Week end yoga : mange ton humilité

Plus jeune, j’étais ce qu’on appelle une bonne élève : grâce à des facilités (ma bonne mémoire), j’ai toujours été dans les meilleures élèves de ma classe. Ces facilités naturelles m’ont donné un travers : la flemme. Ainsi, je suis naturellement portée vers des sports où je suis naturellement bonne comme tout ce qui nécessite de la souplesse grâce à mon hyperlaxité. Sauf qu’un jour, tu te manges une vilaine tape dans la tronche : t’es peut-être hyperlaxe mais tu es mauvaiiiiiiiiiise.

yoga-ashtanga

Il y a un mois et demi, je cherchais un plan pour l’un des deux week-ends de juin, Victor ayant des plans de son côté. Je cherchais un plan thalasso mais en solo, c’est un peu trop cher pour moi. En rebondissant de lien en lien, je finis par tomber sur un week-end yoga à Guéthary. Ah ben en voilà une bonne idée : ça va tout bien me détendre et en plus, c’est en bord de mer. 4h de cours le matin en moyenne, rien l’après-midi, une petite pratique d’une heure, une heure et demie… Finger in the nose. Ahahah… Ben pas du tout.

Ashtanga-Yoga

J’arrive sur place, je suis accueillie par une sympathique dame blonde qui me fait visiter les lieux. Une baraque de dingue avec du bois partout et une terrasse avec une vue… Genre :

coucher-soleil-guethary

Elle me questionne sur ma pratique, je lui réponds que j’ai fait un peu de hata yoga et un peu de yoga de l’énergie… Ouhla, le sourire est parti aux oubliettes…Lors du dîner, je comprends que j’ai à faire à des gens limite drogués du yoga qui pratiquent beaucoup, ont fait plein de stages… Je plonge le nez dans mon potage au fenouil (très bon au demeurant), je comprends bien que je suis pas aussi assidue, loin de là. Si on cumule mes différentes expériences, j’ai dû pratiquer 6 mois de yoga… sur 5 ans. Oh mazette !

Mais pas de panique, on commence par 2h de méditation, je vais finir ma nuit. Ah non, on doit faire des trucs dont expulser l’air très fort par les narines. Je tue jusqu’à un paquet de mouchoirs par jour en ce moment, c’est gai… Après une petite tisane, on passe à une séance de 1h d’alignement puis 1h30 de yoga ashtanga. OH PUTAIN ! Alors le prochain qui me dit que le yoga, c’est pas physique, je le gifle. On se tort, on se plie avec des sangles, on fait des planches et des pompes. ON FAIT DES PLANCHES ET DES POMPES ! Je suis en souffrance, j’arrête pas de me faire gronder parce que je fais pas bien, que je suis pas alignée, que je suis pas en conscience, que mon ventre est pas serré… Bon, au début, j’avais pas compris qu’on me parlait vu que j’étais rebaptisée “Audrey”. A la fin du cours, je suis chiffon : je suis pas habituée à être la plus nulle, moi. Même quand je suis la moins expérimentée, je m’en sors toujours. Par exemple, aux Maldives, je gérais pas super le courant au départ mais vu que je consomme pas d’air, ça compensait. Là, j’ai bien mon hyperlaxité qui me sauve un peu la mise mais ça fait pas tout.

hyperlaxite

Bref, pendant 3 jours, je rumine : de toute façon, j’aime même pas ça le yoga, j’aime le stretching, moi, et les abdos fessiers. Parce que là, je comprends, on me dit de serrer les fesses, je serre les fesses, c’est plus clair qu’un “propulsez le vagin en avant”. Mais mon vagin est très bien où il est d’abord ! Puis d’abord y a une des assistantes qui dit que je fais très bien alors faut arrêter de me martyriser, hein… Puis j’ai des courbatures partout, j’ai mal, je souffre, raaaaah ! En mode sale gosse, dites-vous ? Si peu.

bouder

Puis le 3e jour : alors que j’en chie des ronds de chapeau, je suis à 2 doigts de lâcher mais je m’accroche et j’arrive finalement à la fin du cours. Je me sens bien. Le soir, je gère tranquille les 1h30 de salutation à la lune. Le dimanche matin, je me lève, je n’ai plus mal, je suis juste posée, bien. La prof me tape sur les cuisses “tu vois, en 3 jours, ton corps a déjà changé. Tu as été courageuse, tu as bien tenu, bravo !” Oui parce que même si j’étais pas super dans l’axe, j’ai fait tous les exercices et tous les cours alors que y en avait plein qui avaient beau être des super yogi en devenir, ils passaient quand même un peu la séance à faire pipi pour échapper à 2 ou 3 exercices alors que moi, j’ai RIEN lâché.

?????????????????????????????

?????????????????????????????

Moralité : mon orgueil reste mon meilleur allié et évidemment, dès mon retour de vacances mi juillet, je vais m’inscrire dans un centre de yoga ashtanga. Ca tombe bien, y en a un à 50 mètres de mes nouveaux bureaux (on a déménagé, j’ai pas changé de taf). Et la prochaine fois, je fais un stage d’une semaine !

Ah et en bonus, une vidéo tournée sur le deck de la maison de Guéthary (c’est la prof qu’on a eue qui fait la vidéo)

Rendez-vous sur Hellocoton !

La carotte et le bâton

(Vieil article retrouvé dans mes archives, un peu obsolète pour certains trucs!)

Je parlais il y a X temps de bonnes résolutions pour mon anniversaire. Les résolutions, on sait tous que ça tient du vœu pieu, qu’on veut tous en faire mais qu’on en tient rarement plus d’une. Moi, comme je m’aime bien, je me mets en place un système de carotte et de bâton. Histoire de rester sur le bon chemin… Enfin, presque. Parce que des fois, pour avoir un truc bien, faut passer par un truc chiant. Par exemple, pour avoir la fesse ferme et le ventre plat ou à peu près, faut se bouger les fesses. Pour trouver un boulot, faut candidater. Pour avoir ses allocs, faut remplir
des papiers. Petite, je me souviens que j’avais une maîtresse qui nous donnait des images panini à chaque A (oui, on était noté de A à D). Et au bout de 10 images panini, on avait un poster pourri. J’aurais bien gardé les images mais on avait des séries (série 1 de 1 à 10 puis 2 de 10 à 20…) et je voulais faire la course en tête, moi. Du coup, ça motivait pour avoir des A.

 

L’autre jour, je parle avec Jane sur MSN, on parle arrêt du tabagisme. Jane, dans l’idéal, elle voudrait arrêter de fumer mais depuis que son mec est devenu son connard de putain d’enfoiré d’ex qu’il mériterait l’ablation des couilles, elle a perdu la motivation. Moi, je tenais. A ma grande surprise, j’avoue car ma dernière, quand je l’ai cramé, j’étais persuadée que je reprendrais vite. Bon, là, ce que je crains, c’est le retour d’une activité professionnelle : si je fume pas, je vais faire des pauses quoi ? Non parce que quand je bosse, c’est réglé : pause café, pause clope, pause pipi (faut évacuer le café), pause clope, pause pipi (je suis une fille), pause déjeuner, café, clope, pipi, clope, pipi, fin de la journée. Là, ça me fait quand même des pauses en moins et c’est chiant. En tant que journaliste qui écrit, il est des fois où je suis plantée comme une conne devant mon écran blanc, les doigts suspendus au dessus du clavier et rien qui sort… J’arrive pas à formuler une phrase. Donc dans ces cas là, je prenais ma cigarette et sortait de devant cet écran qui me narguait et hop, dans ma tête, ça finissait par se dérouler. Mais là, en fait, je suis en train de faire une grosse digression, as usual.

 

Donc j’avais pas repris. L’autre soir, pétée de stress, ça m’a démangée, pourtant. Peut-être que ça me détendrait, vu que j’ai déjà fracassé le verre qui contenait mes bougies et donc la forme me plaisait pas pour faire de la récup…Naaaaaaaaaaaaaaaaaan, ne cède pas ! T’as pas arrêté pendant quasi 4 mois pour recraquer bêtement. Donc, j’ai mis en place le système « cadeau du 18 ». Tous les 18 du mois, je m’offrirai un petit truc pour fêter un mois supplémentaire sans clope, genre une rose, une jolie chose, un truc qui me fait plaisir. De la même façon, quand je réussis un entretien, je me paie un éclair à la framboise de la boulangerie d’à côté. Parce que je suis fière de moi et que je me félicite. Et le jour où j’ai un boulot ? Là, je craque, j’embarque mes copines et je paie le champagne. Ou je sais pas. Mais un truc énorme mais parce que ça se reproduira pas de si tôt, à priori.

Par contre, des fois, je déconne. Genre je me fais des nuits de 10h. Ok, je suis au chômage mais j’ai des tas de trucs à faire. Genre écrire des articles pour ici mais surtout ailleurs, candidater, candidater, candidater… Traquer les annonces, voir sur viadeo si j’ai pas de nouveaux contacts potentiels, essayer de créer un buzz sur ma personne, écrire, écrire, écrire. Sans parler du ménage, des courses et du tricot parce que BORDEL, je dois aussi me détendre, je me fous une pression de débile en ce moment. Alors quand je déconne, faudrait voir à me bâtonner un coup. Non, je parle pas de sexe, là ! Mais j’ai du mal à me punir. Me coucher une heure plus tard pour finir tout ce que j’ai pas fait, c’est pas top
comme idée, je me lèverai encore plus tard le lendemain. Me punir de télé ? Ils passent plus Nip/Tuck et Six feet under, ils ont foutu Toutaz je sais pas quand, y a plus les 4400, j’ai revu 6 fois tous les épisodes des sitcoms d’AB1 vu qu’ils passent en boucle. En gros, la télé, en ce moment, c’est pas forcément ma potesse. Bon, je me punis d’éclairs à la framboise et de bain et de glande mais bon, c’est pas méga radical comme punition.

L’idée essentielle contenue dans cet article, c’est qu’il faut se donner du courage en se mettant un prix au bout du chemin. Après le ménage, je file
prendre un bain. Comme ça, ma baignoire toute propre aura plein de trace car l’émail rouge, ça pardonne pas et faut toujours que je mette plein de trucs dans l’eau de mon bain. Pendant, j’ai le droit d’écouter mon i pod et de chanter à tue-tête en passant l’aspi. Un article sérieux de fini ? C’est autant à rajouter dans mon pressbook, sans parler de ce sentiment valorisant d’avoir bien fait. Et même que comme j’ai bien bossé, j’ai le droit d’aller tricoter devant une connerie télévisuelle ou de m’endormir devant la télé.

Finalement, ma maîtresse de CE1, elle avait tout compris à la vie.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Votre vie rêvée

Bientôt un an que ce blog existe et il y a toujours un truc qui m’étonne : le nombre de lecteurs. Ici, c’est un blog écrit, on ne rigole pas tous les jours (même si des fois, on s’en paye une bonne tranche), ça prend du temps à lire nos proses. Et pourtant, vous êtes quotidiennement plus d’un millier à venir ici, très peu commentent et se font connaître. Mais qu’est-ce que vous foutez là ?

 

Parmi les commentateurs qui sortent de l’ombre, revient souvent la phrase suivante : « je ne vis pas du tout comme vous, je lis pour comprendre. » Ah ? Il y a souvent une idée de fascination/répulsion pour notre style de vie. Mais c’est quoi notre style de vie ? Certes, on est un peu bobos, un peu métrosexuels, un peu adulescents. Mais en quoi notre vie est-elle enviable ou détestable ? A 26 ans, je trouve que ma vie est normale : je galère dans ma vie professionnelle et ma vie privée (même si là, je suis dans ma bulle merveilleuse), je sors, des fois, je bois. Je baise et j’assume mais rien d’extraordinaire. Seulement 8 hommes ont partagé ma couche en 2005, ça n’a rien d’exceptionnel. Sur le lot, seuls deux
ont été des one shot et j’ai eu des relations suivies avec deux d’entre eux. Certes, par rapport au reste de ma vie, ce fut la fête du slip mais je ne suis ni une tombeuse ni une acharnée du sexe. Je ne suis pas non plus une nonne. Une fille normale, en somme, avec ses coups de cœur et coups dans la gueule, rien d’exceptionnel.

Nos vies ne sont pas que strass, sexe et alcool, loin de là. Nous avons des ambitions et nous donnons les moyens de les obtenir. Je n’ai pas fait 7 ans d’études pour me retrouver dans un boulot qui ne me plaît pas. Désolée mais être caissière au supermarché et rentrer le soir m’occuper de ma marmaille, ça me stimule pas. Mais voilà, en France, avoir des ambitions, c’est mal. Mes études me destinent à faire partie d’une sphère intellectuelle, idem pour Gauthier. Nous sommes snobs ? Sans doute mais peut-on nous reprocher de vouloir le meilleur ? Ce qui est amusant, c’est qu’on nous prend parfois pour des êtres futiles et superficiels mais vous seriez surpris par nos conversations. Avec Gauthier, nous parlons souvent de politique internationale, j’ai travaillé sur le Québec et l’Irlande du Nord, lui sur le Japon, nous suivons l’actualité et nous avons des idées politiques, des opinions construites. Mais sur ce blog, on ne parle pas politique, ce n’est pas la ligne éditoriale.

On ne voit ici que notre vie privée et encore ce qu’on en voit. Si on met en avant le côté festif, ce n’est pas par provocation mais raconter mes soirées à la maison ne me paraît pas des plus excitants. Je pourrais disserter sur ma demi-heure de rameur, sur les conneries qui passent à la télé, sur le roman que je lis, la musique que j’écoute, ma grille de sudoku avant le dodo… Je pourrais même donner les horaires de mes pauses pipi, soyons subversifs ! Forcément nos aventures surviennent surtout quand on sort de chez nous, quand on va dans des lieux peuplés d’autres individus. Dans des soirées, en somme. Mais ce n’est pas pour autant que nous sommes de sortie tous les soirs, nous n’en avons pas les moyens. On se prend des cuites mais pas tant que ça.

Après, il y a la question de nos relations amoureuses. Je suis une femme, 26 ans, mes ovules n’ont servi à rien pour le moment et ma principale ambition dans ma vie n’est pas de me reproduire. Je n’ai pas une affection particulière pour les enfants qui me laissent plutôt de marbre, je ne fonds pas sur les bébés. Quand j’entame une relation, je ne commence pas à faire des plans sur la comète. Je ne planifie rien : le premier câlin crapuleux survient quand le désir est le plus fort, je vais pas m’imposer une période d’abstinence d’un mois « parce que c’est pas bien de coucher le premier soir ». Honnêtement, je reste persuadée que de ne pas coucher le premier soir ne protège pas des connards. Si un mec ne veut que me sauter, il attendra que je cède (ou même pas) et il me balancera une fois qu’il aura obtenu ce qu’il veut. De l’autre côté, les mecs qui visitent mon intimité le premier soir ne sont pas forcément des fieffés salauds, ne catégorisons pas les gens comme ça. Sauf qu’on a beau dire, au début du XXIe siècle, une fille qui assume une vie sexuelle devient une salope, une « fille comme ça », comme a dit un lecteur récemment. On n’avance pas.

Alors, voilà. Des tas de gens lisent ce blog et jugent sur le peu qu’ils connaissent de nous. On nous crache dessus, sur notre vie, on nous trouve désespérant, on prétend qu’on lit notre blog « pour comprendre des gens comme nous ». J’admire cette curiosité anthropologique et sociologique de ces personnes tout comme j’admire leur hypocrisie. Personnellement, lire
des blogs de personne dont la vie ne m’intéresse pas, voire même me dérange, je ne lis pas. Je suis suffisamment confrontée à la vie des autres dans les journaux pour ne pas en plus pousser la curiosité à polluer mes loisirs. Je lis la vie de gens qui m’intéressent, que je ne me permets pas de juger parce que, d’une part, je ne les connais pas et que, d’autre part, ils sont libres de
faire ce qu’ils veulent. C’est déjà dur d’essayer de conseiller ses amis les plus proches sans le faire en plus pour des inconnus. Mais je lis aussi la vie de gens que j’envie. Bon, globalement, 
je n’envie que des détails : celle-ci a l’air d’avoir un boulot passionnant, celui-là a une vie de couple vraiment marrante… Après, je ne vais pas lire un blog pour vivre une vie par procuration, faut pas exagérer non plus.

Je continue à me demander : pourquoi les gens qui nous trouvent pitoyables continuent à nous lire ? Ca me rappelle l’arrivée de Loft Story en France, une fille m’avait expliqué qu’elle trouvait ça « sociologiquement intéressant ». La sociologie et l’anthropologie ont bon dos, tiens ! Je me demande dans quelles mesures les gens ne nous crachent pas sur la gueule parce qu’au fond, ils nous envient et ça leur fait mal au cul de pas pouvoir vivre comme nous. Ici, il n’est pas question de moyen. Quand on sort, avec Gauthier, on ne va pas dans des restos à 50 euros l’entrée, on ne va pas dans les boîtes où on paye 15 euros le cocktail. Non, nous, notre boîte de prédilection est petite et chaleureuse, il n’y a pas de people et on s’en fout bien. Parfois, nos sorties se font chez les uns ou chez les autres, on dîne, on discute, on rigole. Comme n’importe qui.

Ce qui m’amuse le plus, ce sont ceux qui critiquent le vide de nos vies. C’est sûr, leur vie doit être super pleine pour qu’ils prennent non seulement le temps de nous lire mais de cracher leur fiel sur nous. Par ailleurs, ces charmantes personnes se cachent souvent derrière des pseudos inconnus qui viennent juste nous insulter un petit coup et repartent sans demander leur reste. Mais, Seigneur, quel est donc l’intérêt ? Attention, je ne fustige pas la critique, je peux envisager qu’on ne soit pas d’accord avec nous (enfin, j’ai du mal… je plaisante !).  Ce qui me dépasse, ce sont les gens qui nous détestent tellement qu’ils viennent nous lire tous les jours et ne ratent pas une occasion de nous snipper. C’est du masochisme, à ce niveau là !


Mais je dirais plutôt que c’est de l’envie. Tout ce que nous faisons dans nos vies (pas grand-chose d’exceptionnel à mon sens), ça en démange certains. Mais notre vie est ce que nous en faisons.

 
Rendez-vous sur Hellocoton !