Le lesbianisme soudain

Ceci n’est pas qu’un titre racoleur mais une tendance un peu étrange que j’observe dans quelques séries depuis quelques temps et qui m’interroge un peu. Vous suivez des femmes qui ont une vie amoureuse hétérosexuelle et soudain, croisent la route d’une femme et là, plot twist : elles ont toujours été lesbiennes mais ne l’avaient jamais admis. Je… hein ? Y a pas un manque de background là.

The 100, baiser entre Clarke et Lexa

Ah oui, faudra que je vous parle de cette série, aussi

Je trouve toujours très positif d’avoir une pluralité de sexualités dans toute oeuvre de fiction, pas de soucis. Mais dans ce cas de lesbianisme soudain, ça m’interroge un peu. La première fois que j’ai découvert cette évolution, c’est dans Urgences où Kerry Weaver, chef de service acariâtre présentée comme plutôt hétérosexuelle mais surtout célibataire endurcie. Puis elle rencontre une psy dont j’ai totalement oublié le nom, incarné par Elizabeth Mitchell qui est une actrice que je n’aime pas trop (je ne la trouve pas très expressive, surtout dans V… mais peut-être qu’elle était juste empêtrée dans une très mauvaise série). Leur relation fait long feu et là, pof, c’est officiel, Kerry est lesbienne. Mais… idem pour Willow dans Buffy : “avant, j’étais hétéro puis j’ai rencontré Tara et maintenant, je ne regarde que les meufs”. Idem pour Alex dans Supergirl, Alison dans Pretty Little Liars, je le sens fort pour Petra dans Jane the virgin… Alors ok mais sinon, la bisexualité ou une sexualité fluide, ça existe aussi, hein…

Xena et Gabrielle : l'amour ?

Alors il faudrait que je revoie Xena (flemme un peu) mais il me semble qu’on est dans un cas intéressant de deux femmes hétérosexuelles qui tombent amoureuses l’une de l’autre. Pas par lesbianisme soudain mais plus parce que l’autre est l’âme soeur

Ca m’interroge. Déjà pourquoi ce revirement sexuel ne touche que les femmes ? Alors je n’ai pas une culture exhaustive des séries télés mais il me semble que les hommes bisexuels, déjà, se comptent sur les doigts de la main. Oberyn Martell est même le seul qui me vient en tête et ce n’était juste que pour mettre une scène d’orgie racoleuse… Ah si, Sense8 où des hommes hétérosexuels se retrouvent avec quelques pulsions homosexuelles suite à leur connexion avec Lito et à la toute fin de la série… ah non, ça, je dis pas, je vous laisse découvrir. Mais sinon chez les personnages masculins, j’ai vraiment l’impression qu’ils sont homos ou hétéros et qu’il n’y a pas de fluidité, justement. N’hésitez pas à me dire si je me trompe. Il y a bien toujours ce moment un peu bizarre où un homosexuel va coucher avec une femme (Clara Sheller et son meilleur ami dont j’ai oublié le nom, Keith dans Six feet under) mais j’ai vraiment pas de référence d’un hétéro se laissant tenter par un homo. Voire devient soudain attiré uniquement par les hommes. Alors quand je dis que je m’interroge sur le pourquoi de cet étrange virement de cutie ne touchant que les femmes, comprenez que c’est ironique : on sait bien que le lesbianisme est parfaitement intégré à l’imaginaire érotique commun alors que bon, l’homosexualité masculine, quand même, curieusement, ça passe moins.

Will et Lito dans Sense8

Mais surtout, ce qui me turlupine un peu dans cette histoire, c’est que ça trahit une écriture un peu trop légère des personnages. Prenons Alex dans Supergirl puisque c’est le dernier cas croisé. Elle est attirée par une flic et se pose un peu des questions. Mais là, ça devient “oh mais oui, j’ai toujours su que j’étais lesbienne, je me suis juste menti”. Mmmm… Alors non. Je veux dire dans la saison 1, non seulement elle a une liaison avec un homme mais jamais ô grand jamais elle ne semble avoir l’ombre d’une interrogation quant à son orientation sexuelle, pas de regard brûlant dirigé vers un personnage féminin. Idem pour Willow qui se retrouve au coeur de deux liaisons hétérosexuelles assez majeures dans les premières saisons finit par devenir lesbienne sans retour en arrière. Alors je veux bien croire que ça arrive, je connais des personnes dans “la vraie vie” qui ont trouvé l’amour dans les bras d’une personne du même sexe alors qu’ils étaient censé ête parfaitement hétérosexuels, mais là, c’est vraiment le côté “on est un peu trop hétérocentrés, là… Tiens, elle, elle devient lesbienne.” Et le virement de cutie est balayé en deux minutes “oh bah c’est un peu dur de sortir du placard dans lequel je ne savais même être enfermée. Ah voilà, c’est fait, je suis lesbienne, merci bisous”.

Dylan devient lesbienne dans Desperate Housewives

Du coup, ce manque de nuance m’ennuie profondément. A la limite, je trouvais le personnage d’Emily dans Pretty Little Liars qui peine un peu à faire son coming out par rapport à sa famille, ses amis… Même si une fois qu’elle a révélé à ses parents son orientation sexuelle, elle passe en quelques minutes de “personne ne doit savoir” à “je roule une pelle à ma meuf à la cafet’ du lycée en toute décontraction”. Mmm… Surtout, je trouve dommage le manque de nuance qui pourrait pourtant amener des circonvolutions du récit intéressantes.

Emily et Alison dans Pretty little liars

Avant de fermer cet arc définitivement, j’ai un dernier point à aborder : pourquoi je n’arrive pas à écrire une histoire d’amour.

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La droite ou l’apprentissage de la rébellion

Je suis fascinée. En bien ou en mal, je ne suis pas sûre. Mais avez-vous seulement conscience de l’incroyable révolution que nous sommes en train de vivre. De mémoire de Nina, on n’avait jamais vu ça (mais ok, j’ai que 33 ans et je me souviens que peu de l’opposition au PACS, c’était peut-être aussi violent mais je crois pas). La droite découvre la révolution. Et ils y vont pas avec le dos de la cuillère.

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Je n’ai pas aimé le débat sur le mariage gay, pas du tout. Ca m’a rendu allergique à l’expression des idées quelles qu’elles soient, voyez vous car quand je lis des vomis de haine sur des pauvres individus qui n’ont pour seul “tort” (j’insiste sur les guillemets) que d’aimer une personne du même sexe qu’eux, ça me donne plutôt envie de pleurer. En tant que Bisounours en chef, je croyais qu’on avait dépassé le stade de l’homophobie en général (je ne pouvais nier la survivance de quelques abrutis arriérés), que l’on ne considérait plus les gays et lesbiennes en fonction de leur orientation sexuelle mais qu’on les considérait comme des individus. J’ai du mal à comprendre qu’on puisse hiérarchiser les amours, qu’on trouve une union légitime et une autre non simplement en fonction du sexe des personnes concernées. Qu’on affirme qu’à priori, une personne sera forcément meilleur(e) père/mère de par ses préférences sexuelles. J’ai dû rater la découverte scientifique liant hétérosexualité et instinct paternel/maternel, sans doute. Bref, comprenez bien que les propos de cette droite estampillée “Manif pour tous”, “printemps français”(assez drôle quand on pense qu’il y a deux ans, ce terme était revendiqué par des indignés plutôt de gauche) et qui scande “on ne lâche rien”, me donnent la nausée. Mais à côté de ça, je ne peux m’empêcher de regarder les yeux grands ouverts leur apprentissage de la révolte et de la manifestation. Et comme tous les “convertis”, ils en font toujours trop.

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Traditionnellement, on associe la droite à l’ordre. Enfin, moi, en tout cas : les gens de droite que je connais ne manifestent pas. Les gens de gauche pas vraiment non plus remarque, je ne connais que peu de batteurs de pavés, maintenant que j’y pense… Ma tante m’avoua même un jour qu’elle avait manifesté comme une petite fille entraînée par les autres. Même si elle est de droite, elle est allée manifester pour protester contre les paroles indignes d’une élue UMP assimilant le mariage homo au mariage entre animaux. Oui, quand je vous dis que ce débat a généré beaucoup de propos classes et subtils… Bref, les gens de droite, c’est pas super leur truc de manifester. Lors du dernier gouvernement Jospin, les manifs étaient plus remplies de syndicalistes et de “gauchistes” que de fiers membres du RPR. Mais là, nos petits Charles-Henri et Marie-Bertille découvrent, héberlués, la révolte et ils y vont franco : provocation des forces de l’ordre, interpellations, dégradations des biens publics, appel à la violence. De vrais sauvageons, finalement.

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Evidemment, tout cela est très triste quant aux propos tenus, au déni de démocratie, aux parallèles historiques et géopolitiques plus que douteux (entre ceux qui hurlent à la dictature socialiste et qualifient un gosse de prisonnier politique et ceux qui se réjouissent que les militants d’Act up aient déjà le triangle rose pour les reconnaître plus vite), aux attaques physiques des plus minables fleurant bon le racisme et l’homophobie. Oui, faire défendre une loi élargissant le droit du mariage par une femme Noire, y en a qui ont eu beaucoup de mal. Les gens de droite qui se revendiquent de la manif pour tous, du printemps français, des veilleurs… apprennent dans la violence et la douleur ce que signifie être dans l’opposition, être la minorité parlementaire. Mais finalement, est-ce que ça ne démontre pas que l’opposition finit toujours par se réfugier dans l’agressivité et la bêtise la plus totale ? Pendant 15 ans, j’ai soufflé par le nez en lisant certains propos de mes amis de gauche sur la droite. Non que je ne tolère pas la critique, bien au contraire, mais la taille de Sarkozy ou l’identité de l’époux de Boutin ne sont et ne seront jamais un argument. Critiquer des projets de loi, des chiffres erronés, des distorsions des faits, oui. Balancer des Sarko facho (même si ça nous fait une jolie allitération) ou taguer des murs pour dire qu’on l’aime pas, non.  Quelque part, ça me rassure de voir que dans l’opposition quelle qu’elle soit, les réflexes sont souvent mauvais, qu’on se roule avec délectation dans la mauvaise foi, les non arguments, les propos délirants. La société change, la droite se rebelle. Bientôt, le gilet noué autour des épaules aura plus de sens que le béret étoilé de Che Guevarra. Ou pas !

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Peut-être qu’il ne peut y avoir d’intelligence dans un débat de société, au fond. Pas la plupart du temps, du moins.  Par contre, je rêve encore et toujours de balancer tous les petits cons qui gueulent au fascisme et à la dictature dans les pays reconnus pour leur manque total de liberté d’expression, histoire qu’ils prennent conscience des conneries qu’ils profèrent.

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Le lendemain gênant d’un rêve un peu chaud

Le cerveau est une petite chose taquine. La nuit, il aime me susurrer de belles histoires dignes des romans les plus tordus que je pourrais imaginer. En période d’accalmie sexuelle, il aime stimuler ma libido à travers des rêves humides et pénétrants où un homme peut découvrir mon corps de ses doigts fébriles. Sauf que parfois, mon cerveau à la flemme et au lieu de me sortir un homme monté de toute pièce, il m’attribue un homme que je côtoie dans la vraie vie. Oups !

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Cette nuit, Clément et moi avons connu un épisode torride et passionné, nous nous sommes laissés emporter par une pulsion irrésistible. Sauf que ce matin, je suis la seule à m’en souvenir. Et pour cause, tout s’est passé dans mon subconscient. C’est pas grave, une bonne douche et il n’en paraîtra plus. La journée s’écoule donc quand soudain, Clément fait son apparition. Oh mon Dieu, mon Dieu. Mon rêve revient par flash. Ses doigts, sa langue et sa queue bien dure dans ma main et dans ma… Oh merde ! Enlève ces images de ta tête, enlève ces images de ta tête. Ne laisse pas glisser ton regard vers sa braguette pour vérifier que la chose est à la hauteur de ce que m’a fait croire mon cerveau assoupi… Risque de rougissement intempestif : très élevé. On est en alerte typhon dans ma tête (et zone humide annoncée plus au sud au souvenir de cette étreinte onirique mais néanmoins intense). N’ayons l’air de rien, il n’est pas socialement admis de lancer à une personne “dis donc, j’ai fait un rêve érotique avec toi hier, c’était très chaud, hihi”. Sauf si cette personne est déjà votre moitié ou votre crush mais sinon, non. Soyez Tostaky, n’ayez l’air de rien (je recycle mes vannes de 1993, permettez).

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Ouragan dans le cerveau, vos neurones s’agitent, les synapses fonctionnent à plein tube, on frôle la surchauffe. Non parce que si vous arrivez à donner le change à ce pauvre Clément qui doit quand même vous trouver un peu bizarre, vous commencez à vous poser de sacrées questions : est-ce que je désirerais pas un peu Clément sans m’en apercevoir ? Voire pour les plus romantiques “mais est-ce que Clément serait pas un peu l’homme de ma vie mais j’avais pas réalisé jusque là…”. Alors, là, j’ai envie de dire : stop. STOOOOOOOOOOOP ! On arrête de se triturer les méninges pour rien. Comme je disais précédemment, des fois, le cerveau, il a un peu la flemme et prend un mâle déjà connu pour peupler vos rêves les plus érotiques. Enfin, je dis ça, moi, le mien, il a tellement pas envie que lors de l’un de mes derniers rêves torrides, mon amant était un… fantôme. Voilà, un homme sans corps et sans visage (mais qui parvient à me faire ma fête), aucun effort. Quel branleur mon surmoi ! Bref, si parfois se faire oniriquement arracher la culotte par un mec nous rappelle que, ouais, il est pas mal, il ne s’agit en aucun cas d’une révélation.

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Alors respirez, tout va bien. Dans 2 jours, Clément aura été remplacé par Loïc ou Steve voire Souria (oui, votre cerveau endormi suit pas toujours votre orientation sexuelle), vous serez un peu troublé quand vous croiserez l’objet de vos rêves. Mais finalement, n’est-ce pas amusant si on y pense ? Cette personne n’a pas juste la moindre idée de ce qu’il a pu faire dans vos songes alors que c’était terriblement chaud… Ou au contraire assez décevant. Peu importe la réalité, vous ne le saurez sans doute jamais. Ca reste un secret entre vous et votre inconscient.

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Baise ton patron

L’autre jour, je vous parlais de miss épilation au travail d’Enzo. Depuis, elle en a fait quelques unes de belle dans le genre « Hihi ranafout! » et ça me fout en colère. Quand tu vois des connasses pareilles salariées qui s’en foutent ostensiblement  et des gens motivés au chômage, j’ai envie de hurler aux nuages noirs d’orage « il y a quelque chose de pourri dans ton monde, travail ! » (en vrai, je ne crie rien aux nuages mais je regarde beaucoup de telenovelas en ce moment, ça m’apprend la théâtralité).

Lorsque j’ai préparé le fameux article sur miss Épilation, lors de ma recherche icono, j’ai découvert le monde fabuleux des guides qui nous apprennent à rien foutre tout en ayant l’air affairé. Vous allez me rétorquer « non mais t’as dit toi même qu’il fallait pas paraître désœuvré ! ». Certes mais j’ai pas dit qu’il fallait institutionnaliser la glande non plus… Et que dire de tous ces livres sur la manipulation en milieu professionnel ? L’employé du mois est-il le plus compétent… Ou le plus filou ?

Quand je bossais chez Pubilon, je discutais avec Isadora qui m’expliquait ne pas supporter l’injustice. En gros, les gros tire-aux-flancs qui ne foutent rien mais sont très bon pour expliquer que a) leur équipe est nulle donc c’est par leur faute si les choses n’étaient pas faites à temps (ou variante : mon équipe est nulle, je dois tout refaire moi-même) et b) ah naaaan, j’avais fait un super doc mais le Pc ne l’a pas enregistré ou il a mystérieusement disparu du serveur. Perso, je trouve que c’est du niveau « mon chien a mangé mes devoirs ». Mais sans que je saisisse comment c’est possible, y a des fois où ça passe. On en finirait presque à se demander si y a pas eu coucherie… Même si, dans les faits, y a parfois incompatibilité d’orientation sexuelle (quoi qu’on ne sait pas tout…). Non mais je vous jure que j’ai entendu un soir à 19h30, un mec qui devait rendre un doc dire « non mais j’ai l’idée, reste qu’à les mettre sur le powerpoint ». Sous entendu : j’ai pas encore touché à la reco que je dois rendre ce soir. Non parce que si « avoir l’idée » était synonyme de faire, je vous pondrais 5 romans par mois !

Y a donc des incompétents, des jean-foutre, des malhonnêtes, manipulateurs, escrocs… On pourrait se dire que c’est la faute du manager qui ne se rend pas compte de l’inefficacité de son subalterne sauf qu’à un moment, il ne me paraît exagéré que nous sommes adultes et qu’il faut se prendre en main, ne pas attendre de se faire taper sur les doigts pour enfin faire son taf. Celui pour lequel on a un salaire qui ferait rêver bon nombre de chômeurs…

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Keep off wall

Par Gauthier

Bon ça fait un petit moment que je ne me suis pas épanché sur vos épaules. Alors comme la blogo-thérapie a remplacé la psychothérapie, on va m’analyser un peu… Il y a quelque temps, j’ai fait la plus grosse connerie de ma vie (non je ne parle pas du fait de coucher avec un séropositif, j’ai fait pire, sisisisi j’en suis capable). Pour celles et ceux qui lisent mon blog, j’en ai parlé .

Pour les autres, petit cours de rattrapage. Flashback, nous voilà en 2001.

Gauthier est à l’université depuis deux ans, c’est le printemps, il vient de décider de mettre un terme à son analyse. L’analyse, c’est quelque chose de merveilleux, de confortable, mais bon quand la psy vous raconte ses problèmes de famille, c’est qu’il est temps de voler par vos propres ailes ! Je suis rassuré sur mon orientation sexuelle, sur ma normalité, sur mes envies, sur mes besoins, je peux donc me plonger à corps perdu dans cette grande aventure qu’est la vie.
 

Je me souviendrais toujours de cette phrase que j’ai eue lors de mon dernier rendez-vous d’analyse « Tout va bien pour moi, il ne me manque plus qu’un homme à aimer ! ». J’aurais mieux fait de m’arracher un bras… 27 mars 2001, minuit passé, le téléphone sonne, je sors d’un spectacle au Zénith :

– Salut Gauthier, je vais chercher un mec pour aller boire un verre, tu viens?

– Dis donc toi, t’es pas maqué et fidèle ? Tu te fous de moi ? Fais demi-tour de suite, sinon je t’étripe ! (j’avais passé le week-end à l’écouter me parler de son merveilleux, son sublimissime mec dont il était éperdument amoureux, et il s’apprêtait à le tromper ? En me prenant pour couverture ? Mais ça va pas non ?)

Allez, viens avec moi, comme ça je serai sage…

Non, je rentre me coucher et toi aussi !

Putain, je le vois, il est trop trop trop beau, viens de suite, c’est un ordre !

Mais… (et il me raccroche au nez)

 

J’avais 19 ans, je croyais encore au principe de fidélité et d’amitié, je décide donc d’aller jouer les chaperons alors que je n’avais pas dormi plus de 4h dans la semaine. J’arrive dans notre bar, et je le vois. Nom de dieu… Mais il avait raison, il est trop beau ! En disant bonjour à mon pote, je lui annonce qu’il n’a pas de soucis à se faire, je repars avec le beau gosse, et lui il se masturbera en pensant à nos ébats, comme ça pas d’infidélité (je suis sympa comme pote, non ?).

 

Je fais connaissance avec le bellâtre, il se fait draguer par tous les mecs présents, je suis on ne peut plus pressant pour marquer mon territoire. Là je me souviendrais toujours de ce que m’a dit mon pote en le regardant :

 Ok là il est parfait, mais c’est le genre de mec, à 22/23 ans, qui aura du bide 
 Mais je m’en fou complètement de sa gueule dans 4 ans, je l’encule ce soir, et on en parle plus !

Mais on fond de moi ça ne se passait pas aussi bien. Il me sourit, je suis aux anges, il parle à un mec qui lui touche le bras, j’ai envie de tuer tout le monde. Mais pourquoi je réagis comme ça ? J’ai autant de mecs que je veux, et même plus, mais c’est celui-là que je veux. Un coup de foudre ? En tout cas, ça y ressemble…

 

On se sépare, je lui propose de prendre mon num, il est nouveau, on a le même âge, je lui propose d’être son guide dans la jungle de pédé-land. Il refuse poliment. Je suis tout triste quand je rentre chez moi… Je sais que je le reverrais jamais, j’insiste alors auprès de mon pote pour qu’il me file son tel, son mail, n’importe quoi qui me permette de le retrouver, mais ce gros chacal refuse, normal il veut se le faire…

 

Deux semaines plus tard, je me console dans les bras d’un autre homme depuis quelques jours, je suis sur le net. Un garçon vient me parler, c’est lui ! Putain je le crois pas ! Je le lâche pas, sur le net je suis beaucoup plus direct :

 – Tu m’as fait très forte impression, pourquoi tu as refusé mon numéro ?

 Je ne sais pas quelles sont tes intentions, et ça me gênait…

Alors je vais te le dire : tu m’épouses quand ?

  

 

S’en suivent des heures de dials, des coups de fils interminables, et enfin, le grand rendez-vous, le 29 avril (il m’aura fait courir celui-là !). On se fait un resto, on boit un verre, Lucie nous rejoint, on va en boîte, et enfin il se décide à m’embrasser. Grand moment épique ça aussi. Ça faisait quelques heures que je tendais des perches, et toutes sont passées au dessus, je commençais à me résigner, quand enfin, lâchant un merveilleux « tip top moumoute ! » il se jette sur mes lèvres ! Oui bon ok, ça mérite une explication. Cette expression débile, on la sortait tout le temps, et on l’a dite peut-être 200 fois dans la soirée, à un moment, je dis sur la piste de danse « alors les boîtes à pédés tu en penses quoi ? », réponse de l’intéressé « tip top moumoute ! »… Mais je vous jure que c’était vachement mignon sur le coup, bon ok il faut être moi pour voir le romantisme dans cette scène, mais bon… Bref, la suite est censurée, on s’est mutuellement violé sur les banquettes, Lucie a dû nous rappeler à l’ordre !

 

S’en est suivie une année très mouvementée. Deux fois je pris mon envol, une fois il fit ses bagages. J’avais peur, je pense, d’un amour possible, à 20 ans, on ne se rend pas compte. Et lui aussi ne savait pas comment gérer tout ça. On s’est fait du mal, je l’ai trompé (lui je ne sais pas, et je ne veux pas savoir). Et je suis toujours amoureux de lui, quatre ans après qu’il m’ait brisé le cœur.

 

Il a été le seul que j’ai vraiment présenté à mes parents (comprenez, le seul que j’ai invité à manger chez eux, ceux que ma mère croisait à mon bras à Carrefour, ça compte pas !), il était là pour mes 20 ans lors de mon coming-out définitif devant tous mes amis, il était là quand j’ai pris mon premier appartement, il est le seul garçon avec qui je suis parti en week-end, il est le seul que j’ai jamais aimé. Et je suis incapable de passer à autre chose. Pourquoi ?

 

Il m’a fui pendant 4 ans, et le mois dernier, on va boire un verre ensemble, comme on le fait deux fois par an à peu près, pour se raconter nos vies. Je reste dormir chez lui parce que j’ai loupé le dernier métro, et du coup on a le temps de parler, et surtout aucun des deux ne peut s’enfuir. Et là il vide son sac, pourquoi a-t-il gardé tout ça pour lui pendant quatre ans ? Pour pas me faire souffrir, mais surtout pour pas se faire souffrir, ne pas en parler ça aide à se persuader que c’est faux.

 

Résultats des courses : je l’aime, je veux revenir avec lui (de mon côté, vous remarquez que c’est plutôt clair !). Il a des sentiments pour moi, il n’arrive pas à passer à autre chose, les autres garçons ne l’intéressent pas, il ne se voit pas passer sa vie en couple, mais si ça doit se faire ça ne peut-être qu’avec moi, il a envie de vivre de façon plus consumériste (comme moi en gros : boire, sortir, baiser…), mais il en est incapable, mais il ne veut pas se mettre en couple pour la vie sans avoir fait ça avant, mais il ne sait pas si ça va marcher, mais il ne veut pas me faire souffrir, mais de toute façon il faut réessayer quand même sinon on ne s’en sortira pas, mais après bon dans 5 ans quand il va vouloir partir vivre en province moi je ne voudrais jamais le suivre, et puis il aime pas les chats, et puis il ne l’a toujours pas dit à sa mère (qu’il était pédé, pas qu’il aimait pas les chats, c’est bon vous suivez ?), et puis je suis grand, brun, avec une bonne situation en devenir, et puis je suis beau, et puis il m’embrasse et me demande de le serrer fort dans ses bras toute la nuit…

 

Vous avez compris quelque chose vous ? Moi j’ai du mal… Là il est parti en vacances, je vais passer deux mois sans le voir. La seule chose que je lui ai demandé, enfin les deux choses en fait, me donner des nouvelles, et répondre quand je l’appelle ou me rappeler dans les heures qui suivent, et ne pas me dire s’il touche un autre mec. Et on fait le point en septembre.

 

On s’est déjà engueulé parce qu’il me laisse 4 jours sans nouvelles (quoi psychopathe ? mais c’est juste que j’aime qu’on me réponde, surtout lui d’ailleurs), donc j’ai explosé, il m’a répondu « c’est comme ça et puis c’est tout ! ». J’ai pris ça pour un « tu m’saoule, bye ! », mais en fait pas du tout, il compte bien reprendre en septembre, sans me donner de nouvelles pendant deux mois.

 

Et je fais quoi moi ? J’ai pris une grande décision : je bois, je sors, je couche avec tout ce qui bouge, et si je suis encore en vie en septembre, il n’aura qu’à m’épouser, mais je garantis pas la gueule de la marié après 2 mois de débauche non-stop…

 

Programme du week end : trouver de la coc, trouver un mec, puis un autre, puis un autre… Vais pas me laisser emmerder parce que je suis amoureux d’un connard égoïste non ?

 

Gauthier part en vrille.

 

PS : selon lui l’égoïste dans l’histoire, c’est moi… ça s’annonce mal cette histoire !

PPS : Nina et moi en ce moment on a un grand délire sur les murs, vous savez ces murs qu’on voit arriver de loin, mais on fonce quand même dedans en dansant et en chantant. Heureusement que les copains sont là pour nous ramasser après. Donc là je fonce clairement dans un mur, nous sommes d’accord. Et hier j’ai acheté un tee-shirt « Keep off wall », ce qui signifie d’après un pote bilingue « Evitez le mur » ! Faut vraiment que je me remette à l’anglais…

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