Quand tu as un plan de vie mais que la vie s’en fout

Vendredi soir, 21h, je jette mon sac dans l’entrée et m’effondre sur le canapé, un peu heureuse d’en avoir fini avec cette semaine de merde, un peu inquiète de celle qui suit. Fin mars, je faisais un peu ma maline en mode “héhé, en avril et mai, je fais pas une semaine complète, ahahah!”. Et effectivement, j’ai inauguré la semaine dernière ma première semaine de 5 jours depuis début avril et autant vous dire que j’ai salement payé l’addition… Ruinant au passage mon joli plan de vie. C’est quoi l’issue, en fait ?

Quand t'es sous l'eau

Alors j’ai absolument conscience que ma chouinerie du jour transpire le problème de riche mais voilà, ça m’agace. Pardon ça m’agaaaaaaaace. Voyez, depuis ma sublime épiphanie, j’avance dans mes projets de vie parfaite. Ca se résumerait en : écrire mon roman (le roman de Maja est le seul projet que je tiens bien, 186 pages recopiées actuellement et partie 4 (sur les 4) entamées), écrire des articles et réaliser des vidéos de “résistance” (on en est même pas à un mois de Macronisme que je suis déjà en souffrance), monter mes vidéos de vacances (faut que je vous parle de tout ça, d’ailleurs), lancer mon blog bien-être, faire du sport tous les jours, reprendre mon Morning miracle, finir ma robe qui attend depuis décembre sa parmenture, coudre en général… Ah et oui, consacrer 8h par jour au travail.

plan de vie sous forme de bullet journal

Je voulais me faire un bullet journal aussi mais j’ai un souci avec le fait que j’ai une écriture dégueulasse

Sauf qu’entre la vision que j’ai de mon boulot désormais (job alimentaire) et la réalité, il y a une certaine marge. C’est à dire que je sais bien à quelle heure j’arrive le matin mais jamais à quelle heure je partirai le soir et autant vous dire qu’à part lundi, je n’ai pas réussi à filer à une heure qui commence par 1… Et comme en plus, le retour de la clim me nique les yeux (je pense à cause de la poussière accumulée en hiver qu’on me souffle gentiment à la figure maintenant), je rentrais chez moi avec la nuit, épuisée, cramée, finie. Oh, j’ai ma part de responsabilité, certainement : appelez ça la conscience… ou plutôt la bonne poire, je crois. Bref, je m’en sors toujours mais comme je disais à notre petit junior (qui fait deux têtes de plus que moi) “je sais que je vais y arriver, je m’en sors toujours… et je crois que c’est justement là, le problème”.

Xena la guerrière

Parce que j’ai beau n’en avoir rien à faire de mon travail, j’arrive pas à bâcler vraiment. Un vieux relent du syndrome de la bonne élève qui ne me lâche pas, sans doute. Connerie. Non parce que dans le monde du travail, tout ne va que dans un sens : je me crève le cul pour des queues de cerises (2% d’augmentation en 2 ans et cette année, je vais m’asseoir dessus. C’est pas comme si j’avais appris un nouveau boulot toute seule comme une grande) mais je n’arrive pas à lâcher prise, m’en foutre que ça le fasse plus. En fait, ce qui m’agace le plus dans l’histoire, c’est clairement moi, sachez-le. Mais du coup, en cas de grosse semaine comme ça (et celle qui débute au moment où vous lisez cet article ne s’annonce guère mieux), ma vie rêvée est reportée. Encore et encore. Jusqu’à quand ?

Une femme essaie de s'envoler avec un parapluie

J’essaie de m’organiser, caler le max de trucs dans mes journées. Même ma présence au boulot est hyper minutée. Mais ça ne rentre pas. J’aimerais que ce soit quelque chose comme :

– 6h15-6h45 : sport

– 6h45-7h15 : écriture

– 7h15-8h30 : aller réveiller mon adoré, câlin, douche, habillage, maquillage, petit déj.

– 9h30-10h : un peu de veille au bureau pour me cultiver un peu

10h-12h : travail

12-13h : pause dej

13-14h : écriture

14h-17h : travail

17h-17h30 : repos

17h30-18h : veille boulot

18h-18h30 : travail (administratif)

19h30 : maison

Et no pression pour la soirée, je profite avec mon adoré. Et pour le week-end, je me rêvais un truc genre : samedi écriture et cuisine et le dimanche travaux manuels mais ça, j’ai déjà abandonné. Alors vous allez me dire que je ne consacre “que” 5h30 au travail mais dans les faits, less is more, comme on dit et puis personne ne peut bosser 8h d’affilée sans glander à un moment ou à un autre.

difficultés de concentration, rêvasserie

Moi en réunion quand je préfère imaginer la suite de mon roman que d’écouter les gens qui parlent de trucs ne me concernant pas

Alors comment on fait en fait ? Comment on arrive à équilibrer sa vie quand on bosse dans un milieu où le premier qui part a perdu, qu’on ne tolérera pas que tu n’aies pas fini ton boulot à temps, peu importe l’heure à laquelle tu finis (parce que le problème, c’est forcément toi, pas le sous-= staffing)(et j’ai malheureusement très bien intégré cette vision, j’arrive pas à la déconstruire). Et encore, moi, j’ai pas d’enfants, ce sont juste mes projets de ma vie rêvée qui sont en péril, hein. Certains me diront que je cherche à faire d’autres choses mais : y en a qui y arrivent et surtout, c’est ça qui me rend heureuse, au fond. Faire pleiiiiin de trucs, faire comme si je vivais plusieurs vies.

Atelier créatif, machine à coudre, matériel

Bon, je vais chercher des stages en affirmation de soi et dire non sans avoir peur de se faire virer. Si j’arrive à le caser dans mon emploi du temps.

 

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La pose de lino, c’est pas si rigolo

 

Me revoici avec mes histoires de déménagement, des histoires qui commencent à dater quand même mais c’est vrai que les 3 derniers mois ont été assez denses. Je m’en étais arrêtée au lino monté par ma sœur et son chéri jusque chez moi. Le lino dans l’appart, c’est bien. Le poser, c’est mieux… Crut-on.


Week-end du 1er novembre. Le samedi, je vais faire des courses avec Vicky pour acheter un lit chez But (n’allez JAMAIS chez eux et particulièrement celui de Nanterre. Sauf si vous avez envie de vandaliser un magasin, à la limite) et quelques babioles chez Ikea genre un bureau. Pendant que nous faisions le vieux couple lesbien en goguette, Alice et Anthony commençaient les travaux dans l’appart avec en première étape, l’enlèvement de la moquette. Bonne nouvelle, la moquette se détache toute seule. Mauvaise nouvelle, y a un autre revêtement entre le sol et la moquette et lui, par contre, il est super bien collé. Donc quand on les rejoint le soir, ils sont blancs de colle et de poussière et dans le noir vu qu’il n’y a pas de plafonnier dans la pièce principale du nouvel appart. On les libère de la corvée, Vicky et moi dégageons la moquette et les poubelles.


Dimanche matin, 10h, la famille Bartoldi (Alice, Anthony et moi) sommes dans la place pour poser le lino. Menu du jour : pause du lino, gym de 12 à 13h pour Alice et moi et retour au lino. Autant vous dire que le volet gym a disparu très rapidement pour cause de « non mais là, on va pas y arriver sinon ». Parce que la bonne blague, c’est que pour poser le lino, il faut le tailler pour passer la porte qui sépare l’entrée de la pièce et fignoler tous les recoins. Donc on fait un patron avec des papiers journaux, on coupe avec le seul cutter qu’on a et c’est parti. Sauf qu’on découpe d’un côté pour faire l’entrée et on commence à coller d’un autre, erreur stratégique. On se divise les tâches. Alice coupe le lino au niveau des plinthes (ciao mes plinthes, lacérées à coup de cutter, moi je le glisse dessous, Anthony colle. A 14h, la cuisine est un vaste chantier où l’on jette toutes les chutes, on n’a pas fait la moitié de la surface à couvrir et on meurt de faim. Grande princesse, je leur paie le McDo, petite pause d’une heure et c’est reparti.

Et ça continue. Coupe, glisse sous les plinthes, colle. Coupe, glisse sous les plinthes, colle. Révélation : le lino, ça pèse super lourd. 18h, il fait nuit et on n’a toujours pas de lumière donc on fait un bref crochet par mon appart où je vivais encore pour récupérer mon hallogène. A 19 heures, morte de honte de voir qu’on n’a pas encore fini, je dis, penaude : « ohlala, désolée de vous avoir pourri le week-end… ». Ma sœur me regarde sans rien dire pendant trente secondes avant de me répondre : « Ben, je vais pas te dire le contraire, hein… ». Ok, c’est de bonne guerre. Arrive le moment fatidique de la jonction du lino. Car celui ci fait 4 mètres sur 4 (souvenons nous) mais ma pièce est plus large donc il faut couper pour mettre le bout en trop d’un côté là où y a pas de lino. Suis je claire ? Non, je sais. Rappelons que le lino est imitation parquet et qu’il faut qu’on mette les lattes imprimées dans le même sens sinon, ça serait ridicule.


A 22h, on a enfin terminé. On est sales comme de peignes, plein de poussière et de colle mais le lino est posé et je suis toute émue, je trouve que ça en jette et pas qu’un peu. J’ai vraiment pris la bonne décision en virant la moquette pour le mettre à la place. Quoi qu’il en soit, on est quand même ravis d’en avoir fini et seul un doigt a été coupé. Le mien. Et même pas avec le cutter que ma sœur a manié avec dextérité, je me suis coupée avec le bord du lino. On comprends pourquoi je n’ai pas eu la responsabilité du cutter.


Le lendemain, je suis passée vérifier que le lino ne s’était pas décollé mais non, il est là et bien là. Par contre, j’ai mal partout et quand je me mets à genoux, j’ai l’impression d’avoir passé des heures agenouillée sur une barre en fer. Moralité, je ne me moquerai plus jamais de Valérie Damidot parce que des travaux dans une maison, c’est pénible.

A présent, tout est prêt pour le déménagement. Sauf les cartons…

NB : J’avais fait des photos avec mon portable façon reportage photo mais j’ai la flemme de les mettre sur mon pc. Ahem… C’est con, y avait une photo de ma soeur avec la tête coupée, ça aurait fait vrai blog de fille…

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