Petit guide pour blogueurs en mal de célébrité (volume 2)

L’autre, je vous expliquais avec le talent qui me caractérise (mouarfff ! Quelle modestie) quelques tuyaux pour faire un blog qui déchire. Mais c’est pas tout d’avoir un beau blog, il faut que les gens le découvrent. Parce que tu peux être une pépite d’humour et de finesse, si personne ne sait que ton blog existe, ça sert un peu à rien. Alors, aujourd’hui, je te donne des tuyaux pour faire de la pub pour ton blog.

 

Bon, déjà, tu as les annuaires et les moteurs de recherche mais ça, je vais pas t’en parler parce que tout le monde le fait et c’est même pas drôle. Moi, je fais te filer des conseils d’une vieille blogueuse, à appliquer ou non. Alors comment popularise-t-on un blog ? Alors, déjà, de quoi tu parles ? Non parce que par exemple, si tu fais un blog sur l’OM, c’est pas super la peine d’aller faire ton malin sur un forum pro-PSG. Parce que si tu attires des lecteurs grâce à ça, tu risques que de récolter des comms d’insultes donc je te le conseille
pas. Donc, déjà, si tu veux faire ton malin sur les forums en mettant l’adresse de ton blog, assure-toi de pas te faire des ennemis parce que se faire attaquer en permanence sur son blog, c’est pas franchement amusant. Ça peut même te dégoûter à vie du blog… Pourtant, certains utilisent cette technique. Par exemple, lors de mes interviews pour Modo, deux over-bloguiens m’ont parlé d’un commentateur militant FN qui venait les insulter. Ah oui, je le connais bien celui-là, il m’a fait pareil ! Sauf qu’à force d’insulter les gens, tout le monde le dénonçait sur le forum OB pour son blog à la limite de la loi (presque raciste, presque négationniste…) et dès qu’il faisait un pas de travers, hop ! blog suspendu. Donc voilà, c’est pas vraiment une bonne technique.

Le mieux, c’est de faire ami ami avec les autres blogueurs. Parce que finalement, la blogosphère, c’est vraiment comme le lycée (voire le collège) : toi, t’es nouveau, tu arrives en cours d’année et les groupes sont déjà constitués. Mais les groupes ne sont pas hermétiques, à toi de t’intégrer. Comment ? Mais comme dans la vie. Tu entames la conversation. Ce qui est bien sur les blogs, c’est que les gens te livrent un texte ou une planche, tu n’as plus qu’à commenter. Mais, s’il te plaît, sois pertinent. On raye de suite les « trop cool ton
blog, viens voir le mien ». Ce genre de comm, je les efface. Déjà, j’aime sentir que la personne a vraiment lu ce que je m’étais cassée à écrire. Après, tu n’es pas obligé d’être toujours d’accord avec ce que je dis non plus, c’est même la vie. Parce qu’un mec qui commente toujours « t’as trop raison, tu es géniale ! », je vais pas aller voir son blog et à la fin, je risque même de me foutre de lui. Non, sois pertinent mais correct. Tu as le droit de ne pas être d’accord avec moi, c’est pas une raison pour me mépriser ou m’insulter. Non, sois courtois, sincère, pertinent et les gens viendront te lire (et pas que celui chez qui tu commentes, magie !).

Après, ce qui marche quand même bien, c’est le léchage de fesses. J’en eus connu qui étaient des spécialistes. Déjà, ils commençaient par un « en fait, je voulais trop te rencontrer car c’est toi qui m’a donné envie de créer mon blog ». Ça, c’est très bon ! Du coup, on se sent un peu parrain/marraine du nouveau blogueur et même qu’on le met en lien. Enfin, moi, je le fais plus, je laisse grandir un peu ledit blog pour voir si je le linke ou pas. Non parce que le lien en blog, c’est délicat : si je linke un blog, c’est un gage de qualité donc je mets pas n’importe quoi. Or, parfois, un blog bien parti perd rapidement en qualité, ça m’emmerde de le laisser lié mais si je l’efface, ça va faire des histoires à base de « ouais, elle a enlevé mon lien, c’est une connasse, elle est jalouse de mon succès » ou chais pas quoi. Sauf que le fait d’être lié sur un blog, ça rapporte au mieux une dizaine de visites par jour donc pas de quoi s’extasier non plus. Par contre, faire ami/ami avec un blogueur, ça, c’est plus efficace. Par exemple : « Hier, je suis allée avec LilVirgo faire des courses »… Donc lien vers Lil. La demoiselle commente chez moi et comme elle est trop drôle, mes lecteurs-commentateurs passent la
voir à leur tour et hop. Ce qui marche vachement bien, aussi, c’est les soirées blogueurs et tout ça, faut pas en rater une. Moi, honnêtement, je suis allée à aucune. Parce que je n’en vois guère l’intérêt, si je veux rencontrer un blogueur, je lui écris direct un mail, ça va plus vite. Mais bon, ça reste un bon truc pour se faire des copains et se faire linker un peu à droite à gauche.

Mais là, encore, attention, ce genre de relation, ça se gère. Hé oui parce que des fois, les blogueurs, ils se tirent dessus. Genre, fais de la lèche, ok, mais fais en sorte qu’on ne relève pas ton hypocrisie parce que sinon, tu vas perdre ton lien sur les autres blogs. Après, si tu te la joues sur ton blog, attention aux rencontres, ça risque de te retomber dessus. Par exemple, si tu te la joues « je suis trop un tombeur, j’ai couché avec 258 filles », évite de t’étonner quand une blogueuse avec qui tu passes la nuit se couche sur le ventre malgré son opulente poitrine parce qu’elle va avoir tendance à penser que t’as trempé ton biscuit à peine trois fois dans ta vie. De la meme façon, rencontrer des blogueurs, c’est donner un visage à son pseudo et là, c’est à manipuler avec précaution. Bon, si tu dis que tu es beau ou belle sur ton blog, tout le monde te croira, pas le choix. Si tu mets des photos de toi sur ton blog et que tu ressembles plus à Lova Moor aujourd’hui qu’à Adriana Karembeu, bon,  y en aura toujours quelques uns qui se sentiront obligés de dire « ouah, comme t’es trop belle », comme on dit toujours qu’un nouveau né est beau, même si on le trouve laid. Mais je pense que tes stats vont s’en ressentir. De la même façon, si tu n’arrêtes pas de vanter ta beauté, ne mets jamais de photos car tu risques d’être la cible de deux blogueuses languedeputes qui commentent sur MSN (j’avoue que je fus l’une d’entre elles). Donc si tu dis que tu es sublime, évite de donner ton visage d’une façon ou d’une autre, ça fera partie de ta légende : « Bidule, le blogueur si beau que personne ne l’a jamais vu ». La rumeur peut être un bon argument vente aussi mais c’est très dangereux quand même, à manier avec précaution. Par exemple, si on dit « en fait, Nina, c’est Virginie Despentes » ou une autre écrivaine connue, c’est cool. Par contre, si tu fais naître une rumeur à base de « Nina sort avec blogueur machin », les gens peuvent se passionner de cette histoire et fouiller sur vos blogs respectifs
pour voir si c’est vrai ou pas. Le problème, c’est que ça peut te revenir dans la gueule, genre « il a dit ça sur elle », « elle a dit ça sur lui », « il paraît que c’est un mauvais coup », « il/elle l’a trompé(e) ». Alors, à la limite, y a pas de couple Nina-blogueur X donc tout ça, c’est fatigant mais bénef mais si le couple existe vraiment, ça peut l’atomiser ce genre de conneries.

Voilà, maintenant, tu as un blog top et tu as appris à lécher les bottes des blogueurs pour qu’ils parlent de toi… A partir de là, tu es bien parti pour devenir un blogueur incontournable !

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Paris vs province

Aujourd’hui, je ne parlerai pas de sexe, désolée pour les obsédés. Non, en ce jour, je vais parler boulot et surtout études.
 

L’autre jour, je parlais avec ma sœur sur MSN, nous causions boulot, pour changer. Oui, Alice et moi adorons nous faire du mal en pleurant sur nos diplômes provinciaux qui n’ouvrent aucune porte. Regardons un instant mon CV : un bac littéraire (avec mention, siou plaît !), une maîtrise d’histoire (toujours avec mention), une maîtrise de science po (idem) et un master de journalisme (toujours pareil). Bon, on ne peut pas dire que je sois une bille en études. Bon, évidemment, un diplôme en soit ne veut rien dire. Par exemple, en science po, il suffisait d’étudier pour réussir, rien d’insurmontable. De même en journalisme : on a tous cartonnés en modules techniques et les cours, il suffisait à peu près de recracher, sauf quelques rares exceptions. Mais tout ça pour dire que les formations que j’ai suivies, je les ai réussies avec brio. Et pourtant, chômage. A côté, prenons un étudiant d’une école de journalisme de Paris non reconnue par la profession parce que, faut dire ce qui est, certaines sont profondément merdiques. Par exemple, en tant que chef de rubrique sur un webzine, je dois gérer plusieurs pigistes. L’un d’eux, en deuxième année d’ISCOM me rendait chaque mois des petites brèves insolites, soit. Un soir, alors que je montais sur dreamweaver ce qu’il m’avait rendu, quelque chose me turlupine. J’ai déjà lu ces articles. Un petit tour sur le net et mon sang se glace : ça fait trois mois que ce con me rend des copier/coller de dépêches AFP ! J’en informe de suite le directeur de publication qui refuse donc de publier la prose copiée du jeune homme. Oui, sans être une pro du droit d’auteur, je sais qu’on n’a pas le droit de copier un texte qui n’est pas de nous et le signer de notre nom !

 

Agacée, j’envoie donc un mail au jeune homme, insistant sur les retombées dramatiques qu’il y aurait pu y avoir si quelqu’un s’en était rendu compte. Et là, le mec me répond : « ah mais je savais pas, tu ne me l’avais pas dit ! ». Non mais je rêve ! Ce mec suit des études d’info/comm dans une école à 4500 euros l’année minimum et il ne sait même pas ça ? C’est moi, pauvre étudiante en journalisme qui doit lui apprendre les règles de base ? Et pourtant, quand un employeur verra nos deux CV, il aura plus de chance d’être pris que moi car lui, il a fait une école parisienne.

 

Le problème ne touche pas que le journalisme. Ma sœur a fait commerce : 3 ans dans une école de gestion et de commerce dans notre ville natale où elle a fini major de sa promo, deux ans d’ESC à Toulouse. Bon, vous le savez peut-être pas mais un ESC, ce n’est pas de la merde. Il faut savoir que ma sœur a été reçue à TOUS les oraux des ESC qu’elle a présentée et a été admise à TOUS les oraux qu’elle a présenté sauf un (oui, pour elle, le négationnisme, c’était le fait de nier tout, elle n’avait pas fait de lien du tout avec l’Histoire donc bon). Et ma sœur qui n’est pas la moitié d’une abrutie n’aura pas un poste si elle se retrouve face à un mec qui sort d’une école équivalente mais parisienne.

 

Et là, je hurle mon indignation. Bon, la France est un pays globalement mal décentralisé, je ne le découvre pas aujourd’hui. Mais si les diplômes de province ne valent rien, autant fermer tous les établissements là-bas. Au nom de quoi une école parisienne vaudrait-elle mieux qu’une école provinciale ? Surtout qu’à Paris, des écoles de merde, il y en a, notamment en journalisme puisque c’est la filière que je connais la mieux. Serai-je toujours à la masse car mes parents n’ont pas eu le bon goût de me faire naître à Paris ? Ne trouverai-je que des postes minables parce que je n’ai pas eu mon bac à Henri IV et que je n’ai pas fait science po Paris ?

 

Au-delà du problème du diplôme, y a le problème du réseau. En février, je suis allée dîner avec Clara et un de nos camarades de promo qui continue joyeusement ses études plutôt que de chercher du boulot (si moi je suis surdiplômée, lui, je me demande ce qu’il est…). Et nous voilà à chouiner : « ben tu vois, un élève de telle école-de-merde (je suis généreuse, je cite pas), il trouvera plus facilement du boulot que nous parce que lui, au moins, il a un réseau. » Le mot est lâché : réseau ! Si je regarde dans mon carnet d’adresse, c’est pas brillant, il ne fourmille pas de journalistes parisiens, loin de là. Sur mon CV, une seule expérience significative s’est déroulée sur Paris et pas dans un grand journal. C’est ça qui me tue tout. Parce que, mine de rien, les journaux omettent souvent de passer des annonces pour recruter ou le font quand le poste est quasiment déjà pourvu, pour être en accord avec la loi. Or, moi, je ne connais personne qui m’appellera pour me proposer un poste vacant. Les candidatures spontanées ? Ah, ça, le « on garde votre CV en archives », je l’ai entendu mais si un petit journaliste chômeur connaît quelqu’un dans la rédaction, il passera toujours devant moi, même s’il sort d’école-de-merde et qu’il n’a fait qu’un stage à « Salut » ou « OK podium ».

 

Nous sommes bientôt au mois d’avril et là, je dois prendre une décision. Je suis incapable de savoir ce qui est le mieux pour moi donc tous les conseils que vous pourrez me donner sur le sujet seront les bienvenus. Et le thème est : « dois-je reprendre mes études ? ». En fait, l’IPJ (Institut Pratique de Journalisme) reconnu par l’Etat propose deux diplômes qui peuvent m’intéresser : le diplôme de l’école (on est pris sur dossier) et le master pro de journalisme (concours). Si je choisis le premier, j’ai encore le temps de décider mais pour le second, faut que je m’active : on révise pas un concours trois jours avant. Guillaume II m’a posé une bonne question : « mais tu vas apprendre quoi de plus ? ». Rien ou presque. Alors pourquoi ? Juste pour intégrer le réseau. Des cours de journalisme à Paris, ce sont des enseignants journalistes, ce sont à nouveau des stages obligatoires et des facilités pour intégrer une rédaction durant quelques temps.

 

Mais question essentielle : est-ce que j’ai vraiment envie de reprendre des études ? J’adore ça, les études, c’est pas le souci mais avoir deux master pro de journalisme sur mon CV, est-ce que ça va vraiment appâter le recruteur ? Car si je vire celui de Toulouse, je vais me retrouver avec un trou de deux ans dans mon cursus. Est-ce que j’ai envie de « reperdre » un an de ma vie pour apprendre ce que je sais déjà ? Je peux compter sur le soutien de mes parents, j’ai vaguement abordé la question avec ma mère qui m’a criée, la voix tremblante (oui, au téléphone, je ne vois pas les yeux plein de larmes) : « mais ma fille, si c’est ce que tu dois faire pour réussir, n’hésite pas ! ». Mais est-ce que je dois faire ça pour réussir ? Mon talent, si j’ose dire, se résume-t-il à un diplôme ? Non, certainement pas. Par ailleurs, si ce diplôme peut éventuellement m’ouvrir des portes, n’est-ce pas également un aveu de faiblesse ? Je ne suis pas capable d’ouvrir les portes avec mon CV actuel donc j’essaie de trouver une solution qui ne sera peut-être pas la bonne.

 

Donc, voilà, j’en suis là et ça me fatigue un peu. Dois-je céder au parisianisme ambiant pour arriver, enfin, à décrocher un poste ou continuer à me vendre malgré mes origines provinciales ? Plus j’y pense, moins je sais.

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