Le travail est une souffrance

Je m’intéresse pas mal à la problématique travail… car pour moi, il s’agit d’une énorme arnaque. Je veux dire, on m’avait vendu le travail comme un moyen de s’épanouir, de devenir quelqu’un, de réussir ma vie. Bullshiiiiiiiiit. La seule chose que ça m’offre, c’est de la fatigue, du non sens, de l’aigreur… et du fric qui me permettra de partir en voyage pour oublier quelques jours ce petit jeu de dupes. Je vous le dis, le travail est une souffrance.

Le travail est une souffrance

En fait, je crois que je ne passe pas une semaine sans voir un article sur les burn-out, bored-out, brown-out, je sais pas quoi-out qu’on nous sortira demain. On souffre, on s’invente des mots pour expliquer ce non sens qu’est notre “bullshit jobs”, nos patrons embauchent des “chief happiness officers” qui nous fournissent des jus de fruits pressés main et organisent des tournois de ping pong pour nous faire oublier que notre vie entre 9h30 et 19h, elle est nulle à chier.

Le bonheur au travail : la grande arnaque

Et le pire, c’est que j’ai complètement conscience que dans ma sphère, on est vraiment dans les “problèmes de riche”. Mon métier n’a sans doute pas vraiment de sens : personne ne veut voir des publicités pendant qu’il se balade sur le net, personne ne veut voir de pub tout court. Mon métier, c’est de vous parler de promos, de produits, de vous faire acheter. Evidemment, dit comme ça, ça n’a aucun sens et il est vrai que je n’en trouve pas particulièrement. Mais pour un job alimentaire, il est sacrément rémunérateur. Bah oui, n’oublions pas que le travail, c’est avant tout “gagner sa vie”, comme on dit. Et l’environnement est bien plus sympa qu’une caisse du Leclerc avec son violent éclairage néon et son bruit permanent ou un guichet de la Poste où tu te fais engueuler parce que le facteur n’a pas livré le colis ou expliquer d’un air désolé à la personne qui pleure à ton guichet que tu ne peux pas lui donner de l’argent car y en a plus sur son compte. J’ai bossé à la Poste, je vous jure que c’est comme ça que ça se passe (ah et les gens qui choisissent des timbres pendant deux heures alors que derrière eux, y a 25 personnes qui attendent). Si le burn-out est assez transversal quel que soit le milieu, le bored-out et browned-out, c’est pas un truc typique de bureau ?

Bored-out

Faut dire qu’on nous met la pression, un truc de ouf. Le travail fait partie de notre identité. Je ne suis pas Nina, passionnée de plongée, de dystopie et qui passe sa moindre minute de libre à rêvasser non. Je suis Nina, consultante webmarketing… Ah oui, en plus, je viens changer d’étiquette et j’en change selon le client donc c’est un peu la confusion. Le pire, c’est que quand je ne me présente pas en déclinant mon métier (ce qui arrive tout le temps dans ma vie perso), on me le demande très rapidement. Cet hiver, je suis allée à Cuba (un récit à suivre dès mercredi, regardez comme tout s’enchaîne bien par ici) en voyage UCPA : nous étions déconnecté de tout, sans Internet, rien, et en général, ça donnait ça “salut, tu t’appelles comment ? Tu viens d’où ? Tu fais quoi dans la vie ?”. Mais j’ai pas envie de parler de mon travail, moi, c’est juste le moyen que j’ai trouvé pour bien vivre et me payer ce voyage. Je ne l’ai pas choisi et il n’a rien qui va changer la vie des gens. Je ne fais que coller des sommes dans des docs excel en faisant comme si ça avait une quelconque valeur, je ne sauve ni des vies, ni la planète. Au contraire, même, je pense que mes petites activités numériques alourdissent chaque jour mon bilan carbone.

Pollution numérique

J’ai commencé un manuscrit sur toutes ces hypocrisies du monde du travail (il fait deux pages depuis… juin, quand je m’apprêtais à quitter mon ancien taf. Le nouveau me demande actuellement trop d’énergie, je préfère consacrer mes instants de répit à l’écriture de romans) où je dénonce cette société de l’ultraperformance qui nous balance que le travail est la seule voie d’épanouissement, qu’il faut vivre de sa passion, gagner du fric pour être quelqu’un, ne pas compter ses heures… Moi, j’ai un plan, un plan quinquennal (forcément) : j’ai 5 ans pour faire sauter la banque… et après, je me casse en province pour faire n’importe quel taf avec des horaires. Parce que la vie, c’est pas dans un open space qu’elle se passe.

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Le raté du changement : le sharing desk

Il y a 2 ans et demi, ma boîte a déménagé. Oui,  c’est un peu ma spécialité, ça : quand j’arrive dans un nouveau job, il est question de déménagement. En fait, sur les 6 boîtes que j’ai faites, 4 ont changé d’adresse pendant que j’y étais (et une, on a changé d’open space). Du coup, le déménagement, c’est la bonne occasion pour secouer un peu les habitudes et c’est ainsi que fut implanté le sharing desk. Enfin, sur le papier…

Sharing desk

Ah oui, point que j’ai oublié dans mon article et qui me revient là (c’est pas mon entreprise, ici) : il n’y a pas de double écran sur chaque bureau, ce qui limite les déplacements

C’est quoi le sharing desk ? C’est l’idée qu’il n’existe plus de places attribuées et qu’on se pose où l’on veut/peut. Un peu comme à la bibliothèque. Du coup, on ne laisse plus rien sur les bureaux, on ne mange pas à sa place… Ca permet d’avoir moins de  bureaux que d’effectifs pour réduire un peu l’espace du bureau (surtout si la moitié des effectifs est nomade…). Chez nous, l’idée est (était) de « casser les silos » pour  créer plus de synergies entre les pôles. En plus clair « ouvrez vous l’esprit et pensez à vendre des opés 360 ». Alors du coup, je vous illustre cet article avec des photos de mon bureau histoire que vous compreniez à quel point ça n’a pas pris. On a nos places attribuées, point barre.

Pourtant, j’étais ultra motivée. Quand on a déménagé, mon équipe était très bruyante et niveau blagues, on était à peu près niveau égout. L’idée de prendre un peu l’air me ravissait donc au plus haut point. Mais ça puait la croquette dès le départ vu qu’on nous a attribué des places. Heu… mais on ne devait pas se mettre où on voulait ?  « Si, si, c’est juste pour les cartons de déménagement… ». Vous l’avez compris, le sharing desk était mort né et 2 semaines après l’emménagement, j’offrais à ce bureau officiellement mien une petite plante.

La plante sur mon bureau

Le pire, c’est que j’ai fini par changer de bureau un vendredi de total bordel où je n’en pouvais plus de barboter dans les cris et la connerie. Sans mot dire, je me suis levée, pris mon ordi et me suis posée à l’autre bout de l’open space. Je suis revenue 4 mois plus tard parce que, tu comprends, on est une équipe. Heureusement qu’on devait casser les silos… non parce que des fois, tu as besoin de calme et de concentration et pas de bol, c’est le jour où tes voisins de bureau ont envie de faire la foire. Ca arrive. Bah tant pis, tu subis.

Un bouddah dans ma plante

Oui, j’ai mis un petit Bouddah dans ma plante

Alors après, le sharing desk, c’est pas le paradis non plus. Par exemple, certaines places sont chères et d’autres… ben ce sont les places des retardataires, quoi, celles que personne ne voulait. Il y aussi un fil à la patte très fort. Comme je l’évoquais dans mon article sur le télétravail, la confiance dans les salariés est… très relative. Ainsi, dans une agence parisienne totalement sharing desk, les salariés sont « traqués ». En gros, on sait toujours où est leur ordinateur… or parfois, quand je dois vraiment avancer sans être dérangée, ca m’arrange que seule ma manager sache me situer…

déco de ma plante : statue bouddah, fève geisha et oeuf de pâques

… Et aussi une petite fève trop mignonne et mes collègues y ont laissé un oeuf de pâques

Bref, cette histoire de sharing desk me parait être une excellente illustration de ce manque de confiance dans les salariés : pour être sûr que tu travailles bien, on te garde sous le nez. Ce qui est absolument faux, de mon point de vue…

Mes petites matrioshka déco

Tiens, on va parler de ça semaine prochaine et je fermerai ensuite cette parenthèse sur le travail.

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Le doux rêve du télétravail

Vendredi dernier, je ne suis pas allée travailler. Après 3 jours de galère avec le RER, ayant observé que beaucoup étaient resté chez eux, j’ai décidé que c’était mon tour. J’avais mes documents, c’était parti pour une journée de télétravail.

Télétravail

Et j’ai super bien bossé. De 9h15 à 19h un peu passé avec une petite demi-heure de pause déjeuner seulement mais surtout, surtout, je n’ai pas été dérangée. Non parce que depuis quelques temps, j’ai une ambition : adopter le 52-17. C’est quoi ? Bosser 52 mn, pause de 17 mn et on renchaîne. Sauf que c’est impossible, littéralement. D’abord j’ai des réunions posées de façon aléatoire mais surtout, je suis dérangée en permanence. Déjà, bien que non manager, je suis manifestement celle qui a réponse à tout donc je suis interpellée beaucoup plus souvent qu’une fois toutes les 52 minutes. Du coup, je plonge à peine le nez dans un dossier que quelqu’un m’interpelle ou vient carrément à mon bureau pour me parler. Je vais m’acheter des guirlandes lumineuses : blanc, tu peux venir me parler, rouge, pas le temps. Et pourtant, j’ai un gros casque audio et une surdité moyenne (va falloir que j’aille chez l’ORL d’ailleurs) mais ça insiste.

Open space

Le télétravail, c’est la vie. On avait eu un programme pour s’inscrire mais notre DG (parti depuis) avait décrété que non, on allait laisser tomber. Dois-je préciser qu’il était lui-même en télétravail le vendredi parce que, tu comprends, il a 1 heure, 1h15 de trajet pour venir bosser ? Et bien moi, j’oscille entre 1h et 1h30 mais je ne suis qu’une salariée donc bon… et c’est là tout le sel du truc. En France, les employeurs ne veulent pas entendre parler de télétravail car tu comprends, le salarié, il va se la couler douce at home. Et tant pis si, en cas d’intempéries, plus personne ne travaille parce que les transports sont gelés… Pourtant, le salarié n’a justement  aucun intérêt à tricher. Les rares fois où j’ai télétravaillé, j’ai toujours produit plus mais surtout j’étais au taquet niveau mail, répondant quasi à la minute… ce qui est un peu mon vu que les mails me coupent aussi dans mon élan (je hais les mails). Mais pour mon employeur, c’est du gagnant : je bosse plus longtemps et mieux. Pour moi, c’est du confort : je bosse en yukata, des petites pauses câlin au chat et je m’arrête de bosser à 19h sans pleurer sur le fait que je dois encore me taper une heure de trajet… si tout va bien.

yukata

J’aime tellement les yukatas

Longtemps, le télétravail me faisait peur, je me savais peu rigoureuse. Le télétravail ? Pfff, c’est un coup à se lever à 11h-midi et à bossouiller devant AB1. Sauf que finalement, non. Point essentiel : je vis en couple. Pas de grasse matinée volée, quoi. Ma journée de télétravail se cale sur les horaires de mon Victor : s’il part à 8h30, je vais commencer à bosser peu de temps après (le temps de finir tranquillement mon café et de m’installer). Il rentre vers 18h30-19h, je termine ce que j’avais en cours et ciao.

Le télétravail

Cette peur du télétravail démontre le manque de confiance total des employeurs vis-à-vis de leurs salariés. Si je suis pas sur place, impossible de me fliquer… alors même que je me connecte au Skype entreprise des que je bosse de chez moi, que j’ai un téléphone pro et que j’ai mes managers sur Facebook messenger. Voir si je suis connectée ou non prend environ 2 secondes. « oui mais on ne sait pas ce que tu fais ». Mais en présentiel non plus, en fait. Franchement, ça ne vous est jamais arrivé, à vous, de perdre une journée de travail parce que vous avez fait un tour sur Twitter/Instagram/Facebook/vos mails ou je ne sais quoi, que vous avez vu/lu un truc qui vous a envoyé sur Google chercher une info et que, tiens, ça me fait penser, si je faisais une recherche pour nos prochaines vacances… bref, vous passez la journée sur des sujets qui n’ont rien à voir avec votre taf mais vu que vous êtes présents dans l’open space, ça passe (à peu près).

Coussin ordinateur

Pourtant, au pays des start-up et du sharing desk, on devrait aaaaadorer le télétravail. Ah oui, tiens, le sharing desk, va falloir que je vous en cause aussi.

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La liberté sexuelle pour les femmes : le grand leurre

Elle s’appelle Isabelle. 44 ans, divorcée, “pas mal pour son âge”; comme on dit. Pourtant le matin, quand elle se regarde dans la glace, ce n’est pas ce qu’elle voit. Elle ne voit que la peau qui perd un peu de sa tonicité, quelques taches discrètes qui commencent à apparaître, du gras sur le ventre qui refuse de partir. Ce matin, encore un nouveau cheveu blanc. Une sensation que ses belles années sont désormais derrière elle et qu’elle ne les retrouvera plus. Ainsi, elle n’a pas cru sa chance quand ce jeune homme croisé quelques fois à la machine à café est rentré dans son jeu de séduction. Après quelques verres et beaucoup de rires, il l’a ramené chez lui, ils ont fait l’amour, une fois, deux fois . Quelle fougue, ces jeunes hommes, elle avait oublié. Elle repart le lendemain, la confiance en elle remontée, le sourire aux lèvres.

Femme quadragénaire sourit à la vie, confiance en elle, New York

Elle s’appelle Axelle et c’est une femme libre. Elle aime les hommes, beaucoup, elle en rencontre souvent, elle se donne sans calcul et avec délectation. Ce soir, elle prend un verre avec Tiago, un beau garçon croisé sur Tinder. Ils se cherchent, ils se séduisent. Le contrat est clair : juste du cul, pas d’attaches. C’est donc sans surprise qu’ils finissent ensemble au lit pour une nuit torride. Axelle jouit, Axelle est heureuse : elle prend son plaisir avec un beau garçon après une bonne soirée.

une femme nue dans la forêt adossée à un loup, femme sauvage et libre, liberté sexuelle

Elle s’appelle Daria. Depuis quelques temps, elle flirte avec ce garçon, Charles, qui est en cours d’éco avec elle. Il est drôle et prévenant. Un soir, il l’invite à prendre un verre ailleurs qu’à la fac. Soirée délicieuse mais elle ne cède pas, elle veut être sûre. Ce ne sera qu’au bout du 3e rendez-vous qu’elle se donnera à ce garçon qui a conquis son coeur.

Un jeune couple flirte en buvant un verre en terrasse

Le point commun entre Isabelle, Axelle et Daria ? C’est qu’elles sont tombées sur des connards… Mais des connards puissance 10 000 qui les ont photographiées et balancé des photos d’elles nues ou presque prises à leur insu avec des commentaires pas forcément sympa sur leur âge, leur plastique ou leurs performances. Oui, en 2017, ça existe et pour une page Facebook trouvée, celle de Babylone 2.0, il en existe encore beaucoup pas encore débusquées parce que vous vous doutez bien que, nous, les femmes, ne sommes pas les bienvenus dans ce type de groupe fermé.

Un jeune homme prend une photo avec son smartphone

Quels torts ont eu nos trois demoiselles ? D’avoir une activité sexuelle. Point. Et d’avoir mal jugé une personne, pensant être dans un environnement safe avec lui. Et franchement, l’addition est très salée pour juste une erreur d’appréciation. Alors, oui, il est possible qu’elles ne sachent jamais qu’elles ont été exhibées là mais la situation reste dramatique. Des centaines ou milliers d’individus ont pu voir leur corps, allez savoir ce qu’ils ont pu faire sur ces photos. Et rappelez-vous qu’on ne parle que d’un seul cas, là… 

Un homme regarde des photos de jeunes femmes sur un ordinateur

Parce que la femme sexuée est systématiquement brimée. Quand j’écrivais mes aventures sexuelles ici (sans photos, sans vrai prénom ni détails permettant de reconnaître le mec impliqué, des fois qu’un mec ait envie de m’expliquer que je faisais pareil), qu’est-ce que j’ai pu me prendre comme seau d’insultes et de messages de type “va te faire gang banger* connasse” et autres joyeusetés. Dès que j’ouvrais la bouche, j’étais rabaissée par un “ta gueule, restes-en à tes histoires de cul”. Oui parce que le fait que je vive une sexualité épanouie semble me disqualifier pour parler de tout autre sujet… On me renvoyait systématiquement à ça, tout le temps. Mais quel est le rapport entre mon activité sexuelle et ma culture gé ou mes opinions ? Je cherche encore.

Une artiste de burlesque lit le journal avant de monter sur scène

Pourtant, on nous l’a vendue cette liberté sexuelle féminine. On regardait Samantha dans Sex and the city mener de front une carrière réussie (enfin, sa carrière, on la voyait que rarement dans la série) et une vie sexuelle débridée, se tapant les plus beaux mecs de Manhattan, dans la joie et la bonne humeur. Idem pour Miranda qui trouva l’amour en se tapant un barman random dans un bar, Charlotte qui finit avec un avocat qui avait pour seul intérêt au départ de la faire grimper aux rideaux et Carrie… Je sais plus. Sauf que non, dans la vraie vie, une femme qui couche est indigne selon les hommes (pourtant ravis de coucher), on peut l’insulter, la dégrader, l’humilier, elle l’a bien cherché. En 2017, on en est encore là et le pire, c’est que je suis moi-même un petit rouage de ce système. Je veux dire pourquoi j’ai arrêté de parler de sexe sur ce blog ? De peur qu’un employeur tombe dessus et ne m’embauche pas alors que… ben ce que je fais de mon cul n’a aucun rapport avec mon professionnalisme (vu que j’ai jamais eu de coït sur la photocopieuse en plein open space donc je ne perturbe personne). Alors je dirais bien que je vais vous reparler de mes histoires de fesses mais vu que je suis désormais monogame, le suspense est un peu limité. Mais on mesure une nouvelle fois à quel point le féminisme est nécessaire aujourd’hui, plus que jamais, car nous sommes de plus en plus opprimées, jusque dans nos libertés de jouir.

scène de sexe sur le piano dans Pretty Woman avec Richard Gere et Julia Roberts

J’ai publié un tweet sur le sujet vendredi et j’ai reçu des réactions assez diverses. J’ai passé beaucoup trop de temps à expliquer des concepts féministes de base comme le “not all men” et mansplaining donc je prévois pas mal d’articles à caractère féministe dans les prochaines semaines donc si ça vous ennuie… Ben arrêtez de lire mon blog car je passe en mode poing levé.

Logo féministe poing levé

* Je l’ai vraiment eu, celui là…

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Le vivre ensemble, c’est pour les faibles !

En furetant sur Facebook l’autre jour, je tombe sur un groupe hilarant créé par le concierge d’une de mes anciennes agences. Le principe est simple : il y publie ces meilleurs mails coups de gueule. Au menu : vol de dosettes nespresso, vols d’objets divers et variés, culotte oubliée dans les toilettes (??), toilettes retapissées et même étrons dans la poubelle des chiottes. Je ris en me disant que dans mon agence, ils sont mieux élevés. Oui mais non : c’est surtout que dans mon agence, on n’a pas de concierge avide de mails. Et nous effleurons là le problème crucial de notre société dont j’ai déjà parlé mais dont je ne me lasse pas : rien à foutre des autres.

Dessin d'Alain Pilon dans le très bon article de David Desjardin sur la mauvaise éducation http://www.lactualite.com/opinions/chronique-champ-libre-opinions/la-mauvaise-education/

Dessin d’Alain Pilon dans le très bon article de David Desjardin sur la mauvaise éducation

Une scène typique que j’ai vécue dans chacune des boîtes où j’ai bossé. Après avoir avalé mon mug de café, voilà l’heure de lui rendre sa liberté, je me dirige donc, insouciante, vers les toilettes. Je rentre dans l’un d’eux et là : grosses traces de merde sur la cuvette. Donc 2 possibilités : où je prends un autre WC ou je prends celui là en nettoyant avant parce que moi, je suis pas une porcasse (et que, oui, ok, j’ai pas envie qu’on puisse penser que c’est moi qui ai tout dégueulassé). J’ai eu droit à tout, de la solide trace au gros étron qui te laisse une pensée admirative quant à la possibilité de dilatation d’un anus jusqu’aux traces de sang sur la cuvette… au niveau des fesses. Ca, ça reste franchement un mystère mais quoi qu’il en soit, ma maman m’a appris à toujours laisser les lieux tels que je les ai trouvés alors pourquoi, dans toutes les boîtes, y a toujours au moins un-e dégueulasse qui retapisse la cuvette et laisse son petit forfait en l’état, tranquille ?

Je vous épargne les photos de toilettes sales, des fois que vous lisiez cet article en mangeant

Je vous épargne les photos de toilettes sales, des fois que vous lisiez cet article en mangeant

L’entreprise est un formidable terrain pour mesurer à quel point l’intérêt personnel passe toujours au dessus du bien commun. Regardez dans votre open space, je parie que vous allez y trouver :

  • celui/celle qui écoute sa musique trop fort ou balance des vidéos sans mettre de casque parce “ça va, j’en ai pour 2 minutes”
  • Celui/celle qui se lave pas malgré les remarques récurrentes de ses collègues
  • Celui/celle qui mange à son bureau et que des trucs qui puent
  • Celui/celle qui a transformé son bureau en porcherie. D’ailleurs, quelque chose semble avoir pris vie, on voit bien les feuilles bouger toutes seules, parfois
  • Celui/celle qui met la clim à fond et gueule si tu oses la relever car 15°, c’est quand même un peu froid
  • Celui/celle qui retient l’ascenseur pour finir sa conversation
  • Celui/celle qui fait automatiquement disparaître un stylo ou un bloc de post-it de ton bureau dès qu’il passe
  • Celui/celle qui fait du bruit, tout le temps et qui râle si tu lui fais remarquer
  • Celui/celle qui passe ses coups de fils perso bruyamment
  • Celui/celle qui a une notion très relative de la propriété : ce qui est à lui/elle est à lui/elle, ce qui es à toi mais posé dans le frigo commun appartient à tous donc il/elle se sert…
  • Celui/celle qui se vernit les ongles en plein open space (ça pue)

Etc. etc. Et je suis sûre que j’en oublie !

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Le brave concierge sus nommé se fend donc de quelques missives, certes très drôles, pour rappeler donc à l’ordre les petits mal élevés qui sévissent dans les murs de l’entreprise mais entre deux éclats de rire, je ne peux m’empêcher de me questionner : à quel moment t’en as rien à foutre des autres à ce point. Ok, j’ai déjà imprimé des documents persos au boulot et je suis repartie de mon dernier taf avec une demi douzaine de stylos quasi neufs (un peu entamés quand même) mais à côté de ça, j’ai jamais eu l’idée de piquer les dosettes de café, de la bouffe ne m’appartenant pas dans le frigo, d’abandonner ma petite culotte ou d’aller chier dans les poubelles (seules explications possibles : une très mauvaise drogue ou une fin de contrat qui se passe très mal). J’essaie de faire en sorte de pas emmerder le peuple en écoutant la musique à volume mesuré (bon, pour le coup, j’ai pas grand mal, j’aime pas quand c’est trop fort, ça me casse les oreilles), de ne pas manger de trucs qui puent, de laisser mon bureau dans un ordre assez relatif, pas de coup de fil perso et je nettoie si je salis. C’est pas hyper compliqué, si ?

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Du coup, est-ce que cette volonté de foutre le bordel vient-elle d’un besoin d’attention, tel mon neveu de 2 ans et demi qui fait systématiquement le contraire de ce qu’on lui dit pour qu’on prenne conscience de sa présence ? Grosse immaturité ou grosse impolitesse ? Ou c’est juste plus simple de s’en foutre ? Telle est la question…

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Mais quand même… Il se passe quoi dans la tête des gens pour qu’ils chient dans une poubelle à quelques centimètres d’un WC dédié à cette activité ?

 

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Les amitiés sont-elles toujours circonstancielles ?

Et paf ! Vous avez noté que moins j’écris, plus mes titres ont la gueule d’un sujet de dissert philo pondu par un prof sadique ?

amitié

Hier, je regardais mes petits camarades s’ébattre dans l’open space. Dans ma nouvelle vie (enfin, depuis 6 mois, ça fait moins nouveau de suite), j’ai des quasi-amis, des copains-copains, des copains, des camarades, des “mais c’est qui Sylvie déjà ?” et des “non mais lui/elle, je peux pas le piffrer” chuchoté en regardant autour de moi à la pause. Dans mon pôle, il y a une sorte de double duo : Thibault et Henri d’un côté, Nolwenn et moi de l’autre et Cathy au milieu (les nombres impairs, cette tannée). On s’entend tous bien mais ma meilleure copine, c’est Nolwenn. Puis mes chouchoux hors équipe, ce sont Inès, Isabelle, Jacques et Clémentine. Et pourquoi eux, me direz-vous ?

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Pour Clémentine, c’est simple : elle est restée deux ans alternante dans mon ancienne boîte, on est arrivées quasi en même temps dans la nouvelle, l’histoire était déjà écrite. A nous les déjs potins à deux. Pour les autres, tout remonte à mon 1er jour, je crois. Souvenez-vous, je suis arrivée le jour même du séminaire. A peine arrivée, déjà fourrée dans un train pour passer 3 jours avec mes nouveaux camarades de jeu. Et si je partageais ma suite parentale avec Cathy, c’est bien avec Nolwenn que j’ai de suite tissé des liens. Peut-être parce qu’on est les deux trentenaires de la bande, peut-être parce qu’on était les deux dernières arrivées, peut-être parce qu’elle a un fils à peine plus jeune que Saturnin et que ça nous fait un sujet de conversation en plus. Nolwenn partageait sa chambre avec une autre nouvelle, Inès, du pôle partenariat. Pôle partenariat où on retrouve aussi Jacques l’alternant et Isabelle la chef de service. Voici ma team. Par la suite, j’ai bien sûr élargi mon cercle de connaissance mais mes copains de bureau, ce sont eux. Même il y a deux filles avec qui j’avais bien sympathisé lors du séminaire que je ne fréquente pour ainsi dire plus : on n’est pas dans le même open space.

amitie

Les amitiés sont-elles donc avant tout question de circonstances ? Dans l’oignon des relations sociales de mon open space, l’affinité est-elle battue par les dates d’arrivée dans l’entreprise ? Dans mes précédentes vies, j’ai toujours noté une propension des nouveaux à se coller les uns aux autres. Comme si les groupes d’anciens étaient impénétrables, comme si nous ne pourrions jamais rattraper le retard de ce qu’ils ont vécu ensemble. Comme si notre aventure, on voulait la vivre loin de ceux qui savent déjà. Surtout si on considère que plus on stagne dans une boîte, plus on en voit les inconvénients et quand toi, tu as envie de vivre une belle histoire, t’as pas envie qu’on te la gâche. Et puis tu n’as pas envie de passer tes repas à évoquer le souvenir ému de Coralie et Maxime, ceux qui étaient là avant mais qui sont partis explorer de nouveaux horizons. Non parce qu’ils devaient être très sympas mais on les a pas connus donc le sujet ne nous fascine pas particulièrement.

bougies

Je parle du travail mais ce phénomène d’oignon me semble marcher pour pas mal de relations d’amitiés. Par exemple, si je prends mes amies de la plongée, on observe encore ce phénomène : mes copines étaient les filles de mon niveau (le 1er), on était toutes nouvelles  dans le club. Seule Anaïs a intégré le groupe la 2e année. Et je me rends compte aujourd’hui que le groupe peut être difficile à pénétrer : vendredi, nous sommes allés boire un verre avec Isa Rousse, Joy et Anaïs et j’ai pris avec moi Victor pour faire des présentations officielles. Et bah, je pense qu’il a dû être perdu une bonne partie de la soirée entre les “Non mais tu te souviens de cette folle de Léa ?” “Et tu te souviens quand lui a fait ça et que l’autre à répondu ça et hihihi !”.

nina_dobrev

En fait, les groupes d’amis sont-ils comme les couples, se construisant petit à petit références et mythes communs, permettant de créer des liens plus forts mais aussi plus impénétrables pour les petits nouveaux ? Les amitiés naissent-elles des circonstances des arrivées dans un lieu donné plutôt que sur les affinités ? Oui… mais non. Car si elles naissent des circonstances, certaines meurent par manque d’affinités.

 

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Je suis la Bachelorette des sites de rencontre

Au début, les sites de rencontre, ça effraie, on se demande à quoi ça rime de draguer avec son clavier. Puis on découvre un nouvel univers, celui de la chope et de la séduction facile. Ben tiens, je ne me savais pas si canon… Mais le piège est là : à force de choper easy, on finit par ne courir qu’après le fast love et oublier la possible romance. Et ce n’est finalement pas si bon pour l’ego.
argentine_danseaveclesstars
La séduction a cela de compliqué qu’il n’est pas toujours facile de trouver un terrain de jeu. On peut draguer partout, certes, mais pas si simple de trouver des partenaires attirants et disponibles dans un lieu ne cassant pas tout velléité de tentative de charme. Par exemple, le travail : on a forcément tous des collègues plaisants et peut-être même sont-ils célibataires mais franchement, y a-t-il quelque chose de moins torride que ces grands open space blancs et aseptisés parfumés à l’ordi qui chauffe et à l’activité humaine ? Et je parle même pas de la moquette sombre idéale pour planquer les taches. Bref, le quotidien ne vous apporte pas toujours son lot de proie potentielle. Et voilà soudain que vous vous retrouvez au coeur d’un énorme pool de personnes disponibles, volontaires pour vous rencontrer et plus si affinités.
Night club dancing party
Si certains se fixent une ligne de conduite car le but est bien de trouver une moitié pour la vie, d’autres plongent à  corps perdu dans les rencontres et les rapports sexuels qui concluent la soirée. Voire l’après-midi. Voire les 15 mn où on s’est vaguement parlé avant de s’arracher nos vêtements. Et c’est là que je veux en venir. A force d’accumuler les plans, on glisse peu à peu dans le glauque, c’est limite « salut, tu peux retirer tes chaussures et ta culotte pour rentrer chez moi ? ». On baise, on baise. Au début, ça fait du bien, ça fait plaisir. A la fin, c’est limite un besoin. J’ai déjà parlé de la malbaise et des addicts à la rencontre sexuelle.
malibu
Une fatalité ? Non, bien sûr ! Et ce n’est pas un drame non plus. On n’est qu’à quelques clics de la désincription. Ah, vous avez payé un abonnement ? Ah oui, tiens, bonne question : site gratuit ou site ayant. Nous en discuterons la semaine prochaine.

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Alors on danse

Pour les petits étourdis qui ne suivent pas mes tribulations sur Twitter (et ratent donc mes live tweets des Mystères de l’amour), vendredi, j’étais en team building de ma boîte. Je vous résume le truc : on est partis pour un jour et demi avec jeu en équipe l’après-midi (avec même course d’orientation en forêt et je me suis juste perdue 5 mn), petite présentation en fin de journée et dîner-boom le soir. Juste pour info, c’est mon équipe qui a gagné et je n’écouterai pas les jaloux qui disent que c’est parce qu’on avait le PDG avec nous (non, on était juste les meilleurs).

Gérer les conflits

Donc vient l’heure de dîner puis de se gigoter le gras sur la piste de danse. Petite remise en contexte : lors de mon dernier séminaire (ou team building, c’est pareil), je revenais à peine de mon cassage de jambes donc la partie danse avait été limitée. Et je vous parle même pas du mariage de ma soeur où j’ai même pas pu danser. Si on rajoute à ça le fait que j’ai arrêté de fumer et que j’avais des baskets au pied, j’étais parée à gigoter jusque tard. Alors juste pour l’histoire des baskets, le thème de la soirée étant “soirée chic et détail choc”, j’avais mis une jolie robe avec mes baskets à paillettes. Qui ont eu leur petit succès même si la combo des 2 vous tasse la silhouette en moins de deux. D’un autre côté, no zob in job alors c’est pas dramatique.

mia-baskets-robe

Donc je danse. Sans mes lunettes pour faire ma coquette. Mais je vois. Je vois et j’observe. La piste de danse est une scène sociale particulièrement fascinante, laissez-moi vous présenter les catégories des personnes en présence :
– les “je m’éclate” (dont votre blogueuse): je m’ébroue comme un démon sur la piste en hurlant des onomatopées censées retranscrire la chanson qui passe. On fait genre qu’on s’en fout des gens et qu’on est là pour l’éclate mais éventuellement, ça nous dérangerait pas trop que les gens admirent notre talent réel ou supposé pour la danse (supposé pour moi, je ne me fais aucune illusion). Le moment idéal pour rentabiliser ses cours de danse pour ceux qui en ont pris.

FLASHDANCE

– les “regarde comme je suis torride”. La danse favorise les rapprochements. Inévitablement, on se frotte un peu, on zouke, j’ai même eu une langue très proche de mon oreille, c’est un peu le jeu. Des proximités physiques que nous n’aurions pas forcément dans notre open space alors que finalement, ce sont les mêmes personnes en présence. Mais voilà, à la faveur de la nuit, les masques tombent… ou sont chaussés, tout dépend. Car ceux qui se lovent contre tous ceux passant à leur portée n’iront pas assumer leur geste jusqu’au bout parce que c’est juste pour le fun. Un peu comme dans les bals masqués où les filles les plus prudes vont se glisser avec délectation dans une tenue d’infirmière coquine. Ca se frotte, ça se déhanche, ça fait tomber la chemise, ça remonte un peu sa robe et dénude une épaule… Torride. En surface du moins.

save-the-last-dance

Mais mes préférés ce sont ceux qui ne dansent pas. Jetez un oeil au bord de la piste et observez ceux posés sur un siège. Certains font certes une pause temporaire, avalant un verre avant de retourner se trémousser. Mais d’autres nagent en plein désespoir : ils s’ennuient. Après tout, tout le monde n’aime pas danser et certains s’imaginent déjà en train de siroter une petite tisane au lit avec un bon bouquin. Tu les vois le regard vide, le visage fermé, le regard rivé sur la montre en attendant une heure correcte pour s’éclipser. Certains viennent se remuer 2 mn puis s’en revont aussi vite car “non mais j’aime pas cette chanson”. Dans les faits, c’est surtout que l’ennui a gagné la partie sur le sens de la fête. Non que la fête soit nulle, c’est juste que parfois, on n’a pas réussi à entrer dans la danse… Et toute tentative sera vouée à l’échec.

Three young people bored at party

Attention toute particulière à la musique ci dessous que j’aime vraiment beaucoup.

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Plane plus fort !

Autant vous le dire : mon mois d’octobre pue. Un peu normal pour un mois humide où toutes les jolies feuilles jaunes et rousses tombées au sol pourrissent et exhalent une odeur pestilentielle. Automne de merde. Donc fatalement, mon petit corps fragilisé par les coups de la vie (c’te pute) et une humidité record : je suis malade.

Week-end pourri, passons parce que ça m’agace d’avoir dû annuler mes plans alors qu’ils étaient signes d’un moral en hausse. Non, ma déprime, je suis priée de la savourer, option nez qui coule et corps qui tremble. Donc samedi soir, plutôt que de bitcher en joyeuse compagnie, je m’effondre sur mon lit, m’enroule dans ma couette et c’est parti pour une longue nuit que, malgré tout, j’affectionne : la nuit délirante.

Il faut savoir qu’en mode repos, mon cerveau déraille déjà pas mal. Sans doute est-il si heureux de s’ébattre loin de mes réflexions profondes qu’il s’en donne à coeur joie, me racontant des histoires sans queue ni tête. Je sais en général que je suis en train de m’endormir quand ma réflexion m’échappe et devient un joyeux bordel, le délire pré dodo. Mais là, en prime, je suis malade donc entre deux retournements-virage de couettes (ou rapatriement de celle-ci au vu de ma température interne oscillant entre peu et beaucoup trop), mon cerveau pense avoir pris de l’exta et me raconte d’étranges histoires. Samedi, par exemple, vu que je venais de regarder The Tudors, me voici épouse d’Henri VIII. J’ai pas trop situé quelle reine j’étais… Si j’ai bien saisi, je semblais être entre Anne Boleyn et Jeanne Seymour (donc une Reine qui n’a jamais existé). Mais bon, là, je me demande si je suis pas un peu victime de mon nouveau fantasme absolu, j’ai nommé Henry Cavill (gnaaaaaaaaaaa…)

Le week-end passe et je me réveille lundi à 6h30 (je n’arrive plus à dépasser les 6h de sommeil en semaine, quoi que je fasse) et là, c’est reparti pour 1h30 de délire, avec le générique d’Hollywood Girls 2 dans la tête (pour vous dire comme je souffre) et je sais même plus quoi. Au moins, je suis sûre d’une chose, je me suis pas prise pour une Hollywood Girl, ça prouve que je suis pas si atteinte que ça.

Sauf que le lundi, faut être opérationnelle et c’est parti pour la journée coton, celle où tu comprends rien à ce qu’on te dit, celle où tu planes à 100 000 mais que tu te raccroches désespérément à ton powerpoint en espérant ne pas taper trop de conneries dessus (ou du moins que les mots que tu utilises sont les bons) (non parce qu’à la cantine, j’ai pas toujours utilisé les bons mots quand je discourais sur le mariage homo. J’ai des conversations passionnantes… Enfin, je crois, je m’en souviens déjà plus trop).

Et en même temps, cet état de planage a quelque chose de divinement reposant. Rien ne te touche, tu réponds certes avec un délai de retard, tu as du mal à expliquer ce que tu veux dire. Mais tu es impérméable au stress, tu planes. Tu pourrais avoir le feu dans l’open space que tu prendrais ta veste avec un flegme admirable « Ah… Bon, ben je vais rentrer chez moi alors ». Et le tout sans aucun médoc (oui, ok, je me soigne à la juvamine parce que j’avais décrété dans un premier temps que j’avais rien de grave et au bout de 3 jours, je suis pas sûre que ce soit pertinent d’acheter du Fervex vu que le plus gros est passé, NORMALEMENT). Les émotions coulent sur toi mais tu tournes au ralenti, t’as pas le temps de les saisir. Ca offre un peu de repos, c’est pas si mal.

Puis en un sens, c’est assez amusant de voir la journée passer sans bien comprendre le déroulé des heures, en se réveillant de temps en temps pour se dire qu’il est déjà telle heure, taper des powerpoints sans avoir la moindre idée de ce qu’on raconte et de la cohérence des mots employés. Mais on avance. Le pire, c’est que je crois que le résultat n’est pas si mal… Peut-être que la vie me donne une petite astuce : pense moins ma fille, tu réussiras mieux.

En attendant, je vais me coucher. Avec de la chance, mon cerveau me reservira une fournée d’Henry Cavill.

PS : Je jure que j’ai essayé d’écrire un article un peu intelligent mais rien n’est sorti.

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De l’obsolescence du niveau d’incompétence

J’aime bien les titres pompeux, réminiscence de ce temps où j’étais étudiante chercheuse (ça me manque).

Vous connaissez certainement le principe de Peters, celui qui dit que chaque salarié progresse jusqu’à atteindre son point d’incompétence, salarié qu’on range généralement dans le management, là où il est de fait le moins nocif (un jour, on réhabilitera le management j’espère). Principe qui nous permet de nous moquer de notre manager si on l’aime pas.

Or depuis quelques temps, j’ai noté un phénomène troublant : ce point d’incompétence n’existe plus ou plutôt on ne nous laisse plus l’atteindre. Regardez autour de vous dans l’open Space et comptez le nombre de salariés rentrés à un petit poste et qui ont monté les échelons. Je sais pas chez vous mais chez moi, y en a pour ainsi dire pas. Maintenant comptez ceux entrés à un poste, qui font leur temps et qui quittent la boite pour gravir l’échelon suivant. Ça fait de suite beaucoup plus. Bon, après, je parle de mon milieu mais est-ce différent ailleurs ?

Prenons le cas compliqué des formations. En general, quand on n’est pas trop con, on vise une formation nous permettant de nous rapprocher de l’échelon suivant. Sauf que pour l’obtenir, bon courage ! « je voudrais une formation management » (ou storytelling ou création d’une offre commerciale, que sais-je). « Mais tu manages personne. Tu veux pas une formation gestion de projet ? » »Genre le truc que je fais tous les jours depuis plus d’un an et que tu viens de me dire que je le fais bien ? » « Et une formation en anglais ? » « Je viens de la terminer et puis à part un client, ils sont tous franco-français ». « Ah oui, ok… Bon, je reviens vers toi ASAP pour voir ce qu’on peut te proposer ». Dans les faits, à part la fameuse formation en anglais l’an dernier, je n’en avais jamais eu. Je recite Simon de TGGP « ils veulent pas nous filer de super formations de peur qu’on s’en aille ». En effet, je serais restée chez TGGP, j’aurais eu droit à une formation « animation de communauté ». Indispensable quand on a 2 ans d’expérience en la matière…

Du coup, on n’arrive même plus à progresser jusqu’à notre point d’incompétence. Oh, le calcul est en soi compréhensible : je vais bien mon taf, me faire évoluer est prendre un double risque : que je sois moins douée au poste supérieur et que la personne qui me remplace soit moins efficace. Non que je sois un génie de la gestion de projet ou du community management, nul n’est irremplaçable mais pourquoi changer une équipe qui ronronne ?

Justement parce qu’elle ronronne justement. Quand on passe un temps certain au même poste, on perd de l’enthousiasme et la créativité décline pour être remplacée par l’habitude. Sans réclamer une promotion tous les 3 mois, savoir qu’à un moment, ça arrivera, ça stimule. Ça donne envie de pas répliquer bêtement les mêmes tâches mais proposer un petit plus, montrer qu’on en a sous la pédale. Tu m’as adorée en tant que chef de projet ? Tu me kifferas en tant que strategist (nouveau terme à la mode pour dire consultant, je l’aime trop, ça fait éminence grise machiavélique, mouahahah !).

Et puis pardon mais depuis toute petite, on m’a appris que l’evolution est dans l’ordre des choses. Maternelle, primaire, collège, lycée, fac… Si j’étais compétente, je passais au niveau supérieur. Et là faudrait qu’on ne bouge plus ? C’est anti naturel !

Et que dire des employés Kleenex, freelances, intérims, CDD « pouvant-évoluer-en-CDI » qu’on prend et qu’on jette en fonction des besoins, les licenciements qui se terminent au prud’hommes avec une condamnation régulière de l’employeur. Quand on sait qu’en région parisienne, y a 2 ans d’attente avant que l’affaire passe en jugement, imaginez le nombre de licenciements jugés abusifs par le salarié… Et c’est pas juste pour le fun, faut payer un avocat hein (et qui paye les juges, tiens ? Le perdant ?).

Bref, le salarié est parfois un bout de bois balloté par l’océan patron et qui ne dispose que peu d’armes pour se défendre (ou les saisit peu, je pense). Mais attention ! Au pays du travail comme ailleurs, rien n’est tout noir ou tout blanc, y a aussi des salariés salopards.

Je vous en parle demain.

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