Où trouver l’homme ? Episode 11 : la balade romantique

A la recherche du prince charmant

 

(Note pour toi, nouveau lecteur ou toi, ancien lecteur inattentif : cet article est une fiction, la scène suivante n’est jamais arrivée.)

La semaine dernière, lors d’un abordage en toute finesse sur un trottoir, j’ai attrapé le numéro de téléphone d’un gars plutôt pas mal. Après un échange standard de coups de fil, nous voici  à la concorde pour un rendez-vous « balade in Paris ». Hé oui, j’ai joué la provinciale paumée, il va falloir assumer et jouer les niaises à coup de « oh » et de « ah ».

Bon, il est à l’heure, bon point. Un homme motivé à l’idée de conclure avec une fille est ponctuel (ou à peu près, la ponctualité est un sport à Paris). On chemine
joyeusement dans le parc des tuileries en se demandant quoi de neuf depuis la dernière fois, on parle de nos boulots respectifs.

« Tu fais quoi ?

– Responsable de communautés.

– …

– Non, je travaille pas dans une secte ».

Ce qui est bien avec mon métier, c’est que ça fait toujours son effet quand tu donnes l’intitulé, les gens te regardent toujours un poil effrayés. Bref, après les échanges d’usage, ça devient laborieux.

« C’est agréable.

– Oui, il fait beau aujourd’hui.

– Ouais.

– …

 »


Un ange passe et il a ramené tous ses potes. Des fois, dans ces cas là, j’aimerais réellement qu’un ange passe, ça ferait un sujet de conversation, au moins.

« Et sinon, tu fais du sport ? »

Aïe, la question qui fâche. J’hésite à lui parler de ma drague sportive mais je vais me contenter de lui expliquer que je me suis ruinée le poignet en roller mais dès que je peux, je retourne à la piscine puis à la salle de sport où j’ai pris un abonnement. J’ai bien compris que je choperai pas là-bas mais au prix de la salle, faut rentabiliser, hein. Et là, il me parle de sa passion pour le foot, le sport ultra national qui ne m’a jamais réellement passionnée, même si je fais des efforts. Et là, le garçon, taquin, me demande « c’est quoi ton équipe préférée ?

– Oh moi, le foot… Et toi ?

– Devine ! ».

Et là, je prie l’escouade d’anges qui nous escorte de ne pas parler à un fan acharné des fois que je me plante d’équipe. Non mais c’est vrai, si le mec, c’est un ultra de Boulogne et que je réponds l’OM, je sens que je vais rigoler. De l’autre côté, les ultras de Boulogne, je suis pas sûre d’avoir envie de les fréquenter, je sais pas pourquoi… On n’a pas le même humour. Bon, allez on se lance « Heu… l’OL ? ». Bon, je me suis trompée mais ça le fait rire, c’est donc pas un ultra, il n’aime même pas le PSG. Mais voilà, maintenant qu’on a joué au devine-mon-équipe-de-foot-préférée, nous revoici dans nos grands silences contemplatifs.

On s’arrête à un café. Peut-être qu’il n’arrive pas à marcher et parler en même temps ? Assis, il n’est pas plus bavard. Bon, on va s’entraîner à touiller le café. Comme c’est passionnant. Bien, là, il est temps de trouver une bonne excuse pour fuir. Il est mignon mais il n’y a aucun feeling entre nous, c’est un fait. Hop, je lui raconte que je dois voir ma sœur pour dîner chez elle. « On se rappelle », me dit-il. Je prends ça pour une façon polie de dire « toi et moi, ça le fait pas du tout, tu le sais, je le sais, on va arrêter le massacre ». Je lui tape la bise et je file fissa chez moi. En trajet, je reçois un sms : « super l’après-midi avec toi, j’espère qu’on remettra vite ça ». Je ne
comprendrai jamais les hommes.

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