Comme une évidence

Par Lucas

Vous vous rappelez de ma bafouille sur Adopte un Mec ? J’y suis retourné récemment. Sauf que là j’ai pris un abonnement. Pour essayer de trouver un peu d’affection, un sourire et une complicité, un regard et une connivence ; comme disait Delerm « cet air un peu penché… » Avez-vous pris quelques minutes pour aller regarder les photos et lire les profils des femmes sur AUM ?
C’est fascinant.

La plupart du temps, les nanas sont blasées archi blasées par le jeu concupiscent des mecs libidineux et navrants. Bien sûr, il y a les ingénues et toutes les gamines, il y a  celles pleines d’énergie et d’enthousiasme, d’autres qui sont catégoriques et intransigeantes : si tu cherches un coup d’un soir, passe ton chemin (car c’est bien connu, le mec va le mettre en gros sur son profil…)

Et puis il a les tristes qui m’attristent, celles qu’on a envie de consoler, celles qui déguisent derrière un sourire factice ou une pause neutre, derrière des phrases retenues et policées, toute une angoisse et une inquiétude, plus ou moins cachées. Il ne faut pas être grand clerc pour le deviner…
Et ca m’a rappelé cette vidéo qui a fait débat sur mon profil Facebook quand je l’ai postée et que je vous invite à regarder avant de lire la suite de mon propos car je dévoile l’intrigue…

 

« J’attendrai le suivant. »
Faut-il comprendre dans ce titre que cette femme, derrière cette mélancolie, va quand même aller de l’avant ?
Va-t-elle « attendre » le prochain bonhomme qui passe ?
Va-t-elle « attendre » le prochain train pour retourner à son quotidien terne et triste ?
Va-t-elle « attendre » le prochain train c’est-à-dire se jeter sur les rails ?

Pour ma part j’ai rencontré quelqu’un,
Moment fugitif
Après un échange de mails et d’impressions, de ressentis et d’expériences. Une complicité.
Comme une évidence.
Je l’ai vue lundi après midi
Elle est arrivée et je l’ai embrassée. Sur les lèvres. Elle a souri. On a recommencé,
Comme une évidence.
on a passé deux heures ensemble. quelque chose de serein. je n’avais pas été aussi heureux depuis 3 ans. Un désir de l’écouter, d’être là pour elle,
Et que mes envies dansent. (©Grand Corps Malade)

Et puis, 6 heures après,
elle m’a dit que c’était terminé.
J’ai pulvérisé mon record de short time story.

Je suis fragile, je te sens fragile, et je ne crois pas qu’on pourra s’aider
Pour s’épanouir dans un couple il faut être bien et je ne t’ai pas senti tout a fait reconstruit et moi je ne le suis pas non plus .. je me suis trop battue, je ne sais pas si j’aurai la force.

Je crois que depuis 3 ans je balade une image de mec faible et que je me complais là dedans car mes parents m’avaient asséné que je n’étais pas guéri et qu’il fallait 3 ans pour celà, un point c’est tout. J’ai eu beau tempeter le medecin a parlé en eux et m’a assommé. Pendant un an, j’ai donc loosé.
Et periclité. Pire, la nana avec qui je bosse la mémoire depuis 1 an et demi m’a dit que j’avais bien évolué les 6 premiers mois mais que depuis un an la dépression m’avait fait décliner…

Cet accident, on en a fêté les 3 ans le 1er janvier.

Avant j’étais anxieux mais entreprenant, pugnace et volontaire,
Aujourd’hui je reste persuadé que la reconstruction elle passe par ma  volonté et Nina me l’a clairement fait comprendre avec un mail d’engueulade vif et percutant. Ce qui m’agace, c’est que
j’aurais donc du suivre ma logique d’avant, il y a un an, et envoyer chier mes parents, tout médecins qu’il étaient. Avoir une politique résolue, pleine d’allant et d’envies. J’aurais dû rebondir
et en profiter pour essayer de trouver en moi une raison d’aller de l’avant là où je la cherchais dans ma présence pour les autres auparavant…

Et ceci étant dit

Je me casse.
J’ai 30 ans.
Les Vingtenaires c’est fini.
Vient un moment où il ne faut arrêter de se demander si on va passer le pas et où il faut franchir le gué.
Histoire de se mouiller.
Je veux aller de l’avant.
Je veux pouvoir me regarder dans une glace et être fier de moi.
Je veux qu’on me regarde en face et qu’on soit fier de moi.
Je veux retrouver cette apparente facilité et qu’elle ne soit plus apparence mais réalité,
Je me suis rendu compte lundi que j’étais dans un rôle et que ce n’était pas moi au fond qui évoluait dans la société civile.
Je veux montrer au monde que le P-O timoré et faible, le P-O inquiet et pusillanime n’existe plus . Le P-O qui emmerde les lecteurs des Vingtenaires avec ses atermoiements depuis 2 ans.
P-O, c’est à dire mon vrai prénom.
Ceci est donc un départ définitif.
« Il vient toujours un temps où il faut choisir entre la contemplation et l’action. Cela s’appelle devenir un homme. Ces déchirements sont affreux. Mais pour un cœur fier, il ne peut y avoir de
milieu. » A. Camus.

Je tiens à remercier les lecteurs qui ont suivi mes bafouilles depuis 3 ans et fait des comm souvent sympas; J’espère que quelques textes leurs ont plu.
Je tiens à saluer les Vingtenaires et j’espère bien qu’on va rester amis (et pas seulement dans l’acception que Facebook donne à ce mot) car je veux me persuader que je serai un être meilleur une fois que j’aurai un boulot.
Je vous souhaite à tous une vie pleine de joies éparses, et  vous laisse avec une petite pause sérénité sur cette page , 4 minutes 33 qui m’apaisent à chaque fois que je les vois (en HD c’est encore mieux)
Et cette fois-ci, sans retour,
Lucas tire sa révérence

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