Cinq sœurs

Je me suis demandée si j’allais faire un article léger ou un sérieux aujourd’hui et comme je m’en suis voulue d’avoir déprimé tout le monde avec mon article de jeudi, je vais partir dans le comique. Alors je vais te parler d’une série mortelle que j’ai découverte un peu par accident récemment. Quand je dis mortelle, ça veut dire tarte et ce sont celles que je préfère.

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Le pitch : un docteur a 5 filles et retrouve un fils (mais on sait pas encore si c’est vraiment le sien ou pas, y a un mystère) et évidemment, nos 5 demoiselles ont des maris
et/ou des amants et des amis aussi. Le bon docteur lui-même a une jeune fiancée et travaille dans un hôpital dont il est directeur où y a plein de monde. Donc, c’est magique : t’as plein de gens de plein de générations donc ça fait plein d’histoires. Je précise que cette série est commise par Marathon, les mêmes qui ont fait Sous le soleil. L’action se passe naturellement dans le sud de la France, à Nice.

Bon maintenant que j’ai posé la base, rigolons un peu avec les quelques épisodes que j’ai vus. J’en ai pas vus beaucoup mais y a déjà de quoi dire. Déjà, c’est une série super open car il y a plein de mélanges ethniques. Par exemple, on a Manu, la petite dernière qui a un petit côté kaïra du 9-2 (Neuilly quoi) qui ne fréquente que des Blacks dont un qui a une coupe afro proprement hallucinante. On a également Béné, la 2e, blonde (les deux premières sont blondes, les 3 dernières brunes), mère au foyer catho coincée qui sort direct de La vie est un long fleuve tranquille. Ben figurez vous que la Béné, elle roule une pelle à un Arabe qui n’est même pas son mari ! Bon, c’est un Arabe en chemise genre golden boy mais imaginez le truc, c’est révolutionnaire pour un programme télé !

Après, on a les histoire abracadabrantesques. Par exemple, Lucie qui est la troisième, il lui en arrive des choses. Déjà, j’adore l’actrice genre mono expression qui fait toujours les yeux ronds, la mâchoire serrée quoi qu’il lui arrive. C’est la sœur un peu dark genre médecin le jour, strip teaseuse la nuit car elle adore se foutre à poil devant des hommes et écrit ça dans son roman autofictionnel que sa sœur, Manu, lit comme ça, ça nous fait une belle confrontation. Mais Lucie, à un moment, elle se fait droguer par un homme qui la prend en photo à poil et c’est terrible car il la fait chanter et tout. On a aussi l’histoire du papa qui se fait empoisonner à petit feu. Mais là, on a le super élément : la mamie qui tire les cartes. Comme si le scénario était trop plein de suspense, pour le rendre moins anxiogène, on met mamie qui tire les cartes et va nous raconter tout ce qu’il va se passer pour pas qu’on ait trop peur « oh mon Dieu, quelqu’un va essayer d’empoisonner Pierre ! ». Du coup, Léa et Elise, les deux dernières sœurs courent vite à l’hôpital et empêchent leur père de manger le plat. Mais en fait, c’est l’infirmière en chef qui veut le tuer, celle là même qui lui emmène tous ses plats. Elle est trop in love de lui et n’a pas supporté qu’il demande une doctoresse de l’âge d’une de ses filles en mariage. Alors elle empoisonne sa volvic mais au moment où le docteur allait la boire, y a son fils illégitime qui arrive et boit le verre car il a trop soif et manque de mourir. Du coup, l’infirmière, découverte, essaie de se tuer en finissant la volvic.

Tiens, parlons du fils illégitime. Alors le vrai fils illégitime, c’est Lucas. En descendant à Nice pour retrouver son père, il prend en stop Tom mais ils ont un accident et comme Tom croit que Lucas est mort, il prend sa place dans la famille du docteur mais en vrai, Lucas, il est pas mort et on sent bien qu’il va sortir du coma et revenir. En plus, Tom, il est amoureux de Lucie qui est censée être sa sœur alors je vous dis pas le schmiblick. Y a aussi une histoire de mec qui aurait tué sa femme aussi mais on sait pas trop et ça, j’ai pas trop compris mais celui-là, il a un mec attaché dans sa cave, j’ai pas compris qui c’était parce que je rate pas mal d’épisodes quand même.

 

Bref, comme vous l’avez compris, j’adore ce genre de séries juste pour le plaisir de les résumer. Bon, je suis pas trop parce que je n’ai pas que ça à faire de ma vie mais là, je
sens qu’on tient une vraie série culte, un peu comme Plus belle la vie. Mais celle-là, je l’ai jamais vue mais promis, un jour, je m’y mettrai et je vous raconterai.

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La balade de la provinciale bouseuse

Paris. 2 ans que j’y vis. Ca fait un bail, certes mais il n’en reste pas moins que quoi qu’il arrive, je serai toujours née en province, dans cet ailleurs où aussi incroyable
que cela puisse pareille, on a l’électricité et l’eau chaude. On a même l’ADSL. Dingue non ?

province

Globalement, j’aime Paris, aucun souci. Je me balade dans la rue telle une princesse moderne (au moins). Sauf que quoi que je fasse, quoi je dise, je serais toujours née en
province et pour certains, c’est carrément un défaut. Bon, avant de continuer, je précise que, non, tous les Parisiens ne sont pas comme ça donc attendez un peu avant de me lapider. Il y a quelques temps, on prenait un verre du côté de Beaubourg avec Jane et elle m’expliquait que parfois, elle avait le sentiment d’être une parvenue. Mmmm, pas mieux. Dans ma province natale, je suis la fille du docteur, celui qu’on dit qu’il est chez les francs maçons (ça me fait toujours autant rire ça). A Paris, je suis une merde qui vit en banlieue et n’a même pas des fringues de marque. Non, H&M ou Promod, ça compte pas comme des marques. J’ai même pas un sac Vuitton ! Non mais cette lose, quoi !

Bon, je caricature, of course, mais j’essaie d’illustrer cette élite parisienne à laquelle on ne peut pas appartenir si on est provinciaux parce que la province, rien que le mot pue la bouse de vache. Y en a même qui disent province en faisant unes espèce de grimace de dégoût. Pourtant, des Parisiens de Paris (sans parler de Paris intra muros), c’est quand même pas si courant que ça.

Parfois, je suis franchement agacée par ce rejet. Petite, quand je partais en vacances, les autres enfants se moquaient des fois de mon accent. Maintenant, ça me rend sympa
(même si je le perds, enfer et damnation) sauf auprès de certaines personnes. Ben, oui, moi, à 14 ans, je sortais pas dans les boîtes hyper VIP parisiennes. Déjà, je ne vivais pas sur Paris à ce moment là et de toute façon, je pense pas que ma mère m’aurait laissé sortir si jeune en boîte. Ouais, en province, on est pas toujours très cools ! Même qu’on est alcooliques, arriérés, démodés, incultes et qu’on roule tous en voiture tuning avec des chemises à carreaux, des bretelles et des bérets.

Faut dire que les médias n’aident pas à faire circuler une image cool de la province. Par exemple, prenons notre ami Jean-Pierre Pernault. Ben, forcément, si on se limite à
son journal, faut pas s’étonner de passer pour des bouseux. Y a 3 ans, j’ai vu un reportage sur un marché à côté de ma ville natale, bonjour les clichés : balances à poids parce que
l’électronique, ça pue, bérets et accents du terroir à gogo, bâtisses en vieilles pierres… Ah, merde, ils ont raté leur coup, si on regarde bien, on voit un poteau électrique. Pourtant, il y a des grandes villes autre que Paris genre Lyon, Lille, Marseille, Strasbourg… Ou Toulouse. Oui, la ville où j’ai vécu 7 ans, que même y a un métro ! Je me souviens, en 99, j’étais venue sur Paris avec Rachel, d’origine parisienne, j’avais trop l’impression d’être la débile de service « fais attention à ton sac, on va te le voler ! Non mais le métro aux heures de pointe, tu sais pas ce que c’est, tu te rends pas compte ! Aaaaaaaaaah non, c’est pas vrai, j’ai pas pris l’accent du sud, c’est trop horrible ! ». Bon, forcément, tu me connais lecteur,
moi et mon caractère patient : « Mais arrête de me prendre pour une teu-bê, je suis déjà venue sur Paris et les heures de pointe, je connais ! ». Non parce qu’à Toulouse, à la
fac, quand on sort à 18h, faut prendre le métro en sens inverse et remonter deux stations plus haut pour espérer pouvoir rentrer dans la rame avant 19h, qu’on est pliés en deux, que si on pouvait entasser les gens vers le haut, on le ferait. Non mais vous pensez vraiment avoir le monopole de la foule ? Et puis je me suis jamais fait piquer mon sac parce que même si je m’habille pas chez Prada, Gucci ou D&G, ben, c’est pas écrit sur ma gueule que je suis provinciale. Et d’ailleurs, je dirais même qu’être provinciale, c’est un atout. On est pas sclérosé culturellement, on sait qu’il existe une vie au delà des lignes de métro et que la vie culturelle en province est tout aussi intéressante, voire même plus. Moi, je viens du pays de Nougaro et de Zebda et j’emmerde les parisiano-centrés. Oui, j’ai pas fait des écoles parisiennes, je n’ai pas forcément mes entrées dans le beau monde (et encore, pour une provinciale, je me démerde pas si mal) et alors ? Moi, je ne m’arrête pas à une petite vision étriquée des choses. Moi, je ne me fie pas aux sacs et chaussures des gens (bon, ok, je les regarde même pas). Mes parents n’ont pas eu la bonne idée de me faire naître à Paris (voire à l’hôpital américain de Neuilly), est-ce que ça fait de moi une mauvaise personne ? Une personne méprisable ?

Bref, le prochain qui me dit « han, tu viens de province ? » en plissant le nez, je lui fais livrer une bouse de vache par la Poste. La province, y a que ça de vrai !

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