Le snobisme géopolitique

Et je vous préviens : je vais être obligée de plaider coupable car je suis une passionnée de géopolitique.

 

Il y a quelques années, j’ai créé un blog d’actualités qui a vécu environ 5 jours. Le but : écrire quelques courts articles d’actualité factuels traitant de la politique étrangère… et française. Parce qu’on va pas se mentir : la politique française, ça m’ennuie. Parce que c’est de la politique politicienne, des petites phrases, des politiques stériles, des incompétents, toujours les mêmes têtes depuis que je suis née… Je n’y crois plus, je les méprise, je suis lassée. Alors qu’à l’étranger… ben, c’est très certainement pareil sur pas mal de ces points mais comme je le vois pas, ça m’intéresse de suite beaucoup plus. Mais au-delà de ça, s’intéresser à la politique étrangère, ça fait cultivé et intelligent…

Risk : allégorie de la géopolitique

L’intelligence de celui qui sait ce qu’il se passe ailleurs

J’ai toujours eu un réel intérêt pour la géopolitique et l’histoire des nations (au sens large du terme), je fais ma brillante en parlant de la révolution “citron” au Kirghizistan, en écho à la révolution orange de l’Ukraine (mais plus communément appelée révolution des tulipes, finalement), les délires mégalos de feu le dictateur du Turkménistan (il a fait une statue de lui en or qui tourne car il est si fort qu’il peut regarder le soleil direct dans les yeux et a envoyé son livre, le Ruhnama, sorte de Bible, dans l’espace) ou du Canada, ce pays si proche dont personne ne sait jamais rien in fine. Ouais, ça fait intelligent de savoir ce qu’il se passe à l’étranger et tiens, justement, c’est, je crois, le coeur du snobisme géopolitique : être (ou paraître brillant). J’eus un ami dans le temps qui se targuait d’être très intelligent et cultivé mais en fait, il s’arrangeait pour amener la conversation sur son sujet de prédilection pour paraître brillant puisque les personnes en face, moins au fait du sujet, écoutaient sans intervenir. C’est toujours drôle de voir que s’y connaître un peu en actualité des les pays étrangers vous fait de suite atteindre un statut de personne “cultivée” alors que vos commentaires ne volent peut-être pas plus hauts que ceux qu’on pourrait avoir au “café du commerce” rapport à la politique française mais vu qu’on ne maîtrise pas les paramètres, ça passe crème.

Turkmenistan_1

Mais non, j’ai un amour pour un pays étranger, c’est pour ça que je m’y intéresse

Ce que j’appellerais aussi “l’herbe est plus verte ailleurs”. Choisissez quelques uns de vos amis, peu importe lesquels, je vais pas trop me mouiller qu’ils ont tous un pays de prédilection, un pays où ils rêvent d’aller visiter ou vivre parce que c’est mieux qu’en France. Moi, par exemple, je serais pas contre l’idée de partir vivre en Suède, Canada, Grèce ou Espagne pour différentes raisons que j’exposerai pas ici car on s’en fout mais en gros “la France, j’en ai marre, allons voir ailleurs si l’herbe est plus verte”. Parce que nos politique sont tous pourris, qu’il n’y a plus de travail et que les Français sont tous des cons, t’as qu’à voir les dernières élections (j’exagère à dessein). Sauf que… la fuite en avant est rarement une bonne solution. On ne voit les choses que de façon macroscopique, on n’est pas englués dans le quotidien, les petits scandales politiques qui s’égrènent au fil des jours. Je suis de plus en plus amère vis à vis de nos politiques français (c’est le moins que l’on puisse dire) mais je ne suis pas dupe : ce n’est pas forcément mieux ailleurs. Reste l’attirance pour une autre culture que je comprends tout à fait mais si je devais suivre mes élans culturels, j’irais vivre en Italie… le pays où la sphère politique est encore plus moisie que chez nous.

France Italie géopolitique

En France, on est quand même en démocratie, c’est moins grave qu’en… [choisissez votre pays en conflit, la liste est assez longue]

En France, il n ‘y a pas d’urgence, pas de danger, on en reste à la politique politicienne, tout va bien. Alors oui mais non. Si je me réfère à mes communautés, il me semble avoir vu beaucoup d’indignation lorsque les manifestations étudiantes du Québec ont été durement réprimées ou lors de la volonté du gouvernement espagnol d’interdire les manifestations. Alors que quand ça arrive en France, grosse indifférence. J’en ai déjà parlé sur la manifestation lors de la COP21. Déjà, j’ai généré quasi aucun trafic sur cet article par rapport à d’habitude, démontrant une certaine indifférence de mes communautés vis à vis de ce sujet… Alors peut-être est-ce parce que l’écologie ne leur parle pas, peut-être parce qu’ils ont bien assimilé la rhétorique de la terreur (moins de liberté pour plus de sécurité, promis, c’est pour ton bien) alors même que l’on a déjà voté une bonne dizaine de lois liberticides en 5 ans et qu’on n’a jamais eu autant de morts que depuis qu’on est censés être mieux protégés. Peut-être juste parce qu’on est en France et que ce n’est pas une dictature, arrête d’exagérer. C’est vrai, nous avons encore pu exercer nos droits citoyens pas plus tard que le week-end dernier, suite à une campagne lamentable où on nous a encore pris pour des débiles “vote pour nous sinon la bête immonde” (on dirait un chantage affectif de parents sadiques sur leurs gosses “dors sinon le monstre va venir te manger”) mais oui, on a pu voter, avoir un choix entre différents partis… sauf que l’Histoire nous a appris que la privation de droits ne venaient pas toujours par coup d’Etat, c’est souvent du progressif. Croire qu’en France, on risque rien, c’est d’une naïveté… et je me permets de le dire parce que j’ai été tout aussi naïve (je peux plaider coupable sur tous les éléments de l’article, pour rappel), parce que je trouvais le village des Indignés français ri-di-cule à l’époque du Printemps Arabe. Pourtant, il est désormais temps de s’indigner car notre riante démocratie fait la gueule. Je dis pas qu’on sera en dictature demain mais il faut rester vigilant quoi qu’il arrive… même si la pente est douce, elle peut nous amener au fond.

(c) Je ne sais pas mais trouvé sur Associazione culturale Zenit (clic sur l'image)

(c) Je ne sais pas mais trouvé sur Associazione culturale Zenit (clic sur l’image)

Voilà, fin de mes articles politiques, on va passer à Noël maintenant, sauf si une news me met encore la rate au court bouillon. Mais ne vous inquiétez pas : dans mes résolutions 2016, il va y avoir « ouvrir encore plus ma gueule » #spoiler

Rendez-vous sur Hellocoton !

Peut-on rester léger face à  l’effondrement de notre monde ?

Ceci n’est pas un titre grandiloquant.

La semaine dernière, j’ai vraiment été troublée, la goutte d’eau. Depuis quelques temps, l’actualité me rend enragée. Je ne m’étendrai pas sur la politique française et européenne, tout ça n’est finalement qu’un détail par rapport au drame qui touche d’autres personnes, des populations qui vivent au quotidien dans la violence, dans la peur, qui sont prêts à donner tout ce qu’ils ont pour tenter de survivre ailleurs. Leur sort me fait mal, les réactions déconnectées de ceux qui ne comprennent pas ces “poltrons qui fuient la guerre” encore plus et tout le dégueulis raciste qui l’accompagne me rendent folle. Puis il y a eu cet enfant, ce petit corps sans vie, le même âge que Saturnin, à peu près. La goutte d’eau de trop.

pieta

Et à côté, il y a ma vie. J’ai tout pour être heureuse, entre mon mec, ma nièce à naître incessamment sous peu. J’ai la santé, un boulot, je voyage à travers le monde, mon dernier souci fut une fièvre qui m’a clouée au lit dimanche et qui m’a empêchée de profiter pleinement de Victor. Le grand drame donc. Et j’ai envie d’écrire des tas de banalités, rire des facéties de mon neveu, la semaine à 4 qu’on a vécue avec Victor (nous deux et nos deux chats), mes périples… Bref, les petites choses qui font le sel de la vie.

chattes

Mais peut-on vraiment continuer à faire comme si de rien n’était ? Se réjouir de nos petites vies bourgeoises où on peut obtenir tout ce dont on a besoin ou envie, où on surconsomme. On passe nos soirées à regarder des histoires futiles où un homme et une femme s’aiment mais se compliquent la vie pour des bêtises, des gens qui meurent mais on s’en fiche car ce qui nous intéresse, c’est de savoir qui est le meurtrier. On envoie des SMS pour laisser des gens enfermés dans de fausses maisons ou pour qu’ils continuent à chanter, on regarde les gens qui meurent pour de vrai dans un JT, entre deux pubs pour du Coca ou un iPhone qui coûte plus cher qu’un loyer.

Roger-Gicquel

Peut-on rester léger quand, à côté, des gens, des enfants, voient leur vie réduite en miette ? Qu’ils ne leur restent que des ruines pour espérer se protéger d’un tir de missile ou d’une rafale de kalach ? Peut-on continuer à supporter notre impuissance face à ces drames ? Je veux dire, on peut faire des micro choses, donner de l’argent, apporter un peu de chaleur aux migrants sur notre territoire mais n’est-ce pas déjà trop tard pour eux ? Pour un qui a réussi à arriver sain et sauf sur nos plages, combien sont déjà morts ? Trop tard, trop tard. Evidemment, dès qu’il n’y a plus gaz ou pétrole, les défenseurs des Droits de l’Homme détournent le regard…

les_3singes_de_la_sagesse

Vous me direz que ce n’est pas la première fois que l’Humanité traverse ce genre de crises et que les migrations importantes de populations fuyant une guerre sont presque un phénomène séculier. Il y a 80 ans, c’étaient les Espagnols qui traversaient les Pyrénées pour venir chez nous. Et puis même, si on parle de migration, il suffit d’aller faire un tour du côté de Lampedusa et visiter son musée des Invisibles pour bien voir que ça ne date pas non plus d’hier.

Lampedusa_SOS

Et peut-être qu’on a justement besoin d’un peu de futilités, de petits bonheur, pour ne pas sombrer dans le désespoir ? Je sais pas…

Rendez-vous sur Hellocoton !

Gare à toi si Hado(te)pi(que)

Amateur du titre clair et percutant, je sens déjà que tu as arrêté la lecteur de cet article et j’avoue que mon titre est un peu nase mais embrayons. Car aujourd’hui, j’ai envie de vous parler d’Hadopi. Oh non, je ne me lancerai pas dans une analyse juridique de la chose, j’ai suivi un jour et demi de cours de droit dans ma vie (droit des médias en plus) alors autant vous dire que commenter une loi signifierait dire beaucoup de conneries. Plus que d’ordinaire.



Si je devais faire un bon vieux cliché sur la politique française, je dirais : en gros, la gauche, c’est la prévention, la droite, la répression. Très réducteur certes mais quand j’ai suivi l’histoire Hadopi, je me suis dit qu’on était en plein cliché. Alors puisqu’il faut parler téléchargement (je trouve le terme piratage un peu too much), j’exprime vite fait ma position sur le sujet comme ça, ce sera fait : oui, je télécharge. Globalement peu, je peux passer 6 mois sans rien récupérer sur mon pc. De façon générale, je télécharge des films (peu) et des séries (plus), sachant que je n’aurais jamais acheté le DVD de l’un ou de l’autre et que si je n’attends pas leur passage en télé, c’est parce qu’entre le boulot, les sorties, le sport, je ne peux pas être chez moi tous les soirs à 20h30 ou 21h pour mater tel film ou telle série.  Une fois regardé, je jette pour pas encombrer mon pc. Donc je n’aurais jamais acheté les DVD de ces productions, c’est un peu cher pour une utilisation unique.




Idem pour certains titres musicaux. Il m’est arrivé de découvrir via téléchargement ou échange de MP3 des artistes dont je suis finalement allée acheter le CD uniquement pour les « supporter » et qu’ils en fassent d’autres, je pense à Jorane, Apocalyptica, Mansfield Tya. D’autres dont j’ai téléchargé l’album, écouté une fois et jeté aussi sec vu qu’à part une chanson sympa, le reste était inaudible. 20 euros la chanson, ça fait cher. D’ailleurs au sujet des artistes qu’on spolie, je vous invite à lire ce petit article que j’ai trouvé très drôle sur le prix de la Bruelmania. Si, apparemment, ça existe encore.



Alors pour protéger nos artistes, on nous sort Hadopi, tatan ! Sur le fond, régulariser le téléchargement, why not. Sur la forme, cette loi a un défaut gigantesque : elle est faite par des gens qui n’y connaissent rien. Le streaming ? Ah mais non, on va pas statuer dessus parce qu’en fait, on ne sait pas ce que c’est. Puis tous les gens qui téléchargent, on va les menacer, héhé ! Ouais ok, je veux bien mais si on télécharge des contenus gratuits ou que l’on a payé, comment ils vont savoir ? Non parce qu’ils peuvent surveiller mes débits, y a pas marqué « attention, téléchargement de ko illégaux ! ». Bref, dès le départ, ça me faisait un peu penser à l’architecte dans Astérix et Cléopâtre qui bâtit ses monuments un peu n’importe comment. Si les bases ne sont pas bonnes, ça s’effondre. D’ailleurs, avec la suppression de la partie sanction du texte tout en gardant les avertissements par mails et recommandés (bonjour le gaspillage de temps et d’argent), ça devient limite grand guignolesque.




Mais au fond, ce qui m’énerve dans cette loi, ce n’est pas le côté « je te tape sur les doigts » mais vraiment cette volonté d’être parti direct dans la sanction sans chercher des idées de compromis. Il y a certes Itunes mais jusqu’à présent, entre la qualité du mp3, son prix sans qu’on ait pour autant le support matériel, ça ne valait pas tellement la peine. IL y a un site intéressant, Beezy, qui permet de télécharger de la musique gratuitement contre 10 à 15 secondes de visionnage pub. Ce qu’on subit sur n’importe quel site de toute façon.




Bref, qu’on essaie de régulariser le téléchargement, je veux bien. Mais bon sang, est-ce si difficile de se dire qu’on peut trouver des solutions qui arrangeraient tout le monde au lieu de menacer tout le monde de couper l’accès au net ? Je connais des tas de gens qui ne seraient pas titillés à l’idée de payer un forfait par mois permettant des téléchargements, pourquoi personne ne l’envisage ? Un jour, il va falloir que nos bonnes vieilles industries du disque (et du cinéma qui est encore plus touché) se réveillent et changent leurs méthodes de travail. Parce que la révolution numérique, ils l’ont complètement loupée. Et ça risque pas de s’arranger en restant buté de la sorte.




Pour finir, un article drôlement sympa sur le piratage, il faut le lire.

Rendez-vous sur Hellocoton !

La politique française m’ennuie

Ca faisait un moment que je n’avais plus parlé de politique française et pour cause : qu’est-ce que ça m’emmerde. Aujourd’hui, ce n’est plus que du pro sarkozysme contre de l’anti sarkozysme, les deux aussi primaires l’un que l’autre et on oublie de parler de l’essentiel. Sans parler de l’incontournable Carla Bruni-Sarkozy qui émerveille ou agace selon le camp où l’on se trouve. Parce qu’aujourd’hui, la politique française me paraît tellement manichéenne que je ne vois même plus l’intérêt de débattre, ça restera stérile quoi qu’il en soit.


A ma droite, Sarko et sa clique. Je pense sincèrement que Sarkozy n’est pas un homme très intelligent. J’ai lu pendant mes vacances un dossier sur sa personne dans Le Point qui publiait pas mal de petites phrases off et il m’a fait l’effet d’un petit notable de province qui commente la vie au café du commerce le dimanche. On le sait que c’est pas un technocrate, ce fut même un de ses arguments vente mais y a des fois, je me demande s’il est pas sous substances pour dire des conneries pareilles. Mais surtout, Sarko, ce qui me frappe chez lui, c’est le manque total de subtilité. Prenons le cas de la nomination du président de France Television par ces soins qui émeut tout le monde et surtout ses détracteurs. Bon, atterrissez un peu : jusqu’à présent, le président de France Télévision a toujours été nommé par le Président du CSA nommé par… Ah bin par le Président de la République. Y a qu’à voir la valse traditionnelle des
présentateurs de JT du service public après chaque élection pour comprendre que la présidence de la République a toujours traîné par là. De même pour la nomination ou révocation de certains journalistes. Le jovial Chirac a toujours été un killer et beaucoup ont vu leur carrière salement menacée par ses interventions et pas que dans le journalisme d’ailleurs. En somme, la seule nouveauté, c’est que c’est fait de façon ostensible et sans la moindre nuance. Sarko veut montrer toute l’étendue de son pouvoir, là où ses prédécesseurs agissaient dans le secret de leur bureau. Je suis même sûre que les pro sarkozystes trouvent ça très bien cette façon de jouer franc jeu en permanence. Moi, je trouve que c’est rajouter inutilement de l’huile sur le feu. La méthode Sarko, quoi.

Au delà de ça, je crois qu’on s’emballe franchement trop sur le cas Sarko qui n’a même pas forcément l’ambition de faire un deuxième mandat. Il veut rester dans l’histoire comme celui qui aura fait le plus de réformes mais après, il se rêve une retraite à la Clinton « il se prend 15 000 euros par conférence, je vais m’en mettre plein les poches », aurait-il dit, toujours selon le Point. Je crois que se cantonner à un anti sarkozysme primaire en guise d’opposition est une connnerie monumentale. Et notre amie Ségolène, à peu
près aussi fine, intelligente et incontrôlable que le père Sarko dès qu’elle sort de ses fiches, s’y vautre avec délectation. A l’heure actuelle, mon pire cauchemar serait un second tour Ségo-Sarko en 2012. Je voterai blanc tellement ça me paraît la peste et le choléra. L’opposition a 5 ans pour mettre sur place un projet, une alternative à la société que la droite construit aujourd’hui et leur figure de proue (mais qu’on la dégage, pitiéééééééé) mord tel un roquet le mollet du président, faisant fi du gouvernement qui va avec. Elle va jusqu’à faire des allégations très graves quant à son cambriolage. Y a des fois, j’ai l’impression qu’on est en plein X-files avec la théorie du complot, Sarko en homme à cigare qui tire les ficelles et Ségo dans le rôle de Mulder.  A mon sens, tout ça n’est qu’une surestimation de leur intelligence mutuelle, ils me paraissent franchement aussi pitoyables l’un que l’autre.

Il m’arrive souvent de lire les commentaires sur les articles des journaux en ligne et j’ai l’impression qu’aujourd’hui, on ne peut être que dans le radicalisme. Tous les arguments ne sont que clichés et contre clichés, chacun s’accusant mutuellement de pro ou d’anti sarkozysme primaire et c’est pas faux. Nous sommes incapables de voir plus loin que ça, d’avoir de vraies perspectives d’avenir, de réfléchir à des alternatives. Dès qu’on essaie de faire preuve de nuance, on se fait renvoyer dans nos 22 en se faisant taxer de naïveté voire de stupidité. Ben ouais, c’est tellement plus intelligent et enrichissant de rester dans un bête rapport de force qui ne fait avancer personne et, in fine, nuit globalement à tout le monde.

Alors oui, la politique française m’ennuie profondément et j’ai de plus en plus envie de ne plus lire les articles qui s’y rapportent. Mais pourtant, je me force : quel que soient mes opinions et ma lassitude, je préfère rester vigilante, histoire de savoir à quel sauce je vais être mangée.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Ce n’est pas toujours le meilleur qui gagne

C’est pas juste ! Déjà enfants, on percevait à quel point la vie n’était pas toujours tendre avec les gentils et que parfois, les méchants gagnaient haut la main. Longtemps,j’ai laissé ma rancune et mes désirs de vengeance de côté, me disant que la vie finirait par me venger car on ne peut pas s’en tirer quand on est un beau salaud. Ou salope, au choix.
Maintenant, je suis (hélas) adulte et j’ai bien compris que ça ne marchait pas toujours comme ça.

 

Comme tout un chacun, j’ai des principes et des règles. En un mot, je peux tout faire tant que je peux encore me regarder dans une glace. Je me bats dans la mesure de mes moyens pour faire mon petit bonhomme de chemin mais quand je vois les routes que prennent d’autres qui finissent par me passer devant, j’ai comme un sale goût dans la bouche. Peu importe le mérite, vaut mieux parfois la combine.

Est-ce que vous vous souvenez du maillon faible, le jeu de Boccolini ? Je trouve que c’est une assez bonne métaphore de la société finalement : ce n’est pas le meilleur qui gagne mais celui qui a été assez malin pour se faire discret jusqu’à ce que ce soit son heure. Si on prend l’exemple de la politique française, c’est carrément ça. Prenons nos deux candidats du second tour, Nicolas et Ségolène. Honnêtement, à l’heure actuelle, je ne sais pas lequel je méprise le plus tant je les trouve aussi minables l’un que l’autre. D’un côté Ségolène qui s’est incrustée en cours de route alors que les éléphants du parti s’étaient épuisé sur le référendum européen et qui a remporté tranquillement la mise. Plus d’un an et demi après, j’en pleure
encore. A droite, Sarko qui reste quand même un phénomène : il n’était ni le plus beau, ni le plus intelligent, il avait son lot d’ennemis, les journalistes le détestent et le descendent régulièrement, malgré le mythe de la presse complice. Je dirais même que Sarko, il est globalement un peu crétin et que s’il n’avait pas de beaux discours écrits par des mecs un peu plus évolués, il ne serait rien de rien. D’ailleurs, y a qu’à voir les résultats dès qu’il improvise, le « quand y a des grèves, personne ne s’en aperçoit », j’ai un peu envie de lui suggérer de vivre ma vie une semaine en période de grève qu’on rigole. Et encore, je dis ça, je suis vraiment pas la plus pénalisée dans l’histoire.

Je parle politique mais c’est partout pareil. Bien sûr, il y a un facteur chance : être là au bon endroit et au bon moment, ça aide énormément. Mais honnêtement, est-ce que personne ici n’a été dégoûté par une promotion, une carrière fulgurante qu’a eu quelqu’un d’objectivement moins doué que nous. Et oui mais le talent, ça ne suffit pas, faut aussi
savoir tirer les bonnes ficelles. Prenons par exemple le monde de la télé. Quand Audrey Pulvar, la présentatrice antillaise du 19-20 de France 3 qui est une belle femme même si elle s’économise pas mal sur le sourire, explique sur le plateau de Pif Paf que le directeur de LCI lui a dit clairement « tu es très douée et compétente mais elle, elle est plus jolie que toi donc c’est elle qui l’emporte », ça démange un peu. Si je prends Melissa Theriau, elle n’a pas de diplômes de journaliste, elle a un niveau inférieur au mien mais elle a sa belle gueule et la voilà propulsée présentatrice de Zone Interdite. Bon, franchement, je m’en fous vu que la télé ne m’a jamais intéressée (du moins pas la présentation d’un JT) mais je peux comprendre qu’une fille parfaitement formée, très compétente mais moins jolie l’ait un peu en travers de la gorge.

Moralité : en fait, il n’y en a pas vraiment. Ca fait partie du jeu et on n’y peut rien. Mais je pense que plutôt que de maudire dans son coin celui qui a mieux réussi en prenant des chemins détournés, il faut aussi se remettre en question et se bouger le popotin. Notre premier et seul allié dans une ascension sociale, c’est nous mêmes et il est tout à fait possible de tirer des ficelles sans pour autant se dégoûter soi même. Alors au lieu de vomir sur celui qui nous a grillé la politesse, on regarde comme il a fait et on retient la leçon : ça nous servira forcément un jour ou l’autre.

Et comme je m’en lasse pas :

Rendez-vous sur Hellocoton !

Politique

Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui, je vais parler politique mais rassurez-vous, je vais pas vous faire un petit exposé sur mes idées politiques ni rien. Non, nous sommes dimanche, c’est l’article léger, c’est pour rigoler ! Je ne parlerai pas non plus du livre ayant le même titre, y a bien que Beigbeder pour s’extasier dessus mais forcément, y a des scènes
de sodomie et de fist fucking. Comme quoi, le sexe ne fait pas nécessairement un bon livre. Donc voici le récit de mon incursion au sein d’un parti politique.

Depuis que je vis sur Paris, j’aime faire de nouvelles expériences. Lundi soir, je me rends chez Gauthier pour une soirée télé-DVD. On discute et il m’explique qu’il s’est inscrit au PS par Internet et qu’il y a une conférence mercredi. « Super, je peux venir avec toi ?
– Heu…oui, ça tombe bien, je voulais pas y aller tout seul ! »
Youpi ! Oui, moi, je suis une fille qui aime aller dans des trucs de ce genre, histoire de voir comment ça se passe. Que les choses soient claires : je ne pense pas devenir militante. D’une part, je n’ai pas toujours voté PS aux élections et je veux pouvoir voter ce que je veux sans avoir l’impression que je trahis l’intérêt du parti. Il est vrai que c’est le parti dont je me
rapproche le plus au niveau des idées mais des fois… D’un autre côté, je ne pense pas que militer au sein d’un parti, même non extrémiste, soit une bonne idée pour ma carrière. Bien évidemment, je ne le mentionnerai pas sur mon CV mais on ne sait jamais…

Une assistante bigarrée
Donc, mercredi, je rejoins Gauthier et nous voilà partis à la recherche du lieu de réunion. On arrive et on voit une église genre « secte » appelée l’église du bonheur ou je sais plus quoi, ça commence bien. Dehors, des militants fument, certains portent l’écharpe rouge, la même que Mitterrand. On s’en crame une aussi puis on rentre dans le bâtiment, on trouve enfin la salle (après avoir demandé, quand même).

Dedans, on s’assoit dans un coin et je commence à détailler les gens en notant les personnages typiques. Il faut savoir que j’ai été élevée dans un milieu de droite donc des clichés sur les socialistes, j’en ai à la pelle et pas que l’écharpe rouge. Nous avons, par exemple, le cliché de « l’instituteur socialiste » comme dit mon père, un monsieur avec une barbe en collier (celui-là, en plus, il a des sourcils impressionnants). Enfin, j’ai aussi des clichés sur les militants de droite, j’en ai subi un en 1ère année de fac et j’en avais interviewé un autre lors de mon stage dans une radio nationale. Le gars, militant jeune de l’UMP, il arrive… et là, on se dit qu’il aurait tatoué « jeunesse UMP » sur la tronche que ce serait pareil : petits
mocassins, pantalon à pince, pull col en v d’où sort une chemise à carreau. Et que dire de l’énorme montre à son poignet ? Bref. La foule est assez disparate : des jeunes, des moins jeunes, des plus jeunes du tout, des hommes, des femmes… Des écharpes rouges un peu partout. Evidemment, la réunion commence en retard mais en même temps, les gens tardent à arriver. Sur l’estrade, le chef de section et les intervenants discutent en regardant les gens arriver, la salle se remplit peu à peu. Y a du monde quand même.

Alors qu’on discute de tout et de rien avec Gauthier, un homme en noir s’approche et nous serre la main, nous expliquant qu’il est responsable du recrutement et il nous demande notre nom. Gauthier répond, je lui explique pour ma part que je suis là en touriste (de toute façon, si je devais adhérer, je dépendrais pas de cette section). On récupère des documents et c’est parti pour la réunion. Bon, ici, on se tutoie et on s’appelle camarade, ce qui nous étonne un peu : on croyait que c’était typiquement communiste mais apparemment, nous avons tort. Maintenant, je me demande s’ils utilisent « camarades » à l’UMP, aussi. Le chef de section remercie les militants de l’avoir reconduit à ce poste puis il demande aux nouveaux adhérents de se présenter, Gauthier ouvre le bal. A chaque fin de présentation, on applaudit. Comme il me dit ensuite : « on se croirait aux alcooliques anonymes ». Donc plein de gens se présentent, des
étudiants dont un Italien, des gens qui ont déménagé et qui rejoignent la section, des sympathisants qui franchissent le pas du militantisme « en ces heures sombres », une dame blonde tout de rose vêtue qui pourrait être la mère de Barbie. Et on applaudit Paul, on applaudit Janine, on applaudit Paolo, on applaudit Vincent… Le chef de section est ravi de toutes ces nouvelles têtes et nous explique que les inscriptions ont dû être bloquées juste avant le congrès, « c’est pour ça qu’il y a tant de nouveaux aujourd’hui ». Aurais-je senti une pointe d’amertume ?
Suite à ces émouvantes présentations dont je me suis dispensée (oui, je ne suis pas de cette section, moi !). A ce moment-là, je remarque une femme au gilet couleur framboise écrasée (j’adore cette dénomination de couleur) qui erre dans la salle, se pose à côté de quelqu’un en discutant d’un air revêche puis elle vient par s’installer pas loin de nous. Une dame vient sur l’estrade nous parler d’un problème de quartier dont Gauthier et moi ne connaissons ni les tenants ni les aboutissants, la dame fustige « les communistes et le verts ». Je me retourne vers Gauthier et lui glisse un : « c’est quoi déjà la gauche plurielle ? ». La dame n’est pas contente, certains la fustigent un peu, notamment un mec à costard et la femme avec son gilet framboise qui soupire bruyamment en faisant la gueule. Ils sont agités, quand même, les gens. Après, ils nous expliquent qu’ils ont sorti un livre d’images sur l’histoire du PS pour le centenaire du parti et il est question d’un DVD, je crois (on sent la fille attentive). Quoi qu’il en soit, les militants sont invités à participer en prêtant les photos de leur engagement.

Conférence… sans doute passionnante
Arrive le moment de la conférence en elle-même (soit une heure après le début de la réunion), deux personnes de haut rang viennent parler de ce que l’on doit faire pour lutter contre la politique sécuritaire de la droite. Je vous avoue que je ne sais absolument pas ce que les gens ont proposé puisque j’ai passé l’heure suivante à lutter contre le sommeil. Assise sur ma chaise, ma tête ne cessait de tomber vers l’avant, me vrillant les cervicales à chaque fois. Changement d’intervenant, j’applaudis le monsieur moustachu que je n’ai pas écouté et une jeune demoiselle prend la parole à son tour, je recommence à me rendormir et à lutter en faisant attention à ne pas martyriser mes cervicales. Les militants sont assez dissipés, ça papote, ça rigole, ça va aux toilettes… A un moment, la dame au gilet framboise décide qu’elle en a marre et le signifie ostensiblement en soupirant bruyamment puis en adressant un geste « temps mort » au chef de section pour dire que la demoiselle qui parle est trop longue. La pauvre fille doit s’en rendre compte, elle conclut un peu abruptement. Le chef de section la remercie et demande si quelqu’un veut dire quelque chose. Là, une forêt de bras se lève, notre dame au gilet framboise est assises sur un quart de tiers de fesses, le corps tendu en avant, prête à bondir sur l’estrade mais le chef de section donne la parole au monsieur en costard de tout à l’heure. Et tandis que le mec s’avance, personne ne baisse les bras ! Et pendant que le gars commence son intervention, ils sont tous le bras levés, lançant des regards complices au chef de section pour le prier de leur donner la parole de suite après, la dame au gilet framboise est particulièrement motivée, apparemment. Là, le gars se met à parler et dit : « Moi, quand j’étais à Toulouse… ». Vu son accent, c’était pas la peine de préciser, je savais qu’il était de chez nous ! Mais bon, Gauthier et moi avons faim, nous quittons la salle. En partant, je vois sur un siège au fond, à droite, un mec affalé sur sa chaise, la tête en arrière, la bouche grande ouverte, se payant un merveilleux roupillon. Bien, ça me rassure, j’ai trouvé pire que moi.

Etre militante ?
En cheminant loin de ce lieu, Gauthier me fait part de sa déception, « je n’imaginais pas ça comme ça ». Moi non plus… mais à quoi m’attendais-je ? Je me dis que, quelque part, les militants ont un rôle à jouer dans la politique française, on ne les voit pas, on ne les entend que peu mais ils sont là, ils décident de ce qui est le mieux pour leur parti, ils s’investissent… et ce sont de véritables gamins. Mais ce n’est pas lié au PS, je suppose que c’est dans tous les partis pareil. Mais ai-je l’âme militante ? Je ne sais pas, je ne crois pas. Surtout qu’il y a très vite des rivalités, des velléités de pouvoir, des clans… Et ça, je n’en ai pas envie. Je me souviens, en 1ère année de fac, je « subissais » la présence d’un gars, membre
hyperactif du RPR jeune (hé oui, ça remonte). En 1998, les piquets de grèves sont dressés à la fac et notre ami y voit un merveilleux moyen de plaider sa cause : devenir le chef du RPR jeune de notre département. Donc le voilà qui m’explique qu’il va monter un contre-mouvement pour riposter aux grévistes… le tout chapeauté par le RPR jeune de Toulouse. D’ailleurs, je me souviens, un jour, pendant une AG, il me parle d’un étudiant qui se prononce contre la grève : « ce serait bien qu’il fasse partie de mon groupe, même s’il est de gauche. » Bon, finalement, la grève se termine et le voilà qui râle car il n’a pas eu le temps de mettre son plan à exécution. Je suis édifiée par ce que j’entends : quel est le plus important ? Défendre ses idées ou bien se faire voir ? Il voulait que la grève se termine, c’est arrivé, que demander de plus ? Si les ambitions doivent passer avant les idées, je crois que la politique ne sera jamais pour moi.

Rendez-vous sur Hellocoton !