Le cinquième élément, la dystopie… verticale

Une des premières dystopies à laquelle j’ai eu l’occasion de me frotter est sans nul doute le cinquièmélément. Oui, le film de Luc Besson, oui. Avec ville gigantesque et voitures qui volent, un peu comme Altered Carbon. Mais la comparaison s’arrête là car si Altered Carbon détaille la société dans laquelle évolue Tak, pour le cinquième élément, on sait assez peu de choses quant aux rouages de cette société futuriste. Une société verticale, comme les immeubles… et l’organisation sociale, finalement.

Le cinquième élément - affiche

On pourrait contester la classification du cinquième élément au rayon dystopie, on est plus dans un film de science fiction/fantasy/space opera. On est assez proche d’un Star Wars avec une foule d’extraterrestres et une bonne partie de l’histoire dans l’espace. D’ailleurs, la partie où ils sont dans le vaisseau après avoir quitté Fhloston Paradise n’est pas sans évoquer le Falcon Millenium. Alors du coup, Star Wars serait aussi une dystopie ? Après tout, il y a tout un univers politique tissé… Oui sauf que Star Wars se passe dans une galaxie lointaine… il y a très longtemps. Donc non, ce n’est pas une dystopie. Le cinquième élément lui, se passe dans le futur dans ce qui est une version évoluée de notre société donc là, on y est sur la partie prospective. Mais est-ce que cette société est si mauvaise que ça ? Le monde proposé ne nous offre guère de détails donc je suis dans l’interprétation mais je vais considérer que oui.

New York dans le cinquième élément

Point un : les inégalités sociales. Bruce Willis est du côté pauvre de la barrière, cf la taille minuscule de son appart vs celui du prêtre par exemple. Son emploi est menacé, son immeuble visiblement mal famé (cf le caméo pété de Kassovitz). Vous allez me dire qu’on est déjà pas mal dans une société inégalitaire, ce qui est vrai mais il semble que dans le futur, l’ascenseur social, il est définitivement oublié. La société est d’ailleurs parfaitement hiérarchisée : les plus riches en haut, les plus pauvres en bas, au milieu des ordures. Vertical.  En parallèle, on a également une sensation d’opulence d’une certaine catégorie de population, notamment avec Fhloston Paradise, population aisée qui a bon goût en appréciant un bon petit opéra. Pierre Bourdieu likes this.

La diva dans le cinquième élément

Mais finalement… C’est quoi cette société décrite dans le cinquième élément ? “Normalement” (ok, ça se discute), une dystopie pose une réelle évolution de la société basée sur un changement de donnes, en gros. Dans 1984 ou Fahrenheit 451, il y a la maîtrise du savoir par le pouvoir qui enferme les citoyens. Dans Ravage, Albator ou Le meilleur des mondes, on peut se poser la question de l’asservissement de la population, ramollie par la technologie et/ou le divertissement. Altered Carbon nous interroge sur la question de l’immortalité. The handmaid’s tale part du principe que la dégradation environnementale va avoir des conséquences et imagine que les femmes en seront les premières victimes.  Si je devais résumer les dystopies en une phrase, on pourrait dire “et si… ?”, version scénario noir. Or dans le cinquième élément… Ben en fait, l’histoire pourrait absolument se passer aujourd’hui sans que ça change quoi que ce soit à l’histoire. Les voitures peuvent être au sol, Fhloston Paradise pourrait être un hôtel random aux Maldives ou en Polynésie… Reste les vaisseau spatiaux, certes, mais vu qu’ils ont débarqué en 1914 en début de film, ils auraient pu aussi débarquer en 97 (année de sortie du film). Reste la constitution de Leeloo… mais qui n’a pas grand sens au fond…

Polynésie

Du coup, si le cinquième élément décrit une société inégalitaire que Leeloo semble peu motivée à sauver (même si c’est manifestement les bombes atomiques balancées sur le Japon qui la choquent donc on reste sur ma remarque : ça aurait pu carrément se passer en 97), j’ai du mal à isoler de réels éléments dystopiques. On peut même y voir quelques étincelles d’espoir avec un Président Noir (en 97, c’était never seen before, comme on dit dans mon métier où on se la pète), la conquête spatiale… Bref, autant j’ai un souvenir plaisant du cinquième élément (et je refuse de le revoir), notamment sur son imagerie futuriste, autant… ben pour moi, la seule raison pour laquelle ça se passe dans le futur, c’est que Besson voulait se faire plaisir. Alors pourquoi pas mais pourquoi ? Normalement, placer un histoire dans le futur doit apporter quelque chose : une technologie qui n’existe pas encore et qui va avoir une incidence importante sur l’intrigue, une évolution de la société que l’on veut dénoncer… même avec humour, genre Idiocracy. C’est rigolo mais il reste un message. Là, c’est juste un décor.

La ville futuriste du cinquième élément

Du coup, est-ce qu’on peut à ce point se faire plaisir sans réellement chercher à faire passer un message ? Peut-on imaginer une histoire dans le futur juste parce qu’on a trop kiffé Retour vers le futur 2 sans chercher à donner une dimension politique quelconque ? Dans l’absolu oui… mais ça me gêne un peu. Même si ça reste un film qui m’a marquée à l’époque et qui m’a follement inspiré Technopolis, on ne va pas se mentir.

Affiche du film le cinquième élément

C’est marrant, j’ai l’impression qu’il y a beaucoup plus de détails sur les immeubles sur l’affiche que dans le film

Ca mériterait un article à part, non ?

Rendez-vous sur Hellocoton !

Week-end à Lyon

Parfois, je prends mon sac à dos et je pars en pérégrination. Même que j’avais un blog sur le sujet mais ça m’ennuie de faire un blog juste pour ça alors je reviens vous en parler ici. Donc ce week-end, Anaïs et moi avons arpenté les rues Lyonnaises en soupirant sur nos vies parisiennes. Et pourtant, j’ai fait mon boulet puissance mille, je me demande comment Anaïs m’a pas abandonnée sur le bord de la route.

IMG_0893

Déjà, je commence fort : samedi matin, train à 6h58. Je pars sereinement de chez moi, lalala. Bon, je m’arrête retirer de l’argent, ça me retarde un peu mais zen, ça va. Prochain train ? 7 mn d’attente. Ah mm grmpf. Bon, ça devient un peu serré mais ça va. Sauf que je n’avais pas prévu qu’à 6h30, le réseau était déjà saturé, nous voici bloqués en pleine voie, les minutes passent. C’est pas que je panique mais je commence à douter, là… Anaïs m’informe de l’emplacement du train. 6h50, je suis pas encore  gare de Lyon. Ca pue, hein ? Sortie du métro, je cours comme une dératée. Putain de merde, je dois valider mon pass navigo pour sortir, ils font chiiiiiiier !! Je cours, je cours, j’arrive sur le quai, le train est toujours là ! Sauf qu’évidemment, nous sommes voiture 11, je dois remonter toute une rame. La contrôleuse siffle : il reste normalement 2 minutes avant le départ, je viens de dépasser la voiture 1. Ok, plan B : je me rue dans le train, chope mon iPhone et hurle à Anaïs “moooooooonte, moooooooonte !!”. Nous voilà donc parties. A noter : si vous prenez un e billet, on peut vous retrouver même si vous avez pas le papier (parce que oui, quand on part toutes les deux, une prend les 2 allers, l’autre les 2 retours. Evidemment, j’avais les allers). Je rajoute quelques kilos à ma boulet attitude   : en enregistrant les billets, je me suis trompée sur la date de naissance d’Anaïs qui a été un peu taquinée par le contrôleur.

IMG_0910

Bref, arrivées sur Lyon, on trace direct au Parc de la Tête d’or. C’est beau ! Ce bel étang couleur de jade, les belles pelouses ! On va boire un café à la cité internationale puis c’est parti pour le grand tour : les belles serres, le zoo… Mais bon, il commence à être tard, on n’a rien avalé depuis la veille et ça tape dur. Donc nous revoilà parties pour le centre, j’ai un peu fait mon boulet (épisode 2,5) : on marche le long d’une rue en plein cagnard, ça n’en finit pas et je n’ai pas de chapeau donc je commence à craindre une insolation. Chiante, je vous dis.

Lyon-parc-tete-d-or

On déjeune dans une brasserie sans intérêt au service relativement déplorable mais juste à côté de l’Opéra donc on a surtout payé pour se poser en terrasse là, quoi. L’après-midi (enfin, vu qu’on est arrivées après 14h, on est reparties à 16h), requinquées, on part à l’assaut de la Croix Rousse. Oui parce que Lyon, ça monte et ça descend. Et comme j’étais en mode boulet (épisode 3), j’avais des courbatures de compétition suite à un cours intensif de sport mercredi. Mais l’avantage des muscles, c’est que quand tu les chauffes, t’as moins mal. Bref, on monte, mon monte, on guette les triboules : des têtes de lion bleues sur fond jaune indiquant un passage derrière une porte cochère (mais elles étaient ouvertes les portes). On a aussi trouvé d’autres pierres plantées, j’aime bien ce petit côté chasse au trésor. On finit par se poser tout en haut de la Croix Rousse, dans l’herbe, on domine Lyon, on entend des milliers de klaxons. Alors à noter que les Lyonnais, ils sont très nerveux en voiture mais pour le coup, rien à voir : c’était la gay pride.

lyon-croix-rousse

Après avoir savouré, on repart à l’auberge de jeunesse “tu vas voir, ça monte un peu”. On redescend sur les bords de Saône, on furète dans le vieux Lyon et soudain, on se retrouve face à une putain de côte. Ah oui, en effet, ça grimpe ! On arrive rouges et dégoulinantes à l’auberge, on prend possession de notre chambre que nous partageons avec 2 Allemandes et 2 “on sait pas bien, on les a à peine croisées”. Une bonne douche plus tard, on va se boire un verre (d’eau) sur la magnifique terrasse de l’auberge avec vue imprenable sur la Presqu’Ile. Une petite balade du côté de la laide Place Bellecour (enfin, le clocher de l’ancien hôpital est chouette mais cette espèce de dalle d’asphalte au milieu, moi y en a pas comprendre…). Dîner dans un bouchon typique (Chez Mounier, très bon), une sublissime tarte à la praline qui nous obsède depuis. Retour à l’auberge (j’ai mieux géré la grimpette), petite papote sur la terrasse et coucher.

Lyon-presquile

Le lendemain, petit déj toujours sur la terrasse et c’est reparti. J’ai les pieds déchirés par mes baskets mais ça va aller, je vais arrêter de faire mon boulet. On grimpe dans un parc avec un vieux théâtre antique magnifique même s’il y avait une scène géante en plein milieu mais on fera avec. On monte, on redescend, on remonte… Puis hop à la Fourvière pour voir l’église St Joseph qui domine Lyon. On rentre d’abord dans la chapelle inférieure mais comme il y a messe, on fait un tour aux alentours. Un petit tour devant la Tour Eiffel locale puis on va se balader dans un parc autour. On peut enfin entrer dans la Fourvière (après avoir joué à prendre la statut de JP II en mode Staline), l’organiste termine son récital. J’aime bien l’orgue, c’est tellement dramatique…La Fourvière, c’est magnifique, j’adore les couleurs, la façade…

lyon-fourviere

Ensuite, on redescend sur la Presqu’Ile, un déj dans un resto sympa mais qui ne servait pas de tarte à la praline (raaah, frustration !) puis, comme on sent une petite fatigue, on se dit qu’on va aller roupiller sur les quais de Rhône. On passe devant la piscine à l’architecture communiste (que j’adore, forcément). Le soleil tape dur, les quelques tâches d’ombre sont super squattées, on finit par échouer sur un coin de pelouse caillouteux du côté de péniches de croisière. Et là, le retour du boulet : deux jours sans pluie, je ne suis plus habituée, le pollen qui vole m’agresse méchamment. Mes yeux frottent, mon nez pique, les miasmes m’obstruent. Le verbe le plus adapté à la situation me paraît être : je me liquéfie. Un petit tour au pied du clocher de la place Bellecour, un tour au McDo et nous revoici déjà dans le train, retour Paris. Anaïs me laisse partir, embêtée par mon état de dégradation avancé, moi désolée d’avoir été un boulet.

lyon-rhone

Moralité :
– Lyon, c’est quand même super beau, y a plein de parcs, de chouettes quartiers, j’ai bien aimé chercher les pierres plantées à la Croix Rousse. Je me verrais bien y vivre… après avoir passé un temps certain avec un allergologue bien sûr.
– Faire du sport intensif juste avant un week-end de crapahute était une vraie mauvaise idée (mais la séance suivante, j’ai pas eu une courbature)
– Arrêter d’oublier mon chapeau m’évitera de stresser à l’idée de choper une insolation (ce qui m’aurait valu le titre de boulet ultime)
– les Lyonnais conduisent assez mal par contre.
– la tarte à la praline, c’est la vie.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Paris a le blues

J’ai le blues de Paris

Paris, 7 ans ¾ que j’y vis. Le 28 mars prochain, je soufflerai la 8e bougie de notre vie commune. Et je ne te cache pas que je ressens comme une petite crise existentielle entre nous, je sens que mon amour pour toi s’essouffle un peu. En fait, c’est pas tant toi que la vie parisienne qui commence à me fatiguer.

paris-2

Tu es attirante et tu le sais. Quand je suis venue vivre ici, je m’imaginais une folle vie culturelle, le Louvre deviendrait ma 2e maison, je serai de tous les concerts. Une vie aussi hype que dans les magazines féminins. Sauf qu’une fois que tu deviens mon quotidien, je rate toutes les expos, je trace dans tes rues en ignorant des sublimes atours. Tu es ma vie, je ne te vois plus. Le week-end, je suis trop fatiguée pour aller mater quelques tableaux, photos ou oeuvres en tout genre. Je ne profite de ta beauté que lorsque j’accompagne des touristes (mes parents en général) dans tes rues, que je leur fais découvrir certains quartiers. Ces quartiers, justement. Ma vie parisienne se limite à quelques coins où je ne me rends que par intérêt, pour la chorale ou la piscine ou visiter quelques amis. Mon Paris se limite à quelques stations, à quelques lignes. 8 ans de parisianisme plus tard, je lève un sourcil quand je reçois un texto “je suis à Avron, j’arrive”. Je sais pas où c’est, moi, Avron, quelque part entre Jaurès et Nation sur la ligne 2, par là… Il y a ces quartiers que je ne connais pas et ceux que, depuis que je vis en ton sein, j’ai en horreur. Rendez-vous à Châtelet, Opéra ou, le pire du pire, les Champs ? Pitié, au secours ! Oh oui, c’est follement pratique, ces grands carrefours de lignes, y en a toujours une qui arrange les gens. C’est vrai. Mais les bars se suivent et se ressemblent, c’est impersonnel au possible. On fait Starbucks ou Indiana ?

paris-5

D’ailleurs, quand on me propose de sortir et qu’on me demande un point de ralliement, je ne sais plus que répondre. Mes cantines ont décliné, certaines ont même disparu. Mes bars de prédilection d’hier, je ne m’y retrouve plus, je ne suis plus chez moi. Etre chez soi à Paris, étrange concept tant on est dilué dans l’anonymat de la foule. Vous n’êtes point un individu mais un client. Et que dire de ces bars à la mode où il faut faire la queue pour entrer ? Une heure pour boire un cocktail, si tant est qu’on vous accorde le droit de rentrer. Ca, je m’y refuse. Je veux boire un verre, pas assister à une soirée privée ! Verre que je paierai un prix démentiel parce que c’est Paris…

cocktails

Et que dire de ce snobisme puant de la plupart de tes habitants ? Ceux qui crachent sur la rive droite ou gauche selon où ils vivent ? Qui trouvent hérétiques d’aller dans certains quartiers ou certaines banlieues ? Qui te regardent limite comme une merde faisandée parce que ô mon Dieu, j’habite en banlieue (pourtant dans une ville à fort pourcentage de CSP++… Enfin, je crois). Au départ, ce snobisme sent le jeu, le côté parvenu vu que 90% des Parisiens snobs ne le sont pas, Parisiens, justement. Un jour, ils ont débarqué dans la grand ville, chopé une chambre de bonne de 9m² sous les toits (mais à côté du jardin du Luxembourg) et ils se sont crus les Rois du monde. J’avoue que moi-même, je me suis un peu pris au jeu de la pétasse parisienne fut un temps. Un temps où manger des macarons Ladurée fut un must. Puis je me suis perdue dans la guerre de la hype où manger des macarons est un jour devenu totalement ringard (vu que ma consommation avoisinait les 15 macarons par an, je me suis pas sentie super concernée). C’est ça, Paris, aussi, les trucs incroyablement hype du jour ne le sont plus le lendemain. Avant, on se la racontait en boulottant une salade Cojean. Aujourd’hui, ça fait autant pitié que de grignoter un sandwich Sodebo acheté au Daily Monop (mais ça coûte 10 € de plus).

A Paris, t’es hype ou t’es larguée. Sauf que moi, j’ai jamais été hype, ni avant, ni depuis que je suis ici parce que, pour te dire la vérité, ma douce, je m’en fous. J’ai toujours eu la mode en horreur, je shoppe chez H&M, Promod ou Camaïeu sans complexes. Et même, pour être complètement honnête avec toi, je n’aime pas faire les soldes dans tes magasins surbondés de petites connasses hystériques et méprisantes. Moi, les soldes, je préfère les faire dans mon sud natal, où je fais pas une heure de queue pour essayer une robe. Par exemple. Et je te parle même pas de cette nécessité toute parisienne de porter des fringues de marque. Alors que pardon mais Maje, Zadig et Voltaire, Comptoir des cotonniers, c’est le conformisme à l’état brut. Et ça tient même pas trois lavages alors que t’y auras lâché un demi SMIC. Et je te parle même pas des Isabelle Marant, Vanessa Bruno et consort. Mais je reparlerai mode un autre jour.

paris

Bref, tu m’épuises Paris. Tu manques de simplicité, de véracité, de naturel. La panacée des grandes villes sans nul doute. Mais ici plus qu’ailleurs, j’ai la sensation que si tu rentres pas dans le moule, tu ne seras jamais tout à fait parisien(ne). Si tu ne brunches pas avec ta petite frange, tes bottes fourrées dans lesquelles tu rentres ton slim, ton sac immense posé nonchalamment sur ton avant bras, t’es pas vraiment parisienne. Et je n’évoque même pas avec toi le prix que la vie parisienne coûte même si je crois que c’est la clé de voûte de ma lassitude. J’ai beau gagner un double SMIC par mois, les fantaisies sont limitées. Ca aussi, c’est une histoire de grande ville. Peut-être ne suis-je juste pas faite pour toi…

Rendez-vous sur Hellocoton !

Où trouver l’homme ? Episode 20 : au Starbucks

(Lecteur, je te rappelle que ceci est une fiction. Ceci étant, cette semaine, ça l’est un peu moins, tu verras en fin d’article pourquoi je dis ça. Ohlala, ce suspense de folie !)

A la recherche du prince charmant

Un dimanche de pluie comme il en existe tant au mois d’août. Avec une amie que nous appellerons Tatiana, nous décidons d’aller se faire un Starbucks histoire de se raconter nos vies. Après une attente interminable, nous arrivons enfin à attraper une banquette, face à deux inconnus. Alors que nous sommes en train de nous délecter de nos boissons, nos fesses posées sur nos sièges acquis de haute lutte, les personnes face à nous s’en vont. Un jeune homme qui faisait le plancton depuis un bon quart d’heure se précipite sur un des sièges mais dans la manœuvre, il renverse une bonne partie de son cappucino supplément caramel sur le sol. Le Starbucks et sa foule permanente est un lieu où ce genre de lose est courante [d’ailleurs, ça m’est déjà arrivé].

« Oh non, mince alors ! »

Que faire face à ce pauvre garçon aux mains pleines et à la boisson en partie répandue au sol ? Qui nous regarde un peu les yeux plein de désespoir et d’appel à l’aide ? Comme nous ne sommes pas bégueules, nous allons gentiment chercher des serviettes et on aide le jeune homme à éponger. Ceci est une excellente façon de lier connaissance. Hé, voici que son ami arrive et s’assoit en face de nous. Avec Tatiana, on reprend notre discussion mais il est difficile d’ignorer deux personnes face à vous, surtout quand le contact a été pris.
Alors on commence à discuter. Qui es-tu, qui suis-je, et tu fais quoi dans la vie ? Heu… C’est quoi exactement community manager ? Oui, j’ai arrêté de dire « responsable de communauté », ça fait toujours peur aux gens genre Raël est mon maître. Mais non mon seul Dieu est le web 2.0, ce qui n’est pas toujours une
sinécure. Donc nous voici à papoter gentiment de nos vies, du fait que les Starbucks sont toujours plein et que les gens pourraient partir quand ils ont fini leur conso et qu’il y a du monde qui attend en les fusillant du regard. Oui, c’est ma technique pour faire partir les gens mais force est de constater que ça ne marche pas. Pourtant, je les regardais très très méchamment. Mais ah, nous extasions nous, le hasard est bien fait, la foule nous a finalement rapproché. Si le Starbucks avait
été vide, ils ne se seraient pas assis en face de nous et nous n’aurions pas parlé, hihi, ahah.

Bon, c’est pas tout ça mais voilà qu’il est déjà 19h30 et il n’est plus l’heure de siroter un café. Et là, la proposition attendue et prévisible tombe : « et si on allait dîner ensemble ». Là, nous sommes dans le cas délicat où il faut savoir parler entre les yeux à son amie. On se regarde pour prendre une décision, aucun mot n’est permis donc faut faire passer le bon message rien qu’avec les yeux et ce n’est pas toujours évident. En l’occurrence, les mecs sont plutôt sympas donc on va dire oui. Nous voici donc partis tous les 4 pour le restaurant. Mais la partie n’est pas gagnée pour autant…

PS : Cette scène s’est vraiment passée dimanche au Starbucks Opéra sauf que Tatiana et moi n’étions pas impliquées, nous étions justes observatrices de la scène. Si ce dimanche, tu as vécu une telle histoire, on aimerait bien savoir la suite, en fait.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Marine teste pour vous : le Golden Boy

Par Marine

Le Golden Boy marche au strass paillettes. Ceux de son monde. Comprendre anorexique/bien sapée/qui fait bien en public.
J’ai rencontré le Golden Boy en période faste, je venais de perdre 5 kgs.

GetAttachment.aspx.jpg

La mise en bouche
Tu rencontres le Golden Boy en soirée. Son domaine de chasse privilégié est le seven-to-one, mais il étend ses capacités à toutes les boîtes de nuit, ainsi qu’aux amies d’amis, lors des dîners.
J’ai rencontré le mien dans le dernier cas de figure. Comment attirer l’attention du Golden Boy? Sois mondaine, parle fort, mais ponctue tes phrases de légers gloussements pour ne pas faire trop rentre-dedans (après tout, c’est une fille qu’il recherche, pas un pote de bar pour la Coupe du Monde de rugby), circule entre les convives, virevolte, et dans un battement de cils, fais comprendre que tu es intéressée. Sans plus. Car le Golden Boy fonctionne au date. Il veut du rendement, mais si tout se joue le premier soir, c’est trop facile pour lui, le goût du défi n’y est
pas, l’envie est trop vite assouvie. Or toi, tu veux une histoire avec le Golden Boy (ou pas). Donc tu lui donnes ton numéro, tu attends qu’il te rappelle, tu le fais patienter : ça s’appelle se donner de la valeur ajoutée, c’est essentiel pour le Golden Boy. Chez lui, la maxime « A ne désire B que si B est désiré par C » n’a jamais été plus vraie. Le rendez-vous fixé, à toi de jouer. Des petites choses à savoir sur le Golden Boy, tout de même.

Les points positifs :
– il alimente seul la conversation, il a le contact facile, il te mettra à l’aise, te posera des questions, répondra aux tiennes, bref, en l’espace d’une heure, c’est la meilleure amie dont tu avais toujours rêvé, mais dans un corps d’homme, avec les hormones qui vont avec. Et, gros plus par rapport à la meilleure amie (nonobstant la masculinité), il ne t’abreuve pas de doutes existentiels, mais plutôt d’anecdotes marrantes. Le rêve.
– il roule en BMW (et même si tu sais que c’est mal d’être superficiel, tu ne peux pas t’empêcher de penser à Tom Cruise dans la Firme) (d’autant plus que mon Golden Boy n’était pas beaucoup plus grand et avait le même genre d’yeux)
– il est beau, il a le regard franc, il soigne son allure et dans le fond, tu es super fière d’être pendue au bras d’un mec aussi beau, aussi classe, aussi sexy… eeeeeh salope! t’arrêtes de mater le cul de mon homme, toi, oui???
– il est riche il T’INVITE, et non par machisme : c’est normal, s’il gagne plus que toi, que lui mette un peu plus la main au portefeuille
– il prend les devants, mène la danse, fait des compliments avec une grande spontanéité, veut t’offrir des cadeaux, ne voit que toi, te prend en photo sur son portable (oui bon, j’y peux rien,c’est le monde moderne)… en 4 mots, tu te sens belle. Tu es séduite. Tu aimes être séduite.

Les points négatifs :
– se méfier des contrefaçons : ça a l’air d’un Golden Boy, ça parle comme un Golden Boy, ça a 2 portables et un Blackberry comme un Golden Boy (c’est kéké comme un Golden Boy)… mais ça porte une chemise Yves Dorsey (vous savez le stand au milieu de la Gare Montparnasse, entre le métro et les Grandes Lignes?). Bon, n’est pas Patrick Bateman qui veut. L’intérêt, c’est qu’on a moins de chances de vous retrouver découpée en morceaux dans une benne à ordures. L’inconvénient, c’est que de la chemise Yves Dorsey au rencard à l’Indiana Café d’Opéra, il n’y a qu’un pas.
– Opéra, justement. L’ensemble du quartier. C’est celui qu’il préfère.
– il est consumériste. Parfois sans discernement (voir le premier point de cette rubrique). La culture? Pas le temps. La politique, la société? Ouais ouais… il regarde Zone Interdite et Capital, quoi…
– il cause il cause … c’est tout ce qu’il sait faire… quoique… passée la période d’essai, la conversation, essentiellement centrée autour de lui, tourne un peu à vide. Et les monts et les merveilles, tu les attends encore.
– il est bavard, certes… sauf au pieu. Et il est pressé. Pas de période de découverte. Pas de réflexion sur les attentes de sa partenaire. Il pourrait t’enculer à sec, ce serait aussi bien pour lui (si vous me permettez d’être vulgaire)
– il n’a pas le temps. Pour toi. Il te le fera comprendre au moment de la rupture, d’ailleurs. Entre son boulot, le judo, ses seven-to-one… Il n’a que les week-ends pour se détendre devant sa Wii en fumant des clopes et en bouffant des pizzas… Tu n’as pas ta place dans ce schéma.

Le SAV :
Il faut rester ami avec le Golden Boy, et ce pour 3 raisons
– il ne s’encombre pas de sentiments superflus, il te quitte, il te quitte. C’est simple et carré. Il te fera pas espérer si y a pas lieu. Un mec franc et sain (au moins dans la rupture). Ceci étant, tu pourras toujours l’exhiber comme un trophée (je sais c’est mal, mais quand-même)
– il se fait chier à sa pause déjeuner (voire pendant qu’il bosse). Par conséquent, il sera toujours d’une compagnie fort appréciable quand toi, tu es cloué au lit malade, et que personne n’est dispo sur MSN ou par téléphone.
– le Golden Boy, même après la rupture, saura rester un conseiller bancaire (et un traducteur bancaire) d’exception.

Rendez-vous sur Hellocoton !

La liste de la fille un peu totalement paradoxale

– Durex m’a choisie pour être testeuse, je vais donc recevoir une capote pour tester. Moi, c’est rare que je n’utilise qu’une capote avec un mec. Mais d’un autre côté, comme je n’ai aucune confiance en l’homme en ce moment, elle servira carrément pas, la capote. Ou alors au pire du pire, je la testerai avec Jack.

image_24.jpg

– J’ai trouvé une futur colocataire. Après discussion, notre appart devra : avoir du plancher parce que le lino, c’est froid sous les pieds et puis c’est moche et la moquette, c’est salissant. On veut 3 pièces dont deux chambres, une terrasse, au dernier étage avec ascenseur, haut de plafond. Un parking, ça nous arrangerait aussi et puis si ça pouvait être du côté St Lazare-Opéra, ce serait très cool. Le tout pour 1200 euros ou moins TTC. Et la baignoire, ça nous ferait plaisir. On n’a aucune exigence quant aux moulures au plafond.

– Jeudi, je suis retournée à la piscine, j’ai nagé 1km750. Faudrait que j’arrive aux 2 km mais il faudra que j’arrive plus tôt car là, j’ai fini à 13h40 (soit une séance d’une heure) pour éviter de me prendre les connasses de l’aquagym mais je me les suis prises quand même (conasses parce que 10 mn avant le début du cours, elles envahissent le bassin et c’est impossible de faire ses longueurs).

– Mardi, je suis allée au parc avec un mec, le parc de St Cloud que je connaissais pas, c’était vraiment bien, quelle détente ! On s’est promené, on a pris un verre (ou tenté de, ce fut épique ça aussi), on s’est posés dans l’herbe, face au soleil, avec un petit pét. Vive le 1er mai.

– Ce qui est bien avec les lunettes de plongée, c’est qu’on peut mater les mecs sous l’eau et la natation en rend certain vraiment très canon. Miam. Par contre, le vieux en maillot blanc lâche et limite transparent, non. Mais ces corps, ces corps…

– A ma piscine, les Asiatiques ne savent pas nager. Mais ils essaient. Beaucoup. D’ailleurs je trouve qu’on devrait faire des couloirs selon la vitesse et le type de nage, histoire qu’on se gêne pas. Et je trouve que ce serait top que j’en ai un que pour moi.

– J’aimerais savoir comment j’ai réussi à choper un coup de soleil sur la tronche en prenant un verre à Beaubourg jeudi soir à 19h.

– J’aime bien l’orage mais je l’aime encore mieux quand j’ai un amoureux. Mais avec ma lose avec les mecs, je sens que c’est pas demain que je vais en avoir un.

– Un jour, Kenya comprendra que tant que je suis pas en station debout, faut pas foutre le souk. Ou pas.

– Je crois que mes collègues sont des compétition addicts. Quand ils jouent pas aux fléchettes, ils font de l’athlétisme sur console, je sais pas laquelle.

– Je me plains des connards que je croise mais j’ai vu un beau spécimen à la télé, aussi, l’autre jour, sur Total in love. Un mec genre fils à papa étudiant en école de commerce qui se la joue trop beau gosse. Genre la beauté est proportionnelle au poids de gel que tu mets sur tes (pauvres) cheveux. Le mec, il a carrément deux numéros de téléphone, le vrai et un faux où quand tu appelles, tu tombes sur un « bonjour, je suis Pierre-Yves, si je t’ai donné ce numéro, c’est que je ne compte pas poursuivre la relation avec toi », un truc du genre. Ca m’étonne que le bouffon de la semaine dernière, celui qui m’a dit « mais bien sûr qu’on reste en contact » juste avant de m’effacer de MSN m’ait pas fait le coup.

– Xavier Desmoulins, il a une voix, mmmmmmm… Il me fout en transe.

Donc, en résumé de la semaine : j’aime plus les mecs. Mais en fait si. Fais chier. Sinon, le boulot, j’en ai pas parlé mais ça va bien, hein.

Rendez-vous sur Hellocoton !