Ecrire touts les jours : le journal intime

Parmi mes résolutions de nouvelle année, il y en a une que je tiens correctement (je me souviens déjà plus des autres) : écrire mon journal intime. Ca peut paraître étrange de parler de ce sujet dans une rubrique “carnet d’écrivaine” mais après tout, il s’agit bien d’écriture. Et ça fait plutôt du bien.

Journal intime

(en vrai, là, c’est Technopolis reloaded)

Le journal intime, à la base, ça fait partie de la palette d’outils du développement personnel. Et oui, j’y reconnais une valeur. Alors je ne pense pas que ce soit quelque chose qui guérisse d’une dépression mais en tant que gentille cyclothymique, ce mois de janvier avec ses quelques éclaircies au milieu de la pluie m’a pas mal épuisée. Ca et quelques jeux d’échecs dans un contexte toxique alors que moi, je demande juste à avoir de la tranquillité. Du coup, j’ai tout écrit. Le bon, le mauvais, l’anecdotique. Quelques fois des mots durs, quelques fois des mots doux. Il y a des jours où j’écris beaucoup, d’autres où je n’écris qu’une fois en trois jours parce qu’en fait, je n’ai pas grand chose à raconter. Par exemple, mercredi dernier, après avoir loupé deux sessions d’écriture, j’ai débuté mon rapport par “hier, j’ai testé un nouveau petit déjeuner qui me plaît bien”. Bah oui, après un début d’année sur les charbons ardents, une préparation pour LA partie d’échecs de l’année… il ne s’est en fait rien passé. En résumé : je croyais ce mois de janvier décisif, il n’en a rien été. Et la ferveur qui se dégage de mes lignes s’éteint jour après jour.

C’est toujours pas mon journal

Enfin j’imagine car pour le moment, je ne relis pas. Parce que je ne suis pas en période de doutes, je suis en période d’action, je n’ai pas besoin de me remémorer cette période pour en tirer de la force. Ca peut paraître bizarre mais il y a quelques années, j’avais un blog caché où je racontais vraiment ma vie façon journal extime. Et dedans, il y a la période noire du début de l’année 2007. Les jours qui s’écoulent lentement, l’ennui poissard qui colle à la peau, cette impression que rien n’évoluera, que je ne trouverai jamais de job. Avenir sombre et désespoir. Un jour, j’ai relu ces lignes et ça m’a foutu le blues direct. Quelle noirceur dans ces lignes… Et en même temps, j’y ai vu quelque chose de positif : me souvenir qu’un jour, j’ai été dans la tourmente mais qu’il y a eu la lumière au bout du tunnel. Tout graver pour se souvenir des fois où on a cru qu’il n’y avait plus d’espoir et que, tout à coup, une porte s’est ouverte.

Le Real Alcazar de Seville

Mais surtout, ça m’exerce. Evidemment, écrire un journal, ce n’est pas travaillé. Il doit y avoir deux ou trois phrases qui mériteraient qu’on s’y arrête à tout casser, le reste est du babil de post ado dont tous les paragraphes commencent par “sinon, pia pia pia”. Et de toute façon, cette prose n’a aucun cas vocation à sortir du classeur dans lequel elle est sagement rangée. Parce que ce n’est pas intéressant en soi. Quelques trucs, peut-être, que j’envisage d’exploiter un jour, quand je serai plus libre de ma parole, sous la forme d’un roman ou d’un “essai” façon Facebook m’a tuer. Quelques anecdotes mises de côté qui pourraient servir un jour, ne sait-on jamais. Mais ça reste que tous les jours j’écris. Un peu comme ce petit trot de 2 km quotidien : on est loin du marathon mais ça permet de rester chaud. Enfin, je dis ça, moi, je ne cours pas, mais vous voyez l’idée.

Pivoine_court

La pivoine en pleine action

Et puis, en vérité, j’aime bien prendre mon petit classeur pour écrire de mon écriture particulière les histoires du jour, sentir le stylo gel dont je suis très contente (ce détail est important, je cherchais depuis pas mal de temps un stylo pour remplacer les stylo encre jetables v pen que je ne trouve plus (mais je vois qu’ils sont en vente sur Internet), j’en rêvais même la nuit, que j’allais en papeterie tester des stylos… j’ai de vrais problèmes, manifestement) glisser sur la feuille quadrillée, vider du venin inutile, m’encourager à changer de vie sur des détails (ça, ça ne marche pas).

Le V pen de mon adolescence

La semaine prochaine, on va parler écriture, pour de vrai.

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L’écriture thérapie

Jeudi il y a deux semaines, quelque part au bout de ma vie. Je suis fatiguée car j’ai quitté ce boulot que je n’aime plus à 20h40, je suis minée par le retour impromptu de l’hiver au mois de mai, je suis déprimée par les élections. Grosse patate, quoi. Mais restons dans nos bonnes habitudes : assise dans le métro, je saisis mon stylo et continue à écrire mon roman de Maja. Qui traverse soudain une noire période. C’est donc ça, l’écriture thérapie ?

écriture thérapie

Assise à son bureau, Maja se languit, Maja n’a plus envie de rien, elle attend juste que ça passe… oh mais attends, n’aurais-je pas mis un peu trop de moi là dedans ? Alors évidemment qu’on met toujours un peu de soi dans ses personnages, sans aller trop loin sinon c’est chiant, mais là… malgré moi, j’ai laissé une empreinte sur Maja, une empreinte sombre et poisseuse.

Lassitude

Il faut dire que l’écriture est un excellent révélateur de notre état. Quand j’étais en 4e et que j’avais écrit un roman pour l’école, j’alternais écriture sympa et passages tous pourris. Je me souviens d’un en particulier que ma prof avait raturé de partout : les personnages arrivaient dans une sorte de chapelle, je me demande si c’était pas un peu le sanctuaire du trésor ou une connerie du genre. Ca devait être important en tout cas car je me suis lancée dans une longue description… à base de verbe être. Tout était. Alors j’avoue que quand tu te tapes dix fois le même verbe dans un paragraphe, ça finit par agacer un peu. Et je sais que j’avais écrit ce passage un jour sans.

Etre

C’est difficile de tricher dans l’écriture, j’imagine, puisque tout vient de notre tête. Difficile de créer des univers lumineux quand on est envahi de noirceur, difficile de raconter une histoire niaise quand on est cynique. Et de se relire, on se dit que, tiens, faudrait voir à se rebooster un peu. Parce que si Maja reste à soupirer derrière son bureau, mon histoire n’avancera pas !

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