Et si on arrêtait de mentir sur la perfection au travail ?

Vendredi après-midi, je traînasse un peu sur LinkedIn, activité que j’avais délaissée suite à la signature de mon nouveau contrat tellement j’en pétais. En cause ? Cette fable permanente de l’hyper réussite sans faille, ces gens qui ne sont que réussite et confiance en soi. Sauf que nous faire croire que la perfection au travail existe est juste la meilleure façon de nous fragiliser. Et si on changeait un petit peu les règles du jeu ?

La perfection au travail, seule voie de réussite ?

Je n’aime pas le monde du travail, qui n’est qu’une longue souffrance sans fin, mâtinée d’humiliation, stress, burn out, bored out et tout ça. Sauf que socialement, c’est moyen admis de balancer ça tant on est dressés à la réussite. Déjà à l’école, t’avais des profs bien vachards qui aimaient bien classer les copies par notes, lisant les passages les plus moisis des copies les moins bien notées. Et comme à cet âge là, t’es une belle graine d’ordures, on riait tous bêtement quand le prof nous désignait du doigt le cancre. Oui, j’ai eu des profs merveilleux (enfin, là, c’est une en particulier). Bref, dès l’enfance, tu apprends qu’il y a les bons, les nuls, et le ventre mou. Tu dois aspirer à être sur le haut du panier tout en ricanant de ceux qui n’y arrivent pas. Un peu le même principe que la téléréalité finalement où on prend un plaisir pervers à voir des gens censément idiots nous rassurer sur nos propres capacités. Je dis “censément” parce que filmez n’importe qui pendant 22h/24 (c’est toujours ça le ratio ?), vous pourrez compiler des moments de lapsus ou fautes de français sans grande difficulté.

Nabilla ou l'inculture des candidats de téléréalité

Mais c’est pas le sujet. J’ai récemment changé de taf et, surprise, mon poste a complètement évolué par rapport à ce qui était prévu donc j’apprends… et je réalise des tâches en même temps donc je me sens régulièrement dans la peau d’une jongleuse funambule… Métaphore qui prend tout son sens quand on connaît mon sens incroyable de l’équilibre (je n’en ai aucun). Donc je tâtonne et j’ai moyen confiance en moi (moyen comme pas du tout), d’autant que j’ai un management qui peut passer 10 minutes à me reprocher un imprécision plutôt que de retenir que les clients sont contents de moi et que je m’en sors avec les honneurs compte tenu du fait qu’on me met sur un nouveau métier et que la seule meuf qui maîtrisait bien les bails est partie. Bref, je vais me lancer dans la rédaction d’articles d’empowerment, histoire de me dire qu’il faudrait que je fasse ci ou ça au boulot pour sortir de tout ça et que je n’en ferai rien parce que voilà…

L'empowerment, prendre le pouvoir au travail

Comme vous l’avez compris, j’ai passé un mois de septembre tendax. Mais vraiment. Mais je ne suis pas tout à fait innocente dans l’histoire, j’ai un tort. Un tort de ouf et il va falloir que j’arrête avec ça : je mets les gens sur un piédestal. Enfin, certains. Peut-être est-ce un relent de mes années d’école avec les très bons élèves et les cancres (et que j’ai ce putain de syndrome de la bonne élève qui me nuit énormément car je suis incapable de lâcher le moindre lest) mais en gros, j’ai tendance à classer mes collègues en “très bons” ou “nuls”, sans grande nuance. Or n’oublions jamais que nous sommes tous le nul de quelqu’un d’autre et que j’ai l’impression qu’un grand classique du monde du travail (du moins dans mon univers impitoyable des agences de pub) que tous les autres services sont nuls et qu’il n’y a que le nôtre qui sauve les meubles (lol). Mais moi, je veux surtout vous parler de ce que je perçois comme “très bons”. Non, pardon “parfaits en toute circonstance” alors que moi, je fais des bêtises et que je suis la pire des loseuses. Ah oui, non mais par moments, je suis à ça de me préparer à un entretien préalable au licenciement pour une faute d’orthographe dans un mail, je suis la reine de l’autoflagellation. Du coup, au coeur de la “tourmente” (qui, après coup, s’est vraiment révélé être une tempête dans un verre d’eau), je me suis mise d’autant la pression parce qu’on m’avait présentée celle que je remplaçais comme une “pépite”, une “grande perte pour l’agence”. Hashtag sérénité, voyez. Alors que je lorgnais vers les toilettes en me demandant si je pouvais aller y pleurer discrètement, ma nouvelle collègue chouchoute me rassura “ah mais la fille que tu remplaces, elle s’en est pris dans la gueule bien pire, t’inquiète !”. Et je réalisais une nouvelle fois que nul n’était parfait, même ceux que je déposais délicatement sur le Panthéon de la réussite.

Athena, statue chevaliers du zodiaque

Parce que les échecs, on n’en parle pas ou alors s’ils sont un élément d’une success story, vous savez, ce côté, “aujourd’hui, c’est l’un des noms qui comptent dans la société, CEO de la start up de rêve mais avant, il a échoué, bla bla bla”, ces parcours flamboyants dont on est tous censés rêver (non) et qui ont le monopole de la réussite. On croit qu’on est le seuls à se tromper, à échouer (encore qu’il faudrait définir ce qu’est l’échec) et le tout bien encouragé par nos managers qui vont toujours aller nous pécher l’exemple de tel.le ou tel.le collègue qui fait autant que nous voire plus sans se plaindre (les managers oublient souvent que l’on se parle entre nous, au passage). Alors oui, celui-ci ou celle-la s’en sort peut-être mieux que nous mais… eux aussi, parfois, se sont plantés. Et ce n’est pas si grave car on ne sauve pas des vies.

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La cité de Stella Gemmell : parfait pour vos vacances

Comme j’ai l’impression que cette année, beaucoup de sans enfants partent en septembre et que j’ai juste fini ce roman la semaine dernière, laissez-moi vous parler de cette petite pépite. Vous aimez le médiéval fantastique, les intrigues de palais et Game of thrones ? Vous aimerez la Cité de Stella Gemmell (et l’avantage, c’est qu’à la fin de ce roman, vous avez la fin de l’histoire même si on pourrait facilement imaginer des suites*… mais bon, on n’attend pas 5 ans la suite, quoi).

La cité de Stella Gemmell

Dans la Cité, les égouts grouillent de démunis qui survivent là tandis que dans le Palais de la cité au dessus de leur tête, l’Empereur appelé l’Immortel entretien une guerre sans merci avec ses voisins, les “Peaux Bleues”. Une guerre qui dure depuis si longtemps qu’elle ne semble plus avoir de fin, les alentours de la cité sont ravagés par cette guerre. On va suivre les histoires croisées de différents personnages : Fell, commandant de l’armée et Indaro, une guerrière, d’Emly et Elijah, frère et soeur vivant dans les égouts, Bartellus, un vieil homme plein de secrets… Tous ces destins se croisent et n’ont qu’un seul but : sauver la cité.

Highlander, la mort de Duncan

Alors pour commencer, j’ignorais totalement qui était Stella Gemmell, je pensais qu’il s’agissait d’une jeune autrice mais absolument pas. Il s’agit en fait de l’épouse de David Gemmell, connu pour ses romans de Fantasy (mais que je ne connaissais pas, je dois avouer mon inculture) et qu’elle avait aidé pour sa trilogie Troie avant d’achever le dernier volume à la mort de David. Donc Stella est assez rompue à l’écriture de ce type de roman, ce qui explique la description très précise des combats. Parce que c’est la première chose qui m’a marquée en lisant : la très bonne description des combats, notamment sur la durée de vie des armes et l’habitude des combattants de récupérer celles des morts dès que les leurs laissaient à désirer.

Bataille médiévale

En fait, en lisant, j’ai ressenti une certaine jalousie, une frustration. Parce que j’étais en train de réfléchir à une histoire un peu similaire et que je me sens coiffée au poteau (sauf que moi, j’ai pas commencé à écrire). J’ai aimé la mise en place des jeux de pouvoir dans le Palais de la cité, l’ambiance claustrophobique des égouts qui me rappelait vaguement Metro 2033 ou encore l’omniprésence de l’eau comme menace (et qui fait une transition parfaite avec la fille de l’eau de Paula Hawkins que je viens de commencer). Alors oui, parfois, c’est un peu confus, le nombre élevé de personnages en finalement quelques centaines de pages fait un peu buguer par moment mais moins de Game of thrones, par exemple. L’enchaînement des chapitres est parfois un peu étrange avec des sauts dans le temps, passé ou présent, qui ne sont pas signalés immédiatement, ce qui crée parfois une sensation d’avoir loupé un chapitre…

Frise chronologique

Mais j’ai aimé. Je l’ai dévoré assez rapidement j’ai trouvé les personnages attachants et pas surpuissants… alors que les guerriers que l’on suit ont tendance à triompher, presque à être imbattables, on n’a pas la sensation de super chevalier tellement fort… et j’apprécie toujours cette nuance. Ici, les demoiselles ne sont guère en détresse, elles font jeu égal avec les hommes tant sur le terrain politique que sur le champ de guerre. Et forcément, j’apprécie.

Lagertha, Vikings

Bref, un livre parfait pour les vacances, pour peu que vous aimiez le médiéval fantastique.

* Effectivement, je viens de découvrir qu’il existe un tome 2

 

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Les impliqués de Zygmunt Miłoszewski

Je vous parlais de polars suédois les deux dernières semaines en vous expliquant que c’était sympa, que ça donnait envie d’aller faire un tour du côté de chez Björn mais que le côté “syndrome Julie Lescaut” me saoulait un petit peu. Mais il y a un autre polar qui m’a totalement emballée, fascinée, j’arrivais pas à le lâcher et la conclusion m’a totalement surprise. Laissez-moi vous parler d’un polar… polonais.

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J’aime bien la littérature slave, je me promène parfois dans les rayons de la littérature de l’est pour voir si je ne trouve pas quelques pépites. C’est ainsi que j’étais tombé sur Les pingouins n’ont jamais froid d’Andreï Kourkov, un roman ukrainien fort sympathique. Quand j’ai saisi Les impliqués de Miloszewski, je me laisse convaincre par le résumé, à savoir : “Un dimanche matin, au milieu d’une session de thérapie collective organisée dans un ancien monastère de Varsovie, l’un des participants est retrouvé mort, une broche à rôtir plantée dans l’oeil. L’affaire est prise en main par le procureur Teodore Szacki. Las de la routine bureaucratique et de son mariage sans relief, Szacki ne sait même plus si son quotidien l’épuise ou l’ennuie. Il veut du changement, et cette affaire dépassera ses espérances. Cette méthode de la constellation familiale, par exemple, une psychothérapie peu conventionnelle basée sur les mises en scène… Son pouvoir semble effrayant. L’un des participants à cette session se serait-il laissé absorber par son rôle au point de commettre un meurtre ? Ou faut-il chercher plus loin, avant même la chute du communisme ? Zygmunt Miloszewski signe un polar impressionnant, où s’affrontent la Varsovie d’aujourd’hui et les crimes du passé.”. Ouais, rien que ça.

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Donc on va pas se mentir : autant les polars suédois me donnent envie de faire un tour par là-bas, autant en lisant les impliqués, Varsovie est tombé très bas dans ma liste de mes destinations préférées (bon, surtout qu’en Pologne, je vise plutôt Cracovie). Le héros, désabusé, déambule dans une ville perdue entre son passé communiste et son présent plus tourné vers l’Europe. Ca donne pas très envie… Mais ça pose un décor parfait pour l’intrigue par contre.

Alors que Varsovie vu comme ça, ça donne carrément plus envie

Alors que Varsovie vu comme ça, ça donne carrément plus envie

Celle-ci est complexe. D’un côté, on a le crime en lui-même avec la découverte d’une thérapie psychologique aux rouages complexes, de l’autre, notre procureur se retrouve en prise avec une sorte de mafia polonaise décidée à garder certaines exactions de la période communiste sous silence. Très honnêtement, tous ces ingrédients avaient un potentiel de dingue pour que le rendu soit absolument indigeste. Déjà, la psychologie est toujours un rouage intéressant mais tellement galvaudé, souvent mal joué, qu’il me rend parfois folle. Combien de polars mettent en scène le psy de la victime, un mec qui sort des conneries plus grosses que lui, prétexte à tisser une psychologie torturée mais totalement foirée de la victime ? Non, ici, on flirte avec les limites de la folie mais de façon brillante, finement amenée.

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Et puis la mafia polonaise qui cache des secrets. Ca aussi, ça a rapidement le potentiel de virer au n’importe quoi, la théorie du complot version nerd de 13 ans persuadé de connaître la vérité car il l’a lu sur Internet, voyez… Mais non, tout est subtilement tissé, ça tient la route, ça la tient même très bien.

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Bon, après, Teodore se comporte parfois come un crétin qui te fatigue un peu mais à l’arrivée, ça ne gâche pas la lecture. Du coup, Zygmund Miloszewki semble commencer à avoir une petite notoriété en France, ses romans arrivent petit à petit dans nos rayons… Et il ne faut pas les rater !

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Enjoy the silence

Savez-vous ce que j’aime dans la plongée ? C’est le silence. Un silence certes relatif avec le bruit du détendeur mais putain, on est si bien loin du brouhaha. Le bruit me saoule, m’agresse. Le bruit virtuel aussi. Dans l’Internet 2.0, toutes les voix ont leur espace pour s’exprimer. Alors on parle, à tort et à travers. Réfléchir, c’est pour les faibles.

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Il y a quelques années, je lisais en ricanant les commentaires des sites d’actualité en étant fascinée par la connerie de la plupart de ceux qui prennent leur clavier pour nous arroser sans pudeur ni pitié de leur mépris pour l’Autre (l’Autre : les homos, les Arabes, les Noirs, les pauvres, les riches, les gauchistes, les droitistes… Les cons, quoi qu’il en soit). Au début, c’est un peu comme les Confessions intimes et consort, ça fait toujours un peu marrer les abrutis qui viennent nous expliquer leur vision de la vie. Sauf que ça finit par agacer et à mettre franchement mal à l’aise. Parce que ça nous met face à une certaine réalité, une réalité que t’as pas trop envie de voir. Celle où la parole s’étale sans le filtre de la réflexion ou de la logique. Ca s’exprime, ça dégueule les mots même (et surtout) quand ça n’a pas lu l’article. Pour dire que ça les intéresse pas, pour dire qu’ils détestent la personne dont parle l’article, pour dire que les médias nous manipulent, les Illuminatis, les Francs-Maçons, les médias de gauche complices, les médias de droite complices… Eux, au moins, ils ne sont pas dupes.

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Parfois, bien sûr, certains commentaires valent vraiment la lecture, ils ajoutent une information, apportent un témoignage, donnent un nouvel éclairage à l’information. Mais pour un commentaire intéressant, combien de litres de merde fétide ? De « moi, moi, mon opinion et vos gueules, j’ai raison, vous avez donc tort, il n’y a pas d’alternative« . Mais la vraie question que je me pose c’est « pourquoi vous parlez ? ». En tant que lectrice et webzines, je ne commente pour ainsi dire plus, essentiellement parce que je n’ai rien d’intéressant à dire. Si un article me touche ou me paraît intéressant, je le partage, je ne poste pas un « c’était très intéressant », je trouve que ça n’apporte pas grand chose. Si j’ai rien à dire, je ne le dis pas, point. Mais manifestement, je suis un cas rare car quand je lis les comms, je hurle.

Macaulay_Culkin

Il y a d’abord les « ce sujet ne m’intéresse pas », « y a plus grave ». Messieurs dames, l’avantage d’un webzine, c’est que, contrairement à leur version papier, il n’y a pas de limite de place. Donc pendant que la rédaction monde va vous pondre un article sur la Syrie (ou pas), la rédaction politique vous parlera de la dernière loi en date, la rédaction économie de la baisse du chômage et la rédaction culture pourra se pencher sur le dernier film à la mode ou sur la fin du phénomène Nabilla. Tant qu’on reste dans les limites du raisonnable et qu’on arrive pas à l’hystérie de remplissage par le vide dont je parlais la semaine dernière, tout va bien. Mais la vraie question est : si ça t’intéresse pas (ce qui est ton droit le plus absolu), pourquoi as-tu perdu une minute de ta vie pour renseigner ton nom, ton mail et écrire un sublime “on s’en fout” ? Re regarde la vidéo de 2 mn pour convaincre qui t’explique que plus y a de comms, plus l’article a des chances d’être bien vu sur Google. Donc ton commentaire inutile pour le quidam moyen le sera par contre pour le journal. En somme, la meilleure façon de montrer qu’on s’en fout pour décourager ce type de sujets, c’est justement de ne poster aucun commentaire.

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Mais surtout, ce qui me paraît plus préoccupant, ce sont tous les dégueulis de haine sans le moindre filtre de réflexion qu’on se mange en permanence, y compris sur des articles qui n’ont rien à voir. Passons encore sur les stériles “Hollande démission” qui semble être “l’argument” ultime de certains droitistes qui le balancent en boucle. Mais là où je commence à avoir de l’urticaire, c’est quand on s’avale tous les « les homosexuels sont des malades », « les Arabes dehors » (ou les Roms, ça marche aussi), je vous sors la version la plus « polie ». A quel moment tu peux sérieusement écrire et poster ça ? Outre le fait que ça ne sert à rien pour le débat mais ça, on n’en est même plus là, je me demande à quel moment tu peux stigmatiser à ce point une population, quelle qu’elle soit, sans réfléchir 30 secondes. C’est quoi un Arabe ? C’est quoi un Rom ? C’est quoi un homo ? Ah oui, oui, on a certes des définitions mais je veux dire, concrètement, est-ce que le fait d’aimer une personne du même sexe que toi fait de toi quelqu’un d’identique à une autre personne aimant une personne du même sexe ? Le fait d’avoir des origines arabes ou roms fait-il forcément d’une personne un délinquant voire un criminel (puisque c’est ce qu’on leur reproche en général)? Les commentateurs te foutent tout le monde dans un même grand sac (poubelle) et hop, virez moi tout ça ! Et ça m’épuise. Vos gueules, par pitié. Si c’est pour taper vos slogans de merde, autant s’abstenir, hein. Toujours dans le négatif, toujours pour gueuler. Les politiques incapables, celui ci qui est con et moche, celle la qui est une vraie pute… Quel formidable crachoir que ces agoras virtuelles où vous vous cachez derrière un écran pour dégueuler votre rejet de l’autre. Pourquoi tant de haine ?

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Les commentaires de journaux en ligne se sont peu à peu transformés en café de commerce version haineuse où l’on énonce l’inaudible en toute impunité. Alors que des lois vous condamnent en cas de racisme ou d’homophobie, là, c’est open bar. Evidemment, on ne peut pas s’amuser à remonter les IP de tous les racistes/homophobes… des internautes qui se défoulent pour leur coller des amendes. Mais de temps en temps, j’avoue que ça me ferait gentiment rigoler et ça permettrait peut-être d’arrêter de polluer les commentaires d’articles où, parfois, sous les tombereaux de merde, se trouve une pépite. Mais perso, j’ai plus envie de chercher.

Le dernier mot sera laissé à Daniel Balavoine qui répondait (très intelligemment) à un raciste en 84-85. Comme quoi, rien ne change.

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The Terminators de Xavier Puslowski

Parfois, tu te dis que tu as vu les pires navets du monde quand au hasard de tes zappings, tu tombes sur une pépite. Un truc tellement mauvais que quand tu découvres sur allociné qu’il s’agit d’un film et non d’un téléfilm de 3ème zone, t’as envie de crier « Non, tu mens ! ». Et pourtant…

L’histoire : des Terminators de type T5 sont fabriqués sur un vaisseau spatial directement sorti de 2001, odyssée de l’espace (Stanley a dû faire un triple lutz piqué dans sa tombe). Mais les T5 se rebellent et tuent tout le monde. Tout les budgets effets spéciaux ayant été bouffés par le visuel du vaisseau à l’extérieur, le décor de la tuerie est une pièce blanche avec un peu de fumée et du sang très très rouge. Plein partout, avec des bruits mouillés de tripes arrachées et de cerveaux éclatés. Miam.

Pendant ce temps là, dans un village américain de bouseux, la vie s’écoule. Tiffanny la pute demande à Chuck l’homme marié de divorcer pour l’épouser, elle, mais c’est pas possible parce que sa femme Chloé est enceinte. Pendant ce temps là, le shérif bienveillant (joué par le mec qui jouait Cruz dans Santa Barbara. J’ai des références) fait la circulation. Quand tout à coup, un objet tombe du ciel et c’est la merde : les T5 sont dans la place. Massacre total à coup de ketchup, corps explosés à coup de gros guns qui tachent, bouillie de cerveaux fait main. Les T5 sont surpuissants, ils explosent un camion à main nue. Chloé se retrouve dans une ferme avec le shérif et quelques survivants surarmés. Chloé braque un camion (normal) mais un survivor, vieux, décède shooté par un T5. Ah ok, donc dans le gang des survivants, il n’en restera qu’un. Dans la mesure où il nous reste une femme enceinte, un shérif bienveillant, une connasse égoïste, une black et un couard, je suis en haleine : qui va survivre ? Le suspense est à son comble !

Pendant ce temps, Tiffanny la pute entraîne Chuck le queutard dans une usine pour avoir du sexe mais Chuck termine en purée tandis que Tiffanny, couverte du sang de son amant, met sa main devant sa bouche pour étouffer ses sanglots en voyant les T5 massacrer plein de gens dans l’usine.

Pendant ce temps dans le camion, Chloé essaie d’appeler Chuck le ketchup mais il ne répond pas, sans doute parce qu’il est mort. À l’arrière du camion, la connasse arriviste secoue la tête pour simuler les cahots de la route « les T5 se sont retournés contre nous, ça devait arriver! » « oh et on fait quoi, maintenant? » répond le couard qui ne bouge pas d’un millimètre (les cahots sont taquins). Mais trêve de bavardage, un vaisseau volant prend nos amis en chasse et leur tire dessus, Chloé qui conduit prend un petit chemin de terre et va se planter dans un arbre en pleine clairière mais curieusement, le vaisseau qui les suivait sans problème malgré les arbres a disparu. Mais oh non ! La black a été éjectée de la camionnette lors de l’accident et hurle sa mère car sa jambe est cassée. Et pas de bol, un T5 qui traînait dans le coin entend les hurlements et arrive en courant ! Nos amis ont juste le temps de se « cacher » derrière un arbre pour voir le T5 renifler leur van. Blackie hurle « PUTAIN ON FAIT QUOI MAINTENANT ? » mais là, le T5 ne l’entend plus, trop occupé à renifler le van sans doute. Mais ahah, il les retrouve, mini course poursuite et les voilà dans une impasse (en plein air). Alors que tout semble être perdu, un homme sort de nulle part et avec un flingue du futur, il désactive le T5. Parce que le monsieur, il explique qu’il est concepteur de T5, même qu’il connaît le shérif bienveillant mais celui-ci ne se souvient pas de lui. Suspicion.

Arrivés à la ferme, un personnage allume une clope (la connasse ou le couard, je sais plus) et là, le concepteur de T5 crie  » non mais merde, tu vas les attirer avec ta clope, ils ont des détecteurs thermiques ». C’est vrai qu’un T5 ne ressentira pas un groupe de 6 personnes mais une clope, si. Alors ils repartent en courant et revoilà un T5 qui tire et pan, tuée la Blackie (bon, avec sa jambe en moins, on se doutait qu’elle irait pas loin). Oh non ! dit le couard pendant que le concepteur de T5 désactive le terminator. Bon, là, j’ai légèrement décroché, ils montent dans une navette mais se crashent très vite car un T5 a sauté dessus et arraché un truc et la connasse dit : « Oh ben je crois pas qu’on est dans l’espace, là! » (seule réplique à peu près drôle). Donc ils repartent en courant dans une espèce d’usine pour récupérer du carburant pour navette  mais évidemment, l’usine est infestée de T5. Ils récupèrent le carburant, Chloé rebraque un camion selon une technique étrange : pour coupler les fils qui font démarrer le camion, elle se met la tête à l’envers. Oui heu ok…

Ils démarrent et écrasent un T5 au passage. Ah parce que depuis le début du film, ils ont perdu leur capacité à détruire un camion avec leur petit doigt ? Je sais pas vous mais je les trouve pas très fiables ces T5 ! Mais un autre qui traînait sur le toit (ils aiment traîner sur les toits et les murs de séparation) saute dans le camion. Parce que oui, Chloé a eu la bonne idée de voler un camion ouvert à l’arrière. Ah ouais, c’est vrai qu’ils n’ont pas été attaqués 30 fois depuis le début du film, y compris par un vaisseau… Donc le T5 commence à castagner le couard et la connasse restés à l’arrière, ils essaient de s’en débarrasser en lui tirant dessus (ils ont dû tirer une centaine de balles sur les T5 depuis le début du film mais ne veulent pas admettre que ça ne marche pas), Chloé qui regarde la scène depuis la fenêtre crie « non, non ! » mais à aucun moment elle n’a l’idée de prendre le flingue qui les désactive, non. Bref, bagarre, le couard essaie de démonter le T5 à coup de barre en fer et là, la connasse qui était au sol saute sur l’ennemi et ils tombent tous deux du camion. Comme le T5 est pas très content, il arrache les tripes de la connasse qui, logiquement, meurt.

Point survivants : Chloé, le concepteur de T5, le shérif bienveillant et le couard. Ils arrivent dans une nouvelle usine qui contient toutes les navettes mais c’est la fête des T5 ! Ca tire dans tous les sens et le shérif bienveillant est touché mais arrive à rejoindre les autres dans le hangar à navettes. Oh mais qui voilà ? Tiffanny la pute qui ne fait que pleurer. Bon, ok, je serais recouverte du sang de mon amant, je serais pas trop joyeuse. Tout ce petit monde embarque dans le vaisseau et c’est parti pour l’espace, youhou ! Chloé s’approche du shérif et OH MON DIEU ! En guise de blessure, elle découvre des circuits électriques. C’est un Terminator, houlala. Le concepteur des Terminators dit « bah oui, je le savais, même que je t’avais dit que je te connaissais, mec ! ». De là, le shérif bugge.

Mais oh non ! Le vaisseau est attaqué par d’autres pilotés par des T5. Ca dézingue dans l’espace, Chloé prend les commandes de leur fusil et elle descend tous les vaisseaux. Donc des robots hyper expérimentés ne sont pas foutus de descendre une navette mais une pauvre humaine qui n’est jamais monté dans l’appareil fait un carton. Normal. Ils arrivent dans le vaisseau mère et c’est parti pour le grand n’importe quoi. Le shérif qui a un peu repris ses esprits est laissé dans la navette à base de « tu la gardes pour quand on repartira ». Chloé, Tiffanny la pute, le concepteur de T5 et le couard partent donc trouver l’endroit où on désactive les T5. Ils se déplacent au milieu des cadavres, Tiffanny, traumatisée, se planque dans un coin, juste à côté d’un corps, en toute sérénité. Pendant qu’elle pleure, les 3 autres progressent. A un moment, le Couard qui est devenu courageux décide d’aller seul chercher je ne sais plus quoi mais oh non ! Un T5 lui tombe dessus et lui arrache la mâchoire, le tuant sur le coup. Le T5 avance vers nos deux rescapés mais tout à coup, il se désactive.

« Oh non, leur énergie est drainée vers autre chose… de plus grand » dit le concepteur de Terminator. Panique à bord, les deux repartent en courant, paniqués, et voilà-t-il pas qu’ils tombent sur trois super soldats humains en train de nettoyer le vaisseau des T5. Pendant qu’ils papotent, un super Terminator est mis en service, ça va chier. Effectivement, le super Terminator arrive et abat les 3 super soldats et le concepteur de T5, Chloé est un peu mal. Sauf que, tadan, revoici notre shérif bienveillant qui attire le super Terminator et demande à Chloé de fermer une porte. Se faisant, elle ouvre une porte spatiale, le shérif bienveillant et le super Terminator sont donc aspirés dans l’espace. C’était bien la peine de nous intégrer ce super robot, il a tenu 5 minutes…

Mais du coup, pas de bol, les T5 se réactivent et Chloé est paralysée de peur, elle ne bouge plus. Mais qui revoilà ? Tiffanny la pute qui a eu une petite hallucination avec un cadavre qui lui parlait à base de « mais bats toi au lieu de chercher à te suicider avec mon flingue ». Alors Tiffanny arrive et avise d’un boîtier marqué « T5 on/off ». Si… Comme elle n’arrive pas à ouvrir le boîtier, elle tire sur le fil, arrache tout dans un grand déluge d’étincelles et pif pouf, tous les T5 sont désactivés. Chloé et Tiffanny pleurent contre les fils électriques arrachés mais c’est bien foutu, elles s’électrocutent pas. FIN.

Oui, voilà. Est-il la peine que j’en rajoute ? Que je souligne le jeu médiocre des acteurs, tous plus ou moins inconnus au bataillon à part Cruz de Santa Barbara ? Que j’explique à quel point cette histoire est une profonde insulte à la saga des Terminators (oui, moi, j’ai aimé les 1 et 2) ? J’avoue que malgré mon amour de la merdophagie, j’ai vraiment dû faire un effort pour aller jusqu’au bout. Vous vous rendez pas toujours compte à quel point je me sacrifie pour vous.

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Je suis une rebelle de la life

Chaque année, il est une tradition : le bilan. En gros, je pose mon délicat fessier sur un siège, je me prends la tête entre les mains et je réfléchis : cette année fut-elle bonne ou pas? Ben, moi, cette année, j’ai décide de ne pas faire de bilan, na. Fin de l’article !

Mais non, je déconne. Non, je ferai pas de bilan de l’année 2006 parce que je suis en pleine transition et ça sert à rien de se retourner pour voir le chemin effectué si on n’est pas arrivé au sommet. En gros, en 2006, j’ai commencé à poser des jalons mais j’ai pas fini. De toute façon, cette année, tout est question de période et je n’arrive toujours pas à déterminer si c’était une bonne année ou pas. Tant sur le plan affectif que sur le plan professionnel, d’ailleurs. Si je compare ma situation actuelle à l’an dernier, ça se ressemble beaucoup mais niveau psychologie, je me sens plus forte et plus sereine, même si c’est pas forcément le pied non plus (cause pas de boulot, souvenons-nous). Bon, bref, au lieu de vous faire la liste de ce qui était cool ou pas cette année, je vais pas faire un bilan. Je le ferai peut-être plus au moment de mon anniversaire puisque, pour moi, 2006 a vraiment commencé à ce moment-là.

 

Alors puisque je fais pas de bilan, de quoi vais-je parler ? Oui, je sais, ça fait deux fois en trois jours que je vous fais le coup du : je réfléchis sur le sujet de mon article et je vous en fais profiter mais arrêtez de râler un peu, admirez mon altruisme, plutôt ! Vous assistez aux coulisses du blog, quand même, ce n’est pas rien ! C’est un peu comme si vous étiez dans ma tête… Faut pas avoir peur du bordel ! Bon, en fait, l’idée, c’est que plutôt que de vous faire un bilan de l’année, je vais vous faire un petit post d’humeur. En gros, vous dire qu’en ce moment, je me sens plutôt bien. D’abord parce que j’ai été bien gâtée à Noël, j’ai eu ma Nespresso (what else ?) et des chapeaux, des habits et des livres et tout… Bref, je remercie mon presque frère et ma sœur de remonter en voiture, ils me ramèneront plein de trucs. Ensuite, ça fait du bien d’être en famille, je me sens toute détendue. Mais ça m’empêche pas de réfléchir à mon avenir ! Non, non, vacances studieuses, j’ai des tas de choses au programme. Si en plus je parviens à sauver les données de mon disque dur, tout sera parfait ! Je vais profiter des vacances pour faire des tas de lettres de motivation comme ça, dès le 8 janvier, je rebalance tout ça, avec mon CV, évidemment. Puis j’ai des tas d’articles à écrire, j’ai une grosse frénésie d’écriture en ce moment.

 

Bref, je suis mo-ti-vée. Je multiplie les contacts partout, ça finira bien par payer, c’est obligé. Je suis comme une pépite (toujours aussi modeste) : je ne peux pas rester toute ma vie à moisir dans ma rivière, non, non, non. Donc puisque le relationnel, ça fait beaucoup dans le journalisme, je le travaille, j’intègre des équipes, des groupes. Je me fais de nouveaux amis, aussi, parce qu’on ne sait jamais qui connaît qui. Je ne le fais cependant pas par opportunisme : je vais pas me forcer à boire le thé avec une couillasse que je supporte pas, faut pas déconner. Mes amitiés sont spontanées. Après, si ça m’ouvre des portes, tant mieux. Mais si on applique la théorie qui dit que une personne connaît potentiellement 10 personnes, si je côtoie 10 nouvelles personnes, c’est 100 nouveaux contacts potentiels, hé ouais ! Et puis, mine de rien, mon press book grossit aussi vite que Clio, la chatte de mes parents. Non parce que je voudrais pas balancer mais à peine adulte, elle pèse déjà plus que Kenya (qui est certes une cro-crotte). A mon prochain entretien, ça leur fera de la lecture.

 

Et puis, comme je disais dans un article précédent, je suis bien dans mes pompes en ce moment. J’essaie d’avoir une vie la plus saine possible : fini la clope (je tiens), fini les cuites (même si chez mes parents, je prends l’apéro avec maman), un peu de sport (ouais, enfin, à part la brouette…), je me lève tôt (oui, ben, j’ai pas le choix, je suis chez mes parents, je peux pas dormir jusqu’à midi), je me couche tôt (pareil, je peux pas faire la nouille jusqu’à 4h du matin)… Bon, maintenant, faudrait que j’enfourche le vélo d’appartement pour en faire, plutôt que de jeter mon peignoir dessus. Pour le reste, cette année, je ferai pas de résolution non plus puisque la fin de 2006 ne marque la fin de rien pour moi et le début 2007, le début de rien. Je sens pas que c’est une période qui s’achève pour donner naissance à une autre. D’ailleurs, je crois que c’est la première année où j’ai vraiment pas été dans l’esprit de Noël : je l’ai pas vu venir ! En gros, un matin, je me suis levée et fallait mettre ses cadeaux sous le sapin. D’ailleurs, mes cadeaux ont eu un grand succès, je vous mettrai les photos plus tard. Et le cadeau de Yohann aussi, je peux vous le dire maintenant : c’était un kit lover avec un pot pourri et une bougie pour l’ambiance, deux coupes de champagne, un kit massage et un plateau petit déjeuner avec deux tasses et sous-tasse et une rose en plastique. Je suis désespérée de voir à quel point j’ai des idées géniales mais que j’ai toujours pas de boulot. D’ailleurs, je suis en pleine crise en ce moment : dois-je me réorienter vers la comm ou rester sur le journalisme ? Non mais je me pose sincèrement la question parce que la comm, ça me plaît, me triturer le cerveau pour trouver THE idée pour faire parler de Modo et encourager les gens à signer notre liste de soutien (comme c’est habilement placé, huhuhu. Que ça ne vous empêche pas de signer, hein !). Bon, j’ai bien proposé de coucher avec Matthieu Kassovitz pour qu’il tourne Modo mais maintenant, je suis plus trop disponible et je suis fidèle alors ça se peut plus. Non mais je trouverai des idées, O-BLI-GE ! Je suis payée en bouteille de champagne pour ça (et en t-shirt rose le jour où je serai classée 5e de la rubrique ciné avec Modo).

Bref, tout ce blabla plus ou moins sans queue ni tête pour dire que je refuse de faire un bilan là, maintenant, car je suis en plein milieu d’un cycle, à tout point de vue, et je ne sais encore ce qu’il va en sortir donc ce serait stupide de faire un bilan maintenant. Et comme je prendrai pas de bonnes résolutions non plus (de toute façon, je les tiens jamais !), ça me fait encore un article de moins…

 

Bon, je sens que bientôt, sur ce blog, y aura plus que des articles délirants issus de mon esprit en surchauffe. Mais à la limite, c’est ce que vous aimez, non ?

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Le lâcher prise

L’amour, c’est pas tous les jours facile, facile. Ca, tu le sais lecteur. Des fois on est heureux, d’autre, on pleure, c’est comme ça. Mais je vais abandonner là ces sublimes lapalissades dignes d’un journal intime d’une gamine de 13 ans pour développer un thème qui me semble important : le lâcher prise.

 Prenons nos amis Charlotte et Etienne. C’est mon couple ami fictif. Donc, dans le dernier épisode, Etienne est parti pour une autre et Charlotte est dévastée. Trois mois plus tard, elle nous sort encore ses : « Mais je l’aiiiiiiiiiiime ! ». 6 mois après aussi… Un an plus tard, elle reste à dire qu’Etienne est le only one, le seul avec qui elle veut faire sa vie et tout ça. Là, ça commence à paraître suspect. Je pars du principe que l’amour, c’est comme l’amitié, ça s’entretient. Après tout, ne dit-on pas « loin des yeux loin du cœur ? ». Alors pourquoi Charlotte rêve-t-elle toujours de son Etienne ? Pourquoi n’arrive-t-elle pas à tourner la page alors qu’Etienne n’a plus entretenu la flamme depuis

longtemps ? D’ailleurs, si on étudie les faits, on constate qu’il fait pipi dessus depuis la rupture pour tenter désespérément de l’éteindre. Oui, je fais dans la métaphore fine, aujourd’hui. Alors pourquoi ? Parce que Charlotte, à défaut d’entretenir la flamme de l’amour, elle entretient celle de l’espoir.

 

En fait, on en parlait l’autre soir avec Emma et Gauthier sur MSN. D’un côté Emma : « mais je l’aime toujours », Nina et Gauthier : « Non, tu aimes les
souvenirs que tu as avec lui ». Comme dirait Etyl « Souvent, ce que tu aurais dû être me manque ». Parce que souvent, on confond amour et nostalgie du souvenir amoureux. Ainsi, on croit encore aimer une personne mais finalement, c’est juste parce qu’on regrette que ça se soit arrêté parce que c’était trop bien. Donc on se souvient avec grande émotion de cette période magique où nous étions deux, amoureux, que tout allait bien et que les oiseaux chantaient dès qu’ils nous voyaient apparaître, tant nous étions beaux, ensemble. Bon, les souvenirs ont tendance à tout magnifier, on oublie que monsieur ronfle, que quand il réfléchit, il a tendance à opérer une exploration nasale à l’aide de son index et que dès qu’on lui propose de sortir à l’heure de jour de foot, il nous agonise d’insultes. Non, dans notre souvenir, on ne se souvient que de l’éclat de ses yeux quand il nous faisait (forcément divinement) l’amour, de sa voix forcément délicieuse, du resto qu’il nous a payé… Bref, à force d’oublier le mauvais, on fait de cet homme notre homme idéal. Et forcément, on ne peut pas renoncer à cette pépite. On l’aime, il nous aime mais il s’en rend juste pas compte. Mais c’est notre only one, il reviendra.

Et c’est là que se noue le drame. Comme on se persuade qu’on ne veut que lui, qu’il n’y a que lui qui nous comble, les autres nous paraissent bien fades. Notre curseur est bloqué sur monsieur et s’il peut s’égarer sur d’autres, dès qu’on retrouve notre célibat, on repart sur « mais c’est lui que j’aime et que je veux ! ». On s’en sort pas, quoi. Seule solution ? Le lâcher prise. Facile à dire, difficile à faire, c’est le moins que l’on puisse dire. Parce que renoncer à celui que l’on a aimé, c’est toujours très dur quoi qu’on en dise. Quand on est au plus fort de la douleur, que l’on pleure tellement qu’on croit qu’on ne s’arrêtera jamais, on a l’impression qu’on ne s’en sortira pas. Et pourtant si. Mais encore faut-il le
vouloir. Encore faut-il admette, consciemment ET inconsciemment, que ce nous deux qui nous a rendu si heureuses ne sera plus. On ne peut pas être l’éternelle Pénélope attendant son Ulysse. Mais essaye de raisonner ton cœur, toi, lecteur. C’est un travail de longue haleine que l’on doit faire seule. Admettre que c’était beau, magique… Mais que c’était et ça ne sera plus.

Moi, encore, j’ai de la chance, j’ai un outil fantastique pour m’aider : Gauthier et son « tous des connards ». En fait, Gauthier, c’est un ami, un vrai, un qui
préfère arracher le pansement plutôt que de nous voir traîner avec ce bout de tissu dégueulasse et à moitié décollé mais qu’on n’ose pas enlever. J’avoue que Gauthier, mais aussi Anne et Lucie m’ont toujours remué les puces quand il le fallait et mine de rien, même si ces électrochocs ne sont pas agréables sur le coup, ils aident à ouvrir les yeux. Il ne s’agit pas de nier ce que nous avons vécu, non, non. Ce garçon, on l’a aimé et c’est pas pour rien. Mais ça aide à comprendre que c’est fini, de façon ferme et définitive. L’amour n’est pas toujours éternel. Ce n’est pas parce qu’on n’aime plus qu’on n’a jamais aimé, rien à voir.

J’ai tendance à être parfois « violente » dans mes propos quand mes ami(e)s idolâtrent un ex alors qu’il est tant de passer à autre chose. Ce n’est pas de la méchanceté, c’est de l’amitié. Non, Etienne n’était pas parfait, Charlotte, loin de là. Arrête de pleurer sur lui ! Oui, Etienne est unique…Comme tous les hommes. Il était la chaussure parfaite pour le pied de Charlotte mais quand une chaussure est trop usée, on en change. Arrêtons un peu d’idéaliser le passé et ouvrons les yeux sur le présent. Des mecs biens, il y en a à la pelle (comme je flatte votre égo, messieurs, tout à coup !). Alors lâchons prise sur le passé et allons de l’avant. Demain, un Jacques finira bien par rentrer dans la vie de Charlotte. Et là, elle se rendra compte qu’elle n’aimait plus Etienne et qu’elle a perdu du temps à entretenir un espoir qui n’avait lieu d’être. A condition qu’elle réalise que Jacques est un homme parfait pour elle. Et ça, c’est aussi à ses amis de lui ouvrir les yeux, si elle ne le fait pas tout seule.

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Souffle le Vent sur mon Tempérament

Faire un papier « culture » pour le dimanche c’est un acte politique. On peut ainsi tomber dans la facilité consensuelle, rédiger un article sur un phénomène culturel connu, un truc qui va résonner dans le cœur de la plupart des lecteurs. Mais on peut également parler du dernier album des Ugly Brothers ou de la saison 4 de Mon Petit Poney : un truc que le rédacteur a surkiffé mais qui va intéresser 3 pèlerins. Le choix est donc délicat. En la matière, je vais m’orienter vers la deuxième solution dans un prosélytisme de ouf gueudin. J’ai en effet décidé de vous parler Jazz et plus précisément trio piano. Oui je sais, ça envoie du rêve.

Bizarrement quand j’évoque le jazz avec des vingtenaires, j’ai le choix entre un  » j’aime pas ça », « j’connais mal (ce qui en vérité veut dire « j’n’y connais rien ») voire même « c’est de la musique d’ascenseur/de coiffeur/de vieux ». Rares sont les personnes qui écoutent du jazz et quand c’est le cas ça reste très très très ciblé. Bon, la en théorie, je devrais avoir une levée de boucliers de lecteurs hurlant mais pas du tout moi j’écoute un peu/beaucoup/passionnément du jazz et tu es extrêmement désagréable Lucas avec tes sous entendus à la con. Oui, je sais bien, mais voila, en l’occurrence c’est moi qui rédige, je raconte ce que je veux, et si vous n’êtes pas content c’est la même chose.

Donc je voulais vous parler de trio piano. Pourquoi donc ? Parce qu’on est dimanche, c’est détente et que le trio piano est la musique idéale pour accompagner la déprime glauque  du dimanche soir. Non, je rigole, mais reconnaissons que l’image associée à un piano jazz est plutôt celle d’un club feutré aux sièges cuirs et aux tentures sombres agrémentées de lumières tamisées. Une ambiance intimiste et zen plus tournée vers l’apaisement que le défoulement. La formation en elle-même explique en partie cet esprit. Un piano, une contrebasse et une batterie. Rien de très funky. Et pourtant…

A mon sens, c’est Bill Evans qui a donné ses lettres de noblesses à cette formation avec son toucher, sa sensibilité et l’ouverture offerte à ses comparses. Avant Bill Evans, la batterie et la basse composaient une simple section rythmique. Avec l’album Waltz For Debby, enregistré au Village Vanguard, Bill Evans crée ce que les critiques-qui-s’la-racontent appellent l’interplay. D’une part il y a la complicité des trois musiciens qui donne l’impression d’avoir une seule entité soudée. D’autre part, Bill Evans laisse toute latitude à Paul Motian et Scott la Faro pour faire des solos étonnants. C’est un disque magnifique même si à titre perso je vous conseille plutôt son album posthume You Must Believe in Spring. Sans déconner les mecs, c’est exactement le genre de musique bien classe à mettre en fond sonore quand vous avez réussi à persuader Raoulette de venir chez vous « boire un dernier verre ». Oui je sais, je suis glamour, c’est à peine croyable.

Je pourrais enchaîner les exemples de trio absolument divins et vous saouler jusqu’à plus soif. Je pourrais vous inonder de références techniques débiles et cuistres qui vous feraient encore plus bader qu’un dimanche soir à Montargis. Je pourrais faire mon critique abscons et détestable et vous feriez des sourires niais et consensuels en cherchant, nauséeux, une porte de sortie à cet article barbant. C’est la raison pour laquelle je préfère m’adresser directement aux gens curieux, les prendre par la main et leur laisser dans la paume quelque pépite étourdissante. Ainsi, les plus débrouillards seront récompensés en allant trouver quelques ziks, les autres iront mater le résumé hebdomadaire de la Starac pour se complaire dans leur normalité. Je vous laisse donc avec E.S.T – Bound For The Beauty Of The South, avec Brad Mehldau – Exit Music (oui une reprise de Radiohead), avec Antoine Hervé & les Frères Moutin en Trio – Summertime. En espérant que ces quelques pistes vous mèneront dans les méandres luxuriants du jazz soft et éthéré. En espérant que vous aurez plaisir à vous perdre dans cet univers brumeux et délicat. C’est vraiment tout le mal que je vous souhaite.

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Messieurs, je vous aime

Bon, j’avoue, des fois, je suis pas tendre avec vous donc profitons de cette période où mon horizon est dégagé de connard pour vous rendre hommage. Non, je précise, je suis pas amoureuse, cette bienveillance (qui n’est pas nouvelle, je suis pas si aigrie que ça) est motivée par un livre et son auteur : Le musée de l’homme de David Abiker.

Cet été, j’ai joué mon intellectuelle, c’est-à-dire que j’ai alterné roman/essai/roman/essai, histoire de me culturer un peu. Là, je suis en train de me taper Mythologies de Roland Barthes. Très intéressant mais le style est un peu trop sociologique par moment mais on s’en fout, c’est pas le sujet de l’article. Donc cet été, j’ai lu pas mal d’ouvrages consacrés aux jeunes dans le sens large du terme ou aux trentenaires et j’étais un peu fatiguée par le discours misérabiliste que je lisais mais j’en parlerai (peut-être) dans un autre article. Et au milieu de toutes ces récriminations, j’ai trouvé ma pépite, un râleur qui m’a fait mourir de rire, David Abiker. Sur le coup, j’ai pas percuté mais une blogueuse (Lambchop, je balance) m’a rappelée sur un blog voisin de qui il s’agissait : le gars à lunettes de Arrêt sur images. Vous savez, celui qui fait une chronique en début d’émission et qui après écoute, intervient des fois, avec de grosses lunettes noires. Bon ben depuis que j’ai lu son bouquin, je le regarde plus du même œil, David parce qu’en fait, sous ses airs pince-sans-rire, je fais l’intello à la télé, ce mec est bourré d’humour. D’ailleurs, j’avais l’air très con à rigoler toute seule dans le train ou dans le métro mais bon, je suis plus à ça près.

 

Bon, mais pourquoi je m’extasie soudain sur David. Parce que mon attirance innée pour les lunetteux n’explique pas tout. Donc j’achète ce bouquin suite aux conseils d’un ami. Et je découvre la vie de David, trentenaire ordinaire, marié, papa de deux petites filles. David nous parle de la deuxième grossesse de sa femme, de son talent inné pour le bricolage, des copines célibataires de sa femme qui parlent mecs, du copain homo de sa copine, il répond à une interview de Elle chez le pédiatre à la place de Mélanie Doutey, trouvant ses réponses plus intéressantes que celle de l’actrice… Plus intéressante, je sais pas mais plus hilarantes, y a pas de doutes. Je vous mets quelques morceaux choisis, mais c’est super dur à choisir.

 

A propos de son talent inné du bricolage : [après s’être explosé le doigt avec son marteau] « je prononçais des paroles incompréhensibles où il était question de clémence divine, de prostitution et de la mère d’un ami (Bon Dieu de bordel de la putain de sa mère) ».

 

A propos des homos : « Ma femme a un ami, un gué. Un type très bien,vraiment. On dîne chez lui, ce soir.

En plus, il est beau ce mec.
– En plus de quoi ?
– Mais en plus de rien, laisse-moi conduire, steuplé ! »

D’ailleurs, quand il est chez le gué, il lit Têtu en douce dans le salon pendant que sa femme et l’ami cuisinent et évidemment, le gué devine qu’il lit Têtu, ce
qui étonne David : mais comment sait-il ? Tu sais, David, tous les hétéros lisent Têtu chez leurs amis homos. Même moi. Surtout quand le beau mec en page centrale ressemble à un Dieu grec.

 

David, c’est un macho… Un faux macho. Un mec qui chouine parce que sa femme gagne plus que lui, qui se dit que les copines célibataires de sa femme devraient le tester car on fait pas mieux que l’homme marié. Il laisse les mamans des autres enfants le soin de surveiller les siens… Non parce que c’est l’homme, quoi, un vrai, celui qui se sent Charles Ingalls quand il plante
un clou dans un mur. David pourrait agacer avec sa vision masculine du monde mais en fait, non, il est juste attendrissant. Ces trois femmes de sa vie, il a beau dire, il les aime. On sent qu’au fond, il a surtout peur de plus plaire à sa femme… Et puis David, il a beau jouer les Charles Ingalls, il fait quand même la cuisine, même qu’il met un tablier avec une femme en sous-vêtements dessus.

 

Moi, j’aime bien les faux machos, ceux qui jouent des muscles mais qui, finalement, ne le sont pas. Par exemple, Guillaume 1er qui m’explique que si un mec m’emmerde, il monte à Paris lui péter la gueule… Avant de remarquer tout que du haut de son mètre 73 (oui, si vous voulez vexer Guillaume 1er, mettez en doute sa taille, il va pas se laisser faire !) et de ses 63 kg, il cassera pas la gueule à grand monde… Mais c’est touchant. Moi, ça m’amuse, ces touches de machisme et de virilité, ces hommes qui jouent les durs et se désamorcent tout seul.

 

En plus d’être un mari aimant, David est un super papa. Je vous raconte la dernière scène du livre (mais c’est pas grave, vous pouvez le lire quand même) : il va souvent au musée d’histoire naturelle avec ses deux schtroumpfettes. A la fin du musée, il y a une grande fresque avec des tas de photos de personnes pour illustrer la diversité humaine et, inlassablement, l’aînée demande qui sont ses gens. Parce que la petite, elle a remis en cause le statut masculin de David en expliquant que puisqu’il n’était pas représenté au musée de l’Homme, c’est qu’il n’en était pas un (logique enfantine, j’adore !). Un jour, David va en douce au musée et ça coller sa photo sur la fresque. Quand il retourne au musée, sa fille lui pose la question rituelle et il répond : « des amis de papa ». « Meeeuh, je te crois pas ! T’es pas un homme du musée de l’homme ! ». Et là, il lui montre la photo et la petite fille déborde d’admiration pour son papa, précisant même « maman va être jalouse ! ». Et David est tout fier. Ben, moi, David, quand j’ai lu ces lignes, je t’ai aimé. Je veux un homme comme toi !

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C’’était mieux avant

Lundi, je lis le Figaro pour le boulot. Oui, je précise car j’avoue qu’avec le Figaro, j’ai du mal, je suis pas (encore ?) assez réac pour partager le point de vue d’un empaffé qui hurle au scandale car on utilise le mot « défenseure », une femme qui défend, donc, car c’est pas dans le dico. D’ailleurs dans le dico, il est aussi spécifié que le « mariage », c’était un contrat entre un homme et une femme donc le mariage homo est un non sens linguistique. Je sens que ce pauvre monsieur a bien dû pleurer quand il a appris que le Petit Robert avait intégré le mot « kiffer » dans ses colonnes. Mais là, n’est pas le sujet.
becassine-scoutisme

Au milieu des articles réac qui donnent une image poussiéreuse de notre société, voilà une pépite. Un article sur Harry Roselmack rédigé par deux maîtres de conf’ de Sciences Po qui, au lieu de souligner la couleur de sa peau, soulignent son âge : 33 ans ! Bref, un petit jeunot. Et là, ils se demandent pourquoi les vieux ne laissent pas la place, donnant des
chiffres assez hallucinants : Chirac est entré dans un gouvernement la première fois en 67, PPDA a présenté son premier journal télé en 76 (même pas j’étais née…). Parce que les Français, ils aiment bien le bon vieux temps, la nostalgie et tout ça, ils ne sont pas super favorables au changement car on ne change pas une équipe qui gagne.

Vendredi soir, je discutais avec un charmant jeune homme sur MSN, on se remémorait la dépravation des années 80. Des seins partout, des bonnes femmes qui font des strip tease dans des émissions tout public… Benny Hills, le Collaroshow, les Nuls et tout, séquence nostalgie ! C’est fou comme on a toujours l’impression que c’était mieux avant. Avant, quand y avait pas le sida, où le sexe était facile et sans danger. L’époque où on pouvait dire « bite » à la télé, montrer un mec sauter à poil sur son lit. Tout ça, aujourd’hui, c’est fini. Ah, que c’était bien quand on était petits, la vie n’était pas si dure et tout ça.

Pourtant, quand on regarde en arrière, chaque période a ses crises. Quand je faisais ma maîtrise sur le Québec, en 2002, je travaillais sur des journaux de 1992 et qu’est-ce qui faisait les gros titres ? La guerre en Irak ! Aujourd’hui, on se désespère en lisant qu’une nouvelle guerre a éclaté au Liban mais ce n’est, hélas pas, un évènement inédit : en 75,
il y en avait déjà une, là-bas. Quand j’étais petite, je voulais vivre dans les années 70 parce que je croyais qu’à l’époque, y avait pas de guerre. Oui, quand on est petit, l’histoire, on la connaît pas sur le bout des doigts. Maintenant, quand je regarde en arrière, je me dis qu’aucune époque n’est mieux ou pire qu’une autre. Alors pourquoi on a toujours la nostalgie de cet « avant » ?

Lecteur, t’est-il déjà arrivé de retrouver un amour de jeunesse ou de retourner dans un lieu que tu aimais particulièrement ? Si oui, tu auras remarqué à quel point les souvenirs lissent les défauts et les rend toujours plus beaux. Par exemple, si je prends mon enfance, je peux dire aujourd’hui que c’était une période très heureuse de ma vie. Pourtant, tout ne fut pas toujours rose. Il est vrai qu’aujourd’hui, quand je repense à mes soucis de petite fille, je me dis que c’était le bon vieux temps et que tu étais simple mais à l’époque, ça me paraissait dramatique. Genre quand je me retrouvais les doigts plein d’encre parce que mon stylo encre coulait ou ce genre de petites choses. Ou comment dire au garçon qui me plaisait que je l’aimais, comme on peut aimer à 8 ans ? Avec le recul, aujourd’hui, tout me paraît simple, c’était le bon vieux temps. Même l’adolescence, qui ne fut pas précisément la meilleure partie de ma vie, ça me paraît une douce période avec le recul. C’est vrai, mon avenir était tracé : après la 6e, la 5e puis la 4e. De « grandes » décisions à
prendre : quelle langue étrangère choisir ? Dois-je partir en littéraire ou scientifique ? Oui bon vu mes notes, forcément, je pars en littéraire, c’est évident. Finalement, à l’époque, tout était si simple, j’avais tellement pas de problèmes.

C’est marrant comme en grandissant, on lisse notre passé, on oublie nos petits tracas, ce qui n’allait pas et nous rendait malheureux. A croire qu’on ne garde que le meilleur.

La société marche comme ça aussi. On a souvent tendance à chercher un Eldorado dans le passé, au moment où « tout allait bien ». Mais bon, si on regarde objectivement les données du passé, l’histoire, l’économie, les chiffres du chômage, le taux de suicide ou autre, il n’y a pas de période bénie, finalement ou alors, si, en comparaison de périodes plus sombres. Il est intéressant de constater qu’on a de la nostalgie pour le passé, de l’espoir pour des lendemains qui chantent mais comme on déteste toujours notre présent. Le présent, c’est toujours la partie
sombre de notre vie. Et la société, c’est pareil. Quand on regarde la télé ou qu’on lit le journal, il y a toujours une espèce de nostalgie, de ce « mieux avant ». La télé nous ressort de vieilles émissions ou nous fait de nouveaux programmes en recyclant de vieux concepts. A la radio, c’est pareil : vieux tubes ou chanteurs d’aujourd’hui reprenant de vieux standards. Au cinéma, on fait des remakes… Et en même temps, tout ce qui est prévisions aux infos, romans ou films d’anticipation, on adore. Mais la nouveauté, le truc qui arrive aujourd’hui, ça fout toujours
la trouille. Si on reste dans le domaine de la culture, qui prend aujourd’hui des risques ? Personne. Oui, on veut du changement mais on ne fait rien pour amorcer la pompe.

Aujourd’hui, on nous met un jeune homme noir à la tête du JT le plus populaire de France. Ok, c’est démago au possible mais au moins, pour une fois que quelqu’un prend un risque, autant applaudir, non ?

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