Demain, tous philanthropes

Bonjour, ceci est un article sans base concrète mais une petite utopie pondue au débotté parce que des fois, ça fait du bien de croire en des lendemains meilleurs. Et je n’ai bien que mon imagination pour envisager encore un futur riant. Alors je rêve. Je rêve de revenu universel et que nous deviendrons tous philanthropes si nous n’avions plus à travailler pour survivre.

En route vers l'utopie

Imaginez, imaginez. Demain, l’état nous donne à tous un millier d’euros pour vivre. Bien sûr, certains (la majorité je suppose) va continuer à travailler pour compléter ce premier salaire mais on ne bosse pas autant pour gagner 1000 euros que pour en gagner 2000, etc. Ou alors on peut partir sur l’idée de la semaine de 32h, aussi. On bosse 8h par jour 4 jours par semaine et hop, à nous le week-end de trois jours. En fait, choisissez le scénario que vous voulez. J’avais pour ma part démarré une utopie où chacun était à mi-temps : la moitié du temps passé au travail, l’autre moitié à faire ce que l’on veut.

Salarié à temps partiel : la liberté ?

Et justement, c’est quoi qu’on veut ? Imaginez. Alors on va tous se dire “se reposer”, “voyager”, s’adonner à une passion quelconque… En tout cas, moi, si ça arrivait demain, je commencerais par ça. Mais après ? Je veux dire, on parle de toute une vie comme ça. Une fois qu’on s’est reposé, qu’on a voyagé et pris l’habitude de lire, écrire, faire du paper art, des perles hama ou je ne sais quoi, on fait quoi ? Et c’est là que je m’avance à mort mais je crois sincèrement que tous autant qu’on est, ce temps gagné, on le donnerait.

Lara Croft en perles hama

Oui, c’est moi qui l’ai faite et j’en suis très fière

Pour ma part, je m’imagine sans soucis donner des cours pour les enfants. Peut-être des cours d’écriture collective avec eux où l’on créérait une histoire avec toute la classe et on ferait des dessins pour l’illustrer (eux, pas moi, je dessine vraiment très mal, pire qu’un enfant de 8 ans, oui). Bon, moi, je me projette là-dessus parce que c’est mon petit talent. Peut-être aussi que je m’impliquerais dans les cours de français qui sont donnés aux migrants (vu que j’aurais le temps de me former correctement pour donner ce type d’enseignement), sans doute un peu dans la politique locale sur certains sujets, m’impliquer dans l’écologie, notamment. Et ne croyez pas que je me la joue meuf coeur sur la main parce que je suis vraiment persuadée que ce serait un élan général.

Demain tous philanthropes  : tendre la main aux autres

D’où me vient cet incroyable espoir ? D’abord de mon envie d’y croire. Ensuite, d’une sensation, d’une intuition. Aujourd’hui, j’ai envie de m’engager plus. Non mais c’est vrai, j’ai un avis sur tout mais je fais pas grand chose pour faire bouger les choses. En ce moment, mon militantisme se limite à une vidéo tournée un dimanche après-midi (j’étais derrière la caméra, si jamais…) et une petite manif. Alors il y a des raisons politiques à ce léger ras-le-bol (je déteste les politiques, en vrai) mais aussi un manque d’énergie. La semaine, je rentre chez moi un peu vidée et le week-end, j’essaie de récupérer l’énergie perdue dans la semaine dans un espèce de grand cycle merdeux. Le week-end, j’essaie aussi de faire ce que je n’ai pas pu faire pendant la semaine : éventuellement les courses, le ménage, écrire mon blog, écrire tout court, prendre le temps. Déjà rien que ça, prendre le temps. Quand je faisais de la sophrologie, la prof nous avait dit un jour “vous voyez, quand vous êtes en vacances, tout ce que vous avez de changer dans votre vie… c’est parce que vous avez le temps et l’énergie”. Ou alors je l’ai lu dans Flow mais voyez l’idée.

Prendre le temps

Or ici, avec notre temps gagné, on peut s’occuper non seulement de soi et de nos proches mais éventuellement du reste. Bien sûr, ce ne serait pas unanime mais j’y crois pour une majorité. Evidemment, dans un cadre où le revenu universel ou la semaine de 32h nous permet de vivre tous à minima correctement, supprimant du même coup une bonne part de notre charge mentale. Oui parce que la charge mentale, c’est pas uniquement les femmes qui s’occupent des tâches ménagères, ça marche aussi sur tout ce qui est préoccupation vous empêchant de fonctionner correctement et les problèmes d’argent arrivent assez haut dans la pile. Si en même temps on arrive à un peu calmer le jeu de l’hyperconsommation, on partirait sur une société beaucoup plus jolie.

Stop le béton, pour une ville verte

Vous pourriez dire que je suis une rêveuse et… bah oui. Vous me direz que plus de congés n’a jamais rimé avec philanthropie ou alors juste à la marge et ce n’est pas faux. Mais je m’en fous. J’ai envie de croire en cet avenir là. Ce qui ne coûte pas grand chose vu qu’on crèvera tous du réchauffement climatique. Bonne semaine !

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Kingsman de Matthew Vaughn

Ohlala, déjà 3 films vus en 2015 au cinéma, je pète mon record. Bon en vrai, Saint Seiya, on l’a maté en .avi sur la télé de Victor mais chut. Donc Kingsman, proposition de mon cher et tendre que je me suis empressée d’accepter car j’avais confondu avec Birdman. J’ai déjà pas de culture cinématographique, je prends pas trop le métro, comment je peux savoir qu’il existe 2 films au nom similaire qui sortent en même temps au ciné ?
birdman
Mais c’est pas grave, c’était cool quand même même si je n’avais pas la moindre idée de ce que ça allait raconter. Alors voici le pitch : c’est l’histoire d’un jeune garçon, Eggsy (no comment le prénom) qui perd son père dans sa jeunesse. Un homme, Harry, passe chez lui pour annoncer le drame et donne à Eggsy une médaille avec un numéro dessus en lui disant : le jour où tu as besoin d’aide, call me ! Parce que le papa d’Eggsy, c’était un Kingsman, un super agent secret et il est mort en mission en se jetant sur un mec qui avait une bombe histoire de sauver ses petits camarades. Donc Eggsy grandit et devient un semi voyou, pas trop aidé par sa mère qui fait de la merde, sort avec le caïd du coin qui a la main lourde… Un jour, Eggsy fait une connerie pour faire chier son beau-père et se fait embarquer par les flics. Comme il est malin, il appelle le numéro laissé par le mystérieux monsieur, Harry. Après quelques péripéties, Harry désigne Eggsy comme son candidat pour tenter de devenir le nouveau Lancelot. Oui car chez Kingsman, chaque espion porte un nom de chevalier de la table ronde.
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Je me permets une aparté symbolisme : Harry a comme nom de code Galaad, qui n’est autre que le fils de Lancelot… Or ici, le fils de Lancelot, c’est Eggsy car le 1er Lancelot du film est le père du jeune homme qui décède en se faisant sauter sur l’homme à la bombe, donc…. Cet inversement des rôles est assez intéressant puisque Harry prend bien entendu le jeune garçon sous son épaule tel un père bienveillant pour remplacer le père. Bref.
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Donc Lancelot n°2 est mort et il faut le remplacer, chaque membre de Kingsman envoie donc un candidat, ce sont donc 8 jeunes gens qui se font kidnapper pour aller dans un centre secret. Oui, 8 alors que nous avons normalement 12 chevaliers de la Table Ronde*. Ils doivent survivre à tout un tas d’épreuves pour prouver leur force et intelligence et peut-être devenir le prochain Lancelot.
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Evidemment, dans le lot, il y a la jolie fille qui devient très pote avec Eggsy et un jeune arrogant insupportable qui devient son rival. On a Hermione et Drago, il nous manque Ron… Ces joyeux jeunes gens seront notés par Merlin, un homme sans expression qui n’hésitera pas à leur faire croire que la mort est au tournant pour les stimuler.
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Pendant ce temps, les Kingsman sont très occupés car il se passe d’étranges choses. Le méchant Richmond Valentine (Samuel L Jackson), réalisateur influent à Hollywood, a décidé de sauver la Terre et kidnappe quelques politiques et scientifiques influents, aidé par Gazelle, sa jolie assistante qui a des lames à la place des jambes (clin d’oeil subtil à Planète Terreur, je suppose). Lancelot 2 étant mort lors d’une mission pour délivrer un scientifique, les Kingsman sont très intrigués de découvrir ce dernier en pleine forme continuer à mener sa petite vie.
kingsman-samuel-l-jackson
Nous avons donc deux arcs narratifs en parallèle : d’un côté, l’initiation de Eggsy qui se rapproche peu à peu de la finale pour devenir Lancelot et de l’autre l’enquête de Galaad qui cherche à comprendre les plans du vilain Richmond.
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Malgré ce côté un peu cliché et certains rebondissements trop bien préparés genre quand Eggsy va visiter la planque d’arme de Galaad « hé copain, à quoi ça sert cette arme là » « oh, ça, ça sert à ça… mais je te le dis pour info, hein, va pas croire que ça va te servir d’ici la fin du film ». Ah ben non, tiens… Malgré ces aspects un peu négatifs, donc, le film reste un très bon moment. Je n’ai pas vu le temps passer et une scène en particulier m’a scotchée par son surréalisme, réussissant à transformer un moment de pure violence en franche rigolade. Le personnage du grand méchant reste ambivalent, ses motivations étant finalement bien philanthropes mais ce paradoxe n’a pas été assez creusé à mon goût. Sa complice a la psychologie du dernier boss avant le boss final : super hard à battre, on sait dès le départ qu’elle aura droit à sa scène de baston d’anthologie, c’est même à ça que sert son character design (et son personnage dans sa globalité).
Sofia-Boutella
Petite aparté ainsi sur un point qui m’a intriguée et que je devrais creuser : parmi les dirigeants étrangers, on évoque plusieurs fois la Suède via sa princesse (qui semble avoir une grande influence politique dans le film alors qu’en vrai, c’est pas la sensation que j’en ai) et son Premier Ministre. Rien sur la France. Depuis quand la Suède est devenu ce pays étranger à intégrer dans un film ?
kingsman-alstrom
Bref, un film qui n’invente rien en soi mais qui rend les films d’espionnages un peu plus drôles et piquants avec un Colin Firth très bon à contre emploi.
kingmsan-colin-firth
* Oui, je sais, le chiffre varie

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Est-ce que je veux savoir??

Par Diane

Hey, toi, mon cher brillant et dynamique lecteur, j’ai un truc à te raconter, à propos duquel j’ai hâte d’avoir ton avis éclairé et constructif.

Il se trouve que pas plus tard qu’il y a pas longtemps, j’étais en train de relire Hegel dans le texte/étudier la mécanique quantique/manger des m&m’s devant Dr. House (rayer les mentions pas crédibles) quand tout d’un coup retentit la sonnerie du téléphone. Je jetai alors un coup d’oeil distrait sur l’écran de ledit téléphone (qui soit dit en passant a comme sonnerie « ça c’est
vraiment toi », et bordel je comprends pas pourquoi ça ne fait rire que moi. Sisi, à chaque fois que ça sonne, je me dis « diaaaane, téléphooooooone! » hihi) et donc disais-je, vois affiché le nom de mon amie Josette. (oui, j’adore choisir des noms imaginaires ringards à mes copines) Sur le coup, mon côté démoniaque fut tenté de laisser sonner, surtout que Dr House était en train de casser les
couilles à Cuddy, et que j’adore quand il fait ça. Néanmoins mon penchant philanthropique l’emporta et je décrochai alors pour lancer un merveilleusement original « allô » qui eu approximativement  pour réponse: « bbeuhhhh -snirfle-

Gustaaaaave…-snirfle- connard….une salope ….beuhhhh-snirfle snirfle-« . J’en déduisis alors très finement qu’il me fallait lancer l’enregistrement de la fin de Dr House (faut pas déconner non plus) pour aller conforter Josette. Armée d’un air contrit de circonstance, d’une boite de mouchoirs extra doux pour éponger les différents fluides plus ou moins verts et visqueux jaillissant
actuellement de mon amie, de mon paquet de m&m’s bien entamé et du DVD de dirty dancing, je me rendis donc chez Josette qui n’en avait toujours pas fini de snirfler.

Et elle m’expliqua plus ou moins clairement tout en accumulant à nos pieds une belle pyramide de kleenex imbibés -que son chat se fit une joie d’écharper aussitôt- que son cher et tendre Gustave qui une semaine auparavant était encore le futur père de ses enfants avait copieusement biscoté avec une charmante demoiselle/pouffiasse/grognasse (re-rayer les mentions pas crédibles) de son boulot.

Bon, je vous avoue que sur le coup, vu que j’avais jamais pu le piffrer son gustave, ses posters de ferrari sur son mur et ses « salut ma belle », j’ai été furieusement tenté de sauter de joie à l’idée de la voir débarassée de ce pignouf, voire de lui sortir un totalement ignoble « je le savais », pour ne pas l’achever par un « je te l’avais dit ».

Mais bref, peu importe, et vous me direz « oui mais bon c’est bien gentil tout ça, mais le cocufiage, rien de nouveau sous le soleil, parait même que c’est à la mode » (cf un article de Nina sur un magazine qui avait écrit un papier genre » les 10 règles pour bien cocufier sans se faire prendre« )

OUI MAIS. Voilà t’y pas que sous mes oreilles effarées, après quelques nouvelles lamentations, elle me déclare que finalement, elle aurait préféré ne pas le savoir. Qu’il fasse sa petite affaire avec sa c….harmante demoiselle, et qu’elle n’en sache rien, parce que comme ça, elle aurait pas été malheureuse et lui serait resté le super mec futurpèredesesenfants.

Et là, je vous avoue que ça me l’a coupée net. Et du coup, j’ai tenté de comprendre pourquoi tous ces gens qui sont cocus, atteints d’une maladie incurable,à qui l’on ment, que l’on manipule, bref qui vivent dans l’illusion, parfois préfereraient rester dans cette illusion. Bon, j’imagine que c’est plus confortable. On souffre moins, on soigne ses rêves en ne pensant jamais au réveil.  C’est comme ces gens qui fantasment pendant des années sur une personne qu’ils n’ont vus qu’une fois, voire jamais, et qui sont persuadés dur comme fer qu’elle est l’homme/la femme idéale pour lui/elle. Et qui au final ne veulent jamais réellement la rencontrer, ou en tous cas la connaître. J’imagine que ce n’est que la matérialisation de cet éternel sujet source d’angoisse qui est que l’homme, plus ou moins consciemment, réalise que l’absolue lucidité est un piège atroce pour la conscience, qu’elle a bien souvent un arrière goût de désespoir,  et qu’elle peut paraître intenable, face au confortant cocon que nous offrent nos illusions, si méprisables soient-elles.

Moi personnellement, je veux toujours savoir. Je reconnais les avantages de l’illusion, j’adore même ce phénomène fantastique d’illusion provisoire que nous offrent les livres et les films (on rentre dans l’histoire, on se met à la place de-, on pleure avec-), j’aime rêver, mais parce que je me réveille après, et que mes rêves sont au final des illusions qui cachent une réalité qu’il me faut découvrir.

Rousseau avait choisi pour épitaphe: « vitam impendere vero ». Consacrer sa vie à la vérité. Et je crois que je préfère une dure réalité à une illusion confortable. Même si des fois, vu la merde qui nous entoure, que ce soit à l’échelle du quartier, à celle mondiale, ou carrément à l’échelle métaphysique, quand même, c’est dur. Et vous?

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