Mmmm, tu peux mettre une capote avant d’entrer ?

Je vous l’avais promis, voici un article sur les capotes et sur un comportement que je croise le plus souvent dans mes rencontres charnelles : la tentative d’oubli de la capote. Pas de ma part, non. Mais de celle du monsieur.

Pour justifier cette intrusion sans gants, si j’ose dire, j’entends “mais j’ai fait un test et tout va bien”. Mmmm, ok, petit padawan, TOI, tu es clean, à ce que tu m’annonces, partons du postulat que c’est vrai. Que sais-tu de ma propre sérologie ? J’ai pas fait de test donc je n’en sais moi-même rien mais tu me fais confiance. Ah ok donc je résume : à ton dernier test, tu étais séronégatif. A quand remonte-t-il ? As-tu refait du sexe depuis ? Avec ou sans capote ? Parce que je te trouve un peu prompt à la confiance quand même. Et si tu l’es avec moi, je suppose que tu l’es avec d’autres. Et quand on parle de dépistage, tu t’es fait dépister de quoi exactement ? Non parce que tu es peut-être séronégatif mais niveau hépatite, syphillis, blennoragie, chlamydiae… t’es au point ? Ah tu ne sais pas… Bieeeeeen…

Et je parle des MST mais quid de la contraception ? Non parce qu’avant la tentative de put in tout nu, on n’a pas forcément parlé de ma fertilité. Ben oui, depuis que Gudrun m’embête moins, je ne suis plus trop utéro-centrée. Tu pars sans doute du principe qu’en tant que femme libérée du XXIe siècle, je prends forcément la pilule. Tu es audacieux. Dans les faits, tu as raison, j’ai un moyen de contraception hors capote mais imaginons un peu que j’ai un fou désir d’être môman. La reproduction est une loterie mais si t’es pas chanceux, voilà que c’est ton nageur qui remporte la médaille d’or… Enfin, j’ai des doutes sur la pertinence de ma métaphore, je suis pas sûre que tu sois ravi de gagner cette course. Peut-être que tu es prêt à devenir papa avec une fille avec qui tu as passé une nuit, pourquoi pas, hein… Mais ça m’étonnerait un peu. Aaaaah, tu penses que tremper ton biscuit sans protection te décharge (si j’ose dire) de toute responsabilité. Ohla mais non, tu sais, un homme dont on prouve la paternité est obligé d’assumer, c’est triste. Oui, bon, c’est sûr que si le mec ne répond pas à mes messages, ça va tourner court cette histoire mais peu importe.

En fait, j’avoue que ça me saoule d’avoir à débattre de ça. Début de relation, c’est capote et point. D’où on remet ça en question maintenant ? Le pire c’est qu’en général, le mec qui est lourd sur la question de la capote, j’ai tendance à ne pas remettre le couvert avec parce que j’ai pas envie de devoir insister pour ça. Parce que oui, ok, la capote, c’est un peu moins que sans rien mais choper une cochonnerie (foetus inclus) parce que “c’est moins agréable”, je ne vois pas bien l’intérêt. Tu as envie de jouer à la roulette russe sexuelle, c’est ton droit mais moi, pas trop. Même pas du tout. Le jeu n’en vaut guère la chandelle, vois-tu. Oui, c’est plus agréable sans, je suis d’accord. Mais je suis pas sûre que la trithérapie soit d’un grand confort… Ou tout traitement anti MST. Parce que je sais pas toi mais moi, les antibiotiques, ça ne me réussit pas du tout.

Au delà de ça, je me demande où est passée la fameuse génération sida, celle à laquelle on est censés appartenir, nous, les enfants des années 80. C’est pas comme si on avait seriné toute notre adolescence de sortir couvert, alors même que nous n’avions pas encore de sexualité. Je savais comment mettre une capote avant même d’avoir vu un monsieur tout nu et d’imaginer tout ce que je pouvais faire avec… Doc et Difool nous expliquaient tous les soirs que ce n’était pas sale mais qu’il fallait mettre une capote. Pour moi, mettre un préservatif était l’alpha de toute relation sexuelle. Mais on dirait que 15 ans (!!) plus tard, le préservatif, c’est limite has been. Et bien je te le dis : je suis fière d’être ringarde sur ce point. Tu mets ton capuchon et tu arrêtes de discuter sinon tu sors.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Faut-il prendre ses capotes en séminaire ?

Oui, je sais, je sais, no zob in job mais avouez quand même qu’une centaine de personnes entre 25 et 35 ans dans un hôtel loin de chez eux avec piscine et alcool, ça peut déraper.


Il y a donc un mois, nous avons appris que nous allions tous voguer gaiement vers la Sicile pour un séminaire permettant de mieux nous connaitre les uns les autres et de pas nous entretuer dans l’open space. Parce que le travail bien fait nait du sentiment d’appartenance à la boite, de la sensation que nous sommes tous sur le même bateau et que celui-ci ne s’appelle pas le Titanic. Premier accroc dans notre fol enthousiasme : en fait, on va plus en Sicile mais à Marseille. Oueeeeee…


Mais peu importe le lieu, on se retrouve pendant 2 jours et demi loin de chez nous, occupés à resserrer les liens à coup de jeux d’équipe et d’alcool. Techniquement les risques de rapprochement très intimes ne sont pas nuls, c’est un fait. Sauf que ramener ses capotes, est-ce que c’est pas légèrement présomptueux ? Surtout si à priori on n’a pas envie de quelqu’un du bureau à la base. Mais bon, comme on dit avec Anaïs (copine de plongée qui n’est pas impliquée dans le voyage) : on sait jamais. Mais on a une private joke sur le sujet. Oui on ne sait jamais.


Et puis c’est pas forcement pour moi en plus. Je veux dire que peut-etre que ma compagne de chambre ou un bon camarade ait moyen de conclure et voilà-t-il pas qu’ils n’ont pas de protection ? Heureusement la fée capote (moi quoi) arrive telle la providence et leur offre deux petits capuchons (bon, peut-être 3, ça dépendra de mes stocks et s’ils doivent passer la nuit ensemble). Non parce que quitte à glisser dans un de ses collègues à la faveur d’une soirée arrosée, autant ne pas aggraver la situation en évitant de mettre un préservatif. La grossesse accidentelle entre collègues bourrés n’est valable que dans Melrose Place (ça arrive d’ailleurs ou pas ?). Et je ne parle pas des MST mais le cœur y est.

Cependant revenons en à la boite en temps qu’objet. Une boite = 12 préservatifs et le séminaire = 2 nuits. Prévoir 6 capotes par soir, c’est le risque de passer pour une grosse affamée facile à embarquer dans son pieu et ça fait de vous la cible idéale de tous les quolibets. Or je sais pas vous mais moi, j’ai pas envie de devenir jusqu’à la fin de mon contrat « 12-pack » ou « la dalleuse du SM » (toujours social media). Et je n’envisage pas de démissionner de suite (oui, ça change mais vu que je viens de le dire sur mon blog, la vie va forcement me contrarier dans 15 jours sur le sujet).


Alors en fin de compte, la solution est simple : je me contente d’avoir toujours des capotes sur moi et pas spécialement pour le séminaire. Après tout, j’ai bien du déo et des tampons dans mon sac, pourquoi pas des capotes ?

Une prochaine fois, nous répondrons à la question subsidiaire soulevée par Tobias mon collègue : faut-il prévoir toutes les tailles dans son stock ?

Rendez-vous sur Hellocoton !

Qu’il est dur d’être un bon troll

Comme toute blogueuse qui se respecte, j’ai un troll. Cependant le mien est à ce point stupide que ça en devient vexant. Par exemple, mon grand jeu, c’est de publier ses comme, y répondre et, tout à coup, les effacer. Car le troll est un animal fragile : tu cliques sur un bouton, c’est comme s’il n’avait jamais existé. Clic clic t’es mort. Mais le troll n’a pas de vie (surtout pendant les vacances scolaires et les week-ends) donc il insiste. Et il tape tellement à cote que si j’étais un arbre qu’il cherchait à abattre, il aurait déjà creusé une belle tranchée à quelques mètres de moi. Attention petit, tu vas te couper.

hache.jpg

Mon troll aime m’attaquer sur 3 points, le premier étant mon physique. Selon lui, je suis un gros boudin. Le mot gros de la phrase précédente est à prendre au sens premier du terme. Voilà, je suis grooooosse, en atteste ma main boudinée. Oui, mes mains ne sont pas jolies, je pense peut-être l’avoir dit, mes pieds pareils, ils sont tous petits. Une fois, une
copine m’a dit que j’avais des mains d’enfants. Ok et ? Je n’ai jamais utilisé mes mains comme argument vente donc je vais pas me rouler en pleurant dans mon lit pour si peu. Quant à être grosse, je te laisse le croire sans aucun souci. Ta grande finesse psychologique t’as en effet permis de constater que j’avais choisi un sport impliquant le port de maillot de bain et même d’être intégralement nue devant mes copines de vestiaire. On sent la fille super mal dans sa peau qui n’assume pas son corps. Il me serait aisée de poster une photo de la personne pour te détromper mais non, a force de te couper l’herbe sous le pied, va plus y avoir de gazon. Alors considérons comme acquis que je suis grosse. Mais pas trop apparemment puisque tu penses qu’une robe ample permet de cacher mes bourrelets disgracieux…

fat-woman.jpg

Ensuite, je suis pour toi une pute gratuite. La société devrait me délivrer une médaille pour ça dis donc, tout ce mal être sexuel que je guéris gratuitement… Je suis un boudin hypra complexé mais une bite n’ayant pas d’oeil, les mecs sont hyper partants, suffit de me mettre un sac sur la tête et let’s go. Ah non attends, c’est vrai, c’est pas la tête le problème… Donc suffit de cacher le gros tas sous les draps, de ne pas y mettre les mains et prier très fort pour que la sainte Verge, érigée grâce à l’évocation mentale des Clara Morgane ou je ne sais qui, trouve seule le chemin de mon antre, bien cachée entre mes cuisses capitonnées. Bon, tu noteras que c’est toi, en tant que mec (enfin je crois) qui dis que n’importe quel homme peut bander et baiser sur commande, que la fille soit un clone d’Angelina Jolie ou de Mimi Mathy. Moi, j’aurais dit ça, j’aurais eu tous les chiens de garde sur le dos. Bref, je suis donc imbaisable mais très baisée car je suis une pute. Tu m’as même diagnostiqué quelques MST. Mon gynéco appréciera que tu fasses le boulot à sa place, moi aussi, ça coûte moins cher à la sécu. Bon par contre, ton diagnostic n’étant que l’expression d’une certaine rancoeur, il n’a que peu de valeur (et même aucune en fait), c’est dommage. 

in_bed_with_doc_gyneco_.jpg

Mais passons maintenant à mon sujet préféré, celui où tu excelles dans ta médiocrité trollesque : le travail. Ton credo préféré : « j’ai été virée ». Note que ça ne m’aurait pas forcément dérangée et même arrangée, imagine un peu le parfait enchaînement de situation : je négocie une rupture conventionnelle (vu que je n’ai fait aucune faute justifiant un
licenciement sans indemnité), je ramasse la tune, je trouve un autre job, je m’offre 15 jours de vacances et je débarque fraîche et riche à mon nouveau boulot. Non, hélas, j’ai bel et bien démissionné, je n’ai eu comme sous de départ que mon solde de tout compte. Solde assez conséquent du fait que dans mon ancien job, les vacances, c’était tabou. Mais il a juste suffi à combler la quinzaine de jours prise entre les 2 contrats. Bref, là n’est pas le sujet. La question est : tu espères quoi ? Qu’à force de me dire que j’ai été licenciée, je finisse par le croire et m’effondrer sur mon lit en sanglots ? T’es pas un peu mentaliste dans Secret Story ? Ah, peut-être veux-tu semer le doute parmi les lecteurs ? Si ça t’amuse… Du moment que ma famille, mes amis et surtout mes nouveaux collègues savent la vérité, hein…

licenciement.jpg

Mais la vraie question est pourquoi tant de haine ? Pourquoi hais-tu au point de perdre toute dignité une fille que tu prétends ne pas connaitre (c’est ça le pire au fond) ? Quel vide dans ta vie essaies-tu, maladroitement, de combler ? Mais comme je suis de bonne humeur, je vais te filer une astuce : enleve-moi de ton netvibes. Je te jure que ça soulage.
Moi aussi, y a des blogs qui m’énervaient, des blogueurs que j’avais un peu envie d’insulter sous couvert d’anonymat (mais toujours des gens que je connaissais en vrai, c’est plus sain). Et un jour, je les ai virés de mon netvibes, twitter et autre et en quelques jours, j’avais tout simplement oublié leur existence. C’est meilleur pour la santé, t’imagines pas comme c’est corrosif, l’aigreur. 

petit-poney.jpg

Allez, libère-toi, rends-toi service, clique sur la croix rouge. Ma grasse main et moi te souhaitons bonne route.

photo--6-.JPG

PS : Ouiiiiii, je sais « non mais tu lui donnes trop d’importance » mais vu que ça fait un petit moment que je me fous de sa gueule en privé, j’ai eu envie de partager…

Rendez-vous sur Hellocoton !

Ce n’est pas sale mon petit

Hier, comme régulièrement, je reçois des insultes de mon troll (toujours plus présent pendant les vacances scolaires, c’est amusant, tiens…). Des fois je publie, d’autres pas, ça dépend si je suis d’humeur taquine ou pas. Hier donc, le voilà qui parle de la santé de mes trous qui, à ses dires, est déplorable. Après avoir ri un bon coup, je sors de chez moi (car j’ai une vie aussi) et soudain, je réalise : ce comm est un véritable scandale, je me dois de réagir publiquement.


conference-de-presse.jpg

Scandale, oui. Non pas par sa bêtise intrinsèque. Depuis que j’ai mon troll, je lui donne 15 ans à vue de nez et je suis inquiète, il n’évolue pas. Ce qui est scandaleux, c’est l’association sexe=saleté et maladie. Ah ben bravo ! Tu le sens le syndrome François-Xavier élevé dans une école religieuse limite sectaire où on te dit que le sexe, c’est mal et que si tu t’y adonnes, tu seras forcément puni(e) de milles mots. Un peu comme à l’apparition du sida où pas mal de discours tournaient autour d’une punition divine sur les homos et les putes. Tout pareil.

adam-eve-michel-ange.jpg

Alors écoute moi mon enfant. Je sais que tu n’as pas grandi avec Doc et Difool qui répétaient dans toutes les émissions  que le sexe, ce n’est pas saaaaaaaale. Ben oui, pourquoi ça le serait forcément ? Pourquoi avoir une sexualité me condamnerait à, je te cite « fissures anales, herpès génital, des trucs dans la bouche on sait même pas ce que c’est (tu manques cruellement de connaissances) » ? Peut-être te préoccupes-tu de ma santé ? Mais rassure-toi, mes trous vont bien, sauf l’oreille qui traîne un peu mais ça n’a rien à voir avec ma vie sexuelle. Peut-être ai-je eu de la chance mais tu sais, dans la vie, les gens en général se lavent et en cas d’infection, se soignent. Evidemment, il y a le cas des MST asymptomatiques mais bon, ça peut arriver même à des gens ayant très peu de sexualité… Quoi qu’il en soit, ayant une sexualité que je qualifierais de responsable, je n’ai jamais eu à connaître de tels affres.

 mst.gif

Mais voilà, ça montre bien le chemin qu’il reste à parcourir pour dédiaboliser la sexualité. Parce que si je comprends bien ton raisonnement, outre le fait que tu me penses abonnée à des bourrins incapables d’utiliser un lubrifiant (ou que j’ai des problèmes d’évacuation) et que je baise sans la moindre protection, ma sexualité induit forcément des maladies, il ne peut en être autrement. Après tout, c’est mathématique : plus je baise, plus je me soumets au risque d’attraper de vilaines MST. Oui, certes et on peut même arguer que certaines ne sont pas limitées par le port du préservatif. Soit. Ceci étant, rien qu’en sortant de mon chez moi, je côtoie souvent malgré moi des gens plein de microbes. Rien que dans le métro, tiens : je suis dans un lieu clos avec des dizaines de gens, je touche les poignets, les barres centrales, quelqu’un peut m’éternuer dessus et le mec assis à côté de moi peut être fiévreux… Oui, le risque zéro n’existe pas, dans aucun domaine, tu vois.

risque-zero.jpg

Mais mon enfant, on peut avoir une sexualité épanouie sans choper toutes les merdes du monde. Surtout avec préservatif, c’est tout simple, c’est magique. Bon, je vais pas t’expliquer non plus comment les mettre, tu découvriras ça un jour, tu verras. Au pire, tu peux en acheter et t’entraîner. Et au pire, un petit traitement et on n’en parle pas, ça arrive même à ceux qui n’ont pas beaucoup de sexualité. Mais j’aimerais que tu comprennes vraiment, c’est important, que le sexe, ça n’est pas sale. Tant que ça se passe entre personnes consentantes, ça peut même être très beau, limite à en pleurer. Et puis vivre en harmonie avec son cœur, ses envies et ses désirs, ce n’est pas donné à tout le monde. Je comprends que tu me jalouses un peu pour la peine. Mais tu sais, si ça peut te rassurer, à ton jeune âge, moi aussi, je trouvais ça sale, je trouvais même intolérable de mettre un sexe dans une bouche mais finalement, j’ai découvert que donner du plaisir à l’autre est un tel kiff…


orgasme-copie-1.jpg

Sérieux, il est vraiment temps qu’ils nous remettent Doc et Difool à la radio.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Rendons la capote fun

Cette semaine, c’est la semaine du sexe sur les blogs alors bon, faut bien suivre. Bon, je me force pas des masses, j’ai pas envie de parler chômagie, recherche de l’homme, de ma démission (enfin, ce qu’il en reste) et même si j’ai drôlement plus envie de vous parler de ma nouvelle vie de chef de projet éditorial (jmelapete.com). Alors, parlons sexe. Et si vous êtes sages, demain aussi (si vous avez des désidératas sur le sujet, proposez en comm).

Depuis pas mal de temps, les publicistes essaient de rendre la capote fun pour qu’on oublie l’image sinistre de « l’anti SIDA ». Je suis de la génération SIDA, des capotes à 1 franc et pendant longtemps, la capote était une punition, un peu une espèce de malédiction divine pour nous empêcher de trop jouir et surtout nous empêcher de le faire sans un minimum de préparation, de « t’as des capotes ? ». Miam. Evidemment, on n’avait jamais connu autre chose, on ne pouvait pas trop se rendre compte de ce qu’on pouvait perdre.




Evidemment, ça n’a pas aidé la cause de la capote. Et puis, on s’est dit que quitte à devoir se protéger, autant que ça devienne un peu plus fun. Et pas en transformant les préservatifs en bombe à eau. Voilà que les capotes se nervurent, se strient, se parfument et même se voient dans le noir (paraît que c’est fun, dixit la Pomme, je vous ferai un test un jour, promis). Les publicitaires ont laissé tomber le sous entendu un peu foireux (« l’été sera chaud, sortez couverts », j’ai mis des années à la comprendre) et le côté prévention pour ne plus montrer que le côté joyeux de la capote.



Ainsi, désormais, on apprend que le préservatif accroît les sensations, nous fait jouir deux fois plus fort et que même ça menace l’humanité.


De façon toute personnelle, je vois quand même quelques avantages à la capote, même si ça reste moins agréable que sans. D’abord, la meilleure raison, la principale je dirais, outre le fait que je ne suis pas motivée à l’idée de choper une MST, c’est la contraception. Même si je trouve les gamins de plus en plus mignons, ce que je trouve inquiétant en soi, je n’ai toujours pas envie de partager mon patrimoine génétique avec un homme donc « faut fermer le chemin », comme dirait ma sœur. Or le préservatif, c’est quand même ultra simple, sans hormones, sans conséquence pour le corps (sauf allergies, bien sûr). En plus, l’avantage immense avec la capote, c’est que si elle ne remplit pas son rôle, on le SAIT. Alors qu’un stérilet mal placé ou une pilule mal prise, ça peut faire des surprises. Ok, super rarement et mon argument ici est un peu bancal mais je maintiens.




Mais surtout, la capote, c’est propre. Toute fille ayant couché sans voit de quoi je parle. Pour les autres, j’explique : quand le monsieur jouit, tout ne part pas direct au but dans l’utérus, non, non, non, il en reste plein juste à l’entrée, là. Et que se passe-t-il quand on se lève ? Ca coule. Oui, c’est pas très sexy ce que je raconte mais ce sont des faits. Combien de fois j’ai dû faire la chandelle avec Guillaume 1er tandis qu’il allait chercher du PQ dans la salle de bain ? Bon, certains me feront remarquer que la chandelle, ça fait les abdos mais je préfère encore aller les travailler dans une salle de sport et pas en serrant les cuisses pour éviter que la semence de mon mec dégouline partout sur mes cuisses… et sur mes draps. Parce que ma peau, à la limite, c’est pas grave, je vais aller prendre une douche juste après mais les draps… Et comme je ne planifie pas toujours la monté de mes désirs, je n’ai pas forcément envie de couper les préliminaires par un très glamour « attends, je vais chercher une serviette pour pas salir ». Et puis après, je peste si on sort du périmètre de la serviette ? Mais top glamour, les enfants ! Je sens que mon mec sera le plus épanoui de la planète. Alors que la capote, au moins, ça retient les fluides et c’est même pour ça qu’on la met.





Alors aujourd’hui, je dis merci aux publicitaires d’avoir pris ce virage du fun. Même si je crois qu’il y a encore un gros travail à faire pour faire de la capote un espèce de sextoy ludique mais indispensable et dédramatiser ce qu’il représente : l’arme ultime contre le SIDA (contrairement à ce que Crétinus XVI. D’ailleurs, je ne résiste pas à l’envie de vous copier/coller le comm d’un certain Theo75018 que je trouve merveilleux sur cet article

« Oh… Je découvre à l’instant l’article du Washington Post…

Jusqu’à présent, on se contentait de diffuser une espèce de « note scientifique » – avec de très gras guillemets, indiquant en gros et sans la moindre précaution, qu’au terme de comptages sérieux
et d’interminables journées de traitement statistique des données recueillies, on pouvait raisonnablement conclure que « moins on baise, moins on a de chance d’attraper le sida », CQFD n°1.

A ce propos, donc, n’oublions pas de signaler aussi, à tous ceux qui ont pris cela pour du pain blanc, que plus on s’éloigne de la piscine, moins on a de chance de se noyer ? Il y a peut-être là
matière à comptage ? »

Ces éclairs d’intelligence sur le net sont tellement délectables).



PS : Quelqu’un peut-il me dire pourquoi la première pub que j’ai mise (Manix) est interdite au moins de 16 ans ? On voit bien pire dans certains films tout public, il me semble.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Un certain art de vivre

Comme tu le sais, lecteur, je vis dans une bulle médiatique, je bouffe de l’info à longueur de journée, parfois parce que j’en ai envie, parfois parce que je n’ai pas le choix. A
chaque fois que je jette un œil sur mon netvibes, j’ai les dernières dépêches AFP (bon, ok, c’est moi qu’ai demandé)… Donc je lis pas mal de choses, j’entends ou je vois à la télé sur la vie, sur nos façons de vivre. Et là, je me rends compte qu’on ne sait plus vivre.

brune.jpg

En début d’année, vers février ou mars, Tatiana et moi sommes allées à une expo sur la pub, très sympa mais bizarrement agencée. On voit des vieilles publicités du début du siècle
qui vantent les mérites de la clope, de l’alcool, détente, convivialité, etc. Aujourd’hui, c’est impensable. L’alcool peut encore s’afficher dans les magazines mais c’est mal de boire, c’est écrit dessus. Je regarde ces pubs et je me dis que la vie a bien changé. Oui, c’est plaisant de boire un verre en fumant une clope sauf qu’aujourd’hui, on a toujours une petite voix qui nous rappelle que tout ça est mauvais pour nous, qu’il faut boire avec modération sinon attention à l’ulcère et aux bébés déformés et pas fumer du tout parce que déjà que la pollution nous file des cancers, si en plus, on fume, hein… De façon générale, aujourd’hui, j’ai l’impression qu’on ne peut plus vivre. Bouffe ? Ne mange ni trop gras, ni trop sucré, la viande, tu vas choper Creuzfeld Jacob, les produits laitiers ? Et la listéria alors ? Du poisson ? Beurk, non, ils sont élevés en captivité avec des farines animales, Creuzfeld Jacob, le retour. Bon, alors je deviens végétarienne. Ah ben non, les légumes, c’est des OGM, on sait pas trop ce que ça peut déclencher. Bon alors, je peux manger quoi ? Rien. Bon, ben, je vais crever, je reviens.

La technologie, aussi, est coupable. Le micro ondes, les ordinateurs, les mobiles, le wifi, tout ça, ça fait des ondes qui provoquent des tumeurs du cerveau, on va donc tous crever
à priori. Bah oui, les ondes traversent aussi les murs des gens qui n’ont pas tout ça donc voilà. Le sexe ? Je vous ferai pas la liste des MST. En plus, il paraît que d’avaler plus de 6
spermes différents (dans une vie, pas en même temps !) provoquerait un cancer de la gorge. J’attends l’étude qui démontrera que les pelles favorisent les inflammations des amygdales. Bref, quoi que l’on fasse, on nous explique que c’est dangereux, que ça va provoquer des cancers et tout ça.

 Du coup, on ne profite plus vraiment. Quand je fume, je culpabilise, quand je mange gras, je me dis que c’est mal, quand je bois plusieurs soirs par semaine, je me dis que je dois

me calmer… C’est assez paradoxal, quelque part. La plupart des magazines se sont dotés d’une rubrique « bien être » mais on se rend compte que rien n’est bien, que tous nos
comportements sont potentiellement cancérigènes ou autre. Même si tu vis dans une bergerie sans électricité dans un endroit non pollué en mangeant tes propres aliments et ta propre eau, tu ne te laveras pas comme il faut et tout, tu choperas des bactéries, tout ça, tout ça.

 J’avoue que j’en ai marre. Que j’ai envie de dire stop. Oui, nos vies sont malheureusement dangereuses car l’homme est menacé par 150 000 bactéries et infections, que certains

de nos comportements peut les favoriser, ok. Puis-je décemment reprocher aux médias de nous tenir au courant de ce genre de recherches et de résultats ? De toute façon, cachez à la
population que tel produit est dangereux, le jour où ça se sait, ça fait un terrible scandale. Alors, oui, on a le droit de savoir et on n’a pas le choix, à la limite. Mais je me pose la
question : ne profitait-on pas plus de la vie avant, quand on ne se rendait pas compte que chacun de nos gestes nous amenait plus rapidement vers une mort lente et douloureuse ? Puis-je décemment fumer une clope sans que 3 personnes me parlent du cancer que j’attraperais peut-être ? Puis-je boire un verre en soirée sans que quelqu’un me parle de mon foie (bon, ça, ok, c’est beaucoup plus rare). Ne prenez pas cet article pour ce qu’il n’est pas, je ne dis pas « laissez moi vivre ma vie comme je veux, je vous emmeeeeeeeeeeeeeeeerde », absolument pas, c’est vraiment un « serait-on pas plus heureux si on ne savait pas ». Parce qu’à force de lire et d’entendre tout ça, la question n’est plus « aurai-je un jour un cancer » mais bien « quel cancer vais-je donc choper ? »

Rendez-vous sur Hellocoton !

Ce moment si glamour après l’amour

Spécial kass-dédi au Kinder de Summer qui m’a fait l’illustration de cet article et l’a d’ailleurs inspiré.

Le sexe, tout le monde aime ça (ou presque), deux corps qui s’emboîtent l’un dans l’autre, que la nature est bien faite. Seulement, de nos jours, on pratique le safe sex et qui dit safe sex dit capote et on a connu franchement plus glamour. Mais une MST l’étant encore moins, on ne fait pas l’impasse. Donc monsieur jouit et éjacule dans un grand aaaaaaaaaaarghhhh
libérateur et voilà, les corps s’apaisent et là, l’instant magique retombe à plat. Parce que le bout de plastique, là, il pend et il faudra bien l’enlever.

 

kinder-surprise-nina.jpg

Il y a fort longtemps, avant que Kinder ne soit Kinder (je parle du jeune homme, pas du chocolat), il avait eu une idée : pourquoi ne pas recycler les œufs de Kinder en
réceptacle à capote usagée : juste à côté du lit, ça évite les déplacements. Je croyais donc que ça venait de là son surnom mais j’ai appris que non. J’avais trouvé l’idée marrante car en effet, rien ne brise plus la magie post coïtale de la capote. D’abord, à peine monsieur a-t-il joui qu’il se retire, des fois que la capote préfère rester en moi que sur lui. Ca m’est arrivé, une fois. M’étant levée précipitamment après le coït car Kenya faisait des bêtises, je me retrouve avec un étrange liquide sur les cuisses. Merde, ça sort d’où ? Et c’est quoi ce bout de plastique qui dépasse là ? Ah ok, j’ai embarqué la capote. Je m’excuse platement de ce passage totalement anti glam. Bref, monsieur se dépêche de sortir et se retrouve avec un bout de plastique visqueux au bout du pénis, je peux concevoir qu’il ait pas trop envie de garder ça. Dans mon appartement, il y a deux poubelles : dans le coin cuisine et dans la salle de bain. Même si je vis dans 27m², aucune poubelle à côté de mon lit, donc le monsieur est obligé de se lever pour la jeter. Oui parce que le côté capote usagée sur moquette, c’est encore pire, je crois. Donc monsieur se lève et jette sa capote. Et quand il revient, la magie est un peu brisée.

Il est vrai que des fois, je me prends à rêver d’être en couple juste pour pouvoir passer les tests VIH et ciao le préservatif. Non parce que j’aime pas que le mec se retire juste après mais surtout, la séparation des corps est désagréable à mon sens. Pour moi, le post-coït (et encore plus le post-orgasme) est un moment de plénitude que j’aime savourer pleinement.
J’aime sentir nos cœurs et nos souffles reprendre des rythmes normaux, ce silence car il n’y a rien à dire, cette plénitude béate, les palpitations erratiques de notre corps qui vient de subir une émotion violente mais si bonne. Alors oui, je n’aime pas qu’il se retire, je n’aime pas que nos peaux se séparent. Bien sûr, ça m’évite de choper des saletés ou de subir un avortement tous les 3 mois (ou de me déglinguer à la pilule du lendemain) mais bon.

Alors, Kinder n’avait pas une mauvaise idée en essayant de pallier à ce problème même si les œufs Kinder, c’est un peu petit et en plus, j’ai pas mangé de Kinder Surprise depuis chais même pas quand. Les Ra7or s’étaient demandé y a quelques temps où cacher ses capotes (moi, j’ai une boite sous le lit, très pratique), moi, je me demande comment s’en débarrasser sans être obligé de quitter le nid de nos ébats ou de l’abandonner négligemment sur la table de nuit (beurk) en attendant. Alors certains me diront : une mini poubelle à côté du lit. Ah, comme je vous ai niqué vos commentaires, là ! Oui, ce serait un petit investissement utile. Mais attention, à vider très régulièrement… surtout en période de multi amants ou one shots, je ne pense pas qu’un monsieur apprécierait de trouver dans ma poubelle de lit une capote ne l’ayant pas orné.

Rendez-vous sur Hellocoton !

C’est la débandade

L’autre jour, durant ma tournée journalière des blogs, je suis tombée sur un article des Ra7or écrit par un petit nouveau, miss Ra7or (mais c’est un mec). Ce jeune homme parlait de drapeaux en berne, de soldats au repos, de baudruche dégonflée… Bref, de pénis qui bande mou, voire carrément pas. Et nous, les filles, face à ça, on fait quoi ?

brune.jpg

Dans ma vie sexuelle, j’ai peu eu à faire à des épisodes de ce genre, par chance ou par talent, je ne sais pas. La première fois, c’était un matin avec Pierre le pervers qui m’avais entreprise sous la douche mais ça ne m’avait pas particulièrement marquée vu que le matin, je suis toujours un peu à côté de mes pompes. Ensuite, il y avait eu Laurent, j’en avais parlé à l’époque, que je comprenais pas pourquoi il s’obstinait à imprimer sa montre dans ma cuisse. Le truc, c’est que nous, les filles, on n’a pas de pénis et on se rend pas toujours compte que c’est fragile, ces choses là, y compris et surtout en ce qui concerne l’érection. Pour nous, femmes, la mécanique est
simple : désir = érection donc érection molle = désir faible. C’est mathématique mais en fait, c’est faux. Enfin, ça peut être vrai mais c’est oublier que l’homme a aussi le droit d’être fatigué, stressé, angoissé… Faut pas croire, c’est compliqué un homme. Après tout, nous aussi, des fois, on a des pannes. Pourquoi on aurait le monopole du psychologique ?

La question est : « ok, il débande, que faire ». Un, ne pas se mettre à pleurer. C’est vrai qu’on a souvent tendance à se sentir vexée de la platitude de « Jean-René national » (© miss Ra7or je m’étais promis de le replacer) genre « je suis moche, même un mec bande pas devant moi alors que je l’ai chauffé pendant une heure, bouhouhou ! ». Non, non, non, c’est pus compliqué que ça et dans l’histoire, on est deux à être mal. Parce que si nous, nous sommes blessées dans notre orgueil et notre séduction, lui, c’est aussi dans son orgueil et sa virilité qu’il l’est, blessé. Ma phrase précédente est une horreur mais soit, on continue. Donc, nous voici chacun au bout d’un Popol dégonflé sans savoir que faire. Côté fille, on est bonnes et généreuses et on a tendance à dédramatiser d’un « c’est pas grave ! » mais il paraît qu’il ne faut pas le dire, ça. Pourtant, ça ne l’est pas, grave. Avec Laurent, par exemple, je savais qu’on avait toute la nuit pour forniquer alors s’il est mou la première fois, on arrête, on se détend, on reprendra plus tard. Surtout que je sais que la mise de la capote est souvent terrible. De la même façon, si les préliminaires sont trop « tout pour moi », forcément, Popol finit par faire la gueule. Mais que faire si ça repart pas ? Moi, franchement, à part le « c’est pas grave, faisons autre chose en attendant », je vois pas. Je vais pas ne rien dire et rester dans mon coin du lit, ce serait encore pire. Alors quoi ?

Cette histoire de débandade montre quand même à quel point on a vraiment une fausse vision de la sexualité et du mécanisme du désir de l’autre. Mais aussi de la pression qu’on se fout au moment de la brouette, ça doit forcément être grandiose, merveilleux, fantastique… Une panne, ça arrive à tout le monde et à nous aussi, les filles. Je suis toujours mal à l’aise quand, au bout d’un certain temps, je suis obligée de demander au monsieur d’arrêter parce que je suis toute sèche et que ça fait mal (surtout avec capotes, ça fait mal de se sauver la vie, des fois. Mais bon, je préfère avoir un peu mal en fin de brouette que choper une MST). Evidemment, l’idéal, c’est d’essayer de relancer la machine en usant de caresses, léchages et autres des parties sensibles (sans faire comme si sa vie en dépendait, c’est vexant pour tout le monde et apparemment douloureux pour monsieur, quand on y me trop de cœur). Moi, j’ai ma botte secrète : l’oreille. Un mordillage/suçage du lobe, ça vous lèverait toute une armée. Mais je suis totalement oreillosexuelle, moi. Et si ça marche pas ? Ne prenons pas un air grave pour dire « c’est pas grave », un sourire, un câlin, un « faisons autre chose, ça reviendra tout à l’heure ou demain » devrait suffire.

Quoi qu’il en soit, la sexualité n’est pas toujours une fête, il y a parfois des crises. Le tout est de savoir ne pas prendre sur soi les soucis de l’autre et comprendre que oui, la nature est bien faite mais que parfois, une érection, c’est aussi psychologique. Tout comme l’éjaculation, d’ailleurs, mais ceci est un autre sujet.

Rendez-vous sur Hellocoton !

T’as des capotes?

Il y a des fois dans la vie où j’aime me poser des questions sans grand intérêt et faire des articles sur le sujet. Mais bon, la vie est trop courte pour ne se poser que des questions existentielles. Donc grande question du jour : de l’homme ou de la femme, qui doit fournir les capotes ?

 capote-viagra

Commençons par une anecdote personnelle. Mardi soir, sur MSN, un jeune homme vient me parler, nous l’appellerons Gabriel. Nous avions dîné ensemble y a 3 semaines et il ne s’était rien passé et je pensais ne jamais avoir de nouvelles du monsieur. Or, mardi, le voilà qui réapparaît, chaud bouillant genre « bon, il serait temps de transformer l’essai, là. » Bon, honnêtement, j’ai rien compris, je le pensais pas du tout intéressé par ma personne, comme quoi, je suis toujours aussi douée en psychologie masculine. Donc une heure plus
tard, le voilà chez moi et après une bonne heure de papote, on s’effeuille sur mon canapé. La brouette pointant le bout de son nez, le voilà qui part à fouiller la poche de sa veste pour choper des capotes. Alors que moi, j’en ai et que j’ai toujours pas pu tester ma super capote Durex. Mais on fera avec la sienne.

 

J’ai remarqué que dans la plupart des cas, les mecs prévoient toujours des munitions, si j’ose dire, même quand ils viennent à mon domicile. Non parce que j’en ai des capotes, moi. Pas 150 000 mais j’en ai. J’en parlais justement à Summer qui m’expliquait que pour elle, c’était plutôt bon signe que les messieurs viennent avec leur capote, ça veut dire qu’ils se protègent. Mouais… J’avoue que quand j’ai un rencard avec un mec, j’amène pas forcément mes capotes parce que, déjà, je suis pas forcément sûre que ça finisse dans un lit puis en plus, je pars du principe que celui qui invite pourvoit à ce genre de choses. Et si y a pas de capotes, tant pis, on attendra la fois suivante. Puis au pire, y a suffisamment de distributeurs dans Paris pour régler le problème.

 

Bien sûr, il y a la question des capotes XL. Récemment, j’ai passé un moment délicieusement intime avec un monsieur très très bien équipé mais il n’avait pas pensé à prendre son matériel mais, Dieu merci, moi, j’en avais. Parce que bon, les capotes de cette taille là, on pense pas toujours à en acheter, ne péchons pas par optimisme. Non puis si on sort une capote XL à un monsieur normalement équipé, il peut mal le prendre.

Mais à travers tout ça, ce qui m’interroge, c’est « une fille n’est-elle pas censée se préoccuper de ce genre de questions ? ». Bon, pour certaines, on peut

les imaginer angéliques donc pas équipées pour une brouette sauvage. Mais dans l’ensemble, j’ai l’impression que dans l’inconscient collectif, les mecs sont censés pourvoir les capotes. Parce que c’est sur eux qu’elle se met ? Oui, je sais, y a des préservatifs féminins mais le jour où un mec me sort un préservatif féminin, je crois que je serai sur le cul. En plus, c’est moche, on dirait une poche plastique, on a connu plus glamour mais là n’est pas la question. Donc, comme c’est sur le pénis de monsieur qu’on va le placer, c’est à lui de s’en préoccuper ? Je crois que ça nous ramène à une conception procréative du sexe, je m’explique. En gros, c’est à la fille de gérer sa fertilité en prenant (ou pas) la pilule. Le monsieur est prié de gérer son éjaculation, s’il pouvait le faire dans un capuchon en latex, ce serait super, merci.

Alors oui, c’est sur eux qu’on va mettre la capote, tout ça mais de l’autre côté du pénis, y a quand même moi. Moi qui ne veux surtout pas me retrouver enceinte ni choper une MST. Donc je me sens concernée par la chose, quand même. Si je convie un jeune homme à passer chez moi en ayant une idée derrière la tête, c’est normal que j’ai des préservatifs, je ne vois pas
comment je pourrais m’en foutre.

Bref, dans l’idéal, je trouve pas mal que les deux y pensent, le débat n’étant plus « capote ou pas » mais « les tiennes ou les miennes ? ». Je pense que chacun d’entre nous, homme ou femme, doit y penser. Ca évitera de se retrouver tout dépités quand, à l’heure de mettre le capuchon, on se rend compte que personne n’en a. 

Rendez-vous sur Hellocoton !

La terreur de la maternité

Dans la vie, j’ai des phobies, comme tout le monde. J’ai peur de l’avion, des serpents, de finir seule et aigrie comme ma grand-mère paternelle (parce que curieusement, plus t’es aigrie, plus t’es méchante et plus t’es seule), de la mort des gens que j’aime… et de la maternité. Ouais, avoir un bébé, ça me fout la trouille et grave.

Première trouille : le déni de grossesse. Etre enceinte sans m’en rendre compte et arriver un jour à l’hôpital avec de supers crampes au bide « Aaaaaaaah, je crois que j’ai l’appendicite !

– Non, mademoiselle, vous êtes en train d’accoucher.
– Mais, je suis pas enceinte !
– Si et vous venez de perdre les eaux. »

Bon, ok, le déni de grossesse, c’est très rare mais bon, quand j’ai une vie sexuelle avec capote (ben ouais, n’encourageons pas le sort), je suis contente d’avoir mes règles et si elles sont plus courtes que d’habitude, je flippe. Même que j’ai l’impression d’avoir plus de seins que d’habitude (déjà que…). Même qu’en juillet, Gauthier m’a fait une réflexion sur mon opulente poitrine à base de « dis donc moumour, ils sont énormes tes seins aujourd’hui ! ». Et là, la machine à flip est en marche. Bon alors, j’ai pas eu de sexe depuis mai, j’ai eu mes règles depuis mais elles étaient un peu courtes, non ? D’un autre côté, avec Alex (puisque c’était de lui dont il s’agissait), on n’a jamais sauté l’étape capote, celles-ci n’ont jamais craquées et puis en plus, j’étais dans une période non décisive de mon cycle. Bon, ben non, je dois pas être enceinte.

Ma terreur de la maternité est joyeusement entretenue par la télé. Oui, oui, la télé. Entre les émissions sur les dénis de grossesse (bordel !), les multiples messages sur les dangers domestiques, sur tout ce qui peut tuer mon futur bébé. Nom de Dieu ! Il faut faire attention à la table à langer (genre j’aurais la bonne idée de le laisser là tout seul parce qu’un bébé, c’est bien connu, une fois posé, ça bouge plus), aux prises électriques parce qu’un bébé, il voit des trous, il faut qu’il mette les doigts dedans et ses narines, il a déjà testé, aux cacahuètes parce qu’il va forcément s’étouffer avec, la casserole d’eau chaude qu’il va forcément se renverser dessus… Oui parce qu’un bébé, faut le savoir, ça n’est pas indépendant et ça se surveille comme le lait sur le feu… Qu’il ne faut pas laisser à sa portée pour pas qu’il se le renverse dessus, donc.

Alors imaginons. Avec Sagamore, on s’aime et on décide de se reproduire, youpi ! Sauf que ce qu’il ne savait pas, Sagamore, c’est que j’ai chopé un foutu gêne de « mère juive ». Je sais pas d’où il sort mais je l’ai. Déjà, quand je laisse mon chat tout seul, je culpabilise alors j’imagine le cauchemar avec mon enfant, la chair de ma chair, ce petit bout que j’ai porté 9 mois dans mon ventre. Déjà, enceinte, je serai une terroriste. Le premier qui fume à moins de 100 mètres de moi, je lui explose la tête ! Comme j’irai chez une diététicienne pour manger comme il faut pour avoir un beau bébé tout parfait donc je ne dînerai plus chez les gens parce qu’ils ont foutu une lichette de rhum dans le gâteau et ont OSE faire une daube au vin. Non mais tu veux que mon fœtus se tape une cirrhose ? Et alors qu’on ne touche pas trop mon bide parce que mon fœtus, il a besoin d’être protégé et tu crois que tu peux toucher son cocon avec tes mains pleines de microbes ? Tu veux le tuer ?

Et puis après, je vais accoucher et là, ce sera pire. Parce que jusque là, mon bébé, il était dans mon ventre donc je pouvais le surveiller en permanence et personne d’autre que moi était en contact direct avec lui. Mais là, il est exposé au monde et à ses horreurs ! Il est soumis aux microbes, à la pollution, aux « areuh ! areuh ! » débilitants des gens qui essaient de communiquer avec lui. Et puis tous ces gens qui n’arrêtent pas de le prendre dans leurs bras, aaaaaaaaaah ! Vous êtes propres au moins ? Non parce que c’est fragile un bébé, faudrait pas lui filer une cochonnerie, quoi… Et ça va être de pire en pire parce qu’en grandissant, il va devenir mobile, il va vouloir mettre ses doigts partout, dans son nez, la prise électrique ou le mixeur ! Il mangera tout ce qui lui tombera sous la main : ses pieds, son playmo spécial petits enfants, la pilule de maman… Je rigole pas ! Moi, petite, j’ai trouvé un spasfon par terre, c’est un médicament rose de la forme d’un smarties. Donc je l’ai mangé. Si je m’en souviens encore aujourd’hui, c’est que le goût dégueu du médicament au lieu du délicat choco fondant m’a profondément traumatisée.

Et puis après, il ira à l’école et ce sera le début de la fin ! Les autres enfants vont me le prendre mon petit, il ira jouer chez des gens et regardera des films érotiques chez eux. Rigolez pas, c’est arrivé à mon voisin, ma sœur lui a montré un film érotique alors qu’ils étaient encore en maternelle (mais mes parents sont de très bons parents en dehors de ça). Et puis après, il va arriver au collège mon petit et il voudra faire du scooter et même qu’après, il commencera à mélanger sa langue avec d’autres gens ! (oui, je n’exclus pas la possibilité que mon fils soit éventuellement pédé, ne soyons pas sectaire). Et la mononucléose, il y pense ? En plus, si l’autre a un appareil dentaire, ça peut lui abîmer la bouche et lui donner des aphtes. Et puis, après, ce sera encore pire ! Il voudra faire du sexe ! Oh bordel, je vais lui expliquer que trois capotes valent mieux qu’une, on ne sait jamais… Non parce que je voudrais pas qu’une MST abîme mon petit, quoi… 

Bon, évidemment, là, j’exagère (au cas où vous auriez pas compris) mais c’est vrai que l’idée d’être mère, ça me donne surtout envie de pleurer parce qu’un gamin, c’est tout petit, tout fragile et si je me plante, c’est lui qui paiera les pots cassés. En conséquence : jeune fille névrosée et totalement flippé cherche mec pouvant assumer le rôle de père et de mère. Si déjà père d’enfants majeurs, je prends.

Rendez-vous sur Hellocoton !