The Walking Dead : entre post-apo, dystopie et utopie

Ca faisait un moment que je voulais vous parler de The Walking dead, grande anomalie dans mon paysage culturel. Anomalie parce que normalement, je ne lis pas de comics (ni BD et j’ai abandonné les mangas en arrivant à Paris, quasiment)(faut vraiment que je prenne un abonnement à la bibliothèque, d’ailleurs, histoire de combler quelques lacunes) et que les trucs de zombies, je trouve ça chiant. Sauf que mon adoré m’a fait découvrir 28 jours plus tard, que j’ai maté Fear the walking dead avec son coloc et lui (série totalement abandonnée pour nous depuis) et donc The walking dead. Puis dernier train pour Busan mais sans rapport.

The walking Dead : Daryl et Rick

L’avantage d’une série/d’un comic sur le sujet, c’est qu’on quitte l’univers de la simple invasion pour se pencher sur la vie pendant et surtout après. Ce qui nous permet d’avoir non pas une mais trois dimensions dans l’oeuvre : on a un monde post-apocalyptique certes mais aussi une utopie et une dystopie suite à la réorganisation des hommes en micro sociétés.
La safe zone Alexandria dans The Walking Dead

Le post-apo : l’invasion zombie

On commence direct dans un monde post-apocalytique en le découvrant aux travers des yeux de Rick Grimes, copié/collé totalement assumé du début de 28 jours plus tard. A l’inverse de Fear the walking dead qui montre un peu plus l’émergence des zombies. Là, l’avantage, c’est qu’on a très vite accès aux règles du jeu : faut niquer leur cerveau sinon on les tue pas, le bruit et les odeurs de chair fraîche les attire. Clair, net et précis. Bon, vous me direz que les règles, elles sont un peu fluctuantes selon les épisodes : faut pas faire de bruit, ne pas tirer pour rien mais on va se faire un stand de tir d’entraînement dans la forêt, on crie et on s’engueule, un coup les mecs peuvent se transformer en zombie en une demi-journée et puis finalement, plus ça va, plus c’est immédiat. Donc dans un premier temps, on a une bande de survivants qui apprennent tant bien que mal à se défendre contre les zombies, à “attendre” que ça passe en se cherchant des poches de sécurité qui finissent par être balayées par des hordes. Le but est donc désormais de trouver une place sûre pour recréer une société autosuffisante où tous peuvent évoluer en sécurité.

Alexandria - The walking dead

L’utopie : la prison, Alexandria, la colline et le royaume

Alors on ne va pas se mentir, The walking dead est assez manichéen avec les gentils d’un côté, les méchants de l’autre, j’y reviendrai par la suite. Nous suivons donc la troupe de Rick qui commence déjà à se créer une petite société d’entraide aux abords d’Atlanta puis dans la ferme d’Hershel mais c’est véritablement à la prison qu’on commence à envisager une installation durable avec juste répartition des tâches et notamment la mise en place d’un potager et d’un élevage qui permettra une survie à long terme.

The walking dead, la prison

Suite à la fin de l’aventure de la prison, nos héros vont finir par découvrir Alexandria, une cité proprette et parfaitement autonome mais pas autant que la colline ou le royaume avec des potagers déjà bien développés. Et dans la suite du comic (passez paragraphe suivant si vous ne voulez pas en savoir plus), l’installation sera d’autant plus durable avec la mise en place de forges, moulins et troc entre les trois cités. Des sociétés qui se veulent juste, égalitaires et basées sur l’entraide où chacun met la main à la pâte pour permettre à la communauté de bien vivre : sécurité, alimentation, éducation, maintenance. On reste dans une société avec un chef, un leader souvent charismatique choisi assez souvent malgré lui (Maggie, Rick) alors que d’autres (Jesus, Dwight) gardent leur distance avec lesdites sociétés pour ne justement pas hériter d’un quelconque pouvoir.

Jesus (Tom Payne) dans The walking Dead

L’illusion de l’utopie : Woodbury

Je parle de la série télé uniquement ici. Quand Andréa et Michonne atterrissent dans le petit bourg tout joli et bien propret avec ses trottoirs nickels et ses fleurs aux fenêtres. La cité idéale telle que la rêvaient Rick et ses amis qui, eux, n’ont rien trouvé de mieux qu’une prison. Mais en grattant, la société idéale de Woodbury est dirigée par un chef despote et violent et une population prompte à attaquer au besoin. D’ailleurs, quand Rick propose au gouverneur de vivre en paix ensemble, ce dernier refuse.

Andréa dans les rues de Woodbury sur le tournage de The walking dead

Les dystopies : les Saviors et le Terminus

Je vais pas parler des autres sous-groupes poppés dans la série genre l’hôpital, le village des femmes et le groupe de la décharge d’abord parce que pour ces deux derniers, j’ai pas assez d’éléments pour en parler, vu qu’ils ne sont apparus que récemment dans la série et pour l’hôpital, je m’en souviens moyen et en plus, cet arc ne m’intéressait pas du tout. Par contre je vais m’arrêter sur le terminus, absent du comic parce qu’il préfigure finalement de l’ère Saviors. Le terminus est à la base une belle utopie : une communauté ouverte prête à accueillir les survivants errants pour les intégrer à leur petite société. Ce que tentent de faire Rick et les “gentils” à travers la Colline, Alexandria et le Royaume car malgré quelques mises en avant de “ah non, je fais plus confiance à personne, faut montrer patte blanche pour rentrer chez nous”, tu te rends compte finalement que ça navigue entre communautés sans trop de soucis et qu’on a assez de facilités à intégrer de nouveaux personnages. Mais le terminus a fait preuve de trop de confiance et est tombé sous la coupe d’un groupe ultra violent, violant les femmes et mangeant les hommes. Les membres du terminus parviendront à reprendre le dessus et réappliqueront alors les méthodes de leurs bourreaux, jusqu’à ce que la punition divine (aka Rick) les extermine.

The walking dead, chapelle ardente au terminus

Les saviors ne sont finalement que l’illustration parfaite de la réelle histoire de The walking dead : quoi qu’il arrive, l’homme reste un loup pour l’homme. Leur leader Negan, version encore plus violente et énervée du Gouverneur, soumet toutes les communautés alentours et n’hésite pas à tuer pour se faire respecter. D’ailleurs, que ce soit dans le comic ou la série, il démarre direct en tuant l’un des personnages emblématiques de la série (le gouverneur en tue certes deux dans son arc narratif dans la série : Andréa et Hershel, quatre dans le comic : Lorie, Judith, Hershel et Tyreese et coupe la main de Rick et viole et torture Michonne… un garçon très charmant, dis donc). Negan et le Gouverneur proposent une société quasi identique : une vie confortable mais avec une forte part de violence et un leader franchement psychopathe. Mais les Saviors présentent un cas un peu plus intéressant à mon sens : si Negan est clairement un psychopathe, il a des règles très strictes et ne tolère pas certaines exactions comme le viol, punissant très sévèrement (à mort quoi) tout contrevenant à la règle. Alors que le gouverneur est lui-même un violeur dans le comic ou l’est quasiment dans la série. Si le gouverneur est une ordure, Negan est un peu plus complexe que ça puisqu’il agit toujours en fonction de ses règles et sa relation avec les autres communautés se base sur un partenariat… certes imposé mais les Saviors assurent de débarrasser la région des zombies en détournant notamment les hordes. Sécurité vs alimentation, un peu le mode de fonctionnement des communautés des “gentils”. Et Rick n’est pas précisément un agneau doux non plus…

Rick Grimes ensanglanté

Finalement, d’utopie à dystopie, il n’y a qu’un chef… et surtout la façon dont il est dépeint. Mais bref, je trouvais intéressant de travailler sur ces trois éléments dans cette oeuvre ci. Et comme ça, la semaine prochaine, je vous parlerai d’utopie (sans rapport avec l’élection).

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Cloud Atlas des Wachowski et Tom Tykner

Récemment, je me suis penchée sur la série Sense8 des soeurs Wachowski et je me suis alors souvenue que je vous avais jamais parlé de Cloud Atlas réalisé par Lana et Andy pas encore devenu Lilly et Tom Tykner alors qu’en fait, j’ai des tas de choses à dire dessus… et que j’ai un peu peur que Sense8 soit un peu une redite (y a même une actrice qui joue dans les deux, pour dire).

Affiche du film Cloud Atlas des Wachowsli et Tom Tykwer

Alors pour vous faire comprendre ma perception du film, je dois confesser un truc : j’ai lancé Cloud Atlas sans savoir du tout de quoi il retournait, juste parce que je trouvais le nom sympa… sauf que je croyais que le Atlas du titre, c’était la montagne du Maroc… Alors forcément, j’ai été très surprise par le film… Donc Cloud Atlas ou “la cartographie des nuages” (je vous jure que j’ai passé une petite partie du film à ne pas comprendre pourquoi il n’y avait pas le Maroc), comment vous raconter ça… On suit un groupe de personnages sur six périodes différentes mais la particularité, c’est que ce sont les mêmes personnes réincarnées. Le film, tiré d’un roman de David Mitchell que je n’ai pas lu (mais faudrait, par curiosité), mêle donc dans une seule oeuvre des passages historiques, du thriller à base de complot politico-financier, de la comédie, et des passages d’anticipation avec de la dystopie et du post-apocalyptique. Donc pas mal de choses que j’aime sur le principe (surtout la fin) mais… bordel que c’est confus !

Les différentes incarnations des différents acteurs dans Cloud Atlas selon les époques

Ceci est très clair, je vous promets

Pourtant, la trame est censée nous faciliter la vie puisque chaque époque tourne autour d’un personnage en particulier, les autres gravitant autour sauf que, déjà, ce n’est pas si clair et surtout, tu ne vois pas où ça veut en venir. Le film restant assez court par rapport à l’ambition de raconter six histoires, pas si cruciales au demeurant, tu passes de personnages en personnages sans réellement t’attacher. Pire, tu commences à t’intéresser à une histoire et pif, on te balance un bout d’un autre et tu es là “attends, c’est quand, ça, déjà, ce sont qui, ces gens ? Je m’en fous, remettez l’autre histoire”. A dire vrai, quelques mois après le visionnage, je suis juste incapable de raconter une histoire précisément, sauf peut-être celle post-apo avec Tom Hanks en leader des hommes redevenus primitifs et Halle Berry qui débarque en sorte de vaisseau du futur, avec des cannibales et tout et à la fin, ils tombent amoureux. Voilà. Le pire, ce n’est qu’en écrivant cet article que je me suis souvenue de l’arc narratif autour de Timothy Cavendish (Jim Broadbent) alors que c’était mon préféré.

Jim broadbent dans Cloud Atlas dans le rôle de Timothy Cavendish

Autre point qui m’a un peu posé problème : je ne reconnais pas les acteurs. On a donc six acteurs principaux, dont Tom Hanks et Halle Berry, Hugo Weaving, Jim Broadbent, Doona Bae (qu’on retrouve dans Sense8), Jim Sturgess sans oublier Hugh Grant et d’autres qui réapparaissent aléatoirement aussi. Le souci, c’est qu’entre le passage d’une période à une autre et l’excellent travail de maquillage, je ne les ai pas toujours reconnu et j’ai vraiment mis du temps à situer qu’il n’y avait pas un couple central (Halle Berry et Tom Hanks) mais deux (Doona Bae et Jim Sturgess). Non mais ça peut paraître cruel comme avis car le travail de maquillage est fabuleux mais ça rend le tout vraiment très confus, on se demande pourquoi on assiste à certaines scènes alors que c’est juste dans la continuité.

Doona Bae et Jim Burgess dans Cloud Atlas, Neo Seoul

Autre élément “gênant” : Cloud Atlas est une symphonie composée par le personnage de Ben Wishaw (que j’avais pas cité car c’est en regardant sur Wikipedia que je me suis rendue compte que je le confondais avec Sturgess) dans le deuxième arc narratif par ordre chronologique, une mélodie qui va obséder les personnages… sauf que du coup, elle n’existe pas dans le premier arc narratif et on ne sait pas exactement quelle est son histoire, elle n’est finalement qu’un liant entre cinq des six arcs. Mais ce lien musical ressort dans Sense8 avec la scène la plus réussie du show (enfin, des 4 premiers épisodes, j’en ai pas vu plus pour le moment) où tous les “liés” se mettent à chanter Four non blondes, une scène superbe qui m’a fait écouter la chanson en boucle le lendemain parce que je suis influençable.

(je vous partage la scène parce que je l’aime vraiment bien)

Après, il y a quand même de belles scènes, je trouve le travail sur l’image magnifique et certains passages qui lient les différentes époques sont très inspirés mais… mais en fait, c’est juste trop pour un seul film, d’où je pense la tentative de reprendre le concept dans Sense8 (un peu différemment, certes mais je ne peux m’empêcher d’associer les deux oeuvres) et je me retrouve un peu avec le même sentiment : confusion, des histoires dont je me fiche un peu, des personnages que j’oublie d’un épisode sur l’autre… mais quelques belles scènes inspirées. En fait, je crois que ce qui m’a le plus déçue dans Cloud Atlas… c’est que l’idée de base est vraiment géniale mais que le rendu est un peu plat.

Tom Hanks avec Doona Bae et Halle Berry dans Cloud Atlas

Oui, l’homme dans les deux photo est Tom Hanks

Je vais aller commander le livre. Même si les livres qui entremêlent les époques ne sont pas toujours des réussites, cf la Carte du temps (oui, j’ai parlé exprès de ce livre vendredi pour enchaîner, j’ai pas l’air mais j’éditorialise mes contenus… trois fois par an, à peu près)

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Carnet d’une apprentie écrivaine

Et oui, écrivainE.

Carnet d'écrivaine

Bienvenue dans cette nouvelle série qui va me permettre de partager avec vous les tourments de l’écriture mais aussi des considérations générales sur les romans que je lis, les travers que je décèle en espérant ne jamais tomber dedans. Mais ne nous leurrons pas non plus sur le but premier de cette série : plus que de vous raconter une histoire, c’est surtout un magistral coup de pied aux fesses que je vais tenter de me donner chaque semaine pour reprendre sérieusement l’écriture romancée.

Clavier façon machine à écrire pour tablette

Je fantasme tellement là dessus… Je suis trop une hipster

J’écris depuis petite, je devais avoir huit ou neuf ans la première fois que je me suis posée devant la machine à écrire que j’avais installé dans ma chambre. Alors rassurez-vous, je vous la fais pas “je suis le Mozart de l’écriture” parce qu’on ne va pas se mentir, c’était épouvantable. Les sujets verbes complément point se succèdent, l’histoire niaise se tisse. A côté, les aventures de Petit Ours Brun, c’est du Zola.

Petit Ours brun est fier de lui, le livre

Tape, tape dans tes mains, petit ours brun ! (j’ai un neveu de 3 ans…)

En grandissant, changement de décor et changement de matos : me voici désormais dans notre nouvelle maison avec une machine à écrire à traitement de texte, grosse classe. Bon, je n’ai jamais su la paramétrer et il manquait souvent une lettre ou deux en fin de ligne que je rajoutais à la main voire un bout de mot blancoté histoire de réécrire correctement le mot mais voilà, c’était de l’artisanal, c’était mignon. Passionnée de mangas, j’écris des histoires d’anges et de démons. C’est mignon, c’est sucré, y a des combats à l’épée quand même et de l’ésotérisme aussi… Mais ésotérisme version secte intoxiquée au plomb ou à peu près.

rael

Au milieu de ce déluge de plumes célestes, deux OVNIS : Technopolis, la fameuse histoire d’une jeune fille qui se rebelle contre l’ordre établi dans une dystopie post apo (hashtag originalité) et une histoire de colocataires malsaine avec du cul mais pas trop assumé quand même. Mignon, toujours mignon. Si on excepte le fait que j’ai tendance à tuer tous mes personnages, quand même.

Lost

Mais point d’auto flagellation ici, je précise. Ces écrits ont des kilos de défauts mais :

  • j’écrivais des histoires que j’avais en tête, ça m’occupait pas mal et ça m’empêchait de regarder la télé donc, déjà, c’est très positif. Et je suppose que cette intensité de rédaction m’a permis de faire de moins en moins de fautes
  • J’étais régulière et rigoureuse, ce que je n’arrive pas toujours à être aujourd’hui.

ecrire-travail

Non parce que l’écriture d’un roman me prenait plusieurs mois, parfois un an. J’en ai lâché des manuscrits en route, des trucs morts nés au bout de 30 ou 40 pages mais au moins, je m’astreignais à une discipline avec joie et entrain. Quand j’étais étudiante en maîtrise / master , je n’avais qu’une hâte : finir mes études pour pouvoir consacrer mes soirées à l’écriture.

Machine à écrire

Eeeeeeeet…. raté. Enfin, à moitié, j’écris beaucoup par ici. Parce que c’est beaucoup plus facile, on est limite dans de l’écriture épidermique : je tape au kilomètre, je travaille à peine la forme, je poste et je passe à autre chose. Et puis… il n’y a aucun enjeu. Parce que c’est la clé de mon blocage : je voudrais écrire pour balancer ma prose à des maisons d’édition “pour voir”. Du coup, je jette les ¾ de mes écrits parce que “non mais qui voudrait lire ça, ça n’a aucun intérêt !”. Je recommence, je biffe, je souffle. Je souffre. Je n’ose pas écrire le soir car je suis trop fatiguée et qu’il me paraît évident que je vais pondre de la merde. Mais peut-être qu’elle est là, la clé : retrouver l’écriture comme un simple loisir, une écriture au kilomètre juste pour me raconter une histoire, à moi. Et cerise sur le gâteau, on balance ça aux maisons d’édition, juste pour voir, sans enjeu. Après tout, j’ai déjà un métier, je n’ai rien à perdre.

Se lancer dans l'écriture premier chapitre

En 2016, j’écris. Enfin, je vais essayer, quoi. Et je vais vous raconter ça, bande de petits chanceux !

 

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De frog fishs en requins baleine : plongées 4 étoiles aux Philippines

Depuis que j’ai arrêté la plongée en club, je ne pars plus que dans les contrées lointaines pour découvrir de nouveaux poissons. Après les Maldives qui m’avaient permis de nager avec des requins (même un baleine), des raies mantas et lutter contre un courant d’enfer, me voici partie pour les Philippines où je pensais retrouver des conditions similaires. Et bah non.

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Autant vous le dire : je ne suis pas forcément super fan du courant en plongée mais c’est la condition sine qua non pour voir du gros, comme on dit. Je n’ai pas une passion particulière pour les requins mais ça reste impressionnant. D’après ce que j’avais compris, les Philippines, c’était assez costaud dans le genre aussi… Et bien non, en fait.

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Donc exit les requins mais pas de soucis, y a eu du beau, aussi. Commençons par le spectaculaire requin baleine, le mangeur de plancton. Il faut savoir que le requin baleine est le plus gros poisson existant, il peut atteindre jusqu’à 12 m et ne mange que du plancton. Il est assez rare d’en croiser “par hasard”. Aux Maldives, on a plongé là où il y en a un qui stagne régulièrement et aux Philippines, ils sont attirés par des guides locaux qui les nourrissent. On arrive là au problème classique du plongeur : le feeding, c’est quand même pas le top surtout qu’ici, il y avait pas mal de baigneurs qui attrapaient la nageoire caudale des dits requins baleines ou les touchaient, ce qui est franchement dramatique, ne nous mentons pas. Mais bon, la plongée reste impressionnante ! A un moment, tu es concentrée pour prendre une photo de la bête et il y en a une qui passe tranquille pas loin de toi, aaaaaaaah ! Par contre, en bas, c’est le bordel, on gigote tous dans tous les sens, on monte, on descend… niveau saturation, c’est pas le pied.

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Mais il n’y a pas eu que le requin baleine qui nous a occupé une plongée. Outre cette plongée Disney (pour le côté attraction touristique), nous avons eu l’occasion de découvrir d’autres espèces. Des nudibranches bien gras, quelques barracudas au loin et des mérous, rascasses volantes, poissons cochets, des poissons clowns toujours aussi photogéniques dans leur anémone, un mini poulpe trop joli mais surtout, surtout… les frog fishes !

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Barracudas de loin

Barracudas de loin

 

 

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Ceci est bien un poulpe et je suis super fière de l'avoir trouvé

Ceci est bien un poulpe et je suis super fière de l’avoir trouvé

 

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Qu’est-ce qu’un frog fish me direz-vous ? C’est un poisson qui ne ressemble à rien, vous répondrai-je. Le premier que j’ai vu, énorme, j’ai cru à une sorte de ballon de foot crevé qui s’animerait soudain, regardez plutôt :

frog fish philippines

frog fish philippines

Entre pneu crevé et jouet pour chien hyper mâché, j’avoue que 9 fois sur 10, j’avais du mal à les situer du premier coup d’oeil quand on me les montrait et j’ai eu du mal à les resituer en découvrant mes photos quelques temps plus tard. Cest moche, bizarre et en même temps fascinant.

Trouveras tu le frog fish sur cette photo ?

Trouveras tu le frog fish sur cette photo ?

Réponse ici

frog fish Philippines

Oui, ça a des pattes

Autres espèces croisées ici et nulle part ailleurs pour ma part : des crabes porcelaine ou arlequin, des poissons rasoirs qui se déplacent à la verticale et mon tout premier hippocampe ! J’étais super contente, je n’en avais jamais vu. Bon, le premier jour, le guide nous a bien montré un pygmée mais on comprenait pas trop donc on a dit “oui, super, ok” et on s’est barrées sans comprendre ce qu’on était censés voir. A noter aussi un banc splendide de jack fishes : il y en avait tellement qu’à un moment, l’eau semblait être devenue complètement argentée ! Puis les magiques ghost fishes et poissons feuilles… Ce genre de bestioles que tu seras incapable de voir sans ton guide de palanquée, ne nous mentons pas.

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On dit bonjour aux poissons rasoir

Le truc noir qui flotte, c'est un poisson

Le truc noir qui flotte, c’est un poisson

Un poisson ? Une feuille ? Un poisson feuille !

Un poisson ? Une feuille ? Un poisson feuille !

 

Banc de Jack fish en approche !

Banc de Jack fish en approche !

Et le même vu de plus près

Et le même vu de plus près

Le crabe arlequin

Le crabe arlequin

Mon premier hippocampe (photo un peu floue)

Mon premier hippocampe (photo un peu floue)

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On a aussi eu droit à pas mal de tortues (j’adore les tortues), des rascasses volantes minuscules ou noires, des bat fishes, des syngnathes en veux-tu en voilà (à la fin, ça ne m’impressionnait même plus alors qu’en début de séjour, j’étais hystérique quand j’en voyais une) et des serpents de mer dont un qui m’a un peu déboulé sous le nez par surprise, me donnant ainsi une sacrée frayeur, j’ai jamais aimé les serpents.

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Un banc de bat fish

Un banc de bat fish

La délicate rascasse volante noire

La délicate rascasse volante noire

Un gracieux syngnathe

Un gracieux syngnathe

Et là, y en a même 2

Et là, y en a même 2

Serpent de mer Philippines

Serpent de mer Philippines

Autre particularité des Philippines : les fonds “artificiels”, je m’explique. Pour ceux qui s’intéressent un peu à la vie de cet archipel, il y a eu un gros typhon en 2013, provoquant d’énormes dégâts sur les fonds, arrachant un peu tout. Pour encourager la faune à repartir, les Philippins ont donc émergé des blocs de béton et quelques carcasses pour permettre au corail et aux poissons d’y faire leur vie. Ces plongées étaient de fait assez étranges : on navigait de carcasses en blocs de béton avec du sable nu et noir au milieu, les locaux appelaient ces plongées “garbage”, ça donne un peu une idée… Mais quand on aime la bio sous marine, ce sont des plongées particulièrement intéressantes… et quand on a une imagination un peu débordante comme votre blogueuse, ces paysages étranges vous rendent à la limite de l’euphorie, un peu comme les tunnels de Tabarka. J’avais un peu la sensation d’évoluer dans un univers post apocalyptique ! On a aussi croisé une épave d’avion laissée là pour les mêmes raisons. La plongée et un avion… le plus beau jour de ma vie !

Plongée épave philippines

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Bref, plonger aux Philippines… on y retourne l’an prochain (si on peut mais pas tout à fait dans le même coin).

Et pour finir, quelques photos pour le plaisir !

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Poissons flute

plateau corallien Philippines

Corail Philippines

Gorgones Philippines

Poisson cochet Philippines

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Murène Philippines

Bye bye

Bye bye

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Mad Max : Fury Road de George Miller

Je déteste les films d’action à base de voitures qui volent et font boum. Je me suis rarement autant ennuyée que devant Ronin, par exemple, et sa folle course poursuite sur les quais de Paris où ma seule réaction fut de m’étonner qu’ils ne se crashent pas au bout de 10 secondes dans une autre voiture. Je n’aime pas ça, je n’aime pas les films qui comblent les trous du scénario par de grosses explosions qui défient parfois la physique la plus élémentaire. Alors aller voir un film qui ne tourne qu’autour de voitures qui explosent et sans même de réel scénario, c’est juste du sado masochisme…

Mad Max Fury Road affiche

Mad Max Fury Road affiche

Et bien non…

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Effet dramatique. Je ne vous cache pas qu’au tout début, je n’avais aucune intention de voir ce film. Parce que je n’aime pas les films d’action, parce que Charlize Theron commence à me faire peur dans ses choix de rôle (Prometheus), parce que je n’ai aucune idée de qui sont Tom Hardy ou Nicholas Hoult et parce que je me méfie toujours des remakes. Mais les réactions ont tellement été unanimes sur mes réseaux sociaux, y compris et surtout de gens dont l’avis compte pour moi que je me suis dit, allons-y.

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L’histoire est ultra simple : dans un futur apocalyptique, l’eau est devenue une denrée rare. Quelque part dans un désert, un vieil homme assez dégueulasse pimpé avec des accessoires qui semblent volés à un vieux groupe d’heavy metal, Immortan Joe. Ce despote cruel sait cependant faire preuve de magnanimité en offrant de temps en temps un peu d’eau à son peuple rongé par la soif. Nous sommes justement un de ces jours : pour célébrer le départ de son convoi de gazole vers Petrocity. Le gros camion citerne (appelé Porteur de guerre) est conduit par une femme, Imperator Furiosa. Mais en route, elle détourne le camion qui porte en son sein les 5 épouses de Immortan Joe qui décident de fuir pour empêcher que leurs fils deviennent des seigneurs de guerre.

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Et Max dans tout ça ? Il s’est fait capturer en début de film et est devenu un “globulant”, un captif qui donne son sang aux guerriers pas toujours très frais d’Immortan Joe. Quand Furiosa s’enfuit, le kamikasseur relié à Max l’embarque avec lui pour tenter de récupérer les épouses. Début de la course poursuite de 2h.

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Voilà pour l’intrigue. Parlons maintenant de quelques éléments. D’abord la réalisation. Esthétiquement, j’adore cet univers post apocalyptique, les looks sont hyper soignés, la lumière très belle, rien à redire. Et mention spéciale bien évidemment à la guitare lance-flamme qui, accompagnée des percus, donne une folie furieuse aux poursuites. Mentionnons aussi le plan assez fou d’Immortan Joe ivre de colère qui lance une attaque sur fond du Dies Irae de Verdi. A noter aussi les jeux de verticalité avec les perches, la grande souplesse des corps qui se jettent d’un véhicule à l’autre, les véhicules se croisent dans un ballet furieux. La beauté des femmes tranche violemment avec la laideur de la plupart des personnages, rendus difformes par la pollution. Enormes kystes, membres en moins, nanisme ou gigantisme, corps blancs exsangues…

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Parlons maintenant du féminisme de Mad Max. J’ai hésité à mettre des guillemets car je pense qu’il peut y avoir débat. En positif, il est vrai que les femmes dans Mad Max sont courageuses et téméraires, Furiosa surclasse Max dans de nombreux domaines, elle conduit un énorme camion, sait très bien se battre et a atteint un niveau élevé dans la hiérarchie militaire de la Citadelle d’Immortan Joe. A noter d’ailleurs que cela semble être une exception totale, je n’ai vu aucune autre femme dans le clan de Joe hormis les mères nourricières et ses épouses, donc. Le film est l’un des rares à passer le test de Bechdel, les femmes parlent entre elles d’autres choses que des hommes. Chaque femme d’Immortan Joe a son caractère et son utilité. Alors après, sur le coup, j’ai un peu tiqué en voyant les demoiselles en question, on se serait cru dans une pub Guerlain ou Yves Saint Laurent : très minces, très grandes, ces visages anguleux avec de grands yeux et des lèvres pulpeuses. Et comble du “on s’en fout de qui est qui dans les épouses de Joe”, elles ont toutes des caractéristiques physiques différentes : une blonde qui paraît être la soeur de Daenerys dans Game of thrones, une rousse, une brune, une Noire et une autre blonde (enfin presque châtain clair) qu’on différencie car elle a un peu plus de texte (et qu’elle est très belle). Mais en route, on découvre que chacune a sa part dans l’intrigue et sa personnalité même si, dans les faits, on retiendra surtout le nom de la Blonde-châtain clair. Mais si on considère que dans ce film, les femmes prennent en main leur destin sans réel besoin des hommes (Max les aide certes mais il est indispensable pas en tant qu’homme mais en tant que personne supplémentaire parce que quand t’as une centaine de mecs aux trousses, on n’est jamais trop pour tenter de leur échapper).

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Enfin parlons de Max. Je dois préciser ici que je n’ai pas vu la première trilogie donc je ne suis pas du tout attachée au personnage. Il sert ici du rôle classique de porte d’entrée dans un univers que l’on découvre plus ou moins en même temps que lui. Capturé dès les premières secondes du film, il est victime de la citadelle et de son fonctionnement. On ne nous sert qu’une toile de fond très minimale en début de film “c’est la guerre pour l’eau et le pétrole, deal with it” et on est plongés direct dans la frénésie de cette dystopie. On découvre les us et coutumes des autochotones au fur et à mesure du film, certains éléments nous paraissent un peu confus à certains moments mais sont expliqués un peu plus loin. Du coup, Max en perd un peu son côté bad ass, c’est plus le mec un peu là par hasard qui lutte pour sa survie même si on se demande bien où il pourrait aller. La mort de sa femme et de sa fille, élément prégnant de la première trilogie (je me suis un peu renseignée quand même) apparaissent ici en filigranes, sa fille apparaît en réminiscence, des images à la limite du subliminal pour donner à Max une direction mais en dehors de ça… En fait, il faut bien l’avouer, à part pour le twist de mi film (twist que j’ai trouvé un peu tiré par les cheveux), Max ou un autre, ça ne changeait pas vraiment grand chose.

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Bref, j’ai été totalement embarquée. Je comprends les critiques sur le manque de scénario ou le personnage de Max qui sert pas à grand chose parce que oui, ok. Mais ça reste une grosse claque et je suis assez curieuse de voir la suite.

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