Faire la queue ou le début de la fin de la civilisation

Ah ben oui, j’y vais cash. De retour de vacances, je suis au sommet de ma forme ! Et pour mon retour, je vais vous narrer une anecdote car ça, j’aime bien.

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Tout se déroule vendredi fin d’après-midi. Après être partie en courant du boulot pour attraper le train de 18h23, j’arrive dans une gare Montparnasse bondée. Oui bah un vendredi soir de juillet, ça ne m’étonne pas plus que ça. Je file acheter mon sandwich et je répère une dame qui tourne autour des queues, vraisemblablement pour gruger. Et ça n’a pas manqué. Je commence à m’agacer : putain mais pourquoi les gens essaient toujours de faire ça ? Et quand je dis dame, elle avait le look de la dame du catéchisme prête à se lancer sur les chemins de St Jacques de Compostelle, la gruge de queue semble une maladie universelle. Mais j’en étais qu’à l’échauffement…

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Car mon train n’est jamais parti. Et ce n’était pas le seul à ne pas partir. Donc dans ce hall surchauffé et survolté, j’appelle mes parents pour avoir leur avis : le train de 16h40 et celui de 17h48 n’étant pas partis, est-il utile d’attendre celui de 18h23 alors que d’après les infos que j’ai, un incendie fait rage sur les voies puis y a eu un accident en plus ?

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Ah oui, petit apparté. Soyons clair, je ne reproche pas à la SNCF ce navrant enchaînement des faits mais par contre, il faut vraiment apprendre à communiquer. Je suis arrivée à la gare vers 17h45, je suis donc allée m’acheter à manger. J’avais bien vu qu’il y avait des retards et des trains annulés mais je n’ai pas fait particulièrement attention. Une fois mon sandwich acheté, je commence à remarquer qu’il y a quand même vraiment beaucoup de monde, pas mal d’agents SNCF sécurité et de gens énervés. Et pas parce qu’ils se sont faits dépasser par la dame du catéchisme dans la queue de la boulangerie. Donc 20 mn après mon arrivée à la gare, je finis par choper mon smartphone et je découvre la vérité : ça chie grave. A ce moment là, le train de 17h48 est annoncé avec juste 10 mn de retard et le mien à l’heure… Aucun des deux n’est parti. Alors je veux bien que ce soit le bordel mais informez putain !

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Bref, comprenant que je ne partirai pas, je commence à me rendre aux guichets pour me faire rembourser et là, on arrive au summum de la gruge et je peux vous garantir que les grugeurs sont de tout âge, c’est universel, je vous dis ! Technique favorite du grugeur : jouer le paumé. Ainsi, quand j’atteins enfin le point ticket après 15 mn de queue (donc juste pour retirer un ticket), un mec arrive de nulle part et interpelle l’employé SNCF pour lui poser des questions et lui tend son billet en mode “je veux être remboursé”. Oui pardon, monsieur, ça te gêne pas que je sois déjà là, sans parler de la vingtaine de personnes qui font la queue derrière moi ? Ca déborde dans tous les sens, les gens ignorent les queues déjà formées, le nez levé, utilisant leur air perdu comme un coupe-file.

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Et ça me rend folle. J’avais déjà parlé de l’incivisme ordinaire dans le métro mais là, ça frôle le débordement de vase ! Surtout que je suis la meuf prête à laisser passer des gens si besoin est comme cette femme enceinte qui cherchait un guichet rapide pour juste avoir un mot pour dire que le train n’est pas parti. Mais là, ça vire au n’importe quoi. Mais quel est l’intérêt, pourquoi faire ça ? Pourquoi cracher systématiquement à la gueule des autres juste pour gagner 5 minutes ? Pourquoi prendre le risque de se faire prendre à parti et donc de s’engueuler, mettant tout le monde de mauvaise humeur ? Qu’est-ce qui vous pousse à systématiquement faire un gros doigt aux règles et à la bienséance quand lesdites règles ne sont qu’une question de mieux vivre ensemble ? Toi qui a grugé, es-tu rentré chez toi satisfait de toi-même, te disant que tu étais plus fort et plus malin que tous ces abrutis qui font docilement la queue ? Mais imagine 30 secondes si tout le monde faisait comme toi, tout le temps… Déjà qu’on fait la gueule dès qu’on doit se rendre dans le métro, par exemple, tout ça à cause de petites incivilités de merde, si tout le monde commence à ne plus compter que sur son intérêt personnel et essaie de dépasser tout le monde dans la queue, ça finira en guerre civile cette connerie ! Le premier au guichet, ce sera celui qui aura pris les cours de krav maga !

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J’aurai mon ticket avant toi d’abord !

J’exagère, certes, mais je me demande à un moment où ça a chié dans la colle. Je ne suis pas une acharnée des règles à la base, je peux même concevoir que certaines sont discutables. Mais parfois, respecter les règles ne nuit à personne, bien au contraire. Je vous renvoie, par exemple, à cet épisode de Minute Papillon avec sa sublime conclusion sur les limitations de vitesse. Après tout, c’est qui le con ? Celui qui ne respecte pas les règles en espérant ne pas être chopé et qui hurle au scandale dès qu’il se fait flasher ou l’Etat qui sait très bien qu’il y aura toujours des cons pour se croire plus forts que les autres, ne respecteront pas les règles et rempliront tranquillement la caisse avec l’argent de leurs amendes ? On pourrait voir ici un paradoxe : en disant merde à la société et ses règles, vous l’engraissez, intéressant. Non parce que pareil, qu’est-ce qui vous paraît si compliqué dans le respect de la limitation de vitesse, surtout aujourd’hui avec des voitures où tout est parfaitement sous contrôle ? On vous a déjà expliqué que rouler plus vite ne vous faisait gagner que quelques minutes au mieux (et en plus, ça consomme plus d’essence donc ça coûte plus cher). Et si vous avez envie de vous la jouer Fangio, inscrivez-vous au club de kart voisin.

Bref, non, vous n’êtes pas plus malins que les autres, vous êtes juste la lie de la société, vous comptez sur la passivité des gens qui n’osent pas l’ouvrir parce qu’on n’a pas été élevés comme ça mais putain vous gonflez tout le monde et ça finira mal. Si vous avez des accès de rébellion, je sais pas, engagez-vous dans une association qui se bat pour changer les règles pour dessiner un monde qui vous convient… Ah mais oui, suis-je sotte, vous n’avez pas envie de dessiner un autre monde puisque la seule chose qui vous enchante, c’est votre propre confort. Emmerder les autres pour gagner 2 minutes que vous reperdrez très rapidement (genre en attendant le métro ou le train qui n’arrivera jamais), ouah, super, quel gain incroyable !

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Pour achever cet article sans queue ni tête (mais j’aime bien ces articles à la limite de l’écriture automatique), revenons à la SNCF qui a versé la dernière goutte de cette journée de merde (oui, de merde car l’écran de mon iPhone pro, déjà abîmé, est définitivement mort quand mon chat l’a fait tomber de mon lit. Oui de mon lit, vive la solidité de l’iPhone 5c, hein ! Or mon smartphone ne serait pas mort si j’étais partie puisque, partant sans mon chat, elle ne l’aurait jamais fait tomber de mon lit). 0h, je reçois un mail “ouais, super, vous avez effectué 5 trajets en IDTGVmax, vous avez gagné une étoile”. Super, à quoi sert cette étoile ? A rien ! Si on considère en plus que je suis abonnée à ce service depuis février, 5 trajets c’est pas grand chose… Surtout si on considère que le 5e, c’était celui de vendredi soir, celui que je n’ai pas pu faire donc… Alors la SNCF, vos employés au guichet ont été super et, de façon générale, j’ai été surprise par le calme des gens face à cette situation. Mais revoyez votre communication, pitié…

Le chat casseur d'iPhone

Le chat casseur d’iPhone

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Kingsman de Matthew Vaughn

Ohlala, déjà 3 films vus en 2015 au cinéma, je pète mon record. Bon en vrai, Saint Seiya, on l’a maté en .avi sur la télé de Victor mais chut. Donc Kingsman, proposition de mon cher et tendre que je me suis empressée d’accepter car j’avais confondu avec Birdman. J’ai déjà pas de culture cinématographique, je prends pas trop le métro, comment je peux savoir qu’il existe 2 films au nom similaire qui sortent en même temps au ciné ?
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Mais c’est pas grave, c’était cool quand même même si je n’avais pas la moindre idée de ce que ça allait raconter. Alors voici le pitch : c’est l’histoire d’un jeune garçon, Eggsy (no comment le prénom) qui perd son père dans sa jeunesse. Un homme, Harry, passe chez lui pour annoncer le drame et donne à Eggsy une médaille avec un numéro dessus en lui disant : le jour où tu as besoin d’aide, call me ! Parce que le papa d’Eggsy, c’était un Kingsman, un super agent secret et il est mort en mission en se jetant sur un mec qui avait une bombe histoire de sauver ses petits camarades. Donc Eggsy grandit et devient un semi voyou, pas trop aidé par sa mère qui fait de la merde, sort avec le caïd du coin qui a la main lourde… Un jour, Eggsy fait une connerie pour faire chier son beau-père et se fait embarquer par les flics. Comme il est malin, il appelle le numéro laissé par le mystérieux monsieur, Harry. Après quelques péripéties, Harry désigne Eggsy comme son candidat pour tenter de devenir le nouveau Lancelot. Oui car chez Kingsman, chaque espion porte un nom de chevalier de la table ronde.
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Je me permets une aparté symbolisme : Harry a comme nom de code Galaad, qui n’est autre que le fils de Lancelot… Or ici, le fils de Lancelot, c’est Eggsy car le 1er Lancelot du film est le père du jeune homme qui décède en se faisant sauter sur l’homme à la bombe, donc…. Cet inversement des rôles est assez intéressant puisque Harry prend bien entendu le jeune garçon sous son épaule tel un père bienveillant pour remplacer le père. Bref.
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Donc Lancelot n°2 est mort et il faut le remplacer, chaque membre de Kingsman envoie donc un candidat, ce sont donc 8 jeunes gens qui se font kidnapper pour aller dans un centre secret. Oui, 8 alors que nous avons normalement 12 chevaliers de la Table Ronde*. Ils doivent survivre à tout un tas d’épreuves pour prouver leur force et intelligence et peut-être devenir le prochain Lancelot.
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Evidemment, dans le lot, il y a la jolie fille qui devient très pote avec Eggsy et un jeune arrogant insupportable qui devient son rival. On a Hermione et Drago, il nous manque Ron… Ces joyeux jeunes gens seront notés par Merlin, un homme sans expression qui n’hésitera pas à leur faire croire que la mort est au tournant pour les stimuler.
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Pendant ce temps, les Kingsman sont très occupés car il se passe d’étranges choses. Le méchant Richmond Valentine (Samuel L Jackson), réalisateur influent à Hollywood, a décidé de sauver la Terre et kidnappe quelques politiques et scientifiques influents, aidé par Gazelle, sa jolie assistante qui a des lames à la place des jambes (clin d’oeil subtil à Planète Terreur, je suppose). Lancelot 2 étant mort lors d’une mission pour délivrer un scientifique, les Kingsman sont très intrigués de découvrir ce dernier en pleine forme continuer à mener sa petite vie.
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Nous avons donc deux arcs narratifs en parallèle : d’un côté, l’initiation de Eggsy qui se rapproche peu à peu de la finale pour devenir Lancelot et de l’autre l’enquête de Galaad qui cherche à comprendre les plans du vilain Richmond.
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Malgré ce côté un peu cliché et certains rebondissements trop bien préparés genre quand Eggsy va visiter la planque d’arme de Galaad « hé copain, à quoi ça sert cette arme là » « oh, ça, ça sert à ça… mais je te le dis pour info, hein, va pas croire que ça va te servir d’ici la fin du film ». Ah ben non, tiens… Malgré ces aspects un peu négatifs, donc, le film reste un très bon moment. Je n’ai pas vu le temps passer et une scène en particulier m’a scotchée par son surréalisme, réussissant à transformer un moment de pure violence en franche rigolade. Le personnage du grand méchant reste ambivalent, ses motivations étant finalement bien philanthropes mais ce paradoxe n’a pas été assez creusé à mon goût. Sa complice a la psychologie du dernier boss avant le boss final : super hard à battre, on sait dès le départ qu’elle aura droit à sa scène de baston d’anthologie, c’est même à ça que sert son character design (et son personnage dans sa globalité).
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Petite aparté ainsi sur un point qui m’a intriguée et que je devrais creuser : parmi les dirigeants étrangers, on évoque plusieurs fois la Suède via sa princesse (qui semble avoir une grande influence politique dans le film alors qu’en vrai, c’est pas la sensation que j’en ai) et son Premier Ministre. Rien sur la France. Depuis quand la Suède est devenu ce pays étranger à intégrer dans un film ?
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Bref, un film qui n’invente rien en soi mais qui rend les films d’espionnages un peu plus drôles et piquants avec un Colin Firth très bon à contre emploi.
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* Oui, je sais, le chiffre varie

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Le mec de la tombe d’à côté de Katarina Mazetti

Je suis une fille paradoxale : si un film ou une série fait l’unanimité, j’ai juste pas envie de le voir alors que si c’est un livre, je cours l’acheter. Enfin, ça dépend, je me précipite pas acheter les best sellers de type Musso, Lévy ou la saga Twilight (même par curiosité, j’ai pas réussi à m’y mettre à celui là).

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J’ai donc piqué « Le mec de la tombe d’à côté » à ma maman qui m’avait prévenue « j’ai pas aimé, j’ai trouvé ça vulgaire ». Bien, bien, bien… Bon, avec maman, on a un peu les mêmes goûts en matière de bouquin mais je me laisse pas influencer. Et bien je vous le donne en mille : elle avait raison. En fait, c’est pas tellement sa vulgarité que son insipidité totale qui m’a ennuyée. J’ai même réussi l’exploit de m’endormir à deux pages de la fin… Je me suis réveillée 4h plus tard.

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L’histoire : une jeune veuve se rend quotidiennement au cimetière rendre visite à la tombe de son mari. À côté, un homme vient entretenir la tombe de sa mère. Au début, ils se méprisent quand soudain, à la faveur d’un quiproquo, ils se mettent à se désirer l’un l’autre. Démarré alors une liaison que nous appellerons « L’amour est dans le pré suédois ». Manque que Karine Lemarchand et James Blunt. Bref, la citadine et le fermier s’envoient en l’air et se rendent compte que c’est tout ce qu’ils ont en commun. D’où ces magnifiques dialogues de type « alors, tu vas m’apprendre à traire les vaches, hihi… » »Ouais, tiens, j’ai un pis rien que pour toi ».

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La vulgarité donc. Le problème n’est pas tant que nos héros s’envoient en l’air, le truc, c’est que les dialogues coquins comme celui reproduit plus hauts me paraissent déplacés. Non que ce soit choquant (il lui a pas dit non plus « viens traire ma bite »), juste que ça sert à rien en fait. Ça fait un peu : tiens, mettons un dialogue pour mettre 4 lignes de plus et dire comprendre qu’ils vont s’envoyer en l’air. Je sais pas, ça sonne faux, ça fait juste vulgaire et pas du tout excitant… Bref. Ce livre donne la sensation d’une histoire de cul mais sans cul assumé, finalement.

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Et que dire des personnages ? Lui m’a paru sympathique, complément dépressif, une vie tellement merdique que tu te demandes comment il est pas encore allé se balancer sous les roues de son tracteur. Mais doté d’une certaine droiture. Elle, par contre… Bon, déjà, c’est terrible mais le côté « une fille fade, maigre, toujours de beige vêtue », j’ai pas pu m’empêcher d’imaginer Audrey Tautou dans le rôle et je ne la supporte pas. Du coup, ça m’a rendue l’héroïne antipathique mais avais-je besoin de ça ? Elle n’aime personne au fond, prend son fermier de haut, fait la gueule pour rien. Une chieuse.

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Bref une histoire d’amour sans amour, une histoire de cul sans cul assumé, une confrontation de deux univers vu et revu et une fin en eau de boudin qui fait un peu « Heu, je… Oh Ben tiens, il me reste 10 pages pour conclure, je te bâcle ça et je pars en vacances ! »

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Mais je suis pas têtue : j’ai acheté un autre livre de Katarina Mazetti et dès que j’ai fini Glacé de Bernard Minier puis le volume 2 de l’intégrale de Game of thrones (j’ai peur qu’on me spoile), je m’y mets.

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Et si…

Mes trente ans approchant, je vis dans un état de réflexion assez prolongé ces derniers temps. Qui suis-je ? Dans quel état j’erre ? Pour être tout à fait honnête, je suis plutôt sereine à l’approche de ce cap, plus symbolique qu’autre chose mais j’en parlerai le jour J. Il n’empêche qu’à force de réfléchir, je perçois des choses et en premier lieu celle-ci : est-ce que je réfléchirais pas un peu trop ?

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En tant que bélier, je suis censée être impulsive ce qui n’est pas faux en soi. Je suis parfois trop dans la fuite en avant, dans une recherche perpétuelle et inextinguible d’un mieux. Mais comme je suis aussi une fille très paradoxale (des fois, je me fatigue moi-même), j’hésite. D’un côté, j’ai très envie de courir et me jeter dans la piscine et de l’autre, je suis très tentée d’aller tremper quelques orteils dans l’eau pour être bien sûre qu’elle n’est pas trop froide. Parce que des fois, j’ai les chocottes. Normal mais lourd, à force.

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Parfois, j’aimerais savoir. J’aimerais avoir une zappette pour faire une petite avance rapide histoire de savoir si j’ai fait le bon choix. J’ai envie de retourner faire de la voyance au libanais alors même que ça fait 3 ans que j’y ai pas refoutu les pieds. Que je me demande si on me dira encore que j’aurai 3 enfants parce que là, à 30 ans, je suis pas enceinte et que normalement, ça ne devrait pas encore arriver de suite. Puis en plus, maintenant que j’ai du boulot (c’était ma grande angoisse de l’époque),  je me demande bien ce qui
pourrait ressortir. Mais la question est la suivante : savoir la suite, pourquoi faire ?

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Evidemment qu’on réfléchit, qu’on hésite, qu’on se dit qu’on fait peut-être une erreur, que la voie est forcément sans issue et que c’est vraiment inutile d’insister et qu’il vaut mieux prendre le boulevard, là. Si tant est qu’on identifie bien le boulevard, je suis nulle en orientation. Sauf qu’on ne sait pas. Les boulevards n’en sont parfois pas et les impasses ont parfois une issue, les happy ends ne sont pas toujours téléphonées (on n’est pas dans un film et on doit pas attendre Noël ou la St Valentin pour embrasser follement celui ou celle qui sera notre only one jusqu’à la fin des jours. Et sous la pluie le bisou sinon, ça ne marche pas) et les belles histoires sur papier peuvent aussi finir en eau de boudin. J’ai lu un truc récemment dans Biba qui dit pas que des conneries sur la sacralisation du grand amour : en gros, on nous a tellement survendu le concept qu’on est à la recherche perpétuelle de cet only one, quitte à  renoncer à des histoires car elles ne correspondent pas à un idéal. Ok, je veux bien mais si on considère que nos idéaux changent aussi avec l’âge, on a intérêt à tomber sur un only one qui s’adapte et c’est pas toujours facile. A part pour mes parents.

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Et ça marche avec tout, finalement. On veut toujours LE job, LE mec, L’appart, L’ami(e), LE ce que tu veux, on veut faire des choix pérennes, on se refuse le droit à l’erreur et on préfère dire non plutôt que de tenter… et parfois de se planter. Sauf qu’en grandissant (j’ai encore le droit de dire à 30 ans que je grandis), je prends conscience que même mes mauvais choix furent bons pour moi puisqu’ils m’apprennent des choses, me font évoluer, me permettent d’en savoir toujours plus sur moi. De grandir, en un mot. Alors finalement, peut-être que pour mes trente ans, ma première et grande décision pourrait être de ne plus me poser des questions de façon infinie et stérile. Parce qu’on en revient à cette insatisfaction dont j’ai déjà parlé alors que mine de rien, je me rends compte qu’en ce moment, ma vie est plutôt pas dégueu et que je suis conne de pas plus en profiter. Demain est un autre jour, inutile de déjà y penser, j’ai assez à faire aujourd’hui.

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Manifestement, la trentaine me rend aussi un peu chiante, veuillez m’en excuser.

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Et si on gardait la tête froide, pour voir

Il y a un truc que je déteste, c’est la surmédiatisation et quand on me parle trop d’un sujet, je finis par être énervée. Exemple type du moment : Obama. Oh mon Dieu, le Messie est noir, alleluïa, paix sur la Terre, il va tout régler en un claquement de doigts. Chantons en cœur avec Beyonce et Aretha Franklin avec la même allégresse que les Noirs dans les champs de coton. Copyright Jean-Claude Narcy pour la fin de ma phrase précédente, il rivalise de crétinisme avec Pernault…



A la base, je suis pro O, dans la mesure du raisonnable. Non parce qu’il est Noir, je ne suis pas aussi superficielle, mais parce qu’après 8 ans de Bushisme, on ne peut qu’espérer un mieux et c’était pas avec le ticket McCain-Palin qu’on allait s’en sortir. Quoi que ce serait drôle que Sarah Palin s’exprime un peu plus, on l’entend plus depuis les élections, on s’ennuie un peu. Heureusement que notre humoriste préférée, Ségolène, est là pour faire de la bonne vanne. Donc, Obama a toute ma sympathie et une part de ma confiance pour le moment même si je reste désespérément aussi cynique et blasée en ce qui concerne la politique. De toute façon, je suis comme Martine Aubry, je ne crois pas en l’homme providentiel. Même s’il est Noir.


Quand je regarde le best of de l’investiture, outre la connerie profonde de Narcy et la sensibilité de la Miss France au nom de saucisse, je commence à être lassée et limite effrayée par cet espèce de fanatisme politique autour d’Obama. Déjà, le côté « on n’interroge que les Afro Américains pour nos reportages télé », ça commence à faire. Obama est le Président de tous les Américains, ça englobe les Noirs mais aussi les Asiatiques, les Blancs, Arabes et tout ce que vous voulez. Si ça avait été Hillary à sa place, on n’aurait interrogé que des femmes ? On aurait parlé que de son sexe ? Non alors par pitié, passons au dessus pour commencer. Mais surtout, ce qui est inquiétant, c’est le pouvoir que donne cette ferveur. Et là, remercions le Ciel ou qui vous voulez qu’Obama ait l’air tout à fait sain, équilibré et doté d’un sang froid à toute épreuve. Parce qu’un tel délire populaire, ça ouvre les portes à beaucoup de choses et dans de mauvaises mains, ça peut amener à des choses dramatiques. Non, je ne ferai pas de point Godwin. Mais imaginons trente secondes ce qu’il se serait passé si c’était Obama qui avait déclenché la guerre en Irak y a quelques années, par exemple. Avec le crédit populaire qu’il a, aurait-on vraiment manifesté aussi fortement contre cette guerre (qui a quand même eu lieu) ? Et comme il est Noir, faut pas le critiquer sinon, c’est du racisme. D’ailleurs, je sens bien que je vais finir par me le prendre en pleine tête, c’est suspect que je ne partage pas l’idolâtrie mondiale.


Enfin, ce qui me fait le plus rire, c’est le paradoxe français. Depuis maintenant presque deux ans, on n’arrête pas de vomir sur le côté bling bling de Sarko avec son concert mégalo à la Concorde suite à son élection, et sa nuit au Fouquets, et ses séjours en yacht et sa grosse montre, ses raybans et sa femme. Je suis la première à être gonflée par tout ça, d’ailleurs. Mais par contre, quand Obama fait un super concert pour son investiture avec pléthore d’artistes (et même pas que des Noirs, Obama va apparemment au delà de la couleur de la peau, lui), va à des dizaines de soirées réunissant le gratin people avec un costard somptueux, sans parler de la robe de son épouse. Mais comme c’est Obamaaaaaaaaa, c’est génial, c’est grandiose, comme tout ce qu’il fait. Mais j’avoue que je suis très déçue de pas l’avoir vu marcher sur l’eau, il craint un peu votre Messie.


Le problème, ce n’est pas Obama en temps que personne, c’est le piédestal de 40 mètres de long qu’on lui a bâti qui m’inquiète. Parce que selon le mec qu’on placera dessus, le monde tournera plus ou moins bien. Ou mal. Mais non, toujours pas de point Godwin. Et je vais vous dire, au fond, je plains très profondément ce mec car des espoirs si irréalistes sur ses seules épaules, c’est beaucoup trop. 4 ans pour faire la paix dans le monde, régler définitivement le réchauffement de la planète, se débarrasser de la crise, faire disparaître tout le racisme du monde car les Etats-Unis sont un pays merveilleux et tellement modèle. Tiens, c’est marrant, y a encore 6 mois, il fallait les détester plus que tout. Juste pour info, les crimes raciaux ont augmenté depuis l’élection d’Obama. On est loin du pays merveilleux du melting pot… Bref, il faudrait un peu revenir sur Terre, arrêter de comparer cette élection à n’importe quoi (y a quand même une nana qui a comparé ça à la chute du mur de Berlin, mais au secours !) et prendre Obama pour ce qu’il est : un homme, un politicien entouré d’une équipe, qui a une pile de dossiers bien merdiques à régler. Et surtout, Obama, je vous souhaite bon courage pour faire enfin comprendre aux gens que derrière votre peau noire, il y a sans doute autre chose.

Et hop, un petit lien vers un article qui résume de façon lapidaire le fond de ma pensée.

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I kissed a girl, I liked this

(Pas de où trouver l’homme aujourd’hui parce que j’ai pas envie, en fait)

 Attention, pour ceux qui ne seraient pas au courant, une nouvelle chanteuse débarque sur les ondes, la coquine Katy Perry qui chante qu’elle a embrassé une fille et qu’elle a aimé ça. Gloussons, gloussons ! Sauf que voilà, Katy qui joue sur sa bisexualité est, en réalité, totalement hétéro et n’a même jamais échangé sa salive avec une femme. En gros, Katy s’est inventée une bisexualité pour faire vendre et, devinez quoi, ça marche.

Je suis toujours amusée par les nanas qui font d’une éventuelle bisexualité un argument vente. Il y a un an ou deux, je ne sais plus, un magazine avait fait un reportage sur ces filles qui se roulent des pelles en boîte pour chauffer et choper des mecs. Oh waaaah, trop fortes. Sauf que je trouve limite vexant de me dire que ce que j’ai de plus sexy chez
moi, c’est la langue d’une autre fille en train de taquiner mes amygdales. Evidemment, cette technique de chope (je n’ose même pas dire drague) ne peut pêcher que des chauds du slibard élevé au porno, celui où y a au moins une scène lesbienne. Non pas que ces hommes soient forcément insensibles, c’est pas la question mais un mec qui me drague  parce que j’ai léché la face d’une fille, je me doute que ce n’est pas mon intellect qui l’intéresse.

Je me pose toujours la question : faut-il se réjouir d’une quelconque libération sexuelle qui pousse les femmes à tester la bisexualité (enfin, rouler une pelle, c’est très léger comme test) ou se désespérer de constater que les femmes « libérées » collent à ce point aux fantasmes des mâles ? La bisexualité féminine n’a rien de nouveau. Au XIXe siècle, elle était même très courante entre les jeunes filles bourgeoises en pension mais c’était plus vu comme une amitié profonde, si j’ose dire, qu’une réelle relation amoureuse. Et non, je ne fantasme pas, des études sur les journaux intimes de ces demoiselles prouvent que ces pratiques étaient courantes. Donc la bisexualité féminine n’est pas un signe de
libération sexuelle vu qu’elle existait avant. Je suis toujours un peu amusée par les nanas qui parlent sérieusement de leur bisexualité alors qu’elles sont hétéro qu’elles n’en peuvent plus. Concrètement, je peux dire sans mentir que, ouais, coucher avec une femme, j’aimerais tenter que, oui, j’ai déjà fait des rêves érotiques lesbiens et même qu’un a abouti à un orgasme. Est-ce pour autant que je me définis bisexuelle ? Pas du tout. Je ne suis, de fait, attirée sexuellement par aucune femme. J’imagine quel peut être mon style, je peux dire que telle femme ou telle femme
est excitante mais dans les faits, je ne suis pas sûre qu’en face d’une femme excitante, j’aurais envie d’aller fouiller son string.

Et quand bien même je serais bisexuelle, le mettrais-je en avant ? Franchement, quelle importance ça a de coucher avec des femmes aussi ? Si ça devait arriver, ce qui compte, ce n’est pas qu’elle soit femme mais qu’elle soit elle, qu’elle m’ait attirée pour une raison X ou Y. Le reste ne compte pas. Et puis n’est-il pas paradoxal d’utiliser une femme pour choper des hommes ? N’ai-je donc rien à proposer comme mon humour, mon esprit, ma curiosité ou autres choses bien plus triviales ? Suis-je vraiment obligée de jouer la coquine bisexuelle pour allumer un peu d’intérêt chez le mâle ? Si la réponse est oui, je tombe en dépression.

Au fond, ce qui me déprime dans ce genre de comportement, c’est de voir des filles faire ou faire des choses non par envie mais par calcul. Pour moi, ça dénote vraiment un certain manque de personnalité (je fais les choses car c’est ce qu’on attend de moi, une fille chaude est forcément bisexuelle) mais également un manque de confiance en soi. Quand je
vois deux nanas se rouler une pelle pour chauffer un mec, je me dis qu’elles pensent ne pas pouvoir séduire par d’autres armes. Hé ben non, les filles, rouler des galoches à une autre ne fait pas de vous quelqu’un de plus intéressant. De mon point de vue, c’est même limite plus pathétique. Embrassez qui vous voulez, ok, mais faites le parce que vous en avez envie, pas dans le but de séduire une tierce personne. On n’est plus au collège !


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Toutes les mêmes !

Par Enzo

Dis-moi ce que tu lis, je te dirais qui tu es. Peut-on faire une liaison sociologique entre les magazines féminins et les femmes ? Le site Aufeminin.com (90% de lectrices, n°1 des magazines féminins en ligne) consacre une catégorie à l’infidélité. L’adultère semble donc une activité banale/recherchée chez les femmes puisqu’on peut découvrir sur ce site un guide pratique qui répertorie les bons conseils (enfin « règles d’or ») pour tromper son conjoint !

L’accent est mis sur le coté pratique, on croirait le manuel de crime parfait :- Effacez les preuves de l’infidélité, le site fourni même une liste : « relevés bancaires, SMS et emails coquins, parfum masculin qui flotte sur vos vêtements… ».

– Se protéger :
– les préservatifs semblent évident mais le site conseille de faire un test HIV, donc il semble que l’adultère soit une situation bien organisée faite pour durer!
– ne pas donner d’adresse personnelle, travail, pas de numéros de fixe, se mettre sur liste rouge, … car il faut envisager l’amant comme un « traitre potentiel ».
– « evitez de mieux connaitre votre amant, de faire des activités sympas avec lui » Le ton est donné, l’amant n’est qu’un objet, un humain pas assez intéressant pour qu’on ait envie de mieux le connaitre, encore pire passer du temps à faire des activités sympas avec lui ! (le sexe c’est pas une activité sympa ?)

Le dossier fait même une incursion vers la philosophie en préconisant ce paradoxe : être honnête tout en étant malhonnête. Être honnête (avec son amant car il est conseillé de lui dire clairement que c’est un morceau de viande) tout en étant malhonnête (avec son conjoint car il est conseillé ne jamais lui avouer).

C’est quand même bien fait les magazines féminins. Je ne peux qu’être convaincu lorsque l’on fait vibrer ma corde féministe : à la question « Pourquoi prendre un amant ? », une des réponses est « Pour
respecter la parité ». C’est donc une question de respect, presque un devoir mesdames !

Pour résumer, mensonge, paranoïa, insensibilité, … Bienvenue dans le meilleur des mondes !

Mais je suis vraiment de mauvaise foi, il y a aussi un aspect moral très mis en valeur avec des phrases comme « votre lit conjugal, c’est sacré ». Ah non au temps pour moi, c’est juste pour l’équilibre mental de l’infidèle. Et puis l’article disait au début « notre but n’est pas de faire l’apologie de l’adultère ». Ouf, qu’est ce que ça aurait été si ça avait été le cas.

Pour finir un petit chiffre : 44% ont été infidèles. Une chance sur deux. A vous de réfléchir messieurs. Vous choisissez pile ou face ?

Par Enzo, fondateur du collectif « Ni machos ni soumis » et membre du « MLH »

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Alerte à Malibu et les bonnasses en maillot rouge

A présent que Lil a fait son article sur Alerte à Malibu, je peux faire le mien, nananère. J’ai récemment re découvert cette série. Voire découvert tout court car moi, je m’étais arrêtée après l’époque Eddy-Shawny parce que Pamela, David et tout, ils me plaisaient pas. C’est comme Sauvés par le gong, ils ont voulu mettre des nouveaux élèves car les anciens étaient partis à la fac mais c’est pas pareil.

 

Au début Alerte à Malibu, c’était donc Mitch Buchannon aka David Hasselhoff, le beau sauveteur avec des vrais poils, père célibataire de l’horripilant Hobby, gamin parfait qui ne fait jamais de conneries, contrairement à ses potes. Bref, le gamin hyper fayot qui n’arrête pas de dire à son papa qu’il l’aime, qui a craqué sur toutes les sauveteuses sans s’en taper une…


Après, il y avait Eddy, le sauveteur charmeur d’1m50 qui se tapait la sauveteuse méga bonne Shawny, blonde et pulpeuse. La première à avoir posé dans Playboy de la série, d’ailleurs. En fait, il avait pas trop le choix Eddy puisque l’autre sauveteuse, Jill (jouée par un ex miss America mais dans toutes les séries, y a une ex miss America !) a été mangée par un requin. Après, y avait Craig et un beau qui s’appelait Ken, je crois, avatar de Crocodile Dundee avec son chapeau de cow boy et ses bottes. A un moment, il avait un magasin de surf aussi. Puis à la fin d’une saison, quand Shawny et Eddy décident de faire un bébé, on vire tout le monde et tout nouveau casting, y a que Mitch qui reste. A la place de Shawny, Eddy et tout ça, voici C.J, Summer, Matt et Stephanie. C.J, c’est Pamela Anderson qui a un vraie rôle de composition, il faut le dire. Parce que la C.J, elle a un cœur encore plus gros que ses seins, c’est la princesse romantique éternelle amoureuse. Et elle n’a du sexe que quand elle aime.

 

Et c’est un peu tout le paradoxe d’Alerte à Malibu : d’un côté, des nibards en veux-tu en voilà et de l’autre, une pudibonderie hallucinante. Parce que dans Alerte à Malibu, y a les gentils et les méchants. Les purs qui ne sexent que quand ils sont amoureux, qui ne boivent ni ne fument et les autres, ceux qui sexent juste comme ça, qui boivent et fument. Par exemple, dans les héros pas très sains, on a Logan et Nelly. Logan, c’est le surfeur type avec un lacet autour du cou, cheveux longs blonds et tout, il est fiancé à Caroline (aka Jasmine Bleeth, la plus belle, je pense) qui est neuneu qu’elle en peut plus. Mais Logan, il arrête pas de la cocufier mais le sexe, c’est mal alors ça lui retombe toujours dessus. Genre il couche avec une Blonde (bon, ok, elles sont toutes blondes) pour que son père finance une ligne de fringues de son pote mais finalement, le pote en question le vend et wala, il l’a dans le cul. Après, il se fiance avec la
princesse Caroline (mouarfffff !) mais il couche avec Nelly la pétasse dans sa maison tout en baie vitrée et forcément, Caro les voit et rompt les fiançailles. Nelly aussi est une pute puisqu’elle essaie de se taper Matt-David Charvet, fiancée alors à CJ mais il refuse ses avances donc elle l’accuse de harcèlement puis après, elle roule une pelle à Cody la bombasse (il est niais qu’il en peut plus mais quel corps) alors que Caroline a des vues dessus (mais finalement, il sort avec CJ) et se tape donc Logan. Mais après, rassurons nous, elle aura droit à sa rédemption, la petite Nelly puisqu’elle va se marier avec Mitch.

D’ailleurs, à ce sujet, si vous fantasmez sur Mitch, mesdemoiselles, je vous conseille de changer de cible car ses copines finissent toujours par crever. On a la blonde qui crève de leucémie, une journaliste qui se fait buter dès le lendemain de la rencontre (ils avaient même pas couché, bouuuuuuuuuuuh !), Stéphanie (la sœur de Caroline, la princesse, ils sont forts les scénaristes…) chope un cancer de la peau… Bon, c’est sûr, elle pouvait pas choper un cancer du sein, c’est la seule de la série qui n’en a pas, mais vraiment pas. Moi, au début, Stéphanie, je croyais vraiment que c’était un travelo car dans le générique, on la voit courir de face et ses seins, on dirait trop des pectoraux. Il faut savoir que la mortalité est assez élevée à Malibu, quoi qu’il en soit. Bon, j’ai parlé de Jill qui s’est faite manger par un requin, les copines de Mitch et y en a plein d’autres. Par exemple, l’autre jour, Mitch va parler à Kay, blonde serveuse
et prof de voile. Kay est courtisée par son amoureux d’enfance, surfeur de son état, elle hésite car il est pas très sérieux mais finalement, elle finit par craquer, ils vont se marier et tout mais juste avant, y a la compète de surf qui déchire sa mère. Et, comme de par hasard, le surfeur y passe ! C’est balloooooooooooot mais ça permet à Mitch de dire au petit frère du dit surfeur que l’âme de son frère est présente dans chaque vague (oooooooooh). Mais bon, la mer, ça rigole pas, quoi, ça tue. D’ailleurs, dans Alerte à Malibu, y a plein de créatures terrifiantes genre anguilles géantes, croco ou requins qui grignotent les gens… Ca rigole pas ! Alors forcément, y a des gens qui en meurent…

Enfin, Alerte à Malibu , ce sont surtout les scènes de 5 mn en musique qui mettent en scène l’héroïne en train de marcher sur la plage en robe blanche, rejointe par son homme et ils se font des bisous parce qu’ils s’aiment-euh ! Alors, bon, c’est sûr que faire un épisode de 45 mn en mettant des clips régulièrement, c’est un peu facile. Mais bon, ces scènes musicales kitschissimes sont vraiment cultes ! Maintenant, j’ai appris que Baywatch allait être porté à l’écran et je me pose la question : aurons-nous droit aux scènes en musique ? La petite amie de Mitch crèvera-t-elle ? Que de questions existentielles !

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Notre société se pornoïse-t-elle ?

Titrer un article avec un néologisme, voilà un travers que les journalistes adorent. Il y a quelques semaines, je lisais Courrier International
histoire de faire mon intelligente. Après la revue de presse du monde, voici le dossier : les jeunes filles dans le monde. Le premier article retient particulièrement mon attention : la « dérive » des jeunes filles américaines. En gros, la société américaine a totalement absorbé les normes des films pornos et les jeunes filles de 15-25 ans se comportent comme si elles passaient un casting permanent pour ce genre de production. En vrac : on fait claquer le string (c’est d’une classe folle…), on montre ses seins, ses fesses, voire son sexe à tout va, on boit et après, on fait des « concours de poses suggestives ». En gros, on simule l’acte sexuel lesbien entre copines. Les gamines de 15 ans se promènent très court vêtues et les mamans trouvent ça hilarant de vêtir leurs filles avec le t-shirt Playboy. Une journaliste, Ariel Lévy, a écrit un livre sur le sujet, faudra que je voie s’il est disponible en France… En gros, elle observe et dénonce un peu ces comportements, arguant que ces femmes s’enferment dans un rôle que les hommes attendent d’elle. Il faut être chaude, même si on n’a pas envie de coucher. Face à ça, il y a les groupes de chastes : « moi, je serai vierge jusqu’au mariage ». La société américaine est fascinante dans ses paradoxes.
 
Et en France, où en est-on ? Il me semble que nous glissons peu à peu vers ce modèle-là, même si nous en sommes loin. Concrètement, si je compare les adolescentes actuelles à ce que nous étions il y a dix ans, il est manifeste que la mode a changé : mes fesses ont connu leur premier string à 20 ans et encore, à l’époque, ce n’était pas hyper répandu. Quoique ça s’est vite démocratisé ensuite puisque Rachel, sainte prude, m’avoua un jour en rougissant : « Tu sais, moi, je mets des strings ! ». Cinq ans plus tard, cette grande confession a de quoi faire sourire. Donc à mon époque, je me souviens, c’était jean pas tellement taille basse et grand T-shirt, le pull attaché autour des
hanches (pratique pour masquer les fesses disgracieuses). Les piercings étaient limite une marque de rébellion, à l’époque, personne n’en avait. Aujourd’hui, les gamines font toutes monter leur strings jusqu’au milieu du dos pour être sûre qu’on le voit, certaines ont déjà des piercings. Je ne veux pas jouer les mères la vertu (c’est vachement mon genre, tiens) mais le comportement de certaines de ses gamines m’horripile au plus haut point : elles offrent aux autres, et surtout aux hommes, une sensualité et des promesses coquines qu’elles ne mesurent pas. Si j’ai une fille, elle portera un string le jour où elle mesurera le genre de message qu’elle envoie en exhibant ce petit bout de tissu. Et après un cours maternel sur les MST et la contraception (qu’est-ce que je vais être chiante comme mère).
 
Ceci étant, il me paraît que cette pornoïsation se limite à un changement de mode vestimentaire plus qu’autre chose. Forcément, nous, dans Beverly
Hills, y avait pas de strings apparents et de soutien-gorge apparent sous le débardeur. Je ne connais pas trop les nouvelles références ado mais si on s’arrête à la Star Academy, je suis sûre que la plupart des spectateurs masculins de 14-18 ans se souviennent plus des couleurs des strings des candidates que de leur prénom. Pour le reste, les Français ne me paraissent pas aussi
exhibitionnistes qu’aux Etats-Unis, du moins, c’est plus discret. A part dans Paris Dernière, je n’ai jamais vu de nanas se foutre à poil juste pour attirer l’attention. Il n’y a pas (encore ?) de surenchère à ce niveau-là, pas de programmes télés bas de gamme où des étudiantes saoules montre tout ou partie de leur anatomie (bien que dans Paris Dernière, parfois…). Et je
crois que c’est une bonne chose.
 
La lecture de cet article m’a fait réfléchir : est-ce que je glisse moi aussi vers la pornoïsation dans mon comportement ? Bon, déjà, je ne mets pas de mini jupe, je suis toujours habillée soft et si mon string dépasse de mon pantalon, c’est plus un accident vestimentaire qu’une provocation (si j’arrêtais de mettre de vieux pantalons trop grands, aussi, ils ne tomberaient pas…). Je n’ai pas de piercing (le seul que j’ai eu s’est infecté et il était au nez) et en boîte, je ne simule l’acte sexuel avec personne, je n’embrasse que Gauthier et Mister Big… Et encore, quand je dis « embrasser », ce ne sont que des smacks, nos langues restent dans leur bouche respective. Je ne me déshabille pas en public, surtout
à cette période de l’année. Bref, je suis sage comme une image. Evidemment, après, il y a mes écrits, parfois un peu sulfureux mais je ne pense pas encourager cette pornoïsation. Ce sont plus des réflexions à partager entre adultes consentants qu’un manifeste. Voilà comment je vis et je pense, êtes-vous d’accord avec moi ou pas ? Et accessoirement pourquoi ?
 
Je me refuse à virer pétasse en chaleur pour deux raisons : tout d’abord, j’ai un certain respect pour l’érotisme, je trouve ça trop sophistiqué pour en faire l’étalage n’importe comment et tomber dans la vulgarité. A quoi ça me sert de montrer mes fesses à tout le monde ? Je préfère les réserver pour mes amants (de toute façon, je pense que les gens se foutent bien de voir mes fesses). Simuler l’acte sexuel entre copines ? A part exciter les mâles en chaleur qui vont essayer de me serrer aux toilettes de la boîte, je ne vois pas du tout l’intérêt. Il y a des choses qui doivent rester réservées à la douce pénombre d’une chambre à coucher.
 
Par ailleurs, je partage entièrement l’avis d’Ariel Lévy : la liberté sexuelle de femme ne peut passer par là. En se sapant comme la dernière des traînées, je ne vois pas en quoi je clame ma liberté sexuelle. Bien au contraire, je me plie à l’esthétique des films pornos, faits généralement par et pour les hommes (même s’il y a une exception). 60 ans de féminisme pour en arriver à se transformer en objet sexuel ambulant ? Ben y en a quelques unes qui doivent se retourner dans leur tombe. Pour moi, la liberté sexuelle n’a rien à voir avec le fait de montrer son cul ou ses seins. Pour moi, la liberté sexuelle se résume plutôt à pouvoir faire l’amour avec qui j’ai envie, quand j’en ai envie, mais aussi le droit
de dire non si je ne veux pas. Et sans avoir à sortir la bonne vieille excuse : « j’ai mes règles ». Ma liberté sexuelle, c’est aussi pouvoir parler de sexe librement sans qu’on me prenne pour une salope. Ma liberté sexuelle, c’est pouvoir avoir autant de partenaires que je veux sans qu’on me prenne pour une salope…
Alors, certain(e)s vont me rétorquer : « oui mais si tu t’habilles pas de façon provocante, personne ne te verra et tu ne pourras pas choper. » Oui ben c’est pas grave parce que moi, je chope pas. Honnêtement, être rejetée par un homme qui n’a pour valeurs sexuelles que ce qu’il voit dans les pornos ne me traumatise pas plus que ça. Et puis très franchement, je serais tellement à l’aise en mini-jupe et mini top que je passerais ma soirée scotchée sur une banquette donc pour la drague, on repassera. Je me souviens, une fois, j’avais mis une robe très sympa et pas tellement sexy à la base sauf que j’avais pris quelques petits kilos entre l’achat et mon défilé avec en ville (je l’avais mise plusieurs fois avant, rassurons-nous). Donc me voici vêtue d’un T-shirt blanc, ma robe par dessus et des bottes chaussettes aux pieds. Sauf qu’en marchant, mes fesses faisaient remonter petit à petit ma robe. J’ai jamais été aussi mal à l’aise de ma vie, je suis rentrée fissa chez moi, attirant la convoitise de sales pervers. Par le passé, j’ai eu droit à des hommes qui cherchaient avant tout du sexe plutôt qu’une partenaire et j’ai retenu la leçon : aucun intérêt. J’ai plus envie d’un partenaire avec qui je développe une certaine complicité et qui partage mon goût de l’érotisme. Et pour moi, érotisme et vulgarité, ça ne va pas de pair du tout. De plus, je pense que la plupart des hommes, passés les affres de l’adolescence, ne sont pas particulièrement attirés par ses pétasses qui montrent tellement tout qu’il n’y a plus rien à découvrir. Je me souviens d’une discussion avec Jean qui m’expliquait que ce qui l’excitait, entre autres, c’était de passernla soirée avec une femme et découvrir au moment de l’effeuillage qu’elle n’avait pas de sous-vêtements. Aucune provocation apparente, juste un secret entre deux amants. Moi aussi, je préfère ça.
 
En somme, je crois que nous sommes encore loin du haut degré de pornoïsation de la société américaine mais on se dirige vers le même modèle, lentement mais sûrement. Arrivera-t-on à un tel degré de vulgarité ? Je n’en suis pas convaincue, je pense que cette provoc bête et irréfléchie se limitera à certaines catégories de personnes. Du moins, je l’espère.
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