Basse-Terre, Guadeloupe : Soufrière, rhumerie et bananeraie

Il y a toujours un truc qui me frustre un peu quand je pars en vacances plongée: je visite plus les fonds marins que la terre ferme. Dans le souci d’un peu nous cultiver, l’UCPA prévoit toujours un petit temps de découverte du pays dans lequel on s’active. Mesdames et messieurs,je vous propose donc de nous suivre dans notre folle journée “découverte Gwada” avec au menu : soufrière, rhumerie et bananeraie. Bon, on a aussi fait un marché mais j’ai moins à dire sur le sujet (quoi que…)

Terre basse vue de la mer, Guadeloupe

Etant une incurable curieuse et une photographe amatrice compulsive, je ne peux rater une occasion d’aller découvrir un peu du pays. Anaïs m’ayant brieffé sur la journée découverte Gwada, je décidais que nous irions. Dieu merci, Victor est aussi curieux que moi (mais ne prend pas de photos, va falloir que je travaille là-dessus, d’ailleurs), nous voici donc dès potron-minet* sur un bateau, direction Trois-Rivières. Après un petit déjeuner local dont je ne garderai pas un grand souvenir, nous voici au pied de la Soufrière, moment que j’attendais avec un peu d’impatience  car les volcans, c’est toujours un grand moment de “prends-toi en plein les yeux”. Bon, ok, j’ai fait que l’Etna mais quand même. Nous voici donc sur un parking et c’est parti pour une heure trente de randonnée avec un dénivelé de pas loin de 300 mètres… Woah ça va, easy. Sauf que non. Parce qu’une bonne partie de la balade se fait sur un charmant petit chemin en pierre volcanique. Des pierres bien lisses et mouillées vu qu’il pleut (et qui a oublié son kway au centre ? Dieu merci, j’avais pris une serviette de plage au cas où…)… Or sachant que j’ai une peur panique de la chute (parce que je tombe beaucoup. Genre la dernière fois que je suis allée me balader dans une petite jungle, j’ai cru avoir assassiné mon objectif…), cette partie a été pour moi une légère source d’angoisse (même si le décor était somptueux). Arrivé en haut… rien. En fait, la Soufrière est très souvent “coiffée”, cf ces quelques images :

 

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Donc on était pile dans le nuage. Il pleuvait… tellement que j’ai fini par enlever mes lunettes car j’y voyais mieux sans qu’avec (j’ai une myopie moyenne, 3 de correction, c’est à dire que je n’arrivais plus à distinguer précisément le sol sur lequel je marchais). Déluge et odeur de souffre… Ah tiens, l’enfer doit légèrement ressembler à ça. Mais ne croyez pas que j’ai détesté la balade, bien au contraire : ça restait impressionnant, beau… et vu comme on se faisait bouffer par les moustiques dès que la pluie s’arrêtait, finalement, on a apprécié de traverser la petite jungle sous la pluie…

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Etape suivante : le marché. Tout mignon, tout petit, on fait le plein d’épices et surtout de rhum arrangé, qu’on nous faisait goûter pour bien nous convaincre… Bon, donc, déjà, là, j’avais perdu quelques points de fraîcheur mais rendons nous sans transition à la rhumerie, hihi. Bon, en guise de visite, on a surtout visité la boutique où on a pu déguster quelques rhums… Pour ma part, j’ai craqué sur la crème de rhum, une tuerie, mais le rhum coco et le rhum de Noël n’étaient pas mal non plus. Après, on a visité vite fait un entrepôt servant à distiller le rhum puis direction la bananeraie où il devenait urgent de manger… Pendant notre déjeuner, un monsieur arrive : c’est le propriétaire de la bananeraie qui est bien décidé à nous apprendre des choses. Nous servant un smoothie du tonnerre et nous offrant une banane particulièrement goûteuse, il nous raconte que la banane soigne tout : les brûlures, les piqûres d’insecte, les problèmes de peau, c’est bon pour la digestion, le sommeil et même la solitude (hin hin hin !!). On part ensuite faire un tour dans la bananeraie dans un vieux camion aménagé en petit bus…

Le sucre de canne, indispensable pour un bin rhum

Le sucre de canne, indispensable pour un bin rhum

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… et c’est là que ça devient super intéressant car le monsieur nous fait un exposé sur la biodiversité, le zéro chimique, l’utilisation des troncs de bananiers pour faire du papier… Mais c’est génial, la banane en fait. Je vais en remanger (j’ai arrêté avec mon régime IG bas, il ne faut manger que des bananes peu mûres et vu la vitesse à laquelle elles se gâtent… bon voilà) et me pencher sur la culture de la banane, parce que c’est peut-être l’avenir (bon, ok, nonobstant l’empreinte carbone que ça génère pour nous les expédier par avion)… Je vais planter des petits bananiers chez moi, idée déco et plantes d’intérieur (ça se reproduit hyper facilement, en fait… sauf que je suis pas tout à fait sûre de vivre dans les bonnes conditions climatiques à la base, woké…). La banane, l’avenir de la planète ? J’aime l’idée.

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Bref, ok, mais que retenir de tout ça ? Je dirais : vert, nature luxuriante et jamais plus j’oublie mon Kway. Mais aussi “je tiens vraiment plus l’alcool” et “la banane nous veut du bien et lutte contre la solitude, hin hin hin !!”

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Une fois prochaine, je vous parlerai plongée mais je sais pas trop quand (le but étant de finir les articles sur la Guadeloupe avant mon prochain voyage pas encore planifié mais qui devrait tomber vers février-mars)

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* Oui enfin potron-minet de chez nous car à 7h, là bas, il fait grand jour depuis longtemps

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Vaincre sa peur : la chute

J’ai quelques petites phobies dans la vie, comme tout un chacun. Je vous avais parlé de ma peur de l’avion, étrangement envolée. Par exemple, lors de notre départ en Sicile, on a décollé direct dans d’épais nuages, Zenobie me tenait la main de trouille et moi, j’étais à la cool « non mais une fois les nuages passés, ça ira, tu verras. » Mais j’ai d’autres phobies comme une à la con : j’ai peur de la chute.

Quand je dis chute, je ne parle pas de déchéance, je parle bien d’une perte d’équilibre et pouf ! Par terre. Ce qui fait que je crie dès que quelqu’un à l’idée saugrenue de me porter ou de me faire grimper sur un bar. Par contre, j’ai pas eu la bonne idée d’en descendre immédiatement, notez… Je suis la fille qui ne court jamais dans les escaliers, qui aime la rando sur terrain plat sans caillou qui roule sous les pieds. Bref, je suis pas trop une aventurière (et ça me désole car y a quelques randos qui me font méchamment de l’oeil à l’UCPA). Ajoutons à ça un problème de vue qui me fait rapidement perdre la profondeur… Bref, je suis le boulet de toute balade hors macadam ou chemin damé.

Je ne sais pas d’où ça vient. Selon la mère, j’ai du faire une mauvaise chute durant ma prime enfance car j’avais commencé à marcher et du jour au lendemain, pouf, plus rien. Quel boulet…

Mais y a des fois, comme ça, je me dis que ça suffit, les phobies à la con. À la limite, je garde ma peur des serpents, elle m’handicape peu au quotidien… Mais si je veux un jour me payer la rando à Hawaï ou en Islande, celle de la chute est plus dérangeante. Sans parler de quelques métros ratés car je cours pas dans les escaliers. Alors le 17 juin 2012, je l’ai un peu prise entre 4 yeux, cette peur de merde (oui, la peur a deux yeux, voilà) et je lui ai infligé une défaite : j’ai crapahute sur l’Etna.

C’est pas que ce soit difficile en soi, pas besoin d’être alpiniste mais marcher sur de la roche de lave qui roule sous le pied ou les cendres où tu t’enfonces bien, on est loin du bitume auquel je suis habituée (et sur lequel je tombe aussi des fois, d’ailleurs). En fait, faut savoir un truc : l’Etna, tu le montes pas vraiment, tu le descends en fait. Première grosse descente, je me la joue de côté genre je fais du ski. Sauf que mes pieds ne sont pas des skis (révélation) donc je tombe 3 fois. Arrivée en bas de cette première descente, Nino notre guide m’explique que je dois pas me mettre de côté mais face à la pente en plantant les talons. Ok, Nino mais bon, elle est finie la pente hein…

Mais le pire nous attendait car nous avons descendu ça :

On était censés être tous en lignes mais les gens se croisant, j’étais toujours derrière quelqu’un ce qui fait qu’à la fin de la descente, je ressemblais à ça :

Bref à un moment, y en a qui commencent à courir dans la descente, je me dis « mais pourquoi ils font ça ? ». Réponse : parce que c’est rigolo. Et à un moment, je suis prise d’une impulsion subite, je me dis que je dois le faire, je dois me prouver que je suis pas une chochotte. Alors je cours et je crie. Hihi, je vais vite, c’est drôle. Hihi, ça va vraiment très vite. Hi… Heu… Je m’arrête comment ? Je m’arrête pas, je m’arrête pas, aaaah ! Putain je suis vraiment trop conne, pourquoi j’ai couru, je vais me péter la gueule, une dent, un os, meeeerde !

Finalement, le terrain s’est aplani et j’ai réussi à m’arrêter SANS tomber. Non parce que petite, au ski, pour m’arrêter, je tombais exprès (à petite vitesse, dans la neige, du haut de mon mètre et vraiment pas beaucoup plus). Ce qui était peu malin vu que j’arrivais jamais à me relever puis un jour, j’ai maîtrisé la chasse-neige puis le ski parallèle. Bref, mission courir sur l’Etna : remplie.

Double victoire : celle sur moi-même mais aussi celle sur la vie. Car oui, j’ai omis de le signaler : 365 jours plus tôt, le 18 juin 2011, je me pétais le plateau tibial. Quelle meilleure façon de célébrer l’événement que d’aller me promener sur l’Etna ? Moi, je vois pas.

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Le démon tentateur (épisode 2)

Le début

La fin de l’année scolaire approche, tout va être fini. Je ne me fais pas à cette idée. Les soirées à la radio se multiplient (ils avaient refaits les locaux, au passage, c’était beaucoup plus convivial), on fait un vernissage du défilé du 1er mai 2002 (manifs anti-Le Pen, pour ceux qui n’ont pas suivi). Cette soirée tourne au n’importe quoi : on boit, on fume, on est pétés, on descend dans le studio enregistrer une émission totalement délirante puis les garçons veulent aller boire un verre à l’extérieur, Elodie et moi suivons. Tout est fermé. Or qui habite juste à côté de la radio ? C’est moi. Qui a un appart dans un bordel monstre ? C’est moi. Mais ils insistent, je finis pas céder. Pour terminer dans le n’importe quoi, j’ai rien à boire et mon frigo est décédé donc je leur sers des briques de jus de fruits rafraîchis dans une casserole d’eau froide. La lose complète. Je propose à Elodie de la ramener en voiture et sert la même offre aux garçons qui déclinent : Fabien est saoul et veut marcher pour s’éclaircir les idées. Dommage, ça aurait été le dernier à déposer !

Pique-nique

Après la dernière émission, je propose un pique-nique près d’un lac voisin : je suis prête à tout pour gagner quelques heures. Quelques jours avant, j’appelle Fabien pour organiser tout ça, je lui demande s’il a des verres en plastique. « Attends… Sandra, on a des verres en plastique ? » Merde, je l’avais oubliée, elle ! Je lui demande s’il connaît le lac : non. Zut, je suis nulle en orientation. « Pas de soucis, je suis bon en orientation, je te servirai de copilote. On se complète ». Heureusement, ça se voit pas quand on rougit comme une tomate au téléphone. Tout s’organise à merveille : Julien prendra sa voiture et embarquera Elodie et Maxime, je serai seule dans la voiture avec Fabien. Finalement, comme j’ai jamais de chance, ça ne se passe pas comme ça. Elodie ne vient plus et la voiture de Julien a un soucis donc on s’entasse dans la twingo de ma sœur (ma propre voiture étant au garage), Fabien à mes côtés. Un merveilleux copilote : il mate le paysage et me demande régulièrement : « d’après toi, c’est un champ de quoi, là ? » Non, Fabien, c’est pas du cannabis et je suis nulle en botanique. On arrive au bord du lac, j’ai une ampoule fantastique au pied et je souffre. On s’installe à l’ombre, moi à côté de Fabien (je ne perds pas une occasion). Julien et Maxime partent jouer au foot et là, une scène d’anthologie se produit : alors qu’ils courent après le ballon, ils glissent et s’étalent majestueusement dans une énorme flaque de boue. Mais quelle rigolade ! Ils en ont partout, une hécatombe. Du coup, ils vont se rincer dans l’eau et Julien réalise qu’il avait rangé ses cigarettes dans la poche de son caleçon… Donc nous voici avec des clopes aromatisées à la vase, miam ! Bonne journée, je ne quitte pas Fabien, on joue aux cartes et on se cherche un peu, je bronze en bikini, quelle douce journée… Au retour, mon copilote est tellement efficace qu’on se retrouve sur l’autoroute, pas du tout là où il faut. Une demi-heure plus tard, nous revoici sur le bon chemin. Je largue tout ce petit monde devant chez Julien, je sors de la voiture pour leur faire la bise et là, Fabien me regarde en rigolant : je suis rouge écrevisse. Effectivement, merveilleux coup de soleil sur la tronche, trop glamour.

Le lendemain, dernière émission, c’est émouvant, il me provoque un peu, comme à son habitude (son jeu : me faire rire en pleine émission). On rit, on fume, du grand n’importe quoi. Le soir, il y a une assemblée générale, très chiant, très long. A la fin, Elodie et son copain (elle est revenue avec le premier, entre temps) me propose d’aller au resto avec eux, ce que j’accepte avec joie. Elle propose à Julien et Fabien (Maxime n’étant pas là) de se joindre à nous, le premier décline. Nous voilà donc à quatre pour le resto, ça fait presque deux couples. Durant le repas, Fabien me dit pour rire qu’il me voit bien présentatrice radio de la nuit avec ma voix suave style « sexo-conseil »… ou remplacer Séverine Ferrer à Fan 2, trop sympathique. Durant la conversation, Elodie lui demande cash : « mais c’est qui la fille qui vit chez toi ? C’est pas ta copine ?

– Non, c’est une amie de ma sœur. Elle a trois jours de cours sur Toulouse donc elle dort sur mon canapé. »

Oh, je suis heureuse ! Ciao la belle brune ! On passe une sublime soirée, je suis sur mon petit nuage. J’avais pris mon appareil photo pour terminer une pellicule, je prends tout le monde en photo et fait une photo somptueuse de Fabien (comme dira ma mère plus tard : « qu’est-ce qu’il a de beaux yeux, ce type ! »), à rajouter à celles prises au bord du lac et à la radio.

 
Je prête pas !

Et là, c’est le « drame ». Je récupère les photos et vais chez Anne. Sur la pellicule, il y avait des clichés de l’enterrement de vie de jeune fille de sa sœur et là, elle tombe sur les photos de Fabien. Elle l’avait croisé une fois à la radio, il était arrivé, l’avait regardé des pieds à la tête avant de lui taper la bise. Anne regarde les photos : « regarde-le, il le sait qu’il est beau ! Il est célibataire ? » Alerte ! Alerte ! Alerte ! Que faire ? Je ne peux pas interdire à Anne de tenter sa chance, je ne peux pas le garder égoïstement pour moi… Alors, je feinte : « tu sais, je l’ai vu torse nu, il est super poilu. » « Ah, beurk ! » Bien joué. (excuse-moi, Anne).

Pendant ce temps, je quitte mon appart pourri malgré le frigo tout neuf, je cherche, je cherche. Et là, je visite un appart pas trop mal tout proche du sien… Je ne peux le refuser ! Je suis toute guillerette à l’idée de me retrouver proche de lui, ça va aider à resserrer les liens. Quelques jours plus tard, il m’appelle pour me remercier pour les photos que j’avais scannées et distribuées. Je suis en vacances au bord de la mer avec Guillaume, je roucoule au téléphone. Il m’explique qu’il va servir dans un resto. Je note. Tout l’été, je passe pas loin du resto, je jette un discret coup d’œil mais je ne l’aperçois jamais. Du coup, un soir, j’embarque Maxime sous le bras et on va lui faire un coucou.

La rentrée arrive, j’organise un repas chez moi (j’en perds pas une), sur le thème : « tu as vu comme j’habite pas loin de chez toi ? ». Délicieuse soirée, Fabien passe à la cuisine voir si je n’ai pas besoin d’aide. Et lors de cette soirée, il s’est passé un truc. Un petit truc, rien de grave. Il avait amené les photos de ses vacances en Egypte avec son frère et sa sœur. Au moment de partir, je dis : « vous n’avez rien oublié ? » Je le vois jeter un œil sur ma table puis il nous rejoint dans l’entrée, bisous, bisous. Le lendemain, en faisant du ménage, je découvre la pochette photo posée négligemment sur la table. Je suis sûre qu’il avait regardé ! Du coup, je l’appelle mais il doit partir bosser au resto (un nouveau, je passe devant tous les soirs pour rentrer chez moi). Du coup, j’ai toujours les photos avec moi.

Les rapports se distendent

Nos rapports s’espacent, on se voit une fois tous les deux mois à tout casser. Un jour, il nous annonce qu’il organise une table ronde sur son sujet de thèse, je ne peux pas rater ça. Donc, j’y vais. En chemin, il me saute dessus, tout élégamment vêtu et on discute. Je lui explique que la rédaction du mémoire me prend la tête et là, il me fait : « mais pourquoi ? Tu écris très bien. » Je fonds ! Je lui avais filé l’adresse de mon site perso de l’époque où j’avais mis des nouvelles et extraits de romans dessus. Je sais qu’ils les avaient lus. Seigneur, mon cœur bat encore, ça va suffire cette histoire ! On rentre dans la salle, je m’installe et la conférence commence, je prends des notes et là, j’aperçois deux personnes : une femme d’une cinquantaine d’années assez costaud et une jeune fille brune à ses côtés, l’air un peu effacé. Et là, je comprends, je ne sais comment, que cette dame est sa mère mais la jeune fille ? Sa cousine ? Ce n’est pas sa sœur en tout cas. Quelques jours plus tard, j’apprends par un copain que c’était sa copine. « Ah, il a une copine ? » s’exclame une copine. La secrétaire de la radio (oui, moi, j’y étais restée) nous explique que oui, elle le savait, elle. Moi non, il ne m’en avait jamais parlé. A-t-il fait comme moi avec Guillaume ? Je ne sais pas.

Du coup, je me ressaisis enfin : fin de l’aventure, je l’oublie. Mais il reste proche de la surface de ma mémoire et resurgit de façon toujours inattendue à partir de là. La dernière fois que je l’ai vu, c’était en octobre 2004. Je viens au Mirail déjeuner avec Guillaume et Lucie (j’avais changé de fac) et je croise Julien et Elodie : « ça alors, c’est dingue ! On a croisé Fabien à la fac, ce matin, aussi. » Fabien est là ? Je rêve ! Il ne vient jamais et là, nous voici en même temps sur le campus. Enfin, si on se croise, c’est pas gagné. J’apprends qu’il a mis de côté sa thèse pour passer l’agrégation. Je déjeune en guettant l’entrée de la cafétéria mais point de Fabien. J’accompagne Guillaume et Lucie à leur amphi mais point de Fabien. Bien, je me résigne mais avant de partir, je dois passer aux toilettes. En entrant dans l’UFR, il est là, à la machine à café. Je m’approche de lui, veux lui glisser un mot à l’oreille mais je me contente d’un salut un peu lointain et sonore. Il semble ravi de me voir, il me propose un café mais je décline l’offre, on discute dix bonnes minutes, je reçois une salve de compliments (« tu es la plus forte, la meilleure… ») puis il se décide à aller en cours alors qu’il est en retard. Mon cœur bat la chamade, un sourire immense s’étale sur mon visage.

Puis je ne le reverrai plus. Mais il reste pas loin de mes pensées. Un jour, mon portable sonne : Fabien. Je décroche et babille, il me propose un barbecue pour le lendemain que je m’empresse d’accepter mais me ravise : je dois dîner avec Guillaume, le lendemain…Déjà qu’on ne se voit plus beaucoup… Du coup, je laisse l’invitation en suspens. Le soir-même, j’avais rompu avec Guillaume mais je ne suis pas allée au barbecue, trop triste.

Dernier « rebondissement en date ». Pour l’année 2005, j’ai envoyé un mail commun à tout mon carnet d’adresse pour souhaiter la bonne année, j’avais intitulé ça : « communication du gouvernement ougandais » (je suis inspirée, moi, des fois), il me répondit ceci : « Réponse du quai d’Orsay : je te souhaite aussi une année 2005 pleine de bonheur et de santé. Qu’elle te soit profitable et que tes projets se réalisent comme tu l’entends. Reste en tout cas celle que je connais, une fille pleine de vie et très drôle: des atouts indispensables pour réussir. Gros bisous, Fabien ». C’est idiot mais ça m’a fait super plaisir.

Depuis, plus rien, il se perd dans les limbes de mes souvenirs pour ressurgir dans mes rêves sans raison. Et à chaque fois, ça me perturbe : ne l’oublierai-je donc jamais ? Certains me demanderont pourquoi je n’ai rien tenté une fois célibataire. Je me le demande aussi, j’y ai pensé plusieurs fois mais rien ne me dit qu’il soit célibataire. Et puis, j’ai tellement rêvé de lui, j’ai peur de la chute. A présent que je suis partie de Toulouse, je pense que je ne le verrai plus. Ça ne devait pas se faire, c’est tout.

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