ils savent qu’ils prennent des risques. Une scène est assez frappante : pendant qu’ils travaillent dans l’Hôtel, une alarme incendie se déclenche, une fois, deux fois. Snowden se fige, blanc comme un linge, en proie à la panique. Cette scène m’a marquée parce que, nous, on regarde le film en connaissant la fin de l’histoire mais eux, ils y sont en plein dedans. Snowden n’est pas encore le mec qui ébranle le système, il se prépare à le faire mais ne sait s’il arrivera à ses fins.

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L’info sort, Snowden est vite retrouvé et commence à fuir. Cette partie du documentaire tombe un peu à plat, peut-être parce qu’on sait. Mais il perd en force par rapport à la première partie où tu vis le doute et la peur des acteurs impliqués. Avant même que Snowden parle, sa copine a le web coupé par exemple, des petites conneries du genre… La conversation avec Laura, qui a fui en Allemagne, est compliquée, ils passent de cryptage en cryptage pour essayer de ne pas se faire repérer. Limite, la moindre interférence anodine devient suspecte, c’est assez angoissant. Une fois les révélations faites, la fuite s’organise vite même si les protagonistes sont harcelés puis la suite, on la connaît.

La remise de l'oscar du documentaire à Laura Poitras et Glenn Greenwald (qui a eu le Pulitzer aussi)

La remise de l’oscar du documentaire à Laura Poitras et Glenn Greenwald (qui a eu le Pulitzer aussi)

Sur la forme, le documentaire n’est pas fou en soit mais passons sur le fond et sur la question qu’il pose sur nos droits fondamentaux et sur le statut des lanceurs d’alerte. Snowden est pour le moment réfugié en Russie où il vient d’obtenir un droit de séjour de 3 ans parce qu’il risque d’être emprisonné aux Etats-Unis pour espionnage, vols et utilisations illégales de biens gouvernementaux. Rien que ça, oui. Mais à qui profite le “crime” de Snowden. Les données collectées par le programme PRISM en tant que telle n’ont jamais été dévoilées, il dénonce le programme mais n’en dévoile le contenu à personne. A qui ça nuit ? Ah oui, certes, aux gouvernements impliqués et à Verizon, complice de la NSA. Mais les citoyens ont le droit de savoir que leurs conversations sont espionnées… Ah ben vu ce qui l’attend aux Etats-Unis, apparemment, non.

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Bref, je ne suis pas certaine que ce documentaire soit absolument indispensable pour se renseigner sur l’affaire Snowden, le sujet n’est pas tant abordé que ça, on parle plus des précautions prises par les personnes impliquées et les conséquences de la révélation que des révélations en elles-mêmes. Elles y figurent, oui, mais ça ne vous apprendra rien que vous ne sachiez déjà si vous avez suivi de près. Il reste l’intérêt d’une bonne piqûre de rappel, on oublie tellement vite…

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Prétention et Modestie

Par Lucas


Je sais bien. Ca vous fait penser à Orgueil et Préjugés un tel titre. Je ne fais rien qu’à copier. Bouh, pas bien. Jane Austen va sortir de son caveau et venir me donner une malédiction.

Bon,  Prétention et Modestie parce que j’ai été taxé ces jours ci de prétention et ça m’énerve. Non pas parce que c’est faux ; je suis surement prétentieux,
m’enfin ce n’est pas avec mes études de merde et le fait qu’à 29 ans je n’bosse toujours pas que je peux me la raconter. Mais bon ce genre de pseudo débat stérile avec moi-même n’a aucun intérêt : revenons au sujet.

Ca me fait râler, mais il s’avère qu’en Douce France, on voue un culte à la médiocrité.

Alors là bien sûr, vous allez dire :

 « Mais il est pas bien Lucas, il nous prend tous pour des demeurés ou quoi ? Elle a raison la nana qui dit qu’il est prétentieux. Faut qu’il se soigne !« 

Alors, oui,  je sais bien : les magazines nous abreuvent d’exemples de gens qui ont réussi, de Challenge à Capital en passant même par Le Monde. Pour autant,
certaines lectrices, certains lecteurs reconnaitront qu’en France il ne faut pas avouer qu’on est doué, efficace,  ou au dessus de la moyenne dans un domaine donné sinon on est tout de suite 
taxé de vaniteux, d’orgueilleux, de mec qui se sent plus péter. Parce que reconnaitre soi même son talent en France, et bah c’est pas bien. Attention ! Je ne dis pas le clamer et s’en gargariser.

Je dis : simplement le reconnaître.

Culture de la médiocrité où personne ne doit sortir du rang, égalité portée aux nues…

 Cette culture, c’était celle qui dominait en France et elle en train de changer grâce notamment à des média agressifs (l’Entreprise qui invite ses lecteurs à se lancer, par exemple, et qui a senti qu’il y avait une place à occuper, un marché pour les publications dédiées à l’entrepreneuriat).

Avant, il ne fallait pas chercher à aller plus loin à faire progresser ou changer les choses. Paye ton cours « Comment lutter contre la résistance au changement ? »

Si les autres disent du bien de vous il ne faut pas les encenser. A la rigueur, on peut rester silencieux. Mais il faut mieux les contredire avec un p’tit sourire de mauvaise foi. Assumer qu’on est bon dans un domaine donné c’est mal.  En France, il faut rentrer dans le rang personne ne doit dépasser

Et je suis persuadé que la religion catholique a eu un rôle là dedans.
Sinon, pourquoi les pays de culture protestante voire anglicane ont un rapport différent à la réussite, qu’elle soit financière ou plus largement sociale ?
Comment expliquer que ce soit en Angleterre qu’il y ait eu en premier la révolution industrielle ?
Wiki nous propose 3 éléments de réponse :
– l’empire colonial,
– la spécialisation industrielle précoce,
– la puissance financière.

J’en rajouterai un 4eme qui me parait prépondérant : l’anglicanisme, religion qui ne reniait pas l’enrichissement personnel. Cette volonté de réussite, on la retrouve aux Zetats Zunis mais là ils ont d’autres arguments : un peuple d’aventuriers, de preneurs de risques au départ. Ca vous façonne une culture cet état
d’esprit…

Donc je résume. La religion catholique est responsable de tous les vices de la terre et elle a trouvé un ferment utile dans la culture française qui a mis en avant le coté égalité plus que la liberté et a transformé la fraternité en assistanat. Plus prosaïquement on retombe sur le bon vieux dilemme entre égalitarisme et élitisme. Je sens que ce genre de paragraphe va susciter des réactions à foison…

Voila c’était mon dernier article sur les Vingtenaires. Depuis mon coma/accident, je ne me sens plus en phase avec les lecteurs (mais l’ai-je jamais été ?) et un peu trop enclin aux délires perso là où la ligne éditoriale est plus carrée.  Je ne me sens pas vraiment dans le trip 20’s et vos comm sur les  derniers articles voire vos silences le
montrent. Ca tombe bien Nina veut recruter de jeunes plumes. Ca tombe encore mieux, je vais avoir 29 ans, le 3 août. Vieux vingtenaire, vieux vingtenaire lève ton verre…

Je vais donc sombrer dans l’égoïsme vaniteux et essayer d’écrire une histoire. Une vraie.  Ca fait bien dix ans que mes amis me pressent de le faire : il est grand temps de leur faire lire un truc afin qu’ils se rendent compte qu’écrire des articles c’est bien joli mais avoir le talent et la culture d’une McCullers ou d’un Auster, d’un Aragon ou d’un Labro, voire plus récemment d’une Barbery  (L’élégance du hérisson) ce n’est pas donné à tout le monde. Je sais ce que vous allez dire : je pourrais très bien mettre en suspens ma participation le temps de barbouiller qq pages. Mais là encore, je me découvre vide. Les idées d’articles qui me viennent n’ont pas grand intérêt.

Merci pour tous vos messages, vos commentaires, dithyrambiques ou non, et surtout merci pour votre honnêteté intellectuelle.

Je repasse coté lecteur pour apprécier pleinement les phrases ciselées de Nina et son jugement, son abnégation et son allant qui suscitent encore et toujours mon
admiration.

Merci à tous les Vingtenaires pour leur accueil, leur gentillesse, virtuelle ou IRL dans les rares moments où on s’est vu. J’espère que je vous laisserai un souvenir pas trop mauvais.


Je vous laisse tous avec une chanson.  Découverte sur Nova. De la Soul bien zen.

Une chanson dont le titre pourrait faire croire que je veux rester dans vos esprits mais c’est simplement que la musique est fort plaisante. Dédicace à Mlle Myers
au passage… Et petit sourire triste de circonstance : Lucas tire sa révérence.



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Je t’aime à la foliiiiiiiiiiie

Il y a quelques mois, j’ai lu un article sur les folles passions amoureuses. En substance : on s’est installés ensemble après la première nuit, je suis tombée enceinte au bout
de 2h et on l’a gardé… Bref, des histoires d’amour fulgurantes et qui tiennent en plus. Moi, au bout de 4 ans, j’ai pas été foutue de vivre avec mon mec et la moindre perspective d’engagement m’effraie.

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Petit topo de mon ambiance affective actuelle. Je passe mes journées sur des forums à lire des histoires d’amour qui finissent mal (et des fois très mal), dans ma famille, une de
mes tantes est en pleine rupture, une autre n’est pas tellement mieux. Du coup, l’amour toujours, j’ai du mal à y croire, malgré le bel exemple de mes parents. Mais ça devient tellement une exception que mon père a même demandé à ma maman l’autre soir s’ils étaient normaux. Du coup, je suis une effrayée de l’amour. A peine je sors avec un mec que je commence à serrer les fesses en attendant que ça casse parce que les histoires d’amour finissent mal, en général. Quoi que le couple qui a chanté ça (les Rita Mitsouko, pour ceux qui remettent pas) fut un couple sans histoire séparé uniquement par la mort. Comme quoi…

 

Dire que je suis une trouillarde affective me paraît encore gentil. M’installer avec lui ? Mais si ça marche pas, ça va être trop galère de rendre l’appart. Le mariage ? Faudrait voir à économiser pour le divorce. Les enfants ? Je serai incapable de les élever seule. Bref, je vois la vie en rose, comme vous pouvez le voir. Mais finalement, je me demande si ce n’est pas eux qui ont raison. La vie est courte, si on tergiverse à vie, on ne fait plus rien. Tout est risqué, à n’en pas douter mais qu’on s’installe ensemble au bout de 6 mois ou au bout de
2 ans, avons-nous réellement plus de garanties ? Evidemment, moi qui suis une flippée, je dirais que 6 mois, c’est trop tôt, je suis pas prête, gna gna gna. Mais je pourrai dire la même chose au bout de 2 ans à ce tarif là, dégainant le fatal « mais si ça marche pas ? ». Mais le temps n’est une garantie de rien, d’une part. D’autre part, évidemment qu’il y a des
risques que ça ne marche pas, c’est comme tout. Par exemple, quand j’ai décidé de quitter mon ancien job pour le nouveau, j’aurais pu ne pas m’entendre avec mes collègues et souffrir. A l’arrivée, je suis gagnante sur toute la ligne. D’ailleurs, là, je dois former encore deux journalistes au blog, genre les nanas qui auraient 150 trucs à m’apprendre tant elles ont du métier et c’est moi le petit scarabée qui vais partager mon savoir. Houuuuuuuu. La vie est une question de risque, si on recule au premier si, on ne fait rien et on a une vie médiocre. Par le passé, j’ai aimé, j’ai souffert, j’ai fini par me relever. Aujourd’hui, malgré les larmes versées, je ne regrette pas d’avoir foncé.

Alors peut-être qu’il faudrait que je jette ma carapace, que j’arrête de dire « non mais ça marchera pas de toute façon » parce qu’on ne sait jamais. La vie n’est pas qu’une peau de vache. Des gens qui s’installent ensemble, voire font des bébés (mais là, c’est quand même un level très élevé pour moi, faut pas déconner), ça n’a rien d’exceptionnel, ça arrive tous les jours. Je ne suis pas plus inapte à la vie en couple que ces gens là. Après tout, avec Guillaume, on vivait officieusement ensemble dans mon appart de 28 m² et on ne s’est jamais engueulés. On avait nos petites règles de vie : on faisait chacun les courses une semaine sur deux, par exemple, on se partageait les tâches ménagères, on faisait parfois des trucs ensemble, parfois des trucs de notre côté, selon nos envies ou nos impératifs. Ouais les étudiants, ça révise et ça écrit des mémoires, des fois. Bien sûr que ce n’était pas tous les jours faciles quand même mais ça n’empêche pas que ça marchait quand même.

Bon, évidemment, c’est facile de dire ça quand on est célibataire, bien sûr, j’ai pas la pression, là. Je me vois mal demander un bébé à un de mes amants ou alors ce serait pour me débarrasser de lui. Pas très classe. Le tout, finalement, c’est de ne pas vivre en fonction d’un calendrier « au bout de 3 mois, je le présente à ma sœur, à 6, à mes parents, au bout d’un an, on vit ensemble puis un an et demi, on se pacse. Au bout de 3 ans, on fait un bébé ». Finalement, c’est ridicule d’essayer de rationaliser et planifier une relation sentimentale parce qu’au fond, c’est impossible. Si l’envie de vivre à deux est là, pourquoi céder aux sirènes du pessimisme. Si ça marche pas, au moins, j’aurais tenté, pas de regrets. Après tout, on connaît des gens qui se marient au bout d’un mois et feraient même un bébé, selon les rumeurs. Mais bon, je soupçonne Nicolas d’avoir engrossé Carla par accident et de vite réparer les dégâts en l’épousant. C’est quand même un super rapide. Un vrai Speedy Gonzales !

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L’Hippopotame et le Rhinocéros

Bon, cette semaine j’aurais a-do-ré vous donner toutes mes différences et tous ces défauts qui sont autant de chances mais voila Nina elle a dit tu m’fais un papier considérations générales.  Du coup, comme je suis frustré de ne pas pouvoir vous raconter ma life, je vais vous faire un article de mec complètement aigri. C’est vachement bien car ça me donne une caution morale de ouf. Je peux trasher autant que je veux, de toute façon les gens diront « – Purée, Lucas il a trashé trop de gens dans son article. – Oui mais c’est parce qu’il était aigriiiiii« . Trop cool, non ?
 
Donc pour revenir à nos moutons, cette semaine on avait le choix entre les études, le boulot ou l’amuuuur. Avec un mauvais esprit de malade je me suis dit, méprisant : il y aura bien un gros blaireau de concurrent qui va nous faire un article sur l’amuuuuur. J’ai donc choisi de me rabattre sur les études pour vous parler (très rapidement) de cette institution sympathique que sont les Grandes Ecoles de Commerce. En la matière je m’y connais un peu vu que j’ai passé 5 ans à la fac avant d’aller me perdre dans la concupiscence graveleuse des écoles. Comment ça je prends parti ?
 
T’es gentil t’es mignon mais tu pues.
 
Alors bien sur je vous vois déjà venir avec vos cohortes de clichés sur les écoles de commerce et je dois vous dire que c’est trèèèèèèès mal de partir comme ça avec des préjugés faciles du style « en école de commerce, on boit, on ne fout rien, et on achète son diplôme ». Non, franchement ce n’est pas sympa de colporter des choses pareilles. En plus c’est presque pas vrai.
 
Commençons par l’alcool et les soirées.  A raison d’une soirée BDE par semaine, la fête n’est plus un exutoire mais une institution. Un peu comme la tise. Pour beaucoup d’étudiants, l’alcool n’est plus un moyen mais une fin. But du jeu : se mettre une grosse race. Du coup, je passe un peu pour le gros rabat joie de service avec mes bayleys grenadine.  Bah oui, pour moi l’alcool, c’est un cintre qui permet de déposer ma timidité au vestiaire, me désinhiber, choper une nana et pouvoir faire picoti picota all night long. Pas vous ?  Et bien, pour un élève de première année, l’alcool n’est pas un instrument mais un jeu équivalent à « devine qui a la plus grosse teub ». Quelque part c’est assez symptomatique du gel post pubère qu’ont connu les élèves en entrant en prépa (et qui fondent alors en école après deux années de stérilité monastique). Oui bien sur je force le trait, mais pour peu que vous discutiez avec eux vous verrez que je ne suis pas si loin de la vérité… Heureusement les comportements évoluent avec le temps.
 
Allez viens, je t’emmène au vent…
 
Quand on intègre en admission parallèle mon programme Grande Ecole (c’est d’un prétentieux…), on passe 3 mois à rattraper toute la première année. Du coup, pendant 3 mois il faut bosser comme un chacal. Seulement voila, arrivé en janvier, on bascule officiellement en 2eme année avec un choix de « cours à la carte ». Autant vous dire qu’on peut, dès lors, se construire un cursus de glande interstellaire comme on peut en chier un max sur des cours exigeants en volume et en qualité des rendus.
 
Quelque part, c’est un peu comme à la fac, pour un TD d’une heure et demi en fisca : vous pouvez ainsi préparer la séance et vous inonder de sens et de joie à la BU pendant 9 heures. Mais vous pouvez aussi arriver comme un touriste sans avoir ouvert le fascicule. D’un autre coté, je vous dis que j’en ai chié pendant les 3 mois de rattrapage mais une copine en 3eme cycle DJCE a fait exactement mon programme en 2 mois chrono. Du coup la question se pose : les écoles de commerce sont elles plus performantes que la fac ? Eh bien quite à ce que mes camarades de cours me piquent les yeux avec des épingles rouillées, je dois dire : PAS DU TOUT !
 
 Je suis intimement persuadé qu’un bon DESS (M2…) en Gestion des Nems est beaucoup plus formateur q’un cursus Gestion des Nems dans une école de commerce (même celles du Top 5) et ce pour plusieurs raisons :
 
– d’abord parce que la fac c’est l’école de la débrouillardise. On n’a pas de prof sur le dos pour nous faire bosser, pas d’administration qui nous prend par la main. On doit travailler de manière autonome et on a du temps à coté pour travailler et découvrir la « vraie vie ». A ce titre, les CVs des jeunes qui arrivent de prépa sont d’un vide étourdissant… Ils ont perdu deux ans à gagner un vernis culturel foireux. Pour moi la fac, forme plus les esprits et les responsabilise dix fois plus.
– Ensuite la fac c’est quand même une certaine mixité sociale (certes relative) qu’on retrouve beaucoup moins en école mais qui permettrait à certains élèves issus des meilleurs lycées de banlieues chics de ne pas avoir une conception faussée du monde. Mais si je commence dans ce jeu là je vais devenir encore plus aigri…
– Enfin, même si le système de sélection est plus sournois, la fac est tout de même dure… dans certaines filières. Le but ultime est d’intégrer un bon DEA ou un bon DESS (M2…) et pour cela il faut avoir un bon dossier. Du coup, l’écrémage se fait tout seul, sans concours. Seuls les meilleurs atteignent les bons 3eme cycles. Et là, la charge de boulot peut être particulièrement intense.
 
Where all the good people go…
 
Au final, on peut avoir un étudiant qui a fait un DESS de malade, qui est un technicien hors pair en son domaine et qui aura du mal à trouver un boulot parce que sa formation n’est pas valorisée. On en arrive au dernier cliché sur les écoles de commerce à savoir l’achat du diplôme. En fait, en école on achète pas son diplôme, on achète un annuaire et un accès à un réseau. Un réseau d’anciens, un réseau d’entreprises recruteuses. C’est un système qui me fait gerber ; un système lénifiant, qui n’incite pas à prendre des risques, encore moins à innover et créer. Les boites viennent à l’école pour des rencontres avec les étudiants et au final c’est en moyenne 65% de la promo qui est embauchée dans les deux mois qui PRECEDENT le diplôme. « oh oui j’ai trop envie de venir travailler chez vous à Clermont Ferrand, d’ailleurs mon papa il roule en Michelin, la vulcanisation des pneus, le caoutchouc c’est chou, allez soyez cool, embauchez moi ».
 
Le suçage de boules généralisé pendant la fameuse semaine entreprise est un truc qui filerait la nausée à toute personne un peu intègre. Des légions d’étudiants sortent de là avec un job (et un tube de vaseline à la main).  L’archétype, c’est le jeune diplômé, 23 ans, qui va commencer en auditeur junior chez PriceWaterHouse Coopers ou en marketing opérationnel chez Kraft Food. Perso, ce n’est pas vraiment le genre de truc qui me fait bander au réveil mais il se peut que j’aie des goûts de merde. Notre jeune diplômé est quant à lui ravi.  Il va intégrer la boite, il va sûrement y retrouver des gens qui ont le même profil que lui, le même cursus, la même conception de la vie et ils riront tous ensemble des mêmes blagues à deux balles à la cantine à midi. Le genre de mecs si on les payait en coups de lattes il mériteraient trois ou quatre SMIC.
 
Je pourrais enchaîner encore sur le sujet mais je préférerais avoir votre avis sur la question. Surtout que j’ai volontairement laissé quelques zones d’ombres et amorcé quelques polémiques (trop) faciles. C’est donc à vous mais avant de partir, je vais vous laisser avec un truc rigolo. C’était il y a 4 mois, je me suis pointé avec ma camera vidéo au Palais Brongniart à Paris (la Bourse) où avait lieu un salon de recrutement, sobrement intitulé « Salon des Hauts Potentiels ». J’y suis donc allé pour interviewer les gens et leur poser la question suivante « En quoi êtes-vous un haut potentiel ? » Et bah vous me croirez si vous voulez mais une seule personne n’a pas répondu « Parce que j’ai un Bac + 5 » . Sic transit gloria mundi…
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C’’était mieux avant

Lundi, je lis le Figaro pour le boulot. Oui, je précise car j’avoue qu’avec le Figaro, j’ai du mal, je suis pas (encore ?) assez réac pour partager le point de vue d’un empaffé qui hurle au scandale car on utilise le mot « défenseure », une femme qui défend, donc, car c’est pas dans le dico. D’ailleurs dans le dico, il est aussi spécifié que le « mariage », c’était un contrat entre un homme et une femme donc le mariage homo est un non sens linguistique. Je sens que ce pauvre monsieur a bien dû pleurer quand il a appris que le Petit Robert avait intégré le mot « kiffer » dans ses colonnes. Mais là, n’est pas le sujet.
becassine-scoutisme

Au milieu des articles réac qui donnent une image poussiéreuse de notre société, voilà une pépite. Un article sur Harry Roselmack rédigé par deux maîtres de conf’ de Sciences Po qui, au lieu de souligner la couleur de sa peau, soulignent son âge : 33 ans ! Bref, un petit jeunot. Et là, ils se demandent pourquoi les vieux ne laissent pas la place, donnant des
chiffres assez hallucinants : Chirac est entré dans un gouvernement la première fois en 67, PPDA a présenté son premier journal télé en 76 (même pas j’étais née…). Parce que les Français, ils aiment bien le bon vieux temps, la nostalgie et tout ça, ils ne sont pas super favorables au changement car on ne change pas une équipe qui gagne.

Vendredi soir, je discutais avec un charmant jeune homme sur MSN, on se remémorait la dépravation des années 80. Des seins partout, des bonnes femmes qui font des strip tease dans des émissions tout public… Benny Hills, le Collaroshow, les Nuls et tout, séquence nostalgie ! C’est fou comme on a toujours l’impression que c’était mieux avant. Avant, quand y avait pas le sida, où le sexe était facile et sans danger. L’époque où on pouvait dire « bite » à la télé, montrer un mec sauter à poil sur son lit. Tout ça, aujourd’hui, c’est fini. Ah, que c’était bien quand on était petits, la vie n’était pas si dure et tout ça.

Pourtant, quand on regarde en arrière, chaque période a ses crises. Quand je faisais ma maîtrise sur le Québec, en 2002, je travaillais sur des journaux de 1992 et qu’est-ce qui faisait les gros titres ? La guerre en Irak ! Aujourd’hui, on se désespère en lisant qu’une nouvelle guerre a éclaté au Liban mais ce n’est, hélas pas, un évènement inédit : en 75,
il y en avait déjà une, là-bas. Quand j’étais petite, je voulais vivre dans les années 70 parce que je croyais qu’à l’époque, y avait pas de guerre. Oui, quand on est petit, l’histoire, on la connaît pas sur le bout des doigts. Maintenant, quand je regarde en arrière, je me dis qu’aucune époque n’est mieux ou pire qu’une autre. Alors pourquoi on a toujours la nostalgie de cet « avant » ?

Lecteur, t’est-il déjà arrivé de retrouver un amour de jeunesse ou de retourner dans un lieu que tu aimais particulièrement ? Si oui, tu auras remarqué à quel point les souvenirs lissent les défauts et les rend toujours plus beaux. Par exemple, si je prends mon enfance, je peux dire aujourd’hui que c’était une période très heureuse de ma vie. Pourtant, tout ne fut pas toujours rose. Il est vrai qu’aujourd’hui, quand je repense à mes soucis de petite fille, je me dis que c’était le bon vieux temps et que tu étais simple mais à l’époque, ça me paraissait dramatique. Genre quand je me retrouvais les doigts plein d’encre parce que mon stylo encre coulait ou ce genre de petites choses. Ou comment dire au garçon qui me plaisait que je l’aimais, comme on peut aimer à 8 ans ? Avec le recul, aujourd’hui, tout me paraît simple, c’était le bon vieux temps. Même l’adolescence, qui ne fut pas précisément la meilleure partie de ma vie, ça me paraît une douce période avec le recul. C’est vrai, mon avenir était tracé : après la 6e, la 5e puis la 4e. De « grandes » décisions à
prendre : quelle langue étrangère choisir ? Dois-je partir en littéraire ou scientifique ? Oui bon vu mes notes, forcément, je pars en littéraire, c’est évident. Finalement, à l’époque, tout était si simple, j’avais tellement pas de problèmes.

C’est marrant comme en grandissant, on lisse notre passé, on oublie nos petits tracas, ce qui n’allait pas et nous rendait malheureux. A croire qu’on ne garde que le meilleur.

La société marche comme ça aussi. On a souvent tendance à chercher un Eldorado dans le passé, au moment où « tout allait bien ». Mais bon, si on regarde objectivement les données du passé, l’histoire, l’économie, les chiffres du chômage, le taux de suicide ou autre, il n’y a pas de période bénie, finalement ou alors, si, en comparaison de périodes plus sombres. Il est intéressant de constater qu’on a de la nostalgie pour le passé, de l’espoir pour des lendemains qui chantent mais comme on déteste toujours notre présent. Le présent, c’est toujours la partie
sombre de notre vie. Et la société, c’est pareil. Quand on regarde la télé ou qu’on lit le journal, il y a toujours une espèce de nostalgie, de ce « mieux avant ». La télé nous ressort de vieilles émissions ou nous fait de nouveaux programmes en recyclant de vieux concepts. A la radio, c’est pareil : vieux tubes ou chanteurs d’aujourd’hui reprenant de vieux standards. Au cinéma, on fait des remakes… Et en même temps, tout ce qui est prévisions aux infos, romans ou films d’anticipation, on adore. Mais la nouveauté, le truc qui arrive aujourd’hui, ça fout toujours
la trouille. Si on reste dans le domaine de la culture, qui prend aujourd’hui des risques ? Personne. Oui, on veut du changement mais on ne fait rien pour amorcer la pompe.

Aujourd’hui, on nous met un jeune homme noir à la tête du JT le plus populaire de France. Ok, c’est démago au possible mais au moins, pour une fois que quelqu’un prend un risque, autant applaudir, non ?

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He’’s the one

Quand mes yeux se sont plongés dans les siens, j’ai su : c’est lui. C’est avec lui que je partagerai les prochaines années, nos enfants seront fabriqués à partir de nos gênes. Plus tard, il verra mes premières rides et mes premières mèches argentées, je le verrai déambuler avec une démarche un peu moins assurée. Nos petits prodiges quitteront le nid et nous nous retrouverons seuls, le soir. Heureux. Car c’est lui, car c’est moi, car c’est nous.


 Dans les faits, je n’ai jamais eu une telle certitude. Des hommes, j’en ai rencontrés, certains ont fait battre mon cœur, je me suis dit : « c’est peut-être le bon », mais y a toujours eu ce peut-être. Sans doute une question d’expérience. En grandissant, je me suis rendue compte que mon intuition féminine était influencée par mes sentiments. Il me plaît, forcément, ce sera l’homme de ma vie. Biiiiip, mauvaise réponse. Sinon, je serais pas célibataire, logique. Pourtant, il était beau, celui-là, je suis sûre que nous aurions fait de beaux enfants. En plus, il était même pas idiot ! Mais non, malgré ce que me hurlait mon intuition féminine : ce ne sera pas lui.
 

L’autre soir, je parlais à une copine sur MSN et elle me demandait comment savoir si c’est le bon. Réponse : y a pas moyen. Je trouve ça merveilleux les nanas qui pensent ça mais j’en suis pas capable. D’abord parce que j’ai vécu quelques déconvenues et qu’ensuite, on ne sait jamais. A 26 ans, je peux changer, il peut changer et nos deux personnalités peuvent, à un moment, ne plus s’accorder. J’ai la chance d’avoir deux parents toujours mariés ET amoureux (oui car l’un n’implique pas l’autre, des fois) mais combien de couples autour d’eux ont divorcés ? Ils se marièrent, eurent des enfants et au bout de vingt ans, ils se séparèrent. La durée n’est pas une garantie. Quand j’ai rompu avec Guillaume 1er au bout de 4 ans et demi, j’ai eu une sale remise en question de l’amour : ce n’est pas parce que ça dure que ça ne se terminera pas un jour.

Pourtant, dois-je dire à quelqu’un qui me dit ça : « mais tu te trompes, tu ne sauras jamais, sauf sur ton lit de mort ». Non parce que c’est quand même glauque de dire ça. Après tout, si les deux personnes s’aiment sincèrement, inutile d’agiter sous leur nez le spectre d’une possible séparation, mais quel sadisme ! Qu’ils suivent leur chemin ensemble, si crise il y a, il sera temps de dire que ce n’est peut-être pas la bonne personne mais en attendant… J’en connais des gens qui s’aiment, quand je vois Alice et Anthony, je suis sincèrement heureuse de leur bonheur et j’espère qu’ils vieilliront ensemble, de tout mon cœur. Mais dans les faits, il n’y a de garantie nulle part. Même ce que l’on construit à deux, même si des enfants surviennent… C’est effrayant de penser ça mais c’est un fait.

Ado, je tombais amoureuse du « beau mec là-bas » et j’étais persuadée que c’était lui, l’homme de ma vie. Aujourd’hui, quand je parle d’homme de ma vie, c’est plus un effet de langage qu’une conviction. Oh, ça m’arrive de dire ça d’un mec qui me fait complètement craquer : « ah, c’est l’homme de ma vie et le père de mes futurs enfants » mais au fond, je ne le pense pas. Alors pourquoi on veut y croire ? Pourquoi on veut croire que « c’est lui ». Je ne sais pas si c’est typiquement féminin mais nous, on a du mal à conceptualiser la fragilité de l’amour, même si c’est une réalité. Et heureusement, quelque part. Je ne dis pas que je ne crois pas en l’amour toujours, je comprends juste qu’une relation peut
s’éteindre un jour. Mais que c’est effrayant de l’énoncer, de l’admettre. Une relation est-elle vouée à l’échec dès le départ ? Pas nécessairement, c’est une possibilité comme une autre. Pourtant, on veut y croire à cet amour balbutiant, voire même pas né. On veut croire que ce beau gars qui nous fait vibrer au plus profond de notre âme sera nôtre pour l’éternité. Que nos corps reposeront dans le même caveau… Enfin, moi, je veux me faire incinérer mais vous avez compris l’idée. Si, dès le départ, on se dit que ça ne marchera peut-être pas ad eternam, on condamne de suite la relation, non ?

Et pourtant, j’aimerais pouvoir dire un jour : « c’est lui », ce beau mec intelligent, cultivé et drôle qui fait vibrer mon cœur de façon inédite. Celui qui me donne de vivre en couple au bout de deux mois. Est-ce moi qui me protège trop ou alors ne sais-je pas aimer ? Non, je crois que je suis surtout réaliste. « C’est lui » à un moment donné de ma vie qui peut s’étendre sur des années et des années, peut-être jusqu’à ma mort. Mais jamais je ne pourrai l’affirmer avec certitude car on ne sait jamais comment on évolue. Tant lui que moi.

Je suis du genre trouillarde, en amour. Je m’engage à la vitesse d’un escargot alcoolique, je suis un peu comme l’enfant qui hésite à sauter dans le grand bain. Je m’avance, je regarde, je mets un orteil dans l’eau, je recule… Dire « je t’aime » ? Heu… nan. Vivre ensemble ? Mais si on se dispute ?

Sauf qu’à force de pas sauter, je passe mon après-midi piscine à ne rien faire, si ce n’est choper un coup de soleil. J’ai vraiment un don pour la métaphore particulier ! Dans la vie, il faut savoir prendre quelques risques. Et si on se dispute alors qu’on vit ensemble ? J’irai dormir chez Gaugau (il sera content de l’apprendre). Et si on vient à se séparer ? Ben, ça arrive à tout le monde et personne n’en meurt. C’était juste que ce n’était pas « le bon ». Peut-être le prochain…

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Fille désespérée cherche homme sur blog (et aussi 2nd degré)

Par Emma et Nina 


           Presque un an d’aventure bloguesque, il s’en est passé, des choses. Mais le
trait le plus récurent et le plus fatigant, c’est cette propension que certains lecteurs ont à nous prendre pour des pauvres filles désespérées qui écarteront les cuisses devant le premier mâle consentant.

 

            Dans la vie amoureuse, il y a différentes périodes : celles où nous sommes amoureuses et celles où nous le sommes pas, celles où on vit super bien notre célibat et celles où on se pose a question : pourquoi je suis seule ? C’est humain, après tout. Mais pourtant, certains voient des messages subliminaux dans ces articles, genre : « je suis désespérée, envoie ta candidature pour me sauter ». Et là, je dis stop ! Je n’ai pas crée ce blog pour choper, sinon, j’en aurais fait un blog adulte avec des photos de moi à poil. J’ai crée ce blog pour raconter ma vie et faire part de mes réflexions sur l’amour au sens large du terme et parfois sur la vie en général.

 

            Mais voilà, certains n’ont pas compris. Parce qu’on parle librement de sexe, voilà qu’on nous prend pour des Marie couche-toi là. Suis-je obligée de coucher avec tous les candidats potentiels uniquement parce que j’ose prononcer le mot « fellation » ? Me prenez-vous à ce point pour une obsédée que vous pensez qu’il suffit de faire la queue pour me brouetter ? Pensez-vous que je suis à ce point désespérée pour ne pas regarder qui me besogne courageusement ? Et je vous renvoie l’argument imparable à la figure : si vous êtes prêt à vous taper une pauvre désespérée dont vous ne connaissez même pas le visage, c’est que vous devez avoir quelques problèmes auprès de la gent féminine.

 

            Mais comment peut-on même désirer une fille qui n’est finalement qu’un amas de mot ? Je suis Nina mais pas que, Emma est Emma mais pas que. Nous sommes bien plus complexes que ce que nous laissons paraître ici. Et ce n’est pas parce que nous nous posons des questions sur notre solitude que nous sommes prêtes à rencontrer tous ceux qui nous bavent dessus, sans même savoir à quoi nous ressemblons ni qui nous sommes.

 

            L’amour, ça se commande pas. J’ai essayé de le provoquer pendant deux mois sur Meetic, ça n’a pas fonctionné. L’amour, ça nous tombe dessus par hasard et le chercher en se servant d’un blog me paraît hautement casse-gueule. D’ailleurs, mes brèves expériences à ce sujet m’ont prouvé que j’avais amplement raison. L’amour, ça nous tombe dessus par hasard, pas parce qu’on a répondu à l’appel du premier candidat qui passait. L’amour, c’est une attirance physique et spirituelle. Sur le blog, il ne peut y avoir l’attirance physique, déjà, nous sommes de purs fantasmes mais personne ne sait à quoi nous ressemblons, vous pourriez être déçu. Mais se taper Nina ou Emma juste pour la gloire, ça doit être excitant, je suppose.

 

            Mais arrêtez de croire que vous êtes les seuls à pouvoir nous apporter le bonheur, que vous êtes les seuls à encore vouloir de nous. Je ne suis pas désespérée, loin de là, et je ne coucherai pas avec le premier venu juste pour me rassurer. De toute façon, désolée de vous l’annoncer mais mon cœur vient tout juste d’être subtilisé par un beau brun au sourire ravageur.

 

            A mon tour de remettre les points sur mes ‘I’. Un grand nombre d’entre vous lit mes articles, et j’espère, les apprécie. Ce que j’y raconte est une partie de moi, une partie de mon histoire, une partie de ce que je suis dans ma globalité. Tout ce que je dis ici est vrai, authentique, mais ne prends pas toute la place dans ma vie, et ne constitue pas toute ma vie. Si j’ai choisis de ne jamais parler des choses essentielles à chaud, ou des choses profondément difficiles pour moi, c’est parce que je me protège, et refuse de me livrer toute entière sur ce blog. Je garde une partie de mon univers complexe pour moi seule, c’est mon choix. Donc, évidemment, Emma n’est pas entièrement MOI, ni une caricature de MOI.

 

            C’est pour raison qu’il faut lire mes articles en gardant bien ceci en mémoire. J’écris avec du recul sur ce qui m’est personnel, avec beaucoup de 2nd Degré, et c’est ainsi qu’il faut comprendre mes textes. Lecteur, lis-moi en pensant à la distance que j’ai sur moi-même, et on sera certainement sur la même longueur d’onde.

 

            C’est aussi pour cette raison que j’accepte l’échange autour de mes articles, les critiques constructives, les questions, l’humour. Mais je ne supporte pas les interprétations hâtives, les conclusions de ceux qui se croient plus fins que les autres, les raccourcis absurdes. Je sais bien que c’est un risque que je prends en écrivant ici, mais je me permets de vous le signaler, je ressens le besoin de vous le rappeler.

 

            Donc, je ne suis pas une superficielle nénétte sexy et extravertie qui cherche désespérément un homme. Ne vous méprenez pas sur Emma. Je suis une jeune femme qui travaille tous les jours au contact de la folie, qui a son appart à elle et qui bricole seule dedans, qui s’occupe d’un festival tout au long de l’année, qui est entourée d’amis différents, fidèles et merveilleux, qui adore faire la fête mais aussi s’isoler des jours entiers dans sa tour d’ivoire, qui a aimé, vécu, qui vit encore et se pose des milliers de questions.

 

            Quand je parle du célibat et du Prince Charmant dans mes articles, c’est la
même chose. Je suis bien dans ma vie, je suis une solitaire et plutôt zen comme ça. Bien sûr que je voudrais trouver l’Amour, construire une vie à deux. Bien sûr que je réfléchis sur tout cela, j’ai souffert, j’ai peut-être aussi fait souffrir, j’ai besoin d’aimer et d’être aimée comme tout le monde. Mais le ton que je peux employer lorsque je parle de ceci est mal interprété par certains. Je n’écris pas au 1er Degré. Comment vous l’expliquer autrement, je ne vais pas vous faire une explication de texte en direct ici !

 

            Tout ceci pour faire passer ma colère, commune à celle de Nina. Ne jugez pas Emma
trop vite, sans réfléchir, ne pensez pas connaître tout ce qu’elle est si facilement que ça. J’aime écrire dans ce blog, j’espère que vous appréciez me lire, mais n’oubliez pas qui JE
suis.

 

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