Le joli Océan

A peine ai-je rangé ma valise après Oman que je la ressors pour partir dans les Landes avec mes parents. Oui, je sais, c’est rapproché mais j’ai pas choisi les dates, voilà. Puis je pars jamais du 15 juillet au 15 août car je déteste les gens. Donc nous voilà dans les Landes, l’océan. Et bien, au bout de la 3e année de vacances à l’océan, la fille de la Méditerranée que je suis commence à choper deux ou trois trucs.

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Laissez-moi d’abord expliquer cette histoire de fille de la Méditerranée. Mon papa est catalan (français) donc j’ai passé toutes mes vacances d’enfance à 2 pas de Perpignan. Pour moi, les grosses vagues, c’étaient celles qui soulevaient la mer d’une vingtaine de centimètres. L’eau et la plage étaient toujours à la même place quelle que soit l’heure du jour et de la nuit. On frissonnait quand l’eau n’atteignait pas les 20 degrés, le vent et la moiteur étaient nos compagnons de vacances… ainsi qu’une certaine partie de la France « Confessions intimes » mais ça, c’est un autre débat.

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Alors forcément, l’Océan, à la base, je sais pas trop comment le dompter. Je le trouve très beau, surtout quand il bouge et mousse, mais il a deux défauts : d’abord, il est froid et ensuite, ses vagues peuvent parfois me mettre au tapis. J’ai le souvenir d’un séjour à St Jean de Luz, l’été de mes 16 ans, une mission de 15 jours pour garder 3 gamins insupportables. Un lendemain d’orage, la mer était démontée et j’avais délaissé mes 3 monstres pour bondir dans les vagues. Je suis retournée à la plage plusieurs fois cul par dessus tête… Le seul endroit où j’ai revécu ça, c’était en Corse y a 4 ans, j’avais été propulsée telle une boule de bowling (sans rapport avec ma silhouette) sur le bord de la plage, finissant ma course à 30 bons mètres du bord de l’eau, mon maillot sur la tête.

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Il y a trois ans, lors de mon séjour au Pays Basque, j’avais fait ma crâneuse car j’avais fièrement pris un bain un 02 juillet à Hendaye, la plage où y a pas de vagues. Cette année, le défi était de taille : non seulement mon premier bain s’annonçait fin juin mais surtout je quittais une mer à l’eau à 30° en moyenne. Et en plus y a des vagues. Allez, moi pas peur, moi courageuse. Et oui, je me suis baignée. Tous les jours. Et j’ai joué dans les vagues sans boire la tasse. Bon, par contre, j’ai perdu plusieurs fois ma décence grâce à des maillots baladeurs, l’un ne tenant pas le haut, l’autre ne tenant pas le bas. Mais je m’en fous, je connais personne…

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Mais l’Océan, c’est pas juste sauter des vagues, c’est aussi dompter la nature. En premier lieu, les marées. Ayant passé 15 jours en Bretagne dans ma prime jeunesse, j’avais décrété que c’était marée basse le matin, marée haute le soir. Tout le temps, partout. Ben non. Du coup, je devenais la pro pour consulter les horaires de marée et affirmer qu’elle monte ou descend « non mais là, elle descend, y a de l’eau, regarde! ». « Non, elle était basse à 15h15, elle remonte là ! ». Le problème de la marée montante, c’est qu’elle est taquine. C’est à dire qu’on n’est jamais à l’abri d’une vague curieuse qui sort des limites pour venir lécher nos serviettes. Du vécu ? Non, pas du tout…

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L’Océan, c’est aussi le temps changeant. En Méditerranée, on a de beaux orages mais c’est pas pareil. Là, tu pars à la plage, tu ne sais pas si tu dois prendre le parasol ou le parapluie. Et c’est ce qui rend l’Océan beau, d’ailleurs, ces ciels aussi dévastés que la surface océane, les nuages qui répondent à l’écume, ces dégradés de bleus, verts, gris… Je passerais des heures à capturer ces paysages…

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Alors les vacances dans les Landes, c’était comment ? Nuageux. Donc superbe. Et surtout tellement déconnectant, j’ai l’impression d’être partie hors de ma vie… Et y a des moments où ça fait particulièrement du bien.

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C’est un peu comme une récompense, une éternité de jour de chance…

Mon Dieu, c’est beau comme du Obispo. Bon dernier article sur la Martinique et après je vous laisse tranquille avec ça. Quoi que vu notre climat hivernal, vous devriez me remercier de parler de lieux tropicaux. Bref, ce dernier article sera basé sur « et si je partais vivre en Martinique ou aux alentours façon Hélène et sa bande dans les Vacances de l’amour ». Evidemment, ce billet est dédié à Steve Haliguen, l’analyste absolu de la série (allez voir ses commentaires sur l’article).




Donc est-ce que j’ai envie d’aller vivre sous les tropiques, plaquer ma vie parisienne pour apprendre la plongée et devenir prof, tiens (c’est drôlement bien la plongée, j’ai adoré), faire du catamaran très souvent et même pécher des poissons volants (ça se mange ?), vivre toute l’année en short ou en mini robe avec des sandales compensées aux pieds ou des tongs ? Après une dure journée de labeur, courir sur le sable blanc ou noir voire rouge (oui, y a tout ça en Martinique) pour me jeter dans la mer en riant ? Bref, vivre ma vie comme Hélène et ses potes qui partent en vacances après avoir gagné au loto, grillent toute leur tune (tssss), restent quand même là bas en devenant propriétaires d’un watersport ou d’un bar (je suppose qu’ils ont regagné au loto entre temps). Bref suis-je motivée à l’idée de devenir une Robinson Crusoë des temps modernes ?

Non. Clairement non. Autant j’ai vraiment aimé la Martinique, autant l’idée d’y vivre ne m’enchante pas. Pourquoi ? D’abord le climat. Je ne sais pas si c’est mon quart de sang breton mais le soleil et la chaleur, ça n’est pas trop pour moi. Deux minutes, ça va, une vie, c’est impossible. J’ai déjà dit que j’avais la mélanine paresseuse et que je devais me protéger à coup de crèmes indice 50 alors bon… De plus, là bas, il fait moite et s’il y a bien une chose que j’ai du mal à supporter, c’est la moiteur. Je suis admirative des locaux, je sais pas comment ils font. Non mais on brocarde la langueur des Antillais mais c’est miraculeux d’arriver à bosser quand le moindre mouvement vous fait poisser. Chaque soir, je me délectais d’une bonne douche, même quand on n’a plus eu d’eau chaude (oui, on a eu inondation et rupture de canalisation mais ce dernier n’est pas lié au premier).



Ensuite, en tant qu’urbaine forcenée, arriverait un moment où la nature et les petites villes, ça me taperait sur les nerfs. Oui, c’est beau, les fonds marins sont magnifiques, le bateau, c’est rigolo… Mais après ? La seule ville digne de ce nom (en terme de taille, je veux dire), c’est Fort de France et pour le peu que j’en ai vu, j’ai pas du tout envie d’aller y vivre. Je comprends pourquoi Lucie n’a pas réussi à s’adapter à la vie là-bas : il manque d’activités. Le bateau, la plongée, la natation, ok mais en terme de culture, c’est pas super développé.  Et à force de tourner en rond, je finirais par devenir dingue.




Mais surtout, le pire de tout dans les Antilles, ce sont les prix. Tout cartonne et y a des choses dont on ne peut se passer. Quand Lucie vivait là bas, elle me parlait par exemple du prix des tampons, le double de celui de la métropole et pourtant, c’est pas vraiment quelque chose dont on peut se passer, ce n’est pas un luxe . Enfin pour les femmes. Tout est plus cher (faut les faire venir) mais le problème, c’est que les salaires ne suivent pas. Quand on visite certains coins, on comprend de suite mieux les émeutes de cet
hiver…




Bref, y vivre, non, je ne suis pas faite pour cette vie là. Par contre y retourner, oui !

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