Deny everything

L’autre jour, je matais Malcolm, série que j’apprécie et que je n’avais pas maté depuis une éternité. Dans cet épisode, la famille de Malcolm essaie de vendre des sapins de Noël pour gagner de l’argent, il ne leur en manque plus qu’un pour rentrer dans leurs fonds mais la police intervient et les force à plier boutique car ils n’ont pas l’autorisation de vendre ces sapins sur leur trottoir. Le père reste optimiste en expliquant qu’ils vont quand même réussir à vendre leur sapin, contredit par Malcolm qui fait preuve de réalisme. Et là, le père sort un truc fantastique : “Fils, la seule chose qui m’empêche de me flinguer, c’est le déni”. Un truc du genre.

Et là, je me suis dit qu’on frôlait le génie. Et si finalement, il avait raison. Le moral fluctue selon notre interprétation des faits qui dépend elle-même de notre humeur générale. En gros, un incident, si on est dans une période heureuse, ça ne sera qu’un détail, une péripétie sans la moindre importance alors que le même événement dans une période un peu plus compliquée deviendra un drame sans aucune mesure. Donc pour prendre les choses avec plus de légèreté, usons de ce merveilleux mécanisme mental, le déni.

Alors évidemment, c’est à utiliser avec précaution. Pour les choses graves, c’est à éviter absolument, je parle des petits drames, les petits pépins qui vous pourrissent bien la vie. C’est un peu l’idée que demain, ça ira mieux et qu’il va arriver quelque chose qui va nous sortir de là. L’idée qu’on va enfin recevoir un appel après nos envois de CV massifs qui va nous fixer l’entretien qui nous permettra de sortir enfin du chômage, l’idée qu’on va croiser celui ou celle qui fera battre notre coeur, la bonne nouvelle qui va vous redonner du baume au coeur. Bref, plus que du déni, c’est d’espoir dont il s’agit. Peu importe l’orage, demain, ça ira mieux. Voyez, ça a été mon mantra en 2011. La vie a pourtant été taquine puisqu’à chaque fois que je pensais que c’était enfin fini, je m’en reprenais une dans la tronche. Mais hop, je passe en mode déni et je me dis que forcément, demain, ça ira mieux, la vie ne peut pas être que vacharde, forcément la roue tourne… Bon, y a des jours où on doute forcément un peu de cette belle maxime (pas forcément par rapport à ma propre vie) mais faut s’accrocher à ça comme un naufragé à un tronc d’arbre : CA IRA MIEUX DEMAIN !

Par contre, si je trouve que le déni adoucit un peu la vie en nous faisant tenir en attendant des jours meilleurs, relisez bien mon paragraphe précédent et notez un truc essentiel : les bonnes choses n’arrivent pas toutes seules non plus, faut quand même un peu pousser les choses. Je veux dire si tu veux trouver du boulot, ben faut quand même en chercher. Si la recherche d’emploi intègre une part de chance, c’est pas en attendant que ça tombe que ça va arriver. Idem pour l’amour, si tu veux le trouver, sors un peu, le prince charmant ne se cache pas sous ton lit. Et les histoires à base de “j’ai rencontré mon mec sur le pas de ma porte, c’est mon voisin”, ça marche surtout dans les magazines en fait. Et puis si vous ne sortez que pour aller sortir votre poubelle, je doute que votre sexyness soit à son optimum quoi qu’il arrive. Bref, l’idée n’est pas de se la couler douce en attendant que les choses arrivent sinon le déni ne sert strictement à rien. L’idée est plus de faire du mieux que l’on peut en toute situation en espérant un petit coup de pouce du destin ou de qui vous voulez qui va nous faire avancer encore plus vite. Le déni, en gros, c’est le vent dans le dos quand tu fais du vélo.

Moi, je l’applique à mort. Parce que sinon, je pèterais les plombs. Un peu mystique, un peu inconsciente… Et les jours se suivent et chaque jour, j’espère un petit coup de pouce. Et s’il ne vient pas ? C’est pas grave, ça ira mieux après-demain.

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