Inspiration : ces gens qui vivent en dehors du travail

Mercredi soir, j’ai fait un truc que je ne fais que trop peu souvent : je suis allée au théâtre. Un tout petit théâtre de 50 places en se serrant bien. Sur scène : deux femmes qui jouent un mi – one woman show dont l’une, Allison, n’est rien de moins que ma collègue. Grosse source d’inspiration : moi aussi, je dois vivre en dehors du travail.

Théâtre Le Bout à Paris Pigalle

Laissez-moi vous présenter birèvement Allison : quand j’arrive le matin (9h30-10h), elle est déjà là. Quand je repars à 19h, elle est toujours là. Et un jour, tu découvres au hasard d’une conversation qu’elle fait de temps en temps un peu de one woman show. Alors évidemment, je me renseigne : pour le moment, elle n’a que trois sketches mais bon, ça ne fait qu’un an et demi qu’elle fait ça. Moi, je la regarde des étoiles dans les yeux : enfin une qui a compris que la vie, ce n’était pas juste le travail (même si elle y passe quand même beaucoup de temps, plus que moi).

vivre en dehors du travail

En fait, je dois arriver à la crise des 10 ans mais je trouve que je m’investis trop dans le travail sans en retirer finalement grand chose à part de gentilles tapes sur le dos et des tonnes de compliments dans le couloir qui ne se concrétisent malheureusement pas en promotion ou en augmentation significative… Sauf qu’en fait, je m’en fous un peu. Je veux dire, c’est quoi mon métier aujourd’hui… Alors très bonne question dans l’absolu vu que je suis dans le flou total mais dans l’absolu, c’est raconter à des marques comment parler sur les réseaux sociaux pour avoir plus de clients et voir ce qu’on dit déjà sur eux. Vous savez ce qu’il se passerait demain si mon métier disparaissait ? Absolument rien. Je peux même pas faire genre que Facebook et co. couleraient, ils n’ont pas besoin de pages de marque pour vendre leurs espaces pub finalement, y a qu’à voir comment Google se porte plus malgré l’échec total de Google+. Du coup, pourquoi je continuerais à placer toutes mes billes là-dedans ?

Femme travaille trop

 

Je veux faire comme Allison, moi, avoir une autre vie. Le travail, c’est juste pour s’acheter à manger et des voyages finalement (oui parce que je reste privilégiée par mon salaire) mais j’aime l’idée de multiplier nos vies… En gros, je ne suis pas juste cadre dans un groupe media mais aussi aspirante écrivaine, blogueuse prolixe, quoi d’autre demain ? Parce que voilà, c’est peut-être la crise des 10 ans de carrière, allez savoir, mais j’aime imaginer que je n’ai pas qu’une seule casquette et que je dois tendre vers ça, vers un moi multiple. Si Allison et ses journées de 12h y arrive, je n’ai pas d’excuse. Et surtout ma situation relativise l’échec : si personne ne veut publier mes romans, je n’aurai juste rien à perdre : j’aurai toujours un salaire, un confort de vie, ce sera juste un rêve qui ne se sera pas réalisé. La blessure ne sera qu’égotique, rien dans ma vie ne sera bouleversé par ça.

les vies multiples d'Amory Clay de William Boyd, couverture

Quelqu’un a-t-il lu ce livre ? Il est bien ?

Mais peut-être aussi que ce manque total de risque est un mauvais calcul, peut-être que mon travail fagocite trop ma “carrière rêvée”… On s’en reparle !

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Le projet Audrey

Veux-tu jouer avec moi ?

Reprenons l’histoire : il y a presque 9 ans, quelque part en mai 2005. En plein stage, je vais me griller une petite clopinette sur un balcon du 9e arrondissement. Alors que j’observe nonchalamment les passants en bas, une idée me frappe. Les idées me frappent souvent et j’aime ça. Et si je créais un blog un peu à la Sex and the city avec à la place des personnages, mes amis et moi. Même que ça s’appelerait les Vingtenaires parce que y’en a marre des galères amoureuses des trentenaires ! Nous aussi, on en chie parfois. Souvent. Ca tombe bien, en plus : nouvelle dans la grande ville, je découvre les joies de Meetic et l’incroyable univers du plan cul. Oui, moi, je fais les choses à l’envers : je me suis mise en couple toute jeune pour m’éclater à 25 ans.
rihanna
Puis comme je le disais, ça a évolué. En bien, en mal, à chacun de voir. Ma vie sentimentale est passé d’essentielle à accessoire. Les hommes qui étaient le coeur de mes histoires, de nos histoires, ne sont aujourd’hui que des personnages secondaires qui passent et n’ont même plus droit à des prénoms. Je ne m’en étais pas rendue compte avant d’écrire cette phrase mais je suppose que c’est assez symptomatique. Mais peu importe, on n’est pas là pour me psychanalyser, hop ! Des fois, ça me plairait bien de raconter des petites anecdotes mais j’avoue avoir fermé ces chapitres à force de me faire traiter de sale pute et compagnie par les trolls. Oui, c’est triste mais y a des choses qu’on n’a pas envie de se prendre dans les dents, même si ce n’est pas forcément justifié. Non non, pas d’énième chapitre sur les trolls, j’en ai assez parlé par le passé.

troll_ego01Maintenant, le problème se pose autrement : mon blog est (relativement) connu par mes collègues certes adorés à qui je sors de la vanne de cul à la moindre occasion mais on ne sait jamais qui peut obtenir le lien et je n’ai pas forcément envie que tous mes collègues curieux soient au courant de mes folles nuits. Alors que faire si je me censure ? Quelle est ma porte de sortie ?

venezia
La fiction. Semi fiction, on dira. Un bougli bougla d’histoires qui me sont arrivées, qui sont arrivées à  mes potes ou aux potes des potes… On reprend la base : 4 personnages (au moins) mais une seule voix qui parle, celle d’Audrey, 27 ans ? Pourquoi Audrey ? Parce que j’aime bien ce prénom. Pourquoi 27 ? Parce qu’il fut un temps où j’avais la (vague) idée d’écrire un one woman show qui se serait appelée 27 ans, célibataire, vit seule avec son chat, sa mère pense qu’elle est lesbienne. Mais bon, c’est bien joli d’avoir de folles idées mais je sais pas jouer la comédie et je sais pas écrire pour la scène quoi qu’il en soit. Mais du coup, en remixant un peu tout ça, hop, voici Audrey. J’espère que vous l’adorerez. J’espère que je réussirai l’exercice. Ou je m’en lasserai aussi vite que mon projet One day one pic.

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Où trouver l’homme ? Episode 6-2 :aux urgences

(Je rappelle à mes lecteurs chéris que tout ceci est une fiction et qu’en vrai, j’ai pas foutu les pieds aux urgences depuis 97, quand j’ai fait mon allergie à l’aspirine. Mes deux poignets vont très bien)

Me voici donc aux urgences. Après avoir attendu x temps à relire des vieux magazines people pour tuer le temps, me voici enfin dans une salle d’examen à attendre le docteur. LE, sexe masculin, à priori. Il n’empêche que je me moquais de la news de Britney Spears qui était enceinte la semaine dernière mais apparemment, elle serait possiblement enceinte de son paparazzo, les experts ne se prononcent pas. Grossesse ou mauvaise alimentation ? Le bidou s’arrondit alors finalement, avec mon
magazine qui date d’il y a deux ans, je suis pas si larguée. Mais revenons à mon docteur, ça compte plus que les aventures de Britney qu’on n’arrive plus à suivre, de toute façon.

Donc voici le docteur qui rentre… Bon, ce n’est pas George Clooney mais il a du charme quand même. On va sourire, c’est toujours plus sympa. Il me le rend bien, c’est bien
engagé ! Je lui raconte un peu mes mésaventures palpitantes et il répond en blaguant « ah, les enfants, c’est plus dangereux qu’on ne le croie ! ». On est sur la même longueur d’ondes, doc. Il examine mon poignet, le tourne, je grimace, je laisse échapper un sifflement de douleur. Je crois même que j’ai mes yeux qui pleurent un peu.

« Ce n’est rien, juste une petite entorse ! ».

Ce n’est rien, ce n’est rien… Bah, tiens, j’aimerais t’y voir toi ! Ok, on ne m’amputera pas mais j’ai très très mal et j’ai envie de prendre n’importe quoi pour ne plus avoir
mal. Pourquoi les médecins minimisent toujours nos bobos ? C’est quand même une entorse, c’est pas comme si je simulais ! Là, il perd des points le docteur pas si choupinou.

« On va vous faire un petit bandage et ça ira mieux ! ». Alors déjà, c’est pas en minimisant le bandage que je vais guérir mais surtout, je suis pas débile. Ca me
fait penser quand on était petit et que les parents nous faisait un bisou sur notre bobo pour nous « guérir ». Petite, je tombais souvent, étant plus tête en l’air que terre à terre. Et bien je vous promets qu’un bisou, ça ne soigne pas les écorchures et que quand on met de l’alcool dessus, ça pique très fort. Mais revenons à mon médecin, mon entorse « pas grave » et mon « petit » bandage. Il me donne quelques conseils pour vivre au mieux mon entorse. « Vous vivez seule ? ». Oui. « Ah, charmante comme vous êtes, c’est étonnant ». C’est qu’il marquerai des points le docteur choupinou. Bon, allez, je vais lui sourire à nouveau. Après tout, ramener un docteur à la maison, ça fera plaisir à papa, ils pourront parler médecine.

On discute un peu, il me demande ce que je fais dans la vie, je ne peux pas lui demander la même chose (je le sais déjà) donc je pars un peu en impro du one woman show en imaginant ma vie de future grande blessée de guerre. C’est pas que je sois hyper manuelle et je suis pas du tout gauchère mais un poignet de moins, c’est un peu lourd, surtout quand on passe la journée à taper sur un clavier. Et là, crucifixion moins 3 secondes : « oui, mon copain s’est cassé le métacarpe l’an dernier, c’était une horreur ». Son copain ? De quoi ? Non mais c’est une blague ou quoi ? Résumé de la situation : j’ai une entorse « pas grave » au poignet gauche, j’ai poireauté je ne sais combien d’heures dans un hôpital qui sent l’hôpital à lire des magazines qui se décomposaient limite entre mes doigts tellement ils étaient vieux à ne pas voir la queue d’un mec (au premier degré à lire, ma phrase) et quand je vois enfin un homme, un vrai, un docteur, il est gay.

C’est là qu’on dit fuckin’ karma non ? De toute façon, sortir avec un médecin pour une fille de docteur, c’est d’un cliché, ça fait un peu trop complexe d’Œdipe. Et puis les
écouter parler médecine, ça m’aurait emmerdé de toute façon. Non, vraiment, c’est mieux comme ça.

Bon, avec mon poignet, il est évident que je vais arrêter les activités sportives pour draguer, ça ne me réussit pas, de toute façon. Mais c’est pas grave, j’ai des billets pour un
match de rugby pour me consoler. La semaine prochaine, je drague donc au stade.

 

PS : Matt, désolée, j’ai pas fait de jeu de mot merdique avec le gros thermomètre du docteur !

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La liste de la fille qui connaît la fin d’Harry Potter

(aurait pu s’appeler aussi la liste de la fille qui a oublié son article au bureau et doit le réécrire, grrr ! Boulette !)

 Voilà, maintenant, je sais si l’hystérique qui nous a hurlé dessus « HARRY POTTER IL MEURT A LA FIN ! » disait vrai ou pas mais je ne dirai rien, moi. Juste que des fois, un livre devrait s’arrêter 10 pages plus tôt car les 10 pages de trop gâchent bien le plaisir.

– Le week-end dernier, mes parents étaient sur Paris, je précise pour ceux qui ne lisent pas mes post it d’amour (les méchants). Arrivée parentale le jeudi soir, dîner chez ma
sœur. Vendredi midi, déj dans un resto à côté de mon boulot, le soir près de chez Yohann (et pas loin de mon ancien boulot, amusant). Le samedi matin, je me lève et…aïe, j’ai mal au ventre et je n’ai pas mes règles donc ce n’est pas normal. Je me prépare péniblement et au moment de nouer mes lacets, énorme envie de vomir, je cours aux toilettes mais rien. Je pars chez ma sœur, 15 mn de marche au grand frais me fera du bien. Ah non… Une fois chez ma sœur, je m’étale sur le canapé avec un jus de citron préparé par ma maman et je dors pendant qu’ils déjeunent. En début d’après-midi, ça a l’air d’aller mieux mais une fois dans le train pour aller sur Paris, je sens que le peu de couleur que j’ai au départ s’en va de mon visage. Mes parents m’ordonnent de rentrer chez moi, je proteste mais je tiens plus debout. Une fois arrivée chez moi, je tremble des pieds à la tête, je me couche. Et c’est parti pour 19h de somnolence, délire, rêves bizarres, j’ai froid, chaud, je transpire, j’ai mal partout, surtout au dos. Le lendemain matin, je me lève, je suis pas super vaillante mais au moins, je peux manger avec les autres. Super le week-end familial.

 – Celui qui a inventé la fonction bloquer les mails d’une personne est un génie, ça évite les conversations stériles et pénibles, on est même pas tenté de lire le mail bien chiant

qui arriverait.

 – Jeudi, me voici au siège de TGGP pour la conférence de rédaction de TMF.com. Bon, les baskets au pays du glamour et de la mode, c’est pas super mais moi mal au dos (suite à mon problème du week-end), moi pas mettre de talons. La phrase à retenir « Kylie Minogue devait faire la couv mais elle est trop botoxée, finalement, ils l’ont pas prise ». Mouahahahah !
 

– Comment traumatiser les sœurs Bartoldi par maman Bartoldi « ben, si ça fait 30 ans qu’on s’aime avec votre père, c’est parce qu’on s’entend bien, pas besoin d’être des foudres au lit ! ». Là, Alice se bouche les oreilles, moi, je me masque les yeux (y a une sœur plus logique que l’autre, devinez laquelle) en criant : « AAAAAAAAAAAAAAAH je veux pas savoir ! Mes parents et ma sœur sont vierges ! ».

– J’ai trouvé ma spécialité à mon nouveau taf. Après « Nina, spécialiste de la langue française », je deviens maîtresse des vents. Semaine dernière, je discute avec mes
coupines de taf, une fille vient discuter avec nous. Dans ma volonté de m’intégrer, je demande : « et toi, tu travailles dans quel service ? – Ben, le même que le tien. Je suis
assise juste là ! ». Ok… Cette semaine, un gars à lunettes que j’avais déjà vu la semaine dernière vient me parler. Je sais plus qui c’est mais il me demande si j’ai fourni tous les
papiers pour mon contrat « Ben, je sais pas, quand j’ai signé le contrat avec Lenaïg, il m’a rien demandé… – Oui, c’est moi Lenaïg ». Je suis définitivement une boulette.

 – Ma sœur est la pro du one woman show. Jeudi soir, on dîne en famille chez elle et elle nous raconte ses péripéties d’avion en nous mimant la scène « non mais tu comprends,

je me suis énervée, je hurlais dans l’aéroport « NO WAY ! NO WAY ! I want to go to Bali, no to Kuala Lumpur ! » C’était excellent, on était morts de rire.

 – Nair, la seule marque de crème dépilatoire qui respecte tellement le poil qu’en fait, elle l’enlève pas.
 

– La phrase de la semaine de Lena, une collègue parlant d’un snack bio à côté du taf où on mangeait « en fait, ici, c’est le McDo des anorexiques ».

 

Bon, je crois que j’ai tout reconstitué la liste, je mets une petite musique pour fêter ça.

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J’ai un chat

Suite de mon one woman show fictif, je m’amuse.

En tant que femme indépendante des années 2000, j’ai un chat. D’ailleurs, c’est une chatte. Bon alors, je préviens les 3 du fonds qui rigolent dès qu’on prononce le mot chatte que dès que j’utiliserai ce mot dans le sketch qui suit, je parle bien de mon chat, pas de mon minou… Enfin, je veux dire, de mon sexe. D’ailleurs, les femmes sont tellement associées au chat que même leur sexe porte des noms de félin, c’est fou ça. Pourtant, à ma connaissance, aucune vulve n’a jamais griffé personne… Ou alors, le pauvre mec n’a vraiment pas eu de bol.
« Aaaaaaaaaaaaaah [cri de douleur], chérie, je viens de retrouver le faux ongle que tu avais perdu ! ». Quelle idée ! 

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Souvent, la femme célibataire a un chat. Ou une chatte. Et là, je vous pose la question : pourquoi ? Personne ne sait ? Non mais moi non plus, si je vous pose la question, c’est que je veux une réponse ! Bon, si personne ne sait, je vais vous proposer mon interprétation toute personnelle. Accrochez vous, ça va faire mal ! Une femme grandit dans l’idée qu’elle sera mère donc devra s’occuper d’un petit être sans défense incapable de faire quoi que ce soit tout seul. Sauf que la femme indépendante des années 2000 n’a pas le temps de se reproduire, fonder une famille, tout ça. Déjà, trouver un mec qui veut bien s’installer avec nous, c’est une course d’endurance alors si vous lui parlez bébé, c’est sûr qu’il va nous piquer un sprint pour sortir direct de notre vie. De toute façon, la femme indépendante des années 2000 a bien compris qu’il fallait être égoïste, individualiste, nombriliste, égocentrique, consumériste et tout ça. Alors je vois pas trop comment je pourrais caser un bébé dans le tableau. Le chat est une bonne alternative. Ou la chatte, toujours.

Un chat, déjà, on le récupère, il est déjà né, il n’a pas squatté notre utérus pendant 9 mois et c’est quand même un bon argument ça. Non parce que la grossesse, ça prend du temps alors que là, paf, le chat est déjà né ! Ensuite, le chat faut le nourrir mais un peu de croquettes dans sa gamelle et il se démerde tout seul. Un petit pipi ? Vous lui faites une jolie litière et il va au popo quand il a envie. Et en plus, un chat, ça fait des câlins, on peut lui parler comme à un bébé, il vous prendra pas pour une débile… Enfin, si, des fois, la mienne, elle me regarde d’un air atterré mais je feins de ne pas le remarquer. Et l’avantage du chien, c’est qu’un chat fait sa vie tout seul dans son coin et vous pouvez découcher pour passer une nuit torrrrrrrrrrrrrride avec Pietro, le chat s’en fout, du moment que la gamelle est pleine, la litière propre et qu’il aura son rab de câlins le lendemain. S’il le réclame sinon un chat ne veut pas de câlins.

Mais l’erreur est de croire que le chat est juste une peluche dotée d’un estomac. Et d’un système digestif mais ça, on n’en parle pas, c’est saaaaaaaaale ! Parce qu’un
chat, ça a son caractère. Une chatte encore plus. Un chat ne supporte pas que vous fassiez autre chose que d’admirer sa superbe, sa façon délicate de se toiletter et de se lécher partout. Et quand je dis partout… Par exemple, ayez l’audace de trafiquer sur votre ordinateur pendant que ce petit être délicat est en action, vous pouvez être sûr qu’il piétine votre clavier 2 minutes après. Même aux toilettes, on n’a pas la paix. Exemple : après une dure journée de labeur, j’aime trôner quelques instants pour évacuer tous les cafés absorbés au bureau. Je rentre dans l’appart, gratouille au chat qui me raconte avec enthousiasme sa journée « miaou miaou miaouuuuuuu ! ». Moi aussi ma louloute. Je jette manteau et sac, déboutonne le pantalon et ô délivrance, me voici sur le trône. Sauf que le chat n’est pas d’accord. Elle ne m’a pas raconté toute sa journée. Donc elle arrive et tente une incruste sur mes cuisses en ronronnant et
me regardant avec ses yeux humides et plein d’amour pour pas que je lui refuse l’accès à mes cuisses. Mais il y a des moments pour faire des câlins, minette et là, je te jure, c’est pas le moment. Mais rien à faire, je la pose par terre, elle revient aussi sec à l’attaque. Et je vous jure que tous les chats font ça ! Et quand vous ramenez un mec ? Là, c’est pire ! Tableau : Pietro et vous sur le canapé, yeux dans les yeux, main dans la main mais pas encore sexe dans le sexe, on discute, là. Donc vous êtes dans votre bulle d’amour et d’hormones avec Pietro quand votre félin, agacé d’être ainsi ignoré, attaque. Hop, le voici qui bondit sur le canapé, se love sur ses genoux ou entre vous deux. Et quand le rapprochement se fait torride (voire franchement porno), le chat ne se privera pas pour intervenir. Hé oui, c’est comme ça.

En fait, à partir du moment où vous avez un chat, c’est simple : vous ne vivez plus seule chez vous avec un chat, c’est le chat qui vit seul avec vous. Vous êtes chez lui et respectez son espace, ses horaires, son câlin, ses croquettes. Sinon, il n’hésitera pas à vous sauter violemment dessus à 7h30 le dimanche matin. Quoi que quel que soit le contexte, il n’hésitera pas à vous sauter dessus tôt le matin, quel que soit le jour de la semaine !

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Un jour, mon prince viendra

(nouveau sketch de mon one woman show, merci d’être indulgents sur la version audio, j’ai pas répété)

Un jour, mon prince viendra, un jour, il m’aimera nananananananananaaaaaaaaaaaaaaa ! Un jour mon prince viendra… un jour, il m’aimera…

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Tu parles ! Dès le départ, ça puait l’arnaque ces contes de fées. Non mais regardons : Cendrillon, elle passe sa journée à faire le ménage, aidée par des souris. Blanche Neige,
encore mieux. Elle manque de se faire tuer, elle court dans la forêt et quand elle trouve enfin une petite maison pour s’abriter, qu’est-ce qu’elle fait ? Le ménage ! J’imagine tout à fait le truc : « Oh mon Dieu, on cherche à me tuer, au secours, aidez-moi… Oh, tiens un balai, si je m’en servais ? ». Et cette couillasse de Belle au bois dormant ? La nana, elle voit un rouet, faut à tout prix qu’elle s’en serve ! Moi, je vois un rouet, je sais même pas comment ça marche alors je vais le laisser où il est. Donc voilà, dès le départ, les princesses font le ménage et aiment ça.

Face à elles, le prince charmant, celui sur qui on doit fantasmer. Alors excusez-moi mais dans le genre « je me foule pas », on fait fort. Genre le mec de Blanche Neige. Elle, elle
échappe à la mort, aux dangers de la forêt, elle se tape le ménage de non pas un mais sept nains, elle affronte une sorcière. Et là, le Prince, il arrive, il lui roule une pelle et c’est un héros ? Merde, je savais pas qu’il y avait un nid de princes charmants dans toutes les boîtes de France. Et celui de Cendrillon ? Elle, elle est limite esclave, l’autre, il essaie des chaussures aux filles et ça nous fait un héros, ça ? Ah ben bravo ! Au lieu de chercher le prince charmant partout, je vais aller chez Bata !

Je me moque mais tous ces dessins animés qu’on nous a fait avaler, petites, c’est un vrai drame pour la femme indépendante des années 2000. Si, si. Petites, on nous a appris que
pour une femme soit accomplie, elle doit trouver son prince charmant. Donc nous, qu’est-ce qu’on fait ? On le cherche, évidemment. Et là, c’est le début des emmerdes. Non parce que les garçons, ils ont appris qu’une chaussure, un baiser et hop, on est emballées alors voilà, c’est à nous de tout faire. Non parce qu’on ne dira jamais à un mec « 30 ans et toujours célibataire ? C’est quand que tu nous ramènes une femme ? ». Et puis, eux, ils s’en foutent des princesses et tout ça alors que nous, c’est tellement ancré en nous qu’à 30 ans, si on n’a pas un mec qui veut nous faire des bébés, on est périmées. Pé-ri-mées, oui ! Déjà qu’on vous dit l’air de rien : « et après 25 ans, les ovules se dégradent ». Hé, c’est pas la faute si la nature m’a fait féconde dès 13 ans ! Si elle avait attendu que je sois prête, mes ovules seraient en parfait état quand je déciderais de faire un bébé.

Ah oui parce que le conte de fée, il se termine toujours par « et ils se marièrent, ils furent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Alors moi, je veux bien mais j’aimerais bien
voir la gueule de Blanche Neige après ses « beaucoup d’enfants ! ». Alors moi, je suis une femme indépendante des années 2000 et je n’ai pas envie que mon utérus serve de refuge à une colonie scout ! Déjà un gosse, je saurais pas quoi en faire entre mon boulot, mes cours de yoga, de stretching, mon coiffeur, mon esthéticienne, mon chirurgien esthétique… Non parce que les Blanche Neige, Cendrillon et tout ça, elles pouvaient en faire 50 de gosses, le prince allait pas les larguer à 50 ans pour se taper une bimbo blondasse siliconée. Nan, elles, elles vivaient dans leur château avec leur prince charmant et ils furent très heureux. Bon, on se doute qu’il tripotait une ou deux servantes par ci par là mais il restait. Alors que nous, femmes indépendantes des années 2000 que nous sommes, on ne doit jamais baisser la garde. A 30 ans, faut avoir l’air d’avoir 20 ans, à 40, toujours 20, à 50, faudrait tenter un petit 18 ans…

Alors moi, je dis non. Non aux contes pour enfants où la princesse se tape toutes les horreurs en attendant qu’un pauvre type à cheval vienne lui rouler une pelle pour l’embarquer et lui faire 36 moutards. Le prince charmant, ça n’existe pas. Ils épousent Blanche Neige mais à la crise de la quarantaine, ils se cassent avec Barbie.

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Y a quelqu’’un qui m’’a dit… que… tu m’’aimais zencorezzzzzzzz…

Dimanche de Pâques, à l’heure où les enfants cherchent du chocolat dans le jardin, de quoi vous parler ? J’aurais pu vous raconter les Pâques de mon enfance, photo à l’appui mais en fait, ça, je le ferai soit demain, soit jamais. Non, aujourd’hui, je vais vous parler musique… Si on peut appeler ça comme ça.

 

Imaginez que vous êtes un artiste musical, que vous galérez comme un malade pour approcher les maisons de disque parce que, bon, c’est un peu un univers impitoyable, tout ça. Vous avez fait 30 maquettes, courrez les festivals, les cafés concerts et tout ça. A côté de vous passe une pouffe qui ne sait pas chanter, a appris trois accords à la guitare vite fait et hop, elle vend je sais pas combien de millions de disque. La différence ? Quand vous, vous vous appelez Jean(ne) Dupont, elle, elle s’appelle Carla Bruni. Bon, je préviens de suite, je honnis Carla Bruni. Le fait qu’elle ne sache pas chanter (mais alors vraiment pas), déjà, c’est discutable mais les textes sont à la hauteur de sa voix : nullissimes. Oui, je suis pas objective mais moi, Carla, j’entends une de ses chansons, je me sens profondément dépressive. N’allez pas croire que je vénère les chanteuses à voix, je suis fan de Camille, Emilie Simon ou Adrienne Pauly (elle est top, elle, elle me fout trop la patate). Mais Carla, non, c’est au-dessus de mes forces.

 

Je stigmatise Carla mais combien de célébrités se sont payés le luxe de sortir un album, capitalisant plus sur leur nom que sur un hypothétique talent ? Allons visiter les bacs virtuels de la FNAC (oui, j’ai pas de FNAC à moins de 50 km de chez mes parents). Emmanuelle Seigner, Carla Bruni, Yvan Le Bolloch (je sais pas l’écrire), Gérard Darmon, Charlotte Gainsbourg, Elie Semoun, Victoria Abril… Et ça, c’est juste ceux qui me passent par la tête. Sans parler des fils de… Bon, là, je vois déjà les comms « non mais vas-y, tu critiques mais moi, j’aime bien l’album de machin et t’en ferais pas autant, toi ! ». Ok mais déjà, j’aurais pas l’idée de faire un disque alors que c’est pas mon métier. Et puis « Nina
Bartoldi », c’est pas (encore) bankable comme nom. Et mon vrai nom, encore pire. Donc y a pas un Benjamin Biolay, un Pascal Obispo ou une Zazie qui vont m’écrire un album. Quoi que je serais bien emmerdée s’ils le faisaient… Bref, personne ne miserait un kopeck sur ma personne, ni artistes, ni maisons de disque.

 

Là, j’entends la foule huer : « non mais tu sais chanter au moins ? ». Heu… Parce que tous les gens sus-cités savent eux ? Imaginons que je sois célèbre
mais pas chanteuse, genre je deviens la comique à la mode avec mon one woman show qui tue. Je suis un peu la people incontournable, on prend des photos de George et moi en train de se rouler des pelles, un peu le cauchemar, quoi. Un jour, mon agent m’appelle (oui, une célébrité, ça a un agent, c’est comme ça). « Bon Nina, t’es au top, on va faire un disque.

Mais je suis pas chanteuse, moi…

C’est pas grave ! Tu crois qu’il sait chanter Elie Semoun ?

Ahahah !

Bon, alors, y a Benjamin Biolay et Carla Bruni qui sont ok pour t’écrire des chansons.

Ouais mais je les aime pas. On pourrait pas demander à Jorane plutôt ?

Qui ?
Une violoncelliste québécoise.
– Elle est connue ?
Pas particulièrement.
Alors non. »

Oui, je sais, j’exagère mais ça m’agace comme des gens qui sont aussi doués pour le gens que moi pour l’athlétisme sortent des CD parce que leur nom est connu. Si ça les amuse de chanter, qu’ils s’achètent du matériel karaoké et qu’ils laissent la place à de vrais artistes.

Et je parle de la musique pour pas parler des livres parce que là, ça rime à n’importe quoi. Mimi Mathy sort un bouquin pour raconter sa love story avec son mari, Loana et sa vie, Pamela Anderson et sa vie, Charlotte Valandrey et son combat contre le SIDA… Non mais sans déconner, qu’est-ce qu’on en a à foutre ? D’abord, c’est même pas eux qui les écrivent et ensuite, on passe à côté de mecs méga talentueux avec des idées géniales mais dont le script prend la poussière chez les éditeurs.
 

Alors, évidemment, vous allez me dire « ben oui, c’est dégueulasse, c’est le système ». Une Mélissa Theriau a plus de chances de présenter Capital que Mireille Meunier, brillante journaliste mais pas forcément très jolie, une Mimi Mathy aura un rendez-vous chez l’éditeur et un producteur de disque prêtera une oreille attentive à Carla Bruni. Mais moi, Carla, je lui prêterai pas mes oreilles, pour ce qu’elle en fait !

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Et si je devenais la star de ma vie ?

En ce moment, vous aurez noté que je suis pas super fun. Certains me reprocheront peut-être de trop râler mais je les invite à vivre ma vie quelques temps, histoire de voir que c’est vraiment chiant, parfois. Bien sûr, y a pire, gna gna gna mais moi, ce que je vis, ça me mine et je m’en fous de savoir que votre voisine du 3e, elle, c’est pire parce que son mec vient de la plaquer, qu’elle a pas de boulot et qu’en plus son chat est mort. J’ai pas le temps de m’apitoyer sur des gens que je connais pas.

Déjà, je vais arrêter de m’apitoyer sur moi. Oui, en ce moment, c’est pas la joie mais bon, puisque ma mauvaise période a décidé de jouer les prolongations (alors que je croyais qu’elle était partie c’te connasse), je vais l’ignorer, na. Comment ? En mettant un peu de fantaisie dans ma vie. Si j’y arrive.

En ce moment, j’ai envie de me la jouer star. Sans doute motivée par toutes ces filles actrices que j’ai côtoyées grâce à Modo (au moins par téléphone), que ce soit Aurèle, Géraldine (aka Amanda Fromici) ou Zazon (son interview, son blog), j’ai envie de me créer un personnage à moi. Une espèce de Nina super girlie, très princesse et naïve. Mais pas conne, attention. Une Nina qui observe ses congénères, surtout féminines, qui dissèque et qui s’amuse. J’ai déjà pas mal d’idées de sketches pour mon one woman show fantasmagorique (puisque je pense pas être capable un jour de jouer sur scène parce que je suis pas actrice quand même, c’est un vrai métier) et j’ai envie d’étendre le concept. D’abord un blog (oui, je suis totally blog addict et alors ?). Un blog rose méchamment fi-fille avec des sketches et des photos de mon personnage (enfin, pas ma tête, toujours pareil, anonymat, j’ai suffisamment de psychopathes au cul pour pas les encourager en montrant ma trombine), peut-être des slogans car en ce moment, c’est mon grand jeu, les slogans. For exempeul : « Poil sous les aisselles, pas de vie sexuelle » ou « be strong, be couillue ». Ouais, c’est notre grand jeu avec Vicky, je pourrais même en faire des T-shirt, tiens. Bon, bref, un blog délirant avec un pseudo que je pense avoir déjà choisi mais pas sûr. Just for fun. Avec les sketches en podcast audio, peut-être, mais ça, c’est pas sûr, sûr, suis pas sûre d’être capable de les jouer correctement. Bordel, avec mes idées farfelues, va falloir que je prenne des cours de théâtre !

Et puis, mon personnage, faut qu’il sorte dans la rue de temps en temps. Moi, en ce moment, j’ai envie de grosses lunettes rondes fumées, de grands chapeaux genre capelines, de robes à jupons super rétro, de gants en dentelles et d’écharpes toutes froufrouteuses comme celle que j’ai déjà. Je sens que je vais aller à Exopotamie m’acheter celle rose fuschia. Comme ça, dans la rue, quand je marcherai, on me regardera… ou pas, d’ailleurs. Faudra que je mette des jolis souliers à talon et un petit sac à main… Bref, je m’éclaterai. J’irai dans les fripes trouver des vieilles robes qui reviendront vite à la mode, si ce n’est déjà fait et peut-être que je m’offrirai la sublime robe rouge froufrouteuse que j’ai vu l’autre jour dans la boutique « Les filles à la vanille ». Attention, faut pas que j’oublie que pour l’heure, je suis une star au chômage donc pas trop de sous pour m’acheter plein de jolies robes (fuck !)

La question reste : aurai-je assez d’audace ? Venant de la province, j’ai du mal à intégrer le fait qu’à Paris, je pourrais m’immoler sur le quai du métro aux heures de pointes que je passerais à peu près inaperçue. Donc, c’est pas un grand chapeau et des froufrous qui va faire tilter les gens. La preuve : pour mes Catherinettes, j’avais un chapeau clignotant et des playmobils en train de s’enculer sur ma tête, personne ne m’a regardée en dehors du Marais. Bref, il faut que je cultive mon english spirit, si cher à miss Vicky et moi (elle en parle ). En gros, en Angleterre, tu peux peser 90 kg ET mettre un mini-short, tout le monde s’en foutra, c’est normal. En France, j’ose à peine mettre une jupe au dessus du genoux alors que je fais pas du tout 90 kg (et que je vais activer la cellule « c’est l’été, cellulite gommée ») parce que j’ai peur du regard (impitoyable) des autres et surtout des femmes, dans la mesure où j’ai pas la silhouette de Kate Moss. J’ai pas envie/pas le courage de sentir peser sur moi les regards moqueurs qui scrutent ma cellulite et ma graisse. Bon, peut-être que si je le faisais, personne ne me regarderait parce que tout le monde s’en foutrait mais voilà. Du coup, aurai-je l’audace de jouer ma star un poil excentrique, très Audrey Hepburnesque dans Paris ? A suivre. En plus, je me pose la question de ma coiffure : avec ce genre de tenue, je m’imagine bien crinière au vent (note pour moi-même si je retiens cette option : acheter un fer à friser). Mais moi, j’aime quand même bien la coupe de Victoria, sans le blond parce que je suis pas sûre que le blond m’irait. Mais je sais pas si les cheveux courts-courts avec mèche dans la gueule, ça me rendrait plus jolie… Pi c’est pit-être pas pratique pour travailler.

Seigneur, que c’est dur d’être une star !

PS : Ouais, le montage photo, c moi qui l’ai faiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiit!

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Des idées à développer

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un truc que j’adore : avoir une idée. Vous savez, ce petit embryon qui se développe dans votre tête, qui prend forme peu à peu et que vous
avez envie de coucher vite sur du papier pour ne pas l’oublier.

Moi, des idées, j’en ai tout le temps. Des très bonnes et des franchement à la con. J’ai des idées pour le boulot, pour de futurs romans ou nouvelles, pour réaménager mon appart,
pour les cadeaux de Noël (pour moi ou pour les autres), pour mon futur anniversaire (celle-là, elle déchire tout !), pour des articles du blog, pour mon one woman show qui n’existe pour l’heure que dans ma tête, pour trouver un mec… Ce qui ne veut pas dire que je les mets forcément en application. Surtout que certaines ne passent pas les cinq minutes de réflexion. Genre : « putain, j’ai une trop bonne idée… ah non, en fait, c’est pourri ». Par exemple joindre à mon CV une photo de moi à poil… Non, je déconne, j’ai jamais eu cette idée là ! Mais bon, des fois, mes idées se heurtent au réalisme et au bon sens. Par exemple, à une époque, j’avais eu l’idée de faire du roller pour aller plus vite dans mes déplacements, muscler mes gambettes et faire les rando rollers où y a que des beaux gosses. Mais la dernière fois que j’ai fait du roller, c’était en 91, j’en ai fait 5 minutes avant que mon fessier ne rencontre trop violemment le goudron du parking devant l’immeuble où nous vivions à l’époque et que mon coccyx me signale douloureusement qu’il n’apprécie pas du tout ce genre d’aventures. J’ai pleuré pendant deux heures. Le lendemain, on allait échanger ces foutus rollers contre des playmobils, moins dangereux. Et puis, je vis à Paris et déjà, rien qu’avec mes petons, j’ai du mal à me frayer un passage dans la foule. Avec des rollers, c’est carrément suicidaire. Donc on abandonne l’idée.

 

Il y a quelques mois, je suis allée boire un verre avec le scénariste de Modo pour qu’on voit un peu ce qu’on pouvait faire. A un moment, je lui demande de me faire l’histoire de Mitchoum Prod afin que je l’intègre dans mon dossier de presse. Là, il me raconte un peu comment il a eu les idées de ses scénarii, genre « je prenais ma douche un matin quand tout à coup, j’ai eu l’idée ! ». J’avoue que cette conversation m’a un peu exaltée parce que ça m’a rappelé mon propre processus créatif. Moi aussi, l’eau chaude et la vapeur d’eau, ça me stimule. C’est dingue comme sous la douche, j’ai des idées. Parfois, j’ai une idée qui arrive, je commence à la développer et je l’abandonne, je la mets dans un coin de la tête. Puis quelque temps plus tard, j’en récupère des bouts pour les intégrer ailleurs. Par exemple Technopolis, au départ, je voulais en faire une espèce de série policière du futur, l’héroïne s’appelait Heidi, on trouvait la même ville futuriste avec le maire et tout mais y avait une histoire de clone en plus que j’ai virée. J’ai récupéré le décor, le principe politique, la guerre bactériologique… Je stoque tout dans ma petite tête et quand je trouve un fil conducteur pour une histoire qui me plaît et je récupère un peu les idées que j’ai de côté pour voir si je peux en faire quelque chose. En gros, mes romans sont des espèces de patchworks d’idées.

 

De la même façon, dans la vie, des fois, j’ai des idées. Genre le truc qui m’arrive comme ça, bam ! et qui m’enthousiaste totalement. Le pire, c’est que j’ai souvent ces idées
soit dans le métro, soit dans mon lit quand c’est l’heure de dormir, soit sous la douche… soit à des moments où je peux pas m’y atteler de suite. Mais c’est toujours exaltant, ces idées ! Ca obnubile un peu, ça motive, tout ça, tout ça. D’ailleurs, en ce moment, ma machine à idées est hyper (trop) productive. Bon, bien sûr, pas mal d’entre elles ne durent pas cinq minutes, tant elles sont irréalisables. Le pire étant les idées au réveil. Genre je fais un rêve, je me réveille et là : « waaaaaaaaaah, mon rêve, c’est une super idée de roman… ». Puis au bout d’une demi heure, quand mon cerveau est remis à l’endroit, je me rends compte que l’idée est profondément débile. Mais ça m’aura mise de bonne humeur dès le réveil, ce qui est plutôt un exploit.

 
Bon, je vous laisse, j’ai une idée à exploiter, là !
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Les hypersexuelles

Il y a quelques temps, avec Lil, on a parlé de faire un one woman show donc nous avons déjà trois sketchs publiés. Parmi les personnages que je souhaiterais développer, il y a l’hypersexuelle. On l’adore, elle. Mais qui est-ce ? C’est une fille (mais y a des mecs comme ça) qui ne vit que pour et par le sexe. Perso, dans ma vie, j’ai plusieurs pôles d’intérêt : le boulot, les amis, la famille, l’écriture, la musique, la littérature, l’amour, le sexe… Sans ordre de priorité. Le sexe, ce n’est pas sale, hein, mais il y a plein d’autres choses dans la vie. L’hypersexuelle, elle, ne vit que pour le sexe et, à la limite, l’amour, si elle le trouve sur son chemin. Elle dit qu’elle le cherche mais j’ai du mal à le croire, parfois. L’hypersexuelle ne parle aux hommes que dans un but de séduction. Chaque homme est potentiellement un futur occupant de sa couche. Quand elle se trouve dans une assemblée, l’hypersexuelle cherche qui sera son prochain. Parce qu’au fond, c’est tout ce qui l’intéresse.

 

Des hypersexuelles, on en connaît tous. La nana qui arrive le matin et se met à hurler « oh putain, j’ai baisé comme une folle cette nuit, je l’ai fait au moins trois fois. Ce mec, il adore la sodomie ». Je réprime un bâillement poli : mais qu’est-ce qu’on s’en tape. Je ne suis pas une mère la vertu (oui, lecteur, je suppose que tu t’en es rendu compte), j’aime bien parler de sexe mais pas tout le temps et surtout, je ne veux aucun détail. Parce que je suis une fille à l’imagination fertile et quand Julie me raconte qu’elle s’est fait prendre en levrette sur le lit de ses parents par Jonathan… Bordel, je peux pas m’empêcher de visualiser ! Perso, quand je parle de sexe, je reste un peu dans le vague, ne serait-ce que pour respecter l’intimité de mon partenaire. Et puis, en plus, ça m’emmerde de raconter en détail, l’essentiel, je le garde pour nous. Par ailleurs, l’hypersexuelle vampera tous les hommes, les chauffera dans les buts de rajouter un chiffre à ses statistiques. Des fois, je me demande même si les hypersexuelles n’ont pas des carrés sur les murs qui symbolisent leur nombre d’amants, un peu comme en prison…

Avec Lil, on se demande toujours pourquoi des nanas se limitent à ça. Enfin, pourquoi elles se limitent à ça dans leurs conversations et dans l’image qu’elles donnent d’elles. Le sexe, c’est sympa comme sujet et tout le monde a toujours une anecdote à ce sujet mais, par pitié, varions les plaisirs. Parce que le problème avec les monomaniaques, c’est qu’on a vite fait le tour. Alors, on sait qu’elles sont les pros de la fellation. Perso, je vois pas comment je peux affirmer ça, je ne peux me baser que sur les déclaration de mes anciens amants. Elles sont un super coup et peuvent croiser les pieds derrière la tête tellement elles sont souples. Bon, ok, mais elles ont pas intérêt à se rater, y a des messieurs qui pourraient être déçus. On sait tout ce qu’on n’a jamais voulu savoir sur leur vie intime.

De prime abord, on ne sait pas trop quoi leur dire. C’est marrant de parler sexe, mais parler que de ça, arrive un moment où on tourne en boucle. Mais ce qui nous intéresse, c’est le pourquoi du comment. Qu’est-ce qui pousse ces personnes à ne montrer que leur sexualité ? Déjà, je pense qu’il ne faut pas avoir d’amour propre pour se vautrer sur cette seule image. Hé oui, c’est triste à dire mais le sexe, c’est à portée de tout le monde. Si je veux du sexe facile, je n’ai qu’à aller en boîte, haut lieu de drague facile et je peux avoir ma brouette tous les week-ends avec un partenaire différent. C’est à la portée de n’importe quelle fille, même pas besoin d’être belle ou même jolie pour ça. Aucun besoin de subtilité, je me pointe tous seins devants et avant la fin de la soirée, un monsieur m’aura visité dans l’intimité dans les toilettes de la boîte (les pieds dans le PQ répandu sur le sol en guirlandes humides et boueuses) ou sur la
banquette arrière de la voiture. Bref, les chiffres ne veulent rien dire. Sinon, y a meetic, aussi, ça marche d’enfer. Donc pourquoi les hypersexuelles mettent ça à ce point en avant ?

Je me demande déjà s’il n’y a part de manque de confiance en soit, tant au niveau physique qu’au niveau de la personnalité. Sur le plan physique, déjà. Je mentirai en prétendant que ce n’est pas bon de se sentir désirée par un homme. Perso, ça me fait du bien, j’ai tendance à me sentir moche dans mes longues périodes de célibat. Mais soyons honnête : dans ce genre de relation, le mec nous aurait baisé qu’on soit belle ou moche, mince ou grosse, unijambiste ou non. Donc oui, sur le coup, ça rassure de voir que monsieur dresse le mat quand on est tous nus dans un lit mais quand au petit matin, il repart sans demander son reste, y a quand même une certaine remise en question. Limite, il m’aurait laissé 50 euros sur l’oreiller que ça m’aurait même pas étonnée. Quant à la personnalité : aujourd’hui, il faut avoir du sexe pour briller sinon, on est vite rangée dans la catégorie « bête de foire ». Tu dois aimer et avoir du
sexe, ma fille, si tu veux une reconnaissance sociale. Oui bah j’aime le sexe et j’en fais mais suis-je obligée pour autant de l’étaler ? Faut-il être impudique pour faire partie du groupe ? Tout dépend quel groupe on vise car dans certains, je peux vous assurer qu’en arrivant tout en s’exclamant : « putain, mon mec m’a défoncé la chatte hier soir », vous risquez de vous retrouver vite exclue.

Pourtant, le sexe, c’est tellement facile d’en parler et ça cache tellement les lacunes dans les autres domaine. Parler de fission nucléaire ? Mmmm, tu veux pas parler fellation plutôt ? près tout, fission, fellation, ça commence et ça termine pareil : un échauffement d’une certaine partie qui se termine en explosion… (on notera que je ne connais strictement rien dans ce domaine et que je viens sans doute de dire une énorme connerie). Le dernier livre que j’ai lu ? Heu… La philosophie du Kama Sutra (alors qu’en vrai, c’est les
Schtroumpfs et le Cracoucas) ! Enfin, vous saisissez le truc. Plutôt que de passer pour une conne, on dévie le sujet sur un truc qu’on maîtrise et qui en général fait parler tout le monde. Sauf que ces grosses ficelles finissent par se voir et faudra pas s’étonner si dans le dos des hypersexuelles on a collé l’étiquette : « conne, inculte et creuse, à éviter ».

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