L’amour et le patrimoine

Depuis que je suis en couple monogame, je suis assez friande des histoires de rencontre des autres vu que moi, je n’en ai plus et que mes récits croustillants nécessiteraient de rentrer beaucoup trop dans mon intimité, ce que mes amis ne goûteraient pas forcément. Non mais c’est vrai, moi, j’ai une imagination très visuelle par exemple donc si tu me racontes par le détails une partie de jambe en l’air et que je connais les protagonistes impliqués… Ben c’est comme si j’avais fait ma scopophile… Donc je suis désormais les aventures d’une copine, que nous appellerons Katel (parce que j’ai envie) sur les sites de rencontres. Et au bout de quelques rendez-vous, Katel en a déjà marre d’un truc : de la drague par le patrimoine.

homme_argent_exhibition_patrimoine

Katel a décidé de passer la 2nde pour trouver un homme, pour une nuit ou pour la vie, c’est selon. ne suivant pas mes conseils, elle squatte Adopte Un Mec, site que je méprise assez car j’ai énormément de mal avec la vision ultra machiste du truc : “homme : balance ton salaire et tes possessions, femme : balance ta culotte et tes pratiques sexuelles”. Et ça veut se faire passer pour “féministe” après, laisse-moi me marrer ! On dirait que ça a été conçu par Hugh Hefner mais passons. Elle cale quelques rencards à des hommes et c’est festival : entre les fachos assumés (!!) et les “salut, je m’appelle Antoine et je viens d’acheter un 70m² dans le Marais et toi ?”, les bonnes soirées sont rares. Oui parce que curieusement, elle s’est tapée un bon paquet de “salut, je viens d’acheter un appart” alors qu’elle ne demandait rien sur le sujet vu qu’elle s’en fout. Du coup, je me pose la question : est-ce que draguer avec son patrimoine, ça marche vraiment ?

pretty woman, l'histoire d'amour entre un mec riche et une prostituée

Oui, bon, des fois, ça a l’air de marcher mais c’est un FILM

Jeudi soir, Katel a donc rencontré Rémi. Elle m’en parle un peu avant en mode “il a l’air intéressant, il va à des conférences d’économie et tout”. Moi, en bonne gauchiste, je comprends “il va à des conférences sur Marx, l’économie collaborative, partagée, les alternatives économiques…”. Je m’imaginais déjà des sorties à 4 avec des “débats” enflammés autour d’un verre de vin sur comment on devrait révolutionner l’économie pour permettre un meilleur partage du gâteau… Sauf que non. Rémi va sans doute à des conférences “quels meilleurs placements pour votre argent en trop” et le mec lui a parlé d’argent toute la soirée, ennui total. Bye bye Rémi et nos soirées à 4… On garde notre vin pour un meilleur candidat.

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En fait, je ne comprends pas. Evidemment, le site en lui-même semble faire SUBTILEMENT comprendre que tu choperas plus facilement une femme avec un écran plat et un lit king size (spoiler : NON) mais franchement, tu crois que ça marche comme ça, Jean-Pognon ? Tu as du fric, tu pourrais offrir de belles choses à l’élue de ton coeur… Heu ok mais du coup, est-ce que tu as vraiment envie de mettre ça dans la balance, limite de ne mettre QUE ça dans la balance, dès le départ ? Non parce que s’il le faut, Rémi est un sportif accompli, un musicien de talent, un dessinateur remarquable ou un poète exceptionnel… Mais ça, on ne le saura jamais, on saura juste qu’il est propriétaire de 3 apparts… Du coup, une vraie question s’impose : la femme qui sortira avec Rémi le fera-t-elle pour ce qu’il est ou pour ce qu’il a ? Rémi semble croire que les femmes sont vénales et paraît s’en accommoder… Sauf que peut-il réellement être heureux si sa moitié s’intéresse plus à son compte en banque qu’à lui ? Sérieusement ?

femme vénale

Alors peut-être que j’évolue trop au milieu des gauchistes mais, messieurs, arrêtez de lire des conneries de sites de drague car je vous le dis de suite : parler de fric, c’est chiant. Penser que c’est votre meilleure carte en matière de séduction vous élimine automatiquement. Parce que, clairement, le message que vous nous envoyez est problématique :

  • je n’ai rien d’autres à t’offrir que de l’argent, je suis le mec le plus intéressant du monde
  • De toute façon, les femmes, c’est bien tout ce qui vous intéresse, non ?
lèvres en diamant

Chercher « bling bling » sur Google images est toujours une expérience… étrange

Rémi, le conseil a voté, vous êtes éliminé.

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La nature, c’est plus fort que toi

Depuis jeudi, je prends mon pied mais un truc de dingue. Non, je ne parle pas de sexe (vous pensez vraiment que j’ai le temps de prendre intégralement mon pied sexuellement depuis jeudi ? Je travaille, moi) mais de cette formidable aventure écologique que nous sommes en train de vivre : le réveil de l’Eyjafjallajokull. Le volcan aurait un nom plus facile à dire et à retenir, on se croirait en plein film. 2012 mais avec 2 ans d’avance.

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Résumé de la situation : les gens sont bloqués, impossible de prendre l’avion et en plus en France, y a plus trop de train non plus et les routes se retrouvent bloquées. Mmmm, tu sens cette douce sensation d’exode ? Bon, ok, je grossis énormément le trait mais laissez moi imaginer que je vis dans un film catastrophe… Enfin, si cette histoire était un film catastrophe, je serais une vague figurante vu que je ne comptais pas prendre l’avion ces prochains jours, que je ne vis pas en Islande et que je ne suis pas en vacances là-bas (ce qui me brise le cœur quand on sait que mes 3 destinations de rêve sont le Canada, la Russie et donc l’Islande… A noter que 2 de mes destinations fétiches sont actuellement marquées de l’interdiction maternelle de m’y rendre, je serais les Canadiens, je serais pas très bien, là…). Mais quand même, on est en 2010 et l’Europe est paralysée, on a tous des proches coincés dans de lointaines contrées (moi pas mais je compatis), 20 minutes fait même un article nous expliquant qu’il faut prévenir notre patron qu’on va pas pouvoir venir car y a plus d’avions (genre il allait le deviner tout seul). Ceci étant, j’ai essayé, j’ai appelé mon boss ce matin pour lui dire que je pouvais pas venir car y a plus d’avions, il m’a répondu « Nina, tu habites à 20 mn d’ici et tu prends
le train ». Ah ouais, merde.

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Mais ce que j’adore par-dessus tout dans cette histoire, c’est la petitesse de l’Homme face à la nature finalement. On pensait maîtriser les espaces, relier un point A à un point B d’un coup d’avion, comme ça, tranquille et tout à coup, la nature se rappelle à nous de la plus superbe des façons. Car les photos sont belles faut l’avouer. Et voici nos petits coucous cloués au sol. Ah ouais, bravo la supériorité de l’homme sur la nature, un nuage et y a plus personne. Et je dirais que c’est tant mieux. Je vais pas faire d’angélisme écologiste parce que c’est pas super ma came mais constater que la nature nous rappelle qu’elle est encore la chef, je trouve ça classe, vraiment. Oh je ne me leurre pas, je sais bien qu’on n’est pas dans
un film, que tous les grands de ce monde ne vont pas se dire « mince, la Planète, c’est précieux, préservons là » ou autres idioties d’happy end. Là, on est tous fascinés par ce qu’un nuage de cendres peut faire mais dans quelques temps, quand les vols auront repris, on aura tous oubliés et tout redémarrera comme avant. De toute façon, une éruption volcanique n’a rien à voir avec la pollution ou le réchauffement de la planète qui lui-même n’est pas forcément un acquis alors c’est pas un nuage de cendres qui va nous faire signer les accords de Kyoto ou nous réunir à nouveau à Copenhague ou Dieu seul sait où pour se faire des bisous en se disant que la pollution, c’est trop moche.

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Mais il n’en reste pas moins que je suis fascinée, que je regarde toutes les galeries d’images en me disant que la nature est quand même magnifique. Dangereuse mais magnifique. Ca me rendrait presque poète cette histoire d’avion qui ne vole plus. Mais c’est juste parce que je n’en prends pas.

Une photo du volcan quand même :

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L’amour n’est-il qu’une question d’ego ?

Récemment, j’ai dû me replonger dans les archives de ce blog pour un déménagement à la mano (over-blog bloque les aspirateurs de site, impossible de constituer une archive xml, je suis pas maso pour rien) et je suis un peu amusée par mes premiers écrits. J’en ai fait du chemin en 5 ans. Mais en relisant ces articles, je me pose une question : l’amour n’est-il pas, finalement, qu’une question d’ego ?


Qu’est-ce que l’amour ? Bonjour la question tarte. Mais c’est vrai, qu’est-ce qu’on intellectualise tout aussi. L’humain reste un animal et il ne semble pas programmé pour être monogame, contrairement à d’autres animaux, on est censés courir après le meilleur reproducteur ou la meilleure génitrice. Et pourtant, on nous a appris que la polygamie et le libertinage, c’est mal, que l’amour, ça rime forcément avec toujours. Même, il est amusant de noter que l’idéal de beauté féminine (extrême minceur) est plutôt opposé au modèle de la génitrice, tout en rondeur. Quoi que faut voir, peut-être que si on faisait des études, on constaterait que les femmes d’une grande minceur sont plus des maîtresses que des mères et les femmes plus girondes des mères que des maîtresses. Enfin, si je prends l’exemple de mon entourage… Ben y a rien du tout à déduire, en fait, la silhouette de mes amies ne semble pas avoir une influence sur leur place dans le cœur ou le lit des hommes…


Bref, il me semble qu’on en a perdu nos bas instincts animaux de reproduction et qu’on a remplacé ça par l’amour, l’amouuuuuuuur. Ce truc qui inspire les poètes, les écrivains, les chanteurs, les peintres… en somme les artistes avec plus ou moins de bonheur. On célèbre l’amour, on le pleure, il est l’ingrédient principal de la plupart des intrigues. Mais en relisant mes vieilles histoires de cœur et de cul, un ingrédient revient souvent, toujours : l’ego. L’amour n’est-il qu’une satisfaction de l’ego ? Une expression d’orgueil. Dans mon passé, plus un mec me disait non, plus je le voulais. Fuis-moi, je te suis ? Non, une volonté de réparer un affront.


Samedi, lors de l’anniversaire de So Long, elle a prononcé la phrase suivante, concernant la séduction. En fait, c’est une phrase à sortir pour éconduire quelqu’un : « il faut avoir les moyens de ses ambitions ». Bon, évidemment, ça nous a fait rire.  Mais au-delà de la vanne, je me demande si, finalement, on ne touche pas précisément du doigt l’un des ingrédients essentiels de l’amour. Un peu le chocolat dans le moelleux au chocolat, l’amande dans le macaron, le fromage dans la raclette (je suis incroyablement glamour). J’aime me poser la question de nos attirances amoureuses. Pourquoi lui me plaît et pas lui ou lui ? Pourquoi je plais à lui et pas à lui ou lui ? Pour ma part, je sais que j’ai besoin d’une certaine admiration pour le monsieur, de le regarder avec des étoiles dans les yeux pendant qu’il me parle de quelque chose, de préférence d’un truc auquel je ne connais rien. Oui, j’ai pas envie de m’acoquiner avec un mécréant à mes yeux. Le critère n’est pas l’argent ou le pouvoir (le mec qui bosse dans la finance qui fait partie de mes amants à contacter en cas d’envie n’est clairement pas mon chouchou) mais bien la connaissance et la passion. Et donc si ces mecs là me rendent dingue, est-ce pour ce qu’ils sont ou l’image flatteuse de moi qu’ils me renvoient. Genre « oh yeah, ce mec là, il est à moi, quelle belle prise ! ».


Je ne sais pas bien mais il me semble que dans l’amour, il y a de l’orgueil. Ce qui me fait assez flipper vu que ça fait un bon moment que je n’ai pas été amoureuse, juste quelques coups de cœur. Est-ce que je dois en déduire que j’ai plus d’ego ou d’orgueil ? A moins que j’ai placé mon orgueil sur un autre plan, comme le boulot ?

Sinon, en 2010, j’ai décidé de ne plus intellectualiser l’amour, pour voir… Histoire de vivre mes coups de cœur plutôt que de les analyser.

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Aux marches du palais.

Par Lucas

Il y a 6 mois je discutais avec la vingtenaire Ella Sykes suite à une de mes bafouilles. Dans les commentaires ou en privé, elle me disait que si je n’avais pas de fric ce n’était même pas la peine d’espérer séduire une nana qui en vaille la peine. Ouep, elle est comme ça Ella Sykes. Tranchante et intransigeante. D’ailleurs, je l’ai saoulé vite fait : on est plus pote sur Facebook. Ce qui doit contribuer à relever le coefficient esthétique de sa gambette. No doubt.

M’enfin je digressionne, encore une fois. Revenons au précepte Sykien : « pas de fric  = pas de super nana qui s’intéresse à toi« . Boum. Vlan.

Bon d’accord, j’avoue. Je n’ai jamais rencontré le grand amour. Pour l’instant je vois plus le couple comme le fait d’être avec une nana parce que c’est la moins pire et non la meilleure à mes yeux. Oui, je suis un poète. Et un mec blasé. Je cherche mais je ne trouve pas celle qui me va, moi qui aurait tant aimééééé… (Axelle, c’est pas le bon article…Retourne sur cette page) Mais je dois reconnaître que je m’étais déjà posé la question en reufleuchissant au personnage de Sally dans « Rien ne Va Plus » (Losing It) de Douglas Kennedy, illustration magnifique de la nana qui veut un homme qui lui permette d’aller plus haut… Toutes les femmes veulent qu’on les sublime, je sais bien, mais là c’est de l’instrumentalisation. Bon et si on allait plus loin,  style je réflexione, dans le silence mes pensées résonnent, dans la quiétude je raisonne…

« Nobody Knows You When You’re Down & Out ».

Vous allez halluciner si je vous dis que les demoiselles qui me font triper ont pour la plupart une culture déconcertante, des intellects qui leur ont permis de faire de belles études, une
prestance travaillée. C’est bizarre, hein ? Je sais : je suis trop un ouf. Tout ça leur est venu  avec le temps, avec l’influence des parents et des copines,  celle des préceptrices au dessus d’elles en entreprise et celle des magazines. Une envie de se porter aux nues avec classe et maestria…
Mais pour moi tout ça est l’accessoire d’une volonté initiale.

OK, certaines d’entre elles ont eu des parents friqués qui leur ont donné un environnement de qualité pendant 25 ans et maintenant qu’elles sont indépendantes, elles aspirent à maintenir un tel
niveau, un tel confort. Mais c’est pareil pour celles qui se sont forgées à la force du poignet et du Waterman (à l’époque où on écrivait encore au stylo plume). Et toutes  d’espérer qu’un mec
pourra aller dans le même sens, les sublimer, les porter aux nues, contribuer à ce que l’environnement dans lequel elles évoluent  (évoluer à tous les sens du mot) soit wealthy.

Ici, quelques lecteurs sporadiques vont me dire que je raconte vraiment n’importe quoi et que c’est pas demain la veille que je serai guéri de mon trauma. Que je tire des conclusions hâtives et des
généralités faciles de mon environnement proche.  Peut-être…

Mais je constate que j’ai tout plein d’exemples qui vont dans mon sens.
Ainsi j’ai un ami dont l’ex est revenue à lui une fois qu’elle a senti que la boite de négoce dudit copain était sur de bonnes voies. Bien sûr, vous allez me raconter l’histoire de cet acteur en devenir qui trime dur pour percer, qui est en couple avec une femme qui gagne très bien sa vie et  d’abord ils sont très heureux ensemble. Mais est-ce un constat de dire ça ou une envie de se rassurer sur les grands principes soi disant intangibles de la vie ? Seront-ils encore ensemble dans 10 ans ?

Du coup je pose la question…
Est-ce donc ou tout blanc ou tout noir,
Est ce que chacun a sa sensibilité et son rapport à l’argent ?
Est ce que j’ai été corrompu par le snobisme de mes parents ?
Est ce que je vis dans un monde où le fric m’a été montré comme un outil indispensable (l’argent fait pas le bonheur mais il y contribue) ? 

Moins que l’argent, c’est plus le fait qu’il y ait un juste équilibre dans le couple entre les efforts de l’un et de l’autre. Je ne serai absolument pas contre le fait d’être homme au foyer si ma compagne et moi on se rend compte que sa carrière a plus de perspectives que la mienne. Toute la question est celle de la confiance et de se dire qu’on sera encore ensemble dans 15 ans. Histoire de ne pas porter le poids d’une faute sur l’autre « j’ai ruiné ma carrière pour m’occuper de tes gosses » (parce que dans ces cas là, c’est bien connu, le fardeau appartient à l’autre).

Disons que je suis dubitatif. L’amour ce n’est pas uniquement trouver en l’autre quelques chose qui apaise, qui rend heureux(se) ou avoir une cohérence dans la vision de la vie.C’est uuuuuune question d’équilibre. Un exemple pour illustrer. La voisine de ma grand-mère vient de voir son fils se faire larguer par sa compagne alors que leur gamin a un an (instance de divorce). Il est à 1,6 K€/mois, dans la restauration. Elle bosse chez AXA à 5 K€ /mois. Cette situation existait déjà pendant les 2 années avant leur mariage il y a 1 an et demi. Y a-t-il eu une volonté chez eux de se voiler la face au départ ? Y ont-ils cru ? La nana est elle une pure cupide ? L’argent n’aurait rien à voir dans cette histoire ?

C’est un p’tit cordonnier qui a eu sa préférence…

Bien sur vous allez me dire que, bien souvent, le niveau de rémunération est fonction de sa capacité à comprendre comment fonctionne le monde. Je suis tout à fait d’accord et c’est pour ça que je
ne juge pas mon acteur de tout à l’heure ; je mets de coté tous les artistes, comédiens, peintres, sculpteurs, etc et leur sensibilité. On peut avoir un talent inné pour interpréter un rôle, pour
sublimer une vision et être incapable de comprendre les mic mac pour se médiatiser. Chez nos parents, nombreuses étaient les mères de famille à s’être arrêtées. Les maris travaillaient pour deux
pendant que Madame élevaient les gosses et tenaient la maison. Certes. Mais pour beaucoup au départ, elles bossaient et j’en vois plein qui ont repris le taf une fois le dernier gamin « casé » en
fac, en IUT ou en école. Sic. Mais ce qu’il faut noter c’est que le niveau d’exigence que demande tel ou tel emploi, et donc sa rémunération, peut-être un bon indice de la cohérence intellectuelle
entre deux personnes. Mais pas tout le temps…

Je vous pose donc la question pour savoir ce que vous en pensez. Pour ma part et quelque part pour répondre à Ella, le problème est différent. Lundi j’ai décidé de reprendre ma vie en mains.
Trouver mon rôle dans cette mascarade existentielle. Essayer de pouvoir être fier de moi. De renouer avec l’intransigeance que mes parents avaient érigée en règle. Ne plus me plaindre de ce qui ne va pas et se dire que les gens sont assez sensibles pour noter, le cas échéant, mes soucis.  Je n’ai pas de sous, je n’ai pas de job, à la rigueur dans 6 mois j’aurais ptete un CDD de 11 mois payé net seulement 1900€ [1] quand mes amis sont tous déjà à 3800, mais je vais me bouger le cul pour y arriver et progresser. Faire foin de cet article du Monde qui évoque le fait qu’un premier job conditionne la réussite d’une carrière. Le mot carrière me fait gerber de toute façon.  Tout ce que je veux pour l’instant, c’est qu’on me fasse confiance pour me donner un boulot. Et être assez persuasif pour faire croire aux nanas qui m’intéressent que je ne suis pas un looser et que dans 3 ans le pactole va arriver.

[1] Oui je sais, dire ça quand le Smic est à 1,3 K€, ca va inciter nombre de lecteurs à dire que je suis un connard. Mais j’ai connu suffisamment les p’tits boulots pour m’autoriser ça. Et si vous
n’êtes pas contents c’est pareil.

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Julien, épisode 2

(J’ai commencé cet article il y a un mois, je le termine aujourd’hui. Le premier épisode : Julien)
 
Samedi soir, je suis seule avec ma télé et mon chat, c’est pas la joie mais on fait avec… Dire que la semaine dernière, à cette heure-ci, j’étais au resto japonais avec trois copines (dont Linga et Athéna), on rigolait, mon humeur était au zénith. Ce soir, mon humeur n’est pas franchement au top, j’ai comme une envie d’exploser mais j’ai beau engueuler ma télé, elle s’en fout (je vais pas crier après mon chat, quand même !). Evidemment mon humeur fluctuante a une principale cause, pour ne pas dire unique : Julien.
 
Ben merde, me voilà « in love » !
Nous en étions resté à notre première rencontre meetic qui fut pour le moins ratée. Suite à ce fiasco, je lui avais écrit un mail pour m’excuser de mon attitude… Pourquoi j’ai agi comme ça ? Je ne suis même pas sûre mais je crois que de voir ce grand gaillard tout mal à l’aise m’a touchée, ça m’a remuée plus que je n’aurais cru. Le week-end suivant, je retourne dans ma région natale pour couvrir un match, dans le cadre de mon stage : je me dis qu’à quelques 700 kilomètres de lui, je vais bien finir par y voir plus clair. Mais, raté, il m’obsède ! Est-ce que c’est parce qu’il m’a repoussée ? Est-ce juste une simple question d’ego ou c’est plus que ça ? Un mois plus tard, je n’en sais toujours rien.
 
Le dimanche, je me mets sur Internet et voit Gauthier, je me trouve inspirée et je mets comme pseudo : « Mon cœur est en proie au désarroi » (oui, je suis poète à mes heures perdues). Quelques temps après, qui vient me parler ? Julien ! Au départ, je ne souhaitais pas lui parler, j’avais écrit un mail de « déclaration » que je comptais lui envoyer le mardi car le lundi soir, j’avais un rendez-vous crapuleux… On commence à discuter d’amour et il me dit des choses magnifiques, je suis encore plus troublée qu’avant, je ne sais plus du tout quoi faire. Ce qu’il me raconte me fait vibrer, je montre cette conversation avec Victoire qui partage mon opinion.
 
Retour chez moi et, comme par hasard, mon rendez-vous crapuleux s’annule de lui-même, le monsieur étant balancé dans une autre ville pour la semaine, pour son travail. Ainsi, le soir, plutôt que de faire des folies de mon corps, me voilà à nouveau sur MSN. Julien se connecte tard, je vais lui parler et nous avons une conversation assez amusante, un peu coquine mais ça reste relativement soft. On s’échange des photos et, au cours de la discussion, je lui propose de se charger de mon chat lors de mon prochain week-end en vadrouille.
 
Mon atout drague : mon chat
Le lendemain, j’arrive au boulot et j’apprends que je suis réquisitionnée le week-end pour couvrir un match à Clermont-Ferrand donc je me connecte aussitôt sur meetic pour envoyer un mail à ce cher Julien (je n’avais pas d’adresses mail valide), il me répond le soir même qu’il en sera ravi. On se donne donc rendez-vous le samedi matin pour qu’il vienne chercher mon chat à domicile (on habitait à 500 mètres l’un de l’autre, à ce moment-là). Il arrive à 11h30, je lui propose gentiment de boire quelque chose, on discute un peu tandis qu’un drame se joue dans ma cuisine. Pour les gens qui n’ont jamais mis les pieds chez moi, j’ai une machine à laver très…bruyante et mouvante, on dira. Donc on hurle pour couvrir le bruit de ma machine quand il me propose : « tu veux passer chez moi voir où ton chat va habiter pendant le week-end ? » Pensez bien que j’ai accepté ! Je me lève et, là, je découvre le drame : ma machine à laver a quitté son emplacement pour se placer devant le frigo, arrachant au passage les tuyaux et un panneau de bois de mon placard, la catastrophe intégrale. Il me propose gentiment de m’aider à réparer les dégâts mais je préfère qu’on aille chez lui, histoire de pas casser l’ambiance.
 
Et nous voilà partis avec le chat et ses affaires, on arrive chez lui, appartement super sympa mais vide. En fait, son ex était partie 3 mois plus tôt avec ses affaires, à savoir tous les meubles de l’appart ou à peu près… Il me propose gentiment un verre, on s’installe sur sa terrasse et on commence à parler en regardant la pluie tomber, il me remplit mon verre et me voilà vite pompette, malgré les pop corn qu’il a préparés pour éponger un peu tout ça. Il faut savoir que ce jeune homme fait 30 bons centimètres de plus que moi et autant de kilos donc forcément, je ne faisais pas le poids. Il me dit des jolies choses, m’avoue qu’il me fait confiance… Je me sens tellement bien avec lui, j’aime la façon dont il me regarde, me sourit. Il me glisse pas mal de sous-entendus coquins, par exemple : je lui expliquais que, pour les femmes, le strip-tease masculin n’a rien de bien excitant vu que ça a toujours un côté « spectacle pour hommes qui aiment les hommes ».
 
Il y a quelques années, j’étais allée en boîte avec Gauthier et sur des écrans géant passaient des vidéos des Chippendales. A un moment, l’un des deux mangeait avec délectation une grappe de raisin sur le ventre d’un autre (quand je vous dis que ces spectacles n’ont rien d’hétéro !). Je raconte donc ça à Julien qui me répond du tac au tac, avec un regard franchement troublant : « Et toi, ça te plairait de manger du raisin sur le ventre d’un mec ». Je ne sais pas exactement quelle tête j’ai fait à ce moment-là mais ça devait être très drôle, je devais être rouge comme une tomate, le regard vitreux à cause de l’alcool et je sors bafouillante : « Heu…ben…euh, je sais pas, c’est pas trop mon truc… » En fait, c’est un peu une erreur car lui, c’est franchement son truc ! Bon, on continue à papoter comme ça puis on repart, lui au supermarché, moi chez moi. Arrivé devant le supermarché, on continue encore à discuter, je suis franchement saoule et rigole pour un rien. On se fait une première bise mais on continue à parler et soudain, il se penche sur moi pour me faire une bise, j’ai été un peu surprise et perds un peu l’équilibre, je m’appuie contre lui, mes mains sur ses épaules… On finit notre conversation, il me promet de m’appeler dimanche pour me donner des nouvelles de mon chat, on se dit à nouveau au revoir mais définitivement, cette fois-ci : il a rendez-vous à 15 h avec un ami…et il est 15h ! Je rentre chez moi, saoule et heureuse.
 
C’est qui, cette pouffe ?
Le dimanche, je couvre mon match puis je m’installe à l’hôtel pour la nuit, j’attend son coup de fil qui ne tarde pas… Mmmmm, sa voix, je l’adore, elle est grave et douce à la fois, mmmmm… On discute normalement et là, je me prends une claque monumentale : il me glisse dans la conversation qu’il n’a pas dormi seul la nuit précédente (et il ne parlait pas de mon chat).  On finit la conversation et je raccroche, je me retrouve seule dans une ville que je connais pas… Je me jette sur le téléphone et appelle Victoire qui me dit que je me fais peut-être des idées, il a peut-être partagé sa couche avec une copine sans qu’il se soit rien passé, Gauthier va dans ce sens-là aussi mais je suis sûre qu’il a couché avec une fille.
 
Je rentre dans ma ville super énervée, décidée à avoir une explication. J’attends donc qu’il me ramène mon chat mais aucune nouvelle de lui donc je finis par lui envoyer un texto pour savoir quand il comptait passer. Quelques temps plus tard, je reçois un coup de fil de sa part : il est encore au boulot, il ne sait pas quand il sortira mais il me tient au courant. 23h30, coup de fil : « je sors du boulot, je passe te rendre ton chat ou pas ? » Oui, merci. En attendant, je trafique sur Internet.  Soudain, j’entends des bruits bizarres, au dehors (j’habite au rez-de-chaussée côté rue), je crois en connaître l’origine : effectivement, c’était Julien qui s’amusait à miauler devant ma fenêtre. Bon, dès qu’il me sourit, je n’ose plus rien lui dire. Il rentre un petit quart d’heure et, évidemment, à ce moment-là, son téléphone : c’est sa pouffe. Je tire une gueule pas possible pendant les 2 minutes que durent l’appel puis je lui dis poliment que s’il veut passer, il sait où j’habite et là, il me fait : « ouais, je m’incrusterais et je resterai sur le canapé quand tu seras avec ton mec. Au pire, je tiendrai la caméra ». Selon Gauthier, j’aurais dû répondre : « mais je n’ai personne ! » mais comme j’étais édifiée, j’ai dit : « non, ça ira ! ».
Il part et je suis énervée contre moi, je joue avec mon chat puis je me dis que je dois lui écrire un mail pour lui demander à quoi il joue avec moi mais pas de suite : j’ai planifié une brouette avec Benoît, mon plan cul régulier. Oui car quand je suis déçue par quelqu’un, je me venge comme je peux. Je sais, c’est nul mais c’est ma façon d’agir, je n’en rougis pas. D’ailleurs, après ma brouette (pas forcément très brillante), ça m’a permis de relativiser les choses, je n’ai pas envoyé mon mail, finalement. Que me doit-il ? Rien. Comment pourrais-je lui reprocher d’avoir couché avec une fille alors que, moi même, je n’ai pas été d’une chasteté exemplaire ? Pourtant, le vendredi soir, je le vois sur le net et comme je dois à nouveau quitter ma grotte, on convient qu’il passera récupérer mon chat chez moi, je planque un double des clés à son intention dans mon immeuble.
 
Je plane…
Le dimanche soir, il m’appelle pour me demander le code de ma porte d’entrée et où se trouvent mes clés, puisqu’il n’a pas eu le temps de lire mon mail… Moi qui avait fait l’effort d’être spirituelle, pffffff !
 
Nous voilà reparties dans une grande discussion comme à notre habitude puis il me demande si je dois redescendre dans ma région d’origine à la mi-août car il a de la famille par là et descendra à ce moment-là. Je nous imaginais déjà, cheminant côte à côte sur MON territoire, dans la ville où j’ai tant de souvenirs…
 
Je raccroche, toute guillerette, cette perspective de se promener ensemble dans ma ville me donne des ailes. Je rentre trois jours plus tard chez moi, après avoir vu mes amis blogueurs (Anne, Lucie, Clara et Gauthier), j’essaie de joindre Julien mais la voix métallique et impersonnelle d’une dame (la même qui me parle à la gare) m’explique que le numéro n’est plus attribué. Commençant à stresser, je l’appelle directement chez lui et tombe sur son répondeur (mmmm, cette voix). Le temps passe et je commence sérieusement à m’inquiéter, tous mes contacts MSN (Victoire, Linga, Gauthier, Louis et même Benoît) sont mis au courant de mon désarroi : où est passé Julien ? Victoire et Linga échafaudent les pires théories pour me rassurer (il l’a vendue au restaurant chinois du coin, elle est morte et il a tué son portable pour plus que tu arrives à le joindre…), je commence à imaginer les miennes (un méchant a voulu lui voler son portable, il s’est fait renverser par une voiture, il est mort et mon chat se retrouve tout seul…)… Bref, c’est la panique totale ! Enfin, vers 22h30-23 heures, je le vois qui débarque sur MSN (mon pseudo lui était déjà dédié), il branche la webcam et je le vois en train de faire des câlins à mon chat, bien vivant et en pleine forme.  Le drame est donc évité de peu !
 
Il finit par me la ramener et je ne sais comment, me voilà en train de lui tirer les cartes pour son avenir professionnel et sentimental. Bon, lecteur, je ne te cache rien : pour son avenir professionnel, quelques obstacles, pour son avenir amoureux, tout irait bien s’il patientait encore un peu. Ce tirage me ravissait car il n’était pas question de rencontre et qu’à ma connaissance, il ne fréquentait personne. On discute, il me gratifie de nombreux compliments dont le plus beau : à un moment, on parle de mon chat et je lui dis qu’elle est mon portrait craché : minuscule, merdeuse, bavarde et câline. Et il rajoute : « et puis, elle est super belle ». Moi, modeste : « Je ne sais pas si je peux dire que je suis super belle… » « Si, tu peux. » Là, j’ai dû visiter toutes les couleurs de l’arc en ciel ayant de bafouiller un : « merci ». Puis on continue à discuter de choses et d’autres, il me demande si je porterais une bague s’il m’en offrait une… Seigneur, je plane, je suis aux Anges ! Mais toujours rien, on se fait la bise, il part.
 
…Et je tombe.
Ensuite, c’est la chute. Pendant une quinzaine de jours, on ne communique plus : il déménage, il n’a plus le net. Un soir, je reçois un mail de sa part très courtois me demandant de mes nouvelles et me racontant son déménagement, je suis folle de joie car Victoire me disait qu’il n’était pas correct de pas me donner signe de vie. Le voilà qui arrive sur MSN et nous parlons encore d’amour avec un A majuscule. Il me dit qu’il veut m’inviter à manger pour que je vois son nouvel appartement…Seigneur, c’est donc qu’il m’aime ! Il se déconnecte et là, plus de nouvelles donc prenant mon courage à deux mains, je lui envoie le texto suivant (sous les conseils de miss Victoire) : « Bon, qu’est-ce que tu attends pour m’inviter à dîner ? 😉 Bisous ». Réponse : il n’y en a pas eu. Je lui avais également envoyé un mail quelques jours plus tôt au sujet de la garde de mon chat pour le week-end suivant et rien, pas de réponse. Or, en traînant sur meetic, j’ai vu qu’il s’était connecté sur le site donc, là, je deviens folle de rage et je mets comme pseudo MSN : « Les individus à pénis m’exaspèrent ». Je le bloque mais Gauthier m’explique qu’il ne peut pas voir mon nouveau pseudo MSN puisque je l’ai bloqué… Donc je le débloque et comme je le vois en absent, je me dis : je le laisse quelques minutes puis je le rebloque (mon pseudo s’étant remis à jour entre temps sur sa liste de contacts). Sauf que son absent était un faux, le voilà qui me parle gentiment et branche sa webcam pour me faire des grimaces… Et voilà comme toute mon agressivité envers lui se disloque.
 
J’en étais là lorsque j’ai commencé à écrire cet article mais le lendemain, mon cœur a volé en mille éclats. Il revient me parler sur MSN, je ne sais plus comment ça vient mais voilà soudain qu’il me lâche : « oui, tu vois, moi, avec la personne que je fréquente… » Quoi ? Que lis-je ? Un poil agacée (doux euphémisme), je lui réponds : « Ah bon, tu fréquentes quelqu’un, toi ? » Et bien oui, une jeune femme rencontrée sur meetic, une infirmière d’Auvergne. Et là, comme une grande, alors qu’il était clair qu’il ne s’intéressait pas du tout à moi, voilà que je lui déballe tout, tout en tenant Gauthier au courant de l’autre côté. Pourquoi m’a-t-il fait tous ces compliments, alors ? Car il les pensait mais il n’a pas eu le déclic, avec moi…Je t’en foutrais, des déclics ! Sur le coup, je suis en colère, vexée mais pas triste. Ainsi voilà le fin mot de l’histoire : ma passion pour ce jeune homme n’était qu’une bête réaction d’orgueil, Victoire me l’avait dit. Linga l’avait vu dans ses cartes aussi mais je n’avais pas voulu l’écouter…
 
Un mois plus tard, je me demande d’où est venu cet embrasement pour ce garçon. Il est charmant, certes, adorable… Mais maintenant que je suis sur le point de me mettre à la colle avec un mec tout aussi gentil et charmant (Arnaud, pour ceux qui n’auraient pas suivi), je me rends compte que j’ai pas envie de m’engager. En fait, je pense avoir trouvé la solution dans mon autopsychanalyse. Comme dirait mon horoscope dans je ne sais plus quel journal : « vous êtes amoureuse de l’amour ». C’est tout à fait ça, j’aime bien être amoureuse, peu importe de qui. Maintenant que je m’en suis rendue compte… je ne suis plus amoureuse de personne et je ne suis pas plus malheureuse. Après la révélation de mes sentiments, Julien est venu me parler deux ou trois fois sur MSN par politesse et pour vérifier que je ne boudais pas. Cependant, il ne se connecte plus en ce moment (ou alors quand je sors, ce qui est très fréquent) et je ne sais pas si ça marche avec son infirmière ou pas…En fait, j’avoue que je m’en fous. C’est fou comme un garçon qui m’a rendue dingue pendant un mois me laisse froide aujourd’hui… Décidément, l’orgueil nous pousse à faire de drôles de choses.
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