Politiques, je vous hais

C’est la rentrée ! Je vous parlerais bien des cartables neufs, des gommes flambant neufs et de l’odeur de l’encre sur les pages encore blanches d’un nouveau cahier mais cette année, j’ai grave le seum. Parce que cette rentrée lance le bal des what milliards de candidats aux primaires et que ça me fait réaliser à quel point je hais la politique. Enfin, je hais les politiques.

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J’ai une vision idéaliste de la société : l’idée que les plus forts donnent la main aux plus faibles pour pour un vivre ensemble harmonieux, dans la joie et la bonne humeur. Mon projet sociétal idéal se repose avant tout sur la solidarité car si, sur le papier, chaque individu naît libre et égal en droit à son voisin, rien n’est plus faux. Si j’en suis là où j’en suis dans ma vie, on va dire que c’est un quart grâce à mes capacités intellectuelles, un quart grâce à ma culture due à ma curiosité insatiable, un quart grâce aux hasards bien faits de la vie… Et un quart grâce à mes origines démo-socio. Oui, le fait que mon père soit médecin spécialiste m’a permis de faire des études sans coupler mes cours à un job alimentaire, mes jobs étudiants me servant à me constituer un petit pécule, ça m’a aussi permis de « monter à Paris » tenter l’aventure professionnelle et embrasser la carrière de webmarketeuse pour laquelle je ne me destinais pas du tout. Bref, si je veux bien croire que mon intelligence et mon grand sens de l’adaptabilité me permet de mener une carrière atypique mais qui va dans le bon sens (je mets actuellement un orteil dans le monde de la data), les sous de mon papa ont quand même bien aidé. Donc ce serait sympa d’imaginer que Jonas ou Sandra, tout aussi capables mais nés du mauvais côté de la barrière sociale, aient la possibilité de tenter leur chance pour devenir un jour des super community managers, data analystes ou physiciens brillants. Ou ce qu’ils veulent.

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J’aimerais qu’on se donne tous la main. Pour les jeunes pousses comme Jonas et Sandra mais aussi pour ceux qui ont vu leur vie brisée suite à un accident, la maladie d’un proche, la perte d’un emploi. A ceux qui échouent dans notre pays après avoir traversé la mer pour fuir la guerre et espéraient des jours meilleurs… Bref, je pourrais vous dresser une liste infinie de cas de gens peu chanceux résidant en France et que j’aimerais que l’on aide grâce à ce formidable projet de société qu’on appelle la solidarité (le truc qu’on a dans notre devise, là, tu sais…). Et là, je ne te parle que de la partie sociale du truc, j’en ai gros sur l’écologie, aussi, sur l’éducation, sur l’économie, le multiculturalisme… Dimanche dernier, en attendant le train sur un quai de gare de ma ville natale adorée (moment toujours propice aux pensées vu que t’as que ça à faire), ça m’a frappée : oui, je m’intéresse aux questions de société mais putain, qu’est-ce que je déteste la politique et surtout ces connards (et connasses mais y en a de suite beaucoup moins, parité, éternel mensonge) qui prétendent agir au nom du bien commun. Sérieusement, ça devient plus facile de compter les politiques qui n’ont pas de casserole au cul que ceux impliqués de près ou de loin dans des « affaires », comme on dit. Ah ça, on aime bien rigoler en montrer du doigt tonton Berlusconi (quoi que depuis Sarko et DSK, beaucoup moins…) mais on devrait commencer par balayer devant notre porte. J’en ai marre de tous ces êtres pansus et vieillissants nous expliquant qu’il faut se serrer la ceinture pour relancer l’économie, qu’il faut sacrifier nos droits, nos rêves, parce que y a pas le choix. C’est vrai que quand on voit les résultats de l’austérité, on se dit… Que c’est une voie de merde. Sans parler des injonctions contradictoires à base « faut consommer mais économisez pour votre retraite et serrez la ceinture », c’est pire qu’un magazine féminin, pour dire ! Bref, entre les petits arrangements et les plus gros, les polémiques gênantes et humiliantes, les mecs en qui t’as envie de croire un peu qui te plantent une épée dans le dos, je suis à CA de rendre ma carte d’électrice tellement je suis écœurée et désabusée.

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En vrai, je peux pas la déchirer car je l’ai perdue en 2012… La vie m’envoyait pourtant un signe clair à l’époque

Ca fait quelques années que je répète qu’à mon sens, le vrai changement, ça se passe au niveau des associations, ce sont elles qui sont les plus à même de faire bouger les choses à leur micro niveau. Alors oui, je sais, elles ne sont pas toutes clean non plus, y a toujours moyen qu’un individu peu scrupuleux aille un peu taper dans la caisse mais globalement, pour régler le problème d’Ulysse ou Jasmine, elles seront souvent plus efficaces que ces fats politiques et leurs discours creux. Et on peut dépasser le cadre du cas particulier : je pense que les associations de consommateurs ont fait bien plus que n’importe quel gouvernement pour défendre nos menues économies.

Supermarket Shopper

Donc je hais les politiques, j’en ai déjà marre de la prochaine campagne présidentielle, j’ai déjà acquis la certitude que je voterai blanc au second tour quel que soient les candidats (c’est bon, j’ai bien retenu l’arnaque de 2002) et je doute de mettre un bulletin dans l’enveloppe pour le 1er… Essentiellement parce que je ne les crois plus. Oui, la 6e république de Mélenchon me fait de l’œil, oui, j’ai la fibre écolo et énormément de sympathie pour Duflot mais… Entre les pétages de plomb réguliers de Mélenchon et les volte-faces opportunistes des ténors de EELV, comment tu veux que j’ai confiance ?

Image d'illustration du documentaire J'ai pas voté, clic si vous souhaitez regarder

Image d’illustration du documentaire J’ai pas voté, clic si vous souhaitez regarder

Le souci, c’est que je m’intéresse aux sujets sociétaux. Que je m’inquiète du devenir de la France, que l’injustice qui s’étale au quotidien en une des journaux me donne la nausée. Mais je fais quoi ? Je ferme tous les journaux, j’abandonne Twitter ou je ne suis plus que des comptes qui mettent des gifs de chats ou de loutres ? N’est-ce pas lâcheté de s’en laver les mains ? Après tout, pour moi, tout ne va pas si mal : j’ai un pouvoir d’achat pas dégueulasse, un boulot qui ne menace pas de me filer entre les doigts demain et de toute façon, dans moins de deux mois, je serai solidaire avec mon Victor. Puis y a mes parents. Moi, je ne risque pas grand chose. Mais je ne peux pas laisser tomber. Parce que cette société solidaire, j’y crois.

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Faut juste que je trouve comment la défendre en laissant les politicards dans leur cirque.

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ANECDOTE de M. Bidet

Par Diane

Cher petit lecteur, aujourd’hui j’ai une petite anecdote à te raconter. Une petite anecdote anodine comme ça arrive tous les jours, mais que, quand on y réflechit vraiment, pour un être humain est beaucoup plus déprimante que toutes ces soi-disant catastrophes rrrrhhhaaaaaabanquespouvoird’achatchomage qu’on nous sert tellement à tous les rateliers que ça en devient presque banal.

Bref, cet après midi, j’étais à la défense où une quantité impressionnante  de gens sans pouvoir d’achat se ruaient les uns sur/sous/dans les autres et les magasins en pleine folie de soldes.

[c’est quand même fou ce phénomène de société moderne et pourtant fichtrement néaderthalien que sont les soldes. On se croirait dans un documentaire animalier sur planète:  » la femelle, en période de rut soldesque, a tous ses sens en alerte. Elle développe un instinct particulier et aiguise finement son mode d’action. Quand elle a repéré sa proie, elle observe, les narines à l’affut du moindre chanel n° 5 alentour, son périmètre d’action. Elle guette soigneusement les autres femelles potentiellement rivales avant de fondre en un éclair sur sa proie, non sans écharper à coup de talons aiguilles dans le tibia tout danger potentiel qui s’approcherai un peu trop près de la cible repérée ». Bref j’ai l’impression que toute ton éducation, les dures années de labeur des parents, des professeurs, des nounous et de pratique intensive du bouddhisme tout d’un coup ça compte plus, on fait pouce, et c’est retour à la jungle. Fin de la parenthèse]

Bref, moi j’y étais pour aller m’acheter le dernier Thorgal que tout le monde il a oublié de me l’offrir à noel, donc je le fais moi même, non mais.

Mais là n’est pas l’intérêt principal, j’y viens, un peu de patience. Faut bien vous faire mariner un peu, hein, sinon c’est pas drôle, et puis c’est tellement déprimant que rien qu’à l’écrire, je tire une tronche de quatre mètres de long.

Donc, je suis sur le chemin de retour chez moi, quand dans le RER je croise un jeune homme de ma connaissance, camarade de fac, qu’il se trouve qu’on prépare le même concours.

Et le jeune homme en question me raconte qu’il y a quelques mois, il était à la BU (= bibliothèque universitaire pour les intimes) dans la salle de prêt et que deux jeunes hommes à l’air préoccupé sont venus lui demander un service.

En gros: « rrhhaaa on a un partiel demain, et on a absolument besoin de codes civils mais on peut pas emprunter de bouquins, est ce que tu peux silteplait les emprunter pour nous c »‘est super important »
Alors lui, méfiant, leur demande l’assurance qu’ils rendront les bouquins, ils promettent, et alors il leur fait confiance, et emprunte les bouquins sous son nom.

Et voilà, quelques temps après, il reçoit un courrier de la BU lui demandant de rembourser le Code civil qu’il n’a pas rendu…
Et là je me demande: mais comment est ce qu’on peut faire ça? En plus cette raclure de bidet est censé être étudiant en DROIT! Il étudie le droit, qui est tout de même fondé sur l’idée de JUSTICE,
et il se permet un truc pareil…

Ces temps ci, je suis entourée autant que vous tous par un cortège médiatique d’infos toutes plus joyeuses les unes que les autres, entre  le mot à 5 lettres qui fait peur à tout le monde, (et ne pas le citer est le meilleur moyen de se rendre compte à quel point on nous l’a bien fourré dans le crâne: vous l’aurez tous reconnu…), le chômage  les déboires de nos chers ministres…..eh bien je crois que c’est la chose la plus déprimante que j’ai pu entendre.

Et après, on se met à la place de mon camarade de promo: la prochaine fois, qu’est ce que je fais? Est ce que j’ai eu tort de vouloir faire confiance gratuitement à un autre être humain? Est ce que je préfère devenir super méfiant, me fermer comme une huître et dire non à tout ce qu’un inconnu me demandera, ou alors est ce que je préfère me faire avoir de temps en temps, et garder confiance en l’autre?

Bref, quoi qu’il en soit, si par un grand hasard le petit con qui n’a pas rendu ce livre échouait sur ce blog et lisait ces quelques lignes, je tiens, du fin fond de mon être vers l’espèce de bouillie putride et inconsistante qui te sert de conscience, à t’exprimer l’expression de mon plus profond mépris.

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Ensemble, tout devient merdique?

Par Diane

Vingtenaires, vingtenairettes, j’ai aujourd’hui à vous faire part de constatations résultantes de mes moultes observations existentielles.

Il se trouve que je suis revenue la semaine dernière d’une semaine de vacances dans un petit lieu dit de provence (au milieu des moutonsss, dans le sud de la france en pays des santonnns). Si l’on ajoute le fait que je me trouvais dans un petit lieu dit accessible uniquement par une petite route encastrée dans la montagne et peuplée d’animaux bizarres à celui qu’on était mi septembre, et donc que la populace vacancière était à 98% partie, vous conviendrez que j’avais passé la semaine dans un cadre relativement propice au calme, à la méditation et à la paix de l’esprit. Et
effectivement, ma tension a baissé d’un coup, j’ai cueilli des noisettes et le peu de personnes que j’ai pu croiser pendant mon séjour a été plus qu’avenant et aimable.

Or, lorsque j’ai repris le train et que je suis arrivée dans le métro parisien, force m’a été de constater que l’amabilité ambiante avait un brin diminuée.  Et que j’te rentre dedans en râlant parce que t’es sur mon chemin, et que jte laisserais debout même si t’as 95 ans, une jambe en moins et une valise de 45 kilos parce que moi je bosse toute la journée, merde, hein, toi t’es à la retraite, t’asseoir, t’as que ça à foutre, j’en passe et des meilleures.

Et il m’est souvenu que l’année dernière, quand j’avais passé 15 jours au québec, l’amabilité des gens m’avait étonnée aussi. Sachant que les québecquois, si mes souvenirs sont bons, se partagent
un territoire de 7 fois la france avec une population équivalente à celle de Paris/banlieue, j’ai commencé à me poser sérieusement des questions sur le rapport entre la qualité de vie (et je ne parle pas d’un point de vue financier, hein, mais de choses futiles comme l’amabilité, l’empathie, la fraternité tout ça…) et la masse de population. Prenons quelques exemples tous simples:

1/Vous êtes en haut d’une montagne, au milieu d’une belle rando de 6h. Vous êtes arrivé en haut, vous en avez chié,  vous n’en pouvez plus, mais vous êtes le roi du monde (Jack dawson peut bien aller se rhabiller, ce guignol). Et tiens, tout en haut de la montagne, vous voyez un vieux monsieur assis qui se repose. Qu’est ce que vous faites? Vous vous dites bonjour, vous vous auto-félicitez de votre belle montée, vous vous extasiez tous deux sur le panorama et tiens, c’est drôle, vous venez du même coin, et, votre oncle, c’est le pharmacien de son village! Alors que, à
St Lazare un lundi soir, est ce que vous allez causer à votre voisin de train? A ceux qui attendent le train avec vous sur le quai? A 95% non. D’ailleurs, ils tirent la gueule, ça donne pas franchement envie. Et pis lui là, il est louche avec son grand imper.

2/Vous êtes prof, animateur, éducateur, ou n’importe quelle situation où vous avez affaire à cet étrange catégorie humaine(?) qu’on appelle les adolescents. Prenez en un, montrez lui quelques trucs et pouf, il sera capable de vous pondre de magnifiques dissertations, de montrer l’envie d’apprendre, voire même, j’ose à peine le dire, d’avouer que Tokyo hotel, c’est d’la merde et qu’il écoute Maxime le Forestier quand personne le regarde. Alors que, prenez le même adolescent et mettez le avec une douzaine de ses con(dé)génères, il diminue aussitot son vocabulaire de moitié, lit « scooter magazine » et balance des pierres du haut d’un pont sur l’autoroute en dessous en signe de sa pathétique rebellion à l’autorité castratrice qui ne le comprendra jamais.

3/Et là, je pique mon exemple à Pierre Desproges, (dans un de ses réquisitoires il me semble), tiré de son expérience personnelle. Quand il était à l’armée, il a assisté à un jeu formidable: la course de tortues. Quelques uns de ses camarades avaient chacun une tortue à laquelle ils faisaient une petite incision sous le bide pour y placer un morceau de coton imbibé de je ne sais plus quoi inflammable. Et le jeu, je vous le donne Emile, c’était au signal de départ, de foutre le feu à sa tortue pour voir laquelle arriverait en premier. Qu’est ce qu’on se marre à l’armée! Et M. Desproges de remarquer que si l’on prenait individuellement un de ces hommes et qu’on lui donnait une tortue, il n’aurait pas d’autre idée que de l’appeler « Fifi », de lui donner quelques feuilles de salade et de lui trouver un abri pour pas qu’elle aie froid l’hiver.

Je ne sais pas si vous avez noté, mais les médias mettent un point d’honneur à nous faire remarquer que le monde est dans une misère noire et qu’il risque de s’écrouler d’un moment à l’autre, que
le malheur est là, partout, on ne peut y échapper. C’est apocalypse soon.

Déja on va tous crever de faim parce que notre pouvoir d’achat ridicule ne nous permettra bientot plus de nous acheter à manger. Ensuite on va tous crever désintégrés sous les bombes des terroristes intégristes islamistes et tout un tas de trucs en « iste » qui ont juré d’avoir notre peau, sans compter les jeunes de banlieue qui brûlent tout et fusillent les enfants dans les collèges. Ah, et puis on va aussi tous crever de cancer, de cirrhose ou d’horribles maladies parce qu’on ne mange pas 5 fruits et légumes par jour. Sans compter bien sûr mesdames les guéguerres au
sujet duquel je ne résiste pas à vous citer une magnifique phrase de l’article « guerre » du dictionnaire Philosophique de Voltaire:  » Les malheureux harangueurs parlent sans cesse contre l’amour, qui est la seule consolation du genre humain et la seule manière de le réparer; ils ne disent rien  des efforts abominables que nous faisons pour le détruire ».  (oui, c’est beau. Vingtenaires, vingtenairettes, amis du genre humain, lisez Voltaire. Jvous assure, des fois, ça fait du bien)
Donc, disais-je avant d’être grossièrement interrompue par Voltaire, j’aurais tendance à me dire que, plus il y a de population sur la planète….plus c’est la merde. (sans oublier le rôle des médias et des politiques hein. C’est bien connu, la peur est l’ingrédient le plus efficace jamais testé pour soumettre le peuple aux choses les plus ignobles, quitte à se torcher bien allègrement avec la déclaration des droits de l’homme)
Et là je me demande: est ce que l’homme serait incapable de se retrouver à plusieurs sans devenir automatiquement con? Ce fameux « effet de groupe » est-il inévitable?

D’un autre côté, c’est aussi au contact des autres qu’on devient soi et qu’on s’enrichit….laissez un homme seul au monde (avec ou sans ballon de volley) il tardera pas à devenir dingue, ou en tout cas à régresser carrément. (le contact de l’autre permettant la confrontation et l’émulation intellectuelle). Ou alors, énième suggestion: le contact de l’Autre enrichit l’homme; le contact des autres le rend con. (et encore, j’vous ai même pas parlé des supporters).

Enfin voilà, à vous de me dire ce que vous en pensez.

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Culpabilisons, pauvre de nous

Mercredi midi, je déjeune chez mes parents devant le JT de 13h de France 2. J’avoue que je ne regarde plus du tout les infos télé depuis pas mal de temps et je ne
m’en porte pas plus mal, finalement. Donc, là, reportage écolo « youpi, sauvons la planète en faisant des économies, remplaçons l’eau potable des WC, de la douche et de la machine à laver par de l’eau de pluie ! ». Ouais, génial, moi, je suis pour. Et là, reportage chez un mec de Toulouse qui a une baraque comme je n’en aurai jamais qui a installé un système hyper onéreux pour pouvoir récupérer l’eau de pluie. Alors les économies, je pense qu’il en verra la couleur dans 10 ans mais surtout, je pense pas que la mairie de Plumes soit très contente si j’installe ça sur le trottoir…

Autres choses vues à la télé : les Enfoirés et le sidaction. Le principe : des artistes généralement en pleine promo viennent chanter leur chanson en groupe en répétant à longueur d’émission qu’on doit acheter le CD et même faire des dons. « On compte sur vous ! ».

Alors, là, je commence à saturer de cette espèce de culpabilisation systématique. L’écologie, ça m’intéresse, je fais des efforts mais arrive un moment où une
célibataire locataire ne peut pas faire plus. Acheter des produits au format familial ? Super, je finirai par en jeter la moitié ! Installer des panneaux solaires pour avoir de
l’énergie ? Bah tiens, ça va me coûter l’équivalent d’un loyer annuel pour un studio où je ne compte pas passer ma vie. Acheter bio ? Tu veux que je te parle de mon pouvoird’achat ? Donc, tu l’as compris, pour être écolo, faut être riche car sinon, c’est plus compliqué. Alors évidemment, je prends jamais l’avion ni la voiture, on dira que ça compense.

Et comme si on me faisait pas assez culpabiliser avec tous mes déchets et le fait que j’ai pas le solaire chez moi, on vient encore me demander d’acheter des CD ou
de faire des dons parce que moi, j’ai la chance d’avoir un toit au dessus de ma tête et de la bouffe au frais et que je suis séronégative. Je comprends bien que la recherche a besoin de fonds et que les restos du cœur ne peuvent pas tourner sans rien, c’est pas le problème. Mais là, je regarde les 4400 et je vois l’énorme « appelez le 110 », impératif. Et j’avoue que quelque part, cette volonté de demander aux petites gens, dans le sens financier du terme, ça m’énerve. Prenons les Enfoirés : une quarantaine d’artistes globalement tous en promo (tiens, Céline Dion sort un nouvel album et revient après 14 ans d’absence, par exemple) chantent globalement faux pendant deux heures en répétant à l’envi qu’acheter leur CD, ça équivaut à 5 repas. Alors,
perso, le CD, faudrait plutôt me payer pour que je l’écoute. L’autre matin, je descends de ma chambre et rejoins ma mère dans la cuisine, elle écoute un truc atroce, chanté faux, une reprise de je ne sais plus quel tube « ah non, c’est nul ! C’est quoi que tu écoutes ? ». Ben, c’étaient les Enfoirés alors perso, je préfère donner direct les 20 euros aux Restos qu’acheter un CD inaudible où les artistes chantent leur propre chanson et ne donnent que 2h de leur temps et leurs droits d’auteur. Mais ont-ils déjà donné de l’argent ? Ont-ils déjà distribué des repas direct sur place ? Les Enfoirés, en plus, c’est pas n’importe qui qui y chante ! Parce que figurez-vous que pour y entrer, il faut y être invité. En gros, si tu es un artiste pas très connu mais que t’as envie de participer, ben non, tant pis pour toi. Pour le sidaction, on prend globalement les mêmes et on recommence.

Alors évidemment, on me dira que tout ça, c’est comme le téléthon, ça permet de parler de la cause, tout ça, tout ça. Ouais ok, je le concède, il ne faut pas
oublier la recherche, les gens qui n’ont pas de quoi vivre… Sauf que la dernière fois que j’ai fait un don pour Aides suite à un démarchage dans la rue, je me suis retrouvé avec un don de 40 euros mensuel alors que je pensais que c’était juste pour une fois. Et la seule façon que j’ai eu de l’arrêter fut de demander à ma conseillère financière de bloquer le prélèvement vu que sur mon espace Internet, il n’y avait rien pour le stopper.

Alors oui, je veux bien donner pour le sidaction, le téléthon, les Enfoirés, les mecs dans le métro… Mais faudrait-il encore que j’en ai les moyens. Quand je vois
que ma grand-mère qui reçoit 400 euros de retraite par mois donne 15 euros chaque année au Téléthon, je trouve qu’il y a une certaine indécence à voir des mecs gagner des millions d’euros par an nous supplier de donner.

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Le prix du chômage

Un entretien, ce n’est pas rien quand on est au chômage : c’est une lueur d’espoir. Alors je l’ai déjà dit, on le prépare pour être au top. Mais ce dont on ne parle pas forcément, c’est de son coût. Parfois, ça peut coûter cher. Illustrations (au pluriel, oui, oui).

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Avril 2007, le 11 précisément. J’ai décroché deux entretiens dans la journée, si, si. Le premier au fin fond du XVe à 11 heures et le second au fin fond de la ligne A du RER à 15
heures. Oui, je suis un peu une warrior quand je m’y mets. Alors je vais à mon premier entretien, je sors vers midi alors autant vous dire que je n’ai pas le temps de rentrer chez moi pour déjeuner donc je m’arrête vers Montparnasse manger un repas sur le pouce. 10 euros. Ajouté aux 9 euros de RER puisque je dois aller péter en zone 5 plus encore 3 euros de bus pour atteindre ma destination finale. 22 euros. Et je me vois mal aller à l’ANPE pour réclamer le remboursement de mes trajets pour de si petites distances. J’aurais pu avoir le même problème quand j’étais allée passer un entretien au fin fond des Yvelines mais j’ai grugé le bus, j’ai juste dû payer mon aller-retour zone 5. Autre exemple : mon entretien chez TGGP. Souvenons-nous, à l’époque, comme j’étais un tout petit peu intimidée à l’idée de travailler pour le site du mag féminin de grand standing. Du coup, pour passer l’entretien, je me devais d’être hype. Je me suis donc achetée une tenue pour l’occasion.

Il est vrai que la recherche d’emploi, ça coûte quand même de l’argent. Quand on a un accès illimité à Internet, ça va, on peut candidater à moindre frais. Parfois, il faut envoyer
des CV par courrier, comme demandé sur les annonces. Sans compter le book, ça s’imprime, ça se relie… Et les fringues pour les entretiens. Et encore, moi, je suis une fille, je peux trouver un tailleur à pas trop cher alors qu’un homme… Et tous ces frais là, on nous les rembourse pas. Déjà pour les transports, accrochez-vous alors aller à l’ANPE pour se faire son budget fringue, on va vous rire au nez. Or nous n’avons déjà pas de pouvoir d’achat car pour pouvoir vivre décemment avec le RMI, faut déjà pas vivre à Paris vu qu’un loyer moyen dépasse largement ce petit pécule. C’est mieux que rien, ok mais aujourd’hui, j’ai parfaitement conscience que si mon père ne gagnait pas aussi bien sa vie, je n’aurai jamais pu rester vivre en région parisienne. Et dans ma ville natale, niveau médias, c’est un peu pauvre…

Alors évidemment, la solution en attendant, c’est le boulot alimentaire. A un moment, j’ai envisagé de postuler au Starbucks parce que ça sent meilleur que le McDo et y a pas mal
d’étrangers, ce qui m’aurait permis de parler anglais. Je n’aurais pas vraiment pu le mettre sur mon CV, c’est pas tip top cohérent avec mon parcours. De plus, le travail alimentaire, même s’il permet de vivre en attendant, ça prend du temps et ça ne facilite pas les choses pour candidater correctement et surtout passer des entretiens. J’ai toujours eu peur du travail alimentaire, pas tellement dans sa dimension travail, hein, mais peur d’une situation qui perdure. Quand je bossais à la Poste, par exemple, je faisais mes 35 heures réglementaires et si j’aurais pu envoyer des candidatures le soir, pour caser des entretiens, bon courage. Surtout que je pense qu’un employeur doit être ravi de voir qu’une de ses employées prend des RTT pour passer des entretiens ailleurs. Et puis on sait ce que c’est : on gagne un salaire, on rentre fatiguée le soir et la situation s’étale dans le temps. Un mois, deux mois, trois mois… Mince, ça fait déjà un an. Dois-je renoncer à mes rêves ? Non parce que si je voulais faire un boulot alimentaire à vie, j’aurais pas fait d’études et j’aurais gagné quelques années. Là, j’en serais déjà à 10 ans de carrière presque, je serais plus en bas de l’échelle…

En attendant, on peut toujours accepter des stages rémunérés mais pour ça, il faut des conventions et vaut mieux s’inscrire à la fac vu que l’ANPE n’en délivre quasiment pas. Sauf
que la fac, c’est pas gratuit non plus. A mon époque, c’était en moyenne 300 euros pour les premières années, 800 pour le master pro. Plus que mon loyer. On se moque souvent de la génération Tanguy qui vit aux crochets de leurs parents mais franchement, j’ai beau poser l’équation dans tous les sens, un chômeur, c’est un gouffre financier. Quand je vois combien je coûtais à mes parents, je suis quand même gênée. Plusieurs fois, j’ai envisagé de rentrer dans mon sud natal pour ne plus leur coûter si cher. Plusieurs fois, on m’a répondu que c’était pas là-bas que je trouverais du boulot dans ma branche. Certes mais si mes parents n’avaient pas eu les moyens, je n’en serais pas où j’en suis aujourd’hui.

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DESPROGES MON AMOUR

Par DianeFrançaises, français, belges, belges, vingtenaires, vingtenettes,Pierre, pierrot, lecteurs chéris mon amour,

 
Voilà aujourd’hui 20 ans que Pierre Desproges est mort. Oui, je sais, il est mort en avril et on est en janvier, donc techniquement ça fait pas encore 20 ans, mais je vous ferais
remarquer que s’arrêter à de tels détails tatillons et puérils n’est pas franchement intelligent, et puis ne commencez pas à m’interrompre comme ça dès le début ça va m’énerver.
20 ans, disais-je, que ce fabuleux trublion politiquement incorrect a cessé de trublioner et de titiller nos zygomatiques pour aller s’enterrer au père Lachaise, entre Petrucciani
et Chopin.
Une dernière résidence dont l »épitaphe originelle a malheureusement été jugée un peu trop trublionement incorrecte (« Pierre Desproges est mort d’un cancer sans l’assistance du professeur Schwartzenberg») par les biens pensants qu’il assaisonnait copieusement et régulièrement de sa haine ordinaire. 
Mais qu’est ce que tu dirais, Pierrot (tu permets que je t’appelle Pierrot), si tu pouvais voir ce qu’on est devenus, sans toi?
On tient sa langue, on est mous, on lit closer, voici et la biographie de cécilia sarkozy, on a élu un mec gréffé à ses ray-ban et à ses faires valoirs (hommes, femmes enfants,
faux amis et rolex) qui se shoote à l’ego, au pouvoir et aux photos pipole comme représentant de tous les français aux piteux yeux du monde, on dégomme mère Nature, on fait la gueguerre, on piste les délinquants à la maternelle, on écoute nos MP3 à fond dans le métro sans écouteurs, on s’excite plus à la publication de photos de manaudou à poil sur le net qu’à la mort de Nougaro, on veut travailler, travailler, travailler, pour avoir du fric, du fric, du fric, pour pouvoir consommer, consommer, consommer, nous ruer dans les magasins, encore, courir avec une délectation vibrante d’extase consumériste nous coller à d’autres chercheurs d’or suintants d’excitation fébrile et se prendre une ou deux vieilles emperlouzées à chihuahua et vison véritable en pleine face, et leur planter notre talon dans les tibias, parce qu’on l’avait vu en premier, le sac vuitton à -50%, on va pas se laisser marcher dessus par une vieille mamie-la-tremblotte non plus merde!!
Tu avais raison, Pierre, on peut rire, de tout, mais pas avec tout le monde. On peut même pas  s’moquer de Mahomet sans se retrouver avec une bombe sous le paillasson ou se
faire attaquer en justice (heureusement charlie hebdo est revenu…)
 
COUVERTURE MAHOMET 
 
Les aveugles ont bon dos d’être les bénéficiaires d’une puante bienséance qui les fait hypocritement appeler « non voyants » tandis qu’entourés de centaines de
personnes à st lazare le matin ils se prennent les murs avec bienséance, aussi.
 
Mais où est-elle, Pierronounet (tu permets que je t’appelles pierronounet), où est-elle, cette fièvre, cet enthousiasme vibrant, cette passion fébrile, cette intarissable soif de
savoir, de justice et de raison qui embrasait naguère avec ardeur et éloquence nos plus brillants cerveaux d’une inextinguible flamme humaniste? Nous sommes mous, taris, vidés,lympathiques, décérébrés, légumineux, exsangues,atrophiés du bulbe,diminués,hypo-courroucés,neurasthéniques,flegmatiques et gélatineux. Gracq est mort, tout le monde s’en fout. Pour un peu que Mme de Fontenay aille casser sa pipe, on lui ferait des funérailles nationales. 
Mais je m’égare, et pas seulement au gorille.
J’ai peur, Pierrot, l’ombre misanthropique plane sur ma foi en l’humanité. Je lis Axel Kahn, Picouly et Philippe Val, et mon petit coeur se gonfle d’un léger espoir qui croit entrevoir en l’homme l’émergence, ou plutot la survivance d’une foi, d’une croyance, voire d’une certitude qui fait penser à l’homme qu’il peut vivre son éphémère vie en regardant plus loin que le bout de son pouvoir d’achat, qu’il peut être utile, qu’il peut découvrir, apprendre, et vivre sa vie sans corruption, en étant, tout simplement, raisonnable et humain.
Ca me rappelle ce que tu me racontais jadis:
« On a envie d’aimer mais on ne peut pas. Tu es là, homme mon frère, mon semblable, mon presque-moi. Tu es là, près de moi, je te tends les bras, je cherche la chaleur de ton
amitié. Mais au moment même où j’espère que je vais t’aimer, tu me regardes et tu dis :
— Vous avez vu Serge Lama samedi sur la Une, c’était chouette. »
 
Pourtant je persiste. Il y a 20 ans que tu es mort, et je ne m’en fous pas! Je suis triste! J’ai les badigoinces à l’envers et la rate en berne, et ce soir, ma choucroute a un arrière-goût d’atrabile. Je t’ai écouté, j’ai lu Vialatte et Aragon, et délaissé un peu ( un peu) Pif gadget. Aragon justement, rappelle toi:
 
« votre enfer est pourtant le mien
nous vivons sous le même rêgne
et lorsque vous saignez je saigne
et je meurs de vos mêmes liens.
 
Quelle heure est-il, quel temps fait t-il,
j’aurais tant aimé cependant
gagner pour vous pour moi perdant
avoir été peut-être utile.
 
C’est un rêve modeste et fou,
il aurait mieux valu le taire
vous me mettrez avec en terre,
comme une étoile au fond d’un trou. » 
 
Rhhaa je souffre, ver de terre amoureuse d’une étoile; mais du fond de ton trou tu m’éclaires toujours Pierrot, alors vivons heureux en attendant la mort, et d’ici là, n’oublions
pas qu’il faut rire de tout. c’est extrêmement important.C’est la seule humaine façon de friser la lucidité sans tomber dedans.
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1000

Lecteur, lectrice,
 

Alors que je me creusais violemment la tête pour te pondre un article du dimanche, j’ai vu un truc dans mes stats : cet article que tu lis, là, est le 1000e de ce
blog. A y penser, je trouve ça énorme. Ça ne fait pas mille jours que ce blog existe puisque certains jours, il y eut deux articles (dont un à titre informatif en général), chaque arrivée de
vingtenaire engendrant deux articles : le questionnaire à la Proust et le premier article. Bref, là, on en est à 1000. Je fais un bilan ?

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Décembre, c’est le mois des bilans, bien sûr, mais là, on est que le 9 décembre et c’est encore un peu tôt. Bilan de blog ? Ça tombe bien, je me pose des questions sur lui ces
derniers temps. Non, je me demande pas si je vais l’arrêter, c’est pas la question mais je constate que ces derniers temps, il manque de fun et de légèreté. J’en parlais avec un pote vendredi soir, il me demandait si mon blog existait toujours et je lui répondais que oui mais qu’il était pas très drôle en ce moment. Il me répondit (oui, j’use du passé simple pour faire genre récit passionnant) : « normal, la France est pas fun en ce moment ». Oui, c’est vrai et chacun peut trouver diverses raisons. En tant que bonne fille de gauche, je peux dire que c’est la faute à Sarko car depuis qu’il est au pouvoir, les Français sont très divisés. Puis il y a eu les grèves, la hausse des prix et qui ne va pas s’arrêter, des mesures hallucinantes pour privilégier le pouvoir d’achat du président, des 35 kg d’Ingrid Bétancourt. Même la Star Academy est chiante cette année, paraît-il. Bon, moi, j’ai toujours trouvé ça chiant mais cette année, tout le monde le dit, pas que moi. Mais bon, comme je disais l’autre jour, je crois qu’on est un peu tous responsable de la morosité ambiante vu qu’on prend tous bien le temps de se cracher à la figure, de se mépriser, voire de s’insulter. C’est dur de faire abstraction de tout ça et de faire un blog Bisounours, surtout pour un blog qui a un fond générationnel. Je suis pas une porte-parole mais je parle de la vie de vingtenaires des années 2000 et ces vingtenaires des années 2000, ils vivent en France où l’ambiance est irrespirable. Mais y a pas que chez nous, y a d’autres pays où c’est pas rose. Même des pays où c’est carrément noir.

 

Bref, je me demande comment rendre ce blog plus léger. Je sais bien que vous venez pas ici pour avoir mon analyse de l’actualité. L’actualité, vous la lisez dans les journaux, ici,
vous voulez changer d’air. C’est un peu comme bar à oxygène, on veut son shoot d’air pur. Alors voilà, moi, j’ai envie de vous faire sourire mais de l’autre, je ne peux pas fermer les yeux sur tout et faire comme si la vie en général est belle, même si la mienne ne me procure pas vraiment de soucis en ce moment. A part la conduite de certains mecs. Par exemple, ce soir, alors que je ne demandais rien à personne, un type que j’ai viré de mon MSN me demande son préambule mon numéro de téléphone ainsi : « file ton tel, grouille. Je veux pas d’embrouilles, je suis chaud ». Forcément, je lui ai dit qu’il pourrait commencer à me parler autrement et me traite plus ou moins de pute. Je lui réponds d’appeler un numéro payant où des hôtesses lui rendront service et là, je me prends un « je veux pas un service payant, je veux une Nina mais comme tout service au rabais, y a pas toutes les options ». Je précise que je n’ai même jamais rencontré ce mec. Je précise aussi que je l’ai bloqué juste après. Heureusement, Enzo qui a pu lire cette conversation en temps réel grâce à mes copier/coller m’a fait remarquer que tous les mecs n’étaient pas comme ça. Bon, voilà, vous avouerez que comme « problème », on a connu plus grave. Ouais, je peux dire qu’en ce moment, je suis heureuse, bien dans mes baskets et dans mon taf (même que j’ai mon adresse mail maintenant) alors pourquoi faut-il que je parle de ces sujets lourds et pas drôles.

Du coup, je me creuse pour trouver des sujets légers. J’ai pas mal de sujets sex en tête mais c’est vrai que j’ai un peu lâché ce business, j’ai parfois peur de tomber dans le
racoleur. C’est marrant, quand on voit l’évolution de ces 1000 articles (qui ne sont pas tous de moi, c’est vrai), je suis passée d’une narration décomplexée de ma sexualité à une volonté de garder un jardin intime. Parce que certes, je me sens aujourd’hui totalement femme et bien dans mon string et ma sexualité. Mais c’est vrai que j’en viens à ne presque plus parler de moi en dehors des listes. Il faut aussi avouer que ma vie est totalement peinarde en ce moment et que je n’ai envie de rien faire pour changer ça parce que je kiffe ma vie de mémé. Comme il fait nuit dès 17h, moi, j’ai pas envie de sortir alors forcément,en dehors du boulot, point de potin. Et comme je dois garder certaines choses du boulot confidentielles, ben je n’ai plus rien à raconter sur moi. Et quand je sors ou couche avec un mec que j’aime bien, je ne veux plus trop en parler ici, soit parce qu’il connaît le blog et que je veux pas parler de lui sans son autorisation. Soit parce qu’il ne connaît pas le blog et que je ne trouve pas correct de trop en dire sur lui, même si je suis élogieuse. Oui, avant, je le faisais mais avant, j’avais à peine une à plusieurs centaines de lecteurs. Et puis je vous le dis, en ce moment, je suis sage (même si là, de suite, je serais pas contre un massage parce que j’ai mal au dos).

Bref, c’est sans doute pas clair mais ce que je veux dire dans tout ce charabia, c’est que j’ai envie de redonner une certaine légèreté à ce blog. Pour vous et puis pour moi,
aussi. Ouais, j’aime mieux écrire des articles légers comme une plume où je sors des débilités et jeux de mots foireux que ceux où je me foule le neurone dans une argumentation, contre argumentation. Allez, promis, ça va pétiller comme la badoit citron que je suis en train de boire ! Ma vie est vraiment trop folle…

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En colère !

(article garanti 0% coup de gueule ou récriminations d’aucune sorte)

Lundi, jour de parution du Elle, je m’empresse donc d’entamer ma lecture. 40ème page, je tombe sur un article qui m’interpelle. Non, pas celui sur « recasons
Patrick Bruel », on s’en fout. Celui sur la colère, là. Résumé : la colère, c’est hype, tout le monde est en colère et même un psy nous explique que la psychanalyse a tout faux de penser que c’est le sexe qui nous guide alors que c’est la colère. Si tu veux, je suis pas psy, je vais pas approuver ou contester. Moi, ce qui m’intéresse, c’est cette « mode », très entre guillemet, de la colère.

Faut dire ce qui est : en ce moment, l’ambiance est pourrie. Non, ce n’est pas lié à la grève parce que mine de rien, sorti de l’Ile de France et ceux qui prennent le train, ça n’a pas touché tout le monde. Et puis, surtout, ça date d’avant. Sarkozy ? Mais il a encore une majorité d’opinion positive (55% le 17 novembre selon Le Monde) donc normalement, si vous demandez aux gens comment ça va, vous avez un petit peu plus de chance de tomber sur quelqu’un qui va bien que quelqu’un qui va pas. Et puis y a pas qu’en France que ça va pas, j’ai l’impression que la grogne est partout. En Allemagne, c’est la grève aussi, en Belgique, y a même plus de gouvernement et on se demande vers quoi on va. C’est même pas l’hiver puisque la crise belge ne date pas d’hier. Sur facebook, y a plein de groupes à base de ras le bol : marre des gens qui restent à gauche sur l’escalator (j’en suis), marre des gens qui marchent lentement dans la rue (j’en
suis), marre des abrutis congénitaux qui écoutent toutes leurs sonneries de portable en public (j’en suis), je crois avoir vu un marre de ceux qui écoutent la musique en public sans écouteurs (j’en suis pas mais j’en pense pas moins). Je suis même dans le groupe « marre des gens qui râlent contre les gens qui râlent ». Bref « moi » (moi, moi mais moi, toi, moi, lui, le moi, quoi) et les autres, on s’aime plus. Tous des cons sauf moi, je l’ai déjà dit.

 

Mais j’en pète de toute cette colère. De cette haine de l’autre. Je ne parlerai pas des débats sur la grève, Marine a déjà démontré les accès ultimes de la connerie haineuse, on va pas y revenir dessus. J’ai un autre exemple. Grâce à LilVirgo, j’ai découvert une perle de connerie et de haine de l’autre, sur le site du Figaro. Au départ, un article (si on peut appeler ça comme ça) dont je vous fais le résumé : il y a un projet de déménagement de l’EHESS à Aubervilliers, dans le mythique 9-3 pour désamiantage de leurs locaux actuels mais les chercheurs ne
veulent pas quitter Paris pour un no man’s land (on les mettrait en pleine friche industrielle). La journaliste se gausse : « huhuhu, ils étudient la banlieue et ne veulent pas y aller, bel exemple ». Et là, c’est parti pour le défoulement en règle anti-« sociologue de gauche » puisque c’est bien connu que pour être sociologue, c’est carrément impossible si t’es pas de gauche. Heureusement, quelques commentateurs plus intelligents que la moyenne ont élevé le débat en faisant remarquer que : a) A l’EHESS, il n’y a pas que des sociologues et que tous
les sociologues ne bossent pas sur la banlieue, b) si c’étaient au sociologues de régler tous les problèmes de société, à quoi servent donc les politiques ? c) Aubervilliers, c’est pas le problème, c’est la déconnexion entre élite intellectuelle parisienne et l’EHESS. Et puis se taper une heure de transport pour aller à la bibliothèque de son bureau, ça fait chier. Sans oublier que les chercheurs sont en général profs et que donner des cours à Aubervilliers où il n’y a pas de campus et de fac, ça sert à rien. Mais de déluge de fiel sur les « chercheurs gauchos qui veulent même pas aller en banlieue alors que depuis le temps qu’on les paye, ils auraient pu trouver la solution » a été la goutte d’eau. J’ai arrêté de parler politique sur le net, c’est impossible de pas se faire agresser dès que t’as pas la même avis que l’autre. Ce qui est compliqué sur un forum où il y a plusieurs personnes. Evidemment, je dirais que le problème du net est
qu’on ne voit pas physiquement la personne, on a même parfois tendance à oublier qu’il y a une personne en chair et en os derrière l’écran qui n’est pas obligée d’apprécier les insultes. Mais l’agressivité est partout, cette colère contre l’autre.

 

Et plus j’y pense, moins je comprends. Angoisse pour l’avenir ? Possible. Il est vrai que si je regarde ma situation perso, salaire sympa sans exploser les scores et que je m’inquiète de mon pouvoir d’achat avec les hausses annoncées des produits laitiers et céréaliers, je n’ose imaginer dans quel état de nerfs sont les gens qui gagnent moins que moi et vivent en région parisienne. Parce qu’à salaire égal, en province, j’aurais un T2 peinarde. Sans parler des guerres, de la pollution et tout ça… Le matin, on se lève, on se prend une avalanche de mauvaises nouvelles. Mais c’est pas nouveau, ça. Alors pourquoi j’ai la sensation qu’aujourd’hui, en particulier, on est à deux doigts de se taper dessus pour des conneries ? D’où ça sort ? J’arrive pas à situer. Mais j’aimerais bien que ça se calme un peu parce que ça en devient invivable.

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