Tout le monde déteste le travail

Sincèrement, j’exagère à peine. Je vous annonçais donc que j’allais quitter mon job, peu importe que je trouve quelque chose ou non. Ma période d’essai se termine le 09 mars (enfin, j’ai un doute sur le sujet, la précédente devait se terminer le 08 novembre puis le 09 puis le 12 car j’ai pris 4 jours de congés mais sur ma lettre de renouvellement, antidatée la lettre au passage, on était revenus au 09. Restons donc sur la date inscrite sur cette lettre). J’ai jusqu’au 05 février pour trouver un autre job sinon, j’irai toquer à la porte de la DRH. Je vous raconterai une autre fois mes différents scénarii car ma décision de lâcher l’affaire et les réactions autour de moi me semblent symptomatiques. Je crois que tout le monde déteste le travail.

Tout le monde déteste le travail

J’en ai parlé à quelques personnes, j’ai pas placardé non plus la nouvelle en 4 par 3 dans les rues de la ville. Non que ça m’ennuierait que mes employeurs finissent par l’apprendre, je souhaite ardemment que EUX mettent fin à ma période d’essai. Des anciens collègues, des amis, des nouveaux collègues… et j’ai eu une unanimité pour dire que je prenais la bonne décision. Victor était limite à me jeter des confettis quand je lui ai annoncé ma décision, il ne supportait plus de me voir au fond, d’être énervée, éreintée, désespérée, même. Mais surtout, j’ai eu plusieurs “t’as de la chance de pouvoir”. A peu près ce que j’ai dit à d’anciens collègues tombés au combat et qui avaient arraché une rupture conventionnelle et qui avaient la possibilité de prendre le temps de réfléchir au prochain coup, de souffler avant de repartir. J’ai parfois un peu de jalousie pour cette copine en arrêt longue durée car burnout (pas celle dont je parlais dans l’article précédent), celle qui a perdu son job suite à un licenciement économique (elle s’en est ramassée deux en deux ou trois ans) et qui a profité pour tenter une nouvelle carrière. A quel moment on envie ou jalouse ceux qui perdent leur job ? Je parle bien sûr du secteur tertiaire, hein et de personnes encore jeunes, je n’aurais pas l’audace de raconter la même histoire pour les licenciés de Goodyear ou France Telecom.

Le travail m'a tuer - Vuillemin

Peut-être d’ailleurs que nous sommes des enfants gâtés, que nous considérons que nous n’avons plus à sacrifier notre vie, notre santé, pour gagner de quoi vivre. Peut-être que dans mon secteur, on a bien conscience que nos métiers ne servent à rien, le fameux bullshit jobs dont parle David Graeber (je suis en pleine lecture) qui nous pompent l’air et épuisent notre énergie pour rien. Peut-être que l’état du marché du travail nous met aussi dans un état de tension permanent, un système qui nous met à la merci d’individus toxiques et nuisibles ? Parce que j’entends que ça chiale dur sur le fait qu’on peut plus licencier les gens (lol comme disaient les jeunes de la décennie dernière) mais nous sommes nous-mêmes retenus en otage. Les ruptures conventionnelles ? Des Pokemon rares : dans mon ancienne boîte, un collègue a gueulé pendant 6 mois pour en obtenir une. Moi,ma chef m’a dit texto “y a plus rien pour toi ici” mais a attendu patiemment que je démissionne en me foutant des coups de pression sans le moindre sens. Parce que y a un quota de ruptures conventionnelles apparemment. Démissionner ? Encore faut-il pouvoir se le permettre. Moi par exemple, ça fait quasi 12 ans que je cotise mais pas le droit de toucher un kopek si c’est moi qui pars. “Ah mais oui mais non mais si on fait ça, c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres, tout le monde va démissionner tout le temps, aussi !”. Ce qui nous laisse donc sous la coupe de tortionnaires qui savent qu’on ne pourra pas claquer la porte tant qu’on n’a pas trouvé de nouveaux plans. Et des fois, c’est long.

Mon chef est horrible

Bref, les réactions de mes amis vis à vis de ma démission me le confirment : tout le monde déteste le travail. Enfin… le monde du travail.

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Tous des cons

L’autre jour, je me baladais dans la FNAC, avide et angoissée. Non parce que me lâcher dans la FNAC, c’est comme lâcher un boulimique dans une pâtisserie. Je veux tout, je consomme avec excès et après, je sais plus quoi faire de mes vieux livres. Et je me demande si je peux déontologiquement les ruiner pour construire soit un meuble, soit des trucs déco ou si c’est tuer l’âme du livre. Enfin, les bouquins type Chick litt, je peux les pulvériser, non ?

Bref c’est pas du tout mon sujet. En furetant, je découvre sur une table différents ouvrages dont le titre comportait le mot « con ». En somme plusieurs manuels pour nous apprendre à survivre au milieu de tous ces cons que sont nos collègues, nos voisins, notre famille (parents et enfants compris). En un mot : l’autre. Théorème : l’autre est un con. Or si je est un autre, je est con. Car oui mes petits, ne nous le voilons pas la face : on est toujours le con d’un autre.

De fait, le mot con recouvre pas mal de réalités :
– est con l’idiot qui ne comprend pas ce que tu lui expliques et qui a des capacités intellectuelles moindres (selon ta propre perception, notons que parfois, la vérité est une notion subjective donc nul n’a obligatoirement tort ou raison).
– est con l’inculte qui n’a pas connaissance de ce qui te paraît la base de la culture (là, encore, c’est subjectif)
– est con celui qui se comporte en dépit des règles élémentaires de courtoisie et de politesse. Du genre les gens que j’ai décrit dans mon article sur les passagers indélicats du métro.
– est con le goujat voire l’ordure finie qui descend les autres à tour de bras et se sert de leur cadavres pour grimper haut.

Bref, le mot “con” est utilisé de façon très large, d’où ce marketing qui se développe autour du con, cet autre nuisible qui nous empêche de vivre au monde des Bisounours. Le con nuit à notre sérénité et notre petit plan bien établi. Le con, c’est celui qui t’appelle quand tu es débordé pour une demande urgente, celui qui n’a pas fait correctement la tâche que tu lui avais confié, soit par manque de compréhension soit par feignantise. Le con nous énerve, nous rend de mauvaise humeur mais le con étant partout, il faut composer avec lui. D’où la multiplication des ouvrages nous expliquant comme les niquer avec classe. Ou en gros “si tu veux composer avec des cons, sois plus con qu’eux !”. Parce qu’à côté de mes livres sur “composer avec les cons”, nous avons tous les bouquins de pseudo développement personnel à base de “manipule les codes pour être le plus fort”. Ainsi grâce au Mentalist, nous découvrons tous avec enthousiasme le PNL, cette méthode magique qui te permet de faire avaler des couleuvres à l’autre qui s’exécutera avec grand enthousiasme.

Car n’oublions pas : les autres sont toujours plus cons que toi, tu les baiseras tous grâce à ta connaissance de la connerie humaine et comment la modeler pour avoir ce que tu veux. Car l’autre est un mouton, il n’a ni capacité de réflexion ni libre arbitre. Alors, je vais te faire un révélation (houuuu) : le plus con, c’est bien celui qui achète ces bouquins en pensant que demain, il sera le roi de la manipulation donc du pétrole. Parce que ce n’est qu’un catalogue de ficelles plus grosses les unes que les autres et qui ne marcheront qu’une fois sur un public crédule. Les autres te verront arriver avec tes sabots 3 tonnes et sauront de suite ce que tu cherches à cacher. Un peu comme un powerpoint : plus tu mets d’effets, moins t’as de choses pertinentes et intelligentes à dire.

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Le souci de la bonne performance

Cette semaine, Pink m’a montré une page web parlant du sextoy le plus inutile du monde, le sex counter. Je vous explique le principe : c’est un cockring qui calcule le nombre d’allers-retours que fait monsieur pendant l’acte. Alors là, je reste sans voix. Ce qui est extrêmement rare en matière de sexe, mes voisins peuvent en témoigner.


Bon, alors, je ne comprends pas bien l’utilité de la chose. Déjà, je n’ai objectivement pas la moindre idée du nombre d’allers-retours que compte un coït moyen, à supposer que le monsieur se contente de limer en rythme ce qui est profondément ennuyeux pour tout le monde. Déjà, il faut bien comprendre que la durée n’est pas du tout un critère de qualité. En gros, sur une même durée, je peux soit grimper trois fois au plafond, soit planifier toute ma semaine, faire mentalement la liste des courses et prier très fort pour que le monsieur, là, finisse son œuvre parce que je m’ennuie. Et puis tiens, imaginons que le monsieur arrête de me fouiller avec son sexe pour me tripoter avec ses doigts. Faut-il qu’il change le cockring de place ? Celui-ci se remet-il à zéro après une période d’inactivité ?


Bref, j’ironise parce que je trouve le principe au mieux débile, au pire nuisible pour la sexualité des personnes concernées. Non mais franchement, si le mec se concentre à mort sur le chiffre qui va apparaître sur cet anneau, je ne vois plus bien à quoi je sers, moi. A part me dire que c’est mieux quand il ne fait pas attention à ce genre de détail. Parce que je me fous des quantités. Je ne chronomètre pas la prestation, je ne compte pas le nombre d’allers-retour, les positions et le temps d’enchaînement et je ne parle pas d’autres données statistiques plus… enfin moins glamour, on dira. Parce qu’on s’en fout. Le sexe n’est pas une compétition sportive. Oui, il y a du sport mais ça va être vachement moins drôle si on sort les chronomètres, bitomètres et qu’on se prend le pouls à la fin.


Alors évidemment, certaines me diront que pour une fois que la pression est du côté des mecs, c’est pas si mal. Moi, je ne trouve pas. S’il se concentre trop sur son score, il va m’oublier, moi, à l’autre bout de son engin. Mais surtout, l’idée même du sex toy est de rajouter du fun aux jeux sexuels, à priori. Là, paie ton fun, c’est pire qu’à l’école quand on devait courir le 100 mètres pour la note du trimestre. Enfin, non, pas le 100 mètres, l’épreuve d’endurance est plus adaptée à la métaphore. Et je détestais l’épreuve d’endurance surtout que là, le sex counter ne vous pardonnera rien, impossible de faire le crocodile sans se faire pincer. Bonjour l’angoisse. Si ça ne provoque pas de pannes, ce genre de jouet, on aura de la chance.


Finalement, quitte à nous mettre des anneaux rigolos, rien ne vaut un bon anneau vibrant, testé et validé (enfin, par moi, ça ne semble pas trop faire triper les hommes).


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