Faut être amoureux pour avoir un orgasme

Il y a quelques temps, M6 nous a gratifié d’un grand documentaire pas du tout complaisant sur le sexe. Bon, comme je n’en ai réellement vu que 10 mn et que je me suis ensuite fié aux commentaires sur les blogs et Twitter, je vais éviter de donner mon avis sur la question. Je vais juste réagir à une phrase entendue durant cette dizaine de minutes qui m’a fait halluciner.

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A l’écran une jeune donzelle amoureuse de son Jean-Freddy (non, tous les parents n’aiment pas leurs enfants, il faut que ce soit dit). Alors juste pour rire, le Jean-Freddy l’a serrée en la faisant venir chez lui pour le diner, en lui faisant boire du champagne puis en lui offrant un bain avec bougies et pétales de rose dedans. Non mais paie ton cliché… Oui, je sais, je manque cruellement de romantisme mais merde, ça fait plan de vieux lover… Bref. Ce qui devait arriver arriva, Jean-Freddy mit Jessica ou Dieu seul sait son prénom dans son lit et là, elle sut de suite que cette histoire était sérieuse car elle a eu un orgasme. C’est donc qu’elle était déjà amoureuse. Je… Quoi… Pardon ?


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L’orgasme féminin, l’éternelle énigme. Puisqu’il parait que nous sommes des créatures cérébrales, nos orgasmes ne sont déclenches que par notre esprit donc un plan cul, on l’aime pas, on ne jouit donc pas. C’est cela ouiiiii… Alors il est vrai que le psychologique joue, essentiellement au niveau du lâcher prise et certains blocages sexuels sont de l’ordre du mental. C’est d’ailleurs pareil pour les mecs, faut arrêter de les prendre pour des machines à baiser. Mais il n’en reste pas moins que le sexe, c’est aussi et surtout une histoire de corps, de mécanismes naturels. Une bonne connaissance de son corps aussi pour savoir ce qui nous fait réagir. Perso, j’ai eu des orgasmes avec des mecs pour qui je n’avais aucun sentiment. D’ailleurs pour en revenir à l’orgasme « psychologique », est-ce tant le partenaire que la situation qui nous fait triper ? Ça reste à voir.

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Vous allez me dire que cette déclaration n’engage qu’elle et qu’on s’en fout un peu. Oui sauf que Jessica est un peu symptômatique d’une façon de penser assez répandue et un peu triste sur le fond. C’est accepter une espèce de fatalisme de la frigidité un peu du genre « je ne peux jouir qu’avec un nombre restreint d’hommes ». Et bonjour le sac de nœud quand elles aiment un homme qui est de fait mauvais amant et ne les fait pas grimper au rideau. Plutôt que de prendre en main (sans mauvais jeu de mots) le garçon pour lui dire ce qu’elles aiment, ce dont elles ont envie… Elles remettent en question leurs sentiments. On pourrait débattre sur l’importance du sexe dans le couple et du fait qu’une fille ne restera pas 107 ans avec un mec qui ne la satisfait pas et donc qu’elle sera sans doute partie avant de l’aimeeeer mais bon, j’ai eu droit à des je t’aime d’hommes que je n’avais physiquement jamais vus alors… Mais effet extrêmement retors de cette façon de penser, c’est le cas des viols. Autrefois, alors que l’on pensait qu’un orgasme féminin était nécessaire à conception, une femme tombant enceinte suite à un viol n’était pas reconnue comme victime puisqu’elle avait pris apparemment son pied. Aujourd’hui encore, une femme qui jouit pendant un viol, ce qui peut arriver car je rappelle qu’on parle de mécanismes physiques, se sent extrêmement coupable.

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Par contre, au-delà de tous les points soulignés au-dessus, je ne peux m’empêcher de sourire sur un point. Malgré tout le verbiage sexuel auquel nous sommes soumis dans les médias à coup de « les soirées partouze, la nouvelle mode », « le candaulisme, à essayer » (ça pour le coup, c’est la nouvelle pratique à la mode, je vois le terme partout) ou « si t’as pas baisé à 3 à 30 ans, c’est que tu as raté ta vie », cette vision nunuche du sexe de la part d’un couple qui se la joue « on est des gros chauds du sexe » (ce qui n’empêche pas) assez mignonne. Comme une framboise dans un panier de groseilles, un peu. Mais bon, si je suis la première à admettre que le sexe avec quelqu’un qu’on aime est d’une intensité sensuelle sans nom, une baise sans sentiments amoureux peut également être jouissive. Dieu merci !

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Orgasme au féminin

Pour beaucoup d’hommes et même certaines femmes, l’orgasme féminin est un sacré inconnu. Si y a un truc que j’ai constaté chez mes partenaires, c’est qu’ils ne savent pas toujours reconnaître si j’ai eu un orgasme ou pas, certains se vantant de m’avoir fait grimpé au rideau alors que non. Alors l’orgasme féminin, qu’est-ce ?

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Première fois. Après cette brouette assez violente, je soupire : quoi, c’est ça le sexe ? Bon ? c’est sympa mais y a pas de quoi se taper la tête contre les murs. Puis un jour, j’ai découvert l’orgasme. A quoi ressemble l’orgasme féminin ? Je ne sais pas chez les autres femmes puisque je n’ai eu aucune relation homosexuelle donc je vais surtout parler de mes orgasmes, j’invite les commentatrices à parler de leur propre expérience, si elles veulent. Pour ma part, il y a d’abord une espèce de boule qui se forme au creux du ventre et tout à coup, la boule explose et je décroche complètement, je me mets à trembler comme une feuille, je ne contrôle absolument plus mon corps. J’ai souvent l’image de cette boule que j’imagine très lumineuse puis quand elle éclate, y a des filaments de lumières qui se dispersent dans tout mon corps. Juste avant l’orgasme, j’ai un peu l’impression que je vais tomber dans le vide, une espèce d’appréhension immensément agréable. Ca doit être comme un saut à l’élastique ou un saut en parachute, on est très excité par la sensation qui va arriver mais, en même temps, on a un tout petit peur. Enfin, je suppose, j’ai jamais sauté en parachute, j’ai peur du vide. Après, je suis morte, j’ai besoin de quelques instants pour revenir sur terre, me remettre la tête à l’endroit mais c’est super bon.

 

Seulement, l’orgasme féminin, c’est compliqué. Déjà, il y a le grand débat : vaginale ou clitoridienne ? Ben, personnellement, je dois pas être normale parce que j’ai
plus l’impression d’être un mélange des deux. La meilleure et la plus sûre façon d’atteindre l’orgasme, pour moi, c’est une pénétration doublée d’une stimulation clitoridienne. Ca ne veut pas dire que je n’ai jamais eu d’orgasmes avec que l’un ou que l’autre mais c’est autrement plus efficace. Sauf que beaucoup de messieurs, une fois entrés dans notre intimité, délaissent totalement le clitoris. Et bien non, je vous le dis : le clitoris n’est pas réservé aux préliminaires ! Bon, évidemment après, tout dépend de la position.

 

Par ailleurs, il me semble que le sexe au féminin, c’est tout aussi physique que psychologique. Enfin, pour moi, en tout cas. Si j’ai pas le moral, même pas la peine d’essayer de me faire grimper aux rideaux, ça ne marchera pas. De la même façon, avec un partenaire avec qui je ne suis pas en phase, ça ne partira pas non plus, sans doute parce qu’inconsciemment, je bloque. J’ai du mal à décoller avec des mecs qui ne cherchent que leur propre plaisir car, de toute façon, ils ne sont pas attentifs au mien, ils vont pas chercher à le provoquer. Pourtant, je trouve ça assez jouissif de faire grimper son partenaire au rideau et j’ai croisé des mecs exactement dans le même état d’esprit, qui adorent faire jouir leur partenaire. J’en parlais l’autre soir avec un pote sur MSN, il me disait que l’orgasme féminin est plus psychologique que le masculin qui, lui, est plus mécanique. Peut-être, je suis pas un mec. Ceci étant, chez les mecs, il ne faut pas croire que l’éjaculation est synonyme d’orgasme, ce n’est pas obligatoire.

 

Mais revenons aux demoiselles. Pourquoi certaines femmes jouissent et d’autres non ? Bon, il y a certes des problèmes de frigidité mais je ne crois pas que ce soit si courant
que ça. Selon les estimations, ça toucherait une femme sur 10, ce qui est déjà beaucoup. Ceci étant, je pense que certaines filles n’atteignent pas l’orgasme par méconnaissance de leur corps donc ne sachant pas ce qui les fait décoller, ce n’est pas évident de guider son partenaire. Oui parce que même si je donne pas le manuel d’utilisation, genre : « alors, si tu veux me faire jouir, tu fais comme ça et comme ça », y a toujours moyen d’arriver à ses fins. Après tout, qui mieux que moi peut connaître mon corps. Bon, bien sûr, y a des trucs que j’ai découvert dans les mains d’hommes et Dieu merci, quelque part. Mais la masturbation m’a rendue plus épanouie et plus sensible, il me semble. Par ailleurs, les hommes ne connaissent pas toujours le corps féminin parfaitement. En plus, tout le monde ne réagit pas aux mêmes stimulis. Chacun et chacune nos zones érogènes !

 

Les hommes ont une certaine fascination pour l’orgasme féminin comme j’avoue moi-même avoir une fascination pour l’orgasme masculin. Je veux toujours savoir ce que ça fait chez mon partenaire. Parfois, les mecs nous reprochent notre facilité à simuler l’orgasme mais seuls les mecs qui ne m’ont jamais fait jouir ne savent pas reconnaître mes orgasmes. Bon, j’ai jamais donné d’orgasme à une fille que moi mais vu comme je me tortille dans tous les sens, j’arriverai jamais à simuler une telle contraction. Il paraît même qu’au moment de l’orgasme, je fais un espèce de « gnnnn ». Possible, j’avoue que je m’écoute pas dans ses moments-là…Mais beaucoup de mecs prennent une expression bruyante pour signe d’orgasme. Que nenni ! Bon, je suis extrêmement expressive dans ces moments-là, je le fais pas exprès donc si on se fie à mes décibels, on pourrait penser que j’ai un orgasme du début à la fin. Il m’est arrivé une fois aussi d’exagérer un peu parce que j’en avais marre et j’avais hâte que monsieur termine. Ceci étant, est-ce parce qu’on n’a pas d’orgasmes que le coït est raté ? Non, messieurs. L’orgasme est en quelque sorte l’apothéose du plaisir, le paroxysme mais ça ne veut pas dire que ce qui a avant et après n’a pas d’intérêt, bien au contraire. Mais souvent, un homme est vexé de ne pas avoir donné d’orgasme mais la réciproque est vraie. Ca m’est déjà arrivé d’être avec un mec qui ne jouissait pas et, sur le coup, je me disais : « ben merde, je suis nulle ! » mais ça ne veut pas dire que le monsieur n’a pas pris du plaisir. Après tout, si on fait la moyenne, l’orgasme représente une partie infime de la brouette en terme de temps. Ce serait dommage de bouder son plaisir en attendant cette explosion qui doit durer une demi-minute ou une minute… Oui, je suis très mauvaise pour évaluer le temps pendant le sexe. Parce que le sexe, pour moi, ce n’est pas l’orgasme, pas que mon orgasme mais aussi tout le plaisir et la jouissance qu’on se donne.

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